Dans cette spéciale : après un Edito de circonstance, de drôles de Libr-brèves et une ingénieuse Libr-(ré)création…
Edito /Fabrice Thumerel/
Face à l’innommable, toute littérature fait-elle le poids ? Assurément pas ces journaux coronavirussés où il est question de vaines préoccupations de nantis. (Les grands-écrivains dominants du siècle dernier donnaient dans l’exotisme, le voyage, les expériences gratuites ; les actuelles têtes de gondoles des grands-éditeurs nous offrent au rabais le repli nombriliste).
L’exception cuculturelle française ne fait du reste pas le poids : le circuit de production-distribution de livres est quasiment à l’arrêt (voir l’article récent de Guillaume Basquin). À croire qu’il est plus contagieux de toucher les livres que les denrées alimentaires… De toute façon, les livres ne constituent nullement une nécessité première, n’est-ce pas.
Heureusement, certaines plateformes commerciales ou de libraires indépendants présentent encore certains livres ou leur version
numérique (Decitre, Les Libraires.fr, Place des libraires, FNAC, La Librairie.com…). Et il reste le riche catalogue de nos amis de Publie.net : parmi les titres plus ou moins récents, mentionnons L’Homme heureux de Joachim Séné ; Virginie Gautier/Mathilde Roux, Paysage augmenté ; Laurent Grisel, Journal de la crise, 2008… Ou encore, qui vient de paraître, Christophe Grossi, La Ville soûle , qui nous emmène de Paris (« Métropismes » et « Notes du dehors ») à Berlin et Barcelone, nous offrant en outre une « promenade littéraire, musicale, artistique et cinématographique ».
C’est dire que LIBR-CRITIQUE, même à court de Libr-événements, entre dans une période d’intense activité, comme on dit d’un volcan : nous allons vous proposer non seulement des lectures passionnantes – quels qu’en soient les supports –, mais encore des libr-créations et libr-réflexions à goûter et méditer – sans oublier de libr-zigzaguer de site en site et de blog en blog.
Libr-brèves
♦ Deux très bonnes nouvelles dans cette ambiance anxiogène.
1. L’armée américaine a annoncé avoir testé avec succès un prototype de missile hypersonique qu’elle espère déployer dans les cinq ans pour concurrencer des armes similaires développées par la Chine et la Russie.
2. L’Eglise catholique a décidé d’accorder, sous certaines conditions, « l’indulgence plénière » ou pardon des péchés aux croyants frappés par le Covid-19. /Jean-Michel Espitallier/
♦ CUHEL, Tourbillons absurdologiques
Le libéralisme, c’est récolter le rien après avoir cherché et semé le plusx ; c’est abandonner la recherche pour mieux trouver le Néant ; c’est libérer l’état de ses responsabilités pour les offrir en fardeaux aux vovotants-consuméristes ; c’est virer des lits dans les hôpitaux pour faire place aux virus ; c’est étendre aux hôpitaux le tri sélectif pour faire de la place ; c’est libérer des flics dans les rues pour répandre la Bonne-Parole ; c’est libérer les humoins de leur fardeau existentiel…
La fRANCE est la 7e puissance économique, donc elle p(and)énurique.
Il faut tousser dans le coude pour mieux se saluer : c’est ainsi qu’on s’allie en fRANCE, où l’on a les coudées franches.
En fRANCE, le travail rend libres ceux qui n’ont pas le choix.
En fRANCE, la liberté c’est se mettre sur orbite, les yeux exorbités, dans son propre quartier, avec à la main un pis-aller.
En fRANCE, lorsque le personnel de santé manifeste pour plus de moyens, on emploie les grands moyens : le pouvoir les salit et les CRS les accueille ; mais lorsque ça sent le cercueil par manque de moyens, on trouve le moyen de les enrôler comme moyens, et le président les salue !
En fRANCE, on a du bon sens, mais ça n’a pas de sens.
La fRANCE arbore l’exception culturelle, mais la mort cruelle ne fait pas d’exception.
La fRANCE a viré ses tests pour donner du lest au virus.
En fRANCE, tests de dépistage, tests d’apprentissage, même combat : vive le PIS-Aller !
En fRANCE, on n’a pas de masques, mais on avance masqués.
En fRANCE, on a des banderoles, mais on n’a pas d’idées.
En fRANCE, on a des casseroles, mais on n’a pas d’idées.
En fRANCE, on a des véroles, mais on n’a pas d’idées.
Libr-(ré)création
Marcel Navas, MOTS CROISÉS INSOLUBLES
Problème n° 1
Horizontalement
- Avec elle c’est toujours la même chose, il faut qu’elle fasse remarquer son indifférence. – II. Plus ça dure et plus ça ramollit. Se fâche tout rouge sans changer de couleur. – III. Bien sûr qu’il était un homme d’expérience ! Preuve de mauvaise foi. – IV. Elle fait ce qu’elle peut et défait davantage encore. À la pointe du combat. Tout en délicatesse. – V. Il faut le boire cul sec pour connaître ses vertus aphrodisiaques. – VI. Pas du genre à se laisser faire, ni à repasser. Agent de texture recommandé aux écrivains dispersés. Il s’imagine qu’il impressionne. – VII. Publicité pour la duplicité. Rattrapage nocturne. - VIII. Pièges à oiseaux. Compliment bien mérité après une interminable série de blâmes. – IX. Sablier impérissable. Clôture des contes. - X. Absences répétées et finalement définitive. Nom usuel des anonymes. Artisan d’un projet irréalisable. – XI. Marques d’affection indélébiles. – XII. Aveugle aux beautés de la peinture, et sourd par dessus le marché de l’art. Dans le cadre du jeu et pourtant hors sujet.
Verticalement
- Douleur que seule guérit une longue habitude de la souffrance. – 2. Cet argument serait solide s’il n’avait le défaut d’être liquide. – 3. Il a brillé longtemps par son absence d’esprit puis s’est éteint. – 4. Facilite le divorce des vieux couples italiens. Méandres de la pensée. – 5. Ne peut survivre qu’au prix d’une baisse de revenu. Se donne des airs d’hôtesse. Puissant par sa capacité de nuisance. – 6. Cette manie qu’il a de violer les consciences ! – 7. Meuble d’angle sans grande utilité. Gourmandise jamais punie. Association d’idées sans autre but que récréatif. – 8. Aptitude à passer inaperçu sans pour autant disparaître. Fait le plein avant de vider son sac à malices. Du gaspillage mais pas pour tout le monde. – 9. Elles sont mises en scène ou alors mises en boite. – 10. Remplace avantageusement le remplaçant défaillant. Forme d’ennui à plein temps. – 11. Individu qui joue aux dominos avec sa mère et aux abdominaux avec sa femme. – 12. Lettres retournées à l’envoyeur avec promesse de correction.
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: septième et dernier rendez-vous du cycle de rencontres organisées dans le cadre de sa résidence à la librairie Texture, Christophe Manon reçoit Danielle Mémoire, à l’occasion de la parution de son livre Les Rendez-vous de la marquise (POL).




En 2019, même enjeu qu’en 2008 : « Changer le système de production alimentaire mondial. […] Problème posé : il y a deux puissances auxquelles il faut enlever leur puissance car elles sont aveugles aux peuples et au monde : la financière, la grande foncière – lesquelles sont alliées. » Reste à imaginer « une bourgeoisie intelligente qui comprendrait que ce qui bloque le capitalisme contemporain, c’est le pouvoir d’achat » (Laurent Grisel, Journal de la crise, 2008, éditions Publie.net, 2018, p. 205 et 207).
« ET ALORS vient la question : tout ça s’est fait dans des mots, paroles, dialogues



quoi déchiffrer le théâtre de cet accord international. Mais ce poème, cette épopée, vient de plus loin et va au-delà, ses héros sont des ouragans, des peuples en lutte, des arbres, des scientifiques qui brisent les conventions de la décence académique, des montagnes et leurs glaciers, des galaxies, des paysans et des semences libres… 






écrivaine, ceux de Laurent Grisel sont plus abstraits, s’attachant à décrypter les mécanismes complexes de la crise des subprimes. Ce sont ici les dimensions politique et socio-économique qui prévalent, l’auteur s’appuyant sur des lectures éclairantes (articles de presse, essais).










Présentation et entretien à propos de Que faire des classes moyennes ? sur le site des éditions P.O.L : 
Le 02 mai au foyer du théâtre municipal de Caen, présentation de La Poésie à outrance
celui-ci est bombardé de citations, de recueils de poèmes. Le rempart devient un réservoir à poètes, une réserve de munitions et le public repart armé, avec une langue vivante revivifiée…
personnel et universel, sur la construction de l’identité et, de façon plus générale, sur les femmes dans nos sociétés actuelles.

Le 24, paraît le poème Climats ; auparavant, le 18, réédition de Un Hymne à la paix (16 fois). 
Le cinéma s’est nourri et se nourrit des autres formes artistiques. En s’imposant à la fois comme valeur culturelle et comme patrimoine, le cinéma devient lui-même une source d’inspiration et d’interrogation pour les autres formes artistiques.


pratiques aussi littéralement présentes que possible à ce qui nous entoure. »
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Voici quelques rendez-vous à ne pas manquer en cette première quinzaine de décembre : Lectures de Julien Blaine à Marseille, de Laurent Grisel et L.L. de Mars à Suresnes ; rendez-vous avec Fluxus à Paris ; rencontres sur John Cage à Marseille (Alphabetville), autour de "Ce que la littérature sait de l’autre" à la Sorbonne et de la revue Action poétique à Databaz (Angoulême).
Les Misères et les Malheurs de la guerre, d’après Jacques Callot, noble lorrain, texte de Laurent Grisel et dessin de L.L. de Mars,
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