Libr-critique

14 juin 2020

[News] News du dimanche

Ouf ! Peu avant l’été, la vie littéraire dans sa dimension sociale semble se rêveiller pour de bon : les livres débarquent, les événements reviennent… On commencera par découvrir une sélection de 7 livres remarquables (Libr-7), puis nos Libr-évenements

 

Libr-7 (printemps 2020)

► Philippe CHAUCHÉ, En avant la chronique !, éditions Louise Bottu, 174 pages, 16 €.

â–º Jérôme GAME, Album photo, éditions de l’Attente, 144 pages, 13 €.

â–º Jean GILBERT, XX.com, éditions Questions théoriques, coll. « Forbidden beach », 264 pages, 20 €.

► Natacha GUILLER, Mocassin, je me prépare et autres récifs en cours, Nouvelles éditions Place, 80 pages, 10 €.

â–º Manuel JOSEPH, Aubépine, hiatus, Kremlin, Netflix & Aqmi ou les Baisetioles, éditions Questions théoriques, coll. « Forbidden beach », 112 pages, 13 €.

► Mathieu LARNAUDIE, Blockhaus, éditions Inculte, 112 pages, 13,90 €.

â–º Vincent THOLOMÉ, Mon épopée, éditions Lanskine, coll. « Poéfilm », 132 pages, 15 €.

 

Libr-événements

â–º Retrouvez Le Grand Dépotoir de Julien BLAINE à La Belle de Mai à Marseille : l’exposition reprend ce mercredi 17 juin jusqu’au dimanche 9 août.

â–º Chaque lundi jusqu’au 17 août à la Kunsthalle de Mulhouse : Eddie Ladoire, Anna Byskov, Chourouk Hriech, Lena Eriksson, Marianne Marić, Pusha Petrov, Elise Alloin, Katrin Ströbel, Guillaume Barborini, Jan Kopp, Stine Marie Jacobsen, Youssef Tabti.
Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers du centre d’art. Ce sont des partenaires fidèles de la programmation de La Kunsthalle. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposeront chacun un ensemble de trois Å“uvres.

Le Petit Programme de chaque artiste sera visible en ligne, pendant une semaine, sur les réseaux sociaux et le site internet du centre d’art. En parallèle, l’espace de La Kunsthalle sera un lieu de consultation dans lequel les Å“uvres s’accumuleront au fur et à mesure de l’été. Le public pourra se rendre dans l’espace d’exposition pour des visites pas tout à fait ordinaires mais résolument sécurisées.
En reprenant dans ses codes et ses formats les contraintes dictées par la crise sanitaire et ses répercussions sociales, en s’inscrivant dans un temps suspendu et propice à la réflexion, l’équipe de La Kunsthalle espère participer à un vaste débat consacré au monde d’après.

Programme en cours de construction… à suivre en ligne :
> http://kunsthallemulhouse.com/evenement/petit-programme/
> https://www.facebook.com/La.Kunsthalle.Mulhouse/
> https://www.instagram.com/la_kunsthalle_mulhouse
> https://twitter.com/la_kunsthalle

A La Kunsthalle Mulhouse, centre d’art contemporain, les Å“uvres seront diffusées au fur et à mesure des semaines pour composer un ensemble complet à la fin du mois d’août !
En entrée libre du jeudi au dimanche > 15:00 à 18:00 (fermé le 15 août) – sous réserve de réouverture prochaine.

► Du 27 juin au 5 juillet, Festival des écritures bougées à Alfortville (94).

Cette édition du festival des écritures bougées propose à une vingtaine d’artistes, écrivain-es, sculpteur-es, performeurs-ses, chorégraphes, vidéastes, de présenter une vidéo-action, une lecture-vidéo, des images-mots, une lecture-action enregistrée ou en direct visible en ligne samedi 27, dimanche 28 juin, samedi 4 et dimanche 5 juillet 2020 à 18h sur Zoom et en collaboration avec le Centre d’art contemporain La Traverse.

Six titres de films emblématiques rencontrent une chanson qui parle de cinéma et un titre de roman aux allures très cinématographiques, À l’ombre des jeune filles en fleurs, image de la fugacité du désir et de la recherche infinie de l’amour. Toutes ces œuvres parlent d’amour, de tous les amours possibles. À partir de ces titres une infinité de combinaisons se dessinent, huit sont proposés comme autant de films à imaginer.

Décomposés, recomposés, ces titres deviennent des poèmes, des mots isolés les uns des autres, déclencheurs de désir. Parce que les œuvres auxquelles ils font référence viennent d’époques et d’esthétiques différentes, ces titres présentent la vie comme un feu d’artifice sensuel et amoureux. Les mots ici agissent comme des ouvroirs d’images ou de films potentiels. Ils sont à la fois une idée, une lumière, un décor, le personnage central et les figurants.

Film à venir, lecture sans précédent, film impossible, film sans mot, film avec corps qui bougent, lecture à demi-mot, film sonore, images de mots qui bougent, lecture-action nocturne, film typographique, film sans personne, image muettes, lecture chuchotées, film de désir, lecture-marche, film sans image, images météorologiques, images vidées, lecture-démarche, films noirs, images-mots…

Cette année le Festival des écritures bougées aura lieu du fait de ce contexte particulier en ligne, tout en conservant cette même envie de bouger l’écriture. L’évènement à cette occasion sera centré sur le désir et l’amour sous toutes ses formes, la thématique reste ouverte et permet toutes les libertés !
Le festival se déroulera à 18h samedi 27 & dimanche 28 juin 2020 ainsi que samedi 4 & dimanche 5 juillet 2020.
Chaque vidéo ou intervention (lecture, lecture-action) en temps réel sera comprise entre 2 et 10 minutes et accessible en direct sur Zoom.
Les soirées dureront environ 40 minutes chacune, entre quatre et six artistes y participeront selon le temps d’intervention de chacun.

PROGRAMME

Samedi 27 juin 2020 — 18h00

À l’ombre de mes nuits blanches : Yoann Thommerel (Caen), Caroline Kervern (Bruxelles), Mathilde Ganancia (Paris).

À bout du désir : Céline Ahond (Montreuil), Sarah Klingemann (Paris), de Charme, Morgan Azaroff, Alisson Schmitt (Rennes), Bettie Nin (Alfortville).

Dimanche 28 juin 2020 — 18h00

La fille moi non plus : Charlie Jeffery (Paris), Corentin Malvoisin (Paris), Hilary Galbreaith (Rennes).

L’inconnu du botaniste : Elsa Pallarès Hugon (Olot, Espagne), Claire Finch (Paris), Cécile Bicler (Paris).

Samedi 4 juillet 2020 — 18h00

Les ailes de souffle : Adrien Lamm (Paris), Laure Mathieu (Paris), Yaïr Barelli (Paris).

La pleine lune du lac: Barthélemy Bette (Paris), Loris Humeau (Paris), Cécile Paris (Paris).

Dimanche 5 juillet 2020 — 18h00

Sur l’écran noir des jeunes filles en fleurs : Fabrice Michel (Paris), Arnaud Labelle-Rojoux (Paris), Yves-Noël Genod (Paris).

Je t’aime Les nuits : Aziyadé Baudouin-Talec (Paris) , David Evrard (Bruxelles), Lubovda, Valentina Traïanova & Antoine Dufeu (Paris).

8 septembre 2019

[News] News du dimanche

Ça y est, la fameuse « Rentrée » bat son plein… On pourra s’amuser à (re)découvrir nos façons libr&critiques de traiter l’événement : « Ã§a existe, ça ?…« , « Rentrée littéraire ?… »… Et aussi on pourra lire ci-dessous notre nouvelle pierre à l’édifice libr&critique : une très spéciale « Rentrée-littéraire »… Suivie de nos rubriques En lisant, en zigzaguant et Libr-événements (Eduardo KAC, « Ã‰crire l’art », NOVARINA)…

Spéciale « Rentrée-littéraire » /FT/

« ABOLITION DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE »
(TXT, éditions Nous, Caen, n° 33, août 2019, p. 6).

Si l’on veut avoir « une idée de ce qui benoîtement ou cyniquement s’écrit, se publie, se lit et triomphe aujourd’hui » (p. 95), il suffit de lire Éric Chevillard, Défense de Prosper Brouillon, paru à la rentrée 2017 aux éditions Noir sur Blanc, qui condense les clichés du roman-made-in-France à partir d’une sélection de vingt best-sellers. Auteur à succès qui fait des envieux, le bien nommé Prosper Brouillon connaît sur le bout des doigts les ficelles du métier : « Dans chacun de ses romans, Prosper Brouillon glisse un double de lui-même, un modeste alter ego ordinairement en charge d’un rôle secondaire mais à qui il revient de distribuer les sentences bien frappées d’une riche expérience de la vie et d’une morale rigoureuse » (40). Un moment de grâce dans son roman primé Les Gondoliers : « »Le visage de la jeune femme se précisa et lui empoigna l’âme« . Et d’un coup, le fameux « Ce fut comme une apparition » de L’Éducation sentimentale se trouve relégué au rayon vieilleries de notre littérature » (53)…

La rentrée-littéraire est assurément un temps fort de notre vie-littéraire. Mais à quoi bon les interviews ? « Cela ne servirait à rien d’interroger l’auteur, hagard sur le banc. D’essayer de savoir ce qu’il a voulu dire. Il est déjà ailleurs, dans l’irremplaçable esclavage d’un nouveau livre » (Marcel Moreau, À dos de Dieu, Quidam, 2018, p. 129).

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Le mot « Ã©crivain »  est prétentieux, souvent ridicule,
comme une revendication  désespérée ou une déclaration honteuse.

« Critique littéraire » fait anachronique, arbitre des élégances
perdu dans une soirée électronique de la Nouvelle Athènes, Paris IXe.

[…] J’aime de plus en plus le mot « booktubeuse », imagé, agrégatif,
mutant, neuf, numérique, en phase avec le temps, attaché à Bettie » (p. 87).

À l’âge du posthumanisme dystopique, des punchlines, de la postcritique et de la narrative non-fiction ;
en un temps où triomphe le Marché, et donc où règnent le V.I.C.E (« vénalité, idéologie, compromission, ego ») et, dans le champ artistique, les fondations ;
il faut renoncer à la critique pour être booktubeur/beuse ou « startuper dans le domaine de la génération automatisée de contenu textuel » (42).

Stéphane Sorge, hélas pour lui, est « l’agent mondain du tri sélectif des déchets culturels, le futur expulsé du territoire des livres » (106). Contrairement à celle qu’il va s’efforcer de séduire malgré l’écart d’âge : « Plus on la voit, plus elle vit. Plus on s’abonne à sa chaîne, plus elle existe. Elle est un média, l’actualisation sans fin d’un corps et d’un discours. Elle est BettieBook » (40). Ses activités : vidéo training, bookshelf tour (« visite commentée de sa bibliothèque-décor »), unboxing (« déballage public des livres reçus »), swap (« Ã©change de colis-cadeaux »), book haul (butin de livres au fil des occasions), bookcrossing (vidéo des livres appréciés qu’on souhaite partager en les abandonnant dans des endroits publics)…

On vous épargne la revenge porn qui dynamise ce récit caustique pour en venir à l’essentiel : has been la Rentrée-littéraire, non ?

Frédéric Ciriez, BettieBook, Verticales, 2018, 192 pages, 18,50 €.

En lisant, en zigzaguant… [Livres reçus cette semaine : lus et recommandés]

♦ « Tu sais, avant de venir, on se disait – OH LA FRANCE ! – ce si grand pays LA FRANCE ! mais c’était pas vrai du tout LA FRANCE c’était un pays comme les autres un petit pays un tout petit pays comme les autres avec des petits immeubles des petites voitures des petits feux rouges et des gens petits. Quand on est arrivés au début les Français ils nous prenaient dans leurs bras ils nous faisaient des bisous bonjour bisous merci bisous au revoir bisous et puis à la première occasion dès qu’ils voyaient un problème approcher ils se collaient au sol et ils rampaient comme des cafards ils foutaient le camp en faisant de grands sourires, désolé, oh vraiment désolé monsieur. Derrière la politesse des Français, il n’y avait rien, rien du tout, que de la PETITESSE »

(Marina SKALOVA, La Chute des comètes et des cosmonautes [Théâtre : trajet Berlin-Moscou entre une jeune astrophysicienne et son père], L’Arche Editeur, septembre 2019, p. 37).

♦ « Le travail de Mathilde Roux et Virginie Gauthier est un départ en forme d’écart. Écart tout d’abord avec la cartographie conventionnelle. Tournant les pages de ce livre, on ne peut qu’être frappés par les échos multiples d’une littérature qui a rompu les amarres avec les rivages d’un monde trop connu, trop cartographié […].
Écart ensuite avec la cartographie qui nous est soi-disant promise, numérique, « smart » au dire de certains, capable de cartographier les déplacements de chacune et chacun en « temps réel » ; temps qui n’a rien d’humain, temps qui file aux deux -tiers de la vitesse de la lumière, se défile, pour ne plus parler qu’aux machines et aux algorithmes »

(Alexandre Chollier à propos de Mathilde Roux et Virginie Gautier, Paysage augmenté #1, postface d’Alexandre Chollier, à découvrir et précommander sur Publie.net, septembre 2019, 12 €).

Libr-événements

► Jeudi 19 septembre à 19H, centre Pompidou à Paris :

â–º Vendredi 20 septembre 2019 à 19H, Kunsthalle de Mulhouse : Soirée « Ã‰crire l’art »

Pendant 10 années, répondant à l’invitation de Jennifer K Dick et Sandrine Wymann, 21 poètes se sont succédé à La Kunsthalle. Exposition après exposition, en immersion au cœur des œuvres, Jérôme Mauche, Virginie Poitrasson, Frédéric Forté, Véronique Pittolo, Jean-Michel Espitallier, Daniel Gustav Cramer, Michaël Batalla, Stéphane Bouquet, Cécile Mainardi, Martin Richet, Eric Suchère, Hyam Yared, Anne Portugal, Andrea Inglese, Christophe Fiat, Dominique Quélen, Frank Smith, Christophe Manon, Sandra Moussempès, Deborah Heissler, Luc Bénazet se sont emparés de l’invitation et ont composé une œuvre inédite. Elles sont à présent rassemblées dans un DOSSIER DES OUVRAGES EXÉCUTÉS. Véritable mémoire de dix années d’expositions, ce livre reflète la créativité et la diversité d’un lieu ouvert à de multiples pratiques artistiques.

À l’occasion du lancement de l’édition, Frédéric Forté, Frank Smith et Eric Suchère, auteurs de la Résidence Ecrire l’art reviennent à Mulhouse pour lire leurs textes. D’autres seront présents par l’image et d’autres encore prêteront leurs mots à des lecteurs.

DOSSIER DES OUVRAGES EXÉCUTÉS a été conçu par l’artiste graphiste Jérôme Saint-Loubert Bié, également présent pour l’événement.

Cette soirée exceptionnelle sera aussi l’occasion de rencontrer et d’écouter Laura Vazquez, l’auteur-poète qui accompagnera La Kunsthalle tout au long de la saison 2019-2020.

â–º Du 20 septembre au 10 octobre 2019, RV avec Valère NOVARINA, L’Animal imaginaire (parution chez P.O.L d’ici trois semaines environ) au Théâtre de la Colline : il est temps de réserver.

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