Libr-critique

22 mars 2020

[News] News du dimanche

Dans cette spéciale : après un Edito de circonstance, de drôles de Libr-brèves et une ingénieuse Libr-(ré)création…

 

Edito /Fabrice Thumerel/

Face à l’innommable, toute littérature fait-elle le poids ? Assurément pas ces journaux coronavirussés où il est question de vaines préoccupations de nantis. (Les grands-écrivains dominants du siècle dernier donnaient dans l’exotisme, le voyage, les expériences gratuites ; les actuelles têtes de gondoles des grands-éditeurs nous offrent au rabais le repli nombriliste).

L’exception cuculturelle française ne fait du reste pas le poids : le circuit de production-distribution de livres est quasiment à l’arrêt (voir l’article récent de Guillaume Basquin). À croire qu’il est plus contagieux de toucher les livres que les denrées alimentaires… De toute façon, les livres ne constituent nullement une nécessité première, n’est-ce pas.

Heureusement, certaines plateformes commerciales ou de libraires indépendants présentent encore certains livres ou leur version numérique (Decitre, Les Libraires.fr, Place des libraires, FNAC, La Librairie.com…). Et il reste le riche catalogue de nos amis de Publie.net : parmi les titres plus ou moins récents, mentionnons L’Homme heureux de Joachim Séné ; Virginie Gautier/Mathilde Roux, Paysage augmenté ; Laurent Grisel, Journal de la crise, 2008… Ou encore, qui vient de paraître, Christophe Grossi, La Ville soûle , qui nous emmène de Paris (« Métropismes » et « Notes du dehors ») à Berlin et Barcelone, nous offrant en outre une « promenade littéraire, musicale, artistique et cinématographique ».

C’est dire que LIBR-CRITIQUE, même à court de Libr-événements, entre dans une période d’intense activité, comme on dit d’un volcan : nous allons vous proposer non seulement des lectures passionnantes – quels qu’en soient les supports –, mais encore des libr-créations et libr-réflexions à goûter et méditer – sans oublier de libr-zigzaguer de site en site et de blog en blog.

 

Libr-brèves

♦ Deux très bonnes nouvelles dans cette ambiance anxiogène.
1. L’armée américaine a annoncé avoir testé avec succès un prototype de missile hypersonique qu’elle espère déployer dans les cinq ans pour concurrencer des armes similaires développées par la Chine et la Russie.
2. L’Eglise catholique a décidé d’accorder, sous certaines conditions, « l’indulgence plénière » ou pardon des péchés aux croyants frappés par le Covid-19. /Jean-Michel Espitallier/

♦ CUHEL, Tourbillons absurdologiques

Le libéralisme, c’est récolter le rien après avoir cherché et semé le plusx ; c’est abandonner la recherche pour mieux trouver le Néant ; c’est libérer l’état de ses responsabilités pour les offrir en fardeaux aux vovotants-consuméristes ; c’est virer des lits dans les hôpitaux pour faire place aux virus ; c’est étendre aux hôpitaux le tri sélectif pour faire de la place ; c’est libérer des flics dans les rues pour répandre la Bonne-Parole ; c’est libérer les humoins de leur fardeau existentiel…

La fRANCE est la 7e puissance économique, donc elle p(and)énurique.

Il faut tousser dans le coude pour mieux se saluer : c’est ainsi qu’on s’allie en fRANCE, où l’on a les coudées franches.

En fRANCE, le travail rend libres ceux qui n’ont pas le choix.

En fRANCE, la liberté c’est se mettre sur orbite, les yeux exorbités, dans son propre quartier, avec à la main un pis-aller.

En fRANCE, lorsque le personnel de santé manifeste pour plus de moyens, on emploie les grands moyens : le pouvoir les salit et les CRS les accueille ; mais lorsque ça sent le cercueil par manque de moyens, on trouve le moyen de les enrôler comme moyens, et le président les salue !

En fRANCE, on a du bon sens, mais ça n’a pas de sens.

La fRANCE arbore l’exception culturelle, mais la mort cruelle ne fait pas d’exception.

La fRANCE a viré ses tests pour donner du lest au virus.

En fRANCE, tests de dépistage, tests d’apprentissage, même combat : vive le PIS-Aller !

En fRANCE, on n’a pas de masques, mais on avance masqués.

En fRANCE, on a des banderoles, mais on n’a pas d’idées.
En fRANCE, on a des casseroles, mais on n’a pas d’idées.
En fRANCE, on a des véroles, mais on n’a pas d’idées.

Libr-(ré)création

Marcel Navas, MOTS CROISÉS INSOLUBLES
Problème n° 1

Horizontalement

  1. Avec elle c’est toujours la même chose, il faut qu’elle fasse remarquer son indifférence. – II. Plus ça dure et plus ça ramollit. Se fâche tout rouge sans changer de couleur. – III. Bien sûr qu’il était un homme d’expérience ! Preuve de mauvaise foi. – IV. Elle fait ce qu’elle peut et défait davantage encore. À la pointe du combat. Tout en délicatesse. – V. Il faut le boire cul sec pour connaître ses vertus aphrodisiaques. – VI. Pas du genre à se laisser faire, ni à repasser. Agent de texture recommandé aux écrivains dispersés. Il s’imagine qu’il impressionne. – VII. Publicité pour la duplicité. Rattrapage nocturne. - VIII. Pièges à oiseaux. Compliment bien mérité après une interminable série de blâmes. – IX. Sablier impérissable. Clôture des contes. - X. Absences répétées et finalement définitive. Nom usuel des anonymes. Artisan d’un projet irréalisable. – XI. Marques d’affection indélébiles. – XII. Aveugle aux beautés de la peinture, et sourd par dessus le marché de l’art. Dans le cadre du jeu et pourtant hors sujet.

Verticalement

  1. Douleur que seule guérit une longue habitude de la souffrance. – 2. Cet argument serait solide s’il n’avait le défaut d’être liquide. – 3. Il a brillé longtemps par son absence d’esprit puis s’est éteint. – 4. Facilite le divorce des vieux couples italiens. Méandres de la pensée. – 5. Ne peut survivre qu’au prix d’une baisse de revenu. Se donne des airs d’hôtesse. Puissant par sa capacité de nuisance. – 6. Cette manie qu’il a de violer les consciences ! – 7. Meuble d’angle sans grande utilité. Gourmandise jamais punie. Association d’idées sans autre but que récréatif. – 8. Aptitude à passer inaperçu sans pour autant disparaître. Fait le plein avant de vider son sac à malices. Du gaspillage mais pas pour tout le monde. – 9. Elles sont mises en scène ou alors mises en boite. – 10. Remplace avantageusement le remplaçant défaillant. Forme d’ennui à plein temps. – 11. Individu qui joue aux dominos avec sa mère et aux abdominaux avec sa femme. – 12. Lettres retournées à l’envoyeur avec promesse de correction.
Marcel Navas est critique d’art privé et collectionneur. 
Il propose ici des mots croisés qui durent longtemps.
Pour lutter contre la déprime, pour gagner du temps…

 

 

26 mai 2019

[News] News du dimanche

Vos RV Libr-critique jusque début juin : au Delaville Café autour de Stéphane Bouquet ; Marie de Quatrebarbes / Peter Gizzi puis Danielle Mémoire à Texture ; La Forêt Blanche à Paris et les Poésies bougées à Nantes ; Bonfanti/Moretti à Lyon ; la Journée d’études des jeunes généticiens et La Nuit remue à Paris…

â–º Mardi 28 mai :

► Mercredi 29 mai, 19H30 : Rencontre avec Marie de Quatrebarbes pour Voguer (P.O.L) et Peter Gizzi pour Archéophonies (Corti).
Librairie Texture : 94, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris (01 42 01 25 15).

► Vendredi 31 mai à 19H30, Les liens d’écriture #7 : septième et dernier rendez-vous du cycle de rencontres organisées dans le cadre de sa résidence à la librairie Texture, Christophe Manon reçoit Danielle Mémoire, à l’occasion de la parution de son livre Les Rendez-vous de la marquise (POL).
Librairie Texture : 94, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris (01 42 01 25 15).

â–º Du 1er au 14 juin :

â–º Mercredi 5 juin à 19H30, Le Lieu Unique à Nantes (2, Quai Ferdinand Favre) : Poésies bougées – poésies performances.
Avec Sarah Barh, Joël Hubaut, Antoine Boute & Jeanne Pruvot Simonneaux, Aziyadé Baudouin-Talec.

â–º Vendredi 07 juin à 12h15, « Musésie : Birdasse off the Wahl » : rdv au Palais Saint Pierre dans la cour des Beaux-arts de Lyon, où Brice Bonfanti & Michaël Moretti se dédoublent au Musée des Beaux-Arts de Lyon, Palais Saint Pierre. Parcours poétique ou le musée haut bas sans dessus dessous (exorcisme au jardin puis au réfectoire où succèderont Voltairine de Cleyre, foetus de cadette des 7, ekphrasis au resto d’un tableau en réserve, conférences ‘pataphysiciennes & délirantes en salle de conf’…
Durée : 1h. Tarif : 3€ / 1€ + entrée au musée

â–º Vendredi 07 juin :

â–º Samedi 8 juin, 18H, La Nuit remue : Sorbonne, Bibliothèque Ascoli – Escalier C, 2ème étage 17, rue de la Sorbonne. 1, rue Victor-Cousin Paris 5ème Arrondissement.

Attention ! pour des raisons de sécurité, l’inscription est obligatoire. Toute personne souhaitant assister à La Nuit Remue doit s’inscrire au préalable. Clôture des inscriptions : jeudi 6 juin 17h.

Avec Laurent Grisel , Eric Houser, Bérengère Cournut, Stéphane Novak, Marie de Quatrebarbes, Esther Salmona, Christophe Fiat, Véronique Vassiliou, Benoît Toqué, Pascale Petit, David Lespiau, Jean-René Lassalle, Sonia Chiambretto, Cristina de Simone et Sylvain Kassap.

21 janvier 2019

[Chronique – News] Libr-2019

Un libr-carnet critique pour entamer l’année comme il se doit ; puis, un mini-festival poésie-performance à ne pas manquer en fin de semaine…

Libr-carnet critique /Fabrice Thumerel/

Voici votre WIFI 2019 : World International Future – Indeterminate… Faites vos jeux… Rien ne va plus ?

La fin du siècle dernier était marquée par le « trou » : trou-de-la-couche-d’ozone, trou-de-la-sécu… En 2019, on va buller : les Grands de ce monde immonde, enfermés dans leur bulle, ne se préoccupent pas de la bulle climatique… Autrement dit, en tardant à investir pour un enjeu universel – et donc dans l’économie réelle ! –, ils facilitent l’éclatement des bulles financières qui nous menacent depuis les USA, la Chine et le Japon…

En 2019, même enjeu qu’en 2008 : « Changer le système de production alimentaire mondial. […] Problème posé : il y a deux puissances auxquelles il faut enlever leur puissance car elles sont aveugles aux peuples et au monde : la financière, la grande foncière – lesquelles sont alliées. » Reste à imaginer « une bourgeoisie intelligente qui comprendrait que ce qui bloque le capitalisme contemporain, c’est le pouvoir d’achat » (Laurent Grisel, Journal de la crise, 2008, éditions Publie.net, 2018, p. 205 et 207).

Le mouvement des « Gilets jaunes » est une jacquerie des temps ultra-modernes : spontanée, inventive et connectée, elle regroupe des (semi-)ruraux modestes qui éprouvent le besoin d’exprimer collectivement leur ras-le-bol. Autant dire des losers has been aux yeux des individualistes citadins aisés. Et des Bellez’âmes, et des zinzintellectuels mainstream, et des chiens de garde merdiatiques.

Voici venus les temps où la raison des plus forts sera la raison de l’État : la Bourse salue l’arrivée d’un dictateur au Brésil ; en fRANCE, c’est l’Ordre-en-Marche, à coups de décrets et de flashballs, et avec ses chiens de garde – en tête le naintellectuel de la révolution conservatrice, histoire de bien fêter le cinquantenaire de 68.

Libr-événement à la UNE/

Organisé par Philippe Aigrain et Mathilde Roux, voici un mini-festival de poésie-performance à ne pas rater à Paris en cette fin de semaine : de ce point de vue, 2019 commence bien !

16 juillet 2018

[News] Libr-vacance 2018 / 1

Plus que jamais, en ce temps de saturation médiatique, c’est le moment d’entrer en vacance : ce premier volet de Libr-vacance vous invite à méditer avec Leslie Kaplan sur/avec Mai 68, à lire une sélection de livres très récents, à rendre hommage à Christophe Marchand-Kiss, et vous donne RV au festival de poésie Voix vives…
Face à la liesse de ce 14-Juillet à double révolution, faut-il suivre le flaubertien fleuve humain auquel fait allusion Jean-Claude Pinson dans son dernier livre, LÀ (L. – A., Loire-Atlantique)  ? « Flaubert, qui n’aimait pas la foule, écrit à Louise Colet que, néanmoins, "les jours d’émeute", il se sent "enivré par une poésie humaine, aussi large que celle de la nature, et plus ardente" »…

UNE : le Mai 68 de Leslie Kaplan, du chaos au chantier…

Leslie Kaplan, Mai 68, le chaos peut être un chantier, P.O.L, mai 2018, 80 pages, 9 €.

Il était un temps où l’espace social français n’était pas saturé par une seule obsession, l’invasion des "Migrants", que seul peut chasser cet antidote magique, la Victoire-des-Bleus… Une Coupe du monde quand la coupe est pleine, des Bleus contre les bleus à l’âme, le Mondial contre les ravages de la mondialisation…

« Et alors "quelque chose se passe"
qui remet en cause l’ordre normal, habituel, les choses en l’état, le surplace, apparemment calme, en fait violent, la répétition du mensonge […]
en mai 1968, c’est l’absence de hiérarchie
au contraire, c’est l’égalité, la liberté réciproque
la parole est partout, dans tous les milieux, chez tout le monde » (p. 39).

« ET ALORS vient la question : tout ça s’est fait dans des mots, paroles, dialogues
est-ce suffisant pour une révolution ? certes non
une révolution suppose un changement du cadre de pensée établi
mai 1968 a été un mouvement de contestation du cadre actuel, de la société capitaliste marchande
un mouvement très fort, général
et après 68, il y a eu une "reprise en main" terrible
un retour en force de la société de consommation

les paroles vivantes ont été "récupérées", c’est-à-dire : sont devenues des clichés » (p. 47-48).

Ces clichés, nous les avons tous en tête sous forme de slogans : "Faites l’amour, pas la guerre !" ; "Il est interdit d’interdire !" ; "L’imagination au pouvoir !" ; "La beauté est dans la rue" ; "Prenons nos désirs pour des réalités !" ; "Soyons réalistes, demandons l’impossible"… Mais, dans sa conférence interrompue par quelques personnages tout droit issus de ses textes, Leslie Kaplan insiste autant sur la chape de plomb du régime gaulliste que sur la prise de parole : mutisme des dominés… silence sur les opprimés… silence sur la France de Vichy, la guerre d’Algérie… Contre une certaine doxa selon laquelle Mai 68 est avant tout une révolte hédoniste et consumériste, un soubresaut individualiste, l’auteure nous invite à penser 2018 grâce à ce mouvement anticapitaliste : plutôt que de nous laisser engluer dans un individualisme de masse et un identitarisme de mauvais augure, retrouvons notre puissance d’étonnement, un désir de singularité qui passe par l’altérité !

Libr-15 : LC a reçu, lu et vous recommande

♦ Philippe ANNOCQUE, Seule la nuit tombe dans ses bras, Quidam éditeur, à paraître en août 2018, 152 pages, 16 €.

♦ Julien BLAINE, De quelques tombeaux de feus mes amis & de feue mon amie, Au coin de la rue de l’Enfer (04), mai 2018, 54 pages, 13 €.

Julien BLAINE, Catalogue de l’Exposition 1968/2018 = 1/2 siècle & Julien Blaine = 3/4 de siècle, Marseille, édition im/paires et éditions Galerie Jean-François Meyer, mai 2018, 64 pages.

♦ Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel, éditions Supernova, juin 2018, 86 pages, 10 €.

♦ Comité restreint, L’Inclusion qui va, éditions Louise Bottu, mai 2018, 128 pages, 7 €.

♦ Christophe ESNAULT, Mordre l’essentiel, éditions Tinbad, printemps 2018, 336 pages, 26 €.

♦ Bruno FERN, Suites, éditions Louise Bottu, juin 2018, 162 pages, 14 €.

♦ Laurent GRISEL, Journal de la crise de 2008, éditions Publie.net, printemps 2018, 272 pages, 20 €.

♦ Pierre MÉNARD, Comment écrire au quotidien. 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018, 450 pages, 24 €.

♦ Cécile PORTIER, De toutes pièces, Quidam éditeur, à paraître en août 2018, 180 pages, 18 €.

♦ Jean-Claude PINSON, LÀ (L. – A., Loire-Atlantique). Variations autobiographiques et départementales, éditions Joca Seria, Nantes, juin 2018, 280 pages, 19,50 €.

♦ Olivier QUINTYN, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €.

Revue des Sciences Humaines, Université de Lille III, n° 329 : "Orphée dissipé. Poésie et musique aux XXe et XXIe siècles", printemps 2018, 296 pages, 28 €.

♦ Marc-Émile THINEZ, L’Éternité de Jean, éditions Louise Bottu, juillet 2018, 140 pages, 14 €.

♦ Patrick VARETZ, Rougeville, éditions La Contre Allée, Lille, printemps 2018, 96 pages, 8,50 €.

 Libr-brèves

â–º En hommage à notre ami Christophe Marchand-Kiss (1964-2018), qui nous a quittés trop tôt, sur Libr-critique on pourra (re)lire un extrait de Mère/instantanés et une chronique sur l’un de ses textes publié sur Publie.net en 2009.

â–º Bien que ce festival méditerranéen ait bien changé, RV à Sète du 20 au 28 juillet : avec notamment Béatrice Brérot, Sébastien Dicenaire, Frédérique Guétat-Liviani, Jean-Luc Parant et Pierre Tilman.

10 juin 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier jour du 36e Marché de la poésie, tout d’abord le Libr-20 des volumes (dont une revue) de/sur la poésie ; suivent quatre Libr-événements : RV autour de Bernard Noël et de Laurent Grisel à Paris, avec Griot/Manon dans la région parisienne, sans oublier Poésie civile #15…

Poésie : en ce dernier semestre, LC a reçu, a lu et recommande

♦ Olivier Penot-Lacassagne dir., Beat Generation. L’Inservitude volontaire, CNRS éditions, 2018, 392 pages, 25 €.

REV(u)E : 17, Un thé chez les fous, 2018, 230 pages, 30 €. [Un superbe collectif, avec pour exergue : "Tous ceux qui manquent d’imagination se réfugient dans la réalité"]

♦ Nikola Akileus, Éreintique, éditions Vermifuge, hiver 2017-2018, 140 pages, 15 €.

♦ Édith Azam, Le Temps si long, éditions Atelier de l’Agneau, Limoges, printemps 2018, 78 pages, 15 €.

♦ Gilles Bonnet, Pour une poétique numérique, Hermann, hiver 2017, 376 pages,  €. [Essai très stimulant !]

♦ Didier Bourda, Galerie montagnaise, Lanskine, 2018, 152 pages, 14 €.

♦ Patrick Bouvet, Trip machine, éditions de l’Attente, automne 2017, 132 pages,14 €.

♦ Sophie Coiffier, Paysage zéro, éditions de l’Attente, automne 2017, 144 pages, 14 €.

♦ Bernard Desportes, Le Cri muet, Al Manar, printemps 2018, 96 pages, 18 €.

♦ Dominique Fourcade, Improvisations et arrangements, P.O.L, mai 2018, 464 pages, 24 €.

♦ Emmanuel Hocquard, Le Cours de Pise, édition établie par David Lespiau, P.O.L, mars 2018, 624 pages, 23,90 €.

♦ Christine Jeanney, Yono Oko dans le texte, Publie.net, 2018, 176 pages, 16 €.

♦ Christophe Manon (avec Frédéric D. Oberland), Jours redoutables , Les Inaperçus, 2017, 72 pages, 14 €.

♦ Christophe Manon, Vie & opinions de Gottfried Gröll, Dernier Télégramme, hiver 2017-2018, 120 pages, 13 €.

♦ Véronique Pittolo, Monomère & maxiplace, éditions de l’Attente, automne 2017, 104 pages, 11 €.

♦ Daniel Pozner, À Lurelure, PROPOS2 éditions, 2017, 114 pages, 13 €.

♦ Dominique Quélen, Revers, Flammarion, 2018, 124 pages, 16 €.

♦ Olivier Quintyn, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €. [Essentiel pour qui veut comprendre la poésie contemporaine]

♦ François Rannou, La Pierre à 3 visages (d’Irlande), Lanskine, printemps 2018, 48 pages, 12 €.

♦ Pierre Vinclair, Terre inculte. Penser dans l’illisible : The Waste Land, Hermann, 2018, 204 pages, 22 €. [Une réflexion fondamentale sur l’illisibilité poétique à partir du célèbre poème de T. S. Eliot]

Libr-événements

â–º Lundi 11 juin 2018, Maison de la poésie Paris, 20H : Carte blanche à Bernard Noël. Avec Bernard Noël, Jean-Luc Bayard, Léonard Novarina-Parant, Jean-Luc Parant, Laurine Rousselet & Esther Tellermann.

Né en 1930, Bernard Noël signe son premier livre Les Yeux chimères, en 1953 et en 1958, Extraits du corps. Ce n’est que dix ans plus tard qu’il publie son troisième ouvrage, La Face de silenc. La publication de ces poèmes lui ouvre alors les portes de l’édition où il travaille comme lecteur, correcteur et traducteur.  À partir de 1971, Bernard Noël prend la décision de se consacrer entièrement à l’écriture. Il compose ainsi une œuvre majeure, (…)

â–º Climats de Laurent Grisel a été écrit sur une proposition de Cécile Wajsbrot, de janvier 2014, bien avant que la future « COP21 » de novembre-décembre fasse parler d’elle, à octobre 2015, et ses lecteurs eurent et ont de quoi déchiffrer le théâtre de cet accord international. Mais ce poème, cette épopée, vient de plus loin et va au-delà, ses  héros sont des ouragans, des peuples en lutte, des arbres, des scientifiques qui brisent les conventions de la décence académique, des montagnes et leurs glaciers, des galaxies, des paysans et des semences libres… 

La comédienne, diseuse, musicienne et chanteuse Anna Desreaux en donne son interprétation, qui est forte et belle, au café-théâtre de La Vieille Grille lundi prochain : le lundi 11 juin à 20h30, 1, rue du Puits de l’ermite 75005 PARIS / Métro Monge [Il est important de réserver au 01 47 07 22 11. Vous trouverez toutes sortes d’informations pratiques sur le site du lieu : https://www.vieillegrille.fr/tiki-view_articles.php?topic=13]

â–º Lundi 18 juin à 19H30, DOC (26, rue du docteur Potain 75019 Paris), Poésie civile #15 : où ça avance…

â–º Vendredi 22 juin à 20H, Parc de Rentilly (1 rue de l’étang 77600 Bussy-Saint-Martin) : Griot/Manon.

29 août 2017

[Livres] Libr-vacance (2)

On profite de la fin de l’été pour prendre le temps de faire le point : qu’a-t-on pu manquer ces derniers temps comme lectures importantes ?… Une Libr-sélection de 5 livres vous est d’abord présentée, puis 30 titres vous sont recommandés. [Libr-vacance 1]

Libr-sélection /FT/

â–º Jacques BARBAUT, H ! Hache ! Hasch !, Nous, Caen, 2016, 112 pages, 16 €.

On connaît l’attrait des Lettristes et des Oulipiens pour les lettres de l’alphabet. Dans cet opus plein de fantaisie, qui ressortit à la fois à l’ouvroir poétique, au dictionnaire de littérature, des formes et des symboles, l’auteur alterne divagations, graphismes et citations passionnantes et érudites.

â–º Guy BENNETT, Ce livre, traduit de l’américain par Frédéric Forte et l’auteur, éditions de l’Attente, 2017, 96 pages, 11 €.

À la suite des Poèmes évidents, Ce livre fonctionne de façon ironique, dévoilant les stratégies scripturales / éditoriales. N’est pas épargné « le monde de l’édition en ligne, où l’écriture se dit simplement "contenu", les écrivains "fournisseurs de contenu" et les plateformes d’édition en ligne […] "systèmes de gestion de contenu" » (35)… Vous y attend tout l’outillage moderne et contemporain : réflexivité, autoréflexivité, post-littérature, édition post-matérielle

â–º Jérôme BERTIN, Lettre à Nina, Atelier de l’Agneau, St-Quentin-de-Caplong (33), été 2017, 20 pages, 9 €.

Moins légère que les rimbaldiennes "Réparties de Nina", cette Lettre à Nina – Nina, "garçonne à cheveux corbeau" – qui commence par "Cher Amour" constitue un oasis azuré dans l’œuvre de Jérôme Bertin : le romantisme noir se fait bleu-rose et l’écriture tire un peu du côté du symbolisme, voire du surréalisme :

"que je vertige en ré mi
sol tranché par
ta pro-

messe masse noire
de tes che-
veux fous" (14).

â–º Paul de BRANCION, L’Ogre du Vaterland, éditions Bruno Doucey, été 2017, 120 pages, 14,50 €.

Où il est question d’un père "retors jusqu’à la fellation du monde", de "Ich" que ne peut supporter Léon Jacques S., d’une configuration familiale digne du conte – d’un récit qui dialogue avec des extraits des contes de Perrault. Un bonheur de lecture vous attend avec cette autofiction fantaisiste en double bande.

"Ich aimais Platon et Socrate car ces deux pédérastes-là ne trouvaient pas grâce aux yeux de Léon Jacques" (43).

â–º Laurent GRISEL, Climats, Publie.net, hiver 2015-2016, 88 pages, 9,50 €.

Voici "une épopée" du climat, avec chiffres, histoires et Histoire… Et ce type d’agencement répétitif pour mettre en évidence les mécanismes implacables : "la lutte entraîne la répression / qui entraîne la lutte / qui entraîne la répression / qui entraîne la lutte" (p. 13) ; "moins d’eau donc moins d’arbres / donc moins d’eau des nuages accrochée par les arbres / donc moins d’arbres / donc, de saison en saison / de moins en moins / d’eau" (27)…

Libr-critique a reçu, a lu et recommande

♦ Nadine AGOSTINI, Ariane, éditions Contre-Pied, coll. "Autres & Pareils", Martigues, automne 2015, 28 pages, 4 €.

♦ Jean-Luc BAYARD, P.O.L nid d’espions, P.O.L, été 2015, 222 pages, 16 €.

♦ Sereine BERLOTTIER, Louis sous la terre, Argol, 104 pages, 18 €.

♦ Jean-Pierre BOBILLOT et Sylvie NÈVE, Vers de l’âme-hors, Plaine page, Barjols, automne 2016, 54 pages, 10 €.

♦ Nicolas BOUYSSI, Décembre, P.O.L, printemps 2016, 496 pages, 22 €.

♦ Mircea CARTARESCU, La Nostalgie, traduit du roumain par Nicolas Cavaillès, P.O.L, février 2017, 496 pages, 29,90 €.

♦ Angela CARTER, Les Machines à désir infernales du Dr. Hoffman, éditions de l’Ogre, hiver 2015-2016, 356 pages, 23 €.

♦ Franck DOYEN, Collines, ratures, La Lettre volée, Bruxelles, automne 2016, 58 pages, 14 €.

♦ Virginie GAUTIER, Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, Publie.net [version papier + numérique], 2014, 84 pages, 12 €.

♦ Liliane GIRAUDON, L’Amour est plus froid que le lac, P.O.L, décembre 2016, 106 pages, 13 €.

♦ Rada IVEKOVIC, Réfugié-e-s. Les Jetables, Al dante, Marseille, été 2016, 88 pages, 13 €.

♦ Gabriel JOSIPOVICI, Infini. L’histoire d’un moment, traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner, Quidam éditeur, Meudon, hiver 2015-2016, 158 pages, 18 €.

♦ Anne KAWALA, Le Déficit indispensable, Al dante, 2016, 152 pages, 17 €.

♦ Claudie LENZI, Elle t’enceinte, Plaine page, 32 pages, 5 €.

♦ Cédric LERIBLE, Giratoires, Plaine page, Barjols, printemps 2015, 70 pages, 5 €.

♦ Cécile MAINARDI, L’Histoire très véridique et très émouvante de ma voix de ma naissance à ma dernière chose prononcée, éditions Contre-Pied, hiver 2016-2017, 36 pages, 4 €.

♦ NATYOT, Je suis d’accord, Plaine page, "Les Oublies", été 2017, 28 pages, 5 €.

♦ Leopoldo María PANERO, Ainsi fut fondée Carnaby street, Le Grand Os, Toulouse, automne 2015, 88 pages, 12 €.

♦ Anne PORTUGAL, Et comment nous voilà moins épais, P.O.L, mai 2017, 124 pages, 13 €.

♦ Dominique QUÉLEN, Éléments de langage, Publie.net, coll. "L’Inadvertance" dirigée par François Rannou, automne 2016, 272 pages, 20,50 €.

♦ Jacques REBOTIER, Black is black, Plaine page, coll. "Les Oublies", 14 pages ([petit coffret original], 5 €.

♦ Jean Louis SCHEFER, Squelettes et autres fantaisies, Main courante 5, P.O.L, printemps 2016, 160 pages, 14 € ; L’Image et l’Occident. Sur la notion d’image en Europe latine, ibid., printemps 2017, 142 pages, 13 €.

♦ Patrick SIROT, Procès verbal, Plaine page, 110 pages, 10 €.

♦ Pierre-Yves SOUCY, Neiges. On ne voit que dehors, La Lettre volée, Bruxelles, hiver 2015-2016, 80 pages, 15 €.

♦ Juliana SPAHR et David BUUCK, Une armée d’amants, traduit de l’anglais (USA) par Philippe Aigrain, Publie.net, 2016, 150 pages, 15 €.

♦ Anne de STAËL, Le Cahier océanique, La Lettre volée, hiver 2015-2016, 160 pages, 19 €.

♦ Rudolf di STEFANO, Vive le cinématographe !, Al dante, hiver 2014-2015, 200 pages, 17 €.

♦ Jean-Jacques VITON, Cette histoire n’est plus la nôtre mais à qui la voudra, P.O.L, hiver 2016-2017, 80 pages, 13 €.

♦ Julie WOLKENSTEIN, Le Mystère du tapis d’Ardabil, P.O.L, hiver 2015-2016, 384 pages, 23 €.

16 juillet 2017

[Libr-retour] Laurent Grisel, Journal de la crise de 2007, par Fabrice Thumerel

Le moment étant venu de se mettre en Libr-vacance, rien de tel que de prendre le temps de se plonger dans une somme dont on sort grandi. [Sur la crise des subprimes, on ne peut que (re)lire le roman de Mathieu Larnaudie, Les Effondrés]

Laurent Grisel, Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après, tome II : 2007, Publie.net, hiver 2016-2017, 375 pages, 24 €, ISBN : 978-2-37177-464-3.

Voici un journal intellectuel précieux parce que rare : non pas intellectualiste, mais habité par le monde social au travers de l’actualité internationale. Un journal extérieur, pour reprendre la formule d’Annie Ernaux, mais à la différence des volumes écrits par l’illustre écrivaine, ceux de Laurent Grisel sont plus abstraits, s’attachant à décrypter les mécanismes complexes de la crise des subprimes. Ce sont ici les dimensions politique et socio-économique qui prévalent, l’auteur s’appuyant sur des lectures éclairantes (articles de presse, essais).

Les entrées du Journal sont regroupées dans des rubriques aux titres parfois paradoxaux : "Ce qui marche, dans le capitalisme, c’est le communisme" (la prédominance de la coopération sur l’individualisme) ; "Une mathématisation du puritanisme"… Dans ce journal critique abondent les saillies satiriques, comme celle-ci : "Michel Onfray, un philosophe ultra-rapide, capable de ramener n’importe quel philosophe de n’importe quelle époque aux lieux communs du temps présent" (p. 103) ; ou subtilement polémiques : « Christine Lagarde, notre ministre de l’économie, aux "Rencontres financières de Paris Europlace" : " Vous qui partez chercher au loin les clés du paradis fiscal, je vous dis : "revenez, ce n’est plus le purgatoire ici" ". Certes, c’est le paradis » (152)… Mais ce qui en fait surtout le prix, ce sont ses analyses des stratégies du pouvoir. Voyez un peu : « Suivez la consigne : qualifiez de preneurs d’otages, dans tout rapport de forces, la partie adverse, ainsi vous faites d’une pierre deux coups : vous êtes une victime, et jamais vous n’employez, continûment, violemment, chaque jour, chaque heure et depuis des générations et des générations un rapport de forces favorable pour soumettre vos employés. "[…] en otages le groupe japonais et les salariés", ah que la grammaire est belle avec ce "et" qui met le capital et le travail dans le même bateau » (35-36)…

15 janvier 2017

[News] News du dimanche

En ce troisième dimanche de l’année, trois rubriques pour vos découvertes et RV : LC vous recommande ; Libr-brèves ; Libr-événements

Libr-critique a reçu et vous recommande… /FT/

â–º RIP, revue critique et clinique de poésie, 1.1 "Poésie va pas tous mourir", Paris, automne 2016, 15 €, ISBN : 978-2-9557237-0-8.

Antoine Dufeu et Frank Smith lancent cet objet littéraire bien conçu dont le support est mixte (parution annuelle en papier, puis sur le site), avec la volonté de riper poétique et politique. La fragmentation des textes – dans lesquels on navigue grâce à une architectonique subtile – est expliquée dans l’édito : "la littérature a valeur d’expérimentation, d’acte de création • pliage d’un texte sur l’autre"… Car "c’est à plusieurs que s’écrit le moindre poème"… En ces temps tragiques, voici une revue qui donne à penser – avec Deleuze en toile de fond, mais pas seulement.

â–º Corinne Lovera Vitali, Ce qu’il faut, Publie.net, novembre 2016, 184 pages, 17 €, ISBN : 978-2-37177-465-0.

Après les 39 fragments adressés au père dans 78 moins 39, avec Ce qu’il faut, nous entrons dans l’œil de ce cyclone ravageur qu’est la vie : de poésie lente, cet Agencement Répétitif Névralgique (ARN) se développe sans pathos autour de cette tache aveugle qu’est le deuil – celui d’un homme et d’un enfant aimés. On en sort bouleversé.

â–º Christophe Stolowicki, Rhizome, Passage d’encres, "Trait court", décembre 2016, 32 pages, 5 €, ISBN : 978-2-35855-127-4.

Voici des "brèves sans humour, à l’encontre du genre" (p. 17). Autant de lignes de fuite dans le paysage littéraire et artistique moderne. Avec la volonté de dépasser l’alternative entre poésie et prose : "La poésie, le roman tombés en inégale désuétude. Contractant le prosimètre, un genre mixte qui les relève ?" (p. 17). On terminera cette courte présentation destinée à vous mettre l’eau à la bouche par une citation qui rend compte du titre : "Affleure une neuve dramaturgie de longue patience étirant son rhizome, en quelques phrases contractant les années – celle qui a déserté le roman" (p. 21).

Libr-brèves

â–º Pour bien commencer une année, il faut bien se justifier… On écoutera donc "De la justification", que nous propose Sylvain Courtoux en cette première quinzaine de janvier 2017.

â–º Un événement que la réédition de Nous d’Antoine DUFEU : à ne pas manquer !

â–º Avant de codiriger le Colloque international de Cerisy en août prochain ("Jacques Prévert, détonations poétiques"), Carole Aurouet nous présente une bio-bibliographie synthétique du braconnier des Lettres : un parcours très vivant tout en poésie ("La poésie parlée", "La poésie filmée", "La poésie écrite", "La poésie chantée", "La poésie imagée"). Dès vendredi prochain 20 janvier, les passionnés – qu’ils ressortissent à un public large ou spécialisé – pourront se faire plaisir : Jacques Prévert. Une vie, Les Nouvelles Éditions Jean-Michel Place, en librairie le 20 janvier 2017, 224 pages, 10 €.

Libr-événements

â–º Vendredi 20 janvier à partir de 18h30, soirée de lectures, performances, concerts pour fêter un double lancement :

• Le lancement du 1er numéro papier de la revue Frappa, créée par A.C. Hello
• La publication du nouveau livre d’Antoine Boute, Inspectant, reculer, publié aux éditions Onlit

Le Monte-en-l’air
71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare, 75020 Paris

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Lectures, performances, concerts de :
• Julien Blaine
• Laura Boullic
• Antoine Boute
• Virginie Grahovac
• A.c. Hello – accompagnée de Thierry Müller (basse/guitare/électrosonic), Laurent Saïet (basse/guitare), Quentin Rollet (saxophone)
• Manuel Joseph, accompagné par motif_r
• Sébastien Lespinasse
• Igor Myrtille
• Elodie Petit
• Chloé Schuiten

+ exposition d’originaux ou reproduction des textes/dessins/photographies des auteur.e.s : Amandine André, François Audemar, Nikola Akileus, Stéphane Batsal, Véronique Bergen, Jérôme Bertin, Julien Blaine, Baptiste Brunello, Laura Boullic, Antoine Boute, Jean-Philippe Cazier, Ivar Ch’Vavar, Christophe Claro, Valentine Crémier-Garce, Robert David Elwood, Cédric Demangeot, Billy Dranty, Jean-Michel Espitallier, Sarah Fisthole, Liliane Giraudon, Virginie Grahovac, Martin Gosset, Benoit Grimalt, Marion Guillet, A.C. Hello, Hugo Hengl, Manuel Joseph, Charlotte Jankowski, Manuel Joseph, Éléonore Lebidois, Élinora Léger, Sébastien Lespinasse, Fabienne Letang, Laurent Cauwet, Bryan Lewis Saunders, Igor Myrtille, Charles Pennequin, Emmanuelle Pidoux, Élodie Petit, Popier Popol (Nathalie), Konrad Schmitt, Chloé Schuiten, Thomas Sidoli, Lucien Suel, Fanny Torres, Cécile Wautelet.

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REVUE FRAPPA

"Frappa a été conçu – rédaction, graphisme, maquette – par A. C. Hello , dont le Clavier cannibale a, il y a un peu moins d’un an, exploré le précédent livre, Naissance de la gueule. Frappa existait déjà en ligne, la voici donc sur papier, riche de 246 pages, pensée mais non préconçue, nullement attifée d’un thème mais parcourue de mille motifs. Comme l’expliquait A.C. Hello dans un entretien, quelque chose de l’ordre de la "bascule", paradoxalement, tient et relie ces textes:
"Ce qui – et encore une fois, c’est quelque chose dont je me suis aperçue bien après – manifestement les rassemble tous, c’est leur travail, peut-être inconscient, sur le basculement. Le mot est instable, la phrase est instable, ou même la pensée est instable, et c’est toujours à deux doigts de se casser la gueule. C’est un équilibre ténu, qu’ils aiment mettre en danger. Et si certains le font sérieusement, je veux dire sur un ton sérieux, la majorité produit ce basculement dans un joyeux désordre branque, même si bien sûr on sent une fêlure qui ébrèche, parfois, cette douce ironie" (entretien donné à Diacritik).
Pensée instable, phrase instable: rien à voir avec une fragilité feinte, bien sûr. Et force est de constater que les textes publiés dans cet impressionnant Frappa (ce fracas frappé?) brillent par l’intelligence instinctive de leur violence. Qu’ils soient signés par A.C. Hello, Martin Gosset, Amandine André, Antoine Boute, Lucien Suel, Charles Pennequin, Baptiste Brunello, Manuel Joseph, pour n’en citer que quelques-uns sur la multitude de participants à cette revue, tous les textes de la revue montent à l’assaut, tranchent, déplacent, résistent. Poésie sonore, mais surtout prise de poésie, prise de heurts, tensions. Une centrale surchauffée. Un état des lieux des affres, de l’égarement, de la résistance." — Christophe Claro.

Liens vers les 2 premiers numéros numériques de Frappa :

http://www.poesie-frappa.com/frappa-1.1/
http://www.poesie-frappa.com/frappa-1.2/

Entretien sur Diacritik :
https://diacritik.com/2015/12/07/la-poesie-frappa-entretien-avec-a-c-hello/

Spot publicitaire :
https://www.youtube.com/watch?v=6vPPD4XjncM&index=9&list=UUoNuEUi7DZ3Dt8y6IVzALig

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INSPECTANT RECULER d’Antoine Boute (Éditions Onlit)

Synopsis : Au lendemain de son mariage avec l’inénarrable Valéria, Freddo se retrouve seul et désemparé. Ça lui pèse tellement qu’il décide d’aller chez les flics: « Bonjour pardon de vous déranger mais ma femme a disparu le jour de notre mariage. ». Avec l’aide de l’inspectrice Karolien, il tente de résoudre cette inquiétante disparition. Or L’enquête, plutôt que d’avancer ou même de piétiner, recule au contraire jusqu’à prendre des dimensions cosmiques.

"Boute est un magicien décomplexé qui préfère extraire des chapeaux du lapin. Avec lui, on est embarqué, cahoté, aucune intimidation, ça marche à cent à l’heure, c’est salutaire, le texte bat la campagne, défriche, et surtout on rit, le texte rit, la syntaxe se marre, c’est un rire cosmique, un rire chamanique et contagieux. (…) C’est ce qui manque à la littérature française." — Christophe Claro.

Présentation du sommaire d’Inspectant reculer par Antoine Boute :
https://www.youtube.com/watch?v=Y_QDgqI_Ic0

â–º Vendredi 20 janvier à 18H30, Librairie L’Échappée Belle à Sète, rencontre-lecture avec Juliette Mézenc pour son dernier livre Laissez-passer (éditions de l’Attente).

â–º Dimanche 22 janvier 2017 à partir de 14h, American Gallery, visite exceptionnelle de l’exposition F. comme faille et Chevrotines : Ayme/ Blaine/Pazzottu
 
Lecture avec ponctuation sonore et déclar’action à 15h
F. comme faille et Chevrotines, deux livres d’artistes aux éditions Rencontres parus en 2016 dans la collection Tête à texte. Exposition du 4 décembre 2016 au 19 février 2017.
œuvres originales de Julien Blaine, de Giney Ayme, et (œuvres à quatre mains) de Florence Pazzottu et Giney Ayme.
AMERICAN GALLERY
54 RUE DES FLOTS-BLEUS 13007 MARSEILLE
bus 83 arrêt anse de la Fausse Monnaie
visites sur rendez-vous : 06 27 28 28 60

 

â–º Mardi 24 janvier 2017 à 19h30 Ivy Writers vous invite à une soirée de LECTURES BILINGUES avec les poètes :

MANUEL DAULL (France)
KATE NOAKES (UK)
et LAURENT GRISEL (France)

24th JANUARY from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes French poets Manuel Daull and Laurent Grisel alongside Welsh poet Kate Noakes with translations in French and English by Mary Reilly among others—let us know you are coming!

MARDI 24 janvier 2017 à 19h30
Au bar / 1er étage :
Delaville Café, 34 bvd Bonne Nouvelle 75010 Paris
M° Bonne Nouvelle (ligne 8 ou 9)

 

â–º La cie Stelisto de Tempo présente le vendredi 27 janvier à 20h au Théâtre Massenet (rue Massenet à Lille) // SANS FRONTIERES FIXES //

Réserver : https://goo.gl/forms/FIwAIninSSvba0cj1
Tarifs : 9/6/3 €
Mangez ou buvez un verre en bonne compagnie dès 19h30 !

“Sans Frontières Fixes” est un spectacle à plusieurs voix où nos colères et nos incompréhensions sonnent, où nos peines résonnent, où la poésie et la musique se mêlent et nous lavent, nous enlacent et nous livrent une lueur d’espoir et de Beauté. Les comédiennes Coline Marescaux et Céline Hilbich portent une furieuse envie de refuser les limites absurdes, ses frontières qui nous séparent et nous éloignent de l’autre. Accompagnées du multi-instrumentiste Dorian Baste, elles vous invitent à un concert poétique à la frontière du théâtre inspiré du recueil de Siméon.

"Parce que justement ça sert à ça la poésie, à mettre les pieds du poème dans le plat de l’existence." J-P. Siméon

8 janvier 2017

[News] News du dimanche

Voici les premiers Libr-événements de l’année : Laurent Grisel et Sébastien Rongier, Marie de Quatrebarbes et Superbravo à la Maison de la poésie Paris ; Corinne Lovera Vitali, Bruno Fern, Ian Monk et Eric Simon à Marseille ; lancement de la revue Spartakus à Paris…

 

â–º Vendredi 13 janvier 2017 à 20H, Maison de la poésie Paris : Écrire un poème, un roman, un essai…
Avec Sébastien Rongier & Laurent Grisel
Rencontre animée par Dominique Dussidour

Climats de Laurent Grisel est un poème long sur les équilibres et les beautés de la Terre où nous vivons et les désordres résultant d’activités humaines incontrôlées. 78 de Sébastien Rongier est un roman sur la perception qu’a un enfant, en 1978, du monde qui l’entoure dans la brasserie où il attend le retour de son père. Tous deux ont également publié des essais : Laurent Grisel le deuxième tome du Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après, Sébastien Rongier Théorie des fantômes.
Lors de cette rencontre, ils raconteront quelles expériences de la littérature, quel travail de la pensée, de l’imagination, de l’invention ils ont mis en œuvre pour écrire.

Soirée proposée par remue.net

À lire – Sébastien Rongier, 78, Fayard, 2015.
Laurent Grisel, Climats, publie.net, 2015.

 

â–º Dimanche 15 janvier, de 17H à 18H30, Maison de la poésie Paris.

La Fabrique invite un poète et un chanteur qui ne se connaissent pas. Ils doivent partager un moment scénique d’une heure au cours duquel ils inventent une forme de rencontre artistique autour de ce qu’ils ont, ou non, en commun, en plus de la voix et des mots.
Marie de Quatrebarbes est auteure, fondatrice de revues et éditrice. Sa poésie ultrasensible, “perchée”, révèle l’étrangeté du quotidien dans une langue organique, délurée et ardente.
Superbravo est un trio, composé d’Armelle Pioline (ex Holden), Julie Gasnier et Michel Peteau. Au carrefour de la pop, du rock et de l’électro, leur musique se nourrit du texte et de voix cristallines.
tarif : 10 € / adhérent : 5 €

â–º Présentation des livres numériques des éditions Contre-mur et lectures de :
Corinne Lovera Vitali
Bruno Fern
Ian Monk
Éric Simon

au FRAC PACA
samedi 21 janvier à 17h

Vous pourrez, lors de cette présentation, manipuler ces livres sur des tablettes mises à votre disposition. Mais également rencontrer les auteurs qui en parleront et donneront des lectures d’extraits de leurs publications chez Contre-mur.
FRAC PACA
20, boulevard de Dunkerque
13002 Marseille
Métro et Tramway : arrêt Joliette
Bus lignes 35, 49 et 82 : arrêt Joliette
Accès : autoroute A55

â–º

20 novembre 2016

[News] News du dimanche

Plus que jamais, Libr-critique joue l’ouvert contre la fermeture raciste/identitariste/isolationniste/nationaliste/machiste… Ouvrons-nous, avec ces Libr-événements : AC Hello et COUAC à Montreuil ; Thomas Déjeammes à Bordeaux ; Christophe Manon à la Maison de la poésie Paris ; Déjeammes et Lespinasse + soirée Publie.net à Paris ; Quintane à Marseille…

â–º Mercredi 23 novembre 2016, 20H30-23H30, Instants chavirés (7, rue Richard Lenoir 93100 Montreuil) :

AC HELLO
COUAC – no[nous]us
tarif :
8€ tarif unique
– – – –

AC HELLO
Accompagnée ce soir par Jac Berrocal, Jean-Noël Cognard, Guillaume Loizillon, Patrick et Thierry Müller, Quentin Rollet, Laurent Saïet.
A.C. Hello est une poète sonore, écrivain et artiste française. Elle pratique la performance et/ou la lecture sur scène. Crée des situations. Dessine, peint et écrit.
Nombreuses publications en revues et fanzines (papier ou internet, dont Overwriting, Chimères, Armée noire, Pli, La Vie Manifeste, Bruit…). Expose également. Un passage (rapide mais efficace) dans le collectif L’Armée noire. Son écriture poétique se développe en collaboration avec des musiciens de scènes différentes : elle travaille avec Patrick Müller, Guillaume Loizillon, Laurent Saïet, Lambert Castellani, Gautier Loizeau, Aurélien Paul, Black Sifichi… Un premier CD sort en 2014, accompagnant son livre Paradis remis à neuf. Un deuxième verra le jour sur trAce label en 2017. Elle crée la revue Frappa en 2014, revue multimédia visible sur le net, et dont le 1er numéro sur papier est sorti en septembre 2016.
Publications :
Paradis remis à neuf (Livre + CD, éditions Fissiles, 2014)
Naissance de la gueule (Al Dante, 2015)



COUAC – no[nous]us
Heddy Boubaker : basse / Sébastien Lespinasse : Poésie pneumatique

Duo vibratif & performatoire : Sébastien Lespinasse défait les identités, marche sur la crise, bruisse le quotidien à pleine bouche, improvise des noms d’oiseaux au bout de la langue, pendant que Heddy Boubaker maltraite sa basse électrogène avec amour et philosophie.
Né en 1963, Heddy Boubaker a commencé par jouer du rock à la guitare électrique, puis est progressivement passé au saxophone et à la basse électrique, son instrument actuel. L’essentiel de son activité musicale est centrée sur la pratique improvisée de la musique, la recherche sonore et l’élargissement des possibilités vibratoires de son instrument. Son travail se nourrit de très nombreuses rencontres avec d’autres musiciens, des poètes, des acteurs et des danseurs venant d’horizons variés.
Poète pneumatique, Sébastien Lespinasse, vit, dort, rêve et travaille autour, tout autour de Montreuil, cherche un peu d’air & d’errance dans les mots, des manières de respirer ensemble, tisse des textes suffisamment troués pour s’en évader, rapproche des mises à distance, voudrait toucher avec la langue. Nombreuses perfs et rencontres dans tous les sens, quelques publications.
CD à paraitre sur trAce label.

 

â–º Jeudi 24 novembre, 18H-19H, Bibliothèque de Bordeaux : la rencontre avec Thomas Déjeammes sera l’occasion d’échanger sur les images de l’exposition, son travail photographique et la photo en général.

Jusqu’au 1er décembre prochain, la Bibliothèque de Bordeaux accueille l’exposition photo « Lumière-oubli-mouvement » de Thomas Déjeammes.
Une série débutée en 2005, résultat de déambulations entre Bordeaux, Bilbao, Bruxelles, Liège, Paris… où résonne le poème de Mihaly Babits « pays noir » (Fekete Orszag en hongrois) : «[…] l’ossature de la terre est noire à l’intérieur, ce n’est pas la lumière qui peint la couleur noire, non, noire est l’âme cachée de la matière […] ».

 

â–º Jeudi 24, 20H-22H, Maison de la poésie Paris :

Lecture musicale

Christophe Manon sonde à voix basse la fin des utopies, la fraternité, le désir. Sa poésie, expérimentale et populaire, pensante et charnelle, est un stéthoscope, un flacon d’alcool et un chant. Eloïse Decazes et Sing Sing forment le duo Arlt et chantent à voix siamoises d’étranges ritournelles à propos de la chute, du trouble, des météos déréglées. Tous trois partagent un goût pour la grâce fragile et capricieuse, un sens de la joie tragique, une espèce de lyrisme sec, aussi. Ensemble, au fil patient de lectures, de chansons, d’échanges, ils confronteront leurs poétiques, écouteront la voix des morts, en espérant quelques épiphanies.

tarif : 10 € / adhérent : 5 €

 

â–º Vendredi 25 novembre à 18h30 à la librairie/galerie le Monte en l’air https://montenlair.wordpress.com/ (Paris 20e) lectures et performances de deux poètes sonores Thomas Déjeammes et Sébastien Lespinasse

Thomas Déjeammes lira son livre/partition "et faire à partir de l’explosion" récemment publié aux éditions Plaine page (http://www.plainepage.com/) et Sébastien Lespinasse lira quelques poèmes sonores extraits des disques Pneuma-R et Couac chez Trace Label ( http://tracelab.com/ ) ainsi que des extraits de l’Esthétique de la noyade, livre à venir aux éditions Plaine Page.

 

â–º Mardi 29 novembre : soirée de lectures et de découvertes organisée par Publie.net. Au programme : écritures fortes, état du monde présent, poésie contemporaine, le tout sous le signe du voyage et de l’éclatement des frontières (toutes les frontières).

AVEC

Laurent Grisel pour son "Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après" (le volume deux est à paraître pour la fin du mois)
Anne Savelli, qui lira des passages de Ce qu’il faut de Corinne Lovera Vitali
Florence Jou pour une lecture multimédia de "Kalces"
& Guillaume Vissac, qui lira des extraits du "Big Bang City" de Mahigan Lepage

Où ?

Le 100 ECS
100, rue de Charenton
75012 Paris

Métro : Gare de Lyon ou Ledru-Rollin
RER : Gare de Lyon – Bus : 57 et 29
Vélib : Hector Malot n°12008 –
Charenton n°12101
Rez-de-chaussée accessible
aux personnes handicapées

Entrée libre et gratuite

(La photo de couverture est de Margaux Meurisse, tirée de "Kalces")

 

â–º Mardi 29 novembre à 20H, vivez le Grand Soir avec Mathieu Larnaudie à l’abbaye d’Ardenne (Calvados) : pour en savoir plus. Rencontre animée par Yoann Thommerel.

â–º Jeudi 1er décembre à 18h30 à la Friche Belle de Mai dans le cadre de Faits divers

Rencontre critique #3 : Nathalie QUINTANE

Astérides, Alphabetville et la librairie la Salle des machines

 

« Et si les classes moyennes étaient le seul véritable ennemi de la démocratie ?… »

 

Présentation et entretien à propos de Que faire des classes moyennes ? sur le site des éditions P.O.L : http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-4100-0

 

Des livres en forme de question, des questions sous forme de critique, et pas seulement littéraire. Que peut la littérature ? en serait d’ailleurs peut-être l’une d’elle. Ou encore : en quoi la poésie est-elle politique ? Ou : de quoi la poésie est-elle le nom ?

Et encore : que faire, comment (se) manifester ?

Cette nouvelle rencontre critique sera en présence, et absence, des vivants et des fantômes qui peuplent la vie et l’œuvre de Nathalie Quintane.

Pour tenter de répondre à ces questions.

Et que la lutte continue.

 

 

Discutants : Abraham Poincheval, artiste (sous réserve), Noël Ravaud, artiste, Colette Tron, auteur et critique.

 

Entrée libre

Adresse : Friche la Belle de Mai, 41 rue Jobin 13003 Marseille 04 95 04 95 95

 

20 mars 2016

[News] News du dimanche

LC tient le rythme, avec depuis le début de l’année en moyenne un post tous les deux jours. Ce soir, après une UNE consacrée au dernier livre de Laurent Grisel, l’agenda printanier de Julien Blaine et nos Libr-événements

UNE : Laurent GRISEL, Climats

â–º On ne manquera pas le passage sur scène des Climats de Laurent Grisel, mardi 22 et mercredi 23 mars, à l’Art Studio Théâtre de Kazem Shahryari, dans le cadre de son Festival du printemps 2016. Cette lecture-performance est mise en scène par Élodie Barthélémy et accompagnée à la guitare par Serge Tamas.
"Climats" s’entend ici dans tous les sens de ce terme : climats de Mars, de Vénus, climats anciens et actuels sur notre planète, climats possibles dans le futur.  Et « climats » s’entend comme on l’entend de nos jours : au sens des enjeux du changement climatique sur notre planète. Ce poème les prend de front. En ne laissant de côté aucun aspect : ni physique, ni politique, ni imaginaire, ni économique, ni sensoriel.  Il essaie de faire ce que seul un poème, peut-être, peut faire, qui est de tenir ensemble des modalités de l’être qui sont tenues séparées.

â–º Dans cette épopée poétique/politique/satirique, Laurent Grisel montre les mécanismes météorologiques qui peuvent nous conduire à notre perte, tout en fustigeant aussi bien la répression d’un peuple d’Amazonie plein de sagesse, les Mundurukus, que la spéculation à outrance. Les mécanismes implacables sont traduits par ce genre d’enchaînement :

La lutte entraîne la répression
qui entraîne la lutte
qui entraîne la répression
qui entraîne la lutte p. 13).

Hansen (2007) insiste :
n’oubliez pas l’albédo flip
la fonte des neiges et glaces
assombrit les surfaces
les rayons du soleil sont mieux absorbés
ce qui réchauffe neige et glace
ce qui les assombrit
ce qui augmente l’absorption de la chaleur solaire
ce qui, etc. (p. 23).

Ces nombreux agencements répétitifs systématiques (ARS) confèrent au texte toute sa dimension tragique.

Laurent Grisel, Climats, Publie.net, coll. "L’Inadvertance", hiver 2015-2016, 88 pages, 9,50 €, ISBN : 978-2-37177-438-4. /FT/

Agenda printanier de Julien BLAINE

Les 24 & 25 mars, Cris et chuchotements à Paris École des arts appliqués Auguste Renoir.

En avril
Du 5 au 7  festival les  Excentricités à Besançon
Du 8 au 13 à Tokyo et à  Kamakura pour le 40e anniversaire du Doc(k)s spécial Japon  avec la revue Delta
À la galerie Jean-François  Meyer à Marseille du 15 avril à la fin du mois :
L’huitre & La pomme  de terre
Nous sommes dans la purée de 4 pommes de terre

En  mai                                                                                                            
Le 02 mai au foyer du théâtre municipal de Caen, présentation de  La Poésie à outrance
Le 03 mai : Café des images Films et  discussions sur La Poésie à outrance
Le 04 mai : La Nouvelle  Librairie Guillaume les revues avec André Chabin, Gilles  Suzanne et Yannick Butel.

La nuit des musées – La  notte del museo di Gap – The night in the Gap museum
au Musée-Muséum de  Gap : inoubliable r’assemblement !
le 21 mai  2016
Julien Blaine :
Une  girafe dans la neige
Spermato zoo  !

Libr-événements

â–º Du 22 au 26 mars, La Cave-Poésie René-Gouzenne (71, rue du Taur à Toulouse) : Cri & Co / En Compagnie des Barbares

Il est pourtant difficile de rester sérieux quand deux clowns, qui croient tout savoir, se mettent à vous faire un cours. Un rempart de livres est dressé entre les personnages et le public, et comme dans une guerre des tranchées, celui-ci est bombardé de citations, de recueils de poèmes. Le rempart devient un réservoir à poètes, une réserve de munitions et le public repart armé, avec une langue vivante revivifiée…

Avant le spectacle, En Compagnie des Barbares vous servira un apéritif surréaliste et dada.

Cadavres exquis, collages dada, et autres jeux littéraires iconoclastes seront proposés en amuse bouche. Ce sera l’occasion de préparer les spectateurs à Cri&Co, spectacle co-écrit, truffé de­ ­décollages, de citations de poètes morts et d’autres cadavres.

Distribution

D’après l’oeuvre de Christophe Maquet : Cri&Co publiée aux éditions du Grand Os

Avec : Denis Lagrâce et Karine Monneau 
Mise en scène : Sarah Freynet
Scénographie : Christine Solaï     
Lumières  : Clélia Tournay
Costumes : Kantuta Varlet
Accessoires : Karine Marco

â–º Jusqu’au 28 mars, exposition VAM : "Give me a reason", Galerie du Front de Taille (Saint-Maximin). Cette exposition tente d’embrasser la question du féminin à travers plusieurs séries évoquant des parcours intimes.C’est un travail de recherche, à la fois personnel et universel, sur la construction de l’identité et, de façon plus générale, sur les femmes dans nos sociétés actuelles.
Comment devenir soi-même en apprivoisant le regard de l’autre, en s’affranchissant des stéréotypes ? Comment trouver son équilibre lorsque libération et archaïsme se côtoient toujours dans notre quotidien ? Comment transcender la difficulté d’être d’un sexe à la fois vénéré et bafoué, honoré et humilié ?
Artiste française, VAM mène un travail engagé sur la condition féminine et met l’accent sur les distorsions entre libération et archaïsme, les contradictions entre l’émancipation apparente de la femme dans nos sociétés, et le poids des stéréotypes dans lesquels elle reste enfermée. Lauréate 2014 du concours d’Art Contemporain, catégorie photographie, de l’Espace Christiane Peugeot, Paris 17.

« GIVE ME A REASON »
Exposition de l’artiste VAM
à la Galerie du Front de Taille / Tél. 03.44.61.18.40. / culture@saintmaximin.eu.
Les 5 et 6 mars et du 16 au 28 mars 2016
Maison de la Pierre – 22 rue Jean Jaurès –  60740 Saint-Maximin
Les mercredi, samedi et dimanche de 14h30 à 18h

â–º Jeudi 31 mars, 19H30-22H30, Séance Qui-Vive n° 8, Ciné 104 (104, avenue Jean Lolive à Pantin – 93).

1. Hétérophonie Cinéma /Poésie : Judith Cahen, Masayasu Eguchi et Florence Pazzottu
2. Publicité du judo — "Cérémonie" de Rudolf di Stefano et Minh Sourintha
Interlude 1: "Disparaître…" de Jérôme Benarroch
3. Actualité de la poésie — "Les trois crânes" de Jérôme Benarroch
Interlude 2 : "Octobre, une invention de l’année 2015" de Jean Seban
4. Annoncer Hétérophonie 68
Entracte
5. Publicité des mathématiques — La notion de formalisation, éclairée par la théorie des modèles
Interlude 3 : "Duelle X" de Jérôme Benarroch
6. Actualité du Théâtre : "Le plaisir d’être honnête" de Pirandello par Marie-José Malis
Interlude 4 : "Décembre, une invention de l’année 2015" de Jean Seban
7. Musique sur écran noir — "Tombeau" de Pierre Boulez
8. Annoncer l’amour — "Ma nuit chez Maud" d’Éric Rohmer

â–º Du 7 avril au 7 mai, galerie Sophie (Paris), exposition d’Anne-Olivia Belzidsky, « Théorie des petits ensembles ».
VERNISSAGE LE JEUDI 7 AVRIL DE 17H à 21H

dessin . bijoux . sculpture . photographie
accompagnée par un écrit d’ Eric Michel.

EXPOSITION DU 7 AVRIL AU 7 MAI

Anne-Olivia Belzidsky,
Théorie des petits ensembles.

Au premier jour il y eut ce vidéogramme, cette apparition de sculpture-princesse dans ma vie.
Puis il y eut ce concert.
Enfin il y eut cette rencontre, rue des Carmes. Les regards qui s’expriment avant les mots.

A deux pas de l’internat de ma jeunesse, à deux pas du dojo que je fréquentais à mon retour du Japon.

La voie.
L’unique trait de pinceau.
Le centre de gravité d’une vie.
L’aleph.

Puis il y aura les échanges, les sons, les tourbillons de synchronicité.
La voix.
Juste là.

Et maintenant l’alchimie de l’encre et de l’or, la topologie des anneaux, des mailles, des courbes, des plis, l’infini des correspondances, des reflets, la mécanique des photons, l’éclat des pierres, le paradis des persistances rétiniennes.

Une nouvelle proposition: la Théorie des petits ensembles.

La voie.
Juste là.

Eric Michel, 2016

Galerie Sophie Etc, 2 rue Gambey, 75011

 

11 novembre 2015

[News] News automnales

Ce soir, un florilège de RV jusque début décembre : Laurent Grisel, William Marx, le salon de l’Autre livre, NEXT festival, Goria & Poyet, Sébastien Rongier, les éditions MIX…

 

â–º  Retour sur la rencontre au Bateau Livre du 30/10/2015, avec Christophe Manon et Stéphane Vanderhaeghe, grâce à la vidéo de Aurélie Olivier.
Précisons que le roman de C. MANON, Extrêmes et lumineux, vient de recevoir le prix Révélation de la Société des Gens de Lettres.

â–º Agenda de Laurent Grisel.

Le 24, paraît le poème Climats ; auparavant, le 18, réédition de Un Hymne à la paix (16 fois).
En mai dernier est paru 2006, premier volume du Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après.
Ces trois livres sont soit en édition papier (epub inclus) – à commander dans n’importe quelle librairie – soit en epub seul.
Le 13 novembre à partir de 18h00 et le 14 à partir de 14h00 Laurent Grisel sera au Bastille Design Center, 74 boulevard Richard Lenoir, Paris onzième, dans le cadre d’une exposition collective intitulé Chroniques ; Mirella Rosner a créé une sculpture-installation sur un texte extrait de 2006 ; l’auteur lira quelques extraits de ce livre.
Le 24 novembre à 20h00, il sera accueilli, en compagnie de Philippe Petit, par la librairie Tschann, 125 bd du Montparnasse, Paris sixième. Brèves lectures, questions, discussions.

â–º Jeudi 12 novembre à 18H30, Librairie Compagnie (58, rue des Écoles 75005 Paris), rencontre avec William Marx pour son dernier essai, La Haine de la littérature.

â–º Du 13 au 15 novembre, Le salon de l’Autre Livre à l’Espace des Blancs Manteaux (48, rue Vieille du Temple 75004 Paris).

L’Association L’Autre Livre vous offre, du 13 au 15 novembre 2015, la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens.

Le salon de l’Autre Livre, devenu depuis quelques années « le salon international de l’édition indépendante », est aussi l’un des rendez-vous incontournables d’échanges entre les éditeurs indépendants : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels.

â–º Du 13 au 28 novembre, NEXT festival autour de Lille Métropole (France/Belgique) : programme.

â–º Je digitalise comme un fou, 3.1 (lecture écrans performés) e|m|a|rencontre Chalon-sur-Saône [cf. image en arrière-plan]

Performance de Françoise Goria et Pascal POYET
18 novembre 2015 — 19h — Auditorium
ouvert à tous

Une « lecture écrans performés » est une table de travail. Un texte et un corpus de photographies sont mis en mouvement par leurs auteurs respectifs, par la lecture et la projection numérique. Ils ont d’abord été élaborés séparément. Lorsqu’ils sont diffusés simultanément (lorsqu’ils sont « performés »), les deux ensembles, mots et images, peuvent coïncider ou diverger. Chaque auteur-opérateur « réalise », au sens cinématographique du terme, deux phrases empruntées à Jacques Derrida : « Depuis longtemps, je dis qu’on écrit des manuscrits pour deux mains. Et je digitalise comme un fou. »
La performance publique est la dernière étape d’un processus de fabrication du sens.

â–º Samedi 21 novembre, Librairie du Cinéma du Panthéon (15, rue Victor Cousin 75005 Paris), rencontre avec Sébastien Rongier autour de Cinématière.

Le cinéma s’est nourri et se nourrit des autres formes artistiques. En s’imposant à la fois comme valeur culturelle et comme patrimoine, le cinéma devient lui-même une source d’inspiration et d’interrogation pour les autres formes artistiques.
Cinématière est un livre dense et passionnant qui interroge la place des images cinématographiques dans l’art contemporain et dans la littérature d’aujourd’hui. Le concept de "cinématière" est donc l’occasion d’étudier les relations entre cinéma et les autres arts, d’envisager les déplacements esthétiques et de repenser l’idée d’image à partir d’œuvres contemporaines.

Sébastien Rongier est écrivain et essayiste, membre du comité de rédaction du site littéraire remue.net.
Derniers ouvrages parus : Cinématière, essai paru chez Klincksieck en février 2015 et 78, roman paru en août 2015 chez Fayard.
A paraître : Théorie des fantômes. Pour une archéologie des images, essai paraissant aux Belles Lettres le 12 février 2016.

â–º Vendredi 4 décembre 2015 à 19H, Lafayette Anticipation (46, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnière 75004 Paris) : soirée pour les 10 ans des éditions MIX + tombola + présentation des nouveautés. Le ticket de tombola est à 65 € (édition Dieudonné Cartier + 3 ouvrages offert) et lots exceptionnels à gagner. Et en plus, le nouveau site est opérationnel !

28 décembre 2014

[News] News du dimanche

 En ce dernier dimanche de l’année, nous poursuivons notre Libr-2014 (sélection de livres parus en 2014 qui n’ont pas encore été recensés) ; mais auparavant, nos Libr-brèves (nouvelles du Net, de L. Grisel, de la Maison de la Poésie Paris)…

Libr-brèves

â–º – "Nous sommes tous des presqu’îles", FPS littéraire conçu par Stéphane Gantelet et Juliette Mézenc : le lecteur évolue en caméra subjective dans un environnement virtuel où lire/voyager fait gagner des points de vie. C’est donc un jeu vidéo d’un nouveau genre. Il n’est pas question ici de tuer des zombies (quoique, on y songe) mais plutôt d’arpenter un paysage, contempler, écouter ou lire des textes. "Nous sommes tous des presqu’îles" est une première étape d’un projet de FPS littéraire plus vaste qui s’intitule le Journal du brise-lames, en cours de création.

"Etant donnée de Cécile Portier". Cette fiction transmédia est une interrogation poétique sur nos traces numériques, qui prend la forme d’un projet artistique hybride : c’est une énigme à regarder jouer en performance scénique mêlant installations plastiques et multimédia ; c’est aussi une fiction  sur site web, où il est désormais possible de naviguer entre les textes, les « traces » des performances et installations, et bien d’autres dispositifs.
Il suffit de vous rendre sur le site et ensuite vous progressez dans l’œuvre en cliquant sur le petit bouton « plus », aussi simple, aussi sérieux, aussi grisant, aussi intelligent qu’un jeu d’enfant.

â–º RV à Paris avec Laurent Grisel. Le jeudi 8 janvier 2015 à 19H au CNL (53 rue de Verneuil), il donnera une lecture de Climats, un poème qui sera tout juste écrit, à l’invitation de Cécile Wajsbrot, pour le cycle du même nom. La lecture est présentée par Cécile Wajsbrot ; en réponse, elle lit un texte d’un auteur passé ou présent ; la soirée se termine par un échange entre toutes les personnes présentes. Le lieu n’est pas encore fixé…
Et le dimanche 11 janvier, à 15h00 à la Halle Saint-Pierre, à l’invitation d’Élodie Barthélémy ce sera une lecture de La Nasse. Dans un contexte très favorable à ce poème de discussion : une journée organisée par des artistes haïtiens sur leurs conditions de création et de diffusion. La lecture sera précédée d’un concert donné par Serge Tamas ; elle sera suivie d’un film sur l’artiste Guyodo, Grand Rue, Port-au-Prince ; ensuite, il participera à une table ronde avec Ronald Mevs, peintre, sculpteur, Eddy Jean Rémy, sculpteur, Ulysse Sterlin, historien de l’art haïtien et Serge Tamas.

â–º Lundi 12 janvier 2015, Maison de la poésie à 19H (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75 003 Paris) : Aurélien Barrau (astrophysicien), Hélène Cixous (écrivain) & Jean-Luc Nancy (philosophe)

Rencontre animée par Raphaël Bourgois, producteur à France Culture
Sur une proposition de Mathieu Brosseau

L’idée d’univers multiples apparaît comme une contradiction dans les termes. Pourtant, la science contemporaine, bien établie ou plus spéculatives, autant que les arts, leurs concepts et techniques, ouvrent aujourd’hui sérieusement cette possibilité. Dans ces autres mondes, non seulement les phénomènes, mais aussi les lois pourraient différer. Les représentations que nous avons aujourd’hui des mondes multiples ne peuvent que redéfinir ou réinventer nos perceptions sensorielles, comme notre réception fantasmatique d’un tel ailleurs selon un nouvel imaginaire riche d’emboîtements de mondes et de réalités à découvrir. Aujourd’hui, une nouvelle strate de diversité radicale se dessine pour nous, dans les possibles. Et la chose est jubilatoire.

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À lire : Jean-Luc Nancy, Le Philosophe boiteux, Franciscopolis / Presses du réel, 2014
Aurélien Barrau, Des univers multiples. À l’aube d’une nouvelle cosmologie, Dunod, 2014
Hélène Cixous, Ayaï ! Le cri de la littérature, Galilée, 2013

 

Libr-2014 /FT/

â–º Jean-Jacques Viton, Ça recommence, avec trois images de Marc-Antoine Serra, P.O.L, décembre 2014, 96 pages, 9 €, ISBN : 978-2-8180-2162-0.

"on s’attaque aux représentations de l’enfance
compare soupèse scrute les souvenirs" (p. 23).

Qu’est-ce qui recommence ? Le flux d’images, imaginaires et/ou remémorées – qui donnent parfois "une illusion de paysages mêlés". Contre l’oubli : "mes morts   les miens   ne repoussent nulle part".

Qu’est-ce qu’un poète ? Précisément, celui qui a "une vision de la vie" et "tente des équivalences", celui qui s’appuie sur "des pierres d’évocation"…

 

â–º Victor Martinez, À l’explosif, éditions de la Lettre volée, Bruxelles, 116 pages, 17 €, ISBN : 978-2-87317-427-9.

"Voici venir le temps de la forme directe" (p. 107).

Pour Victor Martinez, la poésie est "langue au travail", art des raccourcis… Poésie : "différences par niveaux de silence indistincts"… Travail à l’explosif : "détonateur logique   enchâsse des propositions étales autant que contrariées. dispositifs parcourent les surfaces lisibles, dystonies chassent sur l’agrégat"…

 

â–º Nioques, n° 13, automne 2014, 288 pages, 23 €, ISBN : 978-2-9541241-2-4.

L’aventure continue pour Nioques, qui maintient « l’exigence de l’expérimentation formelle, de l’intervention restreinte ou oblique, de la résistance passive "à voix intensément basse", de l’investigation objective, de pratiques aussi littéralement présentes que possible à ce qui nous entoure. »

De cette treizième livraison, on retiendra le "Spinoza in China" de Marc Perrin et les singulières "Bêtes noires" de Daniel Cabanis, auteurs que les lecteurs de LC connaissent bien maintenant ; le journal critique de Jacques-Henri Michot, dont le titre est emprunté à Beckett ("Terre ingrate mais pas totalement") ; le texte sur l’argent de Christophe Hanna, qui se situe ici aux antipodes de Tarkos, entamant un travail autobiographique par une enquête sur ce sujet tabou…

24 novembre 2013

[News] News du dimanche

Ce soir, une UNE exceptionnelle, avec un texte de Claude Favre en écho à celui de Fred Griot paru dimanche dernier, "Je ne me tairai plus". Suivent des Libr-événements à noter : Lionel Marchetti à Metz ; Pascal Bavencove, Jérôme Leroy, Gérard Streiff et Fabrice Thumerel à Lille ; Laurent Grisel à Fontenay-sous-Bois.

 

UNE : Claude Favre, "Je ne me suis jamais tue", en écho au texte de Fred Griot

Je ne me suis jamais tue, combattant dès l’enfance et l’adolescence les peurs qui mènent les hommes, qui les font se regrouper en se pensant forts à humilier, nier, faire souffrir un autre, tête de turc on disait, c’était souvent vouloir faire mal. J’ai croisé, côtoyé au sein de foyers dits d’accueil de jeunes gens sensibles, parfois courageux, parfois lâches,  qui deviendront légionnaires, ou nazillons, des adolescentes parfois gaies, parfois cruelles, jalouses de tout qui ne pensaient qu’à être mères, des adultes menés par les trouilles, la peur surtout d’être libre, le besoin apeuré de confort, la peur de vivre, de mourir, de laisser sa place aux autres, et me suis battue à en recevoir des coups, à voler de la nourriture pour des petites camarades terrorisées et finir à la cave, souillée, à faire l’objet d’un viol collectif de "représailles", à ne jamais me taire devant la moindre injustice, qu’elle me concerne ou pas, c’est-à-dire à faire que mes actes soient en conformité avec mes paroles, sinon nos exaltations ne sont que pommade pour belles âmes. Je n’ai pour ma part plus d’âme, juste un corps foutu, et grand merci une grande gueule qui demande solennellement, afin que nous puissions oser faire des enfants, soi-même ne pas rejeter l’autre parce qu’il y a désaccord, incompréhension, fatigue, ne pas nier l’existence de quelqu’un (je l’ai vécu à ma petite échelle par rapport à l’histoire sans nom des terreurs, exterminations, ce n’est rien à côté, incomparable, juste pour moi un rappel jour et nuit d’un devoir de justice, en étant rejetée, battue, oubliée, affamée, humiliée, violentée, déshumanisée  puis plus tard niée dans mon travail pour m’escrimer bien sûr maladroitement à dire ce que je fais et faire ce que je dis. J’ai trouvé dans le monde poétique les mêmes sentiments malsains, peurs, jalousies, mesquineries, méchancetés, lâchetés, prétentions, et négation de l’autre (dans sa forme seulement amorcée mais…), aussi solennellement je demande pour avoir encore envie de faire partie de l’humanité, pour pouvoir croire en ces mots que nous disons tous en ces heures malsaines, que nous nous tendions la main, Fred, sans justifications, sans reproches, peut-être même avec le sourire, pour ne pas commencer nous-mêmes par exclure, au-delà des mots d’altérité, d’empathie, sans prétendre recoudre le tissu déchiré de l’amitié, juste par humanité. J’ai longtemps pensé ne pas faire partie de l’humanité, tu le sais mieux que personne, et je te prie de m’excuser de te l’avoir dit mais je te l’ai dit parce que tu disais être ma famille, et j’excuse tout pareil ton attitude. Je connais par mon histoire personnelle, et aussi familiale, ce qu’est résister, survivre, réchapper à l’horreur, résister à en mourir s’il le faut à ce qui ose sans scrupules se vomir à nouveau aujourd’hui. Je préfère m’exclure volontairement de notre mauvaise humanité que d’y contribuer même petitement. Bonjour Fred, je continuerai à te lire, à soutenir ton travail comme je l’ai toujours fait. Nous ne sommes plus amis, nous ne nous comprenons pas toujours, mais nous sommes tous les deux des frères humains. Bonjour et belle vie à toi.

Libr-événements

â–º Vendredi 29 novembre 2013 à 20H, Librairie Geronimo, 2 Rue Ambroise Thomas, 57000 Metz.

 

Performance de Lionel Marchetti à la librairie Geronimo (Metz). – partenariat avec l’association Fragment – Metz.
tél : 03 87 74 48 01
entrée libre
LIONEL MARCHETTI
Lionel Marchetti textes, voix, revox

Lionel Marchetti dont on connait le travail de compositeur de musique concrète, d’improvisateur musicien et d’écrivain essayiste sur l’art des sons, écrit depuis toujours des poèmes même si très peu sont édités sur papier à ce jour (cf. revue en ligne lampetempete.fr pour des versions en édition numérique). Après avoir écrit de longs recueils comme Les fleurs tombent ou encore Cahier Japonais, il travaille actuellement à un Livre des falaises (journal du musicien), recueil d’une centaine de poèmes tirés tant de ses carnets et journaux que de ses pérégrinations lors de ses tournées musicales.
Quelques fragments du Livre des falaises seront lus ce soir et mis en son sous forme d’une performance live électronique et acoustique.
Photographe : Alexandra Lebon
POEMA est impulsé par Sandrine Gironde.
Coordination : Sandrine Gironde (Cie l’escalier), Marie-Noëlle Brun (Cie Vents d’Est), Anne-Margrit Leclerc (Compagnie du Jarnisy).
Chargé de mission Médiathèques et BDP : Franck Doyen
Gestion de la communication Internet : Yannick Torlini
Contacts : S.Gironde – 06 63 14 52 70 / cieescalier@free.fr
Site internet : cie-lescalier.com

â–º Rencontres Écrits du peuples, écrits du Nord

L’association Espace Marx organise le samedi 30 novembre les Rencontres "ECRITS DU PEUPLE – ECRITS DU NORD", au 6 bis rue Roger Salengro à Hellemmes (accès Métro : Ligne 1 – Station Marbrerie)

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Au programme : Lecture, Ecriture, Création littéraire d’inspiration sociale.
Avec la participation de romanciers, nouvellistes, essayistes, poètes, chercheurs universitaires, et autres "passeurs-médiateurs" de l’écrit

– 10h-10h30 : Ouverture des rencontres par Jacques Roillet, président d’Espace Marx et allocution de Jérôme Leroy, écrivain, parrain de l’événement.
– 10h30-12h30 : rencontre-débat, "Quel travail !? Les représentations du travail en France dans les récits contemporains".
Avec Fabrice Thumerel, Université d’Artois (Arras), spécialiste en sociologie de la littérature contemporaine.

Que les représentations du monde du travail dans la littérature française soient historiquement et politiquement marquées ne sauraient étonner. Ainsi l’effacement progressif, au cours du XX° siècle, de la centralité d’une classe ouvrière organisée et solidaire, identifiée comme telle dans la vie sociale, est allé de pair avec la reconquête par les acteurs d’un capitalisme managérial, quelle que soit sa crise, d’une hégémonie idéologique dont les termes "concurrence", "compétitivité", "efficacité", "performance" sont devenus les maîtres mots. Si les acteurs anciens du travail sont peu à peu devenus invisibles, la question du travail reste une donnée sociale, économique et politique majeure. "Rien d’étonnant" donc, selon Fabrice Thumerel, "à ce que l’on puisse déceler une homologie entre, d’une part, les mutations économiques et socioculturelles, et, d’autre part, les nouvelles formes d’écriture du travail", quels que soient par ailleurs les labels choisis pour en rendre compte.

– 12h30-13h15 : Poursuite de la discussion avec les intervenants et auteurs. Dédicaces.
– 13h15-14h30 : Pause-repas.
– 14h30-16h30 : Table ronde "Les passeurs de parole et médiateurs de l’écrit – Richesse et diversité des expériences de terrain", animée par Ricardo Montserrat, écrivain et auteur dramatique, et Laurence Mauriaucourt, journaliste à L’Humanité, avec la participation d’associations d’éducation populaire et de solidarité, d’animateurs d’ateliers d’expression orale et écrite…
– 16h30-17h: Pause dédicaces.
– 17h-19h: Débat "Le Roman noir – littérature de contrebande et de subversion ?"
Avec Gérard Streiff, auteur de "polars" et Jérôme Leroy, écrivain, animé par Pierre Gauyat, auteur de "Jean Meckert, du roman prolétarien au roman noir contemporain" (Encrage, 2013), et Pascal Bavencove, écrivain et militant syndical.

â–º La médiathèque Louis Aragon organise plusieurs événements autour de Charlotte Delbo, en coopération avec le collectif d’artistes La Fonderie. C’est dans ce cadre que Laurent Grisel est invité à faire une lecture samedi 30 novembre (Médiathèque Louis Aragon 2, avenue Rabelais 94120 Fontenay-sous-Bois).

La lecture commence à 15h00. Venez un peu avant ; vous aurez ainsi le temps de voir plusieurs grandes toiles de Judith Wolfe accrochées dans la médiathèque.

6 décembre 2012

[News] Hivernales littéraires…

Voici quelques rendez-vous à ne pas manquer en cette première quinzaine de décembre : Lectures de Julien Blaine à Marseille, de Laurent Grisel et L.L. de Mars à Suresnes ; rendez-vous avec Fluxus à Paris ; rencontres sur John Cage à Marseille (Alphabetville), autour de "Ce que la littérature sait de l’autre" à la Sorbonne et de la revue Action poétique à Databaz (Angoulême).

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16 mai 2012

[Chronique] Laurent Grisel et L.L. de Mars, Les Misères et les Malheurs de la guerre

Les Misères et les Malheurs de la guerre, d’après Jacques Callot, noble lorrain, texte de Laurent Grisel et dessin de L.L. de Mars, éditions ION, Angoulême, 2012, 40 pages, 9 €, EAN : 978-291-934-706-3.

Laurent Grisel et L.L. de Mars – dont on gagnera à visiter les sites : Le Terrier et Imagine3tigres) – font œuvre singulière à partir des 17 eaux-fortes (outre celle du titre) que Jacques Callot a réalisées en 1633 pour donner à voir – plutôt que condamner à proprement parler – les horreurs de la Guerre de Trente Ans : "L’Enrôlement des troupes" ; "La Bataille" ; "La Maraude" ; "Le Pillage" ; "Dévastation d’un monastère" ; "Pillage et incendie d’un village" ; "Vol sur les grandes routes" ; "Découverte des malfaiteurs" ; "L’Estrapade" ; "La Pendaison" ; "L’Arquebusade" ; "Le Bûcher" ; "La Roue" ; "L’Hôpital" ; "Les Mendiants et les Mourants" ; "La Revanche des paysans" ; "Distribution des récompenses".

Dans l’interview qu’il a donnée à Remue.net, Laurent Grisel confie qu’il voit « dans les gravures de Callot une tension entre rationalité et "passion", selon le mot cartésien, pas du tout un pamphlet pacifiste comme on le dit généralement. » Et d’expliciter sa démarche : "Je considère chaque gravure comme un jardin suspendu à des points significatifs de l’horizon, hors-champ ; chaque poème est écrit selon un des parcours possibles dans cet espace […]. Dans les poèmes, le rôle du hors-champ est tenu par le futur – qu’il soit proche, le cœur de la mêlée visé par le cavalier ou qu’il soit le futur étendu des générations se succédant dans le balancement des pendus."

Découvrons ce curieux objet transgénérique et transhistorique qui, rabats ouverts, nous délivre son fil rouge : tambours ! [Merci à Hervé Boedec, historien d’art, pour son point de vue avisé]

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