Libr-critique

15 septembre 2019

[News] News du dimanche

Pour cette seconde quinzaine de septembre, nos Libr-événements nous emmènent au Festival ActOral (Marseille) et à la Maison de la poésie Paris. Mais auparavant, retour réflexif sur le Festival EXTRA! puis notre rubrique « En lisant, en zigzaguant », qui se nourrit de deux nouveautés extraordinaires de Tinbad (signées Jacques Brou et Jacques Cauda !)…

Libr-retour sur le Festival EXTRA! /FT/

Le bien nommé Festival EXTRA! vient de s’achever au Centre Pompidou. Rien à redire : sous l’impulsion de son dynamique directeur, Jean-Max Colard, cette 3e édition fut réussie – avec un programme et des rencontres extraordinaires. C’est le genre d’événement qu’il faut soutenir (et LIBR-CRITIQUE l’a fait dès 2017) et réitérer pour la création contemporaine.

Mais pourquoi diable avoir sous-titré ainsi cette initiative ambitieuse : « Le Festival de la littérature vivante » ? Faute de précaution et de rigueur, la trop grande extension de la notion aboutit à sa dissolution : comment caractériser précisément une « littérature vivante » ? Quel degré de pertinence l’épithète « vivante » peut-elle bien présenter ?
Certes, à l’époque de la poésie action (au sens large du terme), les poètes expérimentaux militaient en faveur de la « poésie vivante » : c’était de bonne guerre, il fallait bien sortir de la tyrannie du livre. Mais, sans faire de procès d’intention envers qui que ce soit, on peut considérer que, comme souvent dans ce cas, les présupposés (souvent implicites et plus ou moins involontaires) sont révélateurs de l’aire du temps : si la « littérature vivante » s’oppose à la littérature morte, à quoi cette dernière correspond-elle ? Assurément à celle du passé, c’est-à-dire à celle du livre. Exit la littérature publiée en volumes, vive la littérature scénique ! On nous explique du reste que cette riche « littérature vivante » se définit comme un « spectacle live » qui réussit à déplacer les lignes… Quelles lignes ? Assurément, celles entre le pôle autonome et le pôle commercial.
Déplacer les frontières n’est donc plus l’apanage des avant-gardes : en un temps où l’injonction néo-managériale nous incite à sortir-de-notre-zone-de-confort, la machinerie spectaculaire nous somme de faire-bouger-les-lignes (cliché footballistique annexé par le discours dominant)… Ce mouvement de spectacularisation qui nous plonge dans un éclectisme profitant aux pêcheurs d’eaux troubles est somme toute logique : il a fallu un demi-siècle pour que le recyclage des avant-gardes débouche sur l’institutionnalisation du vivant.

En fait, rien ne sert d’opposer les camps : dans la querelle entre littérature écrite et littérature scénique, il importe de défendre l’inventivité,  dans la mesure où il y a un académisme du livre comme il y a un académisme des « performances »… Ce qui compte, c’est la vie comme créativité, et elle peut se trouver dans les livres comme partout ailleurs et quel que soit le support… Cela étant dit, le débat restera ouvert, vu les querelles pour imposer telle ou telle définition des formes vives.

© Photos : Christian Prigent ; Agence de notation (animée par Christophe Hanna), chargée d’évaluer le fonctionnement du Jury Heidsieck.

En lisant, en zigzaguant…

♦ Moi cauda du latin cauda « la queue » car malsain de corps et d’esprit et malsain de queue dit cauda dit aussi le vénéneux moi qui ne crois qu’au mal car malsain de queue au bout d’un corps qui ne croit en rien ni au nom du père ni au sain d’esprit moi au nom du fiste je dis ici en toute innocence que je suis comme la flèche du Parthe décochée à cheval sur la queue du cheval c’est-à-dire en cauda forcément venenum

Jacques CAUDA, Profession de foi, Tinbad,
septembre 2019, 18 €, p. 55.

♦Quand hommemorts vivent vies données & faites par autres, envie les quitte de penser quoi que ce soit méchant, sale ou même impoli. Disent le merci, continuent de glisser & dévalent. Remontent 1 fois la pente avant le naître puis se précipitent vers ne savent quoi. Disparaissent à fur & mesure que vivent et ne savent où vont vies et heures de vie déjà vécues – dans quel trou ? Quel mou ? Égout ? Dans quelle poubelle ?

Jacques BROU, La Histoire du Hommenfant, Tinbad,
septembre 2019, 18 €, p. 58.

Libr-événements

â–º Festival ActOral : programme du 20 septembre au 12 octobre 2019.

♦ Samedi 28 septembre à 15H, Montévidéo à Marseille (3, impasse Montévidéo) : Liliane Giraudon et Robert Cantarella, « Le Travail de la viande ».

Le travail de la viande est constitué de sept textes, sept formes très différentes, appelées à explorer ce que peut être aujourd’hui une littérature de combat. Pour cette lecture performée, Robert Cantarella s’attèle à l’un d’entre eux : le dramuscule, « Oreste pesticide ».

« En lisant Liliane Giraudon, depuis le temps, j’entends une voix qui me parle, me dit les mots que je lis. Tout cela sans corps prévu, même le sien, ne va pas forcément avec. Sacrée histoire, la voix sans corps, ou la voix qui ne va pas avec. On connaît la déception d’une voix qui ne va pas avec. Je ne la voyais pas comme ça, dit-on (…).

Passer à la voix haute est toujours une déliaison, une opération de déliaison contre toutes les voix qui jusque là se sont tues, pour le bien du texte, pour le bien du lecteur. Alors pour la première traduction du texte écrit en texte dit, tout seul, au festival actoral, j’ai peur, donc j’ai envie ».

♦ Lundi 30 septembre à 20H, Montévidéo à Marseille (3, impasse Montévidéo) : Aldo Qureshi, Barnabas

Les 98 poèmes de Barnabas font écho aux 105 poèmes de Made in Eden (éditions Atelier de l’agneau, 2018), voyage à travers le territoire intime, sous l’entité microcosmique d’un immeuble, où chaque appartement pourrait être un poème, chaque pièce une excavation dans l’espace du corps poétique, chaque habitant une part d’un seul individu, un repli de lui-même, un revers de l’entendement à exhiber ou à cacher, c’est selon.

► Du côté de la Maison de la poésie Paris :

♦ Samedi 28 septembre à 16 H : à propos du dernier numéro de la revue Po&sie
Cette séance sera consacrée au dernier numéro de la revue Po&sie « Des oiseaux » composé avec Jacques Demarcq, le poète des Zozios. Dans le moment de la plus grande urgence écologique, la revue tient à marquer sa différence. Les poètes, écrivains, historiens et philosophes conviés à participer au numéro ne se contentent pas seulement de célébrer les oiseaux, de les prendre comme des motifs, comme des lucioles clignotant au moment de leur disparition. L’oiseau relance plutôt la rage de l’expression. C’est un défi à la poétique – la relance périlleuse d’une question de principe : quelles sont les chances de la poésie, comment peut-elle inscrire une langue neuve dans la voix ?

Avec Michel Deguy, Claude Mouchard, Martin Rueff, Jacques Demarcq, Florence Delay, Jacques Roubaud, Jean-Louis Labarrière…

Po&sie, n° 167/168 : « Des oiseaux », Belin, 2019.

2 juin 2019

[News] News du dimanche

En cette semaine du 37e Marché de la poésie, fi du « marché » mais vive la poésie ! Avec un « Pleins feux sur les éditions Plaine page », une sélection de RV parisiens, le lancement des éditions L’Usage… Sans oublier le FESTINA LENTE !

â–º Pleins feux sur PLAINE PAGE :

► Du mercredi 5 au dimanche 9 juin, 37e Marché de la poésie : suite à notre présentation générale, voici maintenant quelques RV précis :

Stand 110/112 : Les Presses du réel / Al dante + éditions de l’Attente + Plaine Page… 202 : éditions Corlevour / revue NUNC

Les Inaperçus, Le Murmure – éditeur à la marge et les Editions La Contre Allée : stand 609.

Dédicaces : jeudi 6, de 17h00 à 18h00 = Sereine Berlottier et Jérémy Liron pour Habiter, traces & trajets | Les Inaperçus ; samedi 8, de 16h à 17h = Sereine Berlottier pour Habiter, traces & trajets | Les Inaperçus ; de 17h à 18h = Isabelle Bonat-Luciani pour Des Rendez-vous | Les Inaperçus…

► Vendredi 7 juin à 17H30 (podium face place Arlette et Pierre Albert-Birot), remise du « Prix de la Revue Nunc » aux deux lauréats de cette troisième édition 2019 dans les catégories « Poésie française » &
« Poésie étrangère ».

Sont toujours en lice au deuxième tour, dans la catégorie « Poésie française » :

– Flora Bonfanti pour « Lieux exemplaires », aux Editions Unes
– Cédric Le Peven pour « Juste un arbre Juste », aux éditions Æncrages & Co
– Virginie Poitrasson pour « Le Pas-comme-si des choses », aux Editions de l’Attente
– Hélène Dorion pour « Comme résonne la vie », aux Éditions Bruno Doucey
– Pierre Vinclair pour « Sans adresse », aux Éditions Lurlure
– Sébastien Fevry pour « Solitude Europe », aux éditions Cheyne
– Isabelle Lévesque pour « Le fil de givre », aux éditions Al Manar
– Sanda Voïca pour « Trajectoire déroutée » aux éditions Catherine Tourné Lanskine

Sont toujours en lice au deuxième tour, dans la catégorie »Poésie étrangère » :
– SYRIE : Hala Mohammad pour « Prête-moi une fenêtre », aux éditions Éditions Bruno Doucey (traduction de l’arabe par Antoine Jockey)
– USA : Juliana Spahr pour « Va te faire foutre – Alola – Je t’aime », aux Editions de l’Attente (traduction de l’anglais par Pascal Poyet)
– IRAK : Kadhem Khanjar pour « Promenade ceinturé d’explosif », aux Éditions de la Crypte (traduction de l’arabe par Antoine Jockey)
– IRAK : Mazin Mamoory pour « Cadavre dans une maison obscure », aux éditions Catherine Tourné Lanskine (traduction de l’arabe par Antoine Jockey)
– POLOGNE : Jakub Kornhauser pour « La fabrique de levure » aux éditions Catherine Tourné Lanskine (traduction du polonais par Macor-Filarska Isabelle)
– ARGENTINE : Juan Arabia pour « L’Océan est avare », aux éditions Al Manar (traduction de l’espagnol par Jean Portante)

â–º Mercredi 5 juin, RV avec Jacques Bouveresse :

â–º

Jean-François Puff vient de créer une maison d’édition de poésie, avec une petite équipe : ils présenteront L’usage le 6 juin avec une lecture de Jacques Roubaud et de Lola Créïs, qui a traduit Ron Padgett. Les deux livres sont écrits à partir de Reverdy, figure tutélaire : Jacques Roubaud, avec les mots de Reverdy ; Ron Padgett, dans une sorte de suscitation de la figure du poète, qui passe notamment par un voyage en France, sur ses traces. Le programme éditorial de la maison tient dans la citation de Wittgenstein qui lui donne son nom : « Les mots d’un poète ont le pouvoir de nous traverser de part en part. La cause en est liée naturellement à l’usage que ces mots ont dans notre vie. »

â–º Samedi 15 juin, FESTINA LENTE au Cirque électrique (Paris) – 20h30 :
POESIE SONORE – PERFORMANCES SONIQUES
Martin Bakero (Chili-Fr)
Eduard Escoffet (Esp)
Maja Jantar (Pologne-Belgique)
Hortense Gauthier (Fr)
Joel Hubaut (Fr)

3 décembre 2017

[Création] Maja Jantar et Vincent Tholomé, Une oreille

« Une oreille », c’est une affaire sonore réalisée depuis Québec par Maja Jantar et Vincent Tholomé. Réalisée à l’aide d’objets trouvés sur place, dans la neige, dans les rues. Des pierres, des bois, des petites voitures, des barres métalliques, une table de jardin, une boîte métallique, etc. Petits objets qu’on fait sonner. Petits objets dont on joue comme autant d’instruments de musique. « Une oreille », ce sont textes aussi. Directement inspirés de « profils » que l’on trouve sur les sites québécois de rencontres ou d’agences matrimoniales. Ou improvisés à partir des objets trouvés sur place. « Une oreille » parle donc d’amour. De désirs. De premières rencontres.

« Une oreille », c’est un extrait d’un travail en cours. C’est avec Maja Jantar (chant, voix, texte, boîte métallique, pinceau, pierre, tasse à thé, théière) et Vincent Tholomé (voix, texte, table de jardin, barres métalliques, papier, élastique, petite voiture jaune). Et ça s’écoute ici : "Une oreille".

22 octobre 2015

[Création] Maja Jantar et Vincent Tholomé, Lunalia la honte (4/4)

Nous sommes heureux de vous proposer la troisième série de huit capsules sonores : ici. [Écouter la troisième série] [Écouter la deuxième série] [Écouter la première série]

« Lunalia » est un projet conçu en 2012 par Maja Jantar et a rawlings. « Lunalia » consiste à fabriquer de courtes capsules sonores, une par nuit, durant le mois lunaire. De pleine lune à pleine lune. « Lunalia » mêle chants, mots, musiques et bruits. « Lunalia » se fait en duo. Chacun, chacune, dans son coin, fabrique un bout de la capsule. Maja mixe le tout le matin, aux petites heures.

J’ai décidé que ma part s’intitulerait « La honte ». Les « poèmes » de « La honte » sont, formellement, un hommage à Laura Vazquez, à ses « poèmes du mois ».

Maja et moi avons fabriqué nos capsules du 29 août au 28 septembre 2015. Nous mettons en ligne aujourd’hui, 28 septembre, les 8 premières.  Chaque semaine, chaque lundi, nous en ajouterons 8 nouvelles environ. Le lundi 19 octobre, l’entièreté des capsules sera alors à disposition de qui voudra les entendre.

Belle écoute à toutes et à tous. /Vincent Tholomé/

12 octobre 2015

[Création] Maja Jantar et Vincent Tholomé, Lunalia la honte (3)

Nous sommes heureux de vous proposer la troisième série de huit capsules sonores : ici. [Écouter la deuxième série] [Écouter la première série]

« Lunalia » est un projet conçu en 2012 par Maja Jantar et a rawlings. « Lunalia » consiste à fabriquer de courtes capsules sonores, une par nuit, durant le mois lunaire. De pleine lune à pleine lune. « Lunalia » mêle chants, mots, musiques et bruits. « Lunalia » se fait en duo. Chacun, chacune, dans son coin, fabrique un bout de la capsule. Maja mixe le tout le matin, aux petites heures.

J’ai décidé que ma part s’intitulerait « La honte ». Les « poèmes » de « La honte » sont, formellement, un hommage à Laura Vazquez, à ses « poèmes du mois ».

Maja et moi avons fabriqué nos capsules du 29 août au 28 septembre 2015. Nous mettons en ligne aujourd’hui, 28 septembre, les 8 premières.  Chaque semaine, chaque lundi, nous en ajouterons 8 nouvelles environ. Le lundi 19 octobre, l’entièreté des capsules sera alors à disposition de qui voudra les entendre.

Belle écoute à toutes et à tous. /Vincent Tholomé/

5 octobre 2015

[Création] Maja Jantar et Vincent Tholomé, Lunalia la honte (2)

Nous sommes heureux de vous proposer la deuxième série de huit capsules sonores : ici. [Écouter la première série]

« Lunalia » est un projet conçu en 2012 par Maja Jantar et a rawlings. « Lunalia » consiste à fabriquer de courtes capsules sonores, une par nuit, durant le mois lunaire. De pleine lune à pleine lune. « Lunalia » mêle chants, mots, musiques et bruits. « Lunalia » se fait en duo. Chacun, chacune, dans son coin, fabrique un bout de la capsule. Maja mixe le tout le matin, aux petites heures.

J’ai décidé que ma part s’intitulerait « La honte ». Les « poèmes » de « La honte » sont, formellement, un hommage à Laura Vazquez, à ses « poèmes du mois ».

Maja et moi avons fabriqué nos capsules du 29 août au 28 septembre 2015. Nous mettons en ligne aujourd’hui, 28 septembre, les 8 premières.  Chaque semaine, chaque lundi, nous en ajouterons 8 nouvelles environ. Le lundi 19 octobre, l’entièreté des capsules sera alors à disposition de qui voudra les entendre.

Belle écoute à toutes et à tous. /Vincent Tholomé/

28 septembre 2015

[Création] Maja Jantar et Vincent Tholomé, Lunalia la honte (1)

« Lunalia » est un projet conçu en 2012 par Maja Jantar et a rawlings. « Lunalia » consiste à fabriquer de courtes capsules sonores, une par nuit, durant le mois lunaire. De pleine lune à pleine lune. « Lunalia » mêle chants, mots, musiques et bruits. « Lunalia » se fait en duo. Chacun, chacune, dans son coin, fabrique un bout de la capsule. Maja mixe le tout le matin, aux petites heures.

J’ai décidé que ma part s’intitulerait « La honte ». Les « poèmes » de « La honte » sont, formellement, un hommage à Laura Vazquez, à ses « poèmes du mois ».

Maja et moi avons fabriqué nos capsules du 29 août au 28 septembre 2015. Nous mettons en ligne aujourd’hui, 28 septembre, les 8 premières.  Chaque semaine, chaque lundi, nous en ajouterons 8 nouvelles environ. Le lundi 19 octobre, l’entièreté des capsules sera alors à disposition de qui voudra les entendre.

Belle écoute à toutes et à tous.

On peut les écouter ici.  /Vincent Tholomé/

30 octobre 2013

[Agenda] Est-ce une bête qui t’anime, au centre ? (Bibliothèque Marguerite Audoux)

Dans le cadre de Paris en toutes lettres 2013, un spectacle proposé par la Maison de la Poésie et la Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris) : Est-ce une bête qui t’anime, au centre ?, samedi 9 novembre 2013 à 19H.

 

Et si le poète était forcément soufflé par l’animal, en lui, par désirs projetés ? Et si la langue humaine ou sa recherche, et si la pensée n’était qu’air brassé, comme dans toutes les gueules ? Et si les sciences voyaient par cécité ? Et si rien n’avait séparé l’homme de la bête, jamais. Et s’il fallait préférer chanter ? Et si rien n’avait jamais séparé l’homme de sa tête ? Et si le devenir-animal n’était pas un devenir-autre mais un devenir-soi.

Quand on pense à l’être ou au devenir, on cherche qui parle… Et plus précisément qui parle qui. Dans qui. Ou dans quoi. Cela pour éviter les fantômes, l’image des spectres qui repousse la spontanéité du sauvage.

Et si les gueules animales sont faites de viandes, les poèmes pneumatiques de Sébastien Lespinasse, de Vincent Tholomé (avec Maja Jantar) respirent au grand air, VUAZ, et répondent au deuil et au vide par la tête charnelle, celle qui n’a qu’un temps. Le corps de chair du poète devient instrument, instrument conjurateur, crâne animal, animal central. Animal sensible. Car la sensibilité n’a qu’un temps.

Poètes sonores, poètes performeurs, Sébastien Lespinasse et Vincent Tholomé viendront dire quelques uns de leurs textes autour d’un thème fondateur, celui de l’animalité. De celle qui nous parle.

♦ VINCENT THOLOMÉ

Poète, lecteur-performeur, belge, né dans les années 60, ayant commis une quinzaine d’ouvrages où les genres (fiction, poésie, BD, harangue, etc.) croisent le fer, où la langue pulse avec joie

Des livres : CAVALCADE (2012), paru chez 2 éditeurs, dans 2 versions un peu différentes et VUAZ (2013)

En tant que lecteur-performeur, a fait partie et fait partie de divers groupes et groupuscules, dont le Trio WYRD, la Troupe Poétique Nomade, et bon nombre de duos, notamment avec Xavier Dubois (guitare) et Maja Jantar (voix) + + +

Travaux en cours : suite de VUAZ + + + co-adaptation en ciné-poème de CAVALCADE, avec Maja Jantar et Gaëtan Saint-Remy + + + CD et perfs autour de VUAZ et de sa suite, avec Xavier Dubois + + + bande-son et CD de CAVALCADE

♦ MAJA JANTAR

est une artiste vocale pratiquant la polypoésie. Polypoésie = poésie + souffles + arts visuels + bruits de bouche + arts sonores + land art + rituels + arts de la scène + (…) + (…) + (…) = une pratique poétique sans limite.

♦ SEBASTIEN LESPINASSE : né le 8 décembre 1975 à Marseille ; vit, dort, rêve et travaille entre Toulouse & Montreuil.

Entrepreneur d’expériences, laboureur de langues, activiste polyglotte, redécouvre et interprète les pionniers de la poésie sonore (futuristes, dada, lettristes… ), tisse étroitement les sons et les sens dans des improvisations poétiques, prend les mots à la gorge et les jette par dessus page, perfore les métaphores lors de performances souvent ludiques, bute, cogne, frotte les oreilles, tympans, peau, yeux, œsophage, estomac, tripes, etc…

« On gonfle les mots ils gonflent leur peau de mots autour de nos souffles ils me regonflent quand j’expire on ne se dégonfle pas je continue la pression mes doigts crissent le long de la peau plastique ils sont gonflés à bloc parfois les mots me gonflent parfois les mots nous crèvent parfois les mots éclatent. »

Des livres : Tendresses Animales, avec Sabine Petit, éd. Le Chant des Muses, Béziers, 2010.

&, avec Maëlle Chastanet, éd. Book Machine Press, Beaubourg Paris, 2013.

Fougax et Barrineuf vont en bâteau, éd. Gros Textes, Châteauroux-les-Alpes, 2013.

Des disques : "Pneuma-R", mars 2012 (éd. Trace Label)

"Pneuma-Récital, live in Barjols", avril 2008 (éd. Z.I.P / Plaine Page).

Des créations pour la scène : Animaux du Sensible, dispositif de lecture, création au Théâtre Le Hangar (Toulouse) en mars 2011 pour le festival Les Perforeilles puis nombreuses reprises dans d’autres lieux et festivals.

Une voie vers les Bouches-Poubelles, conférence-action avec Yves Le Pestipon, création en mai 2012 au Théâtre Garonne (Toulouse).

20 octobre 2013

[News] News du dimanche

Pour donner du chien/du relief/de la profondeur à vos longues soirées automnales, deux livres reçus (Véronique Vassiliou, Échantillons ; Hubert Lucot, Je vais, je vis) et trois Libr-événements remarquables (parution du numéro 6 des Cahiers de M@gm@ ; rencontre poétique à la Bibliothèque Marguerite Audoux ; le spectacle C’est la faute à Rabelais (Durif/Compagnie de l’Envers du décor). /FT/

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

â–º Véronique Vassiliou, Échantillons, Le Bleu du ciel, Coutras (33), octobre 2013, 72 pages, 12 €, ISBN : 978-2-915232-89-9.

"D’abord la couleur, puis la matière puis la forme. Exercice de style" (p. 43).

Memento vestibus

Celle qui "se demande ce que serait un mot-robe, un mot-soutien-gorge, un mot-short, un mot-jupe", préfère les cache-cœurs aux cache-nez et cache-sexe… se pose des tas de questions : "Une robe, comme mythe, ça mène où ?" ; "Une histoire de fil en aiguille ou un écheveau maëlstrom touffu de fibres et de couleurs ? Les deux ?" ; "Qu’est-ce que le contraire de l’uniforme ? L’hybride, le multicolore, l’informe, le déformé ?"… Rien d’étonnant à cela : "Poesia visiva – les vêtements vêtent, se voient, posent des points d’interrogation, suscitent des questions, des réponses, engagent la conversation. Ce sont des histoires. Et ses histoires sont ses vêtements." Car la poésie ne vient pas forcément du dedans : "ça vient aussi du dehors"… D’où ce clin d’œil à Proust : "Le second souvenir est stimulé par l’encolure. Un manteau à col châle dans un magnifique cachemire, jeté pour cause de mitage. A chacun, ses madeleines." Poesia visiva : "La langue maternelle, la langue des vêtements, silencieuse et visible. Une langue concrète."

À coup sûr, Véronique "a dû trop lire de contes ou s’est fait trop de films"…

Curieuse "histoire en écheveau" que celle inventée par Véronique Vassiliou, qui n’hésite pas à se mettre en scène via un avatar particulier (une figurine/un idéogramme). C’est dire qu’il faut vous attendre à perdre le fil, à en voir de toutes les couleurs…

Exercice de style loufoque, cette autofringographie jongle avec les mots et les couleurs, joue avec les expressions toutes faites comme avec les normes littéraires, agence avec virtuosité listes, collages, éléments autobiographiques et interrogations sur les mythologies contemporaines… mais aussi ce genre de réflexion esthétique : "Une belle composition s’épuise visuellement. C’est la différence avec un Cézanne ou un Caravage. D’eux, on ne se lasse pas. La composition n’est pas un paysage."

â–º Hubert Lucot, Je vais, je vis, préface de Martin Winckler, éditions P.O.L, octobre 2013, 672 pages, 25 €, ISBN : 978-2-8180-1945-0.

"[…] mon corps est-il tout ce qui me reste ? La conscience d’être est mon plus grand bonheur"…

Au moment même où les éditions P.O.L rééditent en format poche Autobiogre d’A.M. 75 (1980), paraît une impressionnante somme qui constitue en partie le journal de la maladie et de la mort d’A.M. (Anne-Marie, son épouse, décédée le 9 août 2012) – AMour… Amour et Maladie/Mort… Celui qui n’éprouve "nul désemparoi" à la perte d’une compagne avec laquelle il a construit un "nous" pendant plus d’un demi-siècle est aussi celui qui, au milieu du sang et de la merde, ne baisse pas les bras, embrassant au contraire celle en qui il continue de voir une Vénus – laquelle pose les lèvres sur le "pénis enfantin" de celui qui fait tout rentrer dans l’ordre… (Scène d’un sublime aussi rare que sobre).

Comme Liliane Giraudon après avoir terminé Le Noyau de toute chose, on "comprend et apprécie mieux la vie après cette lecture"… D’autant que Je vais, je vis combine journal existentiel et journal intellectuel : le moment étant venu pour le septuagénaire de contempler le monde dans sa tête, sans nulle nostalgie du reste, s’enchaînent de subtiles réflexions politiques et esthétiques. On en restera momentanément sur celle-ci : "Tous les peuples de la planète font le procès du capitalisme, les équipes ayant pour loi la déréglementation capitaliste l’imposent à tous."

Libr-événements

â–º Parution annoncée pour le 31 octobre 2013 : "Le magma constitutif de l’imaginaire social contemporain", Les Cahiers de M@gm@, vol.6, Aracne Editrice, Roma – (dir.) Georges Bertin, Orazio Maria Valastro, Alberto Abruzzese, Jean-Michel Barreau, Massimo Canevacci, Panagiotis Christias, Augusto Debernardi, Cecilia Edelstein, Mabel Franzone, Philippe Joron, Maria Immacolata Macioti, Michel Maffesoli.

Introduction

Le magma constitutif de notre être ensemble ou le jeu du solide et du fluide
Georges Bertin p. 11

Le magma constitutif de l’imaginaire social contemporain

Magmas réactionnaires Est-Ouest/Nord-Sud: invariants de civilisation
Jean-Michel Barreau p. 17

Le magma castoriadien et l’intelligence des situations de crise, de François Rabelais à Michel Maffesoli, la crise comme révélation
Georges Bertin p. 31

Dionysus redivivus
Michel Maffesoli p. 45

Damanhur: una federazione di comunità
Maria Immacolata Macioti p. 53

Disabilità
Alberto Abruzzese p. 67

Le magma poétique du kaïros et le métissage de l’écriture de soi
Orazio Maria Valastro p. 75

Magma énergétique et dépense anthropologique
Philippe Joron p. 95

Le sens commun à l’ère de la mondialisation
Panagiotis Christias p. 111

Il senso comune nell’era della mondializzazione
Panagiotis Christias p. 119

Sur le dos d’un âne
Mabel Franzone p. 125

Sul dorso di un asino
Mabel Franzone p. 131

Libero accesso
Cecilia Edelstein p. 137

Epigrammi di sociologia qualitativa: per un possibile istituente
Augusto Debernardi p. 149

Gramsci e Keats: il poetico e il politico discutono in un cimitero romanticamente antropologico
Massimo Canevacci p. 159

â–º Dans le cadre de Paris en toutes lettres 2013, un spectacle proposé par la Maison de la Poésie et la Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris) : Est-ce une bête qui t’anime, au centre ?, samedi 9 novembre 2013 à 19H.

Et si le poète était forcément soufflé par l’animal, en lui, par désirs projetés ? Et si la langue humaine ou sa recherche, et si la pensée n’était qu’air brassé, comme dans toutes les gueules ? Et si les sciences voyaient par cécité ? Et si rien n’avait séparé l’homme de la bête, jamais. Et s’il fallait préférer chanter ? Et si rien n’avait jamais séparé l’homme de sa tête ? Et si le devenir-animal n’était pas un devenir-autre mais un devenir-soi.

Quand on pense à l’être ou au devenir, on cherche qui parle… Et plus précisément qui parle qui. Dans qui. Ou dans quoi. Cela pour éviter les fantômes, l’image des spectres qui repousse la spontanéité du sauvage.

Et si les gueules animales sont faites de viandes, les poèmes pneumatiques de Sébastien Lespinasse, de Vincent Tholomé (avec Maja Jantar) respirent au grand air, VUAZ, et répondent au deuil et au vide par la tête charnelle, celle qui n’a qu’un temps. Le corps de chair du poète devient instrument, instrument conjurateur, crâne animal, animal central. Animal sensible. Car la sensibilité n’a qu’un temps.

Poètes sonores, poètes performeurs, Sébastien Lespinasse et Vincent Tholomé viendront dire quelques uns de leurs textes autour d’un thème fondateur, celui de l’animalité. De celle qui nous parle.

♦ VINCENT THOLOMÉ

Poète, lecteur-performeur, belge, né dans les années 60, ayant commis une quinzaine d’ouvrages où les genres (fiction, poésie, BD, harangue, etc.) croisent le fer, où la langue pulse avec joie

Des livres : CAVALCADE (2012), paru chez 2 éditeurs, dans 2 versions un peu différentes et VUAZ (2013)

En tant que lecteur-performeur, a fait partie et fait partie de divers groupes et groupuscules, dont le Trio WYRD, la Troupe Poétique Nomade, et bon nombre de duos, notamment avec Xavier Dubois (guitare) et Maja Jantar (voix) + + +

Travaux en cours : suite de VUAZ + + + co-adaptation en ciné-poème de CAVALCADE, avec Maja Jantar et Gaëtan Saint-Remy + + + CD et perfs autour de VUAZ et de sa suite, avec Xavier Dubois + + + bande-son et CD de CAVALCADE

♦ MAJA JANTAR

est une artiste vocale pratiquant la polypoésie. Polypoésie = poésie + souffles + arts visuels + bruits de bouche + arts sonores + land art + rituels + arts de la scène + (…) + (…) + (…) = une pratique poétique sans limite.

♦ SEBASTIEN LESPINASSE : né le 8 décembre 1975 à Marseille ; vit, dort, rêve et travaille entre Toulouse & Montreuil.

Entrepreneur d’expériences, laboureur de langues, activiste polyglotte, redécouvre et interprète les pionniers de la poésie sonore (futuristes, dada, lettristes… ), tisse étroitement les sons et les sens dans des improvisations poétiques, prend les mots à la gorge et les jette par dessus page, perfore les métaphores lors de performances souvent ludiques, bute, cogne, frotte les oreilles, tympans, peau, yeux, œsophage, estomac, tripes, etc…

« On gonfle les mots ils gonflent leur peau de mots autour de nos souffles ils me regonflent quand j’expire on ne se dégonfle pas je continue la pression mes doigts crissent le long de la peau plastique ils sont gonflés à bloc parfois les mots me gonflent parfois les mots nous crèvent parfois les mots éclatent. »

Des livres : Tendresses Animales, avec Sabine Petit, éd. Le Chant des Muses, Béziers, 2010.

&, avec Maëlle Chastanet, éd. Book Machine Press, Beaubourg Paris, 2013.

Fougax et Barrineuf vont en bâteau, éd. Gros Textes, Châteauroux-les-Alpes, 2013.

Des disques : "Pneuma-R", mars 2012 (éd. Trace Label)

"Pneuma-Récital, live in Barjols", avril 2008 (éd. Z.I.P / Plaine Page).

Des créations pour la scène : Animaux du Sensible, dispositif de lecture, création au Théâtre Le Hangar (Toulouse) en mars 2011 pour le festival Les Perforeilles puis nombreuses reprises dans d’autres lieux et festivals.

Une voie vers les Bouches-Poubelles, conférence-action avec Yves Le Pestipon, création en mai 2012 au Théâtre Garonne (Toulouse).

â–º Du jeudi 14 au samedi 30 novembre 2013 à 20H, Théâtre de l’Athénée à Paris, Eugène Durif et la Cie l’envers du décor présentent : « C’est la faute à Rabelais »
– Théâtre musical et burlesque –
D’Eugène Durif. Chef de troupe : Jean-Louis Hourdin. Musique : Pierre-Jules Billon
Avec Eugène Durif et Pierre-Jules Billon.

Contact compagnie / Invitations pros :
Cie l’Envers du décor
06 83 35 27 77
cie_enversdudecor@yahoo.fr
www.cie-enversdudecor.com

> DU 14 AU 30 NOVEMBRE <
Théâtre de l’Athénée – Louis Jouvet
Paris

Deux saltimbanques s’arrêtent dans un lieu qu’ils vont habiter un instant. Ils vont faire naître du théâtre avec trois fois rien…. Sans rime ni raison, mais en musique, chansons et calembours, contrepèteries, recettes de cuisine et blagues, mots-valises et coqs à l’âne, onomatopées, et autres…

« L’accueil à la Durif, c’est une dégelée de mots bazardée à la face des « gueux emmitouflés ». Dans son théâtre de troubadour, fait d’un petit chapiteau-coulisse et d’accessoires saltimbantesques – des instruments, une caisse et la dive bouteille car « propos de bien ivre sont propos de bien vivre » –, il exhume moult fatrasies délicieuses et chansonnettes tristes, même un blason de Clément Marot sur le téton. Non content d’être l’une des plumes de théâtre les plus riches, élégantes, et imagées, M. Eugène est aussi l’un des plus aimables lettrés. Son sourire et sa douceur ravissent. Air bonhomme émerveillé, pour qui la bonne chair n’est pas triste, notre troubadour est de ces humoristes noirs tendance pince-sans-rire, à penser que « ceux qui ont un pied dans la tombe ont toujours l’autre pour s’en sortir ». Spectacle sans une once de vulgarité, mais émaillé de joyeusetés d’amour et de mort, sans queue ni tête. »
Cédric Enjalbert – Les Trois Coups
(21 juillet 2011)

 

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