Libr-critique

9 octobre 2007

[Polémique] Réponse de Sylvain Courtoux à Pierre Le Pillouër

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 8:37

band-courtoux.jpg [Suite à l’attaque, virulente et injustifiée de Pierre Le Pillouër sur son blog, Sylvain Courtoux nous a transmis une réponse, faite avec beaucoup d’humour. Sa réponse est un visuel. Pour bien le lire, cliquez sur l’image, elle s’agrandira automatiquement.
De plus, on se reportera — comme on me l’a rappelé — pour comprendre aussi, en quel sens Pierre Le Pillouër défend l’obscurité poétique, l’illisibilité, une certaine forme de folie, aux raisons qui l’ont poussé à justifier la non-aide du CNL au livre de Ivar Ch’vavar Cadavre Grand m’a raconté, que beaucoup de lecteurs, dont je fais partie, ont par ailleurs trouvé remarquable. Pièces du dossier et conversation sur le site Pleut-il : ici. On lira alors pour se nettoyer de la bêtise argumentative littéraire qui a conduit à cette non-subvention, l’article de Ronald Klapka sur remue.net qui éclaire ce travail de Pierre Ivart ou bien celui de Nathalie Quintane ou encore cette présentation de Dominique Dussidour présentant l’auteur et ses hétéronymes.]

cliquez sur l'image

20 juin 2007

[Chronique] Chair jaune de Federman et sa craduction de Le Pillouër

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , — Philippe Boisnard @ 7:53

[Lire la présentation générale de Chair Jaune]
Ce livre n’en est pas un, ou plus précisément, n’étant pas rien, il s’agirait davantage de parler de deux livres, ou bien du parasitage d’un livre, d’une tentative de traduction d’un livre, s’immisçant dans celui-ci, l’original. En effet, alors que l’unité livre définit aussi bien l’original (dans la langue de l’auteur) que sa traduction (diffusion dans une autre langue), ou bien encore une édition bilingue, ici la traduction s’invite à l’entrecroisement du texte original, s’invite avec bruit, au point de briser l’unité du texte de Federman, d’en venir déranger son sens, de le re-indexer à d’autres horizons, d’autres propos. Cette traduction tient davantage d’Hermès que de la rationalité objective, davantage de liaisons post-lacaniennes ou potaches que de l’effort d’adéquation.

Chair jaune de Federman est entrecoupé par la craduction, de Pierre Le Pillouër qui parasite le texte original, se jouant de lui, car, de fait, étant dans une certaine correspondance avec l’intensionnalité littéraire de Federman, aimant à carnavaliser les mots, à les tordre les faisant passer aussi bien au prisme de l’argot que dans les possibilités d’anamorphoses des jeux poétiques, il invente des lignes de compréhension improbables, qui peuvent même parfois interroger le texte d’origine, et non pas seulement se tenir dans une distance.
Qu’est-ce que cela donne à première vue ?
Des montages amusants : ainsi le poème The problem with verbs, devient Le problème avec l’Herb‘, s’ensuit un jeu de reflet phonétique dans lequel Pierre Le Pillouër s’engouffre avec jubilation.
Des montages interprétatifs : Cannibal Love devient Qu’animal gobe :

[Federman]
This morning
I saw two lovers
in a garage
devoring
each other’s mouth

[Le Pillouër]
Qui mord sniffe
l’assaut tout pervers
dans un garage
de deux veaux
se bouffant la bouche

On perçoit à travers cet exemple, en quel sens il y a détournement de ce baiser dévorateur des deux amoureux en une forme de baiser de deux veaux, terme non point laudatif, mais plutôt critique. La craduction est alors à comprendre comme une forme de liaison où la part de l’imaginaire linguistique du craducteur est aussi importante que la part rationnelle et proprement linguistique. Mot valise formé de crader et de traduction. Art de la méta-phore dans la trans-duction. Tout passage d’une langue à l’autre altère selon le prisme de celui qui interprète, qui reli[t/e]. Qu’est-ce qui peut être entendu lorsque l’autre s’exprime ? Il s’agit alors de prendre les textes de Federman, selon Le Pillouër, selon la profusion des possibles permis au niveau de l’instance de la lettre, d’un inconscient de la langue.
Être crade, crader, c’est mettre de la crasse sur quelque chose, c’est introduire une forme d’altération, de corruption. Cela vient de crassus : gras.
Et cette craduction est bien, aussi, grasse. Si certains jeux de mots sont pour le moins subtils, voire productifs de sens, il est certain que d’autres sont davantage graisseux voire même potaches. Alors que pour une part, la craduction obéit à la mobilité en écho indiquée dans le poème Residu A, et s’offre comme possibilité de réinvention phonétique et sémiotique de l’original en langue anglaise, une autre part apparaît comme jeux de mots un peu gratuits, qui feront sûrement rire les amateurs de calembours ou bien d’associations automatiques post-lacaniennes (telle la craduction de Victory en Vis ton risque et ce qui en découle).

Ainsi, deux livres se présentent, qui pourtant sont liés. Cependant se pose la question de savoir si ce travail de Le Pillouër ne vient pas masquer les textes de Federman, devenant plus prégnant que ceux-ci, en en vampirisant la force dans la recréation proposée. Je ne répondrai pas. Chaque lecteur se fera son opinion.

[Livre] Chair Jaune De Raymond Federman, craductions de Pierre Le Pillouër

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 7:40

federman-lepillouer.jpgRaymond Federman, Chair jaune, craductions de Pierre Le Pillouër.
éditions Le Bleu du Ciel, 56 p., ISBN : 978-915232-42-4, 10 Euros.
[site de l’éditeur]
4ème de couverture :
Souvenez-vous, lecteurs : avant la parution de ce bref volume, les traducteurs les plus éminents suaient sur leurs brouillons des jours durant. La quadrature qui les tenait enfermés n’avait pas encore été résolue par Pierre Le Pillouër. Désormais, on peut à la fois passer, dans une même traduction, sens et son. Prenant à la foi littéralement et (psych)analytiquement les poèmes graves et gais de Raymond Federman, Le Pillouër bouleverse l’acte de traduire sans pour autant dynamiter le traduit. Baltasar Gracian proposait en son temps, un modèle baroque de citation du texte classique : on pouvait résumer, rajouter un mot ou (pourquoi pas) une phrase.
C’est ici un modèle baroque de « craduction » qu’on voit à l’oeuvre.
Un précis d’humour aussi.
Nathalie Quintane.
[Lire la chronique]

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