TINA, There is no alternative — Littératures, n°1, ed. è®e, 190 pages. ISBN : 978-2-915453-58-5. 10 € [blog TINA].
6 novembre 2008
[Revue] TINA n°1
10 mai 2008
[Revue-chronique] Inculte, # 15
Inculte, revue littéraire et philosophique bimestrielle, # 15, 192 pages, 8,50 € ISBN : 978-2-916940-05-2 [voir le site des éditions Inculte : http://www.inculte.fr].
25 mars 2008
[Chronique] Un lieu libre et critique : La Revue Internationale des Livres et des Idées
Libr-critique ne peut que saluer une entreprise qui, créée en octobre dernier, commence à prendre forme.
La Revue Internationale des Livres et des idées est née du même constat que Libr-critique : dans les domaines artistiques et intellectuels, le désinvestissement des médias – y compris spécialisés – et la quasi-inexistence de lieux véritablement libres et critiques. Autre point commun, la défense d’une critique autonome et rigoureuse qui, se gardant de la publicité comme de l’impulsivité, se fonde sur la notion de valeur, avec pour objectif dans l’évaluation d’une oeuvre celui de "jauger l’importance de sa contribution au champ" dont elle fait partie.
21 janvier 2008
[revue + chronique] Action Restreinte n°9
Revue Action restreinte n°9 — thème (entre parenthèse). premier semestre 2008, ISSN 1638-7473. [site de la revue]. Prix 12€50.
6 décembre 2007
[Revue + chronique] Contr’UN n°1
Contr’Un, La revue des individus au carré, revue annuelle n°1, Marx, Jouffroy, Novalis, Machiavel, ed. Le grand souffle, 222 p. // ISBN : 978-2-916492-40-7 17,5 € // [site des éditions]
[4ème de couverture]
"La singularité est par essence nomade, mobile, toujours susceptble de modifier sa position sur la carte. Nomade, la singularité est libre de ses mouvements puisque, étant à égale distance des autres, aucune affinité ne préexiste qui serait susceptible de déterminer a priori l’agencement dans un sens ou dans l’autre. Il en résulte que toute multiplicité est frappée en son coeur même du sceau de la contingence : sa forme n’est guère nécessaire, mais résulte de l’agencement spontané et toujours modifiable des singuarités. Chaque multiplicité pourrait ainsi être pensée comme un Sahara, dont la carte serait, toujours à refaire au gré des sables…" Mireille Buydens, Sahara, l’esthétique de Gilles Deleuze.
Contr’un, comme un sahara, fait jouer aux singularités la carte de la multiplicité.
Toujours refaire la carte au gré des sables qui la constituent.
Le carré distribue les cartes du jeu en cours. Juxtapositions.
Le gué découvre la donne pour quelques parties possibles, individuations.
La partie individuo-logiques forge le coeur vivant des individualismes en jeu. Manifestations.
"Il est temps de brancher toutes les pensées les unes sur les autres"
Alain Jouffroy
[Présentation]
[Cette présentation sera suivie d’un entretien avec Alain Jugnon, que nous publierons prochainement]
Les premières pages font immédiatement écho à la citation de Mireille Buydens qui concerne Deleuze. Après des exergues de Cioran, Philippe Lacoue-Labarthe ou Antonin Artaud, un texte signé d’Alain Jouffroy et d’Alain Jugnon, vient offrir un horizon à la revue : la question de la constitution de l’individu, comme force de résistance : "tout individu peut apporter un trouble, une inquiétude, une joie, une ouverture inattendue sur tout".
Cette revue se donne comme un lieu d’ouverture et de résistance, non pas en vue d’une communauté, d’un collectif ou d’une contre-idologie,mais dans l’agencement éphémère de ses textes. Alain Jugnon qui la dirige, poursuit là, en quelque sorte, ce qu’il avait initié, chez le même éditeur : 22 avril, ceux qui préfèrent ne pas. Ainsi il écrit : "la revue Conr’un aime les individus libres : elle prend le titre qui lui faut pour donner de l’espace et du jeu à la liberté individuelle. Elle respire et vit son opposition radicale aux faux-monnayeurs, marchands de l’un, de l’unique, de l’unicité, contempteurs du corps et de la vie elle-même".
Les quatre auteurs choisis ne sont pas alors anodins. Ils viennent participer, chacun à leur époque, et chacun selon leurs textes, à cette question de l’individu. Chacun de ces auteurs est une ligne de fuite de la singularité face au monde, ligne de fuite qui s’est construite selon des particularités à comprendre, à remettre en jeu tout à la fois théoriquement et littérairement.
Quatre auteurs : Marx, Novalis, Machiavel, Jouffroy. Le dossier se concentre surtout sur Alain Jouffroy, avec plusieurs articles qui lui sont consacrés : Demain joueur d’Alain Jugnon, La poésie impensable de Jean-Michel Goutier, Une voile où le vent souffle de Malek Abou et Passage Jouffroy de Philippe Sollers. En parallèle de ces articles, deux inédits de l’auteur. Françoise Dastur, consacre un très bel article à Novalis et à son rapport à la pensée orientale notamment la Shakuntala. Très référencé et précis, et c’est une joie de lire de nouveau Françoise Dastur. Suivent deux articles sur Marx, l’un de Daniel Bensaïd et l’autre de Jean-Clef Martin qui essaie de montrer, en analysant la question de la production de valeur chez Nietzsche et Marx, en quel sens ce qui chez eux est ouverture à la singularité de l’existence, s’est transformé, dans un système marchand en un fétichisme démocratique : "On comprendra sans doute par là, que la philosophie des valeurs, soumise à l’économie, ait engendré dans le monde moderne, un certain conformisme, des rengaines et des aliénations qui ne sont nouvelles qu’en apparence, tandis qu’elle trouve chez Nietzsche et sous une autre forme chez Marx, le sens créateur d’une affirmation de l’existence selon sa force maximale, un point de vue supérieur, une évaluation plus large que n’importe quel système économique" (p.72). Pour finir le dossier sur le carré d’auteur, deux articles sur Machiavel. Le premier d’Alain Brossat est une analyse passionnante de la pensée machiavelienne à partir du prisme de l’antagonisme et de la création des institutions de la Rome antique, selon le Discours de la première décade de Tite Live. Alain Brossat, qui s’intéresse particulièrement à l’articulation entre les classes politiques, telle la figure de Diderot de Jacques Le Fataliste, montre que Machiavel lorsqu’il déconstruit la concorde de la Rome antique, loin de poser en fondement de celle-ci une bonne institution, comme cela pourrait être le cas avec Solon pour Athènes qui révolutionne la politique héritée de Dracon, il met en lumière que c’est l’antagonisme de classe entre ls nobles et la plèbe qui a amené le système sénatorial à prendre des décisions permettant d’établir celle-ci : "C’est sur ce formidable paradoxe que va insister sans fin Machiavel : le caractère unique du destin de Rome, de la grandeur romaine, est à rapporter à cette permanence de l’indice de la division, d’absenc d’homogénéité du corps social et du corps politique ou civique romain."(p.75). Le deuxième article de Christina Ion interroge la pensée politique de Machiavel, comme lieu d’énigme, comme lieu d’une inquiétude constante du politique, du fait que cette pensée s’inscrit dans la prise de conscience que de politique il n’y en a que dans un contexte historique déterminant et non reproductible.
Vient ensuite la partie Gué, ou encore contretextes. Un peu inégal quant à la qualité des textes littéraires qui sont présentés. Je retiendrai pour ma part le très intéressant texte hyper-narratif de Bertrand Bonello : [american music]. En effectuant un travail de synopsis, Bertrand Bonello nous fait entrer dans un univers de gémellité , où deux Vincent, A et B, tout à la fois opposés et complémentaires, vont se lier. Le déroulé, proche d’une boucle panique, mêle avec intelligence l’absurde et les données politiques et économiques contemporaines.
La dernière partie de la revue, partie "individuo-logiques", est consacrée à des pensées singulières. On retrouvera Michel Surya avec un inédit, qui est analysé par Alain Jugnon, et une pertinente réflexion de Luis de Miranda consacrée à l’immanence une vie de Gilles Deleuze.
A la lumière de ce que nous venons de présenter, il est indéniable que Contr’Un est une revue de très grande qualité au niveau de la réflexion. Après la Soeur de l’Ange qu’Alain Jugnon a co-dirigé avec Mathieu Baumier, Contr’Un, radicalise la démarche en direction de la pensée individuelle et de ses configurations possibles. Avec un rythme annuel, elle devrait conserver à chaque numéro cette qualité d’intervention. A suivre donc, prochaine livraison en 2008.
29 novembre 2007
[revue] Carbone n°4
Carbone n°4, CONTAMINATIONS, éditions Le mort qui trompe, 124 p. ISSN : 1953-681X // ISBN : 978-2-916502-05-2 // Prix : 8 €. [site des éditions]
27 septembre 2007
[Revue-chronique] Fusées, n° 12
Fusées, n° 12, Carte Blanche [29, rue Gachet 95430 Auvers-sur-Oise], septembre 2007, 120 pages, 15 € ISBN : 978-2-905045-48-5
[Site]
Le dernier numéro de Fusées arbore un pavillon vélocipédique : la photo de Paul Pouvreau est à l’image de la revue, décalée – pour ne pas dire déjantée.
Le vélo, qui, pour Jarry, est « un prolongement minéral de notre système osseux », c’est bien comme littérature, non ?
Au reste, le projet fustérien est éminemment jarryque : refusant de « ne tenir compte que de l’activité d’un organe arbitrairement choisi entre tous les organes, le cerveau », il entend nous plonger dans un capharnaüm un peu kitch qui fait un sacré barnum ! Fusées se devait donc de mirlitonner un peu : les dessins de Jean-Marc Chevallier, Daniel Dezeuze, Serge Lunal et Jean-Louis Vila accompagnent les vers mirlitonesques de Christian Prigent.
☛ Rétropédalage : Fusées, c’est la revue qui refuse « l’usiné usé » (1)…
☛ Mathias Pérez, son directeur, pédale dur : peu après le dossier que la revue Il particolare lui a consacré (voir ma chronique du 14/09), il organise à l’Atelier-Véritable (7, rue du Marché Popincourt 75011 Paris) une soirée pétaradante le 26 octobre (avec présentation de ce numéro 12, précédée des lectures de Jacques Demarq et de Christian Prigent), qui sera suivie de l’exposition de ses dernières oeuvres (27 octobre-3 novembre). Bon coup d’accélérateur pour lancer le changement de vitesse : Fusées devient bi-annuel !
☛ Sport, morale,etc.
« Imaginez donc la rencontre d’une boîte de conserve et d’un crustacé, tous deux rivalisant de vitesse dans une course de côte, puis pariez quant à la longévité qu’indique pour chacun la date de péremption. Moralité : quel que soit son emballage tout finit par se gâter sauf si les mots viennent manger le temps dans la main du sujet
en se moquant de l’identité comme de la spécialité. Conséquence : mieux vaut s’investir dans une revue que dépenser son énergie dans la compétition et la rentabilité » (Préface de Bernard Noël).
À bon entendeur salut !
De cette livraison plus bigarrée que d’habitude, on retiendra encore et surtout
le dossier sur Oskar Pastior (1927-2006), dans le travail duquel Christian Prigent voit une tension entre oulipisme et carnavalesque et dont on lira avec intérêt les poèmes traduits, ainsi que la flamboyante BD de L. L. de Mars, « Quelques prières d’urgence à réciter en cas de fin des temps »…
(1) On pourra lire mon article « Fusées, une revue moderne », La Revue des revues, n° 34, 2004, pp. 99-106.
23 septembre 2007
[Revue-chronique] Europe, Dossier Blanchot/Volodine
Europe, n° 940-941 : « Maurice Blanchot/Antoine Volodine », août-septembre 2007, 384 pages, 18,50 € ISBN : 978-2-351-50009-5
On ne peut que saluer le dernier numéro d’Europe, que l’on peut placer à l’enseigne du déshumain (Pierre Fédida) : les planètes Blanchot, Volodine et Kafka nous invitent en effet à sortir de l’humain pour en explorer l’être-autre. Les trois figures marquantes qui jalonnent cet itinéraire anthropoclaste constituent les principales entrées d’une livraison avoisinant les quatre cents pages : le Dossier Maurice Blanchot, le plus important (quelque 190 pages encadrées par Evelyne Grossman), précède celui sur Antoine Volodine (52 pages coordonnées par Frédérik Detue et Anne Roche) et la longue étude de Marc Weinstein, intitulée « Le Monde et l’Immonde. La dém(arist)ocratie de l’être selon Franz Kafka » (50 p.), qui vient clore logiquement le diptyque puisque les deux premiers auteurs s’inscrivent en droite ligne de Kafka.
L’une des tâches de la critique étant de reconsidérer périodiquement une oeuvre en fonction des mutations que connaissent les champs de production et de réception littéraires, la réouverture du dossier Blanchot (1907-2003) est la bienvenue, quatre ans après sa mort. Indépendamment des « ferventes célébrations » ou du « retour d’anciennes polémiques » (p. 3) suscitées par le centenaire de sa naissance, il s’agit d’abord ici de mettre en pratique l’aphorisme derridien, « C’est grâce à la mort que l’amitié peut se déclarer » : loin de toute complaisance, la perspective choisie consiste à tendre vers un être-avec la part inventive, étrange et étrangère propre à l’écrivain et critique. D’où le recours à une démarche endogène, empathique ; ainsi, contrairement à l’approche poéticienne qui fait du texte un objet de savoir, Christophe Bident invoque-t-il une lecture subjective qui fait prévaloir « la qualité d’une expérience » (102).
Pour ce qui est de la réévaluation, il se pourrait que Thomas Régnier ait raison : « Il se pourrait pourtant que l’inactualité de Blanchot aille de pair avec un autre mode de présence qui, s’il n’est pas visible, n’en est pas moins réel » (18). Ce qui est certain, c’est l’importance de Blanchot pour Leslie Kaplan, auteure de L’Excès-L’Usine (P.O.L, 1987), ou encore les échos de cette oeuvre chez quatre écrivains d’Amérique latine, Juan Villoro, Macedonio Fernandez, Salvador Elizondo et Mario Bellatin. Au fil des articles, cette oeuvre est du reste mise en relation avec celles de Mallarmé, Kafka, Bataille, Paulhan, Malraux, Beckett… Plus précisément, ressort des études sur l’érotisme (Karl Pollin) et l’écriture fragmentaire (Leslie Hill, Annelise Schulte Nordholt), des analyses comparatives ou portant sur des textes particuliers (Evelyne Grossman, Christophe Bident, Jonathan Degenève, Jean-Louis Jeannelle, Curt G. Willits, Ayelet Lilti), l’entre-deux qui régit l’ écriture blanchotienne : entre vie et mort, lumière et obscurité, puissance et impuissance, sensibilité et abstraction, masculin et féminin, possible et impossible, oeuvrement et désoeuvrement, pensée et travail de la langue, discours et écriture, liaison et déliaison…
Quant au dossier sur Volodine (né en 1950), qui paraît peu après, non seulement son seizième livre (Songes de Mevlido, Seuil, août 2007), mais encore le volume collectif dirigé par Anne Roche et Dominique Viart (Écritures romanesques : Antoine Volodine. Fictions du politique, Caen, Lettres Modernes Minard, vol. 8, 2006), la première monographie (Lionel Ruffel, Volodine post-exotique, Nantes, éditions Cécile Defaut, 2007) et le premier colloque international (Frédérik Detue et Katia Dmitrieva, « Le Post-exotisme d’Antoine Volodine », Moscou, avril 2006), il se concentre sur la littérature post-exotique, qui, selon Pierre Ouellet, « est la géopolitique imaginaire de cette claustration généralisée, de cette incarcération universelle même à ciel ouvert, de cette séquestration totalitaire même à l’air libre, bref, de cet emprisonnement à la fois réel, onirique et mnésique de l’homme et de la femme dans un monde et une histoire en apparence sans issue » (214). Dans un entretien de 1999, l’écrivain lui-même donnait cette définition : « le post-exotisme, c’est concrètement, écrire des livres qui surgissent comme d’une langue étrangère, mais sans référence à une terre situable sur la carte » (L’Humanité, 7 octobre 1999). La puissance d’attraction de l’univers volodinien est due à son étrange familiarité : s’il a pour horizons l’Histoire récente et la littérature de genre (la science-fiction en particulier), en revanche il met en place un inquiétant « système d’humanité-animalité » (242) qui fait penser à Novarina ou Desportes. Reste à s’interroger sur la portée d’une telle oeuvre : l’inventivité onomastique et la virtuosité narrative suffisent-elles à rendre la langue étrangère, à la faire délirer, pour le dire en termes deleuziens ? – plus radicalement : peut-il y avoir littérature étrangère dans une langue classique ?
8 septembre 2007
[Revue] Minimum Rock’n’roll n°4
Revue Minimum Rock’n’roll, n°4 – Format : 17 x 24 / 176 pages. Co-édition DISCO-BABEL / LE CASTOR ASTRAL
ISBN : 2-85920-711-3. 15 euros.
[site]
Le comité de rédaction est composé de Marie-Pierre Bonniol, Emmanuel Dazin, David Le Simple, Renaud Monfourny, Pascal Regis.
Présentation :
Lors de notre visite chez Lucien Suel en juin 2007, nous sommes repartis avec sous le bras le numéro 4 de la revue Minimum Rock’n’roll, « revue littéraire annuelle chic, choc et charme sur le Rock« , comme elle se présente elle-même, dirigée par Disco-Babel, et publié par le Castor Austral. Cette revue dense et enjouée explore dans ce 4ème tome, les relations entre rock et amour à travers un thème glossy et rougeoyant : « Lipstick, patins mouillés et gorges profondes« . L’originalité de cet objet est qu’on n’y trouve pas seulement des écrivains ou des poètes, mais aussi des artistes, des fans de rock, des photographes, des chanteurs et/ou musiciens, des dessinateurs ou encore des blogueurs-fanzineurs, tous des allumés du rock, rassemblés pour témoigner, dire, hurler ou murmurer leur amour de cette musique, aussi attitude, esprit, pose, fantasme et utopie. Textes courts, témoignages brûlants, statistiques, chansons, poèmes, récits fantastiques ou véridiques, beaucoup d’inventivité et de délire pour de la littérature résolument rock.
Au sommaire de ce numéro : Luc Lemaire, El Rotringo, Pierre Mikaïloff, David West, Milan Dargent, Catherine Mazodier, Bérangère Maximin, Dominique Grimaud, Wilfried Paris, Linda Absher, Marie-Laure Dagoit, Benjamine Dorno, Jacques Floret, David West, Charles Bösersach, Éric McComber, Nancy McDonald, Damien Breucker, Renaud Monfourny, Thomas Chaumont, Anna Rozen, Benoît Preteseille, Charles Bösersach, Noémie Barsolle, Charlene Darling, Anna Czapski, Isabelle Chelley, Nicolas Richard, R. Pradoc, Red, Christian Eudeline, Jeanne Marinello, Cyrille Martinez, Philippe Di Folco, Lucien Suel, Pascal Regis, Grégory Combet, AndTheJellyfish, David West, Jean-Noël Levavasseur, Jérôme Laperruque.
7 septembre 2007
[revue] Livraison#8 : Traduire
Livraison#8, été 2007, revue d’art contemporain bilingue, éditions rhinocéros, directeur de publication Nicolas Simonin, coordination du numéro par Roelants et Stephen Wright. 190 p.
ISBN 978-2-913803-25-1, 13 €.
[site]
Présentation du numéro :
Dans ce numéro, on retrouve un sommaire international très large avec des artistes qui ont aussi bien une assez large audience, que des intervenants extérieurs au monde de l’art, tel un mathématicien. Par ordre alphabétique : Didier Garcia, Oscarine Bosquet, Tony Chakar, Vuc Cosic, Carina Diepens, Gaetan Doremus, International Errorists, Jakup Ferri, Stephen Gill, Ghislaine Glasson Deschaumes, rada Ivecovic, Emily Jacir, Hashem el Madani, Jonathan Monk, Malik Nejmi, Antoinette Ohannessian, Jocelyn Robert, Klaus Scherubel, Sabica Senez, Mladen Stilinovic Stephen Wright.
Le numéro Traduire, comme l’a parfaitement exprimé Annick Rivoire dans un article publié sur poptronics, est une revue que l’on ne traverse pas rapidement, tant le thème est exploré, traduit, repris, déplacé, réapproprié. Les propositions sont très nombreuses comme nous l’avons dit lors de l’émission en direct du 2 septembre, et comme nous tenterons de l’exprimer dans la chronique que nous publierons le 16 septembre. Mais d’ores et déjà certains travaux ont retenu notre attention : Stephen Gill et et ses Billboard series, Antoinette Ohannessian & Didier Barbier et leurs énoncés formulés, le travail de compilation graphique de Sabica Senez ou bien encore Vuc Cosic et ses ASCII MOES.
Vous pouvez vous reporter aussi à la présentation de chaque oeuvre en PDF donnée par la revue Livraison./PB/
27 juin 2007
[revue/spécial Expoésie] OUSTE n°15 – conspiration 2007
OUSTE n°15 – conspiration 2007, ed. Féroce Marquise/Dernier Télégramme, 100 p. ISBN: 978-2-917136-03-4, 10 €.
Présentation :
Ce numéro de Ouste est pour plusieurs raisons remarquables : tout d’abord, Féroce Marquise, l’association d’Hervé Brunaux a travaillé avec Le Dernier Télégramme, dont nous avons présenté sur libr-critique plusieurs titres, dont l’excellent Cargo Culte d’Emmanuel Rabu. Ce partenariat entre deux associations proches régionalement (Limoges et Périgueux) montre une dynamique dont nous nous réjouissons, et se propose aussi certainement comme une possibilité de mobilisation de moyens plus efficaces pour défendre la poésie contemporaine. La revue est donc co-éditée entre ces deux associations, et adopte un nouveau format, plus petit, compact, léger, comme un petit livre de poche à emporter avec soi. La couverture glacée offre un beau collage de Villeglé, et au dos l’affiche de Expoésie réalisée par Combas.
Ce numéro est aussi étonnant de par le nombre d’auteurs qu’il rassemble : 68 ! Il a quelque chose de l’ordre de l’anthologie, et en même temps il y échappe, par son caractère plus léger, plus dynamique. Parmi ces 68 auteurs, on retrouvera de nombreux écrivains invités au festival Expoésie comme Charles Pennequin, Julien Blaine, Antoine Boute, Edith Azam, Olivier Cadiot, Alain Veinstein, Katalin Molnar, ainsi que des poètes et performeurs confirmés et reconnus comme Démosthène Agrafiotis, Nicola Frangione, Esther Ferrer, Jean-Luc Parant, Fernando Aguiar, Elvira Santamaria, Georges Hassoméris, Clemente Padin, Michel Giroud. Cette génération côtoient des écrivains plus jeunes comme Philippe Boisnard, Franck Doyen, Pierre Escot, Laurence Denimal, Laurent Albarracin, Marie Delvigne, ainsi que nouveaux noms, Julien Lereusteux, Rorik Dupuis, Stéphane Riegel, dont on découvre les travaux … La revue est constituée essentiellement de textes trés courts, une à deux pages, tous les textes ne font pas corps, leur qualité est assez inégale, certains auteurs comme Adeline Baldachino, Joana Mico, Guillaume Vivier, ou Amandine Marembert dénotent même un peu, mais l’ensemble reste de bonne facture, ce qui n’était pas a priori un pari évident au vue du nombre de contributions et de leur taille.
Ce qui est intéressant, c’est de voir comment certains travaux se répondent entre eux, les recherches de poètes (Fernando Aguiar, Alain Robinet, Clemente Padin, Bartolomé Ferrando, thierry Thillier, Lucien Suel…) faisant écho à celles de plus jeunes (Hervé Brunaux, Emmanuelle Lauer, Quentin Perrochon,…) pour tisser des résonnances inter-générationnelles, notamment parmi les nombreux travaux visuels, de poésie concrète, de collages et autres fac-similé. On retiendra entre autres l’énergie folle du texte d’Antoine Boute, le trés beau texte d’amour de Kristell Loquet, les exclamations phonétiques de Katalin Molnar, la PTT (la Poésie Totalement Totale) de Michel Giroud, le nouveau travail de Laurence Denimal, qui poursuit la description de son quotidien, codifié comme dans son Joubor, mais de façon plus narrative et plus lisible, ce qui donne une sorte de journal intime tout à fait étonnant dans l’écriture, et trés intéressant.
>Ouste, par sa sortie, est un écho papier et annonce le festival Expoésie, dont nous annonçons dès à présent, qu’il sera en partie retransmis sur internet par nos soins. Cette retransmission en quasi direct aura lieu sur Libr-critique.com, sur Vlog-trotter.org et via iTunes, pourra être suivi en videopodcast sur les iPod.
21 juin 2007
[REVUE/chronique] Carbone n°3
Carbone n°3, ed. Le mort qui trompe, 128 p. ISSN : 1953-681X // ISBN : 978-2-916502-04-5, 8 €.
[site de la maison d’éditions]
Sommaire :
Entretien avec Sarah Vajda par Laurent Shang.
Récits : Helena de Angelis, Pascal Torres, Alban Lefranc, Aurélie Champagne et Laurent Schang
Critique : Alain Jugnon, Frédéric Saenen, Andy Verol, Valérian Lallement, Yvan Gradis et Otomo Didier Manuel
Poésie : Patrice Maltaverne
Cahier graphique : agence_konflict_systm.
Présentation :
Le sabotage, comme cela est indiqué d’emblée sur le visuel de couverture réalisé par l’agence_konflict_sysTM, n’est pas d’abord un acte qui s’attaque à une structure, mais une forme « d’entreprise généralisée » du pouvoir s’attaquant à la vie, aux devenirs singuliers des individus. Le saboteur, en tant qu’individu introduisant de l’entropie dans le plan du pouvoir, fait d’abord le constat que le pouvoir vient court-circuiter ses potentialités individuelles. Son geste est la conséquence d’un constat. Le pouvoir et son monopole, par sa force, sclérose les intensités, les fait périr, les anéantit.
Alain Jugnon exprime parfaitement cette idée dans son article : Nous sommes sabotés. À partir d’une relecture de Debord, en passant par Marx et Nietzsche, il met en évidence, en quel sens à partir de la vision monoccidentaliste théiste liée au travail et à l’aliénation biopolitique, il y a eu une forme de court-circuit de la vie des hommes, à savoir de leur devenir intensité. Son article fort intéressant, ainsi propose de « saboter le sabotage » en inversant le « mouvement ontologique qui consistait à faire de nous des « malgré nous » civilisés et au travail » [p.46] et ceci afin de re-prendre « notre pouvoir, de rejeter la dépossession de nous-mêmes » [p.45].
On le comprend, ce nouveau numéro de la revue d’histoire potentielle, aborde la question du sabotage non pas seulement selon l’ordre de l’idéalisation, mais selon une réflexion pragmatique liée à une nécessité critique. Si le sabotage fait histoire, c’est qu’il entre toujours dans un contexte d’intervention qui demande à être réfléchi. C’est en ce sens que la couverture graphique, le schéma X-pensée, met en perspective des dates déterminantes de l’histoire du sabotage depuis le début du XIXème siècle : 1812 : Ned Ludd, et le mouvement des ouvriers contre les machines de la production, 1913, Emile Pouget et son histoire du sabotage, 1943 : Colonel Nicholson et la légendaire résistance des soldats britaniques devant consruire le pont de la rivière Kwai, 1968, les graffitis des enragés, venant perturber l’espace horizontal de la ville.
Cette histoire potentielle mène ainsi jusqu’au XXIème sièce aux dernières expériences de sabotage. Cela apparaît parfaitement avec l’intervention d’Yvan Gradis [découvrir YG ici], militant anti-pub, qui depuis les années 1990, appelle à une forme de sabotage : celui de l’emprise publicitaire agissant sur les consciences urbaines [+ d’infos sur wikipedia]. Dans ce n°3 de Carbone, il donne à lire le texte Pour une solution civque non-violente aux excès de l’affichage publicitaire, ouvrant à la « réappropriation des affiches par le citoyen auquel elles sont destinées » [p.57]. Le sabotage de l’emprise commerciale esthétiquemet établie dans l’espace public est ainsi lié à une reprise et à une reconfiguration de l’objet saboté. Saboter n’est pas détruire, mais produire, inventer, créer.
Ce numéro de Carbone est ainsi tout à la fois retour sur les causes et les possibilités du sabotage comme acte de résistance, mais aussi ouverture à des gestes de sabotage, tels ceux de Baader dont nous reparle Alban Lefranc, ou bien encore ceux de Pierre Guyotat dans et par son écriture, qu’analyse avec précision Valérian Lallement dans son article, écrivant à propos de Quelques procédés du sabotage dans l’oeuvre de Pierre Guyotat, qu’une « langue qui voudrait faire apparaître le refoulé de toute langue ne suppose pas seulement un rejet théorique de la représentation, mais sa mise en oratique à travers une suite de stratégies textuelles que l’écriture met en place pour se saboter elle-même » [p.119].
Ce numéro est assez riche et répond parfaitement à son thème. On y découvrira aussi le texte hilarant de Pascal Torres Baiser, ou bien encore l’article sur Contre-culture et monstruosité d’Otomo Didier-Manuel. De même en son coeur, pourront être découverts les schémas de l’agence_konflict_sysTM, qui tout en thématisant le sabotage, expérimente, une suite de court-circuits de la logique rationnelle du schématisme historico-politique. C’est avec plaisir que nous voyons se répandre ses schémas, que nous avions découvert lors de la publication de l’un d’eux [ici] puis que nous avions redécouvert avec la publication d’Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas.
8 mai 2007
[revue] La mer gelée n°4
Revue La mer gelée, création et critique (revue bilingue franco-allemande)
n°4. PERDRE ! 153 pages. 10 euros. ISSN : 1772-0613
www.lamergelee.com – redaction@lamergelee.com
Sommaire :
– Johannes Jansen : Dans le passage (extrait), Traduction : Alban Lefranc
– Jean-Pierre Faye : Bataille : le très sombre noyau
– Monika Rinck : Summer of loss, Traduction : Alban Lefranc / Aurélie Maurin
– Alain Denault : Faire l’économie de…
– François Athané : Ni justice ni juge
– Odile Kennel : Maison mien chantier / Penser sauge et toi / Questions sur le coq de bruyère, Traduction : Olivier Le Lay
– Serge Pey : La langue arrachée
– Ron Winkler : configuration pluie / éponges / nuages, Traduction : Olivier Le Lay
– Alban Lefranc : Jimmy
– Arno Calleja : La ligne
– Anne Monfort : Rien ne fait mal
– Daniela Dröscher : Lune/ mienne/ près de moi, Traduction : Alban Lefranc
# Michael Kutsche : dessins
# Catherina Deinhardt : mise en page
Editorial :
« PERDRE !
où le lecteur attentif découvrira :
Que la sauge ne sait pas comment elle s’appelle
Qu’un chien à qui l’on injecte du sang de chien fatigué devient lui-même fatigué
Que la mort est de la vie portée à ébullition
Qu’il est une viande à boucherie
Qu’il faut s’imaginer une corrida à soi tout seul
Que lorsqu’il lit un texte, il lit sur une langue arrachée
Qu’une communauté secrète et furtive maintient le monde à température supportable
Qu’on ne sait pas ce que peut un corps
Qu’une progression facheuse des prévisibles augmente le monde inhumainement
Que des poissons peuvent être une réunion de poings serrés
Que le deuil du malheur est une bon garant de la norme
Que la structure sociale est le résultat de la convulsion sociale »
Premières impressions :
C’est avec un trés grand plaisir que nous découvrons cette trés belle revue de littérature contemporaine bilingue, chose rare, qui se présente comme « une entreprise de démolition » dirigée par Alban Lefranc (Berlin / Paris), Anthony Morosoli (Paris), Daniela Dröscher (Berlin), Aurélie Maurin (Berlin) qui paraît deux fois par an des deux côtés du Rhin depuis 2004. Une ligne trés exigeante sur le plan littéraire autant que politique, pour une exploration pointue de cette injonction « perdre! », cri à rebours de l’idéologie dominante de la réussite et de l’acquisition. On y trouve aussi bien des textes de fictions que articles théoriques, ainsi que de la poésie, les auteurs français et allemands sont en majorité de jeunes écrivains, mais on retrouve aussi des auteurs reconnus comme Jean-Pierre Faye, ou Serge Pey. Nous ferons une chronique plus approfondie de cette revue qui mérite le détour et surtout une lecture attentive.
19 avril 2007
[Revue/chronique] Carbone n°2 : FIN
Carbone n°2, ed. Le mort qui trompe, 126 p. ISSN: 1953-681X . ISBN : 978-é-916502-01-4, 8 €.
[site de la revue]
Présentation :
Pour ce nouveau numéro, la revue Carbone s’attaque à la fin. Davantage classique par rapport au premier numéro au niveau des contributions, cependant le thème permet de faire d’intéressantes découvertes…
Tout d’abord l’entretien avec Jean-Pierre Andreuon, qui à travers ses quarante années d’écriture SF, interroge la possible fin de l’homme, s’anéantissant lui-même par son propre essor. On découvre comment cet auteur lie problématique SF, voire plutôt anticipation, et une forme de militantisme écologique.
Au niveau des articles critiques, le premier article qui a retenu mon attention, est celui de Théophile de Giraud, La fin de l’immonde, qui à travers une analyse de la question de la fin, de la destruction, en rapport à un désir sous-tendu dans les religions, attendant le découvrement final (apocalypse), montre comment la destinée de l’homme est dans l’horizon de son rpopre effacement, et ceci notamment par les armes de destruction massive. Cet article, très rythmé dans son écriture, a de plus le mérite de donner à lire des citations peu connues, et même parfois jubilatoires, comme celle de Wittgenstein posant que la bombe atomique est à considérer comme un médicament. À noter que Théophile de Giraud est l’auteur de L’art de guillotiner les procrérateurs, une des rares perles à découvrir dans ce qui se fait comme écriture pamphlétaire, trop souvent gratuite, sans culture, éructant seulement des anathèmes. J’ai été de même sensible à ce retour à Louis Althusser, mais non pas le philosophe de Lire le Capital, mais le philosophe posé dans la solitude de son existence et de son rapport à Hélène, sa femme, qu’il strangula. L’article de Frédéric Saenen, Le philosophe aux mains nues, réfléchit le texte L’avenir dure longtemps, où Althusser tente de comprendre quasi-cliniquement, la construction de la causalité le conduisant à la mort d’Hélène.
Au niveau des fictions et récits, c’est là que la revue est plus classique, et pourrait gagner à s’ouvrir ou à inviter des travaux plus contemporains dans leur dynamique d’écriture. On y trouvera cependant des fictions bien menées, comme celle d’Helena De Angelis, Illusion, qui décrit la perspective logique du joueur, de sa trajectoire, de ses anticipations, de ses contradictions. Texte fort quant à ce qu’il analyse, où le jeu décrit enveloppe tout jeu possible, où l’auteur amène à comprendre le processus cognitif du joueur. De même Laurent Schang donne à lire How the West was won (part II), qui traverse, relie, informations historiques et textes philosophiques ou manuel d’art de guerre. Partant de 1972 et de la « poignée de main historique échangée à Pékin entre Richard Nixon et Mao Zedong », il traverse les 30 ans d’histoire qui séparent du 11 septembre 2001, pour montrer une certaine forme d’absurdité de la puissance américaine, à travers une très belle citation de Sun Zi, extraite de L’Art de la guerre, qui vient conclure son texte : « celui qui remporte cent victoires en cent combats n’est pas le plus grand; le plus grand est celui qui remporte la victoire sans combattre ».
Dans l’ensemble, Carbone, revue d’histoire potentielle, est une revue à suivre. Son angle tout à la fois théorique et littéraire permet de bien apercevoir les thèmes abordés. Le prochain qui sortira en mai-juin portera sur le Sabotage. Il semblerait qu’il y ait certaines surprises.
5 avril 2007
[revue] Le flux des mots
le flux des mots – adresse : 26, rue de Belleville – 75020 Paris – 01 47 97 87 04 – leflux.desmots@orange.fr
[site de la revue]
n°1 : Bertrand Limbour – n°2 : Jérôme Mauche – n°3 : Sophie Coiffier. ISSN : 1952-8280. 5 euros le numéro.
Les revues qui pensent leur format se faisant rare, il faut donc parler de la petite revue le flux des mots, « petit objet mais une grande page », dirigée par Bertrand Limbour.
Au recto de cette grande feuille de 63 cm sur 41 pliée à la verticale, à la trés belle impression offset sur papier bouffant velours, le travail d’un auteur invité, et au recto, de courts textes d’autres auteurs. Cette revue-affiche est une revue de poésie contemporaine, qui défend « l’alphabet », la langue, donc pas d’image, même si le travail poétique des auteurs publiés est plutôt trés visuel.
Le n°2 est consacré à Jérôme Mauche, son « Tortue Magazine » est un texte recouvert de ratures et gribouillis qui en gênent la visibilité et en coupent la lisibilité, texte raturé, biffé, plié par les plis du pliage, qui se cache et se découvre dans les entrelacs de lignes, pour interroger justement l’entremêlement des trajectoires individuelles et leur visibilité. Le texte est en effet une froide succession de petits trajets d’individus pris dans leurs occupations sociales, familiales, profesionnelles : « Au termes de ses heures l’employe quitte l’établissement, il explique a la fille qui le remplace les premiers manipulations a effectuer avant de prendre son poste et si possible avec un maximum de précautions, il arrive devant sa voiture dont la portiere arriere a ete fracturee, sur le parebrise un mot anonyme lui declare qu’on t’aime et un numero de telephone qui lui dit non, le soir son epouse lui propose d’aller chez des amis […] ». Ces petites histoires sont de fragments prélévés dans un plus grand ensemble selon la logique du copier/coller, et retranscrite tel quel, brut, avec un clavier américain d’où l’absence d’accent, explique Bertrand Limbour dans une petite pré- ou post-face au texte : « Et pourquoi ne pas regarde Tortue Magazine comme la représentation d’une violente mutation des usages de la langue et du langage générés parla multitudes des moyens de communication ? »Le n°3, offre sa page à Sophie Coiffier, plasticienne et écrivain, pour Plates-bandes, un poème visuel et presque sonore dans sa dimension onomatopéïque. « Plates-bandes c’est la coexistence de plusieurs univers dans un seul espace, la coexistence de plusieurs types de langage, de codes autour de nous, le paradoxe d’une certaine tendance à l’unifomisation des désirs à l’intérieur d’une société qui semble pouvoir réaliser Babal dans le même temps ». En ouvrant la page, des pronoms personnels nous sautent aux yeux, surgissent presque de façon orale, et semble parler à travers la graphie dynamique et mouvante du texte, pour raconter des fragments d’histoires. « Sophie Coiffier intéressée par le travail des acteurs nous invite à regarder ces pronoms personnels comme des coquilles vides, tels des acteurs qui se se doivent d’embrasser es personnages romanesques, leur donnant vie en les jouant ». Mulplicité des voix pour un petit théâtre poétique et une danse lettriste au recto, mais on trouve aussi au verso cette dimension ludique de l’éclatement de la langue avec les textes de Estelle Bénazet, Frédéric Blanc-Règne, Yves Bressandre, Maulice Calême, Claude Chuzel, Bertrand Limbour, Saïd Nourine et Ferdinand Tache.
Nous attendons donc avec impatience le n°4 de cette revue joyeuse et légère, qui sera consacré à Frédéric Dumond.
22 février 2007
[NEWS] Fusées 11, spécial école du Mans bis
Jean-Claude Boulard (Maire du Mans et Président de Le Mans Métropole), Jacqueline Pedoya (Adjointe au Maire, Chargée du développement et de l’action culturels), Sylvie Granger (Conseillère municipale déléguée, chargée de la lecture) et Mathias Pérez (Éditeur de Carte Blanche) ont le plaisir de vous inviter
au vernissage de l’exposition :
Fusées 11, spécial 10 ans
L’école du Mans, bis
réalisée par la revue Fusées et la médiathèque Louis Aragon.
exposition du 9 mars [jour du vernissage — 18h30] au 14 avril 2007
Malgré les difficultés — fin de la diffusion de Leo Scheer, et une sorte de crise de l’édition contemporaine — Fusées poursuit son aventure, en restructurant la publication de la revue. La revue qui était annuelle va devenir bi-annuelle, et alléger le nombre de pages pour chaque numéro. Pour fêter cela, le numéro 11, de la nouvelle série, revient sur les 10 ans de publication, en donnant à lire aussi bien toutes les préfaces, qu’à voir les créations qui ont marquées la revue. À cette occasion, La médiathèque Louis Aragon du Mans a décidé d’organiser un exposition des artistes de Fusées, et le vernissage sera ponctué par une lecture des poètes qui sont liés au Mans et à l’histoire de la revue : Sophie Audureau, Rémi Froger, Alain Mahé et Charles Pennequin.
[site fusées]