En ce dernier dimanche de novembre, les RV de Christian Prigent puis avec Sandra Moussempès, avant notre LIBR-10 (nouvelle sélection des livres reçus) et une spéciale sur le Festival BIFURCATIONS #5…
Agenda de Christian Prigent
Par chèque : ordre Association JOU (60 rue Édouard Vaillant 94140 Alfortville)

Sandra Moussempès invente un langage vocal, hors mots, lié aux perturbations amoureuses et aux phénomènes paranormaux. Sa voix chantée, tour à tour éthérée, lyrique, chamanique ou bruitée se matérialise en fragments envoûtés.
Vox Museum
(Sculptures vocales)
1 Contusion of love
2 Ghost elevation (Black Sifichi Mix)
3 Esprits phonographiés
4 Contusion of love (Black Sifichi Remix )
5 Perturbation lyrique
6 Sweetie’s diary (Black Sifichi Remix)
7 Vocal expectation
8 Vox Museum
9 Sweetie’s diary
Chants, voix, compositions & conception sonore : Sandra Moussempès
Clavier & composition sur « Contusion of love » : Virgile Carballo Moussempès
Conception sonore sur Ghost elevation & tous les Remixs : Black Sifichi
Libr-10 (novembre-décembre 2019)
Sereine BERLOTTIER, Ciels, visage, Lanskine, 88 pages, 14 €.
Marc CHOLODENKO, Sarabandes, Passacailles, naïades en bikini, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 70 pages, 13 €.
Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, en librairie le 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €.
Liliane GIRAUDON, Le Travail de la viande, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 160 pages, 16 €.
Virginie POITRASSON, Une position qui est une position qui en est une autre, Lanskine, 80 pages, 14 €.
Daniel POZNER, Chuchoté au petit matin, éditions Fidel Anthelme X, 44 pages, 7 €.
Christian PRIGENT, Point d’appui 2012-2018, P.O.L, 464 pages, 22,90 €.
Nathalie QUINTANE, Les Enfants vont bien, P.O.L, 240 pages, 18 €.
Nicolas RICHARD, Peloton, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 70 pages, 10 €.
Lucien SUEL & William BROWN, Ourson les neiges d’antan ?, éditions Pierre Mainard, 90 pages, 20 €.
Festival BIFURCATIONS #5, du 28/11 au 1er décembre



De prose bien élevée comme un grand cru de Margaux, minérale d’amertume savante en ses religieux tanins, longue en bouche d’un deuil tard consommé – très écrite, peut-elle l’être jamais assez ? – Un demi-siècle de siècle après ses débuts un écrivain fait exception dans le paysage poétique contemporain. Quand des cabinets de jardin ajourés d’un losange tiennent lieu de madeleine, la longue phrase classique montée du temps perdu se fragmente de point virgule en point virgule en tessons hybrides d’un disparate aimanté ; par capillarité se propage l’ondée du sens. Les dents de lait amortissent dans l’écrin d’un verre leur scintillement d’yeux de bébé, s’oppose « une coulée de boulets à toute tentative d’escalader le tas de charbon ». Tragique, une jonglerie conceptuelle effeuille masque sur masque les atours de la gratuité ; entre alambic et athanor, cornue de son seul soi une alchimie rhétorique évase la pensée en apesanteur. Déposés sans coup férir sinon de doigts de fée de sédimentaires joyaux, la pornographie fervente d’une jeunesse devenue chemin de mémoire, une phrase déliée, énigmatiquement syntaxique, de poésie succincte de solitaire intempestif dans son antre internet, rend à l’écriture ses lettres de grâce.