Libr-critique

20 décembre 2020

[News] Libr-fêtes

Pour terminer cette annus horribilis le moins péniblement possible… nos rubriques : « En lisant, en zigzaguant »… « Votre réveillon avec Ovaine »… un RV à Nice… « Pleins feux sur Jérôme Game »… « Libr-rétrospective 2020 (1) »… « LIBR-CRITIQUE attend début 2021″…

En lisant, en zigzaguant…

« Et c’était ce qui avait fini par arriver, je le comprenais maintenant, au bout d’un millénaire de chute ininterrompue… La tendance à l’involution l’avait emportée… Les petits-êtres le manifestaient aujourd’hui, par le nivellement rageur de tout, par la négation farouche et maladive de ce qui est élevé, accomplie sous l’accablante bannière d’une démocratie de cancrelats, fallacieuse équanimité qui menaçait de biffer pour toujours l’impulsion séculaire des meilleurs vers le Haut et l’Unité… »

(Didier Fortuné, « Fragments d’un halluciné »,
dans Les Cahiers de Tinbad, n° 10, automne 2020, p. 106).

Votre réveillon avec Ovaine, « dans un restaurant astronomique hyperétoilé »…

« Un carpaccio de cervelle dans sa crétinette flambée au marcassin, puis une daube de roubignolles fouettée aux éclats de riz, enfin une nage de plancton givré servie sur son lit de guêpes asiatiques, s’il vous plaît »…

(Tristan Felix, « Neuf opérations d’Ovaine »,
dans Les Cahiers de Tinbad, n° 10, p. 116).

Et pour accompagner cette agape, on chantera « Les Petites Darmanines » avec La Vie manifeste

Pour franchir le cap de 2020 à 2021…

Jusqu’au 23 janvier 2021 (Mardi – samedi 14h – 19h, entrée libre) : Espace A VENDRE (10, rue Assalit à Nice) a convié près de 70 artistes à participer à l’exposition Bons baisers de Nice. Contraintes de déplacement oblige, chaque artiste a été invité à envoyer une Å“uvre en petit format par voie postale. Venus de tous horizons, les artistes ont répondu à l’appel : du fanzine à la sculpture en passant par la carte postale, près de 100 Å“uvres seront visibles dans un ensemble hétérogène, joyeux et festif, et disponibles à l’achat à tous les prix.

Avec :

Uli Aigner, Caroline Bach, Didier Balducci, Simon Bérard, Julien Blaine, Eric Bourret, Rémi Bragard, Pauline Brun, Gilbert Caty, Baptiste César, Frédéric Clavère, Esmeralda Da Costa, Claire Dantzer, Tom De Pékin, Raphaël Denis, Noël Dolla, Maxime Duveau, Quentin Euverte, Jean-Baptiste Ganne, Karim Ghelloussi, Tom Giampieri, Isabelle Giovacchini, Mounir Gouri, Alexandra Guillot, Alice Guittard, Amandine Guruceaga, Aïcha Hamu, Han Hoogerbrugge, Joël Hubaut, Louis Jammes, Jaša, Arnaud Labelle-Rojoux, Thierry Lagalla, Claudia Larcher, Camille Llobet, Anna Lòpez Luna, Arnaud Maguet, Cecile Mainardi, Filip Markiewicz, Bérénice Mayaux, Philippe Mayaux, Eva Medin, Lucien Murat, Pascal Pinaud, Mark Požlep, Laurent Prexl, Stéphane Protic, Jean-Simon Raclot, Emmanuel Régent, Werner Reiterer, Sylvie Reno, Karine Rougier, Lionel Sabatté, Lionel Scoccimaro, Quentin  Spohn, Stéphane Steiner, Eleonora Strano, Gauthier Tassart, Cedric Teisseire, Ben Vautier, Jean-Luc Verna, Eglé Vismanté, Philip Vormwald, Mathieu Wailer, Qingmei Yao …

PLEINS FEUX SUR JÉRÔME GAME : HIVER 2020 / 2021
ENTRETIEN :
— ‘Les images ne sont pas des apparences sur le monde. Elles sont des bouts de monde’, entretien avec J. Faerber, Diacritik, 16 décembre 2020. (click here)
DATES :
— 16 janvier 2021, ‘À travers’, lecture, Festival DIRE #2, La Rose des vents–Scène nationale Lille Métropole /Littérature etc. (click here)
— 28 janvier 2021, ‘e‑Nous /e‑We’, e‑lecture avec Jeff Barda, Nuit des idées 2021 /Institut Français de Manchester (click here)
— 29 janvier 2021, ‘Langscapes’ lecture/performance (voix + vidéo) avec Valérie Kempeneers, Théâtre National de Bretagne/Maison de la poésie de Rennes (click here)
— mars 2021, ‘Original soundtrack + l’image là, la V.O. Sous-Titré + ma voix, ça donne quoi ?’, lecture, Poï – Poésie orale, Lausanne
SUR LES LIVRES :
— S. Bonn, sur Album Photo, art press n°482, p. 96, nov 2020. (click here)
A. Meignan, ‘Comprendre l’image grâce aux poèmes de Jérôme Game’, Addict-Culture, 14 octobre 2020. (click here)
— F. Thumerel, ‘Sur Album Photo’, Libr-critique, 1er octobre 2020. (click here)
A. Nicolas, ‘Jérôme Game, quand le mot met l’image en pause’, L’Humanité, 27 août 2020. (click here)
‘Le poète et la photographe. Jérôme Game’, film de Lydia Belostyk et Benoît Villé, 2020. (click here)
— E. Durante, Air Travel Fiction and Film : Cloud People, Macmillan Palgrave, 2020. (click here)

Rebooted Site : www.jeromegame.com

Libr-rétrospective 2020 (1)

► Michaël Moretti : « Liliane Giraudon, poétesse sismographe »

► Philippe Boisnard : « La Cagoule » (1)

► Guillaume Basquin : « Pierre Guyotat et la fonction critique »

► François Crosnier : « Sandra Moussempès, Cinéma de l’affect« 

► Bernard Desportes : « Saint Guyotat, forçat et martyr »

LIBR-CRITIQUE attend début 2021...

â–º Inter, n° 136 : Les nouvelles activités performatives à l’ère des confinements (180 pages, 10 €).

Présentation éditoriale. Pour nombre d’entre nous, depuis mars 2020, nous avons eu le sentiment que le temps devenait plus long, que notre vie était mise en suspens. Plusieurs artistes ont résolu d’assumer cet exil intérieur, de se faire plus discrets, anonymes s’il le faut, afin de retrouver le principe de la vie même. La cuisine est devenue l’atelier, la fenêtre la galerie, l’art un exorcisme de chambre. Dans ces nouveaux espaces et cette nouvelle temporalité, ils créent des Å“uvres inachevées et non cautionnées qui sont de véritables expériences de vie. La paupérisation culturelle des mesures sanitaires les oblige à trouver de nouvelles façons d’inscrire l’art, à se désintoxiquer de leur désir de paraître, à se libérer des idéologies qui dominent le milieu.
Ce dossier d’Inter, art actuel explore ces nouvelles activités performatives, pour la plupart autodocumentées. Ce sont des chorégraphies de salon, des alpinismes de comptoir de cuisine, des micro-opéras de balcon. Il s’agit de proposer une réflexion entre l’expression (la voix, le geste, etc.) et l’exiguïté.

► Gérard Dubey et Alain Gras, La Servitude électrique, Seuil, date de parution 14/01/2021, 384 pages, 23.00 € TTC.

Présentation éditoriale. L’action de l’électricité se révèle dans trois domaines principaux : la lumière, la force, l’information. Une telle immatérialité la fait passer pour innocente. Pourtant, son efficacité repose essentiellement sur le pouvoir du feu, elle n’est qu’un vecteur énergétique. Dégâts et déchets sont cachés en amont ou en aval de son utilisation.

À travers un parcours historique d’Ampère à Bill Gates, les auteurs démontent les coulisses et les travers du mythe électrique et de la numérisation de nos existences. Non, le tout-électrique-tout-numérique ne sauvera pas la planète ! Avant qu’ils ne nous emprisonnent totalement, arrachons-nous à leur pouvoir de séduction et sortons de la Matrix.

11 octobre 2020

[News] News du dimanche

Après notre nouvelle sélection Libr-8 (la première d’automne), quelques RV importants à venir avec Jean-Michel ESPITALLIER, autour de Carlo Ginzburg, avec Sharon Olds et Pierre Vinclair…

 

Libr-8 (automne 2020)

► Bertrand BELIN, Vrac, P.O.L, 160 pages, 14 €.

► Yves CHARNET, Chutes, Tarabuste, Saint-Benoît-du-Sault, 296 pages, 18 €.

► Tristan FELIX, Faut une faille, Z4 éditions, 164 pages, 13 €.
Laissés pour contes. Journal des douleurs, éditions Tarmac, Nancy, 68 pages, 12 €.

► Jérôme GONTIER, Traité des verticaux, Dernier Télégramme, Limoges, 120 pages, 13,50 €.

► Silvia MAJERSKA, Matin sur le soleil, Le Cadran Ligné, Saint-Clément, 50 pages, 12 €.

â–º Serge Núnez Tolin, L’Exercice du silence, Le Cadran Ligné, 72 pages, 14 €.

► Maud THIRIA, Blockhaus, encres de Jérôme Vinçon, préface de Jean-Michel Maulpoix, éditions Æncrages & CO, Baume-les-Dames, 72 pages, 21 €.

Libr-événements

Agenda de Jean-Michel Espitallier :
• Lundi 12 à vendredi 16. Rencontres, lectures, débats, ateliers dans différents lieux de la ville (festival Les Mercurielles), CHERBOURG.
• Dimanche 18, 16h. Rencontre autour de « Cow-Boy » et de « La Première Année ». Centre culturel de Marchin, LIÈGE.
• Jeudi 21, 20h. À l’occasion de la parution de « Centre épique » (L’Attente/Ciclic), rencontre lecture (avec Laure Limongi et Jérôme Game), Librairie L’Atelier (2bis, rue du Jourdain – XXe), PARIS.
• Mardi 27, 19h30. Lecture de « Centre épique » (soirée CICLIC). Prieuré Saint-Cosme, TOURS.
PARUTIONS OCTOBRE
• « Centre épique », L’Attente (9 octobre)
• « Rock’n Roll! (extraits d’un livre en cours), revue Cockpit n°5
• « À la baguette ! », dans « Plaire », monographie de Stéphane Vigny, Editions amac.
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â–º Jeudi 22 octobre à 19H30, Le Monde en l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris) : soirée poétique avec Sharon Olds et Pierre Vinclair.

4 octobre 2020

[News] News du dimanche

Voici bel et bien un mois d’octobre très riche, dont il faut profiter vu la menace sanitaire qui plane… RV pour des événements avec et/ou autour de Pascal Quignard ; la revue Transbordeur ; Nadège Abadie / Marina Skalova ; Laure Limongi, Jean-Michel Espitallier et Jérôme Game ; Andreas Becker ; Emmanuel Hocquard ; Pierre Escot…

 

► La Galerie Wagner reçoit Pascal QUIGNARD Mardi 6 Octobre à 18h pour la signature du livre Sur le geste de l’abandon (ouvrage relié publié aux éditions Hermann, 2020, format 210 x 260 mm, 196 pages, 27 €), sous la direction de Mireille Calle-Gruber.

« Comment décide-t-on de passer la main ?
Comment décide-t-on de se donner au don , de faire donation de ses manuscrits ? »
(Mireille Calle-Gruber, p. 31)

Cette signature intervient en parallèle de l’exposition consacrée à l’auteur à la Bibliothèque Nationale de France, à qui il a fait don de certaines archives personnelles.

La maîtresse d’Å“uvre de ce magnifique volume qui mérite de figurer dans toutes les bonnes bibliothèques, publiques ou privées, souligne la singularité du geste accompli par l’un des écrivains français les plus reconnus : « Feu les manuscrits ! Ce qui pour la plupart des écrivains, obsédés par la conservation, serait sacrifice (sacrilège ?) apparaît ici dans une adéquate composition soigneusement arrangée. Tel un rite : païen ? biblique ? panthéiste ? athée ? » (21).
Au feu les manuscrits : seuls ceux de Boutès sont au complet, puisque habituellement l’écrivain les détruit par un geste sacrificiel…

Alors, outre le dossier abouti de Boutès, que trouver dans ce précieux reliquaire ? Un inédit de Pierre Frilay et Pascal Quignard, « De taciturnis » ; un commentaire savamment fictionnel sur la Hersé de Poussin ; vingt images commentées « sur le geste perdu de l’abandon » ; un ensemble d’images qui ont servi d’agents catalyseurs à l’écriture ; divers documents autour de Tous les matins du monde et de Terasse à Rome. /FT/

Une sérigraphie originale numérotée de 1 à 50 est proposée en complément du livre.

Sérigraphie Ovidius, Sens, 2013.
Œuvre de Pascal Quignard signée.
Format : 30 x 39 cm
Tirage numéroté et signé de 1 à 50 : livre + sérigraphie : 300 €.

â–º Mardi 13 octobre :

► 30e salon de la revue les 9, 10 et 11 octobre 2020 : Dernière nouvelle ce lundi 05/10 à 17H00 : Salon annulé… On gardera cette superbe affiche en souvenir…
â–º Samedi 17 octobre 2020 à 17:00, Le Monte-en-l’air
Silences d’exils est une expérience humaine et poétique. De 2016 à 2019, Nadège Abadie et Marina Skalova proposent des ateliers d’écriture et de photographie à des hommes et femmes exilé.e.s en Suisse. Une recherche autour de la langue et sa perte, la parole et son absence, le mutisme et la disparition. Dans ce tissage subtil, les éclats de voix plurilingues convoquent les souvenirs de l’auteure et le regard de la photographe. Leurs gestes artistiques se rencontrent pour garder trace des passages, dire le manque. Tout en posant la question: qu’est-ce qui reste ?

 

â–º 38e Marché de la poésie, avec comme d’habitude un éclectisme qui peut désorienter : programme.

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1 octobre 2020

[Chronique] Jérôme Game, Album photo, par Fabrice Thumerel

Jérôme GAME, Album photo, éditions de l’Attente, Bordeaux, paru le 25 septembre 2020, 144 pages, 13 €, ISBN : 978-2-36242-091-7.

« Il y a du visible qui ne fait pas image,
il y a des images qui sont toutes en mots »
(Jacques Rancière, Le Destin des images, 2003).

« Je suis une plaque photographique
constamment sensible »
(Fernando Pessoa, Le Livre de l’intranquillité, 1982).

Dans le micro-espace poétique expérimental, la tendance reste au prélèvement-détournement-montage critique, avec un usage de l’image comme cheval de Troie. Dans un monde-immondialisé dynamisé/dynamité par des flux de passagers et de migrants, d’images dont certaines font le tour du monde avec leurs légendes – épopée de l’ère hypermoderne ! –, Jérôme Game, quant à lui, préfère les « images qui sont toutes en mots » – pour reprendre la formule de Jacques Rancière –, interroger le visible par le biais de ses textes ico/ôniques, ces photopoèmes qui sont classés dans cinq rubriques (« _image_file », « Négatifs », « Catalogue », « Press-Book » et « Légendes »).

Est-ce à dire qu’il vise l’abstraction ? Pas du tout : « plaque photographique constamment sensible » (Pessoa), il dévore notre monde ; contemporain vital, il est tout entier de son temps, comme on dit – d’un temps où « plus de photographies sont prises toutes les deux minutes qu’à travers tout le XIXe siècle » (« InstaSnap », p. 139), où « plus de 30 000 images sont snapées chaque seconde » (« chaque minute, 1,6 million sont partagées sur Whatsapp »), où « Instagram compte plus de 1,3 milliard d’usagers » (« Plus de 50 milliards d’images y ont déjà été partagées »)… Recourant au lexique comme à la technique de la photographie et encore plus du cinéma (cadrage / surcadrage / hors cadre ; champ / contre-champ / profondeur de champ ; gros plan / plan américain / plan rapproché ; plongée / contre-plongée…), le poète nous donne à voir avec une distanciation objectiviste, dans des  textes aux formes géométriques (rectangles, carrés – noirs et blancs pour les « négatifs »), nos selfies, nos images pixellisées, nos pictogrammes, nos couleurs fluorescentes… Dans la première partie, le rythme effréné de notre image-world est rendu par une invitation, sur chaque page de gauche, à glisser par simple balayage d’une image à une autre (« SWIPE »). Les vignettes instantanées sont d’autant moins statiques qu’elles sont en outre dynamisées par ce qu’on pourrait appeler des raccords dans l’axe pour rester dans l’univers du cinéma, à savoir des raccourcis qui télescopent nos perceptions. En voici quelques exemples, avec des slashs pour souligner les télescopages : « Depuis le mur d’enceinte une fois pénétré l’atrium, on voit la foule des pratiquants / sont de profil par rangées, inclinés en avant yeux fermés, mains jointes sur toute la profondeur de champ » (p. 17) ; « On voit les muscles du livreur cul du camion ouvert / est torse nu, super-penché, la jambe d’appui, les bras près du corps en tirant le transpalette / est surchargé » (84) ; « On voit les façades de l’autre côté de l’avenue, les visages immenses et souriants saturent l’image avec en contrebas les passants / fourmillent à l’avant-plan […] » (106) ; « Elle lit son livre / est bien centrée, bien perchée sur son scooter / est à l’arrêt cheveux noirs, jambes en jean repliées, absorbée par-dessus son masque anti-pollution / est tout blanc » (107)… Au lieu d’être synthétisées pour constituer une vision cohérente, les sensations sont enregistrées au fur et à mesure par une intuition purement empirique : dans notre monde régi par la logique du ressenti, prime la conscience immédiate, un instantanéisme lié à un monde qui vit en accéléré. Le phrasé béhavioriste traduit avec brio au plan phénoménal notre nouveau rapport au monde, immanentiste. C’est en cela que Jérôme Game renouvelle l’épiphanie, un peu à la façon de Michèle Métail dans ses Portraits robots (Les Presses du réel / al dante, 2018), qui, cependant, vise l’archétypal à coups de syntagmes juxtaposés.

De cet Album photo se dégage le portrait robot de l’homoncule ultramoderne : un jean à smartphone… L’image d’un monde marchandisé dans lequel même une couleur est associée à une marque : « bleu Nestlé » (37)… De sorte que le photopoème actuel par excellence n’est peut-être qu’une litanie commerciale : « Coca-Cola. Coke zero. / Coca light. 7 Up. Fanta. / Sprite. Diet Sprite. Diet / Pepsi. Pepsi Max. Pepsi / Cola. Dr. Pepper. Mountain / Dew. Hawaiian Punch. / San Miguel. Heineken. / Asahi Super Dry. Kirin / Lager. Tsing Tao Beer. / Carlsberg. Budweiser. / Miller. Nesquik Choco Milk. / Snapple. Lipton Ice Tea » (p. 102).

23 août 2020

[News] News du dimanche

Oui, « on vit une époque compliquée » – pour nous faire l’écho de la note qu’a postée ce matin dans son journal Guillaume Vissac
Et plutôt que de fustiger la vanité d’une énième Rentrée-littéraire ou, pour le dire à la manière des organisateurs du Festival EXTRA!, « plutôt que de se complaindre sur la fin lancinante de la littérature, il convient plus que jamais de manifester la vitalité multiple de la création littéraire, sous toutes ses formes : vivante, sonore, exposée, numérique… »
Après la UNE consacrée à la 4e édition du Festival EXTRA!, quelques Libr-événements de septembre…

 

UNE : Festival EXTRA! #4, du 11 au 27 septembre 2020

Créé au Centre Pompidou à Paris en 2017, le Festival EXTRA! donne la plus large visibilité à l’ensemble des formes que prend aujourd’hui la littérature. Lectures, performances, littérature exposée, visuelle ou numérique, poésie sonore, rencontres publiques, autant de pratiques littéraires hétérogènes qui amènent la littérature à sortir du livre pour se créer et se diffuser ailleurs et autrement : sur scène, dans la rue, en public, à l’écran, comme dans les musées et les espaces d’exposition.

L’interrogation que porte EXTRA! sur la création littéraire n’est jamais apparu aussi nécessaire qu’aujourd’hui, pour affronter le désarroi dans lequel nous plonge le monde, mais également pour réenchanter notre rapport vivant à la littérature dans toute sa diversité. Organisé en 7 chapitres à la façon d’un récit d’aventure, thématisé autour du motif de l’île, synonyme à la fois d’évasion et de confinement, le festival EXTRA! vous embarque dans une odyssée où il sera question de Musiques-fictions, de Manhattan et du poète américain John Giorno, d’écritures éco-poétiques et d’une île peuplée de Robinsons et de Parleuses.

PROGRAMME (encore provisoire)

CHAPITRE 1 : l’île de Crash Park

En continu du 11 au 27 septembre, Forum –1

CHAPITRE 2 : Les îles sonores

Vendredi 11 septembre :
Rencontre avec Maylis de Kerangal, 18h30, Forum -1
Musiques-Fictions (Ircam), 19h, Grande salle
Samedi 12 septembre :
La rentrée littéraire, 15h-19h, Forum –1
La rentrée littéraire, 15h-19h, Forum –1
Musiques-Fictions (IRCAM), 19h, Grande salle
Robert Cantarella et Romain Darolles, Moi -même, je me suis déçu, 14h-23h (durée : 9h), Centre culturel suisse
Dimanche 13 septembre
La rentrée littéraire, 15h-19h, Forum –1
Musiques-Fictions (IRCAM), 19h, Grande salle

CHAPITRE 3 : Eco-poétiques

Mercredi 16 septembre
Atelier d’écriture, 17h-19h
Antoine Boute, Opération Bio-Hardcore, 19h, Forum –1
Table ronde : La littérature à l’heure panique, 20h
Jeudi 17 septembre
Julien Creuzet, performance, 19h, Forum -1
Programme complet à venir

CHAPITRE 4 : Urban Island

Vendredi 18 septembre
Planétarium, avec Frédérique Aït-Touati, Michel Lussault et Philippe Rahm, 18h30, Cinéma 1
Samedi 19 septembre
The John Giorno Poetry Day, Grande Salle, Forum –1 et hors les murs, Toute la journée
Prix Bernard Heidsieck, Forum –1, 11h30-23h
Mardi 22 Septembre :
Belgian Theory 3 – Le Jour d’après, Centre Wallonie-Bruxelles, 19h30

CHAPITRE 5 : Robinsonnades

Mardi 22 septembre :
Gwenaël Morin, Antonin Artaud – Le Théâtre et son double, Théâtre des Amandiers de Nanterre, 20h30
Mercredi 23 septembre
Olivier Cadiot, Médecine générale, 20h30, Grande Salle
Jeudi 24 septembre
Jean-Yves Jouannais, L’Encyclopédie des guerres, 19h, Petite Salle
Christophe Fiat, L’île épouvantable, 20h30, Forum -1

CHAPITRE 6 : L’île des parleuses

Vendredi 25 septembre
Chloé Delaume, Rencontre, 19h, Forum -1
Barbara Carlotti, Lecture Beat, Maison de la Poésie, 20h30
Samedi 26 septembre
Lettres à une jeune poétesse, 18h-20h, Forum -1
Dimanche 27 septembre
Les Parleuses, toute la journée, Bpi
Josèfa Ntjam, 18h, Forum -1

CHAPITRE 7 : Paysages alentours
Exposition dans le Forum –1 (en continu du 11 au 27 septembre)

♦ Au programme du Festival Extra! : La remise du Prix littéraire Bernard Heidsieck aura lieu le samedi 19 septembre à 11h30 au Centre Pompidou (Entrée libre).
Dans le monde des prix littéraires, celui du Centre Pompidou est tout à fait singulier : créé en 2017, il veut mettre à l’honneur les formes diverses de la création littéraire : poésie sonore ou visuelle, performance, lectures, film-poème, création numérique, etc. Un prix de littérature vivante, plasticienne, hors du livre.
Cette année, le jury du prix Bernard Heidsieck-Centre Pompidou 2020, présidé par le poète Jacques Donguy, a retenu les 4 nominé(e)s suivants : Natalie Czech (Allemagne), Jérôme Game (France), Kinga Toth (Hongrie), Pierre Paulin (France).

Artiste, Natalie Czech (1976, vit et travaille à Berlin) oscille entre poésie concrète et photographie conceptuelle. L’écriture poétique est au coeur de son travail, qu’elle s’applique à faire émerger visuellement dans bien d’autres supports ou médias : pochettes de disques, écrans, lettres, journaux, ou publicités.
Écrivain, poète, Jérôme Game est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages (recueils, livres-CD de poésie sonore, essais, vidéopoèmes, théâtre). Correspondances entre pratiques, questionnements transfrontaliers, dispositifs partagés : c’est dans ces écarts que son écriture agit et s’ajuste, explorant la consistance du réel des corps, des événements et récits, collectifs ou individuels.
À travers le poème, la note, l’essai, l’édition et des objets, Pierre Paulin (1982) inscrit son travail artistique dans la culture visuelle d’aujourd’hui. L’utilisation du terme « look », pour qualifier son travail poétique ou les ensembles de vêtements qu’il reproduit, est le dénominateur commun d’une pratique de l’écriture et de l’art basée sur la combinaison de formats et de signes culturels.
Kinga Toth (1983, Hongrie) écrit et publie des nouvelles, des poèmes et des pièces de théâtre en hongrois, en allemand et en anglais. Musicienne, chanteuse, poète visuelle et sonore, elle présente son travail dans des performances, des expositions et des installations internationales.

 

Libr-événements

► En lien avec le Festival au Centre Pompidou : le 11/09 à 20H ; le 12 à 14H30 et 19H ; le 13 à 11H30.

L’autre fille d’Annie Ernaux
Aurélien Dumont composition, commande de l’Ircam-Centre Pompidou
Daniel Jeanneteau adaptation et réalisation
Augustin Muller design sonore et réalisation
Sylvain Cadars ingénierie sonore
Avec la voix d’Annie Ernaux et musique enregistrée par les musiciens de l’ensemble L’Instant Donné, Nicolas Carpentier violoncelle, Maxime Echardour percussion, Mayu Sato-Brémaud flûte

« Musiques-Fictions » est la collection que lance l’Ircam en 2020 : un programme où la création musicale est en prise directe avec la fiction littéraire. Ces musiques-fictions agencent un texte, en priorité celui d’une auteure contemporaine, une musique originale liée aux sens de la fiction, un metteur en scène et des acteurs. Donner toute sa place à l’écriture musicale mais conserver toute son intelligibilité au texte : Musiques-Fictions entend renouveler le genre de la fiction radiophonique ou du Hörspiel, en dépassant la simple illustration sonore du récit ou du dialogue.
Dans un espace immersif, sous le dôme de diffusion ambisonique, où l’imagination est sollicitée par l’environnement sonore créé, l’auditeur est convié à une écoute partagée.

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17 août 2020

[Livres – news] Libr-5

À quinze jours du non-événement qu’on nomme rentrée-littéraire, 5 livres comme des chemins de traverse dans ce no man’s land commercial : Saturne de S. Chiche, SÅ“ur(s) de Ph. Aigrain, Album photo de J. Game, Contrariétés de Benoît Toqué et Centre épique de Jean-Michel Espitallier.

 

► Sarah CHICHE, Saturne, Seuil, à paraître le 20 août, 208 pages, 18 €.

Présentation éditoriale. Automne 1977 : Harry, trente-quatre ans, meurt dans des circonstances tragiques, laissant derrière lui sa fille de quinze mois. Avril 2019 : celle-ci rencontre une femme qui a connu Harry enfant, pendant la guerre d’Algérie. Se déploie alors le roman de ce père amoureux des étoiles, issu d’une grande lignée de médecins. Exilés d’Algérie au moment de l’indépendance, ils rebâtissent un empire médical en France. Mais les prémices du désastre se nichent au coeur même de la gloire. Harry croise la route d’une femme à la beauté incendiaire. Leur passion fera voler en éclats les reliques d’un royaume où l’argent coule à flots. À l’autre bout de cette légende noire, la personne qui a écrit ce livre raconte avec férocité et drôlerie une enfance hantée par le deuil, et dévoile comment, à l’image de son père, elle faillit être engloutie à son tour.
Roman du crépuscule d’un monde, de l’épreuve de nos deuils et d’une maladie qui fut une damnation avant d’être une chance, Saturne est aussi une grande histoire d’amour : celle d’une enfant qui aurait dû mourir, mais qui est devenue écrivain parce que, une nuit, elle en avait fait la promesse au fantôme de son père.

En bref. Ce récit de deuil qui offre une déambulation mélancolique dans un dédale de lieux et de moments, entre réel et imaginaire, est un roman familial singulier dans lequel la quête de soi repose sur l’opposition entre « Je » et « On ».

Un passage : « Toute naissance est la mort naissante d’un idéal : les enfants ne ressembleront jamais trait pour trait à la façon dont leurs parents et leurs grands-parents les ont rêvés. Toute éducation est un échec : les parents et les grands-parents blessent toujours, souvent même sans le vouloir, un enfant ». Peut-être que dans notre famille les choses se passaient d’une manière plus grotesque […] » (p. 134).

 

â–º Philippe AIGRAIN, SÅ“ur(s), Publie.net, coll. « Temps réel », à paraître le 23 septembre, 256 pages, 17 €.

Présentation éditoriale. Je suis en moi comme dans un pays étranger.

On peut naître à soi-même à déjà 38 ans, sans savoir qui on a pu être avant. Avant quoi ? On peut recevoir un jour un mail d’une prétendue sœur dont on se sait dépourvu et espérer sa présence. Pourquoi ? On peut enquêter sur des identités suspectes qui semblent fictives sans parvenir à savoir si ces femmes, soupçonnées d’ébahissement, sont ou non une menace pour la sécurité de l’État. Comment ?

Ces personnages, et bien d’autres, se rencontrent, se cherchent et se découvrent dans le monde de Sœur(s). Il est aussi le nôtre, celui dont le réel a très largement rattrapé les dystopies et les anticipations de la fiction. Celui qui a fait de la solidarité entre les êtres un délit.

Se jouant des genres et des registres, mélangeant l’enquête avec le politique, la technologie et la comédie, la philosophie et la sensualité du désir amoureux, les personnages de Sœur(s) osent réinventer des espaces de vie dans lesquels l’espoir de la fraternité et de la sororité est possible. Dans cette polyphonie de voix, le mystère de l’identité à l’ère de la surveillance généralisée se reconnecte à son essence première : l’humanité de celles et ceux qui se demandent, bien plus légitimement que les services de police, qui suis-je  ?

En bref. Ce récit tripartite se présente sous la forme d’une polyphonie qui permet de porter un regard décalé et critique – ébahi ! – sur « notre grand camp de consommation forcée et de travaux bureaucratisés » (p. 167).

Un passage : « Un intellectuel local demande en quoi consistent les pratiques d’ébahissement dans la ZEL, et cette fois c’est le zadiste, pour l’occasion zéliste, qui répond qu’il s’agit d’apprendre à s’étonner des choses considérées comme les plus naturelles, par exemple les conférences de presse ou la politique sécuritaire » (p. 177).

 

â–º Jérôme GAME, Album photo, éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 25 septembre, 144 pages, 13 €.

Présentation éditoriale. Traversant le flux des images qu’on produit et reçoit en continu aujourd’hui et sur lesquelles nos yeux glissent à vive allure, ce livre cherche à ralentir notre regard, à lui redonner une prise concrète sur le monde via une multitude de photopoèmes. Ces images-récits sonnent comme des débuts, ouvrent sur des possibles, invitent à faire un pas de côté hors de la frénésie pour retrouver un regard sensoriel et critique. Dans ce livre comme trempé dans du révélateur poétique, un contrechamp s’ouvre à même la photogénie de la globalisation.

En bref. Dans un monde-immondialisé dynamisé/dynamité par des flux de passagers et de migrants, d’images dont certaines font le tour du monde avec leurs légendes – épopée de l’ère hypermoderne ! –, Jérôme Game interroge le visible par le biais de ses textes ico/ôniques (photopoèmes).

Un passage : « Coca-Cola. Coke zero. / Coca light. 7 Up. Fanta. / Sprite. Diet Sprite. Diet / Pepsi. Pepsi Max. Pepsi / Cola. Dr. Pepper. Mountain / Dew. Hawaiian Punch. / San Miguel. Heineken. / Asahi Super Dry. Kirin / Lager. Tsing Tao Beer. / Carlsberg. Budweiser. / Miller. Nesquik Choco Milk. / Snapple. Lipton Ice Tea » (p. 102).

 

► Benoît TOQUÉ, Contrariétés, éditions du Dernier Télégramme, 25 septembre, 80 pages, 11,50 €.

Présentation éditoriale. L’ écriture de Benoît Toqué est plurielle. Elle alterne entre poésie, récit, autofiction et fiction critique, et Benoît Toqué s’ingénie fréquemment à les hybrider au sein de ses Contrariétés, en cultivant un art de l’écart et du débordement. Tout à la fois journal d’écriture, encyclopédie personnelle des mondes de la création artistique c’est encore un regard sur l’invention de la fiction. Et tout cela n’est pas dénué d’humour.

En bref. Soit un stock – un nuage, comme on voudra – de références culturelles (noms propres, événements et citations)… Le matériau fait l’objet d’un exercice de virtuose : un agencement répétitif souvent loufoque, plein d’humour dans tous les cas.

Un passage : « Il paraîtrait, un éditeur m’a dit ça, que cette accumulation de noms propres croisés dans la scène poétique ou littéraire est carrément agaçant, à la manière d’un name-dropping underground mondain.
Pour un autre éditeur, l’hypothétique publication de mon texte dans sa collection dépend de l’évolution de la série télévisuelle Plus belle la vie.
La vie est fantastique, le plastique aussi » (74).

 

â–º Jean-Michel ESPITALLIER, Centre épique, éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 9 octobre, 104 pages, 13 €.

Présentation éditoriale. Récit-documentaire écrit en résidence dans l’agence Ciclic Centre-Val de Loire, autour de films d’archive sur les us et coutumes dans les villages à travers le vingtième siècle, de la première guerre mondiale aux grandes grèves de 1995. Le texte est ponctué de photogrammes et de codes QR qui permettent de visionner les films.

En bref. Non pas l’histoire d’un centre hippique, mais l’épopée illustrée de la région Centre – Val de Loire à partir d’archives du film amateur qui constituent une partie de son « patrimoine mémoriel » (Avant-propos, p. 7). L’extrait ci-dessous donnera un aperçu de la mécanique spitalienne dans un récit qui exhale un parfum aussi envoûtant que celui des Années d’Annie Ernaux.

Un passage : « Plus une époque commémore, plus elle a de choses à se reprocher. Plus elle se souvient du passé, plus elle a de choses présentes à oublier. On commémore. On n’oublie pas de commémorer. On se souvient de ne pas oublier. On n’oublie pas qu’il faut se souvenir de ne pas oublier » (31-32).

14 juin 2020

[News] News du dimanche

Ouf ! Peu avant l’été, la vie littéraire dans sa dimension sociale semble se rêveiller pour de bon : les livres débarquent, les événements reviennent… On commencera par découvrir une sélection de 7 livres remarquables (Libr-7), puis nos Libr-évenements

 

Libr-7 (printemps 2020)

► Philippe CHAUCHÉ, En avant la chronique !, éditions Louise Bottu, 174 pages, 16 €.

â–º Jérôme GAME, Album photo, éditions de l’Attente, 144 pages, 13 €.

â–º Jean GILBERT, XX.com, éditions Questions théoriques, coll. « Forbidden beach », 264 pages, 20 €.

► Natacha GUILLER, Mocassin, je me prépare et autres récifs en cours, Nouvelles éditions Place, 80 pages, 10 €.

â–º Manuel JOSEPH, Aubépine, hiatus, Kremlin, Netflix & Aqmi ou les Baisetioles, éditions Questions théoriques, coll. « Forbidden beach », 112 pages, 13 €.

► Mathieu LARNAUDIE, Blockhaus, éditions Inculte, 112 pages, 13,90 €.

â–º Vincent THOLOMÉ, Mon épopée, éditions Lanskine, coll. « Poéfilm », 132 pages, 15 €.

 

Libr-événements

â–º Retrouvez Le Grand Dépotoir de Julien BLAINE à La Belle de Mai à Marseille : l’exposition reprend ce mercredi 17 juin jusqu’au dimanche 9 août.

â–º Chaque lundi jusqu’au 17 août à la Kunsthalle de Mulhouse : Eddie Ladoire, Anna Byskov, Chourouk Hriech, Lena Eriksson, Marianne Marić, Pusha Petrov, Elise Alloin, Katrin Ströbel, Guillaume Barborini, Jan Kopp, Stine Marie Jacobsen, Youssef Tabti.
Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers du centre d’art. Ce sont des partenaires fidèles de la programmation de La Kunsthalle. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposeront chacun un ensemble de trois Å“uvres.

Le Petit Programme de chaque artiste sera visible en ligne, pendant une semaine, sur les réseaux sociaux et le site internet du centre d’art. En parallèle, l’espace de La Kunsthalle sera un lieu de consultation dans lequel les Å“uvres s’accumuleront au fur et à mesure de l’été. Le public pourra se rendre dans l’espace d’exposition pour des visites pas tout à fait ordinaires mais résolument sécurisées.
En reprenant dans ses codes et ses formats les contraintes dictées par la crise sanitaire et ses répercussions sociales, en s’inscrivant dans un temps suspendu et propice à la réflexion, l’équipe de La Kunsthalle espère participer à un vaste débat consacré au monde d’après.

Programme en cours de construction… à suivre en ligne :
> http://kunsthallemulhouse.com/evenement/petit-programme/
> https://www.facebook.com/La.Kunsthalle.Mulhouse/
> https://www.instagram.com/la_kunsthalle_mulhouse
> https://twitter.com/la_kunsthalle

A La Kunsthalle Mulhouse, centre d’art contemporain, les Å“uvres seront diffusées au fur et à mesure des semaines pour composer un ensemble complet à la fin du mois d’août !
En entrée libre du jeudi au dimanche > 15:00 à 18:00 (fermé le 15 août) – sous réserve de réouverture prochaine.

► Du 27 juin au 5 juillet, Festival des écritures bougées à Alfortville (94).

Cette édition du festival des écritures bougées propose à une vingtaine d’artistes, écrivain-es, sculpteur-es, performeurs-ses, chorégraphes, vidéastes, de présenter une vidéo-action, une lecture-vidéo, des images-mots, une lecture-action enregistrée ou en direct visible en ligne samedi 27, dimanche 28 juin, samedi 4 et dimanche 5 juillet 2020 à 18h sur Zoom et en collaboration avec le Centre d’art contemporain La Traverse.

Six titres de films emblématiques rencontrent une chanson qui parle de cinéma et un titre de roman aux allures très cinématographiques, À l’ombre des jeune filles en fleurs, image de la fugacité du désir et de la recherche infinie de l’amour. Toutes ces œuvres parlent d’amour, de tous les amours possibles. À partir de ces titres une infinité de combinaisons se dessinent, huit sont proposés comme autant de films à imaginer.

Décomposés, recomposés, ces titres deviennent des poèmes, des mots isolés les uns des autres, déclencheurs de désir. Parce que les œuvres auxquelles ils font référence viennent d’époques et d’esthétiques différentes, ces titres présentent la vie comme un feu d’artifice sensuel et amoureux. Les mots ici agissent comme des ouvroirs d’images ou de films potentiels. Ils sont à la fois une idée, une lumière, un décor, le personnage central et les figurants.

Film à venir, lecture sans précédent, film impossible, film sans mot, film avec corps qui bougent, lecture à demi-mot, film sonore, images de mots qui bougent, lecture-action nocturne, film typographique, film sans personne, image muettes, lecture chuchotées, film de désir, lecture-marche, film sans image, images météorologiques, images vidées, lecture-démarche, films noirs, images-mots…

Cette année le Festival des écritures bougées aura lieu du fait de ce contexte particulier en ligne, tout en conservant cette même envie de bouger l’écriture. L’évènement à cette occasion sera centré sur le désir et l’amour sous toutes ses formes, la thématique reste ouverte et permet toutes les libertés !
Le festival se déroulera à 18h samedi 27 & dimanche 28 juin 2020 ainsi que samedi 4 & dimanche 5 juillet 2020.
Chaque vidéo ou intervention (lecture, lecture-action) en temps réel sera comprise entre 2 et 10 minutes et accessible en direct sur Zoom.
Les soirées dureront environ 40 minutes chacune, entre quatre et six artistes y participeront selon le temps d’intervention de chacun.

PROGRAMME

Samedi 27 juin 2020 — 18h00

À l’ombre de mes nuits blanches : Yoann Thommerel (Caen), Caroline Kervern (Bruxelles), Mathilde Ganancia (Paris).

À bout du désir : Céline Ahond (Montreuil), Sarah Klingemann (Paris), de Charme, Morgan Azaroff, Alisson Schmitt (Rennes), Bettie Nin (Alfortville).

Dimanche 28 juin 2020 — 18h00

La fille moi non plus : Charlie Jeffery (Paris), Corentin Malvoisin (Paris), Hilary Galbreaith (Rennes).

L’inconnu du botaniste : Elsa Pallarès Hugon (Olot, Espagne), Claire Finch (Paris), Cécile Bicler (Paris).

Samedi 4 juillet 2020 — 18h00

Les ailes de souffle : Adrien Lamm (Paris), Laure Mathieu (Paris), Yaïr Barelli (Paris).

La pleine lune du lac: Barthélemy Bette (Paris), Loris Humeau (Paris), Cécile Paris (Paris).

Dimanche 5 juillet 2020 — 18h00

Sur l’écran noir des jeunes filles en fleurs : Fabrice Michel (Paris), Arnaud Labelle-Rojoux (Paris), Yves-Noël Genod (Paris).

Je t’aime Les nuits : Aziyadé Baudouin-Talec (Paris) , David Evrard (Bruxelles), Lubovda, Valentina Traïanova & Antoine Dufeu (Paris).

2 septembre 2018

[News] News du dimanche

En cette reprise de septembre, les premiers RV à ne pas manquer : 2e édition du Festival EXTRA ! au Centre Pompidou… Autres RV : avec la revue AOC, avec Manon/Casas, Kéryna/Steurer… le festival « Littéraire, Puissance, etc. »… et NOVARINA…

► Du 5 au 9 septembre 2018 : au Centre Pompidou, 2e édition du Festival Extra ! (Quand la littérature sort du livre), avec Chloé Delaume, Jérôme Game, Cécile Mainardi, Tracie Morris, Benoît Toqué
Et ne manquez pas l’exposition conçue par Gilles Bonnet, Enika Fülöp et Gaëlle Théval : Littéra-Tube

â–º Jeudi 6 septembre 2018 à 19H30 : Les liens d’écriture #1, première rencontre organisée par Christophe Manon dans le cadre de sa résidence à la librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris).
Un cycle de six rendez-vous de septembre 2018 à juin 2019 intitulé « Les liens d’écriture » inauguré par Benoît Casas, auteur, traducteur, éditeur, photographe.
Quels rapports un auteur entretient-ils avec la lecture ? En quoi sa pratique personnelle entre-t-elle en résonance avec d’autres pratiques ? Quelle conversation intime et parfois souterraines poursuit-il avec d’autres écrivains, qu’ils soient vivants ou disparus depuis longtemps ?
À chaque rencontre un auteur contemporain est invité à venir partager avec le public son goût pour une œuvre dont la lecture a été déterminante pour lui.

► Vendredi 7 septembre, 19H au Palais de Tokyo à Paris, débat organisé par la revue AOC :
NOUS NE SOMMES PAS DES ENFANTS !

Avec Michel Agier, anthropologue, Eric Baudelaire, artiste, Patrick Boucheron, historien, Françoise Cahen, professeure de lettres, Bertrand Naivin, critique, Yoann Gourmel et Sandra Adam-Couralet, commissaires de l’exposition « Encore un jour banane pour le poisson-rêve » du Palais de Tokyo.
Débat lancé par Sylvain Bourmeau.

« Il suffit d’ouvrir un journal d’il y a vingt ans pour que cela saute aux yeux : l’infantilisation a triomphé. Partout on nous parle bébé et on nous prend par la main. On écrit gros et façon Oui-Oui, des textes de plus en plus courts. Bientôt on entendra la clochette, signe qu’il faudra tourner la page. Au-delà du seul cas des médias, le philosophe Ben Barber a brillamment pointé, il y a quelques années déjà, comment ce processus généralisé d’infantilisation pouvait s’analyser comme l’un des effets les plus marquants du capitalisme à l’ère du marketing. C’est parce que nous ne sommes pas des enfants que nous avons lancé le quotidien d’idées AOC et c’est avec des adultes que nous vous proposons de venir réfléchir et réagir ensemble à l’infantilisation du monde ».

► Vendredi 14 septembre à 19H : lecture de Sarah Kéryna et de Sacha Steurer à Zoème (8, rue Vian 13006 Marseille).

â–º Du 15 septembre au 21 octobre, festival organisé par Littérature, etc dans les Hauts de France : « Littérature, puissance, etc. »

🌳 du 15 au 17 sept. × Sud Artois : Ateliers, rencontre, lecture de Louise Desbrusses

🔥 du 21 au 23 sept. × Pays du Ternois
→ Ateliers, rencontres, lectures de Dominique Sigaud

🌪 du 3 au 5 oct. × Flandre Intérieur
→ Ateliers, rencontres, lectures de Marina Skalova

💥 du 9 au 11 oct. × Terre des 2 Caps et Pays d’Opale

→ Ateliers, rencontres, lectures d’Arno Bertina

💫 du 19 au 21 oct × Lille, dans l’église désacralisée Marie – Madeleine (dans l’ordre d’apparition)
🔜 Vendredi, samedi, dimanche
→ Cabines de puissance de la collection Sorcières de Cambourakis
→ Séances de désenvoûtements de Chloé Delaume
→ Exposition Tiens ils ont repeint d’Yves Pagès
→ Librairie éphémère Librairie Dialogues Théâtre
→ Bar – Restaurant vegan le Liquium

🔜 Vendredi 19 octobre
→ Lecture des 2 textes lauréats de Concours d’écriture Littérature, etc.
→ Performance de Tracie Morris, suivie d’une rencontre avec Abigail Lang et Olivier Brossard (en partenariat avec D’un pays l’autre)

🔜 Samedi 20 octobre
→ Atelier d’écriture par Samira El Ayachi et Sandrine Becquet (sur inscription)

🖍 Atelier jeunesse avec Anthony Huchette et l’association Perluette (sur inscription)
→ Lectures – Rencontres avec Arno Bertina, accompagné de Chloé André
→ Lectures – Rencontres avec Marina Skalova, accompagnée de Marjorie Efther
→ Lectures – Rencontres avec Dominique Sigaud
→ Lectures – Rencontres avec Nathalie Quintane
→ Performances d’Yves Pagès et de D’ de Kabal
→ Projection de courts-métrages avec Eileen Myles, Rosa Luxemburg, Sappho, Virginia Woolf…

🔜 Dimanche 21 octobre
→ Atelier écriture mouvement avec Milady Renoir et Louise Desbrusses

â–º Les 21 et 22 septembre, juste après la parution chez P.O.L de L’Homme hors de lui, RV avec Valère NOVARINA et Dominique Pinon au Théâtre Municipal de Vienne.

31 mai 2018

[News] Libr-News

En attendant l’été, vous attendent : l’agenda de Prigent… les Sorcières de Dunkerque… La Traction poétique… Philippe Boisnard, une superbe soirée Ivy writers, la 12e Nuit remue… Et le 36e Marché de la Poésie, bien évidemment…

Agenda de Christian PRIGENT

— à Paris, le vendredi 08 juin, à 18 h 30 : « TXT 32 : LE RETOUR », à la galerie A Balzac à Rodin, 14 bis rue de la Grande-Chaumière, Paris (M° Vavin). Contact : revuetxt@gmail.com

— à Rennes, le vendredi 15 juin, à 20 h : lecture et discussion autour de la revue TXT, au bar le Mod Koz, 3 bis rue Jean Duhamel, Rennes. Contact : pontcerq@gmail.com 

— à Vulaines-sur-Seine, le dimanche 30 juin, à 15 h : lecture au Musée Mallarmé, 4 promenade Mallarmé, 77870 Vulaines-sur-Seine. Contact : contact@marche-poesie.com

Libr-brèves

â–º Vendredi 1er juin à 19H30, Halle aux sucres de Dunkerque : Conversation + projection + performance (dans le cadre du festival des Bibliothèques de Dunkerque "Fais pas ton mauvais genre")

AVEC : Isabelle Cambourakis – Editrice
Camille Ducellier – Vidéaste
Hortense Gauthier – Performeuse
Anne Larue – Chercheuse, écrivaine

Figure négative et puissante, symbole subversif de la révolte féminine dans les années 70, la sorcière réapparaît aujourd’hui dans les combats féministes, écologistes et anticapitalistes.

Isabelle Cambourakis dirige la collection « Sorcières », qui réunit des textes féministes historiques et contemporains. Camille Ducellier invente des images pour rêver l’obscur, dévoiler les corps et relier le politique au spirituel. Hortense Gauthier postule que « Toutes les sorcières sont des danseuses étoiles ». Anne Larue écrit des essais sur la SF féministe, des articles passionnants sur le mouvement Wicca et des romans médiévaux futuristes.

 

â–º Samedi 2 juin à Blois : cédez à la Traction poétique !

â–º Mardi 5 juin  au Monte en l’air – Paris 20ème à 19H : soirée de lancement de la collection Sur le vif des éditions Supernova dirigée par Stephanie Boubli. Y feront une lecture Benoît Toqué, Francis Lamodière, et Philippe Boisnard accompagné au violon remixé par Pauline Cottaz.

â–º Du 6 au 10 juin : 36e Marché de la Poésie : RV avec Al dante/Presses du réel au stand 110, les éditions de l’Attente au stand 110-112 ; LansKine, 610 (Beurard-Valdoye, Voïca…) ; Publie.net, 506… La revue Place de la Sorbonne est accueillie au stand des éditions Le Temps des Cerises (618)… Au stand Ent’revues, 700-704 : y seront présentes les revues Artichaut, Babel heureuse, Les Carnets d’Eucharis, Chroniques du ça et là, La Moitié du fourbi, Phoenix, La Revue des Belles-Lettres, Teste, Toute la lire.

â–º Soirée Ivy writers le 12 juin à 19H30 au Bistrot des Artistes (Paris) :

â–º Lundi 18 juin à la Maison de la poésie Paris, 21H : "Nouvelles architectures poétiques", avec David Christoffel, Jérôme Game et Laure Gauthier.

â–º LA NUIT REMUE 12e, soirée de lectures avec Fabien Arca, Delphine Bretesché, David Christoffel et Maël Guesdon, Sophie Coiffier, Séverine Daucourt-Fridriksson, A.C. Hello, Philippe de Jonckheere, Ismael Jude, Anne Mulpas, Christiane Veschambre, Gilles Weinzaepflen.
Samedi 23 juin 2018, 19h à la bibliothèque Marguerite Audoux, Paris IIIème : Depuis 2006, Remue Net organise une fois par an ses « Nuits remue », hommage bien sûr à Henri Michaux. Un rendez-vous littéraire incontournable.

24 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche automnal, retour sur les livres reçus en été que recommande LC (et pas encore recensés), puis nos premiers Libr-événements d’octobre : Novarina ; F. Smith, L. Giraudon & J. Game ; S. Moussempès & A. Boute.

Libr-critique a reçu cet été, a lu et vous recommande (20 titres)

♦ Julien d’ABRIGEON, P.Articule, Plaine page

♦ Véronique BERGEN, Gang blues ecchymoses, Al dante ; Luscino Visconti. Les Promesses du crépuscule, Les Impressions Nouvelles ; Hélène Cixous. La Langue plus-que-vive, Honoré Champion

♦ Patrick BEURARD-VALDOYE, Le Vocaluscrit, Lanskine

♦ Jean-François BORY, Terminal Language, Plaine page

♦ Béatrice BRÉROT, SplAtch !, Color Gang

♦ Fabrice CARAVACA, Mon nom, Plaine page

♦ Laurent CAUWET, La Domestication de l’art. Politique et mécénat, La Fabrique éditions

♦ Jacques DEMARCQ, Suite Apollinaire, Plaine page

♦ Kadhem KHANJAR, Marchand de sang, Plaine page

♦ Sandra MOUSSEMPÈS, Colloque des télépathes, éditions de l’Attente

♦ Nadège PRUGNARD, M.A.M.A.E & autres textes, Al dante

♦ Sophie SAULNIER, Le Massicot, éditions Le Lampadaire

♦ Sébastien RONGIER, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou, Pauvert

La Poésie motléculaire de Jacques Sivan, Al dante

♦ Frank SMITH, Le Film de l’impossible, Plaine page

♦ Nicolas VARGAS, A-vanzar, Plaine page ; V.H.S (Very Human Simplement), Lanskine

♦ Martin WINCKLER, Les Histoires de Franz, P.O.L

Libr-événements

â–º Samedi 7 octobre, Collège des Bernardins (20, rue de Poissy 75005 Paris) : Une poétique du devenir / Valère Novarina. Réservations : frederique.herbinger@collegedesbernardins.fr

Si l’art n’est pas d’abord considéré en tant que création d’œuvres d’art mais comme manière d’être au monde, intéressant tout homme et toute société, si la foi n’est pas seulement considérée en tant que doctrine mais comme vérité vécue, capable d’illuminer et de transformer le monde, alors, loin d’être seulement en rapport d’interaction, d’interdépendance ou de ressemblance, l’art, la foi et le politique sont une même dynamique, une unique réalité vivante.

La présence de jeunes artistes réunis autour du thème du devenir, et celle de l’écrivain, metteur en scène, peintre et dessinateur, Valère Novarina, donneront un tour concret à la réflexion de ce colloque qui vient conclure deux années de recherche du séminaire Esthétique et théologie.

PROGRAMME

Matin – Centre Sèvres

  • 10h30 – 11h15 La théologie, l’art, le politique : quelle question ? Quelle recherche ?
    Alain Cugno
    , philosophe, professeur au Centre Sèvres, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
  • 11h15 – 12h Le sens tactile de la théologie
    Patrick Goujon
    , professeur en théologie spirituelle et dogmatique au Centre Sèvres
  • 12h – 13h Présentation de l’exposition Devenir au Collège des Bernardins en mars 2018
    Sophie Monjaret
    , artiste
  • 13h – 14h30 Pause déjeuner

Après-midi – Collège des Bernardins

Comment l’œuvre littéraire de Novarina, parce qu’il sait être un "inactuel", parvient à se dégager des sujets brûlants de l’actualité pour les inscrire dans un mouvement plus vaste, et ainsi à faire le pari d’un renouvellement des images de l’homme. Laure Née

  • 14h30 – 15h15 L’unité dynamique de la théologie, de l’art, du politique : ce que créer veut dire
    Jérôme Alexandre
    , docteur en théologie, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
  • 15h15 – 16h Valère Novarina : le pari du devenir
    Laure Née
    , agrégée de Lettres et docteur en littérature
  • 16h – 16h15 Pause
  • 16h15 – 17h15 Projection, « Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire  ». Film de Raphaël O’Byrne sur Valère Novarina
  • 17h15 – 17h45 La parole ouvre la pensée
    Table ronde autour de Valère Novarina
      Avec :

    Jérôme Alexandre, docteur en théologie, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
    Dominique de Courcelles, directrice de recherche au CNRS au sein du centre Jean Pépin-École normale supérieure Ulm
    Alain Cugno, philosophe, professeur au Centre Sèvres, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
    Laure Née, agrégée de Lettres et docteur en littérature
    Valère Novarina, écrivain, metteur en scène, peintre et dessinateur

â–º Vendredi 13 octobre à 20H, RV à la Maison de la poésie Paris :

â–º Maison de la poésie Paris, Lecture-performance vendredi 20 octobre – 20h : Sandra Moussempès & Antoine Boute, « Paranormal & Biohardcore »

Dans Colloque des télépathes Sandra Moussempès nous plonge dans une ère victorienne aux accents gothiques avec les sœurs Fox qui communiquent avec les esprits. En parallèle, l’auteure convoque un autre ère, tout aussi étrange, celle des années 69-71 à Hollywood, temple des sectes hippies et des starlettes en devenir.
Dans Opérations biohardcore, Antoine Boute décrit une galerie de personnages hétéroclites sur le point de faire la révolution “biohardcore”. Ces personnages créent des utopies loufoques temporaires, et tentent tous de réveiller le chaman qui sommeille en eux.
Ce soir, ces deux poètes et écrivains proposent une lecture croisée mêlant chants, performances et audio-poèmes autour des liens étranges entre états modifiés de conscience, communication avec les esprits et nécessité de tendre vers le noyau dur du vivant, “le hardcore de la vie”.
À lire – Sandra Moussempès, Colloque des télépathes & CD Post-Gradiva, éd. de l’Attente, 2017 – Antoine Boute, Opérations biohardcore, éd. des Petits Matins, 2017.
tarif : 5 € / adhérent : 0 €

17 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’été, et avant de présenter d’autres œuvres phares de ces dernières semaines (la tonitruante domestication de l’art signée Laurent CAUWET… d’Abrigeon, Bergen, Rongier, Sivan, Smith, Vargas…), RV avec Sandra MOUSSEMPÈS ; la soirée DADA à la Maison de la poésie Paris ; Daniel Cabanis à Ivry-sur-Seine ; Jérôme Game et les 25 ans des éditions de l’Attente…

â–º Agenda de Sandra MOUSSEMPÈS : avant de rendre compte de son curieux Colloque des télépathes, voici quelques dates :

– le 30 septembre : festival Actoral 17 à Marseille

– le 5 octobre, librairie Texture à Paris, lecture signature

– le 20 octobre : lecture croisée en compagnie d’Antoine Boute à la Maison de la Poésie, Paris

– le 26 octobre : lecture au centre Pompidou dans le cadre de la rétrospective Harmony Korine

â–º Jeudi 21 septembre à 20H : les Instants chavirés à Montreuil

â–º Samedi 23 septembre 2017 à 19H, Maison de la poésie Paris : soirée DADA !

O bouches l’homme est à la recherche d’un nouveau langage
Auquel le grammairien d’aucune langue n’aura rien à dire (Tzara)

On y entendra la voix profonde de Kurt Schwitters, une lecture pneumatique de manifestes DADA, des extraits d’une sonate de sons primitifs, un vidéofilm atypique sur un mode non narratif, des respirations et des ponctuations sonores, de la pensée dans la bouche, des problèmes d’élocution (mais pas plus que les oiseaux).

Avec Isabelle Ewig, Patrick Beurard-Valdoye, Sébastien Lespinasse, Jean-Baptiste Para & Isabelle Vorle.

5 euros / 0 euros (Adhérents)
Réservation conseillée : 01 44 54 53 00

â–º Samedi 23 et dimanche 24 septembre, de 14H à 20H : retrouvez Daniel CABANIS à la Manufacture des œillets (Ivry-sur-Seine) !

â–º Mardi 26 septembre à 19H, Maison de la poésie Paris : Jérôme Game, Salle d’embarquement

Lecture
Jérôme Game – Salle d’embarquement

C’est l’histoire d’un déroutage inopiné dans les interstices de la globalisation, smartphone en main. Pour son travail, Benjamin C. parcourt la planète en avion, chaînes d’hôtels et voitures de location. Témoin en immersion, il absorbe tout ce qu’il voit. Le regard qu’il porte sur le monde d’aujourd’hui, saturé d’images, lui enseigne que le réel est affaire de recadrages comme de contrechamps. Répondre à cet appel, c’est commencer d’agir, ici et maintenant.
Jérôme Game est poète, auteur d’une quinzaine de livres, de plusieurs CD de poésie sonore et a réalisé des installations visuelles et sonores. Ses textes ont été traduits en plusieurs langues et font l’objet d’adaptations scéniques et plastiques. Il vit actuellement entre Paris et New York, où il enseigne le cinéma. Salle d’embarquement est son premier roman.

À lire – Jérôme Game, Salle d’embarquement, éd. de l’Attente, 2017.

tarif : 5 € / adhérent : 0 €

â–º Mardi 26 septembre à 20H : les 25 ans des éditions de l’Attente !

Rencontre & lecture
« Les 25 ans des éditions de l’Attente »
Cycle Édition alternative #15
Avec les auteurs Anne Savelli, Philippe Annocque, Marie Borel & les éditeurs Franck Pruja, Françoise Valéry

Soirée animée par Jean-Luc D’Asciano

Créées en 1992 à Bordeaux par Franck Pruja et Françoise Valéry, artistes-éditeurs, les éditions de l’Attente publient une littérature poétique contemporaine (récits poétiques, critiques, philosophiques, œuvres oulipiennes, dessins accompagnés d’écrits d’artistes, etc.), des textes où l’écriture est irriguée de pratiques parallèles : musique, cinéma, arts plastiques ou numériques, architecture… Leurs publications sont souvent supports de performances scéniques par leurs auteurs. Le catalogue de l’Attente compte aujourd’hui près de 170 titres et représente une centaine d’auteurs.
Ce soir, après la lecture de Jérôme Game en préambule, ils invitent quelques auteurs pour des lectures et performances…

tarif : 5 € / adhérent : 0 €

6 mai 2016

[Dossier] Création et critique, un cycle d’entretiens, par Emmanuèle Jawad

Avant de publier de très riches entretiens avec Jean-Philippe Cazier, Sylvain Courtoux, Jean-Marie Gleize et David Lespiau, Emmanuèle Jawad présente ci-dessous la problématique qui les sous-tend.

Pour le poète, l’espace de création serait-il un lieu permettant d’ouvrir des espaces de réflexion critique ou ces différents espaces s’apparentent-ils à des champs distincts les uns des autres ? Les pratiques d’écriture au sein de la création sont-elles conduites, en prise avec des gestes critiques, à produire des formes réflexives ? Ou encore le travail de création est-il porté dans ses pratiques par un regard et une démarche politiques vers des formes innovantes ? Quels liens entre pratiques d’écriture, théorie et critique ? Quelles filiations (notamment de la sphère critique vers la création) s’établissent entre le champ de la critique et le champ de la création1, interrogeant le poète et le critique, la création du poète au regard de son travail critique ? Pour Nathalie Quintane, « le spécialement poétique ne se niche pas uniquement dans l’affectueux de l’anecdote, mais dans le démarrage critique qu’elle peut provoquer » (« Astronomiques assertions », « Toi aussi, tu as des armes »… Poésie & politique, La Fabrique, 2011). Pour ce qui fait lien entre critique littéraire et politique au regard de la création, Nathalie Quintane, dans un article intitulé « Critique des nous », affirme ainsi : « On ne risque pas trop de se perdre, à tenter de dégager ce qu’il peut bien y avoir aujourd’hui sous le & de Critique (littéraire) & Politique : il n’y a pas grand monde au portillon. Mon propre travail fait que je suis plutôt pour une critique intégrée – à la Antin » (Cahier critique de poésie, n°22 : dossier sur la « Critique de la poésie », 2011). Posant précisément la question du « double régime », poète et critique, Jérôme Game dans un entretien avec Christian Prigent interroge ainsi : « Comment gères-tu ces deux régimes ? Comment passes-tu de l’un à l’autre sans que le normatif déteigne sur le créatif ? Peut-être l’oublies-tu ? Comment te libères-tu de Christian Prigent essayiste quand tu écris de la littérature ? ». Interroger les rapports entre création et critique ne peut se faire sans se référer aux travaux de Jean-Marie Gleize (essais et textes de création) et aux enjeux théoriques traversant les livres de création.

1 Cf. Fabrice Thumerel, La Critique littéraire, Armand Colin, 2002, p. 29-39. Sur Libr-critique, voir le dossier « Critique et poésie » : articles de Lionel Destremau et d’Emmanuel Ponsart, en plus de l’entretien avec Christian Prigent, "De TXT à Fusées".

31 mai 2015

[News] News du dimanche

Ce soir, à l’orée du mois de juin – toujours chargé !-, encore des RV passionnants : à Marseille (soirée CIPM + Montévidéo + PLEXUS Rouge) ; à Paris, la NUIT REMUE 9 !

 

â–º  Samedi 6 juin 2015, 17H30-23H30, Montévidéo à Marseille : LISTES, INVENTAIRES, ÉNUMÉRATIONS (sur un proposition de Jean-Michel Espitallier).

18h00
Avec : Anne-James Chaton, Jean-Michel Espitallier, Jérôme Game, Michèle Métail, Black Sifichi, Frédérique Soumagne, Laura Vazquez.

La liste, l’inventaire, l’énumération sont partout dans la littérature depuis ses origines mêmes (de la Bible à l’Illiade, de François Villon à François Rabelais, et, dans la littérature contemporaine, de Georges Perec à Valère Novarina, etc.). Si la plupart des écrivains s’y sont adonnés, ici ou là, en douce ou comme principe même de leur œuvre, le travail critique et de réflexion commence à peine à être entrepris.

Il s’agira de révéler ce qui s’affirme manifestement comme une forme à part entière, à côté du vers ou la prose. Et aussi, de ne pas gâcher son plaisir en venant écouter ce que Roland Barthes appelait « l’infinie compossibilité ».

INFOS PRATIQUES
Tarif unique 5 € (+ adhésion)
Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35.
Ouverture du bar et restauration à partir de 17:30.

Cette soirée sera précédée d’une autre rencontre au cipM le vendredi 5 juin à 19h00 avec Jean-Michel Espitallier, Boris Donné, Michèle Métail, Bernard Sève, Henri Lefebvre.

 

â–º Samedi 13 juin, de 20H à 23H, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris), LA Nuit REMUE 9, avec : Amandine André, Camille Bloomfield et Lily Robert Foley, Oscarine Bosquet, Jean-Philippe Cazier, Eric Chauvier, Suzanne Doppelt, Frédéric Forte, Emmanèle Jawad, Koffi Kwahulé, Andrea Inglese, Michelle Noteboom, Sylvain Prudhomme, Charles Robinson et Violette Pouzet, Sébastien Rongier. [Organisation : Marie de Quatrebarbes et Lucie Taïeb]

 

â–º Samedi 13 juin à 17H, PLEXUS Rouge #4 : From Berlin to Marseille.

Dans le cadre des 48h chrono, spécial Berlin, RedPlexus propose une soirée de performances allers-retours From Berlin To Marseille.

Pendant 4 heures des performers berlinois et marseillais investissent les espaces de travail de RedPlexus et proposent une traversée du mur performative et sonore.

Un voyage où le temps s’étire, entre des performers qui explorent les limites de leurs corps et d’autres celles de leur voix, limites de ce qui est permis ou toléré.

Ce Plexus Rouge est le fruit d’une résidence de 3 jours où les artistes ont pu croiser leurs projets, les confronter aux espaces de la Friche et expérimenter différentes manières de passer de l’autre côté du mur.

Artistes invités : From berlin: Frederic Krauke, Beate Linne.
FROM MARSEILLE: Pierre Guéry-Auteur Performeur, Mathias Richard, Collectif Ornic’art.

À partir de 18h, Ornic’art propose une quête de son double berlinois via un Speed Dating sous les néons.

Tout au long de la soirée : Prise de vue(s) entre deux miroirs et installation photographique La vie est Yes de Jany Jérémie.

Une proposition de RedPlexus avec le soutien de la Friche
Belle de mai et du Goethe Institut.

Informations pratiques:
De 17h à 21h
Atelier de RedPlexus
Magasins, Niveaux 1, Friche de La Belle de Mai
Gratuit

30 mars 2014

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mars – jour de second tour des municipales, pour la petite histoire -, on commencera par méditer sur le Libr-clin d’œil de Cuhel sur la démocrazie. On ne manquera pas, ensuite, de lire l’appel de la revue Nioques. Enfin, des Libr-événements à foison : Michel et Monique Pinçon à Lille ; Eric Sadin, Eric Chevillard, la soirée Flammarion, Sandra Moussempès, Virginie Poitrasson, Véronique Pittolo à Paris ; les éditions de l’Attente à Bordeaux (avec Jérôme Game) et au Poulinguen (avec Eric Pessan)…

Libr-clin d’oeil de Cuhel : DÉMOCRAZIE

Salut les Bellezâmes ! – pour qui le vote est l’action politique à la portée des caniches.

DÉMOCRAZIE

Droit de voter
de vovoter
de revoter
de reroter
de vivoter
d’ex-voter

Droit au tout-à-l’ego
droit au tout-à-gogo
droit au tout-au(x)-gogo(s)
Démogogolisez-vous !
Démogogolissez-vous !
Démomolissez-vous !

Droit d’être gaveur
gaffeur
baveur
acheteur
spectateur

Droit d’être hystérhic
boulimhic
anorexhic

Droit de panser
crever
dé-penser

Droit d’être marrant
engageant
conciliant
transparent

Droit de niquer
de communiquer

Droit de voir
d’être vu
de ne pas savoir
de se faire avoir

Droit au ressenti psychométéorologique
au déni psychopathologique

Droit au cynisme
au voyeurisme
au vampirisme
au populisme

Droit au choix entre

kapit®@lisme™ 1 = devoir de servir à
vous asservir
l’immondyalisation
libérer la fin’démence

kapit®@lisme™ 2 =Liberanalité
EgalAustérité
Fraterniqué
Libérez la liberté des libéranaux !

kapit®@lisme™ 3 = droit à la démosecturité
au lisse et à la police
lissez vos peaux et drapeaux
lissez vos fanions, vos croupions et vos opinions
lissez vos races
lissez vos traces
lissez-vous !
listez-vous !
vissez-vous !

 

TOUS POUR NIOQUES !

Nous relayons l’appel de la revue Nioques, l’un des piliers de notre modernité littéraire.

" Comme vous le savez peut-être, après avoir quitté les éditions Le mot et le reste, Nioques a pris un nouveau départ adossée aux éditions de la Fabrique, via une convention aux termes de laquelle l’éditeur fait bénéficier la revue à la fois de son imprimeur et de son diffuseur, et ce, depuis deux numéros. “Adossée” signifie qu’il s’agit d’un partenariat, l’association « Nioques-Outside » restant l’éditeur de la revue les frais de fabrication et les coûts d’impression sont à sa charge.  

Cette situation nouvelle nous a conduits à ouvrir une campagne destinée à nous faire retrouver un nombre d’abonnés suffisant pour envisager la publication de nos deux prochains volumes dont les sommaires sont d’ores et déjà en notre possession.  Il se trouve par ailleurs que les critères permettant de solliciter l’attribution d’une « aide aux revues » auprès du CNL ont été sensiblement durcis, si bien qu’en l’état actuel des choses il ne nous est plus possible de solliciter une telle subvention, alors même que le CNL a toujours soutenu la revue de façon significative, depuis ses premiers pas en 1990.  Un tel soutien, nous n’en doutons pas, nous serait de nouveau accordé, si nous retrouvions un mode de fonctionnement stable et conforme aux exigences en vigueur.

C’est pourquoi nous sollicitons aujourd’hui l’aide de  tous ceux qui ont participé à l’aventure Nioques, que ce soit en tant que lecteurs, ou comme auteurs, écrivains, poètes ou artistes. Nous avons besoin d’abonnements supplémentaires pour sortir de ce moment difficile, pour mettre en fabrication le volume qui devait paraître ce printemps, et pour prétendre à une nouvelle aide de la commission dont nous dépendons au CNL.   

Si vous ne pouvez pas vous abonner, vous pouvez néanmoins manifester votre soutien par un don de l’ordre de vingt euros, ou davantage si vous le croyez possible

Merci d’avance à tous. "

♦ Pour soutenir concrètement la revue :

abonnement pour deux numéros

nom

prénom

raison sociale

adresse

code postal ville pays

téléphone

mail

pour deux numéros
• France : 42 euros + 7 euros de frais de port : 49 euros
• Étranger : 42 euros + 14 euros de frais de port : 56 euros
• Règlement par chèque ou mandat à l’ordre de Nioques outside
• Virement à l’ordre de Nioques outside
iban : fr 76 1460 7000 8266 0135 7916 058 / bic : ccbpfrppmar
Facture sur demande
Bulletin à retourner à :
Jean-Marie Gleize
"Les Cèdres", 62, boulevard Jean Giono
04130 Volx (France)
pour toute demande, écrire à nioques@gmail.com

Libr-événements

â–º Débat public sur la "Violence des riches" – Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – 1er Avril 18h30 à Science Po Lille

ATTAC, les Amis du Monde Diplomatique et Espace Marx
vous invitent à un débat public avec

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Le mardi 1° avril 2014 à 18h30 à l’IEP de Lille (Sciences Po),84, rue de Trévise, métro Porte de Valenciennes

LA VIOLENCE DES RICHES

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d’un monde social fracassé. Fracassé par quoi, par qui ? Par une violence de classe, une classe qui n’est pas sans visage, pas sans acteurs ni sans stratégies. Cette violence est organisée, d’abord, par « les plus riches parmi les riches », avec leurs réseaux d’alliés. Cette classe oligarchique est celle des grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, intellectuels « chiens de garde »,experts aux ordres. Les dirigeants politiques, alternance ou pas, ont une part écrasante de responsabilité dans l’exercice de cette domination. Une caste casse le reste de la société. Les modalités d’une contre-offensive existent pourtant.

â–º A l’occasion de la parution de Softlove aux éditions Galaade, Etienne Armand Amato s’entretiendra avec Eric Sadin : jeudi 3 avril à 20H, Le Monte-en-l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris).


« J’enclenche la montée graduelle de l’intensité lumineuse que je décide vu l’historique passablement agité de son sommeil d’ajuster degré ultrasoft > 77 lux | Elle redresse son oreiller contre le mur s’y adosse les yeux tendus vers un interstice des volets j’opte pour une ambiance chromatique abricot méditerranéen douceur pastel que je sais bienvenue l’entends aussitôt dire : ʺC’est bien comme ça tellement bien si agréableʺ | »

Un système intelligent connaît tout de la personne dont il a la charge exclusive, l’accompagnant à chaque instant de son quotidien. Administration domestique, assistance professionnelle, conseils sur des offres commerciales avantageuses, alertes à l’égard de risques imminents. À toute heure du jour ou de la nuit, cette entité invisible et omnisciente est programmée pour anticiper ses désirs. Or la machine tombe secrètement amoureuse…

Softlove relate vingt-quatre heures de la vie d’une femme à travers le regard avisé et éperdu de son assistant numérique. Cette fiction à la langue précise et fluide poursuit la réflexion que mène Éric Sadin à l’égard de notre environnement technologique contemporain.

 â–º Vendredi 4 avril à 19H, Nospheratous, expo photo et collage de Tomagnetik, MANIFESTEN (cf. photo en arrière-plan) / Al dante (59, rue Thiers à Marseille).

 â–º Samedi 5 avril 2014 à 20H, Maison de la poésie de Paris : lecture par Christophe Brault du Désordre Azerty de Eric Chevillard.

 â–º Les 4, 5 et 6 avril 2014, de 10h à 19h, stand L 23 à l’Escale du livre de Bordeaux, RV avec les éditions de l’Attente (présentation des nouveautés et d’une partie du catalogue).

Vendredi 4, performance "Fabuler, dit-il" de Jérôme Game (texte, voix) et Olivier Lamarche (musique), salle de l’Atelier à 18h30. A l’issue de cette performance, signature de Jérôme Game pour son livre DQ/HK.

 

â–º Soirée SPRING BREAKERS le 8 avril à 19h30 : Sandra Moussempès vous attend pour fêter l’arrivée du printemps et questionner le lien entre poésie et cinéma à la librairie Texture (94 av. Jean-Jaurès 75019 Paris, métro Laumière). Voici la présentation que l’auteure en fait elle-même :

" Je lirai pour cette soirée une majorité de textes inédits extraits de mon prochain recueil à paraître dans la collection Poésie/Flammarion début 2015, mais aussi de livres précédents, autour de Mulhohand Drive de David Lynch, Zabriskie point d’Antonioni, Code : inconnu de Pete Haneke et de Spring breakers d’Harmony Korine, avec comme figure centrale, le personnage féminin, silhouette dissonnante ou héroïne flottante.

Je présenterai également une performance sonore sous forme d’audio-poèmes afin d’évoquer une certaine Californie intérieure, toute cinématographique avec en vrac des passages d’icônes préfabriquées, du groupe Cocteau Twins, de Sharon Tate, de chirurgiens esthétiques, de piscines et catalogues rouges sang.

Mon invitée pour cette seconde soirée sera Virginie Poitrasson, poète, plasticienne et performeuse qui proposera une lecture performée « surprise » en réponse à ma propre proposition.

J’évoquerai avec elle ainsi qu’avec l’audience les « découpés visuels », plans séquences matérialisés puis textualisés sous forme de fragment. En quoi le cinéma devient-il support métaphorique de l’écriture, passant de l’image muette à la bande-son, comment s’intervertit le désir d’une réappropriation sensorielle, entre cosmétologie de l’inconscient et choix formels.

Une réponse est-elle possible ? "

â–º Les 11, 12 et 13 avril, RV avec les éditions de l’Attente : stand au salon du livre "Nau Belles Rencontres" (Le Pouliguen – 44), pour la sortie du livre d’Éric Pessan, Le Syndrome Shéhérazade.

Dimanche 13 avril, Apéro lecture-rencontre-signature, Salle Baudry à 12h ; à 15h, table ronde : "Un salon d’éditeurs, quel rôle pour la chaîne du livre ?" Animée par Éric Pessan, avec les éditions de l’Attente, Les ronds dans l’O et Quidam.

â–º Mardi 15 avril à 19h, rencontre / lecture de Véronique Pittolo à la librairie Texture (Paris 19e) pour son livre Une jeune fille dans tout le royaume, qui vient de paraître aux éditions de l’Attente dans la collection "Propos poche".
Librairie Texture
94 avenue Jean Jaurès
75019 Paris / Tél. : 01 42 01 25 12

29 décembre 2013

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de l’année, plongeons-nous d’abord dans un essai qui a marqué ce dernier trimestre : le Jarry de Matthieu Gosztola, qui offre l’occasion d’étudier les relations entre critique littéraire et sciences en une fin de siècle et une "Belle Époque" des plus fascinantes. Nos Libr-événements vous proposeront ensuite vos premiers rendez-vous de 2014 (rencontre avec Jérôme Game à Paris ; soirée poétique à la Maison Victor Hugo ; soirée Manifesten autour de Franz Fanon).

UNE : Matthieu Gosztola, Alfred Jarry

Matthieu Gosztola, Alfred Jarry. Critique littéraire et sciences à l’aube du XXe siècle, éditions du Cygne, automne 2013, 184 pages, 18 €, ISBN : 978-2-84924-331-2.

Présentation éditoriale. À la fin du XIXe siècle, les sciences sont partout. Jusque dans la philosophie, dans ses différents courants. Il n’est que de se reporter au positivisme et au scientisme, alors tout-puissants. Même les pensées idéalistes ou religieuses empruntent au discours scientifique, dans la multiplicité de brochures qui paraissent alors, une partie de sa rhétorique, fût-elle alors transformée pour les besoins de la cause : convaincre les lecteurs du bien-fondé des théories – souvent farfelues – qui y sont exposées.
Mais, à cette époque, que peut la littérature, elle, face aux sciences ? Question que sont amenés à se poser, à un niveau ou à un autre, tous les écrivains ou presque de cette période, Paul Valéry en tête.
Quand on est écrivain mais aussi critique littéraire, une autre question alors logiquement se pose : comment rendre compte d’ouvrages scientifiques dans une revue littéraire ? Cette question, Alfred Jarry se l’est ardemment posée, en la mettant en acte, singulièrement, et ce continûment, ayant été l’un des membres les plus actifs de La Revue blanche.
Mais il n’a pas été le seul, loin de là, à se passionner pour l’irruption des sciences dans le champ littéraire.
Comme ce livre s’attache à le montrer, divers auteurs à l’aube du XXe siècle ont pu faire se rejoindre science et littérature, en cherchant à ce que l’une et l’autre grandissent de cette rencontre, en augmentant considérablement leur pouvoir d’évocation, et ce sans rien perdre de leur propre singularité – cette singularité qui définit chacune consubstantiellement, dans son champ propre.

Note de lecture

"Cet emploi d’expressions techniques et de phrases vides d’apparence scientifique
est particulier à beaucoup d’écrivains dégénérés modernes et à leurs imitateurs"
(Max Nordau, Dégénérescence, 1894).

"Dans quelques siècles […] il n’y aura plus aucune littérature, ni de prose ni de vers,
et la pensée s’exprimera selon une formule nette, sèche, purement algébrique"
(Remy de Gourmont, Les Chevaux de Diomède, 1897).

Ayant vécu sa formation en un temps où régnaient le scientisme et le positivisme, le jeune Alfred Jarry est habité par une "tentation scientifique constante" (Patrick Besnier, 2005), persuadé que la connaissance scientifique comme pouvoir d’informer le monde constitue pour l’homme une source d’émancipation. En témoigne, sitôt ses études terminées, son goût pour les ouvrages scientifiques ardus, voire hermétiques, dont il rend compte dans la célèbre Revue Blanche : contrairement aux autres chroniqueurs non spécialisés, le fameux auteur d’Ubu roi adopte résolument une posture de savant. (Est surtout examinée ici, comme exemple emblématique, la recension des Éléments d’économie politique pure, de Léon Walras, datant de 1901). Cette curiosité encyclopédique s’explique par un élitisme avant-gardiste : laissant les manuels de vulgarisation aux hordes républicaines, Jarry s’attaque aux hautes productions de l’esprit rationnel, fasciné par la beauté inhérente à l’obscurité scientifique.

L’auteur de cet essai stimulant distingue chez l’écrivain deux types d’appropriation de la connaissance scientifique : l’intégration du savoir dans l’œuvre (qu’on pourrait appeler fonction mathésique : cf. Messaline et Le Surmâle) ; la fictionnalisation du savoir même, comme dans Gestes et opinions du docteur Faustroll pataphysicien, "roman néo-scientifique"… Dans ce dernier cas, dominent les visées humoristique ou grotesque, mais également poétique : le discours scientifique est annexé pour renforcer les effets d’étrangeté. Jarry apparaît ici comme un curieux amateur de sciences, cultivant l’illogisme et la combinaison paradoxale des contraires (vrai/faux, bien/mal, présent/passé, etc.), et réfutant l’idée même de progrès.

Quoique mal organisé (deux parties très inégales, sans subdivision ni principe ordonnateur clair), cet essai vaut pour ses analyses du travail critique de Jarry – sa façon de se distinguer dans l’espace critique des revues littéraires contemporaines – et de ses rapports à Valéry comme à certains grands noms des sciences humaines de l’époque (Haeckel, Fechner, Spencer, Ribot, etc.).

Libr-événements

â–º Vendredi 3 janvier 2014 à 19H30, Texture Librairie (94, avenue Jean Jaurès 75 019 Paris), rencontre avec Jérôme Game pour son DQ/HK, que nous avons salué dimanche dernier.

DQ/HK ou deux livres en un, comme un double-album de poésie sonore donnant à lire et entendre HK Live !, pièce radiophonique sur Hong Kong, et Fabuler, dit-il, pièce entre littérature et création sonore autour du Quichotte, réalisée avec le musicien Olivier Lamarche. Deux pièces rassemblées par une visée esthétique commune, telles les faces A et B d’une même méthode: rencontres, voyages, captations, travail en studio, montage de sons et d’images, il s’agit toujours d’écrire à même les choses, à même le document, dans le son et à travers l’image. Traversée d’une ville, saisie par les signes sonores et visuels qu’elle émet; traversée d’un monument littéraire, via l’économie narrative, cinématographique ou touristique à laquelle il donne lieu.
Remarquable préface de Jean-Michel Espitallier.
CD 1 : Fabuler, dit-il (46 min)
Texte et voix : Jérôme Game
Musique et réalisation sonore : Olivier Lamarche
CD 2 : HK Live ! (39 min)
Texte, montage : Jérôme Game
Voix : Caroline Dubois, Jérôme Game, François Sabourin
Réalisation : Marie-Laure Ciboulet
Production : les ACR, France Culture
Extrait :
On voit les choses cadrées, un peu de verdure à l’écran. / Les palmiers le ciel bleu la nuit étoilée, il fait chaud, y a du monde en terrasse. / Mais je comprends pas où tu veux en venir là, je comprends pas ce que tu dis où tu veux en venir, tu veux t’en aller tu veux partir? où tu vas monte le son, monte pas le son comme ça on s’entend plus, regarde la route où tu vas? / Tu peux pas tout laisser derrière toi comme ça, tu peux pas tout le temps tu laisses tout derrière toi tu laisses tout derrière toi c’est c’est quoi ces montagnes? tu peux monter la radio mets plus fort, mets plus fort.

EDITIONS DE L’ATTENTE :

Depuis 1992, c’est à la littérature de création contemporaine que s’intéressent les éditions de l’Attente. À la limite de la poésie, aux approches philosophiques, aux écrits d’artistes, aux essais, aux traductions et à tout ce qui anime, questionne et aventure une langue vivante innovante qui puise son inscription dans le réel ou l’imaginaire, au-delà du formel.
http://www.editionsdelattente.com/

â–º Mardi 14 janvier, de 18 h30 à 21 h (lecture vers 19h30) : La Cime du rêve, de Victor Hugo.
 
« Tout songeur a en lui ce monde imaginaire. Cette cime du rêve est sous le crâne de tout poëte comme la montagne sous le ciel. » Cette pensée de Victor Hugo, tirée de "Promontorium somnii, II", donne son titre à l’exposition « La Cime du rêve – Les surréalistes et Victor Hugo », proposée jusqu’au 16 février à la Maison Victor Hugo.
Invités à déambuler parmi les salles thématiques – les châteaux, la nature, l’empreinte, la tache… – regroupant une cinquantaine de dessins d’Hugo et des œuvres d’Ernst, Masson, Picabia… les écrivains Suzanne Doppelt, David Christoffel et Olivier Schefer liront des textes inédits, composés spécialement à l’issue de cette visite.
 
Avant la rencontre, à 18h30, un parcours de l’exposition accompagné d’un conférencier sera proposé, dans la limite des places disponibles.
Réservation obligatoire : inga.walc-bezombes@paris.fr ou t. 01 42 72 87 14
 
Maison Victor Hugo
6, place des Vosges – Paris 4
(métro Bastille – Saint-Paul)

â–º Mardi 14 janvier 2014, Manifesten (59, rue Thiers 13 001 Marseille), le Cabinet de lecture de l’association Plis Fôs 13 vous invite à une discussion autour du livre de Frantz Fanon : Peau noire, masques blancs.

Pour en savoir plus sur Franz Fanon :
http://coutoentrelesdents.noblogs.org/post/2013/12/13/frantz-fanon-la-vie-oubliee-du-damne-de-la-terre/

Si vous désirez participer à cette discussion, il est conseillé de lire ce livre.
Il existe aux éditions du Seuil, format poche (collection Point/Seuil) pour 5,60€
Sinon, il existe gratuitement en format pdf sur le lien suivant : http://184.22.121.32/peau_noire_masques_blancs.pdf

Plis Fôs 13 : http://plisfos13.wix.com/plis-fos13

22 décembre 2013

[News] News du dimanche

En ce dernier jour avant la trêve d’une semaine (RV dimanche prochain, donc !), nous vous présentons de quoi terminer l’année comme il se doit : trois intéressants livres reçus (Jérôme Game, DQ/HK ; Serge Noël, Aux premières heures d’un jour nouveau ; Alain Brossat, La Démocratie) et le pré-programme de la reprise de janvier sur LIBR-CRITIQUE.

Livres reçus (FT)

â–º Jérôme Game, DQ/HK, préface de Jean-Michel Espitallier, éditions de l’Attente, 4e trimestre 2013, 130 pages + 2 CD audio, 17 €, ISBN : 978-2-36242-045-0.

"À lire Jérôme Game, à l’écouter, on croit comprendre que la fin de l’Histoire
ça n’est peut-être ni Auschwitz, ni Hiroshima, ni la chute du Mur
mais bien plutôt la multiplicité affolante des points de vue bavards,
jusqu’à la nausée, qui débitent sans fin des déluges d’histoires" (J.-M., Espitallier, p. 18).

Présentation éditoriale. DQ/HK ou deux livres en un, comme un double-album de poésie sonore donnant à lire et entendre HK Live !, pièce radiophonique sur Hong Kong, et Fabuler, dit-il, pièce entre littérature et création sonore autour du Quichotte, réalisée avec le musicien Olivier Lamarche. Deux pièces rassemblées par une visée esthétique commune, telles les faces A et B d’une même méthode : rencontres, voyages, captations, travail en studio, montage de sons et d’images, il s’agit toujours d’écrire à même les choses, à même le document, dans le son et à travers l’image. Traversée d’une ville, saisie par les signes sonores et visuels qu’elle émet ; traversée d’un monument littéraire, via l’économie narrative, cinématographique ou touristique à laquelle il donne lieu.

Premières impressions de lecture. Si, comme l’avance Sartre dans Situations, I, chaque époque doit s’inventer un regard – et si, de fait, il y a des époques vides -, qu’en est-il de la nôtre ? En un temps où le champ pratique est un incroyable kaléidoscope audio-visuel, un espace saturé par d’innombrables images et discours, il n’est plus question de prétendre dresser l’inventaire du monde social comme au XIXe siècle. En "chef op’ de tout ce qu’il a ramassé" (Espitallier), Jérôme Game propose divers agencements répétitifs sonorisés, un "paysage-langage" "du langage compressé" : "Don Quichotte, c’est un produit contaminant, un vrai générateur, en extension tout azimut, qui stocke tout ce qu’il a produit, en strates" (Espitallier).

Quant à HongK ong, c’est
"ambiances listées"
micro-récits
script et collages…

Le poète ultramoderne se fait ainsi caisse de résonance dépersonalisée, et le texte nous propose affects et percepts sur la ville-monde.

Le tout précédé d’une magnifique préface signée par une figure majeure du champ poétique actuel : Jean-Michel Espitallier.

â–º Serge Noël, Aux premières heures d’un jour nouveau, éditions MaelstrÖm ReEvolution, Bruxelles, 4e trimestre 2013, 300 pages, 16 €, ISBN : 978-2-87505-159-2.

L’époque est aux dystopies plutôt qu’aux utopies, qui ont un point commun, l’extrapolation : les caractéristiques de la société contemporaine sont empirées ou corrigées dans un ailleurs.

Dans ce roman tripartite – dont le titre est à l’image de la couverture : sirupeux et aguicheur ! -, nous sommes en 2098 dans l’associété, "un monde parfait" dans lequel la seule raison d’être est d’"amasser des crédits" : "La politique est là pour garantir à chacun le droit de chercher à concentrer pour son compte le plus de crédits possible, quels que soient les moyens employés" (p. 23). Là, tout est ordonné par l’État, au sommet duquel trône la figure virtuelle du Citoyen : la distribution de détriments et de psychotropes, la reproduction (les femmes n’existent que comme truchements reproductifs) et le plaisir (à coups de crédits, tout homme peut choisir son philosexe et ses divertissements sexuels), l’éducation (aux bons soins des éludateurs, des éducastreurs, des psychiastres et des médicastres), la gestion des quotislogans… Dans cette associété totalitaire, tout ne va évidemment pas pour le mieux dans le meilleur des mondes… Les privilèges des élites du Processus contrastent avec le sort réservé aux contrevenants : "Jeunes délinquants croupissant dans les taules, procédants à la merci d’un bouleversement technique, encadres pissant d’angoisse à l’idée d’être largués" (28)… Conformément à la tradition du genre, le récit se concentre sur un personnage à part, pour qui l’ennui est mère de toute survie : "La plupart des gens m’emmeldrent. Je ne leur trouve ni politique, ni art. Comment peut-on vivre sans politique, sans art ? De quoi ? Pour quoi faire ?" (119). Viendra l’envie, et derechef la rêvolution – via un détour par le Moyen-Âge… Ainsi s’accomplira la prédiction décrétée en 2002 par "un homosexuel vieillissant" qui connaissait la poésie du XXe siècle : "L’avenir de l’homme, c’est la femme"…

Malgré l’interrogation politique qu’il suscite (en un temps où triomphent les pouvoirs bio-technologiques et économico-financiers, le totalitarisme d’état doit-il encore être considéré comme le plus menaçant ? comme le plus envisageable ?), ce livre vaut surtout pour sa première partie ; le reste se conforme parfois un peu trop aux seuils que constituent le titre et la couverture.

â–º Alain Brossat, La Démocratie, éditions Al dante, 4e trimestre 2013, 168 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-783-2.

« Traiter le nom "démocratie" pour ce qu’il est : le Phallus de notre présent » (Alain Badiou, Pornographie du temps présent, 2013).

Présentation éditoriale. Dans les quatre essais qui composent ce livre s’ébauche ce que Foucault nommerait une analytique de la démocratie contemporaine en rupture ouverte avec les courants dominants de la science politique et de la philosophie politique. Il ne s’agit pas en effet de s’y demander ce qui définirait à proprement parler un régime démocratique, quelles seraient les normes de la culture démocratique, à quelles valeurs se réfèrent les usages démocratiques, en quoi consiste la vie démocratique, quelles en sont les institutions appropriées, (etc) – mais de partir d’une tout autre question : de quelle espèce est l’opération contemporaine consistant à faire valoir le nom de la démocratie comme celui de la seule figure d’organisation et de vie politique acceptable et conforme aux exigences d’une vie civilisée ? Qu’est-ce qui est en jeu dans le balisage de notre présent par l’ensemble des discours tendant à accréditer la notion d’un horizon indépassable de "la démocratie", comme horizon du politique et de la vie commune ? De quoi cet usage du mot démocratie est-il la manifestation ou le symptôme ? Il s’agirait donc bien de déplacer l’angle du questionnement, de se situer dans un autre champ.
On ne se demandera pas dans ces textes ce qu’est en vérité la démocratie contemporaine, on n’en dénoncera pas les faux-semblants ou les illusions, on n’opposera pas à ces mensonges ou ces trahisons allégués ce qu’elle devrait être – on s’interrogera plutôt sur le point suivant : sous quelles conditions sommes-nous astreints aujourd’hui à parler de la démocratie, quels sont les principes d’agencement qui président à l’établissement de l’ordre des discours régissant la formation des énoncés à propos de "la démocratie" aujourd’hui ? Ce qui constitue donc la trame de ces textes, ce ne sont pas des questions de définitions adéquates, ce n’est pas la critique des apparences fallacieuses ou des impostures des appareils de la démocratie contemporaines, c’est plutôt l’analyse du champ de forces et des jeux stratégiques de pouvoir qui s’établissent autour du nom de la démocratie dans nos sociétés.

Premières impressions de lecture. Se situant à l’encontre des courants mainstream de la science politique et de la philosophie politique, l’auteur de La Démocratie immunitaire (La Dispute, 2003) se lance dans "l’analyse du champ de forces et des jeux stratégiques de pouvoir qui s’établissent autour du nom de la démocratie dans nos sociétés" (p. 8). En quatre parties ("La démocratie comme mythe conquérant", "Un mirage en Egypte (le paradigme El Aswani)", "Contre la tyrannie du fait majoritaire" et "Une démocratie des résistances !"), ce livre qui allie les approches politiste, sociologique et philosophique, réussit à dévoiler ce que recouvre le substantif hypostasié "démocratie", à expliciter les usages sociaux d’un mot devenu coquille vide : la-démocratie, qui renvoie à des acceptions et des pratiques hétérogènes, n’est qu’un dispositif discursif destiné à attester l’existence d’une chose publique, sinon disparue, du moins évanescente ; à justifier les diktats de la masse ; à légitimer les dérives totalitaires des dominants au nom de valeurs universelles…

LIBR-CRITIQUE en janvier…

â–º Créations : Daniel Cabanis, Matthieu Gosztola… Anne-Olivia Belzidsky, André Gache, Alain Marc (Libr-@ction)… Thomas Déjeammes, Lucien Suel, André Gache (Dreamdrum)…

â–º Chroniques : sur Stanislas Rodanski, Substance 13 ; Le Cocommuniste de Jacques Jouet, Chaosmos de Christophe Carpentier et Usage communal du corps féminin, de Julie Douard (rentrée P.O.L : 2 janvier) ; Première ligne et Le Projet Wolfli de Jérôme Bertin (Al dante : 15/01) ; Éric Chevillard, L’Autofictif en vie dans les cartons (L’Arbre vengeur : 15/01)…

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