Libr-critique

14 février 2021

[News] News du dimanche

CUHEL commence par vous faire méditer sur notre douce-France… Moussempès en UNE, puis les nouvelles aventures d’Ovaine par Tristan Felix… et nos Lib-livres reçus !

 

Édito : Douce fRANCE /CUHEL/

Le règne de Micron 1er fut celui du CommeSi

[Micron a tout lu tout vu
– il est Tout-UBU !]

fRANCE pays de Liberté – pour les néo-Libéraux et leurs polichiers

[liberté de travailler et de consommer pour les autres]

fRANCE pays d’Égalité – à force d’égaliser les privilèges des assistés (ceux qui ont un net fixe !)

fRANCE pays de Fraternité – envers les capitaux

 

fRANCE mère des Arts (vive Netflix !)
des Armes (pour libérer et sécuriser les sujets de Micron 1er !)
et des Lois (pour assurer la Liberté et la Sécurité des néo-Libéraux !)

 

Priorité à l’Éducation – grâce aux suppressions de postes !

Priorité à la Recherche – de profits !

Priorité à la sécurité sanitaire – à coups de baguettes magiques !

Priorité au Plein-emploi – grâce à la magie des chiffres…

 

Et maintenant, grâce à la néo-maïeutique – cet art de coucher les esprits que maîtrisent les sophistes et les polichiers –, place au CommeÇa : après le CommeSi, c’est CommeÇa !
En marche !

 

UNE : Sandra Moussempès à bout portant…

Suivez en direct l’événement sur la page Facebook ou la chaîne Youtube de la Maison de la Poésie.
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Vous pouvez ensuite retrouver la vidéo à tout moment sur notre chaîne Youtube.

Cassandre à bout portant poursuit cette quête obstinée de Sandra Moussempès des objets féminins non identifiés à travers les clichés de l’imaginaire contemporain (celui des séries américaines en particulier), détournés avec une ironie teintée de tendresse. Le ciel s’est éclairci dans l’univers de l’autrice, l’humour semble désormais maintenir à distance les monstres du passé. Ce qui n’ôte rien à l’étrangeté des images que son écriture parvient à susciter, avec une innocence qui n’exclut pas un soupçon de perversité. Jusqu’où peut aller une pin-up assortie à sa fourchette, endormie sur le sol d’une maison hantée ? Telle est l’une des questions que pose ce livre grave, joyeusement décalé.

À lire – Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Poésie Flammarion, 2021.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine… /Tristan Felix/

À l’endroit pile où Ovaine bâtit sa bicoque, une maison se construit.

Ovaine ne se démonte pas. Nuit et jour, elle ôte une à une les pierres et les poutres pour mettre les siennes à leur place.

Le chantier n’avance guère… Ne reculant devant aucune adversité, elle poste son loup en équilibre sur le seuil, prêt à déjouer l’entourloupe.

Mais voilà Ulysse qui revient de loin, rusé de près et vermoulu comme une poutre. Il demande à voir Pénélove.

Le loup, grêle et méfiant, opte pour un silence sidéral.

Alors, Ovaine, immatérialisée, descend des combles de son rêve.

 

Libr-livres reçus

► Marie Delvigne / Raymond Federman, Fourire, Les Contemporains favoris, coll. « Å’uvres complètes », été 2020, 124 pages, 18 €.

► DOC(K)S, série 33/34, numéro 35/36, hiver 2020-2021, 460 pages (+ DVD), 50 € (abonnement pour 4 numéros : commander).

► Armand Dupuy, Selfie lent, éditions Faï Fioc, Boucq (54200), hiver 2020-2021, 112 pages, 13 €.

► Sylvie Durbec, Carrés, ibid., 72 pages, 11 €.

► Didier Henry, Continuo, ibid., 88 pages, 12 €.

 

3 octobre 2015

[Livres] Libr-5

Indépendamment de la foire-aux-prix dits littéraires, voici un premier Libr-5 de reprise : C. Manon, Extrêmes et lumineux ; S. Vanderhaeghe, Charøgnards ; E. Levé, Œuvres (rééd.) ; M. Delvigne, La Fille qui… ; C. Lovera Vitali, Absence des cow boys. De quoi enchanter vos soirées d’automne…

 

â–º Christophe Manon, Extrêmes et lumineux, Verdier, été 2015, 192 pages, 13,50 €, ISBN : 978-2-86432-805-6.

Mais bon sang… Mais où… Mais qu’est-ce qu…, etc. Ces interrogations qui constituent un leitmotiv structurent une mémoire personnelle et familiale "fragmentaire ainsi qu’un livre dont des pages entières auraient été inexorablement arrachées ou effacées" (p. 120). Pour le poète dont c’est le premier récit, il ne s’agit donc pas d’"exhumer une hypothétique réalité", mais plutôt de "retracer les contours indistincts d’un passé oublié" (12) : dès le début – qui fait songer à Kafka comme au Nouveau Roman -, il est clair que la quête ne saurait être proustienne ; les anadiploses inter paragraphes font se télescoper êtres et lieux, photos et bribes de souvenir dans toute leur intensité lumineuse, leur puissance d’évocation. Et nous lecteurs d’être plongés avec ravissement dans une galerie des glaces où se réfractent de multiples éléments narratifs mis en valeur par divers jeux typographiques. Une telle poétique ne peut que rappeler celle de Claude Simon.

â–º Stéphane Vanderhaeghe, Charøgnards, Quidam éditeur, été 2015, pages non numérotées, 20 €, ISBN : 978-2-915018-85-1.

 "Depuis quand sommes-nous entrés sans retour dans l’ère de l’universelle charogne ?" Avec ce "o barré" en plein milieu du mot – de quoi nous laisser bouches bées -, qui sont ces charognards ? Les signes ou les agents de la catastrophe ? Une "espèce poétique" ? La "métaphore d’une menace sourde et impalpable" ? Les symptômes de la folie ? Les reflets d’un diariste parasite et voyeur ?…

Dans ce premier roman qui se situe explicitement en droite ligne des faux journaux intimes ressortissant à un fantastique philosophique (Gogol, Maupassant, Sartre) et joue avec la référence cinématographique par excellence que constitue le film d’Hitchkock Les Oiseaux, nous assistons à la charognardisation des repères spatio-temporels comme du langage même. De quoi nous laisser bouches bées !

 

â–º Edouard Levé, Œuvres, P.O.L, 2002 ; rééd. "#formatpoche", septembre 2015, 224 pages, 9,50 €, ISBN : 978-2-8180-2169-9.

Voici un projet qui s’inscrit dans le prolongement des réflexions d’un Valery par exemple. C’est une série insolite de 533 projets d’œuvres paradoxaux / originaux dont certains vont jusqu’à se présenter comme des canulars. Et c’est un événement que la réédition de cette somme spéculaire, véritable panorama des pratiques artistiques contemporaines : séries, inventaires, expérimentations divers… et même panoramas de panoramas ! Un exemple : "107. Une personne tente de dire deux textes différents en même temps. L’un par la parole, l’autre par la langue des sourds. Vidéo" (p. 63).

 

â–º Marie Delvigne, La Fille qui…, Les Comtemporains favoris, été 2015, 38 pages, 10 €, ISBN : 978-2-909140-26-1.

La fille qui danse / cherche son os à ronger écrit comme un lombric, animal fouisseur qui mélange les couches de la langue…
La fille qui s’enfouit dans une écriture modulaire – déliée, ritournellisée…

 

â–º Corinne Lovera Vitali, Absence des cowboys, dessins de Stéphane Korvin, Ripopée, septembre 2015.

Tentez l’expérience farwestatique : dynamitez votre quotidien et libérez les chevaux… Avec ce type de plaquette dont le texte et les dessins proviennent de / renvoient à l’enfance, assurément "le poète est celui-là qui pour nous rompt l’accoutumance" (Cocteau).

2 octobre 2007

[Livre] Barnaba de Marie Delvigne

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bandedelvigne.jpg Marie Delvigne, Barnaba, préface de Raymond Féderman, IDP éditeur, 20 p.
ISBN : 978-2-9153-58377
Prix : 5 €. Adresse pour commander : IDP éditeur, la tuilerie 69860 Ouroux. [site]
Extrait de la préface de Raymon Féderman :
~~que c’est beau ~~
c’est si beau qu’il ne faut pas expliquer
BARNABA
il faut seulement l’admirer
et dire merde que c’est génial!

Notes de lecture :
Marie Delvigne, dont nous avions déjà parlé à propos de son petit roman Rouge, nous donne à lire, avec ce petit livre un travail davantage poétique. Je dirai même plus davantage dynamique et bien plus maitrisé au niveau de la langue et de son style que ne l’était son premier livre, qui en certains endroits étaient convenus.
BARNABA ? BARNABA ? Qu’est-ce ? Ce féminin de Barnabé, cette mixture de Barnabé et Barbara… Et qu’est-ce que ce ni ? Ce ni, Ni NI NI, qui vient sans cesse ponctuer le texte, en faire pivoter les motifs, en permettre la ligne d’ouverture ?
Ce texte, s’il repose sur des énigmes, pour autant il n’est pas énigmatique. Marie Delvigne ne développe pas malgré l’apparence une poésie hermétique, s’enfermant dans une langue nouée qui par accumulation des vocables, peut, parfois, en devenir incompréhensibles, éreintantes inutilement. Marie Delvigne, jouant avec la signification de ce Barnaba, se joue en fait de notre compréhension, et ceci dans le flux tout d’abord, d’un abécédaire inapparent, qu’il est jubilatoire de lire, dont la langue légère est entrainante:
« Ceci n’est pas un cercle noir
Ni the ménagère de 50 ans
QUE Muet-Mute en Mutation soit trop déf à donf pour Que le
moins soit l’équivalent d’un trop vital
Oui des trous de /////mémoire de l’émoi moi re re moi morne
l’automne je sens mon corps a-tone
Nu Ni-même moi Ni m’aime moi Mi-Haine Mi-aime
QUE No man’s land
Nobody is perfect
OUI Non
dire
NON »
Rythme rapide, variation des vocables, l’ensemble de ces 20 pages témoignent d’un très beau travail poétique, même si in fine, il est évident, que nous n’avons à faire encore qu’à une des étapes du travail de ce Barnaba, ce qui ressort parfaitement de la dernière partie, plus conventionnelle tout à la fois ans sa langue et ce qu’elle énonce./Philippe Boisnard/

29 janvier 2007

[Revue] n°47-48 22 (MdP) : poésieencours

22mdp179.jpgComme nous l’avions dit, au mois d’aout [ici], le festival de Lodève, en 2006, a vu une très belle expérience se faire : le off organisé par 22 (Montée) des poètes et la galerie art en cours, à savoir respectivement Franck Doyen et Sofia Burns/Karim Blanc. Pour marquer ce moment, Franck Doyen vient de consacrer un double numérode 22 (M)DP poésieencours, qui témoigne de cette semaine de lectures quotidiennes dans cette galerie de Lodève, devenue pour cette occasion un véritable laboratoire de poésies contemporaines, où de très nombreuses rencontres entre auteurs ont eu lieu.
Ce numéro de 22 (M)DP, n’est pas seulement la réunion de textes, mais il redonne aussi la joie créatrice qui caractérisa ces instants. C’est pourquoi ce numéro est vraiment incontournable.
22 (Montée) des Poètes, n°47/48 : poésieencours, 126 pages en deux livrets accompagnés d’un DVD de Claude Yvroud, ISSN: 0292-0794. 10 €
commande : Franck Doyen / la tuilerie, 69860 Ouroux / revue.22mdp[@]wanadoo.fr

Sommaire :
Livret 1 : Editoto de Franck Doyen, Questions pour un poète de Claude Yvroud, Combinations d’Hortense Gauthier, Coupe Gorge et À l’orée des villes de Sébastien Lespinasse, Barnaba [extrait] de Marie Delvigne, Bouche cousue d’Edith Azam, Corpus Delicti de Claude Favre et le DVD « Lodève 2006 » de Claude Yvroud.
Livret 2 : Entre(2)tiens avec Franck Doyen, Capital-Hôpital de Christian Malaurie, Ultimatum de A_K_S [Agence_Konflict_SysTM], Humaine et corrigée de Rachel Defay-Liautard, Ma vie d’après (chantier) d’André Gache, Wasschwing maschwing et zoofolies (air pariétal) de Stéphane Deloy.

22 décembre 2006

[Livre] Marie Delvigne, rouge

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 13:32

Marie Delvigne, rouge, éditions Le bord de l’eau, 70. p. ISBN : 2-915651-33-7, 10 €.
[site]
4ème de couverture :
Faire l’amour à une mourante…
lentement le narrateur nous entraîne dans ce labyrinthe où l’amour et la mort parfois, parviennent à parler la même langue.

delvigne150.jpgMarie Delvigne est professeur de Lettres à Douai (59). Elle est aussi photographe et anime un site consacré à la photographie [www.houyet.photo.be].
Elle a réalisé des performances de Barnaba (poésie) dans le cadre du Festival In d’Avignon en juillet 2005. Elle prépare des écrits sur l’oeuvre de l’écrivain américain raymond Federman.
Rouge est son premier roman.

Premières impressions :
Chloé Delaume, qui vient de découvrir ce livre, écrit sur son blog : «  Rouge de Marie Delvigne, c’est un tout petit livre, aux Editions Le Bord de l’Eau. C’est juste stupéfiant. Violent, dérangeant, très étrange. Je ne m’attendais pas à ça. Je pense qu’on ne peut pas s’attendre à ça. C’est la raison pour laquelle vous devez le lire. Et acquérir un nouveau réflexe, celui de la Carte Bleue. »
En effet, comme j’y reviendrai dans ma chronique, derrière les pages écrites par un narrateur, sur l’amour/mort qui le lie au corps vivant et déjà putride d’une femme, d’une enfant, « petite fille de trois ans qui gambade sur la plage », se dévoile la rage de la passion, le rouge, tout à la fois celui de la chambre, celui du sang qui coule du sexe, sang pivoine, celui qui s’échappe des croûtes arrachées, se dévoile l’interdit même de nos désirs.

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