
Demain paraît en librairie le dernier roman de Christian Prigent, Les Enfances Chino (P.O.L, 576 pages, 23 €), dont on trouvera ci-dessous la présentation éditoriale. [Ecouter ce qu’en dit l’auteur dans une vidéo de plus de 16 mn]
Fin des années 1950. Une petite ville bretonne, bourgeoise au cœur, industrieuse à ses
marges, rurale dès ses franges. Le jeune garçon Chino, descend dans un tableau de Goya : Les Jeunes. Ses figures fixes s’animent. Puis celles d’autres Goya croisés au long du parcours. Entre les lavandières posées au fond du décor et les deux filles debout sur la colline d’en face : 2 km, une demi-journée, 576 pages. Le rideau tombe juste avant que le monde ne bascule dans la nuit derrière le coteau : voici venir l’adolescence.
Entre temps, Chino aura engendré des doubles de lui-même : Fanch, Broudic, Pilar. Tempêtes sous ces crânes. On rumine exploits sportifs, idylles sucrées, cochonneries et forfaits. Traverses bucoliques, zones urbaines indécises, climats plus ou moins pourris. Nombreuses rencontres : harpyes, diables, fées, lutins, saints, âmes en peines, vieilles tordues, chiens qui parlent, jardiniers ivrognes et fillettes appétissantes. Démêlés avec la parentèle, cauchemars, ruminations sentimentales, violences aux animaux, pensées obscènes, deuils, controverses sur l’école, la société, le sexe. Bribes de prise de conscience politique : l’Histoire surgit sur des plaques de rues, des tombes, dans des rumeurs radiophoniques. On tente de voir un peu moins obscur le monde alentour. Et peu à peu, dans l’inachevé de l’enfance, coagule l’achèvement « adulte ».
En avant-première, voici une litanie de l’enfant ou des enfants/enfances, intitulée "Blues de l’enfant plié en quatre", qui constitue le 26e chapitre.