Libr-critique

10 février 2019

[News] News du dimanche

Pour terminer en beauté ce mois de février :

► Vendredi 15 février, de 16 à 19H, CENTRE POUCHET CNRS (59/61 rue Pouchet 75017) : La Genèse borgésienne.

La cinquième séance du séminaire doctoral « Génétique des textes et des arts : théories et pratiques » sera l’occasion de présenter les études génétiques les plus récentes sur la genèse de l’œuvre borgésienne. Attention! La séance aura lieu au Centre Pouchet, 59-61 rue Pouchet, en salle 255.

Daniel Balderston (Pr., University of Pittsburgh) présentera ses derniers travaux. Federico Calle Jorda (Doctorant, Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis), présentera le livre de Julio Premat (Pr., Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis), Borges (Presses Universitaires de Vincennes). Chacune des interventions sera suivie d’une discussion.

► Vendredi 15 à 19H30 : Rencontre avec Virginie Poitrasson.

► Samedi 16 février, de 15H30 à 20H, Bibliothèque Rilke (88ter, Boulevard de Port-Royal 75 005 Paris) : RV avec LES PARLEUSES pour une réhabilitation du matrimoine littéraire

🛸 Au programme : des ateliers d’écriture ou de lecture et une rencontre explorant l’œuvre de James Tiptree Jr. (1915-1987), autrice de science-fiction féministe, avec la participation de Ïan Larue, autrice de La Vestale du Calix, Chloé Delaume, marraine du projet et autrice des Sorcières de la République, et Aurélie Olivier, fondatrice de l’association Littérature etc.

🎧 18h – 19h30 Rencontre – Enregistrement du podcast sur l’œuvre de James Tiptree Jr. par Ïan Larue (entrée libre).

15h30- 17h30
📚 Atelier de lecture par arpentage autour des textes de James Tiptree Jr. mené par Aurélie Olivier de Littérature, etc. : on divise le livre, chacun.e des participant.e.s lit une partie isolément, puis chaque participant.e partage sa lecture personnelle jusqu’à ce que la discussion collective embrasse le livre dans son ensemble. (COMPLET)
OU
✏ Atelier d’écriture inspiré des procédés d’écriture de James Tiptree Jr. imaginé par Chloé Delaume (COMPLET).

â–º Mercredi 20 février, 20H30 : soirée Montévidéo à l’occasion de la sortie du n° 48 de la revue IF (3, impasse Montévidéo 13006 Marseille).

Accueillis en résidence à Montévidéo, les artistes et écrivains Sonia Chiambretto et Yoann Thommerel, en lien avec le Groupe d’information sur les ghettos (g.i.g.), ont activé à Marseille un nouveau groupe d’information rassemblant habitants, artistes et chercheurs, tous impliqués dans la création de protocoles d’enquêtes : écriture de questionnaires, diffusion, récolte de données, traitement.
Cette étape marseillaise s’inscrit dans un circuit de travaux collectifs menés depuis plus de quatre dans des zones urbaines ou rurales en France (Aubervilliers, Saint-Ouen, Caen, Carentan, Strasbourg, Lille…) ou à l’étranger (Brésil, Canada, Belgique…). Chaque étape permet d’alimenter un fonds documentaire régulièrement convoqué par ce groupe pour alimenter une réflexion portant sur les mécanismes d’exclusion et de repli.
Partant de cette expérience collective, Sonia Chiambretto et Yoann Thommerel ont écrit un questionnaire poétique et frontalement politique intitulé « Questionnaire élémentaire » et paru en 2017 dans une coédition Laboratoires d’Aubervilliers / Groupe d’information sur les ghettos (g.i.g).
Ce questionnaire est la trame de ce numéro spécial g.i.g de la revue IF dont la réalisation leur a été confiée
.
L’historien Philippe Artières ouvre ce numéro en revenant sur les sources historiques des instruments convoqués poétiquement par le g.i.g. Les autres contributeurs, écrivains, poètes et artistes (Gauz, Anne-Sarah Huet, Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós (Le peuple qui manque), David Lopez et Christophe Pellet) ont été invités à choisir une question de leur choix pour y apporter des tentatives de réponse. En réalité, aucune réponse définitive n’est jamais donnée aux questions posées : CE SONT CES DERNIÈRES QUI PRENNENT LA PAROLE, ET LA PAROLE N’ARRÊTE PAS D’ÉLARGIR LES QUESTIONS, DE LES MULTIPLIER EN CASCADE.

Ce dossier sur le g.i.g. est complété par un portfolio des œuvres de l’artiste visuel Gilles Desplanques.

Tarif : 3€, réservation conseillée auprès de Montévidéo au 04 91 37 97 35.

► Jeudi 21 février à 18H, CNES (2, place Maurice Quentin 75001 Paris) : Studio Cosmique #4. Soirée de lancement du numéro 17 de la revue Espace(s).

– Espace(s) 17 –

Le dix-septième numéro de la revue Espace(s) a pour thème « Nos géographies mentales ». À travers les contributions d’auteurs, d’artistes et de chercheurs en sciences humaines, il dresse un panorama d’un genre inédit, constitué de trajectoires personnelles ou collectives et tourné vers le plaisir de la déambulation. Cet ensemble d’histoires minuscules, seul mode d’entrée véritable vers l’Espace dont nous disposions, ouvre de nouvelles voies à une création contemporaine originale et audacieuse.

Une balade littéraire et artistique dans nos géographies mentales –

Le Studio Cosmique ouvre ses portes pour une soirée dédiée à la littérature et aux arts visuels. Eric Pessan, membre du comité de rédaction de la revue, recevra quelques uns des contributeurs de cette livraison”. Il explorera en leur compagnie les itinéraires de création qu’ils ont empruntés. Interventions originales, lectures et entretiens, voilà qui composera le programme de cette curieuse balade.

Le programme :
– Errance géographique avec Gérard Azoulay, directeur de la rédaction

– Décryptage de l’année 2018 dans l’atelier de la photographe Sylvie Bonnot
– Doubles jeux sur la revue Espace(s) avec les auteurs Maël Guesdon et DAVID CHRISTOFFEL
– Visite guidée d’Anecdopolis, la cité des anecdotes spatiales, avec Jakuta Alikavazovic, Karin Serres et André Ze Jam Afane

– Sentir et penser sans gravité, par le philosophe Elie During

Sur réservation à l’adresse : observatoire.espace@cnes.fr

â–º Vendredi 22 février, la sixième séance du Séminaire Doctoral « Génétique des textes et des arts : théories et pratiques » portera sur Alejandra Pizarnik & André Pieyre de Mandiargues (ENS 46 rue d’Ulm, salle des Conférences).

Mariana Di Ció (MCF, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3) évoquera la correspondance entre deux grands écrivains, l’un français, l’autre argentine. Ainsi, Mariana Di Ció présentera son ouvrage paru récemment : Alejandra Pizarnik & André Pieyre de Mandiargues, Correspondance Paris – Buenos Aires 1961-1972 (Ypsilon éditeur).

Quant à elle, Bahia Dalens fera part de ses recherches les plus récentes autour de ce qu’elle désigne comme « l’écriture du trouble » dans la genèse de l’oeuvre de Mandiargues.

31 mai 2018

[News] Libr-News

En attendant l’été, vous attendent : l’agenda de Prigent… les Sorcières de Dunkerque… La Traction poétique… Philippe Boisnard, une superbe soirée Ivy writers, la 12e Nuit remue… Et le 36e Marché de la Poésie, bien évidemment…

Agenda de Christian PRIGENT

— à Paris, le vendredi 08 juin, à 18 h 30 : « TXT 32 : LE RETOUR », à la galerie A Balzac à Rodin, 14 bis rue de la Grande-Chaumière, Paris (M° Vavin). Contact : revuetxt@gmail.com

— à Rennes, le vendredi 15 juin, à 20 h : lecture et discussion autour de la revue TXT, au bar le Mod Koz, 3 bis rue Jean Duhamel, Rennes. Contact : pontcerq@gmail.com 

— à Vulaines-sur-Seine, le dimanche 30 juin, à 15 h : lecture au Musée Mallarmé, 4 promenade Mallarmé, 77870 Vulaines-sur-Seine. Contact : contact@marche-poesie.com

Libr-brèves

â–º Vendredi 1er juin à 19H30, Halle aux sucres de Dunkerque : Conversation + projection + performance (dans le cadre du festival des Bibliothèques de Dunkerque "Fais pas ton mauvais genre")

AVEC : Isabelle Cambourakis – Editrice
Camille Ducellier – Vidéaste
Hortense Gauthier – Performeuse
Anne Larue – Chercheuse, écrivaine

Figure négative et puissante, symbole subversif de la révolte féminine dans les années 70, la sorcière réapparaît aujourd’hui dans les combats féministes, écologistes et anticapitalistes.

Isabelle Cambourakis dirige la collection « Sorcières », qui réunit des textes féministes historiques et contemporains. Camille Ducellier invente des images pour rêver l’obscur, dévoiler les corps et relier le politique au spirituel. Hortense Gauthier postule que « Toutes les sorcières sont des danseuses étoiles ». Anne Larue écrit des essais sur la SF féministe, des articles passionnants sur le mouvement Wicca et des romans médiévaux futuristes.

 

â–º Samedi 2 juin à Blois : cédez à la Traction poétique !

â–º Mardi 5 juin  au Monte en l’air – Paris 20ème à 19H : soirée de lancement de la collection Sur le vif des éditions Supernova dirigée par Stephanie Boubli. Y feront une lecture Benoît Toqué, Francis Lamodière, et Philippe Boisnard accompagné au violon remixé par Pauline Cottaz.

â–º Du 6 au 10 juin : 36e Marché de la Poésie : RV avec Al dante/Presses du réel au stand 110, les éditions de l’Attente au stand 110-112 ; LansKine, 610 (Beurard-Valdoye, Voïca…) ; Publie.net, 506… La revue Place de la Sorbonne est accueillie au stand des éditions Le Temps des Cerises (618)… Au stand Ent’revues, 700-704 : y seront présentes les revues Artichaut, Babel heureuse, Les Carnets d’Eucharis, Chroniques du ça et là, La Moitié du fourbi, Phoenix, La Revue des Belles-Lettres, Teste, Toute la lire.

â–º Soirée Ivy writers le 12 juin à 19H30 au Bistrot des Artistes (Paris) :

â–º Lundi 18 juin à la Maison de la poésie Paris, 21H : "Nouvelles architectures poétiques", avec David Christoffel, Jérôme Game et Laure Gauthier.

â–º LA NUIT REMUE 12e, soirée de lectures avec Fabien Arca, Delphine Bretesché, David Christoffel et Maël Guesdon, Sophie Coiffier, Séverine Daucourt-Fridriksson, A.C. Hello, Philippe de Jonckheere, Ismael Jude, Anne Mulpas, Christiane Veschambre, Gilles Weinzaepflen.
Samedi 23 juin 2018, 19h à la bibliothèque Marguerite Audoux, Paris IIIème : Depuis 2006, Remue Net organise une fois par an ses « Nuits remue », hommage bien sûr à Henri Michaux. Un rendez-vous littéraire incontournable.

7 février 2016

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de février, après une UNE consacrée à L’Air de rin de Bruno FERN, le livre de la semaine : Olivier CADIOT, Histoire de la littérature récente. Suivent nos Libr-événements : RV à Marseille avec la revue La Tête et les Cornes ; à Paris avec Mathieu Larnaudie ; à Lausanne avec Olivier Cadiot.

UNE : Bruno FERN, L’Air de rin

Bruno FERN, L’Air de rin, préface de Jean-Pierre Verheggen, éditions Louise Bottu, coll. "contraintEs", hiver 2015-2016, 58 pages, 7 €, ISBN : 979-10-92723-10-6.

Cette fois, "pas grand-chose à se mettre sous la dent mais pas rien pour autant" : la contrainte consiste à inventer des variantes à partir de deux vers célèbres, "Aboli bibelot d’inanité sonore" (Mallarmé) et "Ferai un vers de pur néant" (Guillaume d’Aquitaine). Cet exercice de virtuose vise à rien moins qu’à explorer l’aire du temps et les infinies ressources de la poétique. Donnons tout de suite aux Libr-lecteurs de quoi se mettre sous la dent :

A patrie, proprio, d’identité s’honore.
Assagit directo l’humanité dolore [antidépresseur].
A Neuilly va presto karchériser l’cador.
Avachi top chrono sécurisé indoor.
A gémi quand de dos à en tâter se tord.
A demi dans les mots sonorités débords.
Ahuri jusqu’en haut d’activités senior.
A Paris parano, persécuté à Niort.

Ces alexandrins qui concernent ici les domaines social, médical, idéologique, érotique et poétique, respectent parfaitement le schéma rythmique et phonique initial : 3+3 / 4+2 ; /i/ /o/ /e/ /É”/. Ce qui n’est pas le cas pour bon nombre de vers dans cette première partie – sans compter le problème du e dit "muet"… Quant à la seconde, elle ne comporte que peu d’octosyllabes et peu de césures.

L’essentiel est que la mécanique rythmique – hypnotique et drolatique – s’exerce en vers et contre tout, et notamment de la tyrannie du sens. La crise-de-vers mène ici au trans-faire.

 

Le livre de la semaine

Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome I, P.O.L, en librairie mardi 9 février 2016, 192 pages, 11 €, ISBN : 978-2-84682-231-2.

Présentation éditoriale. Vingt ans après la Revue de littérature générale et ses deux numéros historiques, Olivier Cadiot a eu envie de revenir sur le sujet, mais cette-fois sans l’aide de sociologues, de philosophes, de musiciens ou de paysagistes. Avec les seuls moyens de l’écrivain contemporain. Sans plans, ni cartes, ni partitions, ni théorie. Cela donne un feuilleton en plusieurs épisodes, comique et sensible, une histoire en zigzag émaillée de conseils à de futurs auteurs… et surtout à soi-même. Une suite de variations consacrées aussi bien au passé de la littérature qu’à son présent, à son avenir, à sa mort annoncée mais toujours différée. Ce n’est pas à proprement parler une fiction, bien que cela y emprunte des personnages, des « figures », des cas psychologiques et une vraie liberté de ton ; ce n’est pas non plus un essai bien que s’y retrouvent théories, hypothèses et débats : c’est un livre d’Olivier Cadiot.

Note de lecture. "Personne n’est satisfait de sa manière d’écrire, seuls certains secrétaires de ministères, quelques professeurs de l’enseignement supérieur ou des préfets à la retraite pensent écrire bien naturellement" (p. 123)… Il s’agira donc de ne tomber ni dans le bien-penser, ni dans le bien-écrire. Au reste, on n’écrit pas : l’écrivain contemporain n’est dynamisé ni par l’antique furor, ni par le moderne Inconnu ; il ne saurait ni explorer les obscures profondeurs ni arborer la langue transparente des actuels communicants.

Fort d’une expérience d’un bon quart de siècle, Olivier Cadiot tourne le dos aux outils universitaires pour proposer une divanitation anti-académique qui prend la forme d’une enquête, un projet qui n’est pas à proprement parler une histoire de la littérature : ni dates, ni noms, ni hiérarchies… D’ailleurs, doit-on se fier aux étiquettes ? "Post-truc ? Pré-Machin ? On ne voit plus où on est" (35). Une histoire vivante devrait entrelacer en spirale l’ancien et le moderne, se faire problématique : "L’histoire doit devenir une histoire problème qui questionne le passé et remet constamment en question ses propres postulats et méthodes afin de ne pas être en reste sur les autres sciences et sur l’histoire du monde" (43) ; et, de nos jours, tout "honnête individu" devrait entreprendre "une histoire de ce qui nous arrive" (101).

Que retenir, donc, de ces caprices et zigzags ? Qu’il faut vider la littérature de la littérature, la poésie de la poésie ; se défier des modes, de l’autofiction par exemple : "histoires de famille, premiers émois, mort du père, viol de X, disparition de Z, tortures de W" (19) ; et que, "si la littérature a disparu, c’est peut-être à cause de cette possibilité qu’elle s’est donnée de tout raconter en direct" (150)…

Libr-événements

â–º Vendredi 12 février 2016 aÌ€ 19h, Centre International de Poésie Marseille. Présentation de la revue La Tête et les Cornes : Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon. Lectures : Cécile Mainardi, Marc Perrin.

La teÌ‚te et les cornes est une revue de poésie et de traduction. Les deux premiers numéros ont réuni des textes de Chu Halim, An Hyŏnmi, Ch’oi KuÌŒmjin, Kim Chudae, Lee Ch’ŏlsong, Lee Chaehun, Hŏ Yŏn, Linnéa Eriksson, Beata Berggren, Adam Westman, Niclas Nilsson, Martin Högström, Peter Thörneby, Jørn H. Sværen, Virgil Mazilescu, Peter Waterhouse, Peter Gizzi, Alan Davies, Alice Notley, Julien Maret, Cécile Mainardi, Danielle Mémoire, Marie-Louise Chapelle, Victoria Xardel, Marc Perrin, Marie Cosnay, Caroline Sagot Duvauroux, Marie-HéleÌ€ne Renoux.
Certains de ces textes ont été traduits par Benoît Berthelier, Julien Lapeyre de Cabanes, Martin Richet, Stéphane Bouquet, Marie de Quatrebarbes, Pierre Drogi et Lucie Taïeb.
La teÌ‚te et les cornes existe depuis 2013. Elle est coordonnée par Marie de Quatrebarbes, BenoiÌ‚t Berthelier et Maël Guesdon. Dans le cadre de l’invitation du Centre international de la poésie de Marseille, La teÌ‚te et les cornes a proposé aÌ€ plusieurs auteurs d’écrire aÌ€ partir du cinéma d’Alain Cavalier.

â–º Vendredi 12 février à 19H, Librairie Les Traversées (2, rue Edouard Quenu 75005 Paris), rencontre avec Mathieu Larnaudie organisée par les Filles du Loir : avec Gabrielle Napoli, l’écrivain reviendra sur Strangulation (2008).

â–º Mardi 16 février à 20H, rencontre et lecture avec Olivier Cadiot au théâtre de Vidy à Lausanne (Suisse) autour de son dernier livre Histoire de la littérature récente. Entrée libre.

Théâtre de Vidy / La Kantina, Av. E.-H. Jacques-Dalcroze 5 CH-1005 Lausanne / Billetterie +41 21 619 45 45 / info@vidy.ch

 

7 août 2015

[Livres – news] Libr-vacance (2)

Après une Spéciale Libr-vacance, notre Libr-sélection (Bergen, Verheggen, G. Mar, Guesdon, Parlant, Gare Maritime 2015)… De quoi attendre fin août la reprise de Libr-critique. (Vous pouvez également remonter les pages LC et vous servir du moteur de recherche en haut à droite : vous attendent près de 2000 posts !).

 

Spéciale Libr-vacance

â–º Marie-Christine Masset (poète, membre du conseil de rédaction de la revue Phoenix cahiers littéraires internationaux ; collaboratrice de Libr-critique) :

♦ Du 2 au 5 juillet a participé à la deuxième édition du Festival C’Mouvoir dans le Cantal. A découvert avec bonheur le poète Antoine Mouton et écouté Raphaël Monticelli. Est en train de travailler à la traduction d’un recueil de poésie aborigène.

Lectures Libr-juillet :
Osiris 80, Contemporary Poetry/ Poésie Contemporaine (106 Meadow Lane Greenfield Massachusetts 01301 USA)
Estuaire, numéro 161 (Outremont Québec)
Contre-Allées, 35/36
Les Cahiers du Sens, n°25 : Le Feu
Ce qui est écrit change à chaque instant, anthologie quarante ans de poésie, Le Castor Astral
Elise Turcotte, Dark Menagerie, Guernica Editions
Tim Winton, Eyrie
Antoine Mouton : Les Chevals morts, Les Effarées
Raphaël Monticelli : Les mers intérieures, Motus

Relectures prévues :
William Faulkner, Lumière d’Août, Folio
Angèle Paoli : Les Feuillets de la Minotaure, Editions de Corlevour/Revue Terres de Femmes
Tim Winton : Cloudstreet, Pinguin Books

â–º Corinne Lovera Vitali, poète qui participe ponctuellement à LC (prochaine contribution : "Monsieur Rabbit"), va publier à la rentrée : Absence des cowboys, dessins de Stéphane Korvin, Ripopée ; "Apnée" aux éditions Contre-Mur.

 

Libr-sélection /FT/

â–º Véronique BERGEN, Le Cri de la poupée, Al dante, Marseille, été 2015, 248 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-742-9.

Après Edie. La Danse d’Icare, épopée trash de 2013 consacrée à Edie Sedgwick (1943-1971) – l’actrice et mannequin qui a représenté "la Marilyn Monroe de la contre-culture", celle dont l’"état naturel, c’est le manque" – et la biofiction portant justement sur MM (Marylin. Naissance, année zéro, 2014), toutes deux parues chez Al dante, voici une tout aussi sidérante anti-narration, au centre de laquelle gît la femme-marionnette Unica Zürn, artiste et écrivaine allemande (1916-1970) qui s’est défenestrée après un destin tragique fait de "résidus de fragmentations atomiques".

Rappelons l’enjeu de ce type de texte : "passer le matériau brut de vies au travers du prisme de la fiction […] redonner vie, couleurs, voix, étoffe à des personnes réelles coulées dans les eaux de l’imaginaire ne va pas sans le souci de laisser intacte leur part d’ombre" (Edie). C’est ici à travers le regard d’entomologiste de sa rivale Christa (anagramme de "Trichas"), qui fut également la maîtresse de Hans Bellmer, que, à coups de mots-torpilles et de bégaiements syntaxiques – caractéristiques de l’écriture-crachat -, prennent vie les schizogrammes de celle qui n’a pu "ni vivre ni mourir sans bourreau".

Après ce troisième volume de la série, nul doute que Véronique Bergen fait déjà partie des voix actuelles les plus singulières.

 

â–º Jean-Pierre VERHEGGEN, Ça n’langage que moi, Gallimard, printemps 2015, 128 pages, 13,90 €, ISBN : 978-2-07-014924-7.

De quoi ci-gît-il ?
En retraite, ce docteur horroris causa du langagement envisage avec "humort" ses activités de septuagénaire, avec "conjugaison gaga" et craductions latines à la Prigent, et même sa façon de quitter cette terre complètement "calembourré" pour mériter un "monument funérire"… Ce qui ne l’empêche pas de s’en prendre avec verve aux snobinards, aux ultra-contemporains, à "Madame Supermarché", ou encore aux technophiles – "télédéchargeurs précoces"… C’est dire que, pour notre plus grand plaisir, nous assistons une fois de plus à un carnaval des mots (mots-valises, calembours et à-peu-près, etc.).

 

â–º G. MAR, Nocturama, textes-rêves & hypnagogies, Toulouse, Le Grand Os, coll. "poc !", hiver 2014-2015, 96 pages, 12 €, ISBN : 978-2-912528-21-6.

Les meilleurs passages de ce livre qu’il faut absolument découvrir ne résident pas tant dans l’inventivité surréaliste que dans les jeux avec le temps et les codes : l’agencement répétitif va jusqu’à alterner réel et virtuel, la narration étant informée par le jeu électronique. Entre deux mondes, les lecteurs ébahis peuvent contempler leur devenir, le parcage de l’humanité : "Le parc a pour objectif de préserver cette forme ancienne de l’humanité et l’offrir en spectacle à nos contemporains afin d’en entretenir la mémoire vivante […] le Monde Nouveau est là qui nous attend avec ses promesses d’harmonie sociale […] une forme très futuriste (postmoderne) de zoo humain…" (p. 25-26).

 

â–º Maël GUESDON, Voire, Corti, hiver 2014-2015, 88 pages, 14 €, ISBN : 978-2-7143-1143-6.

Pour Maël Guesdon, jeune poète de 28 ans, la poésie n’est ni dans le voir, ni dans le savoir, mais dans l’insu, le voire. À même les choses. Et même sans figures – littérale. "Soumise aux choses inanimées", elle "défait le lien de vivre et raconter". D’où sa poétique : "coupes où le flux n’a pas de reprise". Le texte présente ici un type d’illisibilité particulier lié à l’indétermination pronominale et énonciative, aux apocopes et juxtapositions syntaxiques…

 

â–º Pierre PARLANT, Exposer l’inobservable, Contre-Pied, coll. "Autres & Pareils", hiver 2014-15, 32 pages, 4 €, ISBN : 978-2-916252-46-9.

Examinant le travail du "bricoleur-artiste-photographe" Denis Bernard, Pierre Parlant est frappé par sa façon paradoxale d’"exposer l’inobservable" : ses recherches expérimentales visent à rien moins qu’à montrer l’au-delà du voir, ce qui échappe à l’œil en tant qu’organe, mais non en tant qu’éclaireur de l’imagination. Car "l’œil, sitôt ouvert, est un faiseur d’intrigue."

 

â–º Gare maritime, anthologie écrite et sonore de poésie contemporaine, Maison de la poésie de Nantes, été 2015, 108 pages + CD, 17 €.

Liée à la programmation des diverses manifestations que cette institution a organisées en 2014, cette publication nous offre un bon cru 2015 : en plus de lieux poétiques cruciaux (Le Bleu du Ciel, Héros-Limite, Plaine Page, La Barque, la revue Espace(s)), sont présentés par d’autres auteurs – avec extraits textuels et sonores -, entre autres, quelques-unes des voix poétiques actuelles des plus singulières, dont Libr-critique vous entretient régulièrement (Valère Novarina, Patrick Beurard-Valdoye, Claude Favre, Mathias Richard, Philippe Jaffeux, Marie de Quatrebarbes…).

5 mars 2015

[Chronique] Série Z deux points, par Emmanuèle Jawad

Emmanuèle Jawad nous invite à découvrir une série des plus singulières : z :

 

Dans un souci de qualité typographique, chacune des séries z rassemble 4 plaquettes (formées de 4 volets pliés recto-verso) d’auteurs différents. Sur un axe thématique transversal aux séries 2 et 3 (l’animal abordé plus ou moins explicitement selon les auteurs), on retient en particulier les textes de Maël Guesdon, Caroline Sagot Duvauroux, Arno Bertina et Anne Kawala.

 

série z : 2 propose un texte intrigant et très dense de Maël Guesdon qui multiplie les espaces : mental, aux frontières d’un réel/ imaginaire, rapportant des éléments de géométrie (point, ligne), « hors de la nature », délimité, dans une représentation à la fois physique, symbolique et onirique, à un couloir, d’où s’articulent les espaces intérieur et extérieur. Dans leur porosité, ils concourent, sous une forme d’intranquillité au lieu d’un questionnement, en lien avec l’enfance. Des espaces temporels s’y développent, ceux de l’enfance sous forme de réminiscences portées par un lexique y afférant (« monstre, « animal-loutre ») et de références bibliques. De cette composition émane un ton d’étrangeté mettant en situation des jeux homophoniques dans des créations lexicales (à partir de « indécise » : « indis », « l’indise », « l’in dit se »), Maël Guesdon utilisant pleinement le support offert pour établir des liens (graphiques et textuels) entre les pages, l’espace d’écriture devenant un espace gigogne fascinant.

 

Dans un texte se rapportant à l’écriture elle-même, champ poétique porté par ses mouvements, références et extensions dans l’art contemporain, Caroline Sagot Duvauroux compose, pour sa part, avec l’histoire poétique (à partir de la fable « le coche et la mouche » et, la détournant, la mouche à histoires comme animal pensant « le poète est un artiste non un écrivain pense la mouche à histoires »). Le texte s’élabore en réseau de références, clins d’œil, fines touches et critiques, où l’on retrouve Schwitters, en résonance avec ce qui pourrait être la fugue inachevée du cycle des exils de Patrick Beurard-Valdoye, emportant également sur son passage les cadavres exquis surréalistes, la poésie sonore (« déborde le système dans le son qui s’entête à chercher dans la lettre un autre nom qu’image »), le cut-up (« coupe et colle ») et ses liens avec l’art contemporain, en particulier l’art conceptuel.

 

Série z : 3 prolonge cet axe thématique sur la question de l’animal, de façon plus ou moins diffuse, proposé dans la série précédente. On retrouve, dans l’amorce du texte bigger than life d’Arno Bertina, celui de l’enfance et du questionnement, également présent dans celui de Maël Guesdon, et qui introduit ici la question de l’animal dans son rapport à l’anthropomorphisme, dans les limites poreuses d’un réel /imaginaire. Arno Bertina dresse les circulations possibles de l’Homme à l’animal, les trajets de l’un à l’autre, non sans humour.

 

Dans un texte intitulé fly, l’ancrage mythologique de l’animal apparaît dans une des sections du texte d’Anne kawala qui multiplie les inventions formelles, dans des énoncés énumératifs. Où l’on retrouve, dans ce texte et dans son titre-même (la métamorphose de la lettre Y en image, schéma graphique, mutant sous les traits de ce qui pourrait être un avion), les fabrications de formes auxquelles s’attelle remarquablement Anne Kawala, dans son travail d’écriture. Des mots sont ainsi mis sous la forme d’une puissance mathématique, rattachés à un mot référent, mots placés en une ligne continue inférieure ou supérieure par rapport à un axe principal d’écriture, dans une police plus petite, permettant dans cette composition graphique l’éclatement des significations et des langues (« wolf », « once », renvoyant à l’amorce d’un conte, la fable, avec des animaux emblématiques : loup, corbeau, renard, dragon, des animaux fabuleux). Les procédés et signes graphiques abondent (utilisation du schéma faisant lien avec le texte et entre deux volets de l’ensemble ; signes +, flèches, etc.) ainsi que les créations lexicales, dans une recherche de formes inventives.

1 mars 2015

[News] News du dimanche

En ce premier jour de mars, faisons le point sur les Libr-événements du mois : RV cette semaine avec la revue La Tête & les Cornes ; Juliette Mézenc ; Patrick Beurard-Valdoye. Par ailleurs, on ne manquera pas ces deux festivals : Concordan(s)e #9 et Sidération.

 

â–º Jeudi 5 mars 2015 à 18H30, soirée La Tête & les Cornes. En compagnie de Lucie Taïeb, Stéphane Bouquet et Andrea Inglese. Coordonné par Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon, à l’invitation d’André Chabin. [Voir affiche en arrière-plan]

http://la-tete-et-les-cornes.tumblr.com/
http://www.entrevues.org/

À Ent’revues
174 Rue de Rivoli, 75001 Paris (métro : Palais Royal)
Code porche : 9614
Code fond de cour : 8512 (puis 2ème étage).

â–º Suite à la parution de Elles en chambre (éditions de l’Attente), conversation de Juliette Mézenc avec Cécile Viguier à la librairie L’Echappée Belle de Sète le vendredi 6 mars à 18h30.

â–º Vendredi 6 mars à 20H, Maison de la Poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris), soirée Remue.net : Patrick Beurard-Valdoye, performance, conversation : à ne pas manquer, vraiment.

â–º Festival concordan(s)e #9 du 11 mars au 16 avril 2015 : une rencontre singulière entre un chorégraphe et un écrivain.

Fabrice Lambert (chorégraphe) & Gaëlle Obiegly (écrivain) – L’INCOGNITO
Yann Lheureux (chorégraphe) & François Beaune (écrivain) – BRUTALITY WILL PREVAIL
Julie Desprairies (chorégraphe) & Thomas Clerc (écrivain) – LA PAGE BLANCHE
Jonah Bokaer (chorégraphe) & Antoine Dufeu (écrivain) – MUSEUM OF NOTHING
Anne-Mareike Hess (chorégraphe) & Nathalie Ronvaux (écrivain) – SEULE A SEULE

MARS 2015

Lecture/ performance
Présentation d’un extrait du duo et discussion avec le public
 
Mercredi 11 mars – 18h30  / Librairie de Paris
Julie Desprairies / Thomas Clerc
7 Place de Clichy – 75017 Paris
01 45 22 47 81 / entrée libre
 
Jeudi 12 mars – 20h / Librairie Le comptoir des mots
Julie Desprairies / Thomas Clerc
239, rue des Pyrénées – 75020 Paris
01 47 97 65 40 / entrée libre

Vendredi 13 mars – 20h / Librairie l’Atelier
Jonah Bokaer / Antoine Dufeu
2 bis rue Jourdain – 75020 Paris
01 43 58 00 26 / entrée libre
 
dimanche 15 mars – 17h00 – Librairie Le Monte-en-L’air
Anne-Mareike Hess / Nathalie Ronvaux
71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare – 75020 Paris
01 40 33 04 54 / entrée libre

Mardi 17 mars – 19h30 / Librairie le Thé des écrivains
Yann Lheureux / François Beaune
16 rue des Minimes 75003 Paris
01 40 29 46 25 / entrée libre

Spectacles
 
Dimanche 15 mars – 15h30 / Parc culturel de Rentilly
Julie Desprairies / Thomas Clerc
1 rue de l’étang 77600 Bussy-saint-Martin
01 60 35 46 72 / entrée libre
 
Vendredi 20 et samedi 21 mars – 20h30/ Théâtre Le Colombier
Anne-Mareike Hess / Nathalie Ronvaux
Julie Desprairies / Thomas Clerc
Yann Lheureux / François Beaune
20 rue Marie-Anne Colombier – 93 170 Bagnolet
Tél. 01 43 60 72 81 / Tarifs 13€ – 9€ – 8€ – 6€

Dimanche 22 mars – 16h30 / MAC/VAL 
Julie Desprairies / Thomas Clerc
Jonah Bokaer / Antoine Dufeu
Place de la libération – 94400 Vitry-sur-Seine
01 43 91 64 20 / Tarifs 5 et 2,5 euros

Mercredi 25 mars – 19h / La Briqueterie – CDC du Val-de-Marne
(en partenariat avec la 18éme biennale de danse du Val-de-Marne)
Fabrice Lambert / Gaelle Obiegly
17 rue Robert Degert – Vitry-sur-Seine
01 46 58 24 29 / Tarif 5 euros

Jeudi 26 mars – 20h / Le Bal
Julie Desprairies / Thomas Clerc
6 impasse de la Défense 75018 Paris
01 44 70 75 56 / Tarifs 5 et 4 euros

Samedi 28 mars – 16h / Bibliothèque Robert-Desnos
(en partenariat avec le festival Hors limites)
Fabrice Lambert / Gaelle Obiegly
14 boulevard Rouget de l’Isle 93100 Montreuil
01 48 70 69 04 / entrée libre

En Région

Vendredi 13 mars – 19h / Médiathèque Hermeland
Yann Lheureux / François Beaune
rue François Rabelais – 44800 Saint-Herblain
02 28 25 25 25 / entrée libre

Jeudi 19 mars – 20h / Maison de la poésie 
Jonah Bokaer / Antoine Dufeu
Université / pôle Étudiant – chemin de la Censive du Tertre – 44000 Nantes
02 40 69 22 32 / entrée libre

Samedi 28 mars – 16h / Marathon des mots
Julie Desprairies / Thomas Clerc
Pavillon Blanc Médiathèque
4 place Alex Raymond – 31770 Colomiers 
05 61 99 64 01 / entrée libre
 

 
â–º Le festival Sidération met les artistes face à l’Espace. Pour sa cinquième édition consécutive, le festival Sidération, organisé, par l’Observatoire de l’Espace, se tiendra du 19 au 22 mars au siège du CNES (2, place Maurice Quentin 75001 Paris). Pendant quatre jours, le public pourra découvrir les créations d’artistes qui se sont confrontés aux « rêves, révoltes et révolutions » engendrés par l’aventure spatiale.

Sidération ouvre cette année ses portes à tous les champs artistiques. Le spectacle vivant est toujours au centre du festival avec trois jours dédiés dans la salle de l’Espace les 20, 21 et 22 mars. Danse, mise en scène, acrobatie, théâtre, musique, performance participative, ciné-concert sont autant de propositions qui contribuent à l’éclectisme et à la richesse du festival. Jeudi 19 mars aura lieu une soirée "arts et essais" avec des films d’artistes, emblématiques chacun d’un moment de rêve, de révolte ou de révolution lié à l’aventure spatiale. En accompagnement de la programmation de la salle de l’Espace, un grand « caravansérail de l’Espace » sera ouvert samedi et dimanche en accès libre et gratuit. Il accueillera des interventions de commissaires d’exposition, d’artistes, d’acteurs du monde spatial, de films, de créations sonores, de récits scientifiques, ou encore de lectures de textes historiques ou littéraires qui s’enchaîneront afin de plonger le public dans les multiples facettes du thème du festival. Les arts visuels seront également à l’honneur : quatre artistes inviteront le public dans" leur atelier " à découvrir leur travail en cours avec l’Observatoire de l’Espace.

Programme

Jeudi 19 mars

20h-minuit
– Art et essai
The Lebanese Rocket Society de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
Story Musgrave de Dana Ranga
Notre siècle de Artavazd Pelechian

Vendredi 20 mars

21h-23h
– Scène
Sur un air de Charleston de Gaël Mevel et Jean-Luc Cappozzo sur un film éponyme de Jean Renoir
Nous croire…
de Bruno Meyssat
Des aveugles
de Clyde Chabot
Qui ne dix mots qu’on sonne,
de Xavier Garcia

Samedi 21 mars


14h-21h

Entrée libre et gratuite
Le Caravansérail de l’Espace et ses Satellites avec le collectif d’artistes associés kom.post David Blair, Marie Quéau, Romaric Tisserand et Anaïs Tondeur, plasticiens

21h-23h – Scène
Accès avec les pass jour ou festival
Volia Panic de Alexis Forestier et Itto Mehdaoui
Petites rêveries de Compagnie Manie
Le vent reconnaîtra la pointure de mes pieds de Florent Trochel
L’Intrus-Mental
de D’ de Kabal et Franco Mannara

Dimanche 22 mars

12h-18h

Entrée libre et gratuite
Le Caravansérail de l’Espace et ses Satellites avec le collectif d’artistes associés kom.post David Blair, Marie Quéau, Romaric Tisserand et Anaïs Tondeur, plasticiens

16h-18h – Scène
Accès avec les pass jour ou festival
Le café de l’univers d’ Isabelle Bats
P…que c’est beau ! de Nadège Prugnard
Tout ce qui monte
de Claire Rengade et Cheval de 3
Sun Song remix
de Puce Muse

 

18 janvier 2015

[News] News du dimanche

Avant nos Libr-événements (Claude Favre et Maël Guesdon) et nos Libr-livres reçus (Kiko Herrero et Jean Rolin), notre Libr-débat, qui fait suite à la publication hier midi d’un texte de Pacôme Thiellement.

 

Libr-débat

Suite à la publication hier midi du texte signé Pacôme Thiellement, "Je suis Charlie : nous sommes tous des hypocrites !", nous tenons à remercier tous ceux qui, sur les réseaux sociaux, ont lancé et animé le débat de façon libre & critique. C’est d’ailleurs l’occasion de rappeler que, depuis son lancement, dans ses créations, ses chroniques et ses News, le polyphonique Libr-critique a pris ou donné la parole sur de nombreux sujets brûlants. Ainsi avons-nous déjà mis en ligne trois posts différents sur les récents événements.

Oui, le texte de Pacôme Thiellement, parce que polémique, pose problème. Du moins, dans une société régie par la bien-pensance et la positivité. Le problème, dans notre monde politiquement correct, c’est que l’on finit par ne plus rechercher que des "messages" entendus au premier degré… Exit la polysémie, le second degré, le satirique, le philosophique, l’esthétique… La morale, toujours la morale, rien que la doxa moralisatrice.

Ainsi, ce texte ferait le jeu de l’extrême-droite, participerait au french bashing… serait stupidement moralisateur et dangereux au sens où il tomberait dans un essentialisme manichéen, un réductionnisme identitariste… Mal écrit, mal pensé.

L’excès polémique ressortirait-il à l’extrémisme ? L’affect serait-il infect ? Le "Nous" est ici une façon de nous amener à réfléchir sur notre mauvaise conscience, notre mauvaise foi : proclamer "Je suis Charlie !", n’est-ce pas aussi – en plus d’une cruciale mobilisation pour la défense de nos libertés, d’un formidable élan de solidarité/fraternité, etc. – une façon de se donner bonne conscience, la majorité d’entre nous ayant baissé la garde ou ayant renoncé à revendiquer l’esprit critique, la libre pensée, la rationalité contre la religiosité galopante ? L’idéologie marchande, l’ultra-libéralisme favorisent-ils l’esprit de 89 ? L’individualisme de masse est-il compatible avec l’esprit frondeur et les idéaux de 89 ou avec les particularismes des anti-Lumières ?

Derrière la façade idéaliste, ne sommes-nous pas en train de tomber dans le Tout-secturitaire (Au secours, la Sécurité est quand même préférable à la Liberté !), dans un manichéisme inadmissible (l’innocent Occident victime du terrorisme islamiste/oriental) ?

Voici quelques questions que nous pose ce texte qu’on se doit d’appréhender dans sa spécificité littéraire.

Fabrice Thumerel

Comme souvent chez Pacôme, il ne s’agit pas de répondre par un degré analytique ou de rationalité classique, mais par la nécessité abyssale (mystique, métaphysique ,…) de se confronter et de faire sentir l’écart, la sismographie irrationnelle de certains mouvements de pensée et de l’âme, de type altération syncrétique, ou d’illumination syncrétique fort peu basée sur des éléments étayés, objectivés ; j’y entrevois ainsi davantage le résultat d’une réaction que la tentative d’y cerner des causalités, des apparentements, des filiations et des jonctions peu orthodoxes. Il n’y a pas en tant que tel de systématique, ou de systémisme. Il y a, par contre, une intrication violente de s’ex-purger de ce qui nous a conduits à tel aveuglement, ou glisser dans tel mécanisme de renoncement, avec l’insistance de biais, dépliant tout un champ focalisé de pensée aveugle. Certains ont cru y déceler de la folie, en oubliant ou minorant au passage que toute pensée émise dans sa radicalité ressort d’un trouble du comportement. Alors, oui, ce qui n’était qu’une tentative d’épuiser les formes de ce mal aveugle, partagé, endossé, se décline en des formes bien contradictoires.

J’ai souvent retrouvé ces caractéristiques dans la matière des écrits divers de Pacôme. Il n’est guère étonnant de voir figurer ou pressentir quelques traits non pas tant d’essentialisme que de réductionnisme, de détails qui renversent la perspective, mais qui n’ont en fait que peu à voir avec la binarité que l’on semble lui conférer. Il est à lire dans ce Geste d’arrachement, de tentative d’irruption, ou d’extraction de cette gangue, qui ne porte pas tant sur l’indélicatesse ou la régularité de la rédaction de Charlie, de la ligne tenue durant des années, mais par une compression radicale du monde de la postmodernité qui creuse et rédime ce qu’elle englobe et annule dans des formes indifférenciées d’unités vides, proliférantes et désincarnées, le social ne se faisant plus là tellement où il devrait être opéré, dé-territorialisé, noué, renvoyant par effet de miroir déstructurant les effets d’inégalités dans les discours et les actions portées, recouvrant les plans d’ une inégalité fondamentale, sournoise et d’autant plus flagrante. C’est cela dans ce geste qui peut prêter à confusion, et c’est là aussi, me semble-t-il, cette force confusionnelle, par la mise en tension d’une langue qui est toute et indivisible, sauf rationnelle et dialogique, qui n’escamote pas les pans usuels de la dialectique, mais qui a ce travers et cette vitalité du poème de combat dans la désertion et critique de certaines valeurs, et qui pourtant parvient à faire voir, sentir, cette singularité. Maladroitement. Dans l’adresse sans adresse, ou dans l’Adresse d’un trop d’adresse, en son tropisme inclusif, confuse de ce Nous qui sommes. Un Nous : sommation qui génère en toute logique de la dissension. Ce qui semble paradoxal, que ce texte-réaction ne refuse pas le conflit, et le porte même à une certaine incandescence qui dérange, qui désarme, par cette inclusion diffractée du Nous. Il ne vise pas un schéma explicatif commun, par une série de comparatismes historiques et géopolitiques construits a posteriori, son audace et terrible ouverture semble ailleurs, visant à faire sentir une sorte de mauvaise conscience en acte, non pas relevant de je ne sais quelle domination symbolique plus ou moins masquée, qu’il y a toujours ce risque d’hybridation des petits essentialismes dans ces recours incessants à la perte de repère, entre masse et individus, d’intuition ou de vibration qui justement ne se plie pas aux purs outils rhétoriques. Pâcome se situe dans ces frontières-là. Dans ces passages-là. Dans ces transitions-là, que le rapport au capitalisme intégralisé dans ces frictions d’images ne permet plus de moduler, ni de médier. Et chacun sait si bien sa connaissance fine des mondes de l’islam en la finesse de ses traditions pour le réduire à jamais ce qu’il n’est pas.

S’il y a un versant de néo messianisme ou de fond archaïque sacrificiel dans cette parole, ce pourrait être celui de la réforme de soi à mener, un rite à tenter, à vivre, entre rire et possession, pour reprendre des catégories ou des pratiques si peu rationnelles, que parvient à matérialiser le calibrage de cette adresse, dans sa radicalité touchante, sorte de cri de douleur expédié au vaste monde. Car il faudra la porter au cœur, cette impérieuse dissension, cette contradiction auto-génératrice. Un Nous désormais nus, qui englobe dans ce questionnement éthique de la responsabilité. Un Nous qui ne métaphorise pas. Un Nous qui n’élide pas. Mais un Nous que nous pourrions considérer comme incubateur. Comme intégrateur à ne pas désolidariser devant tant d’effroi. Qui n’anthropologise pas. Un Nous qui reste dans les remous du confusionnel. Car de ce confusionnel, sortira peut être les fondations d’une mise à distance de cet horizon jugé comme indépassable par les tenants de qui retiennent encore ce Nous … Que ce Nous qui figure cette part inclusive de l’autre de nous-mêmes rendant encore plus critique cette projection folle et incomplète d’une herméneutique du sens, alliée d’une conscience critique des ravages du néo-capitalisme, représentant cette réaction totalement inversée de ce Nous sommes victimes, face aux mécanismes d’assujettissement et de paupérisation, et de variabilité de positionnement dans des discours.

Ce que tendait à être signifié, c’est que ce corps social, clivé, divisé, particularisé, laminé, pris dans les effets de structures de masses de la bombe à retardement, est parlé avant d’agir, mais qu’il a déjà été blessé, lésionné, inscrit dans les chaînes par cette part antécédente d’aveuglement dans l’énonciation même de ce Nous qui sommes. Dans la sommation. Alors, que serait-on tenté de retenir de ce Nous ? ! A quel démon tentateur devrions-nous rendre compte ? Rien de tout ceci. Mais à des formes de reconnaissance de lutte pour l’égalité qui s’exercent selon des plans asymétriques et asynchrones. Qu’il y aurait bien des connexions à faire dans la conversion des détails, à analyser, mettre en rapport ; mais force est de reconnaître que là n’était pas le dessein.

Sébastien Ecorce

 

Libr-événements

â–º Jeudi 22 janvier à 19H30, rencontre – Lecture avec Maël Guesdon pour la sortie de Voire aux éditions Corti.

http://www.jose-corti.fr/titresfrancais/voire-mael-guesdon.html

11 rue de Médicis | 75006 Paris

â–º Vendredi 23 janvier à 19h30, Rencontre avec Claude Favre : (lecture et) Tentative de conversation – Sismographie du "bruit du temps" (Mandelstam), par rapts et concrétions, d’argots divagations et blagues à la gomme, carambolages étymologiques, structures accidentées, en basses fréquences, pour capter les micro-séismes, mettre au jour les effets du désordre que charrie l’ordre.

Librairie TEXTURE
94, Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris
01 42 01 25 12

Libr-livres reçus (Périne Pichon)

â–º Kiko Herrero, ¡ Sauve qui peut Madrid !,  P.O.L, octobre 2014, 288 pages, 16,90 €, ISBN : 978-2-8180-2140-8.

« Sauve-qui-peut », c’est généralement le signal de la fuite. Cri au secours ou cri du « chacun pour soi » qui succède à une situation désespérée.

Madrid sous Franco, voilà le cadre de l’enfance du narrateur. L’enfance d’abord, qui regarde les obscurités et les étrangetés du monde des adultes, encore incompréhensibles, parfois fantastiques : baleine transportée au milieu de Madrid, enfants-monstres mis en bocal et la surnaturelle Catherine Barthélémy… Puis Madrid après Franco. Explosion de l’Espagne qui subit une révolution politique et culturelle. Sauf qu’avoir la liberté d’exprimer ses opinions et ses désirs ne donne pas les clefs pour les comprendre, surtout dans une société longtemps figée dans un carcan répressif au nom de la soi-disant moralité.

Le narrateur raconte cette Espagne qui change à travers Madrid et la vie de sa famille, le tout par séquences de chapitres brefs, comme des flashs. On est face à une avalanche de souvenirs, commentés un à un : la tante Gigi, chroniqueuse de la famille, ou la Abuela Pepa et ses éternelles robes de chambre. Les scènes sont croquées souvent avec humour, parfois avec désarroi, car comme toute explosion, celle de l’après Franco fait des victimes. Après l’électrochoc de la liberté, le choc et la crise. Fuir Madrid est une solution. Raconter l’Espagne et ses crises, une autre, voire un moyen de renverser le « sauve-qui-peut » en sauvetage de Madrid.

 

Blondes, brunes, vieilles ou jeunes, elles sont sur leur trente et un. Un trente et un bien étrange : chacune porte una bata, une robe de chambre, flambant neuve ! Tous les ans à Noël, elles s’achètent un nouveau modèle. Le jour de l’épiphanie, elles l’étrennent et vont d’appartement en appartement buvant champagne catalan, muscat, ou café.

 

â–º Jean Rolin, Les Événements, P.O.L., janvier 2015, 208 pages, 15 €,  ISBN :  978-2-8180-2175-0.

Si avec des « si » on met Paris en bouteille, pourquoi ne pas imaginer Paris sens dessus dessous suite à une guerre civile ? D’obscurs groupuscules politico-religieux, des ONG dépassées dont les membres cherchent le profit et la survie, des paysages revisités sous l’optique d’un conflit interne.

Le narrateur, familier du paysage, ne perd pas son temps à décrire le pourquoi du comment des villes désertées et des affrontements entre les milices. Les situations qu’il décrit n’en paraissent que plus tragico-absurdes, comme son voyage en pays désolé pour livrer un mystérieux traitement médical au chef d’un parti politique. Notons que le narrateur semble exempt de tout parti-pris idéologique, il observe les événements avec une ironie qui perce parfois malgré lui et se laisse porter par le courant. Ce courant, dont le mouvement est souvent influencé par les intentions d’autrui, lui fait traverser la France.

Au-dessus du narrateur, il y a le Narrateur. Ses interventions occupent un chapitre ici et là entre les pérégrinations du personnage. La distance ironique s’en trouve augmentée au point d’inclure les faits, gestes et pensées du narrateur 1, à première vue bien connu de Narrateur 2. Toutefois, le ton de ces deux voix reste sensiblement le même, provoquant une différence de cadrage plutôt que de point de vue.

Finalement, Les événements a quelque chose d’un road movie, ou plutôt d’un road book. Du début à la fin, le narrateur 1 parcourt les routes, et observe avec attention les paysages qui les bordent. Un aperçu de l’intérieur d’une France en guerre.

 

Tandis que, lorsque nous retrouvons le narrateur, au volant de sa Toyota, stationnant brièvement sur ce parking, afin de vérifier que les tirs de chevrotine qu’il croit avoir essuyés, plus tôt dans la matinée, n’ont pas fait de trous dans sa voiture, le même paysage de plaine céréalière, au sortir de l’hiver, présente une coloration plus terne, plus terreuse, outre que sa profondeur est limitée par une brume peu dense mais qui tarde à se lever.

18 mai 2014

[News] News du dimanche

Programme très chargé ce soir : après deux livres reçus (On sait l’autre d’Édith AZAM et Du bitume avec une plume de SKALPEL), nos Libr-événements (Polyphonies de Rennes, Théâtre à Toulouse, "Chantier" à Arras, Supersonique Littérature à Angoulême, retour du Général Instin…).

 

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

Édith AZAM, On sait l’autre, P.O.L, 160 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-2094-4.

"Toujours la vieille affaire : le langage, le corps : l’autre" (p. 33).

Dehors : trois chevaux, "chevalos-cadavres" qui "se chevalopent" (26-27)… Dedans : la Nausée… On sait l’autre est un agencement répétitif qui s’interroge sur le processus d’identification dans un monde aliénant, sur notre rapport à L’AUTRE… En ce temps de Nausée hypermoderne, l’Autre ce n’est pas l’Enfer, mais l’éboulement, l’effacement, le guêpier

Le texte nous indique lui-même sa propre dynamique scripturale : "Parler le vertige des oiseaux. Écrire des phrases courtes que l’on tourne jusqu’en boucle pour qu’elles nous relèvent ou, pourquoi pas, en inversant les lettres, qu’elles : nous révèlent. Le vertige nous parle des oiseaux" (22). On notera ici le trait idiosyncrasique d’Édith Azam : les deux points servent à rythmer la phrase, à la dramatiser, finissant par provoquer une vision épiphanique. Deux autres exemples : "Toutes les vies nous les volons pour prendre à l’autre son visage : on ne fait pas si vite face : à son absence : d’identité" (37) ; "[…] l’homme est la plus belle nature : morte" (101).

 

SKALPEL, Du bitume avec une plume, Al dante, 40 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-769-6.

Voici un texte-cri salutaire qui entend donner voix aux marginaux. On ne peut s’empêcher de citer quelques saillies d’anthologie : "Le métro ou le RER, ça peut être dangereux. T’as des justiciers qui attendent de passer à l’action" (9) ; "On tape sur le plus faible quand on n’a pas le courage de se révolter contre celui qui nous opprime réellement. Un vieux classique de l’histoire des dominants" (19) ; "[…] cet enfoiré de crasseux réactionnaire de Houellebecq. Un petit écrivain-éditocrate-réactionnaire pour bourgeois hystériques et dissidents frustrés d’extrême-droite" (24) ; "Ne me parlez pas de nature humaine à la con. Rien à foutre de ça" (39)… Dommage, néanmoins, que ce soit trop brut de coffre.

 

Libr-événements

â–º POLYPHONIES Rennes, du 23 au 25 mai à la Maison de la poésie (47, Allée Antoine Rebillon à Rennes / 02 99 51 33 32) : ouverture le vendredi 23 à 18H30, puis inauguration de la fresque poétique ; samedi 24 mai à 20H30, lecture de Christian Prigent au Jardin de la Maison de la Poésie / Péniche spectacle, et dimanche 25 mai à 15H celle de Dominique Quélen… Et aussi : Laure Limongi et Olivier Mellano, Pascal Commère…

â–º En Compagnie des Barbares présente une soirée en deux temps et une exposition au Théâtre du Grand Rond à Toulouse du 20 au 24 mai 2014 à 21h : CRI & CO, d’après le recueil de Christophe Macquet publié par Le Grand Os en 2008, suivi du TAROT DES FÉTICHES (tirage de tarot pour une personne à la fois d’après le jeu de lames de Karine Marco et les poèmes d’Ana Tot).

Retrouvez les livres de Christophe Macquet, Ana Tot et Karine Marco au coin librairie du théâtre

Réservations et infos / Théâtre du Grand Rond : Tél : 05 61 62 14 85

â–º Du 26 mai au 5 juin, "Chantier (œuvre en cours)" >> Workshop de MIET WARLOP / Être lieu (21, Bd Carnot à Arras)


Lundi 26 mai – chantier #1 (Vernissage à 18h)
Mardi 27 mai – chantier #2
Merc. 28 mai – chantier #3

(Chantier ouvert au public à 18h)

>> Lundi 2 juin à 17h
SECRET CHANTIER ( 60 ’)
Un film de Catherine Lefebvre
Film réalisé en 2007 aÌ€ l’occasion de la rénovation du Channel, SceÌ€ne Nationale de Calais. Catherine Lefebvre, la réalisatrice, a obtenu du directeur artistique Francis Peduzzi une carte blanche et un terrain de jeu de tous les possibles, ainsi que l’accord des ouvriers qui travaillaient dans ce grand chantier. MeÌ‚lant documentaire fictif et réalité, elle invite les protagonistes aÌ€ entrer dans sa danse, dans son jeu. Ce film a été projeté lors de l’inauguration du nouveau Channel.

>> Mardi 3 juin à 17h
CHORÉGRAPHIES CONTEMPORAINES : LE DÉSOEUVREMENT AÌ€ L’OEUVRE ( 60 ’)
Conférence de François Frimat
auteur de Qu’est-ce que la danse contemporaine ? Presses universitaires de France

>> Jeudi 5 juin à 20h 30
SPRINGVILLE ( 60 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Miet Warlop entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

Dans Springville, nous assistons aÌ€ la métamorphose d’un micro univers dans lequel les personnages mi-hommes, mi-objets tentent de cohabiter et de conjuguer leurs efforts. Obéissant aÌ€ une logique absurde, ces créatures disproportionnées nous émeuvent par leur dysfonctionnement exprimé dans un langage visuel poétique qui respire le chaos, crée le suspense et force l’étonnement. Peu é peu, elles changent de physionomie pour former une série de tableaux vivants, anarchiques mais muets, qui prolifeÌ€rent aÌ€ l’infini. Springville est une performance dans laquelle l’image prime. La scénographie, les costumes, les attributs et les personnages sont inextricablement liés et se confondent.

>> La thématique “ EN CHANTIER “ ouvre aÌ€ d’autres expériences (pédagogiques et artistiques) qui seront présentées dans les espaces arts plastiques annexes :

LES BERGERS DE HEILPALEN ( 16 ’)
Film réalisé en 2006, “ Les bergers de Heilpalen “ nous montre l’étrange métier de Jos et Dominique au milieu d’un chantier. Catherine Lefebvre emploie le vocabulaire du documentaire et nous fait découvrir l’intimité de ces deux bergers singuliers.

CHANTIERS DE CREATION : DE LA POSSIBILITE DE RESTITUER UN SPECTACLE THEATRAL
Le spectacle NO US (ouÌ€ vont tous ces gens qui marchent sans regarder) de la compagnie québécoise “Les productions Alfred avait raison“ fut présenté le 3 avril aÌ€ la suite d’une courte résidence aÌ€ L’eÌ‚tre lieu en partenariat avec l’université d’Artois et le festival ARSEÌ€NE 2014. Photos, vidéo, témoignages… proposeront la restitution aÌ€ distance
de ce chantier de création.

CHANTIER MATERNELLE : FACE A SPRINGVILLE
ApreÌ€s avoir visionné le spectacle “ SPRINGVILLE “ de Miet Warlop, les enfants de l’école maternelle Florent Delattre aÌ€ Anzin-Saint-Aubin ont inventé leur propre chantier. Diffusion de la vidéo qui relate cette expérience pédagogique.

Dans le cadre des Ch’mins de Traverse, d’autres événements sont aÌ€ découvrir :

LA PART DU RITE ( 40 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Latifa Laâbissi
Jeudi 5 JUIN à 19h 00
MUSEE DES BEAUX-ARTS D’ARRAS, 22 rue Paul Doumer 62000 ARRAS Entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

BIG BAD COLD ( 40 ’)
Une performance de Miet Warlop et 8 performeurs
Dimanche 1er JUIN à 15h 00
ACCEÌ€S LIBRE ET GRATUIT
LA BRASSERIE d’art, 5 rue Basse 62111 Foncquevillers – www.artbrasserie.com Navette gratuite au départ de l’eÌ‚tre lieu aÌ€ Arras, 21 Bd Carnot aÌ€ 14h 00 réservation obligatoire : 09 54 68 69 04

Programme détaillé : http://fr.calameo.com/read/0001067128afe3e768676

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

 

â–º Du 30 mai au 8 juin 2014, exposition et performances – littérature, street-art, sons… performances vendredi 30, samedi 31 mai, jeudi 5, vendredi 6, samedi 7 juin à 20 h ; vernissage samedi 31 mai à 19 h / galerie ouverte tous les jours sauf lundi de 15 h à 19 h (22 bis rue Dénoyez 75020 Paris, métro Belleville) : avec + de 30 artistes, et la participation d’élèves du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes

Général Instin (GI) revient prendre d’assaut la rue Dénoyez et son mur dévolu au street-art à Belleville.

Point de départ de l’événement : une œuvre de Vincent Tholomé et Maja Jantar présentée dans la galerie, Conquête du pays Ugogo, carte dessinée retraçant l’exploration d’un pays exotique imaginaire par une bande de soldats qui remontent un fleuve vers sa source pour y disparaître.
Pour cette deuxieÌ€me édition d’Instin Belleville, écrivains et street-artistes collaborent à la création d’une fresque monumentale sur le mur de la rue Dénoyez, reprise en écho dans la galerie du 22 Bis. Performances, lectures, musiques ponctuent ce joyeux cérémonial. Au total, une trentaine d’artistes sont mobilisés pour fêter la déroute légendaire de leur Général.

Programme

Exposition et performances, galerie et mur rue Dénoyez, 30 mai au 8 juin
Delphine Bretesché, Mathieu Brosseau, Marie Decraene, Alexis Forestier, Maja Jantar, Sunny Jim, Itto Mehdaoui, Jérôme Mesnager, Pedrô !, SP 38, Vincent Tholomé
journal de Benoît Virot
et travaux d’élèves de 1re du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes, classe de Sébastien Rongier

Lectures / performances / musique etc. à 20 h
vendredi 30 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Marlène Jean, Cécile Portier, Lucie Taïeb, David Tuil
samedi 31 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Maël Guesdon, Marlène Jean, Anthony Poiraudeau, Marie de Quatrebarbes, David Tuil
jeudi 5 juin Séverine Batier, Christophe Caillé, Sylvain Granon, Alice Letumier, Anne Savelli, Joachim Séné
vendredi 6 juin Jean-Philippe Gagnon, Maja Jantar, Christophe Manon, Vincent Tholomé
samedi 7 juin Delphine Bretesché, Juliette Mézenc, Mathilde Roux, Benoît Vincent

festival proposé par Patrick Chatelier et SP 38, avec Nadege Derderian
photographies Thierry Lainé

Général Instin,

projet artistique ouvert, initié par l’écrivain Patrick Chatelier et inspiré du vitrail tombal du général Hinstin (1831-1905) au cimetière Montparnasse, existe depuis 1997 et compte près de 150 participants, en majorité écrivains mais aussi plasticiens, street-artistes, musiciens, vidéastes, comédiens…
Général Instin est une suite de gestes artistiques qui se répondent et se complètent, toujours en devenir.
C’est aussi un soldat fantôme, spectre du véritable général Hinstin (par ailleurs totalement oublié).
C’est le personnage en train d’apparaître (ou disparaître) d’une fiction collective.
C’est une réplique du processus de création avec ses incertitudes, ses tâtonnements, ses impasses.
C’est une prolifération formant comme un paysage géologique qui grandit de ses dépôts successifs.
Quoi d’autre ? Chacun a son Général.

La quête de l’Aïeule universelle

En filigrane, avec la mémoire et la guerre comme lignes thématiques, le projet Instin fait référence aux tragédies passées dont nous sommes les héritiers : conflits mondiaux ou génocides, par exemple. La Conquête du pays Ugogo (ugogo signifie « aïeule » en zoulou), progressant vers le cœur des ténèbres, pourrait ainsi évoquer la colonisation. Cet arrière-plan de la folie humaine, soumis à la distance artistique, est détourné selon des voies parfois graves, parfois loufoques. Le soldat Miguel de Cervantès avec son Don Quichotte ne faisait pas autre chose.

Exploration de formules nouvelles, utilisation de nombreux supports réels ou virtuels, fabrique multidimensionnelle de déplacements, associations inédites entre matières, entre formes, entre disciplines, entre populations, entre artistes et non-artistes, sont des leitmotivs du GI.
De l’épars, du fragment, du diffracté, du paradoxe, composons une force : composons un réseau, une nébuleuse, une mouvance. Pour conquérir les moyens de combat et de résistance du XXIe siècle.

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