Libr-critique

7 mars 2021

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mars, des nouvelles de l’Observatoire des Forces Néo-Libérales en fRANCE… Puis nos Libr-Livres reçus et les « nouvelles aventures d’Ovaine » (Tristan Felix)…

 

ÉDITO : Observatoire des Forces Néo-Libérales en fRANCE (OFNLF)
/CUHEL et HEIRMAN/

â—Š LIBERTÉ : « La liberté, mise à toutes les sauces pour mieux faire passer la pilule capitaliste, n’est qu’un pâle verni recouvrant à peine ce qu’il tente vainement de cacher » (Sylvain Martin, « L’Antéchrist du Capital. Un dysangile pour le temps présent », dans Alain Jugnon dir., La Correction, p. 51 : voir ci-dessous) : CQFD / © made in fRANCE 2021.

â—Š fRANCE, mère des AhAh… arts
des Armes (3e exportateur mondial)
et des Lois (Lawaffairs…)

ÉGALITÉ : Les politichiens-de-fRANCE* sont plus égaux que d’autres, bénéficiant des OBP (Opérations de Blanchiment des Politichiens) grâce à la CJR (Corruption de la Justice pour les Ripoux).

* Politichien-de-fRANCE : Incarne la seule fRANCE réelle, celle d’en-haut (PMF : Politichien = Marianne-de-fRANCE).

En fRANCE, on demande aux fonctionnaires un casier judiciaire vierge, mais pas à ceux qui les dirigent…

FRATERNIQUÉ…

© Joël Heirman

Moralité : La 7e puissance économique est classée 23e selon l’Indice de Perception de la Corruption (IPC).
De quoi donner du pain sur la planche à l’association Anticor, en péril
[ANTICOR : Essentiel pour lutter contre le virus de la corruption]

 

Libr-livres reçus

â–º La Revue des revues, n° 65 : « Pour Olivier Corpet », printemps 2021, 168 pages, 15,50 €.

► Alain Jugnon dir., La Correction, éditions Dernier Télégramme, Limoges, février 2021, 240 pages, 15 €.

► Julien BLAINE, Dans les décombres de Julien Blaine (Après Le Grand Dépotoir), coll. « C’est mon daDa », hiver 2020-21.

► Romain FUSTIER, Jusqu’à très loin, éditions Publie.net, coll. « L’Esquif », février 2021, 152 pages, 15 €.

► Sébastien MÉNARD, Quelque chose que je rends à la terre, ibid., 140 pages, 15 €.

► Xavier SERRANO, Pill dream, Flatland éditeur, coll. « La Tangente », février 2021, 104 pages, 8,50 €.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Felix/

Un jour de vache maigre, Ovaine postule pour faire nu dans une académie.
Mais pas question d’ôter ses atours : elle garde ses frusques et son loup.
Le peintre en herbe invente alors la toile blanche où Ovaine, très à son aise, se dévêt dans tous les sens.
L’Å“uvre enfin immaculée échauffe les esprits.
 Ovaine, drapée de dignité, est portée aux nues par une foule en délire.
Le loup grêle et sa nouvelle amie la vache maigre ferment le cortège, en broutant quelques brins.

 

 

28 février 2021

[News] News du dimanche

On découvrira en UNE le programme à venir de Metaclassique, conçu par David Christoffel, puis les « Nouvelles aventures d’Ovaine » (Tristan Felix) et nos Libr-brèves… Mais d’abord un édito libr&critique de circonstance…

 

ÉDITO : En Marche Hunique… (2)
/CUHEL, Heirman et Thomas-Roudeix/ 

Voici les dernières analyses de l’Observatoire des Forces néo-libérales (FNL) en fRANCE.

1/ Pour que les Marcheurs aient un maximum de Suiveurs – comme au Bon-Vieux-Temps ! –, il faut et il suffit de faire diversion et de crier haro sur un baudet quelconque : sous Pétain, ce bouc-émissaire se nommait judéo-bolchévisme ou judéo-maçonnerie ; aujourd’hui, il s’agit de l’islamo-gauchisme.
Telle est la panoplie rhétorique de tout Pouvoir Autoritaire (PA).
La seule Éducation nationale qui marche d’ailleurs en fRANCE, c’est la pédagogie du gouverdément : vive la néo-maïeutique, cet art de coucher les esprits à tout prix.

La question est simple : Pourquoi ça marche ? Quelle sécurité les sujets de Micron 1er croient-ils obtenir pour sacrifier à ce point leurs libertés ? Quelle Égalité croient-ils obtenir pour renoncer à ce point à la Fraternité ?

2/ À quel degré d’infantilisation les sujets de Micron 1er sont-ils parvenus pour croire à sa Toute-Puissance ? Il faut dire qu’on n’arrête pas le Progrès : le pouvoir magique du souverain ne s’attaque plus aux écrouelles, mais aux virus. Micron 1er est notre Grand-Pseudémiologiste ! Il faut dire que Micron 1er est un Grand-Magicien qui manipule avec une grande dextérité choses et chiffres.

© Bernard Thomas-Roudeix

3/ Pour ses excès, le monde en-saignant sera soumis au programme « PUNIR & SURVEILLER », qui lui infligera les dix plaies d’EGIPT (Enseignement = Gauchisme & Islamisme Pour Tous).

  1. Les en-saignant, ex-professeurs, devront désormais suer sang et eau pour éduquer les sauvageons poussés selon la méthode GAFA (Gavage à l’Animosité, aux Fakes et aux Amuseries).
  2. Les en-saignant, ex-professeurs, devront désormais assumer leur liberté d’expression et de manifestation : le Corps des Indomptables Crapauds (CIC) veillera au Respect de l’Ordre.
  3. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais inscrits systématiquement aux stages de l’organisme « Un pays qui se tient sage ».
  4. Les en-saignant, ex-professeurs, sont désormais promus au grade de GAC 40 (Grands Animateurs Cuculturels avec moins de 40 élèves par cours).
  5. Les en-saignant, ex-professeurs, comme tous les autres membres du cheptel étatique hormis les chiens-de-garde, seront désormais labellisés et pucés.
  6. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais inscrits systématiquement au FIS (Fichier des Individus Suspects) après avoir souscrit au Devoir de Soumission (DS).
  7. Les en-saignant, ex-professeurs, bénéficieront désormais d’équipements, de primes et revalorisations inscrits au Registre des Calendes Grecques.
  8. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais soumis au régime des TAS (Tracasseries Administratives Sophistiquées), auxquelles ressortissent les PIP (Programmes In Progress).
  9. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais soumis à la Loi RAR (Retraite au Rabais).
  10. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais envoyés sur le Front Sanitaire (FS) avec le zèle pour seule arme.

© Joël Heirman

UNE : Metaclassique de David Christoffel

On (re)découvrira l’extraordinaire Metaclassique, conçu par David Christoffel, dont voici le programme en mars :

Mercredi 3 mars 2021 – Metaclassique #109 – Rattraper

Pendant la dictature franquiste, la vie musicale a bel et bien continué. Si certains compositeurs sont quelquefois taxés d’avoir collaboré, leur position est souvent plus ambivalente. En privilégiant une reconnaissance internationale, ils ont pu épanouir leur musique en s’approchant des musiciens des grandes capitales musicales européennes, mais en imaginant l’Espagne en retard par rapport à elles. Entretien avec Igor Contreras, auteur de « Tant que les révolutions ressemblent à cela… » L’avant-garde musicale sous Franco aux éditions horizonsd’attente et Jean-Noël von der Weid qui a publié Luis de Pablo, bâtisseur d’essentiel chez Aedam Musicae.

Mercredi 10 mars 2021 – Metaclassique #110 – Mouiller

Objet de fascination musicale et de curiosité scientifique au siècle des Lumières, l’harmonica de verre sert aussi bien à encenser Franklin qu’à condamner Mesmer. Là où la musique au doigt mouillé porte des sons cristallins qui charment salons et loges maçonniques, elle cristallise des théories plus ou moins rationnelles sur les effets des sons sur l’organisme. Rétrospective historique des grandeurs et misères de l’instrument avec Mélanie Traversier qui signe aux éditions du Seuil, L’harmonica de verre et Miss Davies.

Mercredi 17 mars 2021 – Metaclassique #111 – Mirer

Symétriques face au clavier, les deux mains du pianiste sont en miroir l’une par rapport à l’autre. Mais quand il se regarde dans le miroir de la loge avant d’entrer en scène, le pianiste peut se regarder de travers, avec une attention particulière pour son profil droit, le seul qu’il va montrer au public. En miroir, le pianiste Alexandre Tharaud et le poète et compositeur Jacques Rebotier se prêtent au micro de Metaclassique à des souvenirs partagés, des lectures de textes en miroir et un blind test de musiques renversées.

Mercredi 24 mars 2021 – Metaclassique #112 – Mensualiser

Pour entrer dans le printemps, Metaclassique traverse les douze mois des Saisons de Tchaïkovsky en compagnie de deux interprètes. De variations poétiques sur les dictons saisonniers en débats sur la puissance tchaïkovskienne de l’héroïne Martine ou la difficulté à être l’homme du mois quand on travaille à trois entre le violoniste Boris Borgolotto et le violoncelliste Marc Girard Garcia qui, avec le pianiste Ian Barber, forment le Trio Zadig.

Mercredi 31 mars 2021 – Metaclassique #113 – Claironner

La musique qui claironne veut sortir l’auditeur du sommeil. Elle veut aussi se faire entendre. Et les sirènes nous apprennent que le désir d’être entendu est solidaire du désir de se laisser bercer, attirer par l’oreille.  « La musique adoucit les moeurs qu’elle prépare à la guerre. » Entretien avec Philippe Beck, auteur du Traité des sirènes et de La Berceuse et le clairon (aux éditions Bruit du temps).

♦ On ne manquera pas d’écouter l’émission d’une heure, intitulée « Mordre », consacrée à Meta donna de Suzanne Doppelt.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Félix/

♦ A la petite aube, Ovaine herborise. Elle aperçoit bientot des herbes qui s’arrachent de là.

– Vous êtes folles ! Où allez-vous ?
– Où il fera bon vivre, le temps  nous est compté.

Elle les voit qui s’extirpent de la terre si dure et rampent en traînant leur robe de racines.

Montée en graine, Ovaine les escorte et, de peur qu’elles ne sèchent, les humecte d’un peu de rosée.

Son troupeau d’herbes est si grand devenu que les ovins, défrisés, cessent de brouter à leur passage.

Ovaine, épuisée par cette transhumance, n’ose caresser l’idée d’une tisane.

 

♦ Pour ne rien rater du spectacle du monde, Ovaine dépose ses yeux un peu partout et, le soir, les relève.

La pêche est miraculeuse: une huître dans les bras d’un poulpe, un duo de soles mineures, une course de pétoncles, parfois même un pêcheur endormi dans le ventre de son poisson.

Il arrive que sa vue se trouble: un duo d’huîtres court après le pétoncle qui s’endort sur le ventre du pêcheur.

Hum, c’est égal, Ovaine n’est pas difficile et tout passe à la casserole.

Au moment de déguster, elle hésite un brin : et si tout finissait dans le ventre du pêcheur ?

Alors, elle remet tout à l’eau et lance ses yeux encore plus loin.

 

Libr-brèves

► Actualités Annie ERNAUX :

– Un numéro des Cahiers de L’Herne est en préparation sous la direction de Pierre-Louis Fort.

– Le printemps prochain devrait voir enfin la sortie du film Passion simple (2020), de Danielle Arbid, avec Laetitia Dosch, Sergei Polunin, Lou-Teymour Thion. [Bande-annonce]

– Devrait ensuite paraître (automne prochain ?) L’Événement (2021), d’Audrey Diwan, avec Sandrine Bonnaire et Pio Marmaï.

– Enfin, un film documentaire est en cours de réalisation, de David Ernaux, à partir des films tournés en famille (en super 8 !) dans les années 70 – avec un texte écrit par Annie Ernaux elle-même.

 

â–º Du 1er au 5 mars 2021, Festival Bruits de langues à la faculté de Lettres et Langues de l’Université de Poitiers, dans la Salle des Actes. Les rencontres seront également retransmises en ligne sur UPTV.

Lundi : Contes et catastrophes
13h30 → Ouverture.
14h-14h30 → Lectures scéniques – extraits d’Ali Zamir et Natacha Appanah.
14h30-15h30 → Rencontre avec Ali Zamir.
15h30-16h30 → Rencontre avec Laurine Roux.
16h30-18h → Paroles de conteuses avec Michèle Bouhet & Monique Burg.
Mardi : Histoires vraies et jeu de rôle
14h-15h → Rencontre avec François Beaune.
15h-16h → Rencontre avec T.H. Gabriel.
16h-17h → Rencontre avec Frédéric L’homme.
17h → Jeu de rôle (en ligne).
Mercredi : Mémoires et politique
14h-15h → Rencontre avec Maria Luiza Tucci Carneiro (en ligne).
15h-16h → Rencontre avec Eric Pessan.
16h-17h → Rencontre avec Frédérique Cosnier.
17h-18h30 → Rencontre avec Alfonso Zápico et Toni Fezjula (en ligne).
18h30-19h30 → Vernissage virtuel avec JKal.
Jeudi : Observation et résistance
14h-15h30 → Kathrin Röggla (en ligne) en dialogue avec Lucie Taïeb.
15h30-16h30 → Rencontre avec Régis Lejonc.
16h30-17h30 → Rencontre avec Maylis de Kerangal.

21 février 2021

[NEWS] News du dimanche

D’abord, vu l’état d’un petit état nommé fRANCE, on lira l’ÉDITO libr&critique signé CUHEL, avec les dessins extraordinaires de Joël HEIRMAN et Bernard THOMAS-ROUDEIX ; retrouvez ensuite vos « nouvelles aventures d’Ovaine » (Tristan Felix) et vos Livres reçus… Et préparez cet événement des Enjeux littéraires contemporains 13

 

ÉDITO : En Marche Hunique…
/CUHEL, Heirman et Thomas-Roudeix/

© Bernard Thomas-Roudeix

Il faut être réaliste, la vraie Liberté est illibérale,
puisqu’elle permet de mener la Vraie-Politique sans aucune entrave :
peut-il y avoir une Opposition quand la difféRANCE a trouvé son incarnation ?

Une voie libre est une voie dégagée : déblayons nos avenues
et nos universités de ceux qui ont peur de la difféRANCE et de l’adversité !
Tous les obstacles seront déclarés nuls et non avenus.
Une fois la route bien damée, les fausses routes bien damnées,
vive la Voix hunique, celle de la Raison néolibérale –
de l’immondyalisation du monde par hunification !  

À bas la culture de l’Excuse !
Il faut être réaliste : il y a les dominants et il y a les dominés.
Et quelle excuse pourraient avoir ces derniers de trahir leur condition ?
Tous ceux qui contestent la Raison illibérale sont INTOLÉRANTS.
Pourquoi ceux qui ne suivent pas la Vraie-Voie auraient-ils voix au chapitre ?

En régime Hunique, un seul Salut :
Travaillobéissez et consommobéissez !

© Bernard Thomas-Roudeix

Après avoir mis hors d’état de nuire toutes les pièces à gauche de l’échiquier français et contrôlé celles de droite, il reste aux forces ultralibérales une dernière manœuvre pour faire triompher la difféRANCE : l’annexion de l’espace extrémo-droitiste.

Et pour faire une OPA sur cet espace extrémo-droitiste, quoi de mieux, en CA (Comité pour l’Annexion), que l’adoption des mesures prophylactiques adéquates ? Une bonne campagne de désinfection islamo-gauchiste ! Par temps de disette, la chasse aux sorcières c’est comme la chasse aux loups, ça marche à tous les coups !

Tel est le dernier avatar du karmapitralisme*, l’autoritaro-libéralisme. Sa dernière carte : libérer et intensifier la toute-puissance des Bienfouteurs de l’Homonculité pour assurer l’avènement… de la fin des temps.

© Joël Heirman

* KARMAPITRALISME. Religion innoculée par la secte Çaprofite selon laquelle le Capital est l’opium du peuple.

Virus caméléonesque qui, depuis deux siècles, s’est développé, adapté, transformé et renforcé pour devenir invincible.

Il faut être réaliste, le Karmapitralisme est l’avenir de l’Hommoderne, c’est notre destin.

 

DKANALOGUE

  1. Enfin le monde se fit Un.
  2. Enfin le monde se fit Un.
  3. Enfin le monde se fit Un.
  4. Enfin le monde se fit Un.
  5. Enfin le monde se fit Un.
  6. Enfin le monde se fit Un.
  7. Enfin le monde se fit Un.
  8. Enfin le monde se fit Un.
  9. Enfin le monde se fit Un.
  10. Enfin le monde se fit Un.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Félix/

â—Š Ovaine, en réinsertion, vient de postuler pour un poste d’intégration au compost.

Constellée de pustules, elle rampe parmi les lombrics et numérise l’humus.

Un long ver en sueur, le visage décomposé, l’accoste mollement :

– Je suis à bout, ma mie,  la terre est basse et je suis bien trop long pour mon âge.

Ovaine  en un clin d’oeil le numérise, l’exhume délicatement puis, compatissante, le relève  de ses fonctions.

Dès lors le ver, de toute sa hauteur s’élève au-dessus de la terre rejoindre les âmes seules.

 

♦ Tout au bord des trottoirs, accrochés dans les cheveux, tombés  d’un  cabas, d’une poche ou même des nues, errent des mots en peine, oubliés.

Ovaine les stoque dans un sac : capsule, Acapulco, criquet, polenta, grutier, rat… Il y en a pour tout l’égout.

Elle installe son stand à la sauvette en pleine rue, au pied d’un hospice en ruine.

Viocs et djeuns queutent jusqu’à très loin pour retrouver le bon mot, récupérer le monde.

Les affaires d’Ovaine vont si bon train qu’elle est obligée d’en inventer dans l’urgence, certifiés faux : clapute, alpagure, corlique,  polpita, agruti, rostamalek…

On se les arrache. On prend commande. La maladie d’Elsemeur devient un labo de souvenirs et d’envies merveilleuses.

Libr-événement

Survivez avec l’un des rares événements importants en ce premier trimestre 2021 :

Enjeux 13 « Survivre« , initialement prévu du 2 au 5 décembre 2020 a été reporté du 4 au 6 mars 2021 au Théâtre du Vieux-Colombier Comédie-Française.

Avec Santiago Amigorena, Paul Audi, Jean-Christophe Bailly, Yoann Barbereau, Ugo Bienvenu, Luc Boltanski, Johann Chapoutot, Emanuele Coccia, Eric Dussert, Jean-Michel Espitallier, Claire Fercak, Hélène Giannecchini, Sylvie Germain, Hélène Gaudy, Guka Han, Rémy Jannin, Laurent Jenny, Frédéric Joly, Nathalie Quintane, Charif Majdalani, Sandra Moussempès, Marie-José Mondzain, Baptiste Morizot, Valérie Mréjen, Jean-Luc Nancy, Anne Pauly, Lionel Ruffel, Antoinette Rychner, Emmanuelle Salasc (Pagano), Leïla Sebbar, Vanessa Springora, Barbara Stiegler, François Sureau, Pierre Vinclair, Antoine Volodine.

Et les auteurs des Extensions : Marianne Alphant, Bruno Bonhoure, Jean-Paul Demoule, Sylviane Dupuis, Jean-Pierre Ferrini, Hélène Frappat, Alain Jaubert, Vincent Message, Laurent Olivier, Carlo Ossola, Emmanuel Ruben, Esther Tellermann, Camille de Toledo.

TELECHARGER LE PROGRAMME DE l’EDITION EN LIGNE DU 4 AU 6 MARS 2021.

Libr-6


â–º Le Magasin du XIXe siècle, n° 10 : « Réseaux », éditions Champ Vallon, hiver 2020-2021, 308 pages, 25 €. [Christian PRIGENT a accordé un entretien à cette revue publiée par la Société des Études Romantiques et dix-neuviémistes : « Langagement » – où il est question de Hugo, Rimbaud et Jarry… et aussi du réseau revuiste…

► Christophe ESNAULT, Lettre au recours chimique, éditions Æthalidès, à paraître en mars 2021, 112 pages, 16 €.

► A. C. HELLO, Koma Kapital, Les Presses du réel, coll. « Al dante », à paraître, 112 pages, 12 €.

â–º Samira NEGROUCHE, Traces, Fidel Anthelme X, coll. « La Motesta », Marseille, février 2021, 46 pages, 7 €. [commander : Librairie TRANSIT 45 boulevard de la Libération 13001 Marseille]

â–º Marius Loris RODIONOFF, Procès-verbaux, Les Presses du réel, coll. « Al dante », à paraître, 104 pages, 12 €.

► Ahmed SLAMA, Marche-frontière, éditions Publie.net, février 2021, 130 pages, 13 €.

14 février 2021

[News] News du dimanche

CUHEL commence par vous faire méditer sur notre douce-France… Moussempès en UNE, puis les nouvelles aventures d’Ovaine par Tristan Felix… et nos Lib-livres reçus !

 

Édito : Douce fRANCE /CUHEL/

Le règne de Micron 1er fut celui du CommeSi

[Micron a tout lu tout vu
– il est Tout-UBU !]

fRANCE pays de Liberté – pour les néo-Libéraux et leurs polichiers

[liberté de travailler et de consommer pour les autres]

fRANCE pays d’Égalité – à force d’égaliser les privilèges des assistés (ceux qui ont un net fixe !)

fRANCE pays de Fraternité – envers les capitaux

 

fRANCE mère des Arts (vive Netflix !)
des Armes (pour libérer et sécuriser les sujets de Micron 1er !)
et des Lois (pour assurer la Liberté et la Sécurité des néo-Libéraux !)

 

Priorité à l’Éducation – grâce aux suppressions de postes !

Priorité à la Recherche – de profits !

Priorité à la sécurité sanitaire – à coups de baguettes magiques !

Priorité au Plein-emploi – grâce à la magie des chiffres…

 

Et maintenant, grâce à la néo-maïeutique – cet art de coucher les esprits que maîtrisent les sophistes et les polichiers –, place au CommeÇa : après le CommeSi, c’est CommeÇa !
En marche !

 

UNE : Sandra Moussempès à bout portant…

Suivez en direct l’événement sur la page Facebook ou la chaîne Youtube de la Maison de la Poésie.
➡️ Pour ne pas rater le direct, inscrivez-vous à l’événement Facebook.
Vous pouvez ensuite retrouver la vidéo à tout moment sur notre chaîne Youtube.

Cassandre à bout portant poursuit cette quête obstinée de Sandra Moussempès des objets féminins non identifiés à travers les clichés de l’imaginaire contemporain (celui des séries américaines en particulier), détournés avec une ironie teintée de tendresse. Le ciel s’est éclairci dans l’univers de l’autrice, l’humour semble désormais maintenir à distance les monstres du passé. Ce qui n’ôte rien à l’étrangeté des images que son écriture parvient à susciter, avec une innocence qui n’exclut pas un soupçon de perversité. Jusqu’où peut aller une pin-up assortie à sa fourchette, endormie sur le sol d’une maison hantée ? Telle est l’une des questions que pose ce livre grave, joyeusement décalé.

À lire – Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Poésie Flammarion, 2021.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine… /Tristan Felix/

À l’endroit pile où Ovaine bâtit sa bicoque, une maison se construit.

Ovaine ne se démonte pas. Nuit et jour, elle ôte une à une les pierres et les poutres pour mettre les siennes à leur place.

Le chantier n’avance guère… Ne reculant devant aucune adversité, elle poste son loup en équilibre sur le seuil, prêt à déjouer l’entourloupe.

Mais voilà Ulysse qui revient de loin, rusé de près et vermoulu comme une poutre. Il demande à voir Pénélove.

Le loup, grêle et méfiant, opte pour un silence sidéral.

Alors, Ovaine, immatérialisée, descend des combles de son rêve.

 

Libr-livres reçus

► Marie Delvigne / Raymond Federman, Fourire, Les Contemporains favoris, coll. « Å’uvres complètes », été 2020, 124 pages, 18 €.

► DOC(K)S, série 33/34, numéro 35/36, hiver 2020-2021, 460 pages (+ DVD), 50 € (abonnement pour 4 numéros : commander).

► Armand Dupuy, Selfie lent, éditions Faï Fioc, Boucq (54200), hiver 2020-2021, 112 pages, 13 €.

► Sylvie Durbec, Carrés, ibid., 72 pages, 11 €.

► Didier Henry, Continuo, ibid., 88 pages, 12 €.

 

25 octobre 2020

[News] News du dimanche

En UNE, le poète CUHEL et le dessinateur Joël HEIRMAN reviennent à leur manière sur l’atteinte obscurantiste à l’Ecole de la République. Vous découvrirez ensuite quelques lectures conseillées (Libr-6) et deux Libr-événements

UNE (CUHEL/HEIRMAN)

 

Faut pas s’mentir
faut être réaliste
Nous au gouverdément
on Z’aime les enseignants
on les Z’aime tellement
qu’on les place carrément en première ligne
Honneur aux hussards de la République !
avec un pognon de dingue plein la carlingue
on les Z’aime tellement
qu’on s’est creusé les méninges pour les ménager et leur aménager des carrières de ouf
des conditions de travail foldingues
et tutti-frutti
quelle Passion !

Faut pas s’mentir
faut être réaliste
Nous au gouverdément
on Z’aime les enseignants
sauf les universolitaires
Trêve de laxisme et de causalisme
foutaises foutaises foutaises
d’anamnèses
Tout ça c’est à cause que
maladroite
l’univercécité
est allée droit à gauche
l’univercécité s’est radicalisée
islamo-gauchisée

À bas les fanatiques
la source de nos hic
Faut pas s’mentir
faut être réaliste
contre nos déboires
nous on se contente chaque soir
de prier la Ste Croissance
qui nous dicte ses exigences
Pour qu’elle croisse
sale engeance
diminuez vos créances !

 

Libr-6 (septembre-octobre 2020)

â–º Antoine DUFEU, Sofia-Abeba, suivi de MZR et « Le Train » de Léon Trotski, éditions MF, coll. « Inventions », 176 pages, 15 €.

► Tristan FELIX, Faut une faille, Z4 éditions, 174 pages, 13 €.

► Jean-Paul GAVARD-PERRET, Joguet, Joguette, préface de Tristan Felix, Z4 éditions, 62 pages, 10 €.

► Iegor GRAN, Ces casseroles qui applaudissent aux fenêtres, P.O.L, 142 pages, 13 €.

► Emmanuel TODD, Les Luttes de classes en France au XXIe siècle, Seuil, 1er trimestre 2020, 376 pages, 22 €.

â–º Revue des revues, n° 64 : « Femmes en revues », 172 pages, 15,50 €. [sur la nouvelle recockpitvue COCKPIT Voice Recorder : p. 181-183]

Libr-événements

► 
â–º Colloque « Musidora, qui êtes-vous ? » coorganisé par Carole Aurouet, Marie-Claude Cherqui et Laurent Véray du 18 au 20 novembre 2020 à la Cinémathèque Robert-Lynen et au CNC.
Participeront à ce colloque : Olivier Assayas, Carole Aurouet, Karol Beffa, Anne Bléger, Didier Blonde, Francesca Bozzano, Lucas Bruneau, Emilie Cauquy, Patrick Cazals, Pierre Edouard Clamour, José-Maurice Cherqui, Marie-Claude Cherqui, Marie-Joëlle Cherqui, Anne-Olga de Pass, Béatrice de Pastre, Marc Durand, Yvon Dupart, Hélène Fleckinger, Annette Förster, Christophe Gauthier, Magali Goimard, Anne-Elisabeth Halpern, Myriam Juan, Laurent Mannoni, Camille Paillet, Paola Palma, Pascal Roques, Sébastien Rongier, Michel Saussol, Laurent Véray, Christophe Viart, Michel Viennot et les élèves du conservatoire de musique Jean-Philippe Rameau du VIe arrondissement de Paris.

20 octobre 2019

[News] News du dimanche

Avant vos Lib-événements de fin octobre/début novembre (Cécile Portier, Charles Pennequin, Michel Deguy, Éric Chevillard…), une recette particulière avec le duo satirique Cuhel/Heirman… Puis votre Libr-8 suivi de la rubrique « En lisant, en zigzaguant »…

UNE satirique :
La recette de la semaine : une blanquer-de-veau (CUHEL/HEIRMAN)

N’en déplaise aux blanquer-dévots, voici la recette de la blanquer-de-veau…

Dans un saladier de technopicrate, verser

  • une pincée d’épices
  • une cuillerée de malice
  • une poignée d’injustice
  • une louche d’économie(s)
  • une charretée d’avanies
  • une volée de n’importe quoi
  • une overdose de mauvaise foi
  • un mix / une mixture de neuronique et de numérique…

Et le (vilain) tour est joué !

Libr-événements

► Cécile Portier, dont on connaît l’admirable site Petite Racine, sera en résidence à Marseille du 21 au 25 octobre 2019 dans le cadre des micro-résidences d’Alphabetville.

« Mais je ne parlerai pas de politique. Non. Non. Non. Je parlerai de ce qui nous échappe. De ce qui fait que nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, et que nous glissons inexorablement le long de la réalité. C’est une réalité qu’on ne peut appréhender avec les méthodes ordinaires » (extrait de « Faux plat, cartographie par la fiction de nos espaces politiques », AOC, 2018).

♦ Le jeudi 24 octobre à 18h30, Faits divers avec Cécile Portier, café-librairie la Salle des machines, Friche la Belle de Mai (41 rue Jobin 13003 Marseille).

Dans le cadre de sa résidence, Cécile Portier présentera « Plusieurs », un texte inédit, publié spécialement dans la revue La première chose que je peux vous dire aux éditions de La Marelle, en partenariat avec Alphabetville. Lecture et échange autour du texte. Entrée libre. Revue : 2 €.

► Jusqu’au 30 octobre

► Vendredi 25 octobre à 20H, Poètes en Résonances (75018) :

► À la Maison de la poésie Paris :

Libr-8 (septembre-octobre 2019)

► Jean-Michel CORNU DE LENCLOS, L’Abysinienne de Rimbaud, Caen, éditions Lurlure, 296 pages, 22 €.

► Sylvain COURTOUX, L’Avant-garde, Tête brûlée, Pavillon noir, Les Presses du réel / Al dante, livre de 362 pages + CD, 27 €.

► Alexandre DESRAMEAUX, Saut fixe, Atelier de l’Agneau (33), coll. « Architectes », 78 pages, 16 €.

► Ariane JOUSSE, La Fabrique du rouge, éditions de l’Ogre, 128 pages, 14 €.

► Julien LADEGAILLERIE, Lacrymogenèse, Les Presses du réel, coll. « PLI », 72 pages, 10 €.

► Daniel POZNER, Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française, ibid.

► Sébastien RONGIER, Alma a adoré. Psychose en héritage, Marest éditeur, à paraître le 22 novembre, 176 pages, 19 €.

► Jean-Philippe TOUSSAINT, La Clé USB, Les Éditions de Minuit, 192 pages, 17 €.

En lisant, en zigzaguant…

► « Il faudrait pour connaître la vie et se connaître soi-même être toujours en train d’écrire un récit parallèle (pour disloquer l’ordonnance & et arracher cette pseudo-transparence, la dépouiller – cette opacité qui sonne et trébuche dans le fin fond du moindre mot / chaque mot est une tour pleine de combattants) • de ratures qui laissent lire ce qui peut les oblitérer (un texte qui est à la fois très ressemblant, un texte qui est à la fois tout autre (pratique + événement du ré-agencement – ce jeu qui introduit du possible dans l’impossible) • et tout ceci renvoie, répercute, cite, propage son rythme sans mesure » (Sylvain Courtoux, L’Avant-garde, Tête brûlée, Pavillon noir).

► « Psycho ne produit pas seulement un effet cinéma dans le monde du cinéma. Les bouleversements sont profonds pour de nombreux artistes contemporains qui réfléchissent à la production des images à partir de leur expérience de spectateur. L’enjeu de la notion de « cinématière », développée dans un précédent essai, est de penser le cinématographique comme un matériau qui serait passage et déplacement, une tension qui déborde le champ cinématographique » (Sébastien Rongier, Alma a adoré, en librairie le 22 novembre, p. 137).

► « Des génies, au portail ? Derrière, sérail toi ! La faim, bander. La mort : gargantuesque. Hé oh ! Marcello ! stronzo ! bello !, braguette, ta plaie, pédale, tais, sexe !, mais mort, moteur, marrant, devant ? Démarre ! Démarre ! En tigre, blanchi de glace, rugis, bondis : pile mort, et face : tes non ; et vit, de neige, de nuit, d’été,
Ne plus, baiseras, jamais, tu plus ! » (Alexandre Desrameaux, Saut fixe, p. 15).

21 avril 2019

[News] News du dimanche

Dimanche de Pâques oblige, NOSTRADAMUS vous parle…
Ce qui ne vous empêche pas de vous plonger dans notre sélection Libr-12…

UNE de Pâques : message de NOSTRADAMUS… /F. CUHEL/Joël HEIRMAN/

NOSTRADAMUS a dit :
Ce temple dédié à Notre-Dame, en cinq ans je le reconstruirai !
Pour ce temple j’amasserai l’argent des marchands
Je lèverai une armée d’alarmés…

Vive les riches car le Royaume de Notre-Dame est à eux !

L’État c’est vous donnez donnez donc !

Hosanna au plus haut des cieux !

Monumentum humanum est

Grâce aux fils et filles de pub glorieux !

Heureux les Bellz’âmes
à eux le paradis des ânes !

Et le temple du corps
social ?

– En trois jours
quasi
ment
grosso
modo
et trois p’tits tours…
je le

Libr-12 (début 2019) /FT/

â–º BOBILLOT Jean-Pierre, Prose des rats. Textes pour la lecture/aXion, Atelier de l’Agneau, St Quentin-de-Caplong, 2e édition revue & augmentée, 96 pages, 17 €.
[Le [Ra] dans tous ses états… Quel Rat-fût ! C’est « comm’ le Réel sans les fiXions »…]

â–º CABANNE Grégoire, Michel, Leïla (Lui, Elle, Toi), éditions MF, coll. « Inventions », 224 pages, 15 €.
[Variations pronominales jusqu’au pain noir/pain blanc du Poète…]

â–º CHEVILLARD Éric, L’Autofictif et les trois mousquetaires, éditions de L’arbre vengeur, 216 pages, 15 €.
[« Qui lit encore Éric Chevillard de vos jours ? » (p. 13)… Voici le 11e volume de ce journal décalé !]

â–º CHIAMBRETTO Sonia, POLICES !, éditions de l’Arche, coll. « Des écrits pour la parole », 96 pages, 15 €.
[Des méfaits de la police aux bienfaits des polices de caractères… Un montage très critique !]

► DONGUY Jacques, Chroniques de poésie numérique, Les Presses du réel, 122 pages, 14 €.
[Chroniques parues dans la revue CCP de 1999 à 2012, par celui qui a imposé le label « poésie numérique » après en avoir été le pionnier en France.]

â–º FERRAT Stéphanie, Côté ciel. Notes d’atelier, La Lettre volée, Bruxelles, 60 pages, 14 €.
[« L’atelier est un silence où se posent les yeux »…]

â–º L’Intranquille, Atelier de l’Agneau, n° 16, 90 pages, 17 €.
[Entretien avec Denis Ferdinande ; Blaine, Demarcq ; Herta Müller…]

► MARTIN-SCHERRER Thierry, Nous sommes presque réels, La Lettre volée, Bruxelles, 144 pages, 19 €.
[Correspondance entre Côme et Viviane, avec au centre Lettres à Poisson d’Or de Joë Bousquet.]

â–º Anne-Christine Royère dir., Michèle Métail. La Poésie en trois dimensions, Les Presses du réel/al dante « Ã©tudes », 448 pages, 30 €.
[Une somme essentielle sur une Å“uvre commencée il y a à peu près un demi-siècle : entre poésie sonore, concrète et oulipienne…]

► PRIGENT Christian, Poésie sur place, Les Presses du réel/al dante, 112 pages + CD, 15 €.
[« Lire des textes en public n’est pas déclamer la poésie mais l’effectuer sur place« . Le poète consacré fait le point sur sa poétique de la lecture dans un volume/CD qui regroupe quatorze créations datées de 1977 à 2018.]

► RILKE Rainer Maria, Poèmes nouveaux (deuxième partie), édition bilingue, traduction de Lionel-Édouard Martin, éditions Publie.net, 254 pages, 21,50 €.
[Des « poèmes de l’Å“il » dans la seule édition bilingue disponible actuellement : une trouée dans le sublime ! À défaut de conserver les rimes, la traduction propose des poèmes en décasyllabes et alexandrins – parfois au prix d’une certaine lourdeur, voire d’une encombrante artificialité.]

► TAÏEB Lucie, Peuplié, éditions Lanskine, 136 pages, 15 €.
[« Ma poésie s’est peupliée ? » Le peuple déplié dans un arbre à Paroles… Une histoire d’amour tragique aussi.]

4 février 2018

[News] News du dimanche

En ces premières NEWS de février, ne manquez pas l’Actu vue par Cuhel/Heirman ; le livre de la semaine : Beurk, Le Salariat pue… Et nos Libr-brèves : AOC, Festival Bruits de Langues…

L’actu vue par CUHEL/HEIRMAN

Grand Président sur son foudre perché
great talker great crooner débiteur d’homélie-mélo
veut rendre plus humaine la mondialisation

Plan A : obliger 120 000 fonctionnaires à partir volontairement de leur plein gré.

Plan B : réforme économique du lycée = – 20 000 postes.

 

Plan Q : les dominants prennent le droit d’homonculiser de leur plein gré les dominés.
Plombé le ministre X ?

Le livre de la semaine

Ruez-vous sur le livre de Beurk, Le Salariat pue, Caméras animales, février 2018, 84 pages, 10 €, ISBN : 978-2-9520493-6-8.

Extrait : "tu peux te démonter, te pendre, te foutre la tête dans la gazinière, te balancer par la fenêtre, ça t’as droit possible, autorisé. ça fera de la place pour d’autres numéros de ton espèce. on peut te remplacer vite fait et pour moins cher. c’est pas ce qui manque les chômeurs, la chair à ordres, économies. merdef. death."

Libr-brèves

â–º Il faut vraiment essayer d’aller voir du côté du nouveau journal indépendant lancé par Sylvain BOURMEAU : AOC = Analyse Opinion Critique

â–º De l’humanité de l’humain dans les arts : du 5 au 7 février à Aix-en-Provence

Intervention de Colette Tron et Patrick Portella sur le thème "Le divers du monde, ou des poétiques et politiques de l’altérité", dans le cadre des journées thématiques organisées par le laboratoire PRISM/CNRS, l’Ecole supérieure d’art d’Aix, COMUE Paris Lumières Qu’est ce que l’humain ? Qui est-il ? Comment le rencontre-t-on ? Comment faire sa connaissance ? Les arts et les artistes peuvent-ils nous guider vers "l’humanité de l’humain" ? Peuvent-ils nous dire sa valeur, ses enjeux ?

â–º Du 5 au 7 février : Ne manquez pas le Festival Bruits de Langues organisé par l’Université de Poitiers !

 

1 janvier 2018

[Chronique] Libr-Nouvel AN

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , , — Fabrice Thumerel @ 22:00

LC vous éclaire pour l’An neuneuf avec le poète CUHEL et le dessinateur Joël HEIRMAN… Plus que jamais, soyons libr&éthiques, libr&critiques – car, ce qui est sûr : « la littérature tout entière ou ce qu’on fait passer pour n’est plus qu’une somme de clichés navrants ; au diable l’écriture "démocratique" et tout le blabla qui l’entoure, on connaît la chanson, merci ! » (Stéphane Vanderhaeghe, À tous les airs, Quidam, 2017, p. 44).

CUHEL : Vive l’An Neuneuf

Dans l’ordre : comptes de Noël ! (C’est important, ça, l’ordre… plus que ça qui compte… Tous les hunains marchent à l’ordre : on n’arrête plus le Progrès…).

Bigre de ConnardTM
Amuse-Bouche-en-chœurTM

Cuistres d’Arnaque-consTM

Chapon melon et hottes de cuirTM
Mottes de Sept-pieuxTM

Embûche glaçanteTM
Embouche-un-conTM

Après les comptes de Noël, les contes de l’An Neuneuf, neuneuf pap bien en ordre : meilleurs vieux, vœux au pieu… Nouvelle Ânerie, strausseries et nunucheries… L’An Neuneuf et ses Bêtisiers : l’e-monde est devenu un Big-Bêtisier ! Rétrospective 2017 = les-événements-qui-vous-ont-marqué-en-2017 ? Rien de spectaculaire, bande de

1. La Planète va de l’avant, c’est clair, tout droit dedans…

2. Le seul Progrès : celui des inégalités…
Lieber tué – Inégalité – Fraterniqué…

 

Le petit Michel-Serres démasqué…
Un naintellectuel, ça sert à quoi ?
(Dessin de Joël HEIRMAN, texte de CUHEL)

La chose est entendue : est réac quiconque ose comparer le présent au passé, et surtout s’il préfère tel ou tel aspect de ce dernier. Ringard, passéiste, en un mot "has been", tout olibrius qui, chiffres et arguments à l’appui, met en garde contre les dérives de l’ultra modernité, refusant de donner dans les prophéties et fariboles des éclaireurs de l’humanité en transe et de la transhumanité qui, du haut de leurs ziggourats high tech nous promettent un avenir radieux :

Heureux les cœurs durs
car ils seront Dieux
Heureux les Hommes-Dieux
car ils règneront sur la Nature

Nul hic
Nul réchauffement climatique
pour Celui qui maîtrisera la mort comme la météo
Et si changement climatique il y a
ce sera bon pour le fric !
Sus aux Pôles !
Et si ça tourne mal sur Terre
on ira voir Ailleurs
Et si les Hunains vont cahin-caha
vive les IA !
Et si les Hunains vont à hue et à dia
on en fera des Transhunains !

À près de 90 ans, M. Michel Serres, académicien de son état, veut montrer aux gogos qu’il n’est pas encore gaga. Muni de sa panoplie de naintellectuel, il s’attaque à un cliché : "C’était mieux avant !" Rien de plus facile pour lui, et ça pourrait lui rapporter gros, comme d’habitude : rien de tel pour combler les Belles-Âmes ! Quoi de mieux pour les Grands-Ânes !

Rien ne sert d’être en avant et en garde
quand on est nimbé de vert
on prend garde
on va de l’avant
on se met en avant
et on est au chaud pour l’hiver…

19 février 2017

[News] News du dimanche

Ce soir, commençons par méditer en souriant avec une nouvelle page du Libr-carnet critique ; suivent nos riches Libr-brèves (Courtoux, revue RIP, soirées Messe’ grise et revue Muscle, Festival Théâtre des images à Bordeaux).

 

Libr-Carnet critique /Fabrice THUMEREL ; dessin de Joël HEIRMAN/

Il n’y a pas d’"affaire Fillon" : juste une saynète d’ « une pièce dont le titre est "La démocratie imaginaire" » – pour le dire à la façon d’Alain Badiou dans À la recherche du réel perdu. Une fois encore, le moralisme n’est évidemment pas un humanisme, mais une posture de dominant qui a tout de même failli fillonner nombre de Belles-Âmes de tous poils.

SYSTÈME.
Il fut un temps – pas si lointain – où il en fallait un à tout prix. Aujourd’hui, il faut être CONTRE-LE-SYSTÈME – et bien entendu le claironner pour se faire attribuer à bon compte le label de "subversif". CONTRE-LE-SYSTÈME au nom de l’Art, la Politique, etc. – bref, à coups de capitales… Ce capitalisme est un moralisme.

♦♦♦♦♦

Sur Facebook – dont la tartufferie est sans égale, le suppôt libéral-puritain n’hésitant pas à excommunier tout membre FBAïe pour la moindre poitrine affichée, fût-elle empruntée à une œuvre d’art -, j’ai reçu une demande d’ami de la part d’une "vraie fille", pas d’une "putain" – rien qu’une "sexy girl" en somme… Comme quoi l’éducation des filles n’est plus ce qu’elle était : elles ont oublié la plus élémentaire des prudences…
Ne sait-elle pas que je suis vieux, sale et méchant ? gras, sadique et pervers ?
Mais de toute façon, le commerce de la Maison étant prospère, l’affaire est close.

J’en dirai même plus…
Sans vouloir dévoiler des faits classés Secret-Défonce, ni sans vouloir vous rendre jaloux, j’avoue qu’en cette nouvelle année qui fait de moi ce qu’on appelle un homme-bien-mûr, huit jours ont suffi pour au moins égaler un quart de siècle de vie sexuelle : 22 propositions indécentes… On n’arrête pas le progrès : Facebook le Grand-méchant-Look !

 

Libr-brèves

â–º À découvrir : l’album de Sylvain COURTOUX, "À notre tour d’en sortir" !

â–º À découvrir : le n° 1 de la revue RIP – Revue critique et clinique de poésie (chronique complète de FT).

â–º MESSE³ GRISE – CELLULES DE DÉGRISEMENTS : collectif chôSe + invité.es / le samedi 25 février 2017 19H, au BUKTAPAKTOP, rue Simonis_Simonisstraat 20, 1050 BRUSSEL_BRUXELLES
Lectures, performances, vidéos

Avec :

Simon Allonneau
Oriane Amghar
Jeanne Bathilde
Mona Convert
Anne Destival
Mathilde Garcia-Sanz
Carole Louis
Benoît Toqué
Mélanie Yvon

+ vidéos
Clara Thomine
Laura Vazquez
Annabelle Verhaeghe

â–º Mercredi 1er mars 2017 : 20h00 : Soirée autour de la Revue Muscle à l’occasion de la sortie du numéro 14 qui réunit un auteur islandais : Eiríkur Örn Norðdahl et une auteure chinoise : Xiao Hanqiu.

Au programme, comme toujours avec Muscle, plusieurs formes courtes :
– Une lecture de Frédérique Soumagne – "autres avions"
– Une lecture vidéo de Eiríkur Örn Norðdahl
– Lecture de la traduction du texte par Arno Calleja et Laura Vazquez
– Une lecture vidéo de Xiao Hanqiu
– Lecture de la traduction du texte par la traductrice du texte : Yuhang Li
– Des lectures vidéo de Ben Lerner, Jason Héroux, Oscar Garcia Serra, et Tao Lin
– Lecture des traductions par Laura Vazquez et Arno Calleja

En présence de la Librairie Histoire de l’oeil

INFOS PRATIQUES
Tarif 3€ + adhésion
Ouverture du bar de 19:30 à minuit et restauration sur place de 19:30 à 23:00.
www.montevideo-marseille.com

â–º Du 7 au 9 mars 2017, Festival Théâtre des images à Bordeaux :

21 juin 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche d’été, une musique libr&critique : une UNE offensive (dessin de J. HEIRMAN / texte de F. Thumerel) ; un livre en UNE qui donne également à réfléchir (Thinez, Dictionnaire de trois fois rien) ; des Libr-brèves qui vous donnent RV chez Al dante et qui vous invitent à ouvrir vos écoutilles…

UNE /Joël HEIRMAN & Fabrice THUMEREL/

C’est avec plaisir que nous retrouvons dans cette UNE le caricaturiste Joël HEIRMAN, qui a fait son chemin.

Tandis que celui qui a rebaptisé son parti "Les Républicains" joue les pêcheurs d’eau trouble – technicien des égouts politicomerdiatiques -, dans les coulisses de la scène internationale s’activent les lobbies ultralibéraux pour faire aboutir deux traités qui solderont ce qui reste de démocratie dans la bonne vieille Europe : celui avec le Canada (CETA) et avec les États-Unis (traité transatlantique : TTIP). Rien d’étonnant, donc, à ce qu’en France l’on assiste à l’américanisation du champ politique : les "Républicains" sont bel et bien là, mais que restera-t-il des démocrates et de la démocratie lorsque les intérêts privés prendront le dessus sur les états comme sur les droits des citoyens ? Sont-ils "républicains" ceux qui s’apprêtent à livrer la France et l’Europe tout entière aux intérêts privés des multinationales ?

Voulons-nous perdre nos AOC pour des hormones et des OGM ? Voulons-nous la privatisation de tous les secteurs de la vie sociale, y compris celui d’une justice qui pourrait désormais permettre aux entreprises d’attaquer les états si leurs profits sont en jeu ? Voulons-nous que toutes nos décisions en matière de questions sociales, de droit du travail ou de réglementation sanitaires soient subordonnées à un organisme supranational qui ne représenterait que les intérêts privés ?
On ne s’y trompera pas : cette dictature ultralibérale en marche est beaucoup plus dangereuse que l’"invasion-immigration".
Si vous ne voulez pas vivre dans une Europe made in USA qui attente à vos libertés comme à votre santé, réfléchissez et agissez avec Pour écrire la liberté.

 

 Livre à la UNE /FT/

Marc-Émile Thinez, Dictionnaire de trois fois rien, suivi d’un Dictionnaire de rien du tout, éditions Louise Bottu, printemps 2015, 70 pages, 9,50 €, ISBN : 979-10-92723-07-6.

Après 1402, nous retrouvons la famille Thinez : Jean, le père, ouvrier communiste, et le fils qui veut devenir écrivain (Marc-Émile). Mais cette fois, la contrainte n’est plus les 140 signes d’un tweet, mais celle du dictionnaire. Un dictionnaire, le seul livre qui trouve sa place dans un milieu populaire, c’est rassurant… comme une grille de mots-croisés : chaque chose a son mot et chaque mot se range selon un ordre rigoureux. De la cellule communiste à la grille du cruciverbiste, il n’y a qu’un pas, en somme. Toute idéologie n’offre-t-elle pas une grille de lecture du monde ? Une grille qui "fige le regard"…

Subtilement, cet opuscule nous interroge sur la notion de représentation, les mots étant inadéquats aux choses : le code que nous utilisons est "cimetière du réel" ou "parodie de réel". C’est dire à quel point il convient de traquer les fausses représentations idéologiques : "MARXISME, SITUATIONNISME, CRUCIVERBISME… Variétés de bovarysme ; réactualisation du mythe de la caverne s’adressant à la part de soi en délicatesse avec le réel" (p. 35)…

Libr-brèves

â–º Retour sur la soirée Remue.net du 22 mai dernier, "Le désir de littérature, en somme" (autour de Christian Prigent : Bruno Fern ; présentation de Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel) : écouter l’intégrale audio sur Remue.net.

â–º RV le mardi 23 juin de 13H56 à 14H, sur France Culture : Sandra Moussempès lit Sunny girls.

â–º Jeudi 25 juin à 19H, aux éditions Al dante (1, rue du Loisir 13001 Marseille), exposition "Poésie totale*" : oeuvres de Pierre Garnier – Julien Blaine – Jean-François Bory – Bernard Heidsieck – Tarkos & Co…
Présentation par Sarenco
Lectures & interventions performatives de
Nadine Agostini – Julien Blaine –
Liliane Giraudon – André Robèr

(*à l’occasion du catalogue "Poésie totale, 1950-2010 – La poésie visuelle et concrète à travers le monde. Vol. 2 : France". Publié par la Fondazione Sarenco. Le premier volume est consacré à l’Italie. À venir : Angleterre Écosse, Espagne, Portugal, USA, Russie, Chine, Autriche, Allemagne, Belgique, Hollande, Danemark, Suède, République Tchèque, Pologne, Hongrie, Serbie, Grèce, Slovénie, Chili, Argentine, Uruguay, Brésil, Japon…).

14 janvier 2015

[Chronique] Et maintenant ? « L’après-7 janvier »…

Après l’après-11 septembre, l’après-7 janvier… Comme le monde est simple, en somme – emprisonnable dans des formules au carré !
Tout de même, quelques Libr-questions, avec le dessinateur et caricaturiste Joël Heirman.

 

 

1. Que faire de tous ceux qui ont forcément raison puisque leur dieu est forcément le vrai-dieu ?
Toute croyance – fût-elle intellectuelle – est-elle intolérance ? (Celui-qui-n’est-pas-avec-moi est contre-moi).
La religion est-elle le seul opium-du-peuple ?
Quel(s) droit(s) la revendication de telle ou telle transcendance peut-elle conférer?

2. Qui sont les premières cibles des terroristes djihadistes ? Combien de victimes dans le monde arabo-musulman, et pas seulement dans le microcosme journalistique ?

3. Qu’est-ce qui explique la recrudescence des "Fous-de-dieu", sinon les déséquilibres Nord/Sud, les inégalités propres à une République française qui a trahi ses idéaux pour tomber dans la banlieusardisation ?

4. L’Ancien Régime avait besoin de la Peste et des Infidèles, des Peurs et des Ignorances – entre autres alibis/ennemis, fléaux/repoussoirs. Le capitalisme mondialisé a besoin des Extrémismes et Terrorismes, des Peurs et Ignorances – entre autres alibis/ennemis, fléaux/repoussoirs.

5. On entend déjà hurler les secturitaires : la Sécurité plutôt que la Liberté et l’Égalité… Hobbes contre Rousseau – à nouveau…

6. Est-ce la première fois en France qu’est attaqué l’esprit de 89, pour ne pas parler de l’esprit de 68 ? Où conduisent les anti-Lumières, sinon à l’obscurantisme ? Les anti-Lumières, ce mouvement réactionnaire qui, selon l’historien Zeev Sternhell, préfère l’irrationalisme au rationalisme, le particularisme à l’universalisme, le spiritualisme au matérialisme, le communautarisme à l’individualisme, le purisme au métissage universel (Millet)…

7. Si l’universalisme abstrait est une utopie, où en sommes-nous dans la mise en place d’un universalisme concret ?

 

8 janvier 2015

[Création] CUHEL, OrdalHIC

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 9:53

La réflexion étant préférable à la (génu)flexion, nous retrouvons le duo Cuhel/Heirman : en arrière-plan du texte satirHIC de Cuhel, le dessin-hommage de Joël Heirman. [Dans le bandeau, on aura reconnu un dessin de Charlie Hebdo]

 

béats

 

devant

 

le b.a.-ba

de la barbarie

 

 

 

 

barbare rit

 

derrière

 

sa panoplie

son panneau PRIE !

 

 

 

DESSIN

E

S

T

I

N                                                          dessein : destinatueur

 

 

 

HIC est fada

fadatHIC

terreauHIC

catholHIC

cathodHIC

capitalHIC

 

tous les salamecs

sont des salades mec

 

 

On n’arrête pas On n’arrête pas On n’arrête pas On n’arrête pas On n’arrête pas On n’

le PROGRÈS le PROGRÈS le PROGRÈS le PROGRÈS le PROGRÈS le PROGRÈS le

 

Vous les ultras

merdernes

Vous avez le choix :

â–¡ à la Mecque

â–¡ à la Messe

â–¡ à la caisse

â–¡ à la kermesse

17 novembre 2013

[Texte] Fred Griot, Je ne me tairai plus [Libr-@ction – 12]

Les temps sont revenus pour tout écrivain ou citoyen qui se respecte, non pour jouer aux bêle-âmes, mais parce que l’heure est grave, de sortir de ses gonds comme de son confort.
C’est ce qu’a choisi de faire Fred Griot – dont nous avons présenté récemment le dernier livre, Cabane d’hiver -, à la fois sur son blog et pour Libr-critique : comme toutes les autres contributions à Libr-@ction, "Je ne me tairai plus" vise à être lu, partagé, tonné, échangé, commenté. Un grand merci au satiriste Joël Heirman d’avoir accompagné de son talent ce texte que vous gagnerez à lire, relire et clamer. [Lire Libr-@ction 11 : texte de Thierry Rat]

 

Frères humains qui avec nous vivez,
et après nous vivrez encore,

Il est temps.
Aujourd’hui une gangrène, majeure, historiquement récurrente, à nouveau essaime : celle de la montée des mouvements identitaires, excluants par nature…
Il est temps alors de prendre voix, temps de dire avec force, publiquement et non plus seulement dans un entre-soi. Temps de ne plus se taire.
Il est temps, temps de se mettre debout, de lever la tête, de se soulever, de s’indigner. Temps d’hurler même, si nécessaire.
Il est temps de lutter, pied à pied, détail par détail.
Temps de dire notre opposition radicale, inébranlable, définitive.
Je n’aime guère cette expression préconisant qu’il est le moment de se compter, car il ne s’agit pas d’exclure à notre tour, mais il est toutefois temps d’avancer, de lutter, de s’opposer d’une voix commune contre cette nécrose, cette lèpre de la vie sociale libre, fraternelle.
Il est temps de parler.
Et parler commence par témoigner.

Longtemps je me suis tu… observant, silencieux… et pourtant voilà près de trente-cinq ans que ces périodes historiques de montée ou d’avènement des mouvements autoritaires me hantent, et que cette tentative de compréhension, fleuretant parfois avec les limites du dicible, m’a amené à me documenter consciencieusement sur le sujet.
Que cette conscience ait commencé par l’incapacité viscérale à supporter et à assister aux moqueries des cours d’école, aux jeux idiots de ceux qui tiraient plaisir de leur cruauté envers leurs camarades, cela est à peu près certain.
Puis j’ai vu, gamin, en montagne, sur les hauts plateaux de maquis, les tombes de ceux crevés pour que mes concitoyens, mes proches, tout comme moi-même, plus tard, puissions être affranchis de la terreur, pour que je puisse exercer ma liberté permettant un épanouissement d’individu.
J’ai vu, approché, adolescent, des groupuscules néo-nazis, à « l’esthétique » de cuir et de Totenköpfe, et j’ai vu leurs départs en ratonnades…
J’ai vu, de nombreuses années, le travail social de fond mené dans la déshérence des « cités », qui n’avaient de cité que le nom, tant le lien global qui la constitue habituellement était dissous.
Tout cela évidemment m’a non seulement marqué durablement, mais a également participé à me préoccuper, autant que faire se peut, de l’autre, du vivre ensemble.
Mon souci constant, depuis toujours, probablement depuis ce sentiment de la prime enfance mais aussi par mon histoire familiale, de résistance, de combat contre les pensées, les élans, les actes de discrédit, de désignation à la vindicte, d’exclusion, de racisme, voire de fanatisme, de destruction, de délire fasciste, doit désormais s’exprimer là, aussi.
Il est alors ce sentiment fort de prendre ici relais de ces morts, de ces ascendants, qui ont lutté, parfois péri, pour qu’adviennent et perdurent les conditions d’une fraternité dont, aujourd’hui, nous bénéficions tous. Tous, oui, malgré ce sentiment actuel d’abandon éprouvé par beaucoup.
En ces périodes d’extrêmes rugosité sociale, économique, nous sommes nombreux à avoir ressenti ce que nous pourrions appeler une violence sociétale ou d’état, et, s’il est possible de comprendre le processus de la déshérence actuelle de la croyance aux principes d’humanité, il n’est pourtant aucune excuse pour basculer dans de désespérantes idéologies.
Dans ces moments-là il faut être bien solide, ferme en pensée, en valeurs, je sais, pour ne pas sombrer dans les idées faciles et puantes des extrêmes, comme tant sont ces temps-ci tentés.

Oui, parfois l’on se sent interdit.
Oui, l’on se sent la gorge serrée, muette, ne sachant que dire, la langue nous en tombant d’ahurissement… Mais il faut désormais, à nouveau, et il y aura à le faire continuellement, dépasser cette sidération.
Nous sommes souvent dans une apathie, une aphasie d’abord. Quelle est donc cette angoisse, cette peur, cette paralysie qui nous poussent au calfeutrage, au silence, que nous n’arriverions à dépasser ?

Les idées nauséabondes ne se discutent pas, elles se combattent. L’histoire, récurrente souvenons-nous en, nous l’apprend.
Car c’est, bien malheureusement, bien tristement, bien résolument, tout d’une guerre dont il s’agit là… Et rien de l’histoire encore une fois ne nous a démontré les facultés de persuasion de la discussion, les capacités de conviction de la rhétorique pour avancer sur ce terrain-là.
On ne parlemente pas avec ces gens-là, on lutte. Ils nous y forcent.
Nous avons voulu encore un peu temporiser peut-être, ne pas rentrer dans la bagarre de suite. Ils voulaient dédiaboliser, continuer à nous faire croire à l’agneau qui déguiserait le loup… C’en est fini, le loup à nouveau a surgi, crocs et babines devant, il n’a pu recéler, réfréner sa nature plus longtemps. Il ressort, séduit, enivré.
Il est temps de dire comme Badinter en son époque, même si cela fut dans un contexte certes différent : « Taisez-vous ! Les morts vous écoutent. Je ne demande que le silence que les morts appellent ! Taisez-vous ! »

Il est, nous le savons, en l’homo sapiens la pulsion d’agressivité, de rejet, tout à côté de la pulsion d’empathie, car la pulsion d’empathie est elle aussi propre à l’homme et n’est pas qu’une « éducation ».
Il ne s’agit pas ici seulement de ce qui serait une lutte de la nature contre la culture. De la facilité, la pente de l’instinct, voire in fine de l’animalité parfois, contre la vision claire, réfléchie, compassionnelle, attentive, ouverte… Ceci dit nombre de citoyens tout de même, par souffrance, mais pas uniquement, par facilité de réflexion également, perte de mémoire historique, se mettent aujourd’hui, comme par le passé, à suivre en bêlant ce qui devient désormais un grand nombre, un trop grand nombre, si ce n’est le plus grand, et où le pulsionnel, le passionnel mènent la danse vers la pente la plus aisée, la plus abjecte…

C’est une libération de la pensée sordide, immonde qui, toujours, a poussé sur l’humus, le fumier, la merde des périodes âpres.
Mais pour que cette empathie puisse fleurir contre le rejet, encore faut-il ressentir pouvoir faire confiance en l’autre, pouvoir compter sur autrui, en avoir l’espace social… car en amont de la morbidité de la pulsion, de l’idéologie radicalisée, il y a un sentiment profond d’abandon…

Je pense ici, d’abord, surtout, à ceux qui ont basculé… à ceux-là, isolés, coupés du tissu d’épanouissement que devrait leur apporter la communauté… Oui je pense à eux dans leur sensation de délaissement, leur ressentiment qui les amènent à chercher, en désespoir, un lien identitaire qui pallierait une absence de lien social.
Mais il ne peut être acceptable qu’une sociabilisation se fasse, se construise sur l’exclusion, la ségrégation.
Le processus est le même toujours : appauvrie, déçue, se sentant déconsidérée, exténuée, dépouillée de ses anciens espoirs, donc malléable, entraînable, ce qui devient peu à peu une majorité est alors prête à suivre même les plus grossiers mensonges… Mensonges faisant miroiter à ces désespérés leur propre avènement, ils sont mûrs, prêts, prêts à suivre… Cela tourne alors en une agrégation massive parce qu’on leurs promet une socialisation nouvelle, qu’ils n’ont plus, qui historiquement dans ces mouvements ne pourrait leur être soi-disant donnée que par le rejet du différent, de la dissemblance… Et c’est une place frelatée, volée en définitive, que leurs chefs leurs voleront ensuite à leur tour quand il sera nécessaire. Mais cela, par presque tous, sera toujours consciencieusement occulté.
Le signe le plus alarmant c’est, qu’au-delà des leaders les plus convaincus, les plus durs, qui n’ont jamais eu honte eux de leur pensée puante, les suiveurs aussi, désormais, n’ont plus honte de se vautrer dans les plus basses idées, pleines de fange et de mépris, déconsidérant ce qui fait une partie de la noblesse de notre humanité, à savoir la compassion, l’attention, la concordance avec autrui, et osent même désormais afficher, revendiquer, se faire une fierté de leurs tentations morbides… Il n’est que d’écouter les discussions de comptoirs actuelles pour se rendre compte à quel point ce fléau, récurrent, répétitif, est revenu, à quel point « des inhibitions disparaissent, des digues sont éventrées » comme l’a dit notre Garde des Sceaux, avec grand recul sur les attaques personnelles dont elle a été l’objet…

S’il faut donc non seulement parler, il faut aussi agir, maintenant, tout autant. Construire ce lien, la condition du vivre ensemble, car il n’y a que cela qui puisse transformer les circonstances d’émergence, d’extension de ces mouvements nationaux, populistes, autoritaires, oppressifs.
Et si l’on peut, peut-être, pour certains, désespérer en un type de gouvernance, en les capacités de rémission d’une société fatiguée, on ne peut, on ne doit désespérer en ces valeurs-là !
Et l’on ne fait pas là de la politique mais de l’humanité !

Il est temps… Il y a des urgences. Demain il sera trop tard.
À nous de voir quel monde, quelle organisation humaine nous voulons affirmer, poursuivre, construire… celle de l’attention à l’autre, et nous ne sommes pas constitués d’autre chose que de l’altérité, nourricière, constitutive de l’individu ; ou bien celle de la trouille, de la peur, et donc de la défiance, de la volonté d’effacement d’une partie de la population que nous estimerions comme indésirable… alors, alors qu’elle est homme comme chacun de nous !

Je connais trop de familles proches dont la généalogie est peuplée de morts assassinés, de morts violentes, de meurtres lâches le long d’un fossé boueux ou au pied d’un wagon à bestiaux en route pour les camps. Et mes filles même en sont la miraculeuse, l’inespérée continuation. Je me souviens du sens vital, quasi résurrectionnel, qu’avait alors pris leur venue, leur naissance pour leur arrière-grand-mère, réchappée. Ainsi elles aussi sont, encore, des rescapées.

Car nous sommes des hommes, et d’une indivisible espèce !
Une devant les bêtes, les plantes. Une, indivisible, quelles que soient les couleurs. Une, née sur la terre africaine, mais capable visiblement aussi de s’inventer parfois un déni de cette unité fondamentale dans un délire singulier.
Et si les nazis, qui ont tenté de dénier à certains cette qualité d’homme, tenté de les expulser de la famille humaine, ont échoué, c’est que cette qualité est indéniable, irréfutable, irrécusable, ontologique. Qu’elle est.
Alors la colère !
La colère depuis trop longtemps face à ces montées de propos orduriers… Je n’ai aujourd’hui que la plume, la voix comme arme, et je souhaite n’avoir que celle-ci à prendre le plus longtemps possible, je décide donc désormais de m’en servir.

Il est temps.
Emparons-nous de ces outils qui nous servent si bien lorsque nous souhaitons mettre en avant nos petites individualités, nos petites créations communes, élémentaires, nos narcissismes dont nous sommes tous, on le sait porteurs…
Il y a une importance primordiale à s’emparer aujourd’hui du langage, et en particulier du nouveau, j’entends le langage numérique social, qui véhicule en l’époque une grande part de nos idées, de nos connaissances et de notre imaginaire. Car nous sommes là tous émetteurs, et qu’en tant que tels nous avons pour charge et responsabilité de transmettre ici de l’information et du savoir pertinents, attentifs, respectueux de l’autre, bien au-delà du simple média de divertissement… Ce sont ici, aujourd’hui, l’un des véhicules majeurs des bases, des outils de notre conscience, de notre lecture du monde, et par conséquence de notre liberté, personnelle, citoyenne, démocratique.
Alors utilisons-le.
Emettre ainsi publiquement son avis, sa conviction, a évidemment une portée politique, mais tout autant une portée poétique, celle de transporter le monde de l’autre avec soi, dans une communion, non pas idéale, idéalisée, mais possible, souhaitable, réalisable, améliorable en partie. Et cette partie-là, souhaitable, améliorable, humaine, suffit pour se lever, et parler dans une résistance ferme, écharnée.

J’ai donc décidé d’ouvrir ma gueule, de me servir de ce petit outil que j’ai depuis de nombreuses années, d’écrire, de savoir faire passer un peu la voix, qui est une tentative de nous dire, de nous comprendre, pour une cause plus vaste que la simple diffusion de mes petites constructions.
Et cet effort nous pouvons le porter, constant, tous.

Il n’est plus temps du silence, ou du souci exclusif de soi.
Dans toute la complexité de tels phénomènes, le geste ici est maladroit, imprécis peut-être, dérisoire, petit éventuellement, d’une portée bien modeste, mais le geste est nécessaire. Absolument nécessaire.
Je ne serai plus de ceux qui se taisent !

Alors à ceux qui seraient tentés au moment de voter pour des partis aux racines brunes, j’aimerais encore oser leurs demander de réfléchir, réfléchir quelques instants… seulement quelques instants… au-delà du ressenti… Voter c’est aller « donner sa voix », littéralement, alors ne la donnez pas aux bouches qui hurlent à la haine, n’allez pas vous jeter dans la gueule du loup. Cela n’a jamais, jamais, jamais sauvé quiconque.

Des lignées de morts, des « tas » de morts, des brouettes de morts, nous écoutent en silence… En leurs noms, en leurs mémoires, en leur humanité assassinée, saccagée, torturée, en leur ascendance dont nous sommes issus, qu’allons-nous dire, qu’allons-nous faire, qu’allons-nous mener comme rêve pour cette terre où il nous a été échu de vivre… et de vivre ensemble ?

Nous ne nous tairons plus.

23 juin 2013

[News] News du dimanche

Avant la pause estivale (de mi-juillet à fin août), nous vous donnons ci-dessous un aperçu du programme à venir : de quoi passer un Libr-été plein de passions ! Suivent un Pleins feux sur Christian PRIGENT à un an du colloque de Cerisy et le coup d’œil malicieux du satiriste Joël HEIRMAN.

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26 mai 2013

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mai, nos Libr-événements : rendez-vous au Monte-en-l’air (Sadin/Biagini ; Farah/Cadiot/Quintane), à la Maison de la Poésie de Paris (avec le tandem Giner/Smith), et aussi avec les poètes en résonance… Et on ne manquera, pas pour terminer, de retrouver le duo CUHEL/HEIRMAN pour le Libr-clin d’œil satirique sur l’Actu (Famille, quand tu nous tiens !…).

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