Libr-critique

24 juillet 2019

[Livres – News] Libr-vacance (2), par Fabrice Thumerel

Cette deuxième livraison vous invite, dans les Libr-brèves,  à revivre ou préparer des événements passés ou à venir (Massera, Prigent et Novarina) ; à lire en zigzaguant (« De la connerie à l’ère numérique ») ; à découvrir trois livres à méditer (de Sereine Berlottier, Julien Blaine, Elisabeth Filhol)… [Voir premier volet]

Libr-brèves

► Il vous reste jusque ce dimanche 28 juillet pour voir en gare de Montpellier cette installation de Jean-Charles Massera, « Maybe I should just… »

► Un événement à voir/écouter : Chino et les gilets jaunes de Christian Prigent, partie VI du Chino Rabelais lu en février dernier à la Bibliothèque de la Sorbonne.

â–º Valère Novarina, L’Animal imaginaire au Théâtre de la Colline du 20 septembre au 13 octobre (parution chez P.O.L fin septembre).

En lisant, en zigzaguant…

De la connerie à l’ère numérique…

♦ La post-vérité se nourrit donc d’agents individuels dont les croyances et le comportement sont largement mus par un rapport à la connaissance qui repose sur le recours à l’intuition et au ressenti, une forme de connerie qui se caractérise par un auto-aveuglement rendant impossible sa propre remise en question, mais qui s’efforce de ressembler à un souci rationnel, honnête et pertinent pour la vérité. De ce point de vue très général, il ressort que le bullshit, les fake news, les théories du complot, les « faits alternatifs », ainsi que leur « partage » intempestif, sont des manifestations contemporaines et exacerbées de la bonne vieille bêtise éternelle. […]

Étant donné le caractère de tel ou tel assertion ou événement, le con s’arrange immédiatement pour ressentir et manifester sa désapprobation, son rejet, son indignation, sa colère… […] Cette attitude induit un mécanisme d’auto-polarisation, puisque le nombre et les motifs d’une telle indignation exigent une vigilance de tous les instants et favorisent une escalade outrancière visant à se distinguer dans un environnement de plus en plus compétitif dans la connerie. D’où les trolls, les cabales, les rumeurs, les « clashes » et les « buzz » imbéciles qui doivent désormais lutter les uns contre les autres afin d’obtenir les faveurs du « clic » d’un public propulsé dans une course toujours plus absurde visant simplement à promouvoir l’ânerie du jour. »

Sebastian Dieguez, « Connerie et post-vérité », dans Psychologie de la connerie(collectif), Sciences Humaines éditions, 2019, pp. 260-262.

 

♦ Il y a sur Facebook une emprise grandissante de la mort, et j’en veux pour preuve ces avis nécrologiques qui envahissent régulièrement nos murs. Il suffit qu’une rock star des années soixante-dix ou quatre-vingt – David Bowie, Prince ou George Michael – disparaisse pour qu’aussitôt chacun se croie tenu de relayer l’information, contribuant ainsi à la propagation d’un chagrin collectif (comme s’il était possible, à force de partage, de combler le vide qui inexorablement s’installe).

Patrick Varetz, La Malédiction de Barcelone, P.O.L, 2019, p. 109.

 

Libr-3

► BERLOTTIER Sereine et LIRON Jérémy, Habiter, traces & trajets, Les Inaperçus,  juin 2019, 136 pages, 17 €, ISBN : 978-2-9541260-8-1.

Franchissons le seuil de la maison (in)solaire créée par Jérémy Liron…
La maison, bouquet d’impressions : habiter / être habité, passée / pensée / passive / pensive… souvenfance !
« Habiter, intransitif ? » (p. 96).
Et si on habitait entre ?
Maison du passé / du passage / maison de paille / maison de l’avenir
« Maison serait le lieu en moi d’une continuité d’expérience, d’une simple phrase, longue, enracinée, cousue à d’autres plus anciennes, vieillissantes et reprises, le lieu d’un lien éprouvé, d’une mémoire articulée, complexe, où se conserverait l’empreinte des gestes précédents » (116).

Qu’est-ce qu’un « lieu favorable » ? Celui où vous attendent vos pénates ? Dont vous rêvates ? Qui présente « les indices d’un futur possible » (17)… Une « maison où l’on existerait entièrement, où l’écriture pourrait s’accomplir » (51)…
« 144 fragments pour habiter » : sa mémoire, ses rêves, ses lectures…
Un lieu de déambulation poétique et onirique pour le lecteur !

► Julien BLAINE, Le Livre, Les Presses du réel/al dante, mai 2019, 196 pages, 17 €, ISBN : 978-2-37896-055-1.

Après Hugo et Guyotat, entre beaucoup d’autres, c’est étonnamment autour de Julien Blaine d’être habité par le Livre. De façon inattendue, certes, mais à sa manière, dont l’irrévérence et la provocation tonnent d’entrée : « IL EST TEMPS DE SE DÉCONNECTER des sectes monothéistes juives, chrétiennes et musulmanes. Certes toutes les religions sont mortelles, […] et celle-là, celle de notre Livre, celle du Livre de la ruchée ne fut pas ni n’est ni ne pourra être pire que celle des monothéistes de Jéhovah à Mahomet en passant par Jésus Christ et quelques autres illuminés, […] mais elle fut bien la plus barbare et criminelle. »
Parodie de la Genèse comme de tout récit primitif, cet apologue inventif et drôle regorge d’horreurs et abominations, rivalités claniques, paroles prophétiques, faits épiques et magiques… Un leitmotiv révèle l’instabilité, l’insatiabilité et l’incomplétude des humains : « Nombreux furent au cours des générations ceux qui n’aimaient et languissaient et devenaient morts-vivants » (p. 63).

► Élisabeth FILHOL, Doggerland, P.O.L, janvier 2019, 352 pages, 19,50 €, ISBN : 978-2-8180-4625-8.

De la naissance de Xaver le 5 décembre 2013, « bombe météorologique », côté experts, au tsunami qui engloutit une île en mer de Norvège il y a plus de 8 000 ans (épilogue) : « quelque chose s’est déréglé » (p. 339)… Cette amplitude diachronique qui confère au présent une certaine profondeur n’est pas sans produire un effet de distanciation, une relativisation des mondes et des destinées individuelles, et notamment celles de deux couples (Margaret/Marc et il/elle en – 6150). D’où l’architecture du roman en trois parties : « Margaret », « Marc » et « Storegga ». Les trajectoires de Margaret, géologue, et de Marc, ingénieur chez British Petroleum, se recroisent en effet une vingtaine d’années après leurs études : l’industrie pétrolière a désormais les moyens d’accéder au « Paradis perdu » submergé par les glissements de terrain de Storegga…

23 juin 2019

[News] News du dimanche

Passons en été avec un Libr-10 à déguster au cours de savoureuses soirées… Et aussi nos Libr-événements, du Nord au Sud…

Libr-10 (printemps 2019) /FT/

► Jacques PRÉVERT, détonations poétiques, sous la direction de Carole Aurouet et de Marianne Simon-Oikawa, Actes du colloque international de Cerisy, Garnier, 356 pages, 35 €.

► ARNAUDET Didier, Les Jambes sans sommeil, Le Bleu du ciel, 120 pages, 15 €.

► BERLOTTIER Sereine et LIRON Jérémy, Habiter, traces & trajets, Les Inaperçus, 136 pages, 17 €.

â–º DÉSAGULIER Christian, Leçon d’algèbre dans la bergerie, éditions Terracol, 846 pages, 25 €.

► GARNIER Typhaine, Massacres, éditions Lurlure, 112 pages, 15 €.

► MÉNÉCÉE, Le Voluptueux inquiet (réponse à Épicure), présentation et traduction de Frédéric Schiffter, Louise Bottu, 50 pages, 8 €.

â–º PASCAL Maxime Hortense, L’Usage de l’imparfait, Plaine page, 170 pages, 15 €.

► RAMIER Louise, Partition, Louise Bottu, 130 pages, 14 €.

► ROLAND Alice, Portulan, P.O.L, 256 pages, 18,50 €.

â–º TARDY Nicolas, Monde de seconde main, éditions de l’Attente, 112 pages, 13 €.

Libr-événements

► Mardi 25 juin à 18H30, Silencio (142, rue Montmartre 75002 Paris) :

â–º Du 25 au 30 juin 2019, au Monte-en-l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris) : Festival Tremble Parlure

Chaque jour des lectures, des discussions avec des romanciers, des poètes, grands bégayeurs ou remuants causeurs, de France, de Belgique ou du Québec, de la musique aussi… Chaque rencontre s’articulera sur le dos de thèmes dûment choisis, le parler fou par exemple, le parler cru, cuit ou mi-cuit, ce qui se trame dans l’enfance quand elle se parle, l’enfance considérée comme un outil de connaissance d’un réel plus vif, à la fois plus rouge et plus vert, les bestiaires les fantômes la ville et les forêts tout ce qui tremble dans la langue et, partant la fait trembler, tremble parlure. Chaque soir les auteurs seront invités à lire des extraits de leur choix, à se rencontrer, à dialoguer.

Mardi 25 juin, 19h30, Eugène Savitzkaya, discussion, lecture.
Mercredi 26 juin 19h30, Hervé Bouchard, Gaëlle Obiégly et Arno Calleja, discussion, lectures.
Jeudi 27 juin 19h30, Eric Chevillard et Boris Wolowiec, discussion ; Jean-Daniel Botta & Léonore Boulanger, performance.
Vendredi 28 juin 19h30 (à Pan Piper) : Hervé Bouchard donnera une lecture en ouverture de soirée ; puis, concert
de Loup Uberto & Lucas Ravinale (France), membres du trio Bégayer brutalisent à deux voix tout un répertoire de chansons rurales italiennes couchées sur percussions abrasives et instruments tournoyants.
Samedi 29 juin 17h00, conférence performée de Catherine Lalonde.
Samedi 29 juin 19h30, Christophe Manon et Dorothée Volut, discussion, lectures.
Dimanche 30 juin 16h00, carte blanche à la revue La Mer gelée (France-Allemagne), avec Bernard Banoun, Antoine Brea, Noémi Lefebvre, Laurent Grappe, Alban Lefranc, Aurélie Maurin, Benoît Toqué (liste non exhaustive).

â–º Du 27 au 30 juin, Numéro R – Salon des revues de création poétique en région Sud.
Avec les revues :
Arapesh, Art Matin / GPS, Attaques, Babel Heureuse, Bébé, Fondcommun, GPU, K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, La revue des revues, Legovil, Pavillon critique, Phoenix, Mettray, Muscle, Nioques, Teste – véhicule poétique, Toute la lire.

En coproduction avec les Périphéries du 37e Marché de la poésie de Paris et Ent’revues. Entrée libre et gratuite, de 11h à 18h.

ORGANISATEUR : CIPM – CENTRE INTERNATIONAL DE POÉSIE MARSEILLE = Centre de la Vieille Charité – 2 rue de la Charité 13236 MARSEILLE
04.91.91.26.45

► Vendredi 28 juin à 20H, Poètes en Résonances : 8, rue Camille Flammarion (75018 Paris) :

27 mars 2016

[News] News du dimanche

En ce jour de Pâques, on pourra commencer par relire la chronique de Bernard Desportes sur un revenant dans l’actualité : Mgr Barbarin… Notre UNE, quant à elle, portera sur l’état d’urgence intellectuel que met en exergue le dernier numéro de la Revue du Crieur ; enfin, nos Libr-événements : festival Déklamons à Rennes, rencontre au Bateau Livre de Lille avec J. Liron et D. Vazemsky, RV au N’a qu’un œil de Bordeaux et à la Maison de la poésie Paris (Emmanuel Régniez ; Annie Ernaux ; Bernard Desportes avec Fabrice Thumerel)…

UNE : État d’urgence intellectuel /F. Thumerel/

Selon l’édito du dernier Crieur, si état d’urgence il y a il est bien d’ordre intellectuel : « Pour que la déflagration du 13 novembre ne se transforme pas en une "stratégie du choc" tissée d’hystérie sécuritaire, de régime d’exception et de replis identitaires, il est essentiel d’ouvrir grands les yeux sur la césure révélée par un tel moment ».

Sont ainsi étudiés l’apparition d’une pseudo-science humaine, l’islamologie, pour répondre à la demande sociale et sécuritaire (L. Dahkli) ; l’idéologie wahhabite, puritanisme extrême élargi par le salafisme, qui ne conduit que rarement au radicalisme terroriste (L. Bonnefoy et S. Lacroix) ; la résurgence du nationalisme culturaliste dans une France qui voit l’essor de l’identitarisme (B. Wilfert-Portal) ; la stratégie de l’EI pour fédérer les humiliés (M. Benraad)…

L’état d’urgence est d’autant plus de mise que ce ne sont plus seulement les professeurs qui sont devenus des techniciens du savoir pratique (Sartre) : les philosophes s’assurent de nouveaux débouchés – des plus rentables ! – en s’engageant dans les think tanks libéraux ou en répondant favorablement aux propositions des entreprises (entre 5 et 10 000 € la conférence pour les Serres, Ferry, Comte-Sponville, ou encore R. Enthoven !).

Revue du Crieur, Mediapart – La Découverte, n° 3, mars 2016, 160 pages, 15 €, ISBN : 978-2-7071-8863-2.

Libr-événements

â–ºLectures Performances festival Déklamons à l’Université de Rennes 2.

 Mardi 29 mars / 19h30 / auditorium Le Tambour : Maxime H. Pascal, Pierre Parlant, Thomas Desjammes.

Informations pratiques

Maison de la Poésie de Rennes (allée Armand Rebillon)

Le Triangle (Boulevard de Yougoslavie)

Maison des associations (cours des alliés)

La Péniche Spectacle (Quai Saint Cyr)

Auditorium Le Tambour (Campus Villejean-Université Rennes 2)

â–º Mercredi 30 mars à 19H, Librairie Le Bateau Livre à Lille (154, rue Gambetta), rencontre avec Jérémy Liron, peintre et écrivain, et Dimitri Vazemsky, éditeur et auteur à la Nuit Myrtide. La discussion se fera autour de l’ouvrage Récits de paysages : une somme de textes écrits par une bande de 18 auteurs autour, avec, et dans les paysages peints par Jeremy Liron.
On évoquera aussi le bricolage en Art, en partant notamment d’un autre livre de Jeremy Liron paru chez Nuit Myrtide: L’humble usage des objets.

"Au début était donc l’image. L’image par-devant l’inconcevable abiÌ‚me du monde sans nous. Logique alors ensuite que l’histoire continue sous l’égide des images. Les Nouveaux Imagistes donc, puisque Williams, Pound et quelques autres avant. La paternité pourrait en revenir aÌ€ Vazemsky qui a lancé les premieÌ€res phrases avec l’idée de faire groupe. En suivra cet ouvrage aÌ€ quatre teÌ‚tes sur les images d’Olivier de Sépibus. Puis l’envie de collaborer de nouveau, en Imagistes. Cette fois Liron fournira les images, invitant Vazemsky, Vinau, Siaudeau aÌ€ écrire depuis elles les récits qu’elles pourraient leur suggérer, puisqu’on le dit – elles suggeÌ€rent.
Et l’envie d’inviter encore parce qu’entre nous on se lit et, par laÌ€ meÌ‚me, s’accompagne. Le monde se déploie aÌ€ proportion de ce qu’on le peuple. On laisserait aux images le soin de faire colonne vertébrale quand les textes, autonomes, libres, diffracteraient un récit plus vaste en fragments disjoints. Les échos entre eux, au hasard laissés, enfantent une forme plus libre de nécessité.
Ainsi sont nés ces récits, des paysages."
Jérémy Liron.

Avec les textes de Pierre Bergounioux, Léa Bismuth, François Bon, Anne Collongues, Marie Cosnay, Emmanuel Delabranche, Armand Dupuy, Sabine Huynh, Arnaud Maïsetti, Eric Pessan, Béatrice Rilos, Dominique Sampiero, Joachim Séné, Guillaume Siaudeau, Fabienne Swiatly, Dimitri Vazemsky & Thomas Vinau, sur des paysages de Jérémy Liron.

â–º Jeudi 31 mars à 20H, Maison de la poésie Paris : Emmanuel Régniez, Notre château. Lecture par Lucie Eple, Julien Jolly (composition, synthétiseurs) & Sébastien Maire (contrebasse).

Tarif : 10 € / adhérent : 5 € RÉSERVER

Un frère et une sœur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale, qu’ils ont baptisée « Notre château ». Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre-ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c’est au cours de l’une de ces sorties rituelles qu’il aperçoit un jour, stupéfait, sa sœur dans un bus de la ligne 39. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer.

On pourrait penser aux films Les Autres de Alejandro Amenábar, Shining de Kubrick, ou à La Maison des feuilles de Danielewski. Emmanuel Régniez reprend à son compte l’héritage de la littérature gothique et l’épure de certains auteurs du nouveau roman. La lecture musicale nous plongera dans cette atmosphère étrange et hypnotique.

Une rencontre avec l’auteur suivra la lecture musicale. À lire – Emmanuel Régniez, Notre château, Le Tripode, 2016.

â–º Samedi 2 avril, 22H, Librairie-maison d’édition N’a qu’un œil à Bordeaux (19, rue Bouquière) : Claro, Julien d’Abrigeon, Bruce Bégout, Patrice Luchet et Laura Vazquez.


â–º Lundi 11 avril à 19H, Maison de la poésie Paris, rencontre avec Annie ERNAUX animée par Michel Abescat.

Tarif : 5 € / adhérent : 0 € RÉSERVER

« J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et  son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue. » Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S. dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.

À lire : Annie Ernaux, Mémoire de fille, Gallimard, à paraître en avril 2016.

â–º Jeudi 14 avril à 20H, Maison de la Poésie Paris, "Poésie & subversion" : Bernard Desportes en conversation avec Fabrice Thumerel. [Vu le nombre de places limité, il est conseillé de réserver au plus vite : 5 €]

dans les chaos d’un monde où la violence est partout

où la barbarie menace

tandis que le réel n’en finit pas de se dissoudre

et que le devenir de l’homme semble toujours plus lui échapper

la poésie peut-elle quelque chose ?

quelle place, quel sens sont-ils les siens ?

 

Les différentes mouvances de la modernité la voulaient subversive : qu’en est-il

en un temps d’affrontement des conservatismes et des transgressions ?

 

Soirée proposée par Remue.net, en partenariat avec la Scène du Balcon.

À lire – Fabrice Thumerel, Bernard Desportes autrement, coll. « Manières de critiquer », Artois Presses Université, 2008.

 

29 février 2012

[Livre] Armand Dupuy et Jérémy Liron, Faire-monde & papillons

Armand DUPUY et Jérémy LIRON, Faire-monde & papillons, Centrifuges, janvier 2012, 40 pages, 10 €, ISBN : 978-2-6918841-03-6.
[Tirage limité : à commander vite à l’auteur – ar.dupuy@gmail.com – ou en laissant un message à la suite de ce post]

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12 février 2012

[News] News du dimanche

Après nos Livres reçus (Armand Dupuy et Jérémy Liron, faire-monde & papillons ; Isabelle Lartault, NOM DE MON DE), notre agenda (Alain Dunn sur Websynradio ; Sandra Moussempès et Annie Zadek sur La Scène poétique à Lyon ; concert de soutien à la poète slameure Katia Bouchoueva) et notre nouvelle rubrique Libr-campagne, qui, enrichie en semaine par la série de Philippe Boisnard ("Campagne // épidose //"), vise à prendre un recul réflexif et satirique [aujourd’hui, un passage de Bourdieu à méditer et une création du caricaturiste Joël Heirman]. /FT/

Livres reçus (FT)

â–º Armand DUPUY et Jérémy LIRON, faire-monde & papillons, Centrifuges, janvier 2012, 40 pages, 10 €, ISBN : 978-2-6918841-03-6. [Tirage limité : à commander vite à l’auteur – ar.dupuy@gmail.com – ou en laissant un message à la suite de ces NEWS]

"Je rentre dans le paysage où me conduisaient mes mots
ils en étaient bien venus"
André Du Bouchet, Une lampe dans la lumière aride

Le faire-monde de Jérémy Liron : des paysages urbains enpapillonnés… des vues qui, du coup, papillonnent… (faire-monde : "processus subjectif" par lequel nous construisons notre rapport au monde).
Clin d’œil à l’histoire de la peinture contemporaine, cette nuée de triangles blancs vient nier l’évidence du voir et mettre en place, si l’on peut dire, un constructivisme négatif.
Clin blanc, déclin du voir, clignement du miroir… Place à l’irreprésentable !
Le point de vue du poète Armand Dupuy : "L’histoire singulière du sujet détermine son regard et le troue par endroits. Peindre, c’est alors voir son propre aveuglement, se l’arracher des yeux. C’est ce que semblent nous enseigner les papillons de Jérémy Liron. Ils témoignent du manque à voir mais crient voir à tout prix, avec tout, malgré tout" (p. 11).

Contre la saturation de l’espace et de ses représentations, il faut trouer le voir pour aérer le scopique, libérer la vision, laisser sourdre la respiration intérieure…
Pour que le monde vous habite, passez le visible au travers d’un prisme singulier, celui d’un tamis géométrique grâce auquel voir a des trous.

â–º Isabelle LARTAULT, NOM DE MON DE, Passage d’encres, 4e trimestre 2011, 44 pages, 21 x 25 cm, 15 €, ISBN : 978-2-35855-051-2.

Les choses simples sont infinies
Les choses sont infiniment simples
il suffit de les déchiffrer, les dénombrer, les dénommer
de les appeler par leurs noms
de les laisser affleurer, dériver, fuguer
question de mesures & démesures
Le monde parle chiffre
Le poète laisse parler la langue, fait dériver lalangue…
flux afflux reflux et fluctuations… /FT/

Agenda

â–º Rendez-vous du 16 février au 1er mars sur webSYNradio pour écouter la playliste d’Alan Dunn : Artists’ uses of the word REVOLUTION : utilisation du mot REVOLUTION par les artistes : DJ Food, Douglas Gordon, Collin Ludlow-Mattson and the Folks, Marcel Duchamp,Peter Suchin,Aidan Winterburn, Jeff Young, Aldous Huxley, Rich Rath, Sarah Jones, Marcel Journet, Marion Harrison, Warsaw Poland Bros, Mark Whitford, Pekatralatak, Samantha Wass , David Jacques and Adrian Bailey, Foreign Investment, The Civil Servants ‘Pivot Point.

â–º La Scène poétique mercredi 29 février 2012 – Sandra Moussempès et Annie Zadek. La Scène Poétique cycle de poésie parlée, mercredi 29 février 2012 à 18h30, salle Kantor ENS (Ecole Normale Supérieure) 15, Parvis René Descartes 69007 Lyon (sur l’avenue Jean Jaures) Tel 06 21 11 22 54 métro Debourg (entrée libre).

â–º Journée de la Flamme (Concerts de soutien à Katia Bouchoueva), jeudi 8 mars 2012, 19:30 à 00:00 ; La Bobine : 42 Bd Clémenceau 38000 Grenoble.
Journée de la Flamme : KAtiA BouchouevA ne perdra pas son triple A. Djemdi, La Jongle Des Javas, Démo Slam Poésie, Greg GILG, Les Barbarins Fourchus, JeMy, Solutricin, stands Maison de la Poésie Rhône-Alpes et RUSF.
Dès 19h30. Entrée à prix libre : bénéfices de la soirée pour les frais de justice de Katia.
La situation de la poète slameure Katia est inadmissible : à trente ans à peine, et reconnue pour son activité, menacée d’exclusion à cause de la circulaire Guéant…

Libr-campagne

Cette semaine encore, carte blanche au caricaturiste Joël HEIRMAN, dont on visitera le blog avec plaisir. Mais on commencera par méditer avec Pierre BOURDIEU dans La Misère du monde :

« Les futurs dirigeants se désignent dans les débats de télévision ou les conclaves d’appareil. Les gouvernants sont prisonniers d’un entourage rassurant de jeunes technocrates qui ignorent souvent à peu près tout de la vie quotidienne de leurs concitoyens et à qui rien ne vient rappeler leur ignorance. Les journalistes, soumis aux contraintes que font peser sur eux les pressions ou les censures des pouvoirs internes et externes, et surtout la concurrence, donc l’urgence, qui n’a jamais favorisé la réflexion, proposent souvent, sur les problèmes les plus brûlants, des descriptions et des analyses hâtives, et souvent imprudentes […]. Restent les intellectuels, dont on déplore le silence. Or il en est qui ne cessent de parler, souvent trop "tôt", sur l’immigration, sur la politique du logement, sur les relations de travail, sur la bureaucratie, sur le monde politique, mais pour dire des choses que l’on ne veut pas entendre, et dans leur langage, que l’on n’entend pas » (Seuil, 1993 ; rééd. "Points", 1998, p. 1449-1450).

6 mars 2010

[News] News du dimanche

En cette première semaine de mars, l’actualité est très chargée : après deux publications à découvrir (J. Liron et A. Dupuy, L’Évidence feuilletée d’un monde ; Éléonore Mercier, Je suis complètement battue), les rendez-vous de DATABAZ (le Centre d’art expérimental littératures et nouvelles technologies associé à Libr-critique puisque dirigé par Philippe Boisnard et Hortense Gautier), le Festival les Perforeilles et nos Libr-brèves.

RAPPEL : N’hésitez pas à réagir par vos commentaires et suggestions… pour toute proposition ou envoi de contributions : libr.critik@yahoo.fr.

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