Libr-critique

14 avril 2019

[Livre] José Vicente Anaya, Hikuri, par Emmanuèle Jawad

José Vicente Anaya, Híkuri (1978), traduction et présentation de Florence Malfatto, Les Presses du réel, collection « Al dante », 2019, 72 pages, 10 €, ISBN : 978-2-37896-054-4.

José Vicente Anaya est un poète mexicain né dans l’Etat de Chihuahua. Il est l’un des membres fondateurs du mouvement d’avant-garde infra-réaliste fondé en 1975 et écrit Híkuri en 1978 après qu’il s’est séparé du mouvement. Le texte reste néanmoins marqué par celui-ci. Híkuri peut être lu en amont du Manifeste écrit par Anaya situé en fin de volume ou à la suite ou encore dans une mise en parallèle, de l’un à l’autre. Le texte traduit et présenté par Florence Malfatto reste en effet traversé par les différentes notions qui fondent les trois sections du Manifeste intitulées respectivement « De la beauté et de l’art » (section 1), « Situation présente » (section 2), « Infrarréalisme et infrarréalistes » (section 3). On notera que le Manifeste infrarréaliste est précédé de la mention « Pour un art d’une vitalité sans limite ». A l’encontre des conceptions traditionnelles de la beauté, celle-ci est actualisée dans un espace-temps « ici et maintenant » qui s’inscrit dès l’intitulé de la seconde section de ce manifeste. « Le seul infini véritable est le présent » (p. 10). L’infrarréalisme s’ancre dans le réel sous un mode éminemment critique et recouvre un double caractère : spontanéité et immédiateté. Dans une dimension politique, l’infrarréalisme s’apparente à ce qui pourrait être une forme de résistance et de contestation dans une configuration singulière (« nous formons un groupe nongroupe », p.71).

Le titre du livre renvoie à la langue maternelle de l’auteur – langue rarámuri. Au cours du texte et lors de la clôture du livre s’immiscent plusieurs langues. Le titre se réfère quant à lui à une plante du Mexique dont on extrait la mescaline aux pouvoirs hallucinogènes (peyotl). Dans une perspective à la fois littéraire, artistique, sociale et ethnologique, le texte rassemble une multiplicité de références où convergent mythes, rites du peyotl mais également les éléments d’un milieu social et familial, ouvrier en l’occurrence. Les références dans Híkuri sont littéraires et plus généralement artistiques (Hölderlin, Rimbaud, Artaud, Pound, Ginsberg, Charlie Parker, Charlie Chaplin…). Dans des procédés de cut-up, de collage, pouvant par endroits se référer à une poésie narrative et marquée par une forme de spiritualité, les approches philosophiques et politiques semblent rejoindre la pluralité des positionnements du mouvement infrarréaliste. L’expérimentation formelle dans Híkuri reste centrale avec une prégnance des éléments graphiques dans le poème qui s’articule sur deux sections (flèches, signe de ponctuation qui fait suite, slashs, schémas et dans la seconde section du texte, mots indicés dont les lettres sur deux niveaux s’assemblent dans la constitution du mot). C’est dans le renouvellement de propositions formelles et des capacités critiques du texte poétique que s’inscrit le travail de José Vicente Anaya.

31 mars 2019

[News] News du dimanche

Après notre sélection Libr-10 du premier trimestre 2019, quelques Libr-événements pour bien commencer avril, où Philippe Boisnard et moi-même aurons le plaisir de vous retrouver à la Maison de la poésie Paris (le 10 !).

Libr-10 (1er trimestre 2019)

â–º Balzac, l’invention de la sociologie, sous la direction d’Andrea Del Lungo et Pierre Glaudes, Garnier, 346 pages, 39 €.

► Pierre-Albert Birot (1876-1967). Un pyrogène des avant-gardes, sous la direction de Carole Aurouet et de Marianne Simon-Oikawa, Presses Universitaires de Rennes, 252 pages, 24 €.

â–º José Vicente ANAYA, Hikuri, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 72 pages, 10 €.

â–º Anne-James CHATON, L’Affaire La Pérouse, P.O.L, 160 pages, 16,90 €.

► Tristan FÉLIX, Ovaine. La Saga, Tinbad, 228 pages, 23 €.

â–º Michèle MÉTAIL, Portraits robots, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 105 pages, 10 €.

â–º Juliette MÉZENC, Des espèces de dissolution, éditions de l’Attente, 168 pages, 16 €.

â–º Angéline NEVEU, Synthèse Désir, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 224 pages, 17 €.

â–º Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, Nos secrets sont poétiques, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 64 pages, 10 €.

► Louise RAMIER, Partition, éditions Louise Bottu, 130 pages, 14 €.

Libr-événements

â–º Mercredi 3 avril, rencontre avec Jean Esponde à L’Autre Livre (13, rue de l’Ecole Polytechnique (75005 Paris) :

â–º Jeudi 4 avril à 19H, Bibliothèque de Bordeaux : en Avant-première de l’Escale du livre 2019, Pâture de Vent à l’auditorium de Meriadeck, avec Christophe Manon et Frédéric D. Oberland.

► Vendredi 5 avril, Patrick VARETZ à Lille :

► Vendredi 5 avril, 19H30 à la Librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75 019 Paris) : rencontre avec Cristina de Simone et Michèle Métail.

La rencontre est proposée par Emmanuèle Jawad :
– autour du livre de Cristina de Simone, Proféractions ! Poésie en action à Paris 1946-1969 (Editions Les presses du réel) et d’une lecture-performance de Cristina de Simone et de Sylvain Kassap.
– lecture-performance de Michèle Métail dont les dernières parutions sont : Quelques portraits-robots en pied rehaussés de couleurs véritables et Le cours du Danube : en 2.888 kilomètres, vers l’infini (Editions les presses du réel). Sera aussi présenté le livre Michèle Métail : la poésie en trois dimensions, sous la direction d’Anne-Christine Royère (Editions Les presses du réel).

â–º RV avec Christian PRIGENT le 16 avril :

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