Libr-critique

22 novembre 2020

[News] News du dimanche

En ces temps lugubres, choisissons notre Libr-confinement, qui s’accompagne de la présentation de deux livres qui viennent de paraître (signés Jacques Barbaut et Bruno Fern)…

Libr-confinement…

â–º Agenda POL :

En décembre 2020

·        Suzanne Doppelt Meta Donna (poésie)

·        Charles Pennequin Père ancien (poésie)

·        Patrick Varetz Deuxième mille (poésie)

·        Trafic 116 (revue de cinéma)

En janvier 2021

  • Marianne Alphant  César et toi
  • Olivier Cadiot Médecine générale
  • Mathieu Lindon Hervelino
  • Shane Haddad Toni tout court
  • Mathieu Lindon le livre de Jim-Courage #formatpoche

► On pourra découvrir le catalogue de publications numériques qu’offre La Marelle (Friche la Belle de Mai à Marseille).

► Ou sans attendre, rendre visite aux Fées Spinoza de Marc Perrin…

► Ou encore ouïvoir « Welcoming the Welcoming the Flowers » (performance de Jean-Michel Espitallier avec Anne-James Chaton et Thurston Moore), samedi 21, ars musica, Bruxelles.

â–º Mercredi 25 novembre 2020, de 9h30 à 18h, Station d’arts poétiques : Journée d’études consacrée à Séverine Daucourt, à la Villa Gillet le matin (25 rue Chazière 69004 Lyon) ; à l’ENSBA Lyon l’après-midi (8bis, quai Saint-Vincent 69001 Lyon).
La journée d’étude se conclut par une performance poétique en amphithéâtre à 17h.

Signalons au passage l’hommage que Patrick Beurard-Valdoye, qui enseigne à l’Ecole Nationale Supérieur des Beaux-Arts de Lyon, vient d’adresser à Bernard Noël à l’occasion de ses 90 ans : écouter.

 

LIBR-CRITIQUE vient de recevoir et recommande…

► Jacques BARBAUT, C’est du propre. Traité d’onomastique amusante, éditions NOUS, coll. « Disparate », Caen, 208 pages, 20 €.

Présentation éditoriale. Le poète explore la question du nom sous toutes ses formes, du patronyme au pseudonyme en passant par l’anthroponyme, le prénom et le patronyme. Les jeux typographiques, les listes, les calligrammes et les rapprochements fantaisistes accompagnent les citations de philosophes et de critiques littéraires comme Derrida, Starobinski, Barthes et Deleuze.

â–º Bruno FERN, Dans les roues, éditions Louise Bottu, coll. « Contraintes », Mugron (40), 66 pages, 8 €.

Présentation éditoriale. Voici les rêveries - ou plutôt les jeux de pensée, comme disait Arno Schmidt dans ses Calculs – d’un cycliste en solo. Ça roule mais l’image n’arrête pas de sauter et tout est emporté par la succession de divers mouvements giratoires : la lecture de chaque fragment, de même que l’ensemble du livre, doit être aussitôt recommencée avant de poursuivre. Cette spirale sans fin entraîne les multiples « impuretés » qui font que « la vie est un perpétuel détournement qui ne permet même pas de se rendre compte de quoi il détourne. » (Kafka, Journal)

28 février 2016

[News] News du dimanche

Ce soir, mars en vue : lectures au Vent d’ouest (Nantes) ; lecture-rencontre à Marseille avec M. Batalla et O. Domerg ; festival Expoésie ; HP process…

 

â–º Mercredi 2 mars à 19H30, à la librairie Vent d’ouest, place du bon pasteur à Nantes. Entre autres, lecture des textes de : Anna Kavan, Anne Kawala, Antoine Boute, Barbara Cassin, Baruch Spinoza, Comité invisible, Marguerite Duras, Marc Perrin, Michel Surya, Oscarine Bosquet, Nathalie Quintane, Virginia Woolf, Yannick Haenel…

â–º Jeudi 3 mars à 19H, librairie L’Odeur du Temps (35, rue Pavillon à Marseille), lecture-rencontre avec Michaël Batalla et Olivier Domerg (tél. : 04 91 54 81 56).

â–º Du 3 au 12 mars 2016, Festival Expoésie [voir le programme complet] à Périgueux, avec notamment Fabrice Caravaca, Rémi Chechetto, Anne-Laure Pigache et Gwénaëlle Rébillard… Exposition des éditions Dernier Télégramme. [Voir l’affiche en arrière-plan]

â–º Nouvelle création de HP Process (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier), ALPHA_LAB (digital performance)

ALPHA_LAB est une expérience d’écriture numérique ( installation et performance) sur l’infini combinatoire de l’alphabet, envisagé comme une matière donnant corps et forme aux discours et à la pensée, et comme un labyrinthe à parcourir grâce au son et au mouvement. Dans ce poème génératif et interactif, HP Process envisage les outils informatiques à la fois comme un microscope et un télescope afin de traverser les multiples dimensions du réel de l’infiniment petit vers l’infiniment grand.

Au sein d’une scénographie vidéo fragmentée, la matière textuelle et informationnelle, tel un organisme, repliée sur lui-même, statique et inerte, va se déployer pour trouver, dans sa complexification, des devenirs possibles et des architectures d’univers. C’est le corps qui se fera vecteur d’exploration et principe dynamique de cette géographie textuelle vibratoire, faites de mo(t)lécules et autres particules, de fragments et d’extraits de textes scientifiques, techniques, politiques ou philosophiques, et dont les mouvements nous conduiront à chercher de nouvelles trajectoires dans le dédale du sens.

Alpha-lab est une recherche sur la matérialité et la virtualité du texte et du langage, envisagé en tant que code et ensemble de données informationnelles.
Le réel étant constitué d’architectures complexes de discours et d’informations, de quelle façon pouvons-nous réagencer ces matrices et leur donner d’autres configurations ? De quelle façon pouvons nous rester vibrants au sein des systèmes de codifications et revivifier texte et langage ? Comment le corps peut-il être à la fois l’agent et le lieu de cette exploration infinie afin d’inventer de nouveaux agencements poétiques ?

♦ Festival VIDEOFORMES (Clermont-Ferrand)
17.03 _ Maison de la Culture _ 20:30

> plus d’infos

♦ Festival ZER01 _ festival des arts et cultures numériques 
(La Rochelle)

24.03 > 27.03Tour de la Lanterne
> festivalzero1.com

7 février 2016

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de février, après une UNE consacrée à L’Air de rin de Bruno FERN, le livre de la semaine : Olivier CADIOT, Histoire de la littérature récente. Suivent nos Libr-événements : RV à Marseille avec la revue La Tête et les Cornes ; à Paris avec Mathieu Larnaudie ; à Lausanne avec Olivier Cadiot.

UNE : Bruno FERN, L’Air de rin

Bruno FERN, L’Air de rin, préface de Jean-Pierre Verheggen, éditions Louise Bottu, coll. "contraintEs", hiver 2015-2016, 58 pages, 7 €, ISBN : 979-10-92723-10-6.

Cette fois, "pas grand-chose à se mettre sous la dent mais pas rien pour autant" : la contrainte consiste à inventer des variantes à partir de deux vers célèbres, "Aboli bibelot d’inanité sonore" (Mallarmé) et "Ferai un vers de pur néant" (Guillaume d’Aquitaine). Cet exercice de virtuose vise à rien moins qu’à explorer l’aire du temps et les infinies ressources de la poétique. Donnons tout de suite aux Libr-lecteurs de quoi se mettre sous la dent :

A patrie, proprio, d’identité s’honore.
Assagit directo l’humanité dolore [antidépresseur].
A Neuilly va presto karchériser l’cador.
Avachi top chrono sécurisé indoor.
A gémi quand de dos à en tâter se tord.
A demi dans les mots sonorités débords.
Ahuri jusqu’en haut d’activités senior.
A Paris parano, persécuté à Niort.

Ces alexandrins qui concernent ici les domaines social, médical, idéologique, érotique et poétique, respectent parfaitement le schéma rythmique et phonique initial : 3+3 / 4+2 ; /i/ /o/ /e/ /É”/. Ce qui n’est pas le cas pour bon nombre de vers dans cette première partie – sans compter le problème du e dit "muet"… Quant à la seconde, elle ne comporte que peu d’octosyllabes et peu de césures.

L’essentiel est que la mécanique rythmique – hypnotique et drolatique – s’exerce en vers et contre tout, et notamment de la tyrannie du sens. La crise-de-vers mène ici au trans-faire.

 

Le livre de la semaine

Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome I, P.O.L, en librairie mardi 9 février 2016, 192 pages, 11 €, ISBN : 978-2-84682-231-2.

Présentation éditoriale. Vingt ans après la Revue de littérature générale et ses deux numéros historiques, Olivier Cadiot a eu envie de revenir sur le sujet, mais cette-fois sans l’aide de sociologues, de philosophes, de musiciens ou de paysagistes. Avec les seuls moyens de l’écrivain contemporain. Sans plans, ni cartes, ni partitions, ni théorie. Cela donne un feuilleton en plusieurs épisodes, comique et sensible, une histoire en zigzag émaillée de conseils à de futurs auteurs… et surtout à soi-même. Une suite de variations consacrées aussi bien au passé de la littérature qu’à son présent, à son avenir, à sa mort annoncée mais toujours différée. Ce n’est pas à proprement parler une fiction, bien que cela y emprunte des personnages, des « figures », des cas psychologiques et une vraie liberté de ton ; ce n’est pas non plus un essai bien que s’y retrouvent théories, hypothèses et débats : c’est un livre d’Olivier Cadiot.

Note de lecture. "Personne n’est satisfait de sa manière d’écrire, seuls certains secrétaires de ministères, quelques professeurs de l’enseignement supérieur ou des préfets à la retraite pensent écrire bien naturellement" (p. 123)… Il s’agira donc de ne tomber ni dans le bien-penser, ni dans le bien-écrire. Au reste, on n’écrit pas : l’écrivain contemporain n’est dynamisé ni par l’antique furor, ni par le moderne Inconnu ; il ne saurait ni explorer les obscures profondeurs ni arborer la langue transparente des actuels communicants.

Fort d’une expérience d’un bon quart de siècle, Olivier Cadiot tourne le dos aux outils universitaires pour proposer une divanitation anti-académique qui prend la forme d’une enquête, un projet qui n’est pas à proprement parler une histoire de la littérature : ni dates, ni noms, ni hiérarchies… D’ailleurs, doit-on se fier aux étiquettes ? "Post-truc ? Pré-Machin ? On ne voit plus où on est" (35). Une histoire vivante devrait entrelacer en spirale l’ancien et le moderne, se faire problématique : "L’histoire doit devenir une histoire problème qui questionne le passé et remet constamment en question ses propres postulats et méthodes afin de ne pas être en reste sur les autres sciences et sur l’histoire du monde" (43) ; et, de nos jours, tout "honnête individu" devrait entreprendre "une histoire de ce qui nous arrive" (101).

Que retenir, donc, de ces caprices et zigzags ? Qu’il faut vider la littérature de la littérature, la poésie de la poésie ; se défier des modes, de l’autofiction par exemple : "histoires de famille, premiers émois, mort du père, viol de X, disparition de Z, tortures de W" (19) ; et que, "si la littérature a disparu, c’est peut-être à cause de cette possibilité qu’elle s’est donnée de tout raconter en direct" (150)…

Libr-événements

â–º Vendredi 12 février 2016 aÌ€ 19h, Centre International de Poésie Marseille. Présentation de la revue La Tête et les Cornes : Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon. Lectures : Cécile Mainardi, Marc Perrin.

La teÌ‚te et les cornes est une revue de poésie et de traduction. Les deux premiers numéros ont réuni des textes de Chu Halim, An Hyŏnmi, Ch’oi KuÌŒmjin, Kim Chudae, Lee Ch’ŏlsong, Lee Chaehun, Hŏ Yŏn, Linnéa Eriksson, Beata Berggren, Adam Westman, Niclas Nilsson, Martin Högström, Peter Thörneby, Jørn H. Sværen, Virgil Mazilescu, Peter Waterhouse, Peter Gizzi, Alan Davies, Alice Notley, Julien Maret, Cécile Mainardi, Danielle Mémoire, Marie-Louise Chapelle, Victoria Xardel, Marc Perrin, Marie Cosnay, Caroline Sagot Duvauroux, Marie-HéleÌ€ne Renoux.
Certains de ces textes ont été traduits par Benoît Berthelier, Julien Lapeyre de Cabanes, Martin Richet, Stéphane Bouquet, Marie de Quatrebarbes, Pierre Drogi et Lucie Taïeb.
La teÌ‚te et les cornes existe depuis 2013. Elle est coordonnée par Marie de Quatrebarbes, BenoiÌ‚t Berthelier et Maël Guesdon. Dans le cadre de l’invitation du Centre international de la poésie de Marseille, La teÌ‚te et les cornes a proposé aÌ€ plusieurs auteurs d’écrire aÌ€ partir du cinéma d’Alain Cavalier.

â–º Vendredi 12 février à 19H, Librairie Les Traversées (2, rue Edouard Quenu 75005 Paris), rencontre avec Mathieu Larnaudie organisée par les Filles du Loir : avec Gabrielle Napoli, l’écrivain reviendra sur Strangulation (2008).

â–º Mardi 16 février à 20H, rencontre et lecture avec Olivier Cadiot au théâtre de Vidy à Lausanne (Suisse) autour de son dernier livre Histoire de la littérature récente. Entrée libre.

Théâtre de Vidy / La Kantina, Av. E.-H. Jacques-Dalcroze 5 CH-1005 Lausanne / Billetterie +41 21 619 45 45 / info@vidy.ch

 

31 décembre 2015

[Chronique] Marc Perrin, Spinoza in China, par Bruno Fern

Marc Perrin, Spinoza in China : novembre 2011/2015, éditions Dernier Télégramme, Limoges, décembre 2015, 528 pages, 24 €, ISBN : 978-2-917136-82-9. [extraits dans Libr-critique]

 

Voici l’histoire du voyage en Chine d’un individu nommé Ernesto dont l’âge très variable (de 10 ans et quelques secondes à quelques siècles) est en accord avec sa perception singulière du temps[1] – par exemple : « Dans le musée de la capitale. Des enfants rient et courent et crient et tombent et se relèvent entre néolithique et novembre 2011. » Dans la poche de ce personnage aussi central que pluriel, un exemplaire de l’Éthique, ouvrage dont la lecture va profondément interférer avec ce qu’il va vivre – et pas seulement lui puisque, s’il faut effectivement de tout pour faire un monde[2], le livre est fait à l’aune de cette hétérogénéité fondamentale : récits, dialogues parfois agencés pour former une mini-pièce de théâtre, relation d’événements contemporains ou antérieurs à l’écriture (en remontant jusqu’à la préhistoire), conférences, listes, correspondances épistolaires ou électroniques, références éclectiques[3] (philosophiques, politiques, musicales, cinématographiques, sans oublier BD et jeux vidéo), insertion d’images, fiction entremêlée d’éléments autobiographiques, etc. Ce mélange des registres est notamment perceptible à travers celui des lexiques : « Ma vive et lourde et ferme et roide et ta mouille ouverte brûlante participent de l’une des modalités de la relation intra-espèce-humaine », et ce avec un humour fréquent : « Ernesto à son voisin de droite : est-ce que tu sais ce que peut un corps ? Le voisin de droite à Ernesto : demande à l’hôtesse avant de quitter l’avion. »

Une telle diversité dans les contenus et les formes contribue au fait que ce livre à la structure rhizomatique, au-delà de la simple narration d’un voyage[4], puisse constituer « le récit des multiples instants d’une émancipation – lente, laborieuse, mais tenace – c’est-à-dire le récit des instants d’une lutte bien aliénante, et d’une joie par moment super éclatante », autrement dit la recherche de « Béatitude mon loulou en bouquet final ». D’où l’importance accordée à la relation avec autrui, autant dans la sphère intime – tout particulièrement l’amitié et l’amour, envisagés sous l’angle de leurs vertus dynamisantes – que dans celle du politique, omniprésente non seulement par le choix emblématique d’un pays où le communisme a engendré les « errements » que l’on sait mais aussi par le refus, malgré cet échec historique, de renoncer à l’idée d’un autre partage possible que celui des bénéfices entre actionnaires – préoccupation sensible dans l’attention portée à ce qui arrive / est arrivé de par le monde présent et passé ainsi que dans la relation d’actions concrètes dans un espace autobiographique qui se déploie parallèlement à celui du voyage d’Ernesto : parmi elles, les rendez-vous de parole dits des 29 qu’organisent mensuellement l’auteur et sa compagne elle-même écrivain, Anne Kawala, et leur soutien à la lutte contre le projet de l’Ayraultport.

Indéniablement, Marc Perrin a réussi le pari d’écrire un livre qui est à la fois inscrit dans les enjeux de la communauté (et touche souvent juste avec les liens qu’il établit – voir, dans la première partie de l’ouvrage, « une exposition des visages d’Ernesto, au quotidien, sous forme d’une série de portraits dont le titre d’ensemble est le suivant : Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire je suis un peu de ce monde. »), et littérairement exigeant car il est parvenu à faire de nombreuses trouvailles dans sa façon de tresser les fils du « savant » et du prosaïque – par exemple, la confrontation entre la lecture de l’Éthique par Ernesto dans un café de Beijing et tout ce qui l’entoure. Bref, même si d’un certain point de vue rien ne saurait être parfait (par exemple, je trouve que l’auteur abuse un tantinet des effets engendrés par les répétitions, même si ces reprises traduisent probablement son souci d’un texte qui passe mieux à l’oral), il y a là une véritable tentative « pour enfin ressentir et vivre la perfection non plus comme ce truc à atteindre, mais comme la chose, une chose, quelle que soit cette chose, en train de se faire. »



[1] Bizarreries temporelles qui n’ont rien de gratuit – ainsi les dates souvent inhabituelles trouvent l’une de leurs explications dans le fait que « le 35 mai fut une expression utilisée pour contourner la censure, sur internet, afin de pouvoir évoquer le 4 juin 1989 – premier jour de la répression sur la place Tian’anmen après plusieurs semaines d’occupation. »

[2] « beaucoup d’autres, une infinité d’autres, pénètrent et modifient maintenant le poème » – au cours de son voyage, Ernesto lira également Vies minuscules de Pierre Michon.

[3] Comme l’auteur dans ses nombreuses et éclairantes notes de fin d’ouvrage, je renvoie le lecteur désireux d’en savoir plus à cette adresse : https://spinozainchina.wordpress.com/ et j’y rajoute celle-ci : https://materiaucomposite.wordpress.com/2015/12/30/lart-comme-un-autre-nom-de-la-vie-et-reciproquement-marc-perrin-entretien/

[4] L’auteur cite à ce propos la fameuse phrase de Beckett : « On est cons, mais quand même pas au point de voyager pour le plaisir. » 

 

 

 

 

23 décembre 2015

[Livres] Libr-kaléidoscope de fin d’année

En cette fin d’année, voici une première série de livres que nous avons retenus mais que nous n’avons pu encore recenser : signés Marc Perrin, Maxime H. Pascal, P.N.A. Handschin, Mathieu Larnaudie, Yves Michaud, Ryoko Sekiguchi…

 

â–º Marc Perrin, Spinoza in China : novembre 2011/2015, éditions Dernier Télégramme, Limoges, décembre 2015, 528 pages, 24 €, ISBN : 978-2-917136-82-9.

C’est avec un immense plaisir que nous tenons enfin entre nos mains le pavé à la superbe couverture renfermant les portraits d’Ernesto – un texte orchestré par ses jeux temporels et typographiques. Après en avoir donné à lire quelques extraits, Libr-critique vous invite à découvrir ce "récit d’un combat – en cinq rounds – (p. 11)", ce "récit des multiples événements dont les conséquences produiraient tout simplement ce qui a lieu" (161), cette "ode à l’amour" (19), ce "programme éditorial poétique, pour les trente-quatre prochaines années" (sic !)…

 

â–º Maxime H. Pascal, Le Tambour de Pénélope, éditions PLAINE Page, Barjols, 3e trimestre 2015, 226 pages, 12 €, ISBN : 978-2-910775-87-2.

"le mythe est le contraire d’une fonction simple
c’est un témoin de la peine d’éloignement" (p. 220).

D’un amour contrarié naît, en onze sections introduites par des lettres grecques, un récit qui relie nos histoires actuelles et les grands mythes grecs, tout en interrogeant nos propres mythologies – ressortissant désormais au "storytelling" : "dans les discours officiels, les stories prennent la place des faits" (p. 24). C’est ainsi que nous croisons Tirésias, "cette idée qui prend un bain de pied dans l’angle de la cuisine" ; Pénélope, ce "rhizome femelle"… L’écriture expérimentale de Maxime H. Pascal est vertigineuse !

 

â–º P.N.A. Handschin, L’Energie noire, éditions Argol, automne 2015, 160 pages, 18 €, ISBN : 978-2-37069-008-1.

L’Energie noire de P.N.A. Handschin fait partie de ces romans qui, depuis Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, entretiennent des liens métaphoriques avec la physique moderne : l’énergie noire est ici cette mystérieuse force gravitationnelle qui aiguille les destins de quatre personnages dont les prénoms se font écho… Plus que cette cosmologie nous fascine une écriture simultanéiste qui fait songer à Claude Simon.

 

â–º Mathieu Larnaudie, Notre désir est sans remède, Actes Sud, été 2015, 238 pages, 19,30 €, ISBN : 978-2-330-05310-9.

Cette biofiction sur une figure hollywoodienne hors normes, Frances Farmer (1913-1970), comporte sept temps forts organisés selon un double mouvement centripète (de 1936 à 1914) et centrifuge (de 1914 à 1958) autour d’un point nodal : la "naissance d’une nation", c’est-à-dire ce moment charnière où la puissance économique américaine a besoin d’une aura symbolique, où "à l’individu indifférencié, noyé dans la masse et les cadences répétitives de la standardisation" – "tour à tour chair à canon et à chaîne tayloriste" – doit répondre "la distinction suprême, l’élection mystérieuse, l’apparition de la star hollywoodienne". C’est dire à quel point, dans son dernier roman, Mathieu Larnaudie a pour objet la généalogie de notre société spectaculaire.

 

â–º Yves Michaud, Narcisse et ses avatars, Grasset, 2014, 208 pages, 17 €, ISBN : 978-2-246-81050-6.

Depuis l’Abécédaire de Deleuze, l’exercice philosophique semble aller de soi. D’où, parfois, certaines déconvenues. Avec pour modèles Nietzsche et Wittgenstein, Yves Michaud entreprend de décrire notre monde en mutation : monde déréalisé où triomphent l’oligarchie, la com, le design, l’hédonisme, la xénophobie et You Tube en lieu et place de la culture… Cette vision conservatrice-critique atteint son paroxysme lorsque l’auteur rend Heidegger responsable de la désubjectivation ultramoderne.

 

â–º Ryoko Sekiguchi, La Voix sombre, P.O.L, novembre 2015, 110 pages, 9 €, ISBN : 978-2-8180-3795-9.

Méditation – inégale, hélas – sur la façon de pallier l’absence/la disparition grâce à l’archivage vocal : les voix enregistrées de nos morts constituent leur aura – et par là même le caractère essentiel face auquel nous sommes grotesques. Fantomatiques, elles viennent nous hanter, c’est-à-dire perturber notre temporalité.

 

1 novembre 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de novembre, les RV à venir : Vazquez/Toqué, festival des arts multimédia Gamerz, Jean-Michel Espitallier, Marc Perrin/Benoît Cancoin, Mathias Pérez, AnnaO & A. Emden, Fred Griot, Michel Deguy.

 

â–º La vidéo de la performance Vazquez / Toqué au festival de Lille Littérature, génération Y, etc. est enfin en ligne grâce à Aurélie Olivier : "Étude de marché". On découvrira par ailleurs le nouveau site Libfly le samedi 7 novembre à 15H (Médiathèque du Vieux-Lille).

â–º Du 6 au 15 novembre, 11ème édition du festival des Arts multimédia GAMERZ.

PROGRAMME DES EXPOSITIONS

FONDATION VASARELY

ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

BIBLIOTHÈQUE MÉJANES

OFFICE DU TOURISME

 

PROGRAMME DES PERFORMANCES / RENCONTRES / ATELIERS / SOIREES

FONDATION VASARELY
Performances


FONDATION VASARELY

Conférences – Rencontres – Tables rondes


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

Soirée Vidéo – Rencontre – Performance


FONDATION VASARELY

Ateliers – sur inscription


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE


FONDATION VASARELY

Ateliers – sur inscription


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

Soirée de clôturePerformances et concerts
La Nébuleuse

â–º AGENDA de Jean-Michel Espitallier :

• 9-13 novembre. Workshop avec les étudiants des Beaux-Arts Rhône-Alpes. Résidence Moly Sabata (Sablons, 38).
• 19 novembre, 14 h. Rencontre et conférence, Ciclic, Orléans.
• 25 novembre-2 décembre. Lectures, performances, tables rondes. International Poetry Nights (Hong Kong & Guangzhou).
• 11 & 12 décembre. Radio (Fondation Louis-Vuitton, Paris).

 

â–º Dans le cadre de la résidence Marc PERRIN/Benoît CANCOIN à la Maison Gueffier à La Roche sur Yon, et précédant de quelques jours la parution du livre SPINOZA IN CHINA,

du 9 AU 15 NOVEMBRE :

● le 9 NOVEMBRE ●
rencontre, échanges, autour des Années 10 de Nathalie Quintane, Maison Gueffier, 18h30

● les 10, 11 et 13 NOVEMBRE ●
concert-lecture chez l’habitant, 19h00

● le 12 NOVEMBRE ●
concert-lecture au Studio de danse du Manège, 19h00

● les 14 ET 15 NOVEMBRE ●
week-end atelier d’écriture, 14-18h30 le samedi, 10-17h00 le dimanche.

*Le livre sera disponible en librairie à partir du 20 novembre, et à La Roche sur Yon dès le 12 novembre.

 

â–º RV avec le peintre Mathias Pérez, le fondateur des éditions Carte Blanche et de la revue Fusées : À la Granville Gallery, vernissage de l’exposition le 7 novembre de 14h à 20h (23 rue du Départ 75014 Paris).

 

â–º Bijoux d’artiste* & photographies, une proposition de AnnaO & Axelle Emden.

• Vernissage le samedi 7 novembre de 18h à 22h

• Exposition du 7 novembre 2015 au 2 janvier 2016 [Voir la photo en arrière-plan]

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Sophie etc.
2 rue Gambey 75011 Paris

 

â–º Mercredi 18 novembre 2015 à 20H, Atelier du Plateau (5, rue du Plateau 75019 Paris ; billets) : concert de lancement de l’album "on trace".
http://www.fgriot.net/ontrace

un album-récit :
"on trace à pied la ligne inusable sur le sol. sur le sol sur la terre sous le ciel les nuages. on trace.

c’est l’histoire du cheminement… du cheminement de l’homme dans le temps, dans ce laps qui lui est imparti par des forces qui lui sont supérieures. dans cet intervalle et de temps et d’espace où il reçoit d’être et devenir, et où il peut aussi dans une mesure probablement modeste et certainement relative, agir… "

Avec :
Fred Griot (textes, voix)
Eric Groleau (batterie, composition)
Dani Bouillard (guitare, composition)
Thomas Deschamps (vidéos, photos)
Sophie Magnaud, Elisa Millot (scénographie, lumières)
Benoît Meurant (son)

â–º Le lundi 23 novembre 2015 à 19H, à la librairie L’écume des pages, 174 bd St Germain, 75006 Paris : Michel Deguy,  le calligraphe Rachid Koraïchi, l’éditeur Al Manar et Bénédicte Gorrillot vous attendent pour la parution du collectif de traductions en vingt langues  de Prose du suaire, poème composé par Michel Deguy  à la mémoire du poète Abdelwahab Meddeb.

6 mai 2015

[Texte] Marc Perrin, Spinoza in China / 15 novembre 2011 / 7 janvier 2015 (2/2)

Suite du feuilleton proposé par Marc Perrin, "Spinoza in China" : avec Hors-sol, La Vie manifeste et Remue.net.

â–º Spinoza in China, 9 novembre 2011
â–º Spinoza in China, 10 novembre 2011
â–º Spinoza in China, 11 novembre 2011- 26 décembre 2014 (1/2)
â–º Spinoza in China, 11 novembre 2011-26 décembre 2014 (2/2)
â–º Spinoza in China, 12 novembre 2011-9 février 2015
â–º Spinoza in China, 15 novembre 2011-7 janvier 2015 (1/2)

 

 

      • 15 novembre 2011 • 14h07. Ernesto rejoint le métro car sa race qui flippe a besoin de trouver le chemin du retour et toujours le trouve. Une race qui flippe est une race qui ne perd jamais le chemin de retour. Une race qui flippe est une race qui flippe de perdre le chemin du retour mais ne le perd jamais. Ce qui flippe dans la race qui flippe trouve ou retrouve toujours le chemin du retour. Ce qui flippe dans la race qui flippe ne se perd jamais complètement. C’est comme ça. Pour Ernesto ce jour-là c’est comme ça. Et c’est comme ça qu’on voit Ernesto rejoindre North Jiangyang road station. C’est comme ça qu’on voit Ernesto reprendre le métro cette fois en direction du sud et en sortir trois stations plus loin à Songsbi road station. Car. Nonobstant sa race qui flippe Ernesto ne cesse de vouloir respirer le grand air du large et il a vu tout à l’heure au niveau de Songsbi road station un bras de mer ou un bras de fleuve avec des bateaux. Il veut grimper dans un bateau. Il veut prendre un bateau pour rejoindre cette île au large de Shanghai dont lui a parlé Vince Parker l’autre soir. Il. Veut aller sur cette île. Il. Veut respirer l’air du grand large. Il. Descend à Songsbi road station et marche en direction de l’est. Il. Marche. Marche. Marche. Marche. Marche et trouve un embarcadère. Marche et trouve un guichet. Demande à un homme, derrière le guichet : comment → est-ce que je peux aller sur l’île. Demande à l’homme, derrière le guichet : comment → est-ce que je peux revenir ici. To come back. L’homme, derrière le guichet, note quelques indications dans le carnet que lui tend Ernesto. Ernesto. Dit merci. Avec son gentil sourire. Ernesto. Achète un billet. Ernesto. Patiente dans une file d’attente. Ernesto. Grimpe dans un bateau. Le bateau traverse le fleuve. Ou est-ce un bras de mer. C’est de l’eau séparant le continent de l’île. Le bateau. Accoste l’île. Ernesto. Arrive sur l’île. Ernesto. À peine le premier pied posé sur l’île. Pense au chemin du retour. Come back. To come back. Il est 15h47.

 

 

      • 15 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 6/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Frédéric Oudéa et aussi le visage de Philippe Varin et aussi le visage Xavier Bertrand → président directeur général de la Société Générale et président directeur général de PSA Peugeot Citroën et aussi ministre du travail du gouvernement de la république française → alors → qu’est annoncé → que le groupe bancaire Société Générale va supprimer des centaines d’emplois en France → des centaines d’emplois supprimés c’est-à-dire au moins 500 concernant les 5 000 salariés employés par la banque de financement et d’investissement du groupe bancaire Société Générale en France → ces suppressions → d’emplois → seront accompagnées de mesures d’austérité salariale → ces suppressions → d’emplois → répondent à la nécessité d’adapter les activités du groupe bancaire Société Générale à la crise de la dette qui frappe la zone euro → ces suppressions → d’emplois → répondent à la nécessité de renforcer la solidité financière du groupe bancaire Société Générale → les banques → de financement → et d’investissement → étant des banques ne recevant pas les dépôts des particuliers mais recherchant des liquidités auprès d’autres banques → les banques → de financement → et d’investissement → étant des banques ne recevant pas les dépôts des particuliers mais recherchant des liquidités auprès des marchés monétaires → les banques → de financement → et d’investissement → étant des banques ne recevant pas les dépôts des particuliers mais recherchant des liquidités auprès de la Banque centrale → alors → que → le comité central d’entreprise du groupe PSA Peugeot Citroën doit aujourd’hui aborder l’impact en France du plan annoncé fin octobre qui prévoit en 2012 la suppression au niveau européen de 1 000 postes de production et de 5 000 emplois dans diverses activités dont la recherche et le développement → alors → que → sur ces 5 000 emplois hors production la moitié sera supprimée chez des prestataires externes → alors → que → le plan prévoit aussi la suppression de 800 postes d’intérimaires en France d’ici la fin de l’année → alors → que → ces mesures s’inscrivent dans un plan d’économie pour 2012 de 800 millions d’euros dont 400 sur les frais fixes face à un marché européen dégradé où le constructeur réalise 60% de ses ventes → alors → qu’est annoncé → par le président de la république française que les bénéficiaires du Revenu de solidarité active devront maintenant travailler à raison de sept heures hebdomadaires en contrepartie de l’aide qui leur est versée → pas pour punir → mais pour respecter → → pas pour punir → mais pour ramener la dignité → on ne peut pas → être digne quand on ne fait que tendre la main.

 

 

      Ernesto pense : il me faut rentrer au plus vite. Avant la nuit. Il me faut trouver avant la nuit ce bus qui si je comprends bien les quelques notes écrites par l’homme assis derrière le guichet à l’embarcadère me permettra de rejoindre le continent.

 

 

      • on pourrait imaginer un silence,

 

 

      Toute l’énergie d’Ernesto se consacre alors à trouver ce bus pour le chemin du retour.

 

 

      • d’abord un silence, humble,

 

 

      Ernesto fonce alors droit vers la première boutique qu’il voit. Il entre, dans la boutique. Il montre à la femme assise derrière le comptoir les notes écrites par l’homme assis derrière le guichet à l’embarcadère.

 

 

      • un silence honnête, comme une réplique, juste,

 

 

      Ernesto. Regarde les mouvements des bras et des mains de la femme tandis qu’elle explique imagine Ernesto comment faire pour rejoindre le bus. Ernesto regarde aussi son visage. Il entend les sons de la langue chinoise. Il entend sa race qui flippe. Vite, rejoindre au plus vite ce bus. Avant que la nuit tombe. Ernesto. Croit comprendre que la gare routière est à l’autre bout de l’île. Il est 16h05.

 

 

      • comme une intelligence, éthique,

 

 

      La femme sort de la boutique et hèle à l’extérieur une autre femme sur un triporteur. Elle fait signe, à Ernesto, de rejoindre la femme et le triporteur. Ernesto. Rejoint la femme et le triporteur. Ernesto. Grimpe à l’arrière du triporteur. La femme restée à la porte la boutique fait un dernier signe de la main en direction d’Ernesto quand le triporteur démarre. Elle fait 5 avec ses doigts. Ernesto pense qu’elle lui réclame de l’argent : 5 huans. Il est 16h09.

 

 

      • 15 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 7/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Ilse Aigner et aussi le visage de Tiphaine Goisbeault → ministre de l’agriculture du gouvernement allemand et directrice du pôle équipement de la société Mediamétrie spécialisée dans la mesure d’audience et dans les études marketing des médias audiovisuels et des médias interactifs en France → elle accepte → finalement → finalement elle accepte que le programme européen d’aide aux plus démunis soit maintenue temporairement en 2012 et en 2013 → elle empêche → ainsi → elle empêche que les cinq autres pays réfractaires dont l’Allemagne faisait jusqu’alors partie → disposent de la minorité de blocage → le conseil européen des ministres de l’agriculture → peut ainsi débloquer le programme européen d’aide aux plus démunis qui finance 50 % des produits alimentaires distribués aux 13 millions d’européens les plus pauvres → elle dit → un million de tablettes tactiles vendues en France, c’est un chiffre important, on était parti sur 800.000 exemplaires, cette année, les prévisions ont été revues à la hausse → il faut savoir que parmi les motifs d’achat, le premier élément est l’aspect facilité d’utilisation, avec l’aspect mobilité → une tablette tactile n’a pas besoin d’être branchée, c’est important → par ailleurs → sa batterie est plus fiable que celle d’un téléphone intelligent → la rapidité joue aussi parmi les motifs d’achat → on parle de sofa computer → sur son canapé, on a accès directement à tous les contenus que l’on souhaite → c’est important → pour le moment en terme d’acheteurs on reste encore sur un profil d’early adopter → un early adopter est un individu qui a pour habitude d’acheter quasiment systématiquement les nouveaux produits dans une catégorie de produit donnée, surtout des produits high tech, en particulier dans l’informatique → les early adopters → constituent souvent le premier marché d’un produit en phase de lancement → en particulier dans l’informatique → en terme d’acheteurs il y a aussi les CSP+ → les chefs d’entreprise, les cadres, les professions intellectuelles, etc., tout ça → mais → pas la ménagère qui souhaite s’équiper de manière plus large → en période de crise → il est vrai → que ça reste cher → avec leur argent → le conseil → européen → des ministres de l’agriculture → peut ainsi débloquer le Programme européen d’aide aux plus démunis qui finance 50 % des produits alimentaires distribués aux 13 millions d’Européens les plus pauvres → temporairement → en 2012 → en 2013.      

 

 

Ernesto. Traverse l’île à l’arrière d’un triporteur. Il se demande s’il est bien sur l’île dont lui a parlé Vince Parker l’autre soir. Ernesto. Cherche des indications dans le paysage. Il voit des fanions immenses, en bordure de rues super larges bordées, avec immeubles en construction. Ernesto. Traverse l’île à l’arrière d’un triporteur. Il voit sur un fanion un pont, immense, enjambant fleuve ou bras de mer. Ernesto pense voilà c’est bon, c’est le pont dont lui a parlé Vince Parker, l’autre soir. Ernesto pense voilà, c’est bon. C’est le bon pont. Pour le retour. C’est ce pont immense, long de cinq kilomètres et reliant l’île au continent dont lui a parlé Vince Parker l’autre soir. Il est 16h13.

 

 

      • un silence d’abord comme un présent fait aux mortes & aux morts, un silence comme un présent fait aux meurtrières & aux meurtriers, un silence comme un présent fait aux vivantes & aux vivants,

 

 

      Ernesto arrive à la gare routière. Ernesto donne de l’argent à la femme qui a conduit le triporteur. Ernesto se demande s’il lui donne assez d’argent. Ernesto voit un groupe de sept ou huit jeunes aux côtés d’un policier. Ernesto marche vers le policier. Ernesto montre son carnet au policier et la petite bande de jeunes se masse autour de lui. Il est 16h16.

 

 

      • un silence comme un présent fait à tous les vivants et les morts, on pourrait, se faire un peu le présent d’un silence,

 

 

      Ernesto, 10 ans et 29 secondes, en short Adidas, écorchure et mercurochrome séché sur son genou droit, cœur battant au milieu de la petite bande de jeunes massée autour de lui. Il est 16h17.

 

 

      • 15 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 8/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Frédéric Boisseau et le visage de Franck Brinsolaro et le visage de Jean Cabut et le visage de Elsa Cayat et le visage de Stéphane Charbonnier et le visage de Philippe Honoré et et le visage de Chérif Kouachi et le visage de Saïd Kouachi et le visage de Bernard Maris et le visage de Ahmed Merabet et le visage de Mustapha Ourrad et le visage de Michel Renaud et le visage de Bernard Verlhac et le visage de Georges Wolinski → tandis que certains pensent et d’autres non à la réunion de rédaction qui aura lui demain matin, mercredi, comme tous les mercredis matins dans les locaux de Charlie Hebdo.

 

 

      Le policier montre à Ernesto où se trouve la gare routière. Ernesto dresse la tête et voit la gare routière. Ernesto marche tout droit et laisse derrière lui les sept ou huit jeunes et le policier. Ernesto se rapproche de la gare routière et voit les bus et comprend que le signe de la main que lui a fait la femme devant la boutique, tout à l’heure, 5 avec les doigts, c’est le numéro du bus. Il est 16h21.

 

 

      • une réplique juste, une pudeur, serait-ce justesse à défaut d’une possible justice réelle,

 

 

      Ernesto achète un billet. Ernesto monte dans le bus. Le bus passe par un tunnel sur le fleuve ou le bras de mer et non sur le pont vue les fanions géants. Ernesto rêve du grand air. Ernesto rêve du grand large. Le bus emprunte un trajet qui ramène Ernesto exactement là où il a pris le bateau. Exactement ce qu’Ernesto avait demandé à l’homme derrière le guichet, au moment d’acheter le billet de bateau.

 

 

      To come back.

 

 

      • 15 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 9/10 → le visage de Patrick Gaubert → président du Haut Conseil à l’Intégration → à l’instant où est officiellement remis au ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration du gouvernement de la république française → le projet de charte des droits et des devoirs du citoyen français présentée à la signature des demandeurs de la nationalité française en application de l’article 21-24 du code civil → charte que les étrangers naturalisés devront signer à partir du 1er janvier 2012 → en préambule du projet on peut lire → vous souhaitez devenir français c’est une décision importante et réfléchie devenir français n’est pas une simple démarche administrative acquérir la nationalité française est une décision qui vous engage et au-delà de vous engage vos descendants c’est pour vous et pour vos descendants la volonté d’adopter ce pays qui vous a accueilli et qui va devenir le vôtre adopter son histoire ses principes et ses valeurs et ainsi en intégrant la communauté nationale accepter de contribuer à le défendre et devenir un acteur solidaire de son avenir en retour la France vous reconnaît comme un citoyen de la république en acquérant la nationalité française vous bénéficierez de tous les droits et serez tenu à toutes les obligations attachées à la qualité de citoyen français à dater du jour de cette acquisition en devenant français vous ne pourrez plus vous réclamer d’une autre nationalité sur le territoire français afin de s’assurer de votre bonne compréhension des droits et devoirs de tout citoyen français et en particulier de la loyauté que chacun doit à la république française il vous est demandé de prendre connaissance de la présente charte puis si vous y adhérez de la signer votre signature qui est la marque de votre engagement est une condition indispensable d’obtention de la nationalité française → puis → on peut lire la charte → d’abord → les principes & les valeurs & les symboles de la république française → le peuple français se reconnaît dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et dans les principes démocratiques hérités de son histoire il est attaché aux symboles républicains et les respecte l’emblème national est le drapeau tricolore bleu blanc rouge l’hymne national est la marseillaise la devise de la république est liberté égalité fraternité la fête nationale est le 14 juillet Marianne est la représentation symbolique de la république la langue de la république est le français la France est une république indivisible et laïque et démocratique et sociale → la république est indivisible → à savoir → dans la république le pouvoir souverain n’appartient qu’au peuple et à ses représentants aucune section ou partie du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice → la république est laïque → à savoir → la république assure la liberté de conscience elle respecte toutes les croyances chacun est libre de croire de ne pas croire de changer de religion la république garantit le libre exercice des cultes mais n’en reconnaît n’en salarie ni n’en subventionne aucun la loi consacre la séparation des religions et de l’État → la république est démocratique → à savoir → le principe de la république est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple → direct ou indirect le suffrage est toujours universel égal et secret → la loi étant l’expression de la volonté générale tout citoyen doit la respecter et nul n’est censé l’ignorer → la force publique est chargée d’en assurer l’application → nul ne peut être contraint à faire ce que la loi n’ordonne pas → rendue au nom du peuple français la justice est indépendante → la république est sociale → à savoir → la nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement → on peut lire aussi → la république garantit à tous la sécurité des biens et des personnes les droits et les devoirs du citoyen français être citoyen français exige de reconnaître que chaque être humain sans distinction de race de religion ni de croyance possède les droits inaliénables suivants → liberté → les hommes et les femmes naissent et demeurent libres et égaux en droit la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui le respect dû à la personne humaine interdit toute atteinte à sa dignité le corps humain est inviolable nul ne peut être inquiété pour ses opinions pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public tout citoyen peut parler écrire imprimer librement sauf à répondre de l’abus de cette liberté chacun a droit au respect de sa vie privée personne ne peut être accusé arrêté ni détenu que dans les cas et formes déterminés par la loi chacun est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été jugé coupable chacun a la liberté de former une association ou de participer à celle de son choix il peut adhérer librement aux partis ou groupements politiques qui contribuent à l’expression du suffrage universel comme défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale tout citoyen français âgé de 18 ans accomplis est électeur chaque citoyen ayant la qualité d’électeur peut faire acte de candidature et être élu voter est un droit c’est aussi un devoir civique le droit de propriété est garanti par la loi → égalité → tous les citoyens sont égaux devant la loi sans distinction de sexe d’origine de race ou de religion la loi est la même pour tous soit qu’elle protège soit qu’elle punisse l’homme et la femme ont dans tous les domaines les mêmes droits la république favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales chacun homme et femme peut librement exercer une profession percevoir ses gains et salaires et en disposer comme il l’entend les citoyens français étant égaux ils peuvent accéder à tout emploi public selon leurs capacités les parents exercent en commun l’autorité parentale ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes jusqu’à 16 ans l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État → fraternité → tout citoyen concourt à la défense et à la cohésion de la nation une personne qui a acquis la qualité de français peut être déchue de la nationalité française si elle s’est soustraite à ses obligations de défense ou si elle s’est livrée à des actes contraires aux intérêts fondamentaux de la France sans préjudice des dispositions du code pénal chacun a le devoir de contribuer selon ses capacités financières aux dépenses de la nation par le versement d’impôts directs indirects ou de cotisations sociales la nation garantit à tous la protection de la santé la sécurité matérielle et le droit à congés toute personne qui en raison de son âge de son état physique ou mental, de la situation économique se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence → sachant que → dans le décret n° 2011-1265 du 11 octobre 2011 relatif au niveau de connaissance de la langue française requis des postulants à la nationalité française au titre des articles 21-2 et 21-24 du code civil et à ses modalités d’évaluation → on peut lire ceci → l’article 14 est remplacé par les articles 14 et 14-1 ci-après → article 14 → pour l’application de l’article 21-2 du code civil tout déclarant doit justifier d’une connaissance de la langue française caractérisée par la compréhension des points essentiels du langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne et aux situations de la vie courante ainsi que par la capacité à émettre un discours simple et cohérent sur des sujets familiers dans ses domaines d’intérêt son niveau est celui défini par le niveau B1 rubriques "écouter" "prendre part à une conversation" et "s’exprimer oralement en continu" du cadre européen commun de référence pour les langues tel qu’adopté par le comité des ministres du conseil de l’Europe dans sa recommandation CM/ Rec (2008) 7 du 2 juillet 2008 → un arrêté ministériel précise pour les déclarants qui ne produisent pas de diplôme justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau requis → les attestations devant être produites permettant de justifier de la possession de ce niveau de langue et délivrées par des organismes reconnus par l’Etat comme aptes à assurer une formation "français langue d’intégration " → cet arrêté définit les conditions dans lesquelles des prestataires agréés par ces organismes peuvent délivrer de telles attestations → article 14-1 → pour souscrire la déclaration prévue à l’article 21-2 du code civil le déclarant doit fournir les pièces suivantes → 1° → une copie intégrale de son acte de naissance → 2° → une copie intégrale de son acte de mariage ou de sa transcription sur les registres consulaires français quand le mariage a été célébré à l’étranger → 3° → une attestation sur l’honneur des deux époux signée devant l’autorité qui reçoit la déclaration certifiant qu’à la date de cette déclaration la communauté de vie tant affective que matérielle n’a pas cessé entre eux depuis le mariage et accompagnée de tous documents corroborant cette affirmation dont notamment la copie intégrale de l’acte de naissance des enfants nés avant ou après le mariage et établissant la filiation à l’égard des deux conjoints → 4° → un certificat de nationalité française les actes de l’état civil ou tous autres documents émanant des autorités françaises de nature à établir que son conjoint avait la nationalité française au jour du mariage et l’a conservée → 5° → un extrait de casier judiciaire ou un document équivalent délivré par une autorité judiciaire ou administrative compétente du ou des pays où il a résidé au cours des dix dernières années ou lorsqu’il est dans l’impossibilité de produire ces documents du pays dont il a la nationalité → 6° → le cas échéant tout document justifiant de sa résidence régulière et ininterrompue en France pendant au moins trois ans à compter du mariage ou un certificat d’inscription du conjoint français au registre des français établis hors de France pendant la durée de leur communauté de vie à l’étranger → 7° → le cas échéant la copie intégrale des actes de naissance de ses enfants mineurs étrangers qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce ainsi que les pièces de nature à établir cette résidence → 8° → le cas échéant en cas d’unions antérieures les copies intégrales des actes de mariage et tous documents justifiant leur dissolution → 9° → un diplôme ou une attestation justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau de langue exigé en application de l’article 14 ou à défaut une des attestations délivrée depuis moins de deux ans figurant dans la liste fixée par l’arrêté mentionné au second alinéa du même article → sont toutefois dispensées de la production de ce diplôme ou de cette attestation les personnes mentionnées au deuxième alinéa de l’article 15 → sachant que → dans le décret n° 2011-1265 du 11 octobre 2011 relatif au niveau de connaissance de la langue française requis des postulants à la nationalité française au titre des articles 21-2 et 21-24 du code civil et à ses modalités d’évaluation → on peut lire ceci → l’article 37 est remplacé par les articles 37 et 37-1 ci-après → article 37 → pour l’application de l’article 21-24 du code civil tout demandeur doit justifier d’une connaissance de la langue française caractérisée par la compréhension des points essentiels du langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne et aux situations de la vie courante ainsi que par la capacité à émettre un discours simple et cohérent sur des sujets familiers dans ses domaines d’intérêt son niveau est celui défini par le niveau B1 rubriques "écouter" "prendre part à une conversation" et "s’exprimer oralement en continu " du cadre européen commun de référence pour les langues tel qu’adopté par le comité des ministres du conseil de l’Europe dans sa recommandation CM/ Rec (2008) 7 du 2 juillet 2008 → un arrêté ministériel précise pour les demandeurs qui ne produisent pas de diplôme justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau requis → les attestations devant être produites permettant de justifier de la possession de ce niveau de langue et délivrées par des organismes reconnus par l’État comme aptes à assurer une formation "français langue d’intégration" → cet arrêté définit les conditions dans lesquelles des prestataires agréés par ces organismes peuvent délivrer de telles attestations → article 37-1 → la demande est accompagnée des pièces suivantes → 1° → une copie intégrale de l’acte de naissance → 2° → la justification par tous moyens de la résidence habituelle en France du demandeur pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande sous réserve des réductions ou dispenses de stage prévues aux articles 21-18 à 21-20 du code civil et lorsque la demande est présentée au nom d’un mineur la justification de la résidence habituelle de ce dernier pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande avec le parent qui a acquis la nationalité française → 3° → tous documents justifiant qu’il a sa résidence en France à la date de la demande → 4° → s’il entend bénéficier de l’assimilation de résidence prévue à l’article 21-26 du code civil toutes justifications permettant de constater qu’il remplit les conditions posées à cet article → 5° → le cas échéant la copie intégrale des actes de naissance de ses enfants mineurs étrangers qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce ainsi que les pièces de nature à établir cette résidence → 6° → le cas échéant la copie intégrale du ou des actes de mariage ainsi que les pièces de nature à justifier la dissolution des unions antérieures → 7° → un extrait de casier judiciaire ou un document équivalent délivré par une autorité judiciaire ou administrative compétente du ou des pays où il a résidé au cours des dix dernières années ou lorsqu’il est dans l’impossibilité de produire ces documents du pays dont il a la nationalité → 8° → le cas échéant tout document justifiant de la nationalité française du ou des enfants mineurs qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce → 9° → un diplôme ou une attestation justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau de langue exigé en application de l’article 37 ou à défaut une des attestations délivrée depuis moins de deux ans figurant dans la liste fixée par l’arrêté mentionné au second alinéa du même article → sont toutefois dispensées de la production de ce diplôme ou de cette attestation les personnes mentionnées au troisième alinéa de l’article 41 → sachant que → tous les documents rédigés en langue étrangère doivent être accompagnés de leur traduction par un traducteur agréé ou habilité à intervenir auprès des autorités judiciaires ou administratives d’un autre État membre de l’union européenne ou d’un État partie à l’accord sur l’espace économique européen ou de la Suisse produite en original → dès la production des pièces prévues ci-dessus l’autorité auprès de laquelle la demande a été déposée délivre le récépissé prévu à l’article 21-25-1 du code civil constatant cette production → le demandeur doit signaler à l’autorité qui a reçu sa demande tout changement de résidence et toute modification intervenue dans sa situation familiale en transmettant auprès de cette autorité le document prévu à cet effet joint au formulaire de demande d’acquisition de la nationalité française il sera délivré récépissé du dépôt de ce document → on peut lire aussi → à l’article 41 → 1° → au deuxième alinéa les mots "et sous réserve des dispositions de l’article 21-24-1 du code civil sa connaissance de la langue française" sont supprimés → 2° → la dernière phrase du deuxième alinéa est supprimée → 3° → après le deuxième alinéa il est ajouté un alinéa ainsi rédigé → l’entretien individuel prévu au deuxième alinéa permet de constater que les personnes qui, en raison de leur âge d’un état de santé déficient chronique ou d’un handicap ne sont pas en mesure d’accomplir les démarches nécessaires à la production du diplôme ou de l’attestation mentionné au 9° de l’article 37-1 maîtrisent un niveau de langue correspondant au niveau exigé en vertu de l’article 37 → sachant que → selon l’article 41 → le postulant se présente en personne devant un agent désigné nominativement par le préfet ou l’autorité consulaire après un entretien individuel cet agent établit un compte rendu constatant le degré d’assimilation du postulant à la communauté française ainsi que, selon sa condition son niveau de connaissance des droits et devoirs conférés par la nationalité française et sous réserve des dispositions de l’article 21-24-1 du code civil sa connaissance de la langue française un arrêté du ministre chargé des naturalisations définit les modalités de déroulement de l’entretien les conditions d’établissement du compte rendu auquel il donne lieu ainsi que les critères d’appréciation qui fondent des conclusions motivées.

 

 

      Bientôt minuit. En terrasse d’un bar dans le quartier de l’ancienne concession française, à Shanghai, Ernesto écoute Vince Parker lui parler de sa thèse, de son roman, de ses poèmes, de ses élèves, de sa femme, de ses parents, de ses amis, de son travail de traduction de Omeros, de Derek Walcott, du fait qu’il ne va pas écrire des livres comme ça comme à la chaîne durant toute sa vie. Ernesto n’écoute pas. Ernesto pense à son cousin Ki. Ernesto pense à l’Éthique de Spinoza dont il n’a toujours pas lu une ligne. Tu attends quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                          15.11.2011 http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/11/15/la-societe-generale-va-supprimer-des-centaines-d-emplois-en-france_1604041_1581613.html

http://www.liberation.fr/economie/2011/11/15/suppressions-de-poste-chez-psa-peugeot-citroen-rassemblement-a-paris_774785

http://www.20minutes.fr/societe/823904-20111115-beneficiaires-rsa-vont-devoir-travailler-7-heures-semaine

http://www.20minutes.fr/economie/823328-20111115-sursis-aide-plus-demunis

http://www.20minutes.fr/high-tech/823784-20111115-trois-fois-plus-foyers-2010-prevoient-acheter-tablette-tactile

http://www.20minutes.fr/planete/823616-20111115-pekin-dessale-eau-mer-approvisionner-20-millions-habitants

http://www.china.org.cn/environment/2011-10/21/content_23685248.htm

http://www.aqualyng.com

http://www.lepoint.fr/monde/israel-batit-a-jerusalem-est-palestiniens-ne-croient-plus-aux-negociations-15-11-2011-1396580_24.php

http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/droitsetdevoirs.pdf

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=338690553E0D0B3F17DB83455BC1BF46.tpdjo16v_3?cidTexte=JORFTEXT000024659084&categorieLien=id

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=7EEC584F28025402FCE6322073B5EB30.tpdjo16v_3?idArticle=LEGIARTI000022414600&cidTexte=JORFTEXT000000699753&categorieLien=id&dateTexte=20111231

2 mai 2015

[Texte] Marc Perrin, Spinoza in China / 15 novembre 2011 / 7 janvier 2015 (1/2)

Suite du feuilleton proposé par Marc Perrin, "Spinoza in China" : avec Hors-sol, La Vie manifeste et Remue.net.

â–º Spinoza in China, 9 novembre 2011
â–º Spinoza in China, 10 novembre 2011
â–º Spinoza in China, 11 novembre 2011- 26 décembre 2014 (1/2)
â–º Spinoza in China, 11 novembre 2011-26 décembre 2014 (2/2)
â–º Spinoza in China, 12 novembre 2011-9 février 2015

 

      • 15 novembre 2011 • Shanghai • Une employée de maison vient leur faire le ménage. Une employée de maison vient leur fait à manger. Une employée de maison lave leurs draps. Une employée de maison lave leurs vêtements. Une employée de maison fait tourner leur machine à laver. Une employée de maison lave leur sol. Une employée de maison fait leur lit. Une employée de maison nettoie leur table. Ils payent une employée pour le travail qu’elle effectue. C’est un métier avec un salaire. Vince Parker va travailler sa thèse à la bibliothèque tous les jours. Caroline Parker bosse pour l’événementiel international. Ernesto quant à lui cache ses vêtements dans son sac à dos et lave tout au savon de Marseille. Il est 9h15. Ensuite ?

 

 

      • madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • il est 11h14 aujourd’hui 7 janvier 2015 et j’ai 14 ans, 7 secondes et je vous compte pas les siècles,      

 

 

Ensuite, en conséquence directe ou indirecte des relations pas super apaisées qu’il entretient avec les notions de travail, salarié ou non, de maison, ouverte ou fermée, de famille, sainte ou païenne, de parole, de regard, de silence et de peur à gogo, on voit Ernesto quitter la chambre sous les toits, sans passer par l’appartement de Caroline et Vince Parker, on le voit dévaler les escaliers, voit marcher jusqu’à Hengshan road station, on le voit prendre le métro, on le voit qui s’assoit dans un wagon du métro la ligne numéro 1, on le voit descendre du wagon à Shanghai railway station et là on le voit rejoindre la ligne numéro 3, puis, on le voit s’asseoir à nouveau dans un wagon et ne quitter le métro qu’au terminus de la ligne numéro 3, à North Jiangyang road station, tout au nord de la ville. Là, on voit Ernesto sortir du métro. On le voit regarder les chauffeurs de taxi et les conducteurs de pousse-pousse qui attendent les clients. On le voit dresser la tête, bien droit, pour bien montrer qu’il sait où il va. On le voit dresser la tête bien droit, pour bien montrer qu’il n’a besoin de personne. On le voit marcher tout droit, droit vers le nord. Est-ce qu’il espère rejoindre le fleuve ? géant ? tout au nord de la ville ? le fleuve ou l’océan tout au nord de la ville ? Il ne sait pas très bien. Peut-être est-il en train de rêver de sable fin et de vent du large. On ne sait pas. Ce qu’on sait, ce qu’on voit, c’est qu’il marche pendant une demi-heure sur un trottoir le long d’une 2 fois 4 voies. Il marche pendant une demi-heure le long d’un mur d’enceinte. Il marche pendant une demi-heure le long d’une usine longue de 3 kilomètres. Puis il bifurque à gauche, en direction de l’ouest. Là, il rejoint quelque chose comme un quartier grand comme une ville. On le voit alors marcher au milieu d’immeubles de 20 ou 30 étages dans ce quartier grand comme une ville. On le voit alors, peut-être, en train déjà de flipper sa race relativement au fait qu’il commence à penser – peut-être – au chemin du retour, incertain. Peut-être Ernesto est-il en train de se demander si en fait ce ne serait pas ça : une race. Est-ce qu’une race ce ne serait pas en fait rien d’autre que le flip d’une espèce quant à l’incertitude relative à un chemin qui serait un chemin de retour : un flip espécial relatif au chemin d’un retour super incertain. On sait pas. On sait pas ce qu’il pense Ernesto. Pas toujours. Mais on le voit. On le voit marcher. On le voit marcher un peu plus vite, même, et on peut se dire qu’il a peut-être un peu plus peur que tout à l’heure, un peu plus peur de pas trouver le chemin de retour ou alors il a simplement un peu plus froid. On peut pas être sûr. On peut juste le voir, là, marcher en direction de l’ouest, traverser carrefour et carrefour au milieu d’immeubles de 20 et 30 étages, on peut le voir marcher toujours plus loin vers l’ouest. Puis à un moment donné on le voit qui s’assoit. Sur un banc. Sur une place. Il est là. Ernesto. Il a 10 ans, 15 secondes, et un instant il oublie les siècles, il est assis, sur un banc, au pied d’immeubles de 20 ou et 30 étages. Il a peut-être faim. Il est inquiet peut-être quant au chemin du retour. Il rêve, peut-être, d’une plage de sable fin, de vent du grand large, avec Yameng ou Angela. On sait pas.

 

 

       • madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • il est 11h14 aujourd’hui 7 janvier 2015 et je travaille de la poésie étant à peu près conscient que le mot poésie est un mot comme un autre c’est-à-dire un mot sur lequel accords et désaccords quant à ce qu’il désigne peuvent séparer les êtres des êtres comme n’importe quel mot relatif à n’importe quelle type d’activité ou idée humaine,

 

 

      On voit juste qu’il s’assoit et qu’il remarque assez vite la présence d’un clochard. Sur un autre banc. Un clochard qui mange un sandwich et qui lui aussi assez vite remarque la présence d’un autre gugus sur un autre banc. Et là, si on entre dans la tête d’Ernesto. On comprend non seulement qu’Ernesto regarde intensément l’autre homme assis sur l’autre banc – le clochard – , mais, plus précisément, on comprend qu’Ernesto regarde le tissu du pantalon de l’autre homme assis sur l’autre banc. Et. Plus précisément encore, même, on comprend qu’Ernesto regarde la poche avant gauche du pantalon de l’autre homme assis sur l’autre banc. Et que là, Ernesto, reconnaît la forme d’un couteau. Et. Reconnaît. Conséquemment. Sa race qui flippe. Depuis l’intérieur de la poche avant gauche du pantalon de l’autre homme assis sur l’autre banc, Ernesto → voit une goutte de sang toute fraîche tacher le tissu. Et. Ernesto → âgé de 10 ans et 16 secondes → portant alors un short Adidas → baisse les yeux et regarde son genou gauche, avec une petite égratignure et du mercurochrome séché, puis, sort de son sac à dos une mandarine ou une clémentine et commence à l’éplucher.

 

 

      Ici. Sur ce banc. Ici. Sur cette place publique au pied d’immeubles de 20 ou et 30 étages. Dans ce quartier grand comme une ville. À la périphérie nord de Shanghai.

 

 

      • madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • il est 11h14 aujourd’hui le 7 janvier 2015,

 

 

      Cœur battant. Cœur inquiet. Chemin de retour incertain. Ernesto âgé de 10 ans et 17 secondes, en short Adidas, comme avant quelque entraînement de football du mercredi après-midi. Rêve de sable fin, de vent du large. Il détourne la tête vers sa gauche tandis. Un autre homme arrive sur la place, activant au bout d’une canne qu’il tient en main une pince métallique, à l’aide de laquelle, il saisit lentement, une à une, les feuilles mortes au sol de la place, les morceaux de papier qui traînent, volent. Ici. Un à un. Au pied de ces immeubles de 20 ou et 30 étages, à la périphérie nord de Shanghai.

 

 

      • je travaille ici de la poésie le 7 janvier 2015 aux environs de 11h14 au 29 rue Alexandre Gosselin à Nantes et deux gars armés chacun d’une kalachnikov tuent 1 fille et 11 gars au 10 rue Nicolas Appert dans les locaux de Charlie Hebdo et sur le boulevard Richard Lenoir à Paris dans le 11ème arrondissement,

 

 

      Ernesto. Baisse les yeux et regarde son genou gauche. Ernesto. Regarde l’écorchure et le mercurochrome séché. Il finit d’éplucher la clémentine ou la mandarine. Est-ce une orange. Il mange un à un les quartiers du fruit. Il s’essuie la bouche. Il se mouche. Quand il se mouche ça fait comme un bruit de trompette sourde qui résonne sur toute la place, au bas des immeubles. Ici. En Chine. On crache dans les rues. Ici. En Chine. On ne se mouche pas dans les rues. Ici. En Chine.

 

 

      • et si poésie le mot poésie désigne par exemple tout type de production de formes et de relations,

 

 

      Ernesto. Cœur battant. Cœur inquiet.

 

 

      • si poésie le mot poésie désigne par exemple tout type d’attention à l’égard de ces formes et de ces relations,

 

 

      L’homme sur le banc et l’homme à la pince métallique en bout de canne regardent Ernesto.

 

 

      • si un poème peut être un acte, donné, où la production de formes et de relations et l’attention à l’égard de ces formes et de ces relations sont deux de ses cœurs battants,

 

 

      Deux femmes arrivent sur la place. Chacune avec une pelle et un balai. Chacune ramasse déchets et débris baladés par le vent au pied des immeubles. Elles traversent la place. Elles disparaissent derrière un des immeubles. Il est 11h35.

 

 

      • si les mots les phrases les images les paroles formulés et rendus publics sont une partie de la production et de l’attention,

 

 

      si l’inexprimé qu’il soit conséquence d’un supposé inexprimable ou conséquence d’un silence décidé est une partie de la production et de l’attention,

 

 

      si les actes sont une partie de la production et de l’attention,

 

 

      si l’inaction également,

 

 

      alors deux gars armés chacun d’une kalachnikov tuant 1 fille et 11 gars sont une partie de la production et de l’attention,

 

 

      alors deux gars armés chacun d’une kalachnikov et 1 fille et 11 gars sont une partie de la production et de l’attention,

 

 

      alors deux gars et une fille et onze gars pénètrent et modifient le poème,

 

 

      ici : Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Jean Cabut, Elsa Cayat, Stéphane Charbonnier, Philippe Honoré, Chérif Kouachi, Saïd Kouachi, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Bernard Verlhac, Georges Wolinski : pénètrent et modifient le poème,

 

 

      beaucoup d’autres ici, une infinité d’autres ici non nommés pénètrent et modifient le poème,

 

 

      par les actes & l’inaction & les mots & les phrases & les paroles & les images formulés rendus publics & par l’inexprimé quiconque en tant qu’elle ou il est vivante vivant participe de la modification du poème,

 

 

      quiconque plus au moins attentif à la relation existante entre les êtres humains vivant où qu’ils vivent quiconque responsable collaborateur et collaboratrice à quelque niveau que ce soit quiconque chacune chacun et tous nous modifions l’existant modifions le poème,

 

 

      toute parole toute action tout livre tout geste toute une smala de paroles et d’actions et de livres et de gestes en amitié et toute une bande d’amies et d’amis qui écrivent ces livres énoncent ces paroles font ces gestes développent ces actions et ou les aiment et vivent en conséquence modifient le monde modifient le poème,

 

 

      les mots imbéciles entendus les mots aimables entendus modifient le monde modifient le poème,

 

 

      le bon et le mauvais en acte et la méchanceté comme l’intelligence par les faits modifient le monde modifient le poème

 

 

      nous avons il y a ce qui nous blesse et amoindrit ce qui augmente et nourrit notre ce que nous pouvons ce qu’il en est de notre ce qu’il en est aujourd’hui d’un possible pour nous de faire est le sens du mot puissance tel que je l’entends et l’aime et de nausée à la vue des postures de nausée en récupérations déjà scénarisées non je n’irai pas manifester je n’écrirai pas un mot j’écris manière de mettre en accord ma vie avec sera jusqu’à ce point vie séparée non de l’indignation ne suffit nous ne connaissons la dignité que par les actes parlant en lieu et place du bien penser pour le bien de ce bien moral et de son mal je ne veux n’auront ou n’aurons je ne sais plus besoin de cette indignation sans demain de nausée de ce peu d’attention de ce peu de considération et de conséquence à l’égard des mots écrits ou et dits c’est-à-dire à l’égard de nos vies je suis en train de vivre un moment de panique difficile de penser dans la panique il n’est pas impossible de défaire la panique,

 

 

      je m’appelle Ernesto,

 

 

      j’ai aujourd’hui 14 ans, quelques secondes et quelques siècles au compteur et je suis en colère je ne suis pas triste je suis en colère,

 

 

      ma colère est colère à l’égard des mots énoncés une fois énoncés restant lettres mortes dans la vie de qui les a énoncés,

 

 

      c’est la première fois que je comprends c’est la première fois que j’entends c’est la première fois que je ressens le sens de l’expression lettres mortes,

 

 

      l’expression lettres mortes est adéquate avec la réalité de corps d’êtres humains vivants qu’on a voulu morts rue Nicolas Appert à Paris où n’importe à la surface de la planète

 

 

      est-ce non pas colère et nausée mais honte est-ce que j’éprouve un sentiment de honte,

 

 

      est-ce de la honte quand à la vie piétinant la vie humiliant quand à la vie réifiant la vie répondent la basse cour et la morale

 

 

      est-ce là honte est la honte est la colère et la nausée toutes deux exposées retournées contre soi afin d’expier au grand jour et de produire sa gloire,

 

 

      est-ce rances bien et mal en amont de toute vie piétinant toute vie humiliant toute vie réifiant toute vie nourrissant nausée nourrissant colère,

 

 

      j’aurais pu ou dû agir ainsi par la suite j’aurais pu et su me glorifier de l’acte mais je ne l’ai pas fait ainsi je vis dans la honte est un exemple du règne bien rance de la morale,

 

 

      la honte est un rêve pourri de gloire où la gloire n’advient pas,

 

 

      dans le titre Pour en finir avec le jugement de dieu c’est le mot jugement qui importe je crois le mot jugement désigne une action ennemie,

 

 

      jugement de dieu n’est-ce pas un pléonasme,

 

 

      Baruch & Virginia jouent dans le jardin derrière la maison dans la nuit maintenant il est 4 heures,

 

 

      Baruch & Virginia sont en équilibre sur les branches de l’arbre dans le jardin de la maison d’en face il est 11h45,

 

 

      aujourd’hui 7 janvier 2015 à 11h45 depuis déjà un quart d’heure circule sur les réseaux dits sociaux je suis Charlie est une image produite une demi-heure après la tuerie rue Nicolas Appert et boulevard Richard Lenoir,

 

 

      à 11h45 je suis Charlie est une image produite par Joachim Roncin styliste de 39 ans directeur artistique de l’hebdomadaire gratuit Stylist distribué à 450.000 exemplaires chaque semaine,

 

 

      à 11h45 l’hebdomadaire Stylist est un magazine hebdomadaire féminin gratuit haut de gamme du groupe Marie Claire,

 

 

      à 11h45 l’hebdomadaire Stylist aspire à faire rimer luxe et gratuité,

 

 

      à 11h45 80 % des exemplaires de Stylist sont prêts à être distribués demain jeudi de la main à la main par près de 480 femmes dites hôtesses réparties dans près de 800 points clés de vente et le reste des exemplaires sera mis à disposition sur des présentoirs dans des lieux dits tendances par exemple des restaurants branchés et des boutiques de mode

 

 

      à 11h45 Robinson fait circuler trois phrases du dernier livre d’Olivier Cadiot : On peut jouer aux cartes dans la tranchée. Mais ça ne concerne pas seulement votre propre corps, l’équilibre se fait avec tout ce qui se passe autour de vous dehors. Vous n’êtes pas tout seul, mon petit, c’est Providence le titre du livre,

 

 

      à 11h45 d’un livre de Badiou dont je ne citerai pas le titre m’étant promis un jour de ne jamais écrire le nom de cet homme faisant partie des mots constituant le titre de ce livre – m’étant promis un jour de ne jamais écrire le nom de cet homme considérant qu’écrire le nom de cet homme nourrit la méchanceté à commencer par la méchanceté de celles et de ceux qui se disent être ses adversaires ou ses ennemis à commencer par la méchanceté en moi qui n’attend qu’une méchanceté adverse pour se nourrir – de ce livre, je me rappelle la phrase suivante : il y a un seul monde.

 

 

      je me rappelle aussi dans le même livre d’une autre phrase : l’amour doit être réinventé (point dit de Rimbaud), mais aussi tout simplement défendu,

 

 

      ces phrases dans ce livre sont ce que Badiou appelle des exemples de points à tenir,

 

 

      ce sont des points théoriques sur lesquels ne pas céder dans les conséquences qu’ils impliquent d’un point de vue pratique au quotidien de nos vies :

 

 

      sur tels ou tels points qu’il nous appartient de définir, individuellement, ou en groupe, sur ces points : nous ne céderons pas,

 

 

      un ami de l’ami Laurent est traducteur et raconte à Laurent que pour gagner de l’argent il traduit entre autres des documents de banque et de marketing et que la tâche la plus importante pour lui dans ce travail est de sauver les mots,

 

 

      c’est un exemple de point à tenir,

 

 

      ainsi par exemple lorsque l’ami de l’ami Laurent rencontre le mot amour associé à quelque affaire bancaire ou quelque campagne marketing dans le document qu’il doit traduire il sauve le mot amour et le traduit par un mot bancaire ou marketing mais pas par le mot amour,

 

 

      oui je suis en colère et je crains de ne trouver aucune manière juste et mesurée pour dire contre quoi je suis en colère,

 

 

      je voudrais trouver une manière juste et mesurée mais ce qui me vient c’est je suis en colère contre le salopage de l’amour et de l’intelligence et de la pensée donc de toute vie humaine,

 

 

      la possibilité de l’amitié, de la poésie, d’une intelligence éthique, la possibilité d’être en possession d’une kalachnikov,

 

 

      viens, je t’emmène en balade,

 

 

      on se caresse on se lèche et le sexe d’abord souple caressant le sexe d’abord sec devient l’un roide l’autre humide tendrement l’un pénètre l’autre nous partons en balade oui c’est encore possible à 11h00 à la gare j’enlace Angela on se retrouve dans cinq jours ici même l’amour grandit vivant il grandit oui c’est possible,

 

 

      à 18h00 je rejoins avec deux amis le rassemblement à Nantes pour ne pas rester seuls chez soi avec la honte la colère le chagrin la nausée ou autre sentiment de passion bien meurtrie après la tuerie de ce matin,

 

 

      certaines certains prenant part au rassemblement brandissent des stylos pour signifier j’imagine liberté d’expression ces stylos brandis nourrissent ma colère,

 

 

      il m’est nécessaire de comprendre ce qui nourrit cette colère afin de la défaire et de nourrir une intelligence éthique ouverte & sans colère,

 

 

      certaines et certains prenant part au rassemblement applaudissent je ne comprends pas ces applaudissements je les trouve obscènes ces applaudissements nourrissent ma colère,

 

 

      il est nécessaire de comprendre ce qui nourrit cette colère afin de la défaire et de nourrir une intelligence éthique ouverte & sans colère,

 

 

      à Paris Michael évoque avec Angela l’intelligence de l’émotion

 

 

      dans je suis Charlie c’est je suis que j’entends ce que j’entends c’est je suis je suis je suis je suis c’est moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi je n’entends rien d’autre que moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi quand moi ne sait ce qu’il désire ou peut désirer ne serait-il pas plus juste de brandir je ne sais plus qui je suis nous ne savons plus qui nous sommes nous ne savons plus que compter les morts et les pleurer,

 

 

      à Paris Michael évoque avec Angela l’intelligence de l’émotion,

 

 

      certaines certains commencent à entonner la marseillaise vite sifflée la marseillaise est arrêtée,

 

 

      l’intelligence de l’émotion est possible,

 

 

      une vie désirable est possible,

 

 

      je quitte le rassemblement je rentre seul,

 

 

      l’exergue de À nos amis du Comité invisible est la phrase suivante : « Il n’y pas d’autre monde. Il y a simplement une autre manière de vivre. » C’est une phrase de Jacques Mesrine la violence associée à ce nom m’effraie,

 

 

      toute intelligence piétinée toute intelligence humiliée toute intelligence réifiée toute intelligence tuée toute intelligence détruite toute intelligence réduite toute vie piétinée humiliée réifiée tuée réduite détruite amoindrit notre puissance,

 

 

      je vais me taire je ne vais rien dire je ne vais rien ajouter à ce vacarme de coqs et de poules et de chiennes et de chiens partout mâles et femelles de tous poils et toutes plumes ça jappe ça caquette ça fait très mal au tympan très mal aussi au fond du cœur ça fait très mal ce caquètement jappement ces aboiements je suis je suis je suis une poule une chienne un chien une femelle un mâle avec poils et plumes je vais me taire j’ai besoin de le dire je vais me taire j’ai besoin de dire quelque chose pas maintenant je vais me taire me terrer quelques jours écrire dans le terrier je ne peux rien dire je ne vais rien ajouter de plus j’ai besoin cependant l’écrire,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                 

26 avril 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’avril, après un Pleins feux sur Christian Prigent, nos riches Libr-événements : Annocque à Paris, exposition Doppelt (Paris), 9e édition du fiEstival (Belgique), Ernaux au CNL et Varetz à Lille. [LC sera présent sur plusieurs fronts…]

 

Pleins feux sur Christian PRIGENT

â–º Vendredi 22 mai à 20H, Maison de la Poésie, "Le désir de littérature, en somme" (157, rue Saint-Martin 75003 Paris) : Christian Prigent avec Bruno Fern, Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel. Dix mois après le colloque international de Cerisy, "Christian Prigent : trou(v)er sa langue" – et trois livres publiés de l’auteur (dont un avec B. Fern et T. Garnier) -, à l’invitation de nos amis de Remue.net, cette rencontre autour de l’écrivain vise à débattre/échanger sur quelques questions essentielles, à esquisser quelques mises au point et perspectives.

Entre autres questions, devant les pratiques actuelles de lire et d’écrire, les invités poseront, ensemble et séparément, des questions à « l’illisibilité en questions » à l’intérieur de « la langue trou(v)ée » de Christian Prigent, qui a publié en 2014 La Langue et ses monstres, recueil de vingt essais portant sur des écrivains de la « modernité » (de Sade à Christophe Tarkos, en passant par Gertrude Stein, Burroughs, Bernard Noël, etc…).

â–º Autour de Christian Prigent : sur le blog, chroniques sur La Langue et ses monstres (P.O.L, nov. 2014), Berlin sera peut-être un jour (La Ville brûle, mars 2015) et Pages rosses : craductions (avec B. Fern et T. Garnier, avril 2015).

â–º Mise en ligne de la revue d’avant-garde TXT : grâce au travail de José Lesueur, qui a lancé un blog dédié à cette revue désormais historique, nous en sommes au supplément au n° 12.

 

Libr-événements

 

â–º Mercredi 29 avril 2015 à 19H30, Librairie La Belle Lurette (26, rue Saint-Antoine 75004 Paris) : rencontre avec Philippe Annocque pour sa Vie des hauts plateaux (Louise Bottu).

 

â–º Suzanne Doppelt, Amusements mécaniques VERNISSAGE LE JEUDI 7 MAI À 19H

/ Exposition du 7 mai au 6 juin 2015. Ouvert du lundi au vendredi de 14h à 19h. [LC assistera au vernissage]

LOCO / L’ATELIER D’ÉDITION: 6, rue Charles-François Dupuis, 75003 Paris, France. T. 01 40 27 90 68

ÉDITION : ANNE ZWEIBAUM (anne.z@latelierdedition.com) / ÉRIC CEZ (eric.c@latelierdedition.com)

 

â–º "neuF. Qu’est-ce qui est neuf ? Qu’est-ce que le neuf ? Et quel est son rapport à l’ancien ? Interroger la racine et la cime. Se nourrir du minéral et du fruit. Voir comment l’horizon se dessine déjà dans les pas que nous plantons sur la terre à chaque instant…"
(Dante Bertoni)

La 9e édition du fiEstival se déroulera :
INdoor : du 7 au 10 mai 2015 à l’Espace Senghor & à la Boutique maelstrÖm 4 1 4
OUTdoor : à partir du 3 mai à la Boutique maelstrÖm 4 1 4 et en ville ! (infos ci-dessous)…

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LES INVITÉS D’HONNEUR de cette 9e édition seront :
Serge Pey (FR) . Chiara Mulas (IT) . Laurence Vielle (BE) . Antoine Wauters (BE) . Charles Ducal (BE) . Jean-Marc Desgent (CA) . Troy Von Balthazar (USA) . Petr Váša (CZ) . Félix Jousserand (FR) . Daniel De Bruycker (BE) . Ivan Tirtiaux (BE) . Détachement International du Muerto Coco (FR) . Rimbaud Mobile (FR) . Les éditions du Dernier Télégramme (FR) & le Belgium Bordelio (WA-BXL-VL)
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INFOS PRATIQUES :
P.a.f. : 7€ prix plein / jour – 5€ tarif réduit – PASS 4 jours : 25€ (prévente 20€)
Contact : info@fiestival.net – www.fiestival.net – Tél : 02 230 40 07 – Gsm: +32(0)498 60 72 53
Réservations : Espace Senghor – 362, chaussée de Wavre, 1040 Etterbeek – info@senghor.be – Tél : 02 230 31 40
et à la Boutique maelstrÖm 4 1 4 – 364 chaussée de Wavre, 1040 Etterbeek – ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h

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PROGRAMME :

DAY #-1
DIMANCHE 3 MAI 2015 – 16h
"Thé des écrivains, 1"
Boutique maelstrÖm 4 1 4

Lectures et sorties de nouveautés dans le piétionnier de la Place Jourdan : le Dimanche 3 mai c’est le “Day – 1”, une sorte de pré-pré-lancement des fiEstivités à l’occasion de la sortie des nouveaux titres de la collection “Bruxelles se conte” et d’autres titres (Arnaud Delcorte, Milady Renoir, Karen Guillorel, Kenny Ozier-Lafontaine, Christophe Lombardi…)

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DAY #0
MERCREDI 6 MAI 2015 – 20h
PIANOFABRIEK – 35 rue du Fort – St Gilles

En pré-ouverture du fiEstival, poésie et musique avec : Pierre Guéry (FR), Fabrice Caravaca (FR), Frédérique Soumagne (FR), Olivier Orus (FR), Aliette Griz (FR) Marc Guillerot (FR), et Célestin De Meeûs (BE)

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DAY #1
JEUDI 7 MAI 2015 > 18h
"la Preuve par (le) neuF, I"
Espace Senghor

Lectures, performances poétiques et multimédias – Salle 1900

18h00 > Inauguration et apéritif musical dinatoire (piétonnier)
Au cours de l’inauguration : lancement du nouveau livre/CD de Laurence Vielle (BE) “Ouf”

20h00 > "Poésie soufie. Le rituel des renversements ou la montagne secrète du soleil". Performance inédite de poésie-action et danse sufi par Serge Pey (FR), Chiara Mulas (IT) et Abdeslam Michel Raji (FR).

Poetry set de Marco Parente (IT) dans le Bar du Senghor

21h00 > "Spinoza in China". Marc Perrin (FR) nous livre la sortie de son tout nouveau livre avec cette performance accompagné en musique (contrebasse et objets) par Benoît Cancoin (FR).

21h20 > "Jin". le poète Tom Nisse (LU) rend hommage à la volonté d’émancipation, d’égalité et au courage des femmes kurdes. Accompagné par Nicolas Ankoudinoff (BE) au saxophone.

Poetry set de Marco Parente (IT) dans le Bar du Senghor

22h00 > "Aporie.org". Antoine Wauters (BE) nous livre pour la première fois le texte et performance « Aporie.org », une exploration du rapport à internet, les réseaux dits sociaux et les nouvelles technologies.

22h20 > "Fuen", création multimédia de Luvan (FR) et de Thomas Giry (BE) aux synthés.

Innovation : dans les interludes, dans le bar du Senghor, l’artiste et chanteur Marco Parente (IT) réalisera un Poetry set avec de multiples voix de poètes du passé et du présent…

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DAY #2
VENDREDI 8 MAI 2015 > 18h
"la Preuve par (le) neuF, II"
Espace Senghor

Lectures, performances poétiques et multimédias – Salle 1900

18h00 > Apéritif musical dinatoire (piétonnier)

20h00 > "Je suis toujours neuf Book Performance". Une performance-livre et performance d’une vie, en plusieurs langues (turc, anglais, français) de ÇiÄŸdem y Mirol (TU) et Nestor (BE).

20h20> "Rise Up ! Femmes poètes de la Beat Generation". Performance poétique et musicale de Ruby-Théâtre (FR) de et avec Mirabelle Wassef (FR) et Séverine Morfin (FR) au Violon Alto et pédales d’effets. Textes inédits en français.

Poetry set de Marco Parente (IT) dans le Bar du Senghor

21h00 > "Le nouveau monde amoureux de Newton". Performance de Boris Crack (FR) avec des poèmes qui tentent de se réapproprier de manière iconoclaste la révolution scientifique que constituent les découvertes de Newton ainsi que son destin solitaire sur un mode décalé. Accompagné à la contrebasse par Ghislain Gabrelle (FR)

21h20 > "Tempête". Lectures de textes inédits du poète québécois Jean-Marc Desgent (CA) accompagné à la guitare et à la basse par Gauthier Keyaerts (BE).

Poetry set de Marco Parente (IT) dans le Bar du Senghor

22h00 > "New". Troy Von Balthazar. En finale de la soirée, chansons et poèmes inédits du chanteur Troy Von Balthazar (USA), chanteur du groupe Chokebore. Il présentera également son premier bookleg, avec pour la première fois des textes traduits en français !

*** *** ***

DAY #3
SAMEDI 9 MAI > 11h
"Belgium Bordelio"
Espace Senghor

Big FiEsta et Rassemblement ! dans tout l’Espace Senghor
Le samedi est LE jour du rassemblement annuel rituel… Où toutes les activités deviennent moins formelles, où les publics se croisent et où les artistes et le public partagent tout : le temps, la poésie, la nourriture, et une Slam-Jam finale…

11h00 > 14h00 Ateliers d’écriture Kalame Pour adultes et enfants à partir de 7 ans.

15h00 > 16h00 Les Habits neufs de l’Empereur (jeune public et adultes). Création originale pour le fiEstival.
Laurence Vielle il y a un an a réécrit à sa façon Les cygnes sauvages. Une version poétique, musicale, avec la musique de Bertrand Binet (guitares, voix) et Vincent Granger (clarinettes, voix). Pour le fiEstival «NEUF», ils nous racontent à trois les habits neufs de l’empereur. Le spectacle est composé des deux contes réenchantés, revisités par leur univers où les mots et la musique nous emmènent dans une scansion, une envolée, un lyrisme mêlé d’actualité. L’empereur demande des habits neufs, les plus beaux du royaume. L’empereur exige. On l’appelle aussi «le roi nu». Nous vous racontons cela. Pour tous les âges et toutes les âmes.
Accompagnement artistique: Hélène Ninerola
une coproduction de stoc ! asbl, la cie carcara et le fiestival 9

16h00 > La Roue des Poètes “Belgium Bordelio” Sur le thème de la “Babel des langues” plus de 30 poètes (dont certains néerlandophones et francophones ayant participé à l’anthologie “Belgium Bordelio”) se réuniront dans une vaste Roue composée de 9 emplacements qui constitueront autant de “stations”. Un itinéraire poétique pour le public circulant d’un emplacement à l’autre… Certains de ces emplacements seront de véritables installations artistiques et performances qui durent tout le long de cette Roue, avec notamment “Glossolalie” de Frédéric Dumond (FR) et “Butho An Neuf” de BramP (BE) et Eugenio Sanna (IT).

18h00 > Petr Váša – performance de l’artiste tchèque Petr Váša, artiste de poésie visuelle et sonore, ayant inventé tout un langage propre… Dans les jardins du Senghor.

18h30 > Banquet poÉthique… Buffet préparé par l’équipe de maelstrÖm et par les artistes et poètes invités, buffet qui bénéficie également d’une participation grandissante des commerçants (restos, snacks, etc.) du quartier Jourdan. Un grand classique et un moment de convivialité.

20h30 > 0h00 Méga Slam-Jam Finale…
La Slam-Jam, présentée par Milady Renoir (BE) et Andy Fierens (BE), sera lancée par le slameur français Félix Jousserand et par quatre des meilleurs slameurs belges : Joy, Youness Mernissi, L’Ami Terrien et Volauvent. La Jam est également ouverte au public, par inscription sur place ! Avec accompagnement musical par la Troupe Poétique Nomade. Dans le courant de la Jam, nous découvrirons aussi le Prix Paroles Urbaines 2015 section Slam !

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DAY #4
DIMANCHE 10 MAI > 10h15
"Thé des écrivains, 2"
Espace Senghor

10h15 > 11h45 Petits matins de la poésie – pour enfants. La Bellone.
Première collaboration avec les Midis de la poésie pour ce détachement matinal à la Maison du Spectacle La Bellone. “LES MORTS RIGOLOS”, par Victor, Lucas et Antoine Boute (BE) : Lucas (5 ans) et Victor (7 ans) n’arrêtent plus de questionner leur papa (Antoine) à propos de la mort.

13h30 > 17h00 Masterclass-e avec Hubert Haddad et Christine Van Acker. Maison d’Erasme.
Le Réseau Kalame & la Maison d’Érasme invitent Hubert Haddad et Christine Van Acker à animer une masterclass-e Et un atelier d’écritureS dans un détachement du fiEstival à la Maison d’Érasme (Bruxelles). Inscriptions obligatoires et limitées à 20 personnes.

… et à l’Espace Senghor…

15h00 > 18h00 La Hutte des petits musiciens. Piétonnier – Espace Senghor.
Installation avec des matériaux de récupération et animation pour enfants (0 à 6 ans) par Dadadoum avec Laetitia Lowie (BE) et Akram Haissoufi (MA).

16h00 > Thé des écrivains #2…
Présentations et lectures d’extraits de nouveaux livres publiés par maelstrÖm et l’Arbre à paroles : Neuvaines de Daniel De Bruycker (BE), Le Chevalier rouge de Luvan (BE), Delia on my mind de Kenan Görgün (BE), Le Livre de Wod & Snobble de Martin Wable (FR), Mille gouttes rebondissent sur une vitre de Otto Ganz (BE) et S’éclipser de Aliette Griz (BE)…

19h > Concert de clôture…
Avec grande joie nous accueillerons le chanteur belge Ivan Tirtiaux autour de la sortie de son nouvel album L’ENVOL (OCTAVE de la Musique pour la Chanson Française 2015).
http://www.ivantirtiaux.com/

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FiEstival OUTdoor : du 3 au 10 mai

…when poetry comes to town!

Le fiestival s’exporte dans la ville.
Les moments phares 2015 pour l’OUTdoor :
Programme détaillé : www.fiestival.net

1. Dimanche 3 mai dans le piétonnier de la Place Jourdan Lectures et sorties de nouveautés. C’est le “Day – 1”, une sorte de pré-pré-lancement des fiEstivités à l’occasion de la sortie des nouveaux titres de la collection Bruxelles se conte et d’autres titres (Arnaud Delcorte, Milady Renoir, Karen Guillorel,
Kenny Ozier-Lafontaine …).

2. Mercredi 6 mai à 20h au Bar Le Viaduc
En pré-ouverture du fiEstival : poésie et musique. Pierre Guéry (Fr), Fabrice Caravaca (Fr), Frédérique Soumagne (Fr), Olivier Orus (Fr), Marc Guillerot (Fr), Aliette Griz (Fr) et Célestin De Meeûs (Be).

3. Jeudi 7, vendredi 8 et samedi 9 mai à partir de 13h
– Le Détachement International du Muerto Coco. Une caravane se déplacera dans la ville de Bruxelles (Marolles, Flagey, St Gilles) et s’installera pour accueillir le public qui assistera à des lectures [z] électroniques. Une expérience vivifiante de la poésie !
– D’autres toi.
Poèmes et dessins à emporter à prix libre par le MEDEX muséum, le musée éphémère de l’exil.

4. Samedi 9 mai de 11h à 16h
La Rimbaud Mobile.
Une vieille mais tenace voiture emporte avec son conducteur 4 poètes (Laurence Vielle, Pierre Guéry, Tom Nisse, Jean-Marc Desgent) et 1 musicien (Gauthier Keyaerts) qui parcourent la ville de Bruxelles jusqu’au piétonnier de la Place Jourdan (Senghor) pour y essaimer la poésie !

5. Dimanche 3 mai, jeudi 7 mai et vendredi 8 mai de 16h à 19h : Novellus. Dispositif 9.0.
Aliette Griz (Fr) et Anne Versailles (Be), depuis le Centre-Ville, vont écrire des histoires qui progressent à des rythmes différents autour de la question du Neuf. Ces histoires, le public les entendra et les lira sur un écran disposé dans la Boutique-Librairie maelstrÖm 414.

6.
Jeudi 7 mai et vendredi 8 mai à 18h dans le piétonnier Jourdan : Participe Présent.
Performance de Vincent Matyn-Wallecan (Be). Action socio-poétique où l’artiste va dessiner les contours de plusieurs personnes (poètes, artistes et public) sur un même support et en garder une image unique composée par les traces de la multitude…

 

â–º Lundi 11 mai 2015, 19H au CNL (53 rue de Verneuil, 75007 PARIS) : présentation de l’ouvrage issu du colloque Annie Ernaux, le temps et la mémoire (éditions Stock), animée par Francine Best et Francine Dugast, avec la participation d’Annie Ernaux, des interventions de Christian Baudelot, Pierre-Louis Fort, Raphaëlle Leyris, Capucine Ruat, et des lectures de Dominique Blanc. [Cerisy ERNAUX sur LC]

Réservation obligatoire
auprès de edith.heurgon@ccic-cerisy.asso.fr

 

â–º Le , Librairie Le Bateau Livre : rencontre avec Patrick Varetz pour son dernier livre, Petite vie (parution le jour même chez P.O.L), qui constitue la suite de Bas monde.

Patrick Varetz est né en 1958 à Marles-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, où il a passé sa première nuit dans un carton à chaussures (pointure quarante-et-un). Il vit et travaille à Lille, dans le Nord, à quelque cinquante kilomètres de là.

La rencontre sera animée par Fabrice Thumerel (Université Artois / Libr-critique).

 

25 mars 2015

[Texte] Marc Perrin, Spinoza in China, 11 novembre 2011-26 décembre 2014 (2/2)

Et voici la seconde partie de cette longue livraison. [Lire la présentation et la première partie]

 

     

• 11 novembre 2011 • Ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage d’Adonis Georgiadis → député grec issu du parti d’extrême droite Laos → co-éditeur → en 2006 → d’un pamphlet antisémite intitulé Juifs l’entière vérité → texte faisant l’apologie d’Adolf Hitler → + → appelant à l’extermination des Juifs → il est nommé → secrétaire d’État au développement et à la Marine marchande dans le nouveau gouvernement → grec → de coalition → aux côtés de Makis Voridis → autre député issu du parti d’extrême droite Laos → nommé quant à lui ministre des Transports.      

 

 

– Mon enfance ? Moi ? Moi mon enfance – si je peux le dire comme ça –, mon enfance a rencontré la politique de l’enfant unique avant que cette politique ne soit devenue une politique d’État, ici, en Chine, dans les années 70. Je ne sais pas si tu connais la politique de l’enfant unique. C’est avant tout une politique de la peur du vivant. C’est une politique de contrainte des corps. Et à l’échelle d’un pays l’érigeant en loi, elle produit comme conséquences un excédent de garçons, et en conséquence de conséquence elle produit un excédent de célibataires de sexe mâle. Il y a un rendez-vous hebdomadaire, ici, à Shanghai. Tous les dimanches. Ça ressemble un peu à ton marché de la loue. Ça s’appelle le marché des célibataires. Ça se passe à People’s Square. Le square du peuple. Dans tout le square il y a des célibataires, à vendre dirais-je, plutôt qu’à louer. Chacun est assis sur un petit tabouret, avec un panneau autour du cou et sur le panneau est inscrit le salaire mensuel du gars, son numéro de téléphone, et l’espoir de convenir à telle célibataire femelle et à sa famille venues ce jour-là pour faire le marché. Le prochain marché, c’est dans deux jours. Ça va être le super marché des super célibataires en quelque sorte. Deux jours après le super 11.11.11. J’irai faire un tour, dimanche, à People’s Square.      

 

 

• 11 novembre 2011 • Ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Zhang Jindong → président de Suning Appliance Company Limited → le plus important détaillant de produits électroménagers de Chine → alors que vient d’être signé un accord pour construire avec IBM la plus grande plate-forme d’e-commerce au monde.      

 

 

• 26 décembre 2014 • Ce n’est pas avec la plate-forme e-commerce de Suning sur le visage d’Ernesto qu’une quelconque présence au monde peut devenir effective.      

 

 

Une autre manière de faire est nécessaire.      

 

 

– Cool monsieur. Cool.

 

 

– Tu peux t’en aller Tony.

 

 

– Ok monsieur, take care.    

 

 

• 26 décembre 2014 • Ce que je voudrais dire ici en fait c’est une chose très simple      

 

 

une chose très simple comme par exemple celle-ci       aujourd’hui c’est le 26 décembre 2014 et je me lève dans la nuit et dans la pièce du bas je lis quelques pages de À nos amis du Comité invisible      

 

 

ma lecture est lente et mon attention souvent flottante fait que souvent je pense à telles situations en rapport ou pas avec ce que je lis ainsi je ne lis plus le mot du livre et je reprends la lecture en amont ainsi je lis ce matin un nombre considérable de phrases plusieurs fois      

 

 

par exemple ce matin je lis : habiter un territoire, assumer notre configuration située du monde, notre façon d’y demeurer, la forme de vie et les vérités qui nous portent, et depuis là, entrer en conflit ou en complicité      

 

 

je lis aussi : se lier stratégiquement aux autres zones de dissidence, intensifier les circulations avec les contrées amies sans soucis de frontières      

 

 

je lis aussi : dessiner une autre géographie discontinue, en archipel, une autre géographie intensive et      

 

 

donc, partir à la rencontre des lieux et des territoires qui nous sont proches, même s’il faut parcourir 10 000 km      

 

 

je pense à Angela et aux recherches qu’elle mène relativement à la sédentarité, au nomadisme, à la scripturalité, à l’oralité, aux pouvoirs nécessairement méchants, et aux puissances de joie      

 

 

se sentir à la bonne place ou pas c’est-à-dire sentir si cette vie là est bonne ou ne l’est pas      

 

 

je sens bien si ce que je vis, là où je le vis, avec qui je le vis, je sens bien si cela est bon ou ne l’est pas      

 

 

ce matin je sens bien que c’est bon je sens bien que ce n’est pas que pour ce matin je sens bien que ce n’est que pour moi est-ce une joie      

 

 

c’est une joie si elle n’est pas que pour ce matin      

 

 

c’est une joie si elle n’est pas que pour moi      

 

 

ce matin je pense à la seule conférence que j’ai accepté de travailler pour l’an prochain      

 

 

la seule conférence que j’ai accepté de travailler pour l’an prochain aura lieu à la médiathèque de      

 

 

Chantelle dans le département de l’Allier le samedi 7 mars 2015 à 16h30      

 

 

selon le dernier recensement de 2011 il y a 1074 habitants à Chantelle      

 

 

ce matin je me dis que si les 1074 habitants de Chantelle souhaitent venir à la conférence la médiathèque sera trop petite mais on pourra aller sur la place devant la mairie      

 

 

là en tout cas ce matin je me dis que quoi qu’il en soit et qu’ils viennent tous ou pas moi j’écris ma conférence pour tous      

 

 

j’ai pas encore trouvé le titre de la conférence mais ce matin je sais que je la travaillerai avec en tête et au cœur au moins 5 livres      

 

 

À nos amis du Comité invisible      

 

 

l’Éthique de Baruch Spinoza      

 

 

Capitalisme et schizophrénie de Gilles Deleuze et Félix Guattari      

 

 

Tomates et Les années 10 de Nathalie Quintane      

 

 

Le maître ignorant de Jacques Rancière     

 

 

La pluie d’été de Marguerite Duras      

 

 

La survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman      

 

 

toutes les autres conférences que je donnerai après celle-ci j’appellerai pas ça du travail et j’y mettrai tout autant tout mon cœur      

 

 

je ne prétends pas maîtriser la situation mais je m’y sens bien      

 

 

ce matin nous sommes quatre à vivre dans cette maison      

 

 

ce matin deux petits animaux non-humains et Angela et moi nous vivons tous les quatre dans cette maison      

 

 

les petits animaux non-humains ce sont des chats Angela et moi nous les avons nommés Baruch et Virginia      

 

 

Baruch et Virginia on les a trouvés sur un parking au bord d’une plage il y a presque cinq mois      

 

 

Baruch et Virginia on les a trouvés ils avaient à peine une semaine on les a nourris tout l’été avec biberons comme on fait possiblement aussi avec des animaux humains      

 

 

Angela et Baruch et Virginia et quelques amis et moi on est en train de préparer des conférences qui seraient pas du tout du travail et qu’on trafiquerait dans l’espace public à proximité des panneaux d’affichage libre      

 

 

ce matin je prends un bus qui me rapproche du centre de la ville et je constate que plus l’on s’approche du centre de la ville moins nombreux sont les panneaux d’affichage libre      

 

 

on est pas des révolutionnaires pas pour l’instant du moins      

 

 

on sent bien qu’on est encore dans une manière de vivre qui ne correspond pas au maximum de notre puissance      

 

 

on n’arrête pas de comprendre que la puissance n’a pas de maximum      

 

 

en 2012 avec Angela on a fait ce qu’il fallait pour rendre la rencontre possible et la rencontre a eu lieu      

 

 

depuis 2012 avec Angela on fait vivre la rencontre comme on peut certains jours on peut un maximum et d’autres c’est moins maxi c’est-à-dire on fait vivre la rencontre comme on comprend la rencontre avec nos possibles bien vivants oui c’est comme ça que l’on fait comme quiconque fait je pense c’est quelque chose qu’on aime faire      

 

 

en 2012 & 2013 avec cousin Ki on s’est vu quelque fois quelques jours pour travailler sur la compréhension de l’Éthique de Baruch Spinoza lui à vouloir lire tous les commentaires explicatifs et savants de Robert Misrahi et Pierre Macherey moi énervé par ça ne jurant que par l’intuition et c’est comme ça qu’on a fait cousin Ki et moi on a aimé faire ça en 2012 & 2013 c’est important en 2014 on n’a pas pris le temps pour 2015 on y est pas encore      

 

 

en 2010 & 2011 à l’automne au printemps et en hiver on s’est vu assez régulièrement avec quelques amis dans des bars à Nantes pour travailler à la compréhension du premier chapitre du premier livre de Capitalisme et schizophrénie de Gilles Deleuze et Félix Guattari      

 

 

le titre de ce premier chapitre c’est Les machines désirantes      

 

 

avec les machines désirantes il y a le désir en vie par ce qui se produit et non par ce qui manque  

 

 

cette manière de penser le désir a été une rencontre super importante je travaille à faire vivre cette rencontre super importante      

 

 

en novembre et en décembre cette année en 2014 je suis allé voir deux fois l’exposition consacrée au boulot de Marcel Duchamp à Paris ce fut un grand plaisir j’avais oublié à quel point j’aimais le travail de Marcel Duchamp à quel point ç’avait été une rencontre super importante que j’avais oublié de travailler à faire vivre ces dernières années      

 

 

j’ai acheté le livre de Maurizzio Lazzarato Marcel Duchamp et le refus du travail je ne l’ai pas encore lu je vais le chercher ce matin dans la bibliothèque et en le retirant de la pile vient avec lui Le maître ignorant de Jacques Rancière      

 

 

j’ai lu Le maître ignorant de Jacques Rancière ce fut une rencontre super importante elle continue de vivre j’aime qu’elle continue de vivre je parle souvent de ce livre j’aime quand ce livre continue de vivre      

 

 

dans Le maître ignorant il est question de l’égalité des intelligences comme préalable à toute relation      

 

 

ce matin je pense à La pluie d’été de Marguerite Duras et à l’intelligence de l’amour et de la connaissance      

 

 

ce matin je lis quelques pages de À nos amis et j’entends des bruits dans la cuisine j’imagine que c’est Angela qui fait un café      

 

 

ce matin avec Angela on vit dans cette maison depuis presque huit mois      

 

 

ce matin avec Angela on pense la maison comme un lieu possible & en lien avec d’autres maisons & autres lieux      

 

 

ce matin j’achète 5 exemplaires de À nos amis du Comité invisible et 5 exemplaires des Années 10 de Nathalie Quintane      

 

 

dans les jours qui viennent j’offrirai ces livres aux amis avec qui nous passerons du temps ici dans la maison ou ailleurs avec qui nous prendrons du temps pour vivre ensemble ce temps-ci cette époque-ci ces jours-ci où que ce soit      

 

 

ce matin je marche le long de l’Erdre c’est un affluant de la Loire à Nantes      

 

 

ce matin je rejoins la maison j’ai acheté de la viande pour les deux animaux non-humains Baruch et Virginia et du vin et du pâté de campagne pour Angela et moi le pain le plus souvent nous le faisons nous-mêmes      

 

 

ce matin je marche le long de l’Erdre j’aime cette vie avec Angela et Baruch et Virginia et les amis      

 

 

je crois qu’il est important de le dire      

 

 

il est important d’aimer cette vie et de la faire aimable      

 

 

je ne crains pas d’employer le verbe croire      

 

 

dans un monde connu reconnu comme étant majoritairement invivable      

 

 

l’aimable que nous pouvons vivre augmente la puissance générale du vivable      

 

 

aussi puissant que puisse être le majoritairement invivable      

 

 

l’attention à l’être général me semble une bonne voie      

 

 

la voie qui peut s’énoncer n’est pas la voie pour toujours      

 

 

le nom qui peut la nommer n’est pas le nom pour toujours      

 

 

Lao Tseu est représenté comme un vieillard à la barbe blanche parfois monté sur un buffle      

 

 

je voulais dire ça plutôt que de raconter je sais pas quoi à propos de la fin de la journée du 11 novembre 2011      

 

 

à propos de la fin de la journée du 11 novembre 2011 je voudrais juste évoquer une chose      

 

 

il y a ce moment où on se retrouve avec Vince Parker pour boire une bière dans un bar d’expatriés du quartier de l’ancienne concession française à Shanghai      

 

 

il y a ce moment où Vince Parker me dit qu’avec Caroline, demain, ils partent pour deux jours pour décompresser, dans le sud du pays, au bord de la mer, ils ont besoin de ça, lui tous les jours à la bibliothèque à bosser comme un dingue sur sa thèse et elle à taffer comme une dingue itou jusqu’à minuit, encore, ce soir, pour l’événement haut de gamme international à ne surtout pas rater sinon      

 

 

• 11 novembre 2011 • Peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli → juge d’instruction au pôle antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris → peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli alors qu’il pense à l’information judiciaire ouverte cette semaine à Nanterre → pour faux et pour usage de faux en écriture publique → dans l’affaire dite du groupe de Tarnac → peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli alors qu’il pense à l’information judiciaire accusant la police antiterroriste d’avoir rédigé un procès verbal mensonger ayant permis les arrestations des membres du groupe dit de Tarnac → peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli alors qu’il pense aux mots de l’un des avocats des membres du groupe dit de Tarnac → ce procès → verbal → est bourré d’invraisemblances → cette instruction permettra de faire ce que le juge aurait dû faire → c’est-à-dire → des actes à décharge seront enfin accomplis → peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli alors qu’il pense aux mots de l’un des avocats des membres du groupe dit de Tarnac → les enquêteurs ne cessent de clamer qu’ils ont des éléments → or → après trois ans → rien.      

 

 

• 26 décembre 2014 •      

 

 

dans quatre jours avec Angela & Arno & Sokou & Théo on grimpe dans une bagnole et on va rejoindre amies & amis & brothers & sisters en Allemagne      

 

 

j’offrirai un exemplaire de À nos amis & un exemplaire des Années 10 aux amies & brothers & sisters & amis en Allemagne      

 

 

je leur proposerai de faire circuler les deux bouquins entre eux ou d’en acheter quelques exemplaires ou d’aller en voler à la Fnac ou chez Leclerc      

 

 

on est pas des révolutionnaires      

 

 

pas pour l’instant      

 

 

on sent bien qu’on est encore dans une manière de vivre qui ne correspond pas au maximum de notre puissance  

 

 

on sent bien que notre puissance est en vie et ne faiblit pas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                    11.11.2011

 

 

http://www.20minutes.fr/monde/821694-20111111-grece-extreme-droite-entre-gouvernement http://www.europe1.fr/international/ces-sulfureux-ministres-d-extreme-droite-815589 http://www.reuters.com/article/2011/11/12/suning-ibm-idUSL3E7MB1D120111112 http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7642689.html http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111111.OBS4338/tarnac-la-justice-enquete-pour-faux-apres-une-plainte-contre-la-police.html                  

21 mars 2015

[Texte] Marc Perrin, Spinoza in China, 11 novembre 2011- 26 décembre 2014 (1/2)

C’est peu dire que nous nous réjouissons de publier ce feuilleton itinérant signé Marc Perrin en collaboration avec Hors-sol, Remue.net et La Vie manifeste. Vous retrouvez ci-dessous le personnage d’Ernesto, dont la dernière apparition sur Libre-critique remonte au 22 octobre 2013.

 

Spinoza in China | Novembre 2011 sera bientôt un livre. Il paraîtra cette année aux éditions Dernier Télégramme, et se présentera plus ou moins sous la forme d’un journal. Le journal d’Ernesto, âgé de 10 ans et quelques secondes ou et quelques siècles, lors de son premier voyage en Chine, en novembre 2011. Avec l’Éthique de Spinoza en poche.

 

Ce journal, poème, récit, commence le 0 novembre 2011, et s’arrête le 35 novembre 2011. À partir du 9 novembre 2011, la fin de l’année 2014 et le début de l’année 2015 et les jours qui suivent s’invitent dans le journal, poème, récit…

 

Il y a un blog, où l’on peut lire l’ensemble des textes du chantier en cours en leur état d’avancement, dont une présentation, ici.

 

Il y a des revues (Aka n°1 & n°4, Chimères n°81, La tête et les cornes, Multitudes n°57, Nioques n°13, Pli n°3, remue Général Instin) qui ont publié certaines formes de certains de ces textes.

 

Il y a eu des lectures, des performances en solo, ou en duo, avec le contrebassiste Benoit Cancoin. D’autres sont à venir.

 

Aujourd’hui, Hors-sol, La vie manifeste, Libr-critique, et remue.net s’associent pour publier Spinoza in China | Novembre 2011 en feuilleton itinérant, d’une revue l’autre, à partir de la journée du 9 novembre 2011.

 

Sommaire du feuilleton :

Spinoza in China, 9 novembre 2011

Spinoza in China, 10 novembre 2011

 

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SPINOZA IN CHINA / 11NOVEMBRE 2011 / 26 DÉCEMBRE 2014 [1/2]

 

 

      Spinoza in China est également un dialogue retranscrit sur un rouleau de papyrus de 3 mètres 60 de long sur 33 centimètres de large, avec Ernesto, et son maître Wang Taocheng, tous les deux, vivants, à la surface du rouleau. [*]

 

 

– Ernesto, tu n’es plus un gamin maintenant. Il serait peut-être temps que tu te décides à te trouver une femme. Te trouver une femme, et enfin avoir une vie normale, non ?

– Si vous le dites monsieur. Peut-être bien. Mais si je me trouve une femme comme vous dites je tiens à ce que les choses soient bien claires entre nous. Si je me trouve une femme moi je vous laisse tomber comme un vieux machin, je vous laisse tout seul, je vous laisser tomber, là, comme une veille serpillière, bien mouillée, bien trouée, bien sale et qui pue, je vous laisse tout seul crever dans votre coin. Avec plus personne pour s’occuper de vous. Est-ce que c’est ça que vous voulez ? Aujourd’hui ? Qui à part moi s’occupe de vous aujourd’hui ? Qui va s’occuper de vous si je me trouve une femme comme vous dites ? Est-ce que c’est le bon moment, vous croyez, pour vous ? Pour être tout seul. Crever tout seul. Est-ce que vous croyez que c’est le bon moment pour vous retrouver tout seul avec tout votre boulot, là, bien lourd, et votre cœur bien lourd aussi, et vous tout seul, à porter tout ça ? C’est ça que vous voulez ? J’ai l’impression que vous êtes super proche de trouver quelque chose. Vous avez vraiment envie de le trouver tout seul ? De vous retrouver tout seul à ce moment-là ? It’s up to you master.

– J’ai un putain de problème, Tony. Je peux t’appeler Tony ?

– Pourquoi pas.

 

 

      • 11 novembre 2011 • Ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Riyad Mansour → ambassadeur palestinien à l’organisation des nations unies → il comprend que le comité des admissions du conseil de sécurité de l’organisation prend acte de l’absence d’accord sur l’admission de la Palestine.      

 

 

– Tony. Je réalise chaque jour davantage que je ne suis pas grand chose d’autre qu’un putain de gros paquet plein de vide. Voilà. Je me sens plein de vide, et j’essaye de trouver un moyen pour produire une espèce de forme, une espèce de forme ou une espèce d’ensemble de formes, je ne sais pas, qui ressemblerait à ce putain de vide. Tu vois ? Mais rien ne vient, et surtout : ce que je comprends, ce que je comprends chaque jour un peu plus, en théorie, mais que je ne parviens pas à transformer en une réalisation concrète, c’est que plutôt que de produire une forme, une forme ou un ensemble de formes qui ressemblerait à quelque chose de l’ordre du vide, ce que je comprends, c’est qu’il est absolument vain de vouloir produire quoi que ce soit qui ressemble à. Ce qu’il me faudrait parvenir à faire : ce serait : ne plus produire, voilà. C’est ça en fait que j’essaye de faire, depuis plus de 30 ans : en essayant de produire quelque chose qui ressemble au vide. C’est ça qu’il faudrait que je parvienne à faire C’est arrêter de produire le truc que je veux faire. Mais j’y arrive pas Tony. Et au milieu de tout ça, je n’arrête pas de penser au boulot de Tuttle. Je sais pas si tu connais. J’arrête pas de penser à sa série Boys Let’s Be Bad Boys, tu vois ?

– Ce que je vois, monsieur, c’est qu’en effet je pense que vous seriez bien inspiré de ne rien faire qui puisse ressembler à quoi que ce soit qui soit en lien avec le vide. Je pense que vous avez tout simplement besoin d’une femme, vous aussi. D’une femme, ou d’un homme, en tout cas d’une compagnie, amoureuse ou et sexuelle. Et qu’en effet, il est temps que je parte, et peut-être je ne sais pas : il serait peut-être grand temps que vous vous trouviez une autre modalité d’existence, à la place de ce taf, que vous abattez, comme ça, toute la journée, 20 heures sur 24, à essayer tout seul de trouver une forme ou des formes pour produire quand c’est en effet arrêter de produire qui semble être votre souhait number one.

– Tony, est-ce que c’est ça que je t’ai enseigné ?

– Monsieur, vous m’avez enseigné ce que j’ai appris n’est-ce pas ? Très sincèrement : j’espère être l’un de vos super disciples.

– Tony….

– Oui monsieur ?

– C’est aujourd’hui le jour des célibataires, tu sais ?

– Oui je sais.

– C’est aujourd’hui le 11 novembre. Le 11.11. Un, un, un, un. Aujourd’hui c’est même comme tu dirais le super jour des célibataires. C’est le 11.11.11. Un, un, un, un, un, un. Tu peux t’en aller Tony.

– …

– …

– Je peux vous raconter un truc, avant de partir ?

– Si tu veux.

 

 

• 11 novembre 2011 • Ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage d’Antonio José Seguro → premier secrétaire du parti dit socialiste → portugais → il dit → relativement à l’abstention du parti dit socialiste → portugais → à l’occasion du vote du budget 2012 → budget d’une rigueur allant au-delà des mesures recommandées par la commission européenne → + → la banque centrale européenne → + → le fonds monétaire international → en échange d’un plan d’aide de 78 milliards d’euros → il dit → avant que le budget ne soit adopté sans problème en première lecture → le gouvernement de centre-droit du premier ministre Passos Coelho disposant d’une confortable majorité → il dit → relativement à l’abstention du parti → dit socialiste → portugais → il dit → l’abstention → du parti dit socialiste → est un vote pour la continuité du Portugal → dans la zone euro → est un vote pour la continuité.      

 

 

– J’ai envie de vous raconter ce qui m’est arrivé il y a exactement 74 ans. Le 11 novembre 1937. J’avais 10 ans et 3 secondes ce jour-là. Je vivais à Chantelle, dans le département de l’Allier, en France, et ce jour-là à Chantelle c’était le jour du marché de la loue, sur le champ de foire. Le 11 novembre, en 1937, c’était un jour où les propriétaires des fermes venaient pour louer des fermiers et des ouvriers. Et en même temps qu’ils louaient les fermiers et les ouvriers, ils louaient chaque famille qui allait avec. Moi, ce jour-là, pour mes 10 ans et 3 secondes, j’ai voulu qu’on m’achète un accordéon. Il y avait des gitans qui étaient passés dans le village juste la semaine d’avant. Ils étaient arrivés sur une carriole, ils étaient 4, 5, ils s’étaient arrêtés au carrefour, juste à côté de notre maison. Le même carrefour où mon brother Andrea ira tous les matins serrer la paluche du vieux soldat allemand affecté à la surveillance de cette intersection de routes-ci, tout le printemps 44. Là, à ce même endroit, sept ans plus tôt, donc, les gitans s’étaient arrêtés, une heure ou deux heures, pas plus. Ils s’étaient arrêtés parce qu’il y avait un puits à cet endroit, avec de l’eau. Ils se sont lavés. Ils ont rempli quelques seaux. Et puis ils sont repartis. Pendant tout le temps qu’ils étaient là, l’un d’entre eux jouait de l’accordéon, et une jeune femme, parfois, chantait avec lui. Je m’étais approché un petit peu d’eux, pas trop, je m’étais positionné plus ou moins à mi-distance, entre là où ils étaient, et la maison où on vivait, avec la family, derrière moi. Je m’étais assis sur un seau en métal, renversé, et j’écoutais le gars qui jouait, et la fille qui parfois chantait avec lui. Quand ils sont partis, ils m’ont fait des grands signes de la main, en riant très fort. C’est ça qui m’a donné envie d’un accordéon. Tout ce moment-là. J’ai pas arrêté d’y penser, pendant une semaine, et le 11 novembre 1937 au petit déj j’ai dit à mes parents : je veux un accordéon. Je veux jouer de l’accordéon. Mes parents, ils m’ont tout de suite arrêté. Ils m’ont dit que ça coûtait trop cher. Ça coûtait quelque chose comme plus de 10 fois ce qu’ils gagnaient en un mois ou une année de travail, je ne sais plus. Je me souviens juste que c’était une somme d’argent énorme, et l’accordéon, ça n’a pas été possible. Mais j’avais envie de faire quelque chose avec mes doigts, avec mes mains. Je me suis rendu compte de ça illico, ce n’était pas tant l’accordéon ou la musique dont j’avais besoin, mais de faire quelque chose avec les mains. Et comme il y avait des œufs durs sur la table, je me suis dit : tiens, je vais jongler avec les œufs. Jongler avec des œufs : ça coûte presque rien, il suffit d’avoir des œufs. Et c’est comme ça que j’ai laissé tomber l’idée de l’accordéon et que j’ai commencé l’apprentissage du jonglage, sur le trottoir, devant la maison. Ça, c’était en 1937, le 11 novembre 1937. À une époque, comme je vous dis, où le 11 novembre, c’était le jour du marché de la loue. Le jour de la loue humaine. Un jour, donc, avec un marché, sur la place du village. Un jour où on loue des êtres humains, pour le travail de l’année à venir. Et en même temps, un jour de foire au bétail. Un jour, avec des propriétaires qui font leur marché et qui achètent et vendent des animaux et qui louent en même temps des êtres humains avec toute leur famille, pour l’année à venir. C’est pratique et rapide. C’est le 11 novembre. C’est le jour de la Saint-Martin. On te loue, le matin, et dans la journée, tu déménages avec toute ta petite famille en direction de la ferme où tu vas bosser, et vivre, pendant toute une année. Ce jour-là, le 11 novembre, c’est aussi le grand jour des déménagements pour tous ceux qui ont été loués. Depuis que la loue humaine a commencé d’exister, bien avant 1937, le 11 novembre, c’est le jour des déménagements. Et je me suis longtemps demandé, d’ailleurs, si l’inconscient des militaires avait voulu associer cette tradition de la loue humaine, avec déménagement – c’est-à-dire cette mobilité humaine associée au travail – , je me suis longtemps demandé si l’inconscient des militaires avait voulu associer cette loue avec déménagement à la signature de l’armistice, Le 11 novembre, en 1918. Je me suis longtemps demandé si l’inconscient des militaires avait voulu associer cette tradition de la loue humaine avec déménagement, mobilité, travail : à une signature de paix. Et je me suis demandé s’il y avait d’autres dates, comme ça, qu’on pouvait associer. Avec d’un côté : une location humaine, avec travail plus ou moins rémunéré associé à délocalisation du lieu d’habitation. Et de l’autre côté : signature d’un armistice. Ou d’un traité mettant fin à quelque combat, et déclarant plus ou moins l’existence d’une paix. Comme je ne suis pas très fort en histoire, j’ai rien trouvé. J’ai pas cherché. Par contre, comme n’importe qui j’ai un inconscient avec plein de trucs dedans, et dedans : je suis allé chercher une date. J’ai choisi le 22 mars 1968. Et alors ? Et alors je me suis demandé si un jour des militaires, ou quelques autres humaines ou humains armés, armées, d’une manière ou d’une autre, associeraient cette date de 1968 à la signature d’une paix quelconque, ou bien au contraire si cette date serait un jour associée à quelque déclaration d’une hostilité nouvelle, ou au renforcement d’une hostilité déjà existante, par exemple je ne sais pas, comme si, dans 3 ans, le 22 mars, dans la nuit du 21 au 22 mars, par exemple, des syndicats dits majoritaires et une organisation patronale signaient quelque chose comme un accord national et interprofessionnel relatif à l’indemnisation du chômage, un accord qui par exemple aurait pour conséquence, en douce, d’empêcher tout gamin de 10 ans et 3 secondes de jongler sur les trottoirs, ou de demander un peu d’argent à un président de la république, comme ça m’est arrivé, à moi, en 1972, quand j’avais 10 ans et 4 secondes et que j’étais arrivé à un certain niveau dans ma pratique du jonglage, et qu’alors j’avais ressenti le besoin de découvrir d’autres techniques qui me permettraient par exemple de jongler avec des œufs plus gros, plus denses, ou plus intenses, je ne savais pas exactement, mais ce que je me disais alors c’était que le bon endroit pour continuer, ça pouvait être les états unis d’Amérique du nord. Pour découvrir de nouvelles techniques, avec des œufs beaucoup plus gros, beaucoup plus denses, beaucoup plus intenses, les étais unis d’Amérique du nord je me disais que ça pouvait être un endroit intéressant pour ma pratique du jonglage. Mais. Les états unis d’Amérique du nord, comme mes parents entre 1937 et 1972 n’étaient pas devenus spécialement super riches, il a encore été question d’impossibilité, à cause de l’argent qu’il n’y avait pas, pour payer le voyage. Mais là moi j’avais trop la nécessité du cirque et du jonglage en moi alors j’ai inventé un nouveau numéro de jonglerie sous forme d’un dossier super cirque que j’ai envoyé au président de la république d’alors qui s’appelait Georges Pompidou et qui avait écrit une anthologie de la poésie française pas super contemporaine mais quand même une anthologie de poésie, ce qui n’était jamais arrivé avant – pas certain – , et qui en tout cas n’est jamais arrivé depuis – ça, c’est sûr – , et je me suis dit que ce type pouvait être sensible à ma demande et ça a pas manqué il a été sensible à ma demande et il a traduit sa sensibilité en me filant un peu d’argent pour que je m’achète un billet d’avion et j’ai pu aller aux états unis d’Amérique du nord pour continuer ma recherche avec le jonglage et des œufs gros et denses et intenses et alors j’ai été loin de mes parents pendant dix ans, sauf une fois, je suis revenu, une seule fois, pour des vacances, en 74, et là, quand je suis revenu, à Chantelle, j’ai d’abord vu ma mère et quand je l’ai vue I suddenly found that she became old, et, mon père, je sais pas où il était à ce moment-là et je suis retourné aux états unis d’Amérique du nord et j’y suis resté jusqu’en 1981, et quand je suis revenu en France ma mère avait continué de vieillir, je comprenais toujours pas où était mon père et vous quand je vous ai vu la première fois je veux pas dire que j’ai compris davantage où il était ni comment ma mère avait vieilli, mais c’est vrai que j’ai pensé à eux deux très fort en vous voyant. Et vous, votre enfance, ça s’est passé comment ? [**]                    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[*] • [D’après A Person Who Has Never Seen the Ocean. Ink, mineral pigment, pencil, acrylic, 360 x 33cm, 2010. Wang Taocheng; http://www.ovgallery.com/artist/wang-taocheng/#art ]

 

 

[**] • [Très librement inspiré de la vidéo From No.4 Pingyuanli to No.4 Tianqiaobeili, 2007. Ma Qiusha; http://www.maqiusha.com/en]                                                 11.11.2011 http://www.liberation.fr/monde/2011/11/11/adhesion-palestinienne-constat-d-un-desaccord-au-conseil-de-securite_774102 http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20111111.OBS4333/plan-de-rigueur-draconien-pour-le-portugal.html                  

 

21 décembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de poursuivre notre sélection de livres (Libr-7 en deux livraisons au moins) et de proposer un programme 2015 très riche (dossier J. BLAINE, suite de Libr-Java – spécial Espitallier – ; suite de DREAMDRUM, créations de D. Cabanis, Cuhel, M. Perrin, M. Richard, N. Zurstrassen, etc. ; entretiens avec Philippe Jaffeux, Jean-Michel Espitallier, etc. ; chroniques de J.-P. Gavard-Perret, E. Jawad, P. Pichon, B. Fern, F. Thumerel, etc.), voici un nouvel aperçu des nombreux livres reçus ces derniers mois (Libr-2014) : H. Antoine, J.-C. Bailly, B. Fern, M. de Quatrebarbes, J.-L. Schefer, Solirenne, R. di Stefano, L. Vazquez.

â–º Hubert ANTOINE, Comment je ne suis pas devenu poète, La Lettre volée, Bruxelles, printemps 2014, 160 pages, 20 €, ISBN : 978-2-87317-428-6.

"Un grand style serait de tout comprendre de travers et puis cracher"… Écrivain, ça fait rire aujourd’hui, non ? Pourquoi encore écrire aujourd’hui ? Pour qui ? Qu’écrit-on quand on ne sait pas écrire ? Voici quelques-unes des questions traitées avec humour et intelligence dans cet essai plutôt original.

 

â–º Jean-Christophe BAILLY, Passer définir connecter infinir, dialogue avec Philippe Roux, éditions Argol, coll. "Les Singuliers", automne 2014, 196 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-001-2.

Cet entretien très intéressant nous livre la quintessence – en cinq parties, donc – de l’univers du polygraphe : itinéraire, Bibliothèque, parcours de l’œuvre (théâtre, peinture, ville, etc.)… Le tout s’appuyant sur une abondante documentation (textuelle et iconographique).

 

â–º Bruno FERN, [Carnet de voyage], … / points de suspension 6 (revue trimestrielle de silence : ettore.labbate@gmail.com), Caen, décembre 2014, 16 pages, 10 € [édition élégante].

À l’heure du tourisme industriel, qu’est-ce que bourlinguer ? Que reste-t-il de l’aventure ? Rien, répond Bruno Fern dans une phrase en vers à ressorts très critiques, qui offre des clins d’œil à Cervantès ou Rimbaud : aujourd’hui, on balise/parcourt un inconnu pas trop méconnu.

 

â–º Marie de QUATREBARBES, La Vie moins une minute, Lanskine, automne 2014, 96 pages, 14 €, ISBN : 979-10-90491-15-1.

L’auteure maîtrise le conte en vers, en verve et tout en humour. Invitation : "Vivez l’amour ! Voyez les fantômes !" Questions : " Comment dois-je faire pour vivre en France ?" "Comment être une femme fontaine ?" Photo-synthétisons à foison et entrons dans cet univers ludique…

 

â–º Jean-Louis SCHEFER, Pour un traité des corps imaginaires, P.O.L, automne 2014, 144 pages, 11,90 €, ISBN : 978-2-8180-2143-9.

À partir de deux tableaux (Berthe Morisot et William Turner), avec un détour par le roman (Balzac), une méditation passionnante sur nos images, remémorées ou construites (mémoire et imagination)…

 

â–º SOLIRENNE, MédéA copyright, suivi de Hallali Guermantes, Rougier V. éditeur, Soligny la Trappe, décembre 2014, 42 pages, 13 €, ISBN : 979-10-93019-07-9.

Pitié pour les filles… dans une écriture au couteau – filles-fardeaux toujours en trop et vite en moins…

 

â–º Rudolf di STEFANO, Vive le cinématographe !, Al dante, 200 pages, 17 €, automne 2014, ISBN : 978-2-84761-756-6.

Le cinématographe ne se réduit pas au cinéma, surtout aujourd’hui qu’il n’est plus que positif… Quinze séquences organisées autour de Bresson, Godard, Straub/Huillet : de lumineux montages critiques !

 

â–º Laura VAZQUEZ, La Main de la main, Cheyne éditeur, Le Chambon-sur-Lignon, automne 2014, 64 pages, 16 €, ISBN : 978-2-84116-209-3. [Prix de la Vocation 2014 ; photo en arrière-plan]

Apparemment plus lyrique que d’habitude… mais toujours : images éclairs, agencements répétitifs et dissonances pour dire le corps-paysage, les choses invisibles

 

 

27 avril 2014

[News] News du dimanche

Le mois de mai se profilant à l’horizon, les RV vont se multiplier : dans les NEWS de ce soir, RV avec la Revue du Cube pour la parution de son 6e numéro ; avec Skalpel à Manifesten (Marseille) ; avec Claro dans le 19e ; et, last but not least, le MaelstrÖm fiESTIVAL #8…

 

â–º Pour la sortie de son 6e numéro consacré au thème "PARTAGER", La Revue du Cube vous invite à sa soirée de lancement :

Le Cube – Centre de création numérique

20, cours Saint Vincent, 92130 Issy-les-Moulineaux

Participez aux échanges et réagissez aux articles de la Revue, ainsi qu’au débat de l’émission, en compagnie des invités et contributeurs :

– Cyril Dion, directeur de la rédaction du magazine Kaizen, co-fondateur et porte parole de l’ONG Colibris-Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, mouvement fondé par Pierre Rabhi.

– Sylvain Kern, entrepreneur et fondateur de la Cité de la Réussite (forum de débats culturels, économiques, scientifiques et politiques devenu incontournable)

– Hortense Gauthier / HP Process, artiste transmedia, directrice de Databaz, centre d’art expérimental à Angoulême.

Émission de télévision participative préparée et présentée par Nils Aziosmanoff, Marie-Anne Mariot et Cyrielle Flosi.

Diffusion en direct sur www.cuberevue.com / www.lecube.com / Live-Tweet : @lecubetwit #CubeRevue

L’émission sera suivi d’un cocktail en présence des auteurs et invités de la Revue du Cube

Plus d’infos : http://lecube.com/fr/la-revue-du-cube-6-partager_2313

 

â–º MANIFESTEN (59, rue Thiers 13001 Marseille) : samedi 3 mai 2014 à 19H, Rencontre & discussion avec Skalpel autour de son livre, Du bitume avec une plume + concert Bboykonsian soundsystem (Skalpel + Akye) = entrée libre

http://www.bboykonsian.com/premiereligne/


â–º Le MOTif reçoit CLARO le mardi 6 mai à partir de 19h30. Soirée animée par Emmanuelle Favier. Lecture par Laurent Orry.
Le MOTif : 6, villa Marcel-Lods – passage de l’Atlas – Paris 19e
Réservations souhaitées (par mail : laurent.boudereaux@lemotif.fr)

 

â–º MaelstrÖm fiEstival #8, JEUDI 15 au DIMANCHE 18 MAI 2014 – INdoor / DIMANCHE 11 MAI + MERCREDI 14 MAI – OUTdoor
presenZ
Une Fête, un Festival d’Arts Littéraires, Poétiques et Musicaux

Invités d’Honneur:
Nail Dédé Kesova (TU), Compagnie Derviche Caravane (Fr), Anne Waldman (USA), Ambrose Bye (USA), Thurston Moore (USA), Tony di Napoli (BE), Le Quan Ninh (FR), Vincent Tholomé (BE), Antonio Bertoli (IT), Roberto Grilli (IT), Serge Teyssot-Gay (FR), Michel Bulteau (FR), Krzysztof Styczynski (FR), Lucien Suel (FR), Dominique Massaut (BE) et les Anges du Bizarre (FR)

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Si ce n’est maintenant, quand ? Si ce n’est ici, où ? Si ce n’est moi, qui ? (A. Jodorowsky)
Désoccultez votre poésie … le passé et le futur sont deux voleurs qui dérobent le présent…
(Dante Bertoni)

Il s’agit du « Troisième Temps » après le fiEstival #6 qui « Troublait le futur », et après la plongée dans le passé… et ses vertus de guérison, d’apaisement avec le fiEstival #7 « Healing past »… Nous en arrivons au troisième terme de cette Trilogie : le Présent, justement, la Marche de l’Infini Moment Présent et de la Présence…

Né de la volonté de dédier une fête à la «performance poétique», à la littérature, à la musique. Né de la volonté de décloisonner les secteurs artistiques. Né de la volonté de réunir annuellement des artistes et poètes internationaux autour d’un projet commun. Né de la volonté d’une rencontre conviviale avec le public.

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OUTDOOR: Réévolution poétique! When poetry comes to town ! Dès le 11 mai les artistes du fiEstival réaliseront des lectures improvisées et des actes poétiques dans des cafés, des lavoirs, des coins de rue, des musées.

Du 14 au 17 mai à partir de 16h Libérez votre parole au Poetic Speakers’ Corner qui sera installé devant la Boutique maelstrÖm dans le piétonnier de la Place Jourdan…
Les 15 et 16 mai à partir de 18h : les apéritifs thématiques et musicaux à la Boutique maelstrÖm 4 1 4. Juste à côté de l’Espace Senghor, la boutique-librairie maelstrÖm, vous invite à rencontrer les auteurs et artistes du fiEstival tout en découvrant des mets venus d’ailleurs !

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PROGRAMME

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DAY # -1 : DIMANCHE 11 MAI 2014
16h – Boutique maelstrÖm 414

Thé des écrivains #1 – Présentation de nouveautés (entre autres de la collection Bruxelles se conte)

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DAY #0 – MERCREDI 14 MAI 2014
19h Bar L’Amère à Boire – Ixelles
(Rue Belvédèrestraat 8)
Soirée de prélancement du fiEstival avec Lucien Suel (FR), Kathleen Lor (BE), Maxime Coton (BE), Fabrice Caravaca (FR), Tom Nisse (LU), Frédérique Soumagne (FR), Pierre Guéry (FR), Marc Perrin (FR)

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DAY #1
JEUDI 15 MAI 2014 à 19h30
LA DANSE DU PRÉSENT
Danse, performances poétiques et multimédia
Salle 1900 et Salle Agénor
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€

Cinq créations originales, réalisées par des artistes et poètes internationaux…

19h30 > Derviche Caravane (salle 1900)
Dans la plus belle tradition soufi, une compagnie française de Derviches tourneurs accompagnera par des mouvements et des danses la musique et les chants de Nail Dédé Kesova (TU), maître derviche provenant de Turquie, qui nous interprètera également des poèmes du fondateur des derviches tourneurs : le poète Djalâl ad-Dîn Rûmî.

20h20 > Lectures et performances multimédias – 1ère partie (salle Agénor)
Avec Patrick Lowie (BE), Abdellatif Hamma (MA) et le projet Mapuetos dans une revisitation très personnelle du « Cantique des cantiques » (texte, sons, vidéo) ; Christine Aventin (BE) et Milady Renoir (BE) nous feront percevoir la « Potentia Gaudendi », une mise en voix et en corps, une interrogation de la présence comme présence à soi…

21h40 > Lectures et performances multimédias – 2e partie (Salle 1900)
Création multimédia (texte, vidéo, musique) de l’artiste Phabrice Petitdemange (FR) et de sa partenaire Clémentine Poquet (BE).

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DAY #2
VENDREDI 16 MAI 2014 à 19h30
LES CHANTS DU PRÉSENT
Danse, performances poétiques et multimédia
Salle 1900 et Salle Agénor
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€

19h30 > Musique des pierres : une performance étonnante et hypnotisante avec Tony di Napoli (BE) et Le Quan Ninh (FR). Alors que le premier, par frottement joue de la pierre calcaire de Vinalmont, produisant des sons sinusoïdaux, semblant venir des tréfonds de la Terre, le second joue d’une simple grosse caisse, posée à plat, sur laquelle il racle, frappe, frotte, caresse quelques ustensiles (bols, galets, branches, cymbales, polystyrène, pommes de pin), deux, trois mailloches et baguettes et rien d’autre. Le tout produisant une musique, des sons, des ambiances nous amenant à la transe du présent…

20h15 > Les Anges du Bizarre. Un quatuor inédit. Le poète et slameur Dominique Massaut (BE), invite ses amis bretons Bruno Geneste (FR) et la mime Isabelle Moing (FR) – poètes chtoniens s’il en est – et la poétesse estonienne Lembe Lokk (EST), à faire surgir de la terre la question du présent et de la présence….

21h00 > Eco-Vortex. La compagnie de danse italienne Nervi Tesi, avec la danseuse et chorégraphe Carla Rizzu (IT), la danseuse Eva Campanaro (IT) ainsi que le comédien Christian Amadori (IT) nous portent à nous questionner sur la problématique environnementale (déchets et recyclage) en évoquant le fameux tourbillon de matière plastique se trouvant dans l’océan pacifique, à travers la danse, la poésie et la musique.

21h30 > Andrea Allulli (IT) et Andrea Angelucci (IT) nous donneront à entendre pour la toute première fois un extrait du répertoire de chansons d’Andrea Allulli. (Une exclusivité du Fiestival).

21h50 > Les Terres de Nod. En partant de l’imaginaire des Terres de Nod, terres où Caïn aurait été exilé selon la Genèse… Antonio Bertoli (IT), Roberto Grilli (IT) et David Giannoni (BE-IT) nous emmèneront dans un paysage sonore, musicale et poétique qui flirte avec le mythe, interrogeant par ce biais-là la question du présent…

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DAY #3
SAMEDI 17 MAI 2014 à partir de 16h00
RECONCILING
Lectures, Performances, Buffet, Micro Ouvert
Dans tout l’Espace Senghor
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€

Le samedi est LE jour du rassemblement annuel rituel… Où toutes les activités deviennent moins formelles, où les publics se croisent et où les artistes et le public partagent tout : le temps, la poésie, la nourriture, et une Jam finale…

16h00 > Thé des Ecrivains #2 et Lectures Première partie, ici du Thé des écrivains, qui se prolonge le lendemain, dimanche à 16h. Ici, un espace-temps pour la rencontre d’auteurs publiés par maelstrÖm autour de leurs nouveautés et la découverte par la lecture d’extraits, de leurs textes… Dans ce premier Thé des écrivains, d’ailleurs, tous les livres ont en commun d’être des livres illustrés ou bien travaillés avec un artiste plasticien ! Avec Thierry Van Roy (BE), pour Sibérie noire (textes et photos), Paul Emond (BE) et Maja Polackova (BE) pour Les aventures de Mordicus (petites histoires et collages), Soline de Laveleye (BE) et Dominique Maes (BE) pour Les phrases de la mâcheuse (contes et dessins).

18h00 > VUAZ – performance de Vincent Tholomé (BE) et Xavier Dubois, guitare (BE) dans les jardins de l’Espace Senghor

18h30 > Banquet poÉthique et musical… Buffet préparé par l’équipe de maelstrÖm et par les artistes et poètes invités. Un grand classique désormais et un moment de convivialité.

20h00 > 0h00 Méga Jam Finale…
Lancée par une grande performance… La Jam sera introduite par un set de lectures et musiques par la grande poétesse Anne Waldman (USA), son fils Ambrose Bye (USA) au synthé et le grand guitariste Thurston Moore (USA), cofondateur du groupe Sonic Youth !
La Jam s’ouvrira ensuite également au public, par inscription sur place ! Avec accompagnement musical par la Troupe Poétique Nomade ainsi qu’une performance "Opération perte totale" avec Antoine Boute et Madely Schott!

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DAY #4
DIMANCHE 18 MAI 2014 à partir de 16h
Thé des Écrivains #2 et Concert-performance de clôture
Piétonnier Place Jourdan et Salle 1900
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€

16h00 > Thé des Écrivains #3 et Lectures à voix haute
Nous poursuivons donc avec les échanges entre publics et auteurs sur leur pratique d’écriture, sur leurs nouvelles parutions, avec des lectures croisées des livres entre les auteurs eux-mêmes… et tout cela accompagné d’un bon Thé et de quelques délicieuses douceurs… Avec entre autres Anne Versailles (BE) pour son premier roman Viola (éd. L’Arbre à paroles), Maxime Coton (BE) pour son livre L’imparfait des langues (éd. L’Arbre à paroles), Alexis Alvarez (BE) pour son livre Exercices de Chute (Arbre à paroles/IF), David Giannoni (IT-BE) et Sylvie Leroy (BE) pour Contes de Nod (contes et peintures – éd. maelstrÖm)…

18h00 > Concert de clôture : RIPOSTES… (Salle 1900)
Clôture du fiEstival par un concert-performance.
Autour de la guitare de Serge Teyssot-Gay (FR), cofondateur de Noir Désir, Interzones… Michel Bulteau (FR), poète et traducteur des auteurs de la Beat Generation et Krzysztof Styczynski (FR) poète et éditeur, interprètent leurs textes, extrait du livre-disque à paraître prochainement, sur lequel sera également présent Saul Williams : « RIPOSTES » aboutissement d’une longue collaboration élaborée par les Editions Caedere.

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Autres auteurs et artistes présents :
Marc Perrin (FR), Kathleen Lor (BE), Frédérique Soumagne (FR), Fabrice Caravacca (FR), Pierre Guéry (FR), Tom Nisse (LU), Maxime Coton (BE), Antoine Wauters (BE), Patrick Lowie (BE), Abdellatif Hamma (MA), Christine Aventin (BE), Milady Renoir (BE), Phabrice Petitdemange (FR), Clémentine Poquet (FR), Dominique Massaut (BE), Paul Sanda (FR), Bruno Geneste (FR), Isabelle Moign (FR), Carla Rizzu (IT), Eva Campanaro (IT), Christian Amadori (IT), Andrea Allulli (IT), Andrea Franchi (IT), David Giannoni (IT-BE), Thierry Van Roy (BE), Paul Emond (BE), Maja Polackova (BE), Soline de Laveleye (BE), Dominique Maes (BE), Xavier Dubois (BE), Anne Versailles (BE), L’Ami Terrien (BE), Benjamin Pottel (BE), Julien Beghain (BE), Vincent Granger (FR), Olivier Dombret (BE), Xavier Dawant (BE), Justine Verschure-Busch (BE), Erwann Demannez (BE)… ainsi que de multiples participants à la JAM du samedi…

… un temps de partage, de rencontres, d’émotions.
P.a.f. : Je, Ve, Sa, Di : 7€ prix plein – 5€ tarif réduit
PASS 3 jours : 25€ (prévente 20€) (permet également l’accès au « Banquet des Auteurs » du samedi 17 mai, ainsi qu’à l’ensemble du programme)
Infos info@fiestival.net – www.fiestival.net – Tél. : 02.230.40.07 – Gsm: +32(0)498.60.72.53
Réservations : Espace Senghor – info@senghor.be – tél. : 02 230 31 40
Et à la boutique maelstrÖm 4 1 4 – 364 chaussée de Wavre – Du mercredi au samedi de 14h à 19h

22 octobre 2013

[Texte] Marc Perrin, Ernesto 22 octobre 2013

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 10:30

Spinoza in China ? fragments Spinoza ? Ernesto…

 

ERNESTO 22 OCTOBRE 2013

 

il y a quelques mois tu m’as demandé ce que je pensais de tout ça aujourd’hui je vais de te répondre il y a

 

quoi derrière ces fenêtres et quelles informations transmises ou reçues par ces paraboles sont des

 

questions qui me passent par la tête quand je marche dans le quartier au pied des immeubles faut pas

 

filmer ici ne filmez pas là ça va encore mais derrière la barre d’immeuble c’est le quartier qui commence

 

vous faites quoi ici ne me filmez pas ne me filmez pas je me demandais si opriéla accepterait d’être

 

filmée cependant je crains de n’avoir pas l’occasion de lui poser la question car depuis quelques semaines

 

je ne la vois plus sur le parking devant le supermarché de la rue félix thomas opriéla n’est pas la bienvenue

 

sur le parking devant le supermarché de la rue félix thomas je pense aux larmes d’opriéla quand elle m’a

 

raconté comment le type qui manage le supermarché de la rue félix thomas l’a jeté viré humilié je me

 

demande où ce type habite est-ce qu’il habite dans une des ces maisons devant lesquels je passe en

 

marchant depuis le quartier de la bottière à nantes jusqu’à la rue alexandre gosselin je me demande où

 

habite ce type qui a jeté les affaires d’opriéla sur le trottoir sur la chaussée c’était il y a un mois je sais

 

qu’opriéla habite dans une caravane quelque part à carquefou je me dis qu’opriéla et le type qui manage le

 

supermarché de la rue félix thomas partageaient le même lieu de travail opriéla aurait bien voulu mais le

 

type qui manage le supermarché de la rue félix thomas lui ne veut pas opriéla pleure en me racontant

 

elle dit égoïste et raciste en pleurant c’est les deux mots qu’elle emploie pour parler du type qui manage le

 

supermarché de la rue félix thomas c’est quoi le travail de ce type et toi c’est quoi ton travail et où est-ce

 

que tu habites et quelle distance entre le lieu où tu dors et le lieu où tu travailles et d’ailleurs as-tu un lieu

 

pour dormir as-tu un lieu pour travailler où est-ce que tu travailles où est-ce que tu dors avec qui tu dors avec qui tu travailles est-ce que tu habites ici et tu es là pour combien de temps moi je vis entre nantes et

 

stuttgart en ce moment je peux travailler n’importe où là où je suis je peux travailler opriéla s’assoit où

 

elle veut et demande de l’argent aux gens qui passent elle s’assoit où elle veut si on la laisse faire opriéla

 

s’assoit pas où elle veut si elle croise l’existence du type qui manage le supermarché de la rue félix thomas

 

ou d’un représentant de l’état qui applique la loi si tu as l’argent et que tu veux le garder c’est super tu as 2

 

bonnes bases pour développer mauvaise conscience et honte et si honte et mauvaise conscience te lattent

 

un peu trop violemment tu peux réagir et foutre en l’air les affaires d’opriéla et ensuite aller te défouler en

 

humiliant tes employés c’est possible tu les payes tu peux aussi réagir en expulsant les femmes et les

 

hommes adultes ou enfants en situation irrégulière c’est légal et mais si la loi est injuste la justice passe

 

avant la loi voilà chère essa quelques unes des pensées aujourd’hui tandis que je marche entre le quartier

 

de la bottière à nantes et la rue alexandre gosselin où nous allons vivre avec angela à partir du printemps

 

prochain voilà chère essa quelques unes des pensées aujourd’hui tandis que je marche entre la rue

 

alexandre gosselin à nantes et la rue félix thomas et entre la rue félix thomas et le château solitude à

 

stuttgart et entre le château solitude et les caravanes à carquefou et entre les caravanes à carquefou et la

 

roumanie je t’écris aujourd’hui depuis nantes oui c’est en france et toi là où tu es comment vont les choses

 

amicalement → ernesto

25 juillet 2013

[Création] Videos [Libr-@ction – 5]

 

Juste avant la pause estivale, quelques vidéos à découvrir pour la cinquième livraison de Libr-@ction – qui reprendra fin août. Et si libr-@gir consistait à réinterroger les rares moments de fusion collective (impossible de ne pas penser ici à la notion sartrienne de groupe en fusion) : c’est ce que fait ZoB’ Bozo dans un clip sur les premiers congés payés. Retour ensuite en images sur la Prise de la Belleville (trois vidéos – auxquelles on peut ajouter de multiples photos : il suffit, par exemple, de rejoindre le groupe Facebook du Général Instin).

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21 juillet 2013

[Revues] Libr-revues de poésie : trois nouvelles venues

Profitez de cette vacance pour découvrir trois nouvelles revues de poésie : K.O.S.H.K.O.N.O.N.G (Jean Daive) ; AKA (Stéphane Korvin) ; Larevue* (Mathieu Nuss).

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