Libr-critique

17 septembre 2015

[Texte-chronique] Gilles Laffay, Extrait d’un concept-poème, work in progress (1/2)

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Noir, je réécris en noir, nous sommes le premier de l’an matin, j’ai décidé que ces treize pages consacrées seraient divisées en treize parties. Celles des points que Marguerite Duras énuméra sur une liste au jeune écrivain Enrique Vila-Matas qui séjournait dans une chambre de bonne à Paris au dessus de chez elle, chambre qui appartenait à Duras et qui avait abrité un temps François Mitterrand, durant la seconde guerre mondiale.

On trouvera ci-dessous trois des treize parties. [1. – Problèmes de structure. 2. – Unité et Harmonie. 3. – Thème et Histoire. 4. – Le facteur temps. 5. – Effets textuels. 6. – Vraisemblance. 7. – Technique narrative. 8. – Personnages. 9. – Dialogue. 10. – Cadres. 11. – Style. 12. – Expérience.13. – Registre littéraire.]

Je ne sais absolument pas de sur quoi je vais écrire dans ces treize pages en herbe.

 

1. – Problèmes de structure

 

Il ne sagit pas là de parler de lorganisation de la structure, mais des problèmes quelle pose. A lévidence, un livre qui se pose déjà structuré avant même dêtre écrit ne sera jamais un livre. La structure se pose ou ne se pose pas, par contre, elle génère des problèmes de résistance, de lauteur et du livre, ces problèmes sont les mêmes que ceux dun toréro face à un taureau. Sauf quil ny a pas de cape rouge, lhomme doit sauter entre les cornes de la bête, comme lors des fêtes du Sud où les taureaux jeunes courent dans les rues des villes devant lesquels sagitent des gens, pour prouver leur courage, pour sentir ladrénaline bouillir dans leur sang, pour plaire, pour renifler lodeur du taureau, qui lui fonce sur tout ce qui bouge. Ce que je veux dire par là cest que le livre en gestation gigote, il ne veut pas être ce que vous voulez quil soit. Là réside un des problèmes de la structure. Et sil se montre docile et que vous pouvez le monter comme un âne, cest que ce nest pas un livre, sinon, écrire naurait aucun intérêt et Proust naurait pas intitulé le sien A la recherche du temps perdu. Si écrire cest perdre son temps, il faut être vraiment stupide pour le faire, cela dit citez-moi une vie où il ny a pas de temps mort. Dans un livre, voilà, pas de temps mort. Proust se moque comme de sa première chemise de constater quune madeleine lui rappelle des souvenirs ; ce quil veut dire, en partie, cest quelle lui rappelle autant de choses, de souvenirs que de la musique, et ça cest le nœud de laffaire. Par ailleurs, la recherche, du côté de chez Swann… cest à sa propre recherche quil court, comme un jeune homme se jette entre les cornes de son bien-aimé taureau. Ma première chemise, selon mon souvenir, était une liquette en jean dont les poches se fermaient avec des fermetures Eclair, je men souviens car ma toxique de mère a gardé cette photo et doit lavoir encore sur son bureau, ou je ne sais plus où, cest pour moi ma première chemise et, est-il utile de préciser que je nen porte plus depuis, cette liquette, cette photo, ce tas dos, moi, je lai constamment en mémoire et je le hais, cest contre lui que jécris comme Proust à nouveau écrivait contre Sainte Beuve, je dirais lapalissade, sans Sainte Beuve, heureusement, point de Proust, sans ma première chemise point damours de supermarché (titre provisoire). Sans ma mère, point de moi, sans moi, point de livre, sans livre point de moi, sans structure point de détruire, dit-elle, et sans détruire, dit-elle, point de Marguerite Duras (le “dit-elle” serait attribué à Alain Robbe-Grillet). Cest ça les problèmes de structures et ils sont différents pour chacun dentre nous, à charge pour lauteur de faire en sorte que le lecteur sy identifie, ou pas !

De là à dire que Marguerite Duras est ma mère, il ny a quun pas que je franchis allègrement. Détruire, dit-il. Est-ce aussi vrai pour un homme que pour une femme, je pense que cest encore plus vrai pour une femme, un homme a des doutes, une femme qui écrit, aucun, elle détruit tout ce quelle veut sur son passage et ne reste quun bouquet de fleurs empoisonnées, ce bouquet que Baudelaire a nommé les fleurs du mal.

Je finis cette première page par un mot dAllan Ginsberg, le poète beat, disant que lon a compris que lon pouvait être sans structure, être littéralement fou. Ce qui sapplique donc à la littérature nest pas forcément valable pour la poésie, ce que je constate cest une marche arrière depuis les poètes beat, Kerouack, et même sil dirait que no Burroughs, et les autres, parfois meilleurs… lépoque actuelle résiste au livre parce que le livre lui résiste, ce gazon de territoire où a élu domicile la folie divine. Le livre na que faire de vous et de vos émotions, ce serait trop facile, mais je métale et jen suis déjà à la deuxième page, soit au deuxième point.

 

2. – Unité et Harmonie

 

Cest ce dont jai le plus peur, pour moi lunité et lharmonie se rapportent à lamour et à la mort. Cela étant dit, je retombe sur mes pieds et cest ainsi uniquement que je conçois lunité et lharmonie, lorsque je mets le point final et que je me dis jai fini, sans fin, il ny a rien, cest très intuitif. Je pense à Au dessus du Volcan (ou au dessous) de Malcom MacLowry, la fin est unité et harmonie, pour le livre, répondant à toutes les questions, voilà ce que je pourrais nommer : unité, répondre à toutes les questions et même si certaines restent en suspens, leur suspension est aussi une réponse. Je crois quil est inutile pour lharmonie de ce livre de citer des livres ; si le lecteur na pas lu Malcom MacLowry, que comprend-il de ce que je dis ? Cela : la réponse à toute les questions. Parfois cest dans la dernière phrase, voire le dernier mot que se trouve la réponse à toutes mes questions, et ainsi lorsque je lécris et la lis en même temps, je comprends de quoi parlait tout ce dont jai parlé auparavant et ai fait discourir mes personnages. Jai la réponse à mes questions, cette réponse peut être longue et doit être déjà contenue dans la première ligne du livre sous forme informulée mais présente, tout le développement du livre est le développement de cette ou ces question(s). Marguerite Duras parle dUnité, il ny a donc pour elle quune question posée par livre et peut-être par vie, peut-être la même pour tout le monde. Je ne crois pas que la question soit la même pour tout le monde et pense quelle change durant lexistence, et donc chaque livre apporte sa moisson de réponses, la moisson des réponses ou non réponses, aux questions quil pose. Cest à mon sens variable selon les écrivains, et cest pourquoi je narrive pas à réécrire entièrement un livre. Sans doute est-ce une erreur et dois-je tricher avec le lecteur et faire semblant de ne pas savoir ou je lemmène, je préfère cheminer avec lui et ne pas savoir encore quelle était là la question. Par exemple, je ne sais pas précisément de quoi parle ce livre, quoique par rapport aux précédents il y ait une nuance de taille : il sagit dun concept poème et non dun roman. Donc, à dire vrai, pas de question, juste une somme dévidences qu‘il ne me semblait pas nécessaire dadditionner, cest la partie concept, et une rébellion face à ce savoir acquis par lexpérience de lécriture comme lon acquiert lexpérience du peyotl. Un petit yogi a dit un jour si tu vois Bouddha tue-le ! Un jour il vit Bouddha le regarder avec ses yeux infiniment tristes et il lui dit : « Bouddha, pourquoi es-tu si infiniment triste? » Bouddha répondit : « Parce que tu vas me tuer et je devrais en toi recommencer tout ce que jai appris à partir de rien. » Il dit : « Bouddha, je ne suis quune bouse de vache, sans toi je ne serais rien. » Bouddha répondit en ayant vaguement envie de vomir son energy drink : « Alors, tue-moi. » Et le petit yogi devint éveillé. Bouddha put alors continuer son chemin, hors de la roue des réincarnations jusquà sa prochaine rencontre. Pourquoi je viens décrire ça (historiette que je viens dinventer et qui ferait frémir les narines dun maître zen), je nen sais rien. Pour lharmonie de lhistoire je suppose, et parce que dans harmonie il y a à mon sens caché le mot beauté dont ne parle pas Marguerite Duras, les alcooliques sont exubérants certes, et aussi à la fois extrêmement pudiques jusque dans leur rire, leurs pleurs et leurs injures. Avec Serguey, de lharmonie il ny en avait aucune et pourtant elle était présente et il la ressentait aussi fortement que moi, la différence, cette différence cest quil était capable dêtre en harmonie avec la plupart, alors que moi je me sentais uniquement en harmonie avec lui, cest peut-être cela être écrivain : être capable dêtre en harmonie avec un seul être à la fois, cest un handicap, Serguey avait réponse à toutes mes questions de la plus ironique à la plus informatique (nous avons longuement parlé dinformatique, et dans ses réponses jai vite deviné quil me parlait aussi de beaucoup dautres choses, était-ce moi privilège décrivain ou sa haute spiritualité, et tout cela in engliche messieurs dames ; la seule phrase à laquelle il na pas répondu à mon grand étonnement, cest lorsque je lui ai dit : « I am a writer. » Un jour jécrirai en anglais – il ma fortement conseillé de perfectionner mon anglais au lieu de vouloir apprendre le russe. (Peut-être un traducteur automatique sur internet suffirait-il à traduire mes nouvelles, une, une seule sur la Russie, dont un russe est le personnage principal, celle que je veux lui faire lire, avec un traducteur automatique je pourrais toujours lui faire croire que ses imperfections ne viennent pas de moi et ainsi ne pas le décevoir.) Voilà à peu près ce quest pour moi lharmonie.

Je dois continuer jusquà la fin de cette page, et jen ai déjà, il y aurait tant à dire, fini avec lUnité et lHarmonie chères à Marguerite Duras, fini avec ce point en deux mots. Je rajoute donc que depuis que jai commencé à écrire sur lunité et lharmonie jentends de la flûte des Andes péruvienne, cela peut vous paraître bizarre (tiens, la flûte sest arrêtée), cest tout simplement les voisins du dessous qui ont mis de la musique, cest peut-être pour cela que ce paragraphe est porté par une illusion dharmonie, ce qui est véritablement un leurre, pourtant je pense que Marguerite Duras pensait à la musique lorsquelle parlait dUnité et dHarmonie, à la musique des mots, des phrases, du titre, du paragraphe et du chapitre, et à la musique du sens, tout cela devant entrer en unité et en harmonie défiant le temps et ses outrages et en même temps y plongeant son rythme et sa mélodie, sa musique, la musique très spéciale de ce que lon appelle un livre. Je pense aussi que certains films sont des livres, en particulier un, Apocalypse Now. Dont lécheveau na pas fini de se défaire quoi (ah je suis arrivé à la page suivante) quen disent ses détracteurs. Jarrête donc là sur Unité et Harmonie.

 

 

 

18 septembre 2013

[Chronique] Marie Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes, par Périne Pichon

En cette énième "Rentrée littéraire", nous avons demandé à Périne Pichon d’examiner de près un roman classé dans le Top-Ten des meilleures ventes.

Marie Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes, P.O.L, été 2013, 320 pages, 18 €, ISBN : 978-2-8180-1924-5.

Dans ce roman qui constitue un diptyque avec Clèves, les pensées de l’héroïne sont majoritairement rapportées à la troisième personne, par petits paragraphes séparés d’un blanc, comme s’il s’agissait de faire dialoguer entre elles les pensées de Solange. Cette écriture fragmentaire est marquée par la psychanalyse : il y a comme une tentative de solliciter l’inconscient par l’écriture. Mais emprunter son titre à Marguerite Duras suffit-il pour mener à bien un tel projet ?

Certains passages tournent autour des « clichés » intériorisés par le personnage, ou de mécanismes psychologiques, voire des maladies psychologiques, comme cette « maladie d’attente » qui affecte la femme amoureuse, Solange. Marie Darrieussecq dit vouloir travailler les « clichés ». Mais a du mal à dépasser le cliché, semblable à une petite case dans laquelle se range une sensation ou une situation mécanique, connue et codifiée. Elle le présente, en montre certes la naïveté, mais reste acculée sur sa barrière. Le lecteur en ressort frustré, avec une envie de poursuivre ce « et alors » déjà inscrit sur la quatrième de couverture. Cet effet d’interrogation qui persiste peut être un point positif pour le roman, de l’autre côté un point négatif, car on en vient à se poser la question cruciale relative à l’histoire de Khouhouesso et Solange. Leur passion est un échec. Pourquoi, parce qu’il est noir et elle blanche, comme le suggère la quatrième de couverture ? Parce qu’ils sont les produits de deux cultures différentes (cultures plutôt simplifiées et résumées à travers les explications brèves du personnage de Khouhouesso) ? Le jeu avec les clichés auquel s’adonne la romancière semble encore trop pauvre, voire trop facile.

Khouhouesso devient le stéréotype de l’homme aimé : énigmatique, insaisissable, impénétrable. Sa couleur de peau devient un indice de plus pour signaler ce stéréotype de « l’homme mystérieux » (voulu ou non par la romancière ?). Autre cliché de la relation amoureuse : la rencontre « coup de foudre » (Solange ne « voit que lui », est perturbée par le « champs magnétique » de l’homme).  Solange et Khouhouesso, en tant qu’acteurs, sont coincés dans une série de codes qui règlent leurs conduites, elle de femme française, lui d’homme africain. Et également, comme le personnage de Khouhouesso le souligne, de Noir et de Blanche (p.  133 : « Il lui dit qu’elle et lui, c’était même farine : ils ne pensaient qu’à eux. Être un Noir et une Blanche. »). Est-ce la raison pour laquelle leur relation est un échec ? Ou est-ce plutôt parce que cet homme flirte avec le monde du cinéma où ce qui est vu prime (l’image, la photographie, le montage) parfois sur ce qui est dit ?

Finalement, on ne sait pas bien ce qui marche et ce qui échoue dans cette relation où les deux personnages semblent ne jamais pouvoir communiquer. Ils sont empêtrés, empêchés par quelque chose. Solange est toujours prise dans le « vouloir dire », différent du « dire » (p. 27). Leur incompréhension mutuelle teinte leur langage, lorsque la jeune femme comprend « Amérique » pour « amharique » (p. 84). Mais l’absence de Khouhouesso (même présent avec Solange, le jeune réalisateur s’absente dans sa Grande Idée) empêche le développement de cet écart entre ce qui est dit et ce qu’on a voulu dire, si bien qu’il semble la conséquence de l’opposition culturelle du couple, ou « idéale » (Khouhouesso vit pour son idée, Solange pour Khouhouesso, il y a comme une divergence d’idéaux).
 
Solange semble également se débattre avec des préjugés relativement conscients ou plutôt sur des préjugés potentiels qu’elle pourrait avoir à l’encontre de Khouhouesso. Dès le début de leur rencontre, Solange refuse de voir l’origine de son amant comme un problème – et par conséquent, elle la surévalue : « Elle aurait préféré se consumer d’un coup, comme les vampires surpris par le jour, que prétendre le réduire à la question des origines. Ils étaient deux étrangers, deux adoptés de l’Amérique » (p. 21). Elle en vient même à faire des recherches sur internet, dans les livres, pour trouver des « images » de l’Afrique. Là encore, on peut voir le lien avec son métier d’actrice, son rôle dans la fabrique aux images qu’est le cinéma, et ce besoin de voir, d’interroger l’apparence des choses. Solange est comme prisonnière d’un monde d’images (à plusieurs reprises, elle imagine les photos people d’elle et de son amant, à Paris et à Kibri), un monde en miniature puisqu’elle l’arpente, téléphone en main, d’est en ouest, du nord au sud.

Le passage relatant le tournage en Afrique (parties III et IV, à partir du chapitre « images fantastiques de mondes où la forêt n’en finissait plus ») est le plus intéressant (pour une lectrice européenne). Se détache l’image d’un Cameroun mystérieux, envoûtant et insaisissable (les forêts sont prêtes à engloutir les hommes, les petites pygmées ne peuvent être filmées), ou plutôt difficilement saisissable. Le pays de Khouhouesso, tout aussi mystérieux. Y a-t-il une tentative de poser les fondements d’un « romanesque » où les héros ne sont plus ces chevaliers en armures, mais des acteurs de cinéma ultra connus (George, Vincent), arpentant le monde pour créer des images ?

Dans une interview, Marie Darrieusecq avoue elle-même qu’elle n’est pas une « romancière à histoire ». Il n’est pas non plus question de récits ou d’études sociologiques, et les « clichés » sont présentés, réunis, sans êtres mis à l’épreuve. En fin de compte, les fils du récit, malgré l’écriture assez limpide, ne réussissent pas à maintenir une trame. La passion de Solange, attendant sans cesse l’attendu, devient presque ennuyeuse. Elle se solde par l’effacement de son image dans le film tourné par son amant. Mais cet effacement semble n’avoir aucune valeur. Bref, difficile de comprendre où la romancière veut en venir, le pourquoi du comment du récit, et de cette équation irrésolue qui mêlent un homme, une femme, le cinéma et Conrad.

 

22 juin 2012

[News] Culture(s) et autofiction(s), colloque de Cerisy

Le colloque de Cerisy qui suit celui sur Annie ERNAUX, sous la direction de Isabelle GRELL et de Arnaud GENON, explore un territoire proche : "Culture(s) et autofiction(s)". On ne manquera pas de s’inscrire à cette manifestation qui réunit écrivains et chercheurs : réserver ici.

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16 novembre 2011

[News] Lancement de la collection « Le livre / la vie » (4/4), dirigée par Isabelle Grell

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 18:38

Philippe Vilain, Dit-il – d’après L’été 80 de Marguerite Duras, 96 pages, 12 €, ISBN : 978-2-350-18303-9. [Lire la présentation de la collection entière, dont le cinquième volume paraîtra en mars 2012 : François Noudelmann, Tombeaux – d’après La Mer de la fertilité de Mishima]

L’écriture, une passion avolontaire, par Isabelle Grell

Mille-neuf-cent-quatre-vingt-onze: Elle a 78 ans, lui, 21. Les deux avaient connu l’été 80. Pour elle, c’était la période de la rechute dans l’alcoolisme, juste avant de faire, en septembre, la connaissance de Yann Andrea. Lui, il avait 10 ans, l’âge du garçon qui s’allonge dans le sable près de la monitrice anglaise, pour lui raconter des histoires. Ses histoires. En 1991, le 2 janvier, ELLE est une vieille femme couverte d’ecchymoses ; elle fait tout trop vite, on le sait. LUI est un bien jeune homme et a réveillonné à Paris. Ce jour-là, il pleut sur le boulevard Saint-Germain. L’étudiant aperçoit cette petite dame frêle pendue au bras d’un homme sécurisant. Il l’aborde, timidement, et elle, Marguerite Duras, dédicace le livre qu’il lui tend, un livre de Platon. Le temps n’a plus d’emprise sur ce qui se passe, sur ce qui s’est passé, sur ce qui va, encore, se passer.

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