Libr-critique

28 novembre 2020

[Livre] Valère Novarina : Les Tourbillons de l’écriture

Marion Chénetier, Sandrine Le Pors et Fabrice Thumerel dir., Valère Novarina : Les Tourbillons de l’écriture. Actes du colloque international de Cerisy (août 2018), avec 45 reproductions couleurs et N&B, Hermann, coll. « Les Colloques Cerisy », novembre 2020 (enfin disponible en librairie et commandable depuis peu), 456 pages, 26 €, ISBN : 979-1-0370-0362-1.

 

L’aspect chaotique d’un univers novarinien en perpétuelle fusion explique notre titre initial, emprunté à une gravure intitulée Les Tourbillons de Descartes [1] . Selon l’illustre auteur des Principes de la philosophie, l’univers se compose d’une multitude de tourbillons, chacun étant constitué de particules de feu, de terre et d’air – les premières, parce que plus rapides, formant une étoile centrale. Comme les cieux de Descartes, les espaces novariniens de la page, de la scène et de la toile ressortissent à une véritable cinétique. Une seule différence entre les deux univers, mais elle est de taille : la physique cartésienne ignore le vide. Faisant fi du fameux principe aristotélicien qui pose que la nature a horreur du vide, dans le prolongement de la physique moderne, Valère Novarina ne conçoit nullement les interactions de la matière sans l’énergie du vide : le monde humain, dans ses dimensions cosmologique et artistique, n’existe qu’au travers du prisme de l’espace et du temps, qui sont « à trous et à tourbillons » en ce sens que c’est le vide qui génère le mouvement, fût-il incontrôlable. À ce propos, que l’on considère le décor de L’Animal imaginaire : au centre de la scène, deux panneaux au fond chromatique saturé sur lequel se détachent diverses formes (dont un fondamental point d’interrogation), le bleu spirituel du premier contrastant avec une part d’ombre qui domine le second ; entre les deux, un vide communiquant avec l’arrière-scène, d’où tout provient et où tout retourne, dans un incessant va-et-vient virevoltant. Le vide est assurément au principe de notre vie tourbillonnante.

On sait combien l’architecture occupe une place prépondérante dans la création telle que l’entend Novarina. Aussi avons-nous choisi un mouvement dialectique pour organiser cet édifice dans lequel chaque contribution apporte sa pierre singulière, c’est-à-dire répond à sa manière à cette question essentielle : comment, selon le processus de création novarinien, à tel moment unique du chaos de la Matière peut se dégager une Forme d’autant plus cruciale qu’elle s’avère fugace ? Car des textes et des toiles et des pièces de Novarina, qui donnent le tournis, ce que l’on perçoit d’abord, ce sont les tournoiements des acteurs, les tourbillons scéniques et comiques, les tourbillons des sens, des langues et des cultures… Ce n’est que dans un deuxième ou troisième et surtout un quatrième temps que surgit l’ordonnancement de ce chaos, une quatressence si l’on peut dire (d’où le titre du Colloque de Cerisy : « Valère Novarina : les quatre sens de l’écriture ») : les tourbillons infinis conduisent à des extases ponctuelles, à savoir à des harmonies passagères, des épiphanies…

[1] René Descartes, Les Principes de la philosophie, dans Œuvres complètes, édition de Charles Adam & Paul Tannery, Paris, Cerf, 1904, vol. IX, planche IV ; cf. le portfolio élaboré par Olivier Dubouclez, Valère Novarina, A.D.P.F., 2005.

© Valère Novarina, Cabane de David, acrylique sur toile, 200 x 200, 2019.

SOMMAIRE

Avant-propos
par Marion Chénetier-Alev, Sandrine Le Pors et Fabrice Thumerel

Pour ouvrir
par Fabrice Thumerel 

PARTIE I : TOURBILLONS SCÉNIQUES ET COMIQUES

Entrée dans l’impossible avec l’acteur comme objet du désir
par Annie Gay

L’Opérette imaginaire en scène
par Claude Buchvald 

« Faire l’animal ». Quelques sorties de route dans le jeu de l’acteur novarinien
par Louis Dieuzayde 

Voix et dispositifs marionnettiques dans l’écriture de Novarina
par Marie Garré Nicoara

Le « sentiment inconnu », porte ouverte sur les catharsis
par Inhye Hong

De la cour d’honneur à la cour d’école : la poétique novarinienne à l’épreuve du bac théâtre
par Rafaëlle Jolivet Pignon

Les bouffonneries macabres sur la scène novarinienne : un comique rédempteur
par Christine Ramat 

 

PARTIE II : TOURBILLONS DES SENS

Valère Novarina, hypothèses pour une écriture synesthésique, expériences d’une culture lointaine
par Constantin Bobas 

Le rituel kénotique dans les travaux (écrits et spectacles) de Valère Novarina
par Enikö Sepsi 

L’antédiluvien
par Jean-Luc Steinmetz 

Les quatre temps du respir. Poétique et thanatologie selon Valère Novarina
par Éric Eigenmann

 

PARTIE III : TOURBILLONS DES LANGUES ET DES CULTURES

Ethnographie du stade d’action et anthropopodulologie de l’acteur dans le théâtre novarinien
par Francis Cohen 

Valère Novarina, avec et sans Japon
par Thierry Maré 

Traduire les mots polysémiques et le pronom je dans le théâtre de Valère Novarina : autour de deux aspects spécifiques au japonais
par Yuriko Inoue 

Valère Novarina et son vivier des langues
par Angela Leite Lopes 

Traduire les listes ou essai sur les quatre outils de la traduction
par Leopold von Verschuer 

 

PARTIE IV : UNE ÉCRITURE DU MOUVEMENT

Novarina, l’intranquillité
par Laure Née 

Variations autour de L’Homme hors de lui
par Marie-José Mondzain 

Apologie du renard
par Philippe Barthelet 

Valère Novarina : l’ « entendement par le toucher »
par Isabelle Babin

« Nous n’avons pas de figure du tout » : les correspondances de Dubuffet à Novarina
par Marion Chénetier-Alev 

 

PARTIE V : UNE ÉCRITURE DU PASSAGE ET DU RENVERSEMENT

Une écriture frontalière
par Patrick Suter

« Espace, es-tu là ? » : cartographie des territoires novariniens
par Céline Hersant 

« Suite à la suite de quoi, une mère me nomma » : Valère Novarina, portrait d’un théâtre en enfant
par Sandrine Le Pors 

La rhapsodie du langage
par Marco Baschera

« Un vide est au milieu du langage ». Prière et silence dans Devant la parole de Valère Novarina
par Olivier Dubouclez

 

« Onze pages du carnet rouge »
par Valère Novarina

Postface : Agora Novarina
par Marion Chénetier-Alev et Fabrice Thumerel

 

Index nominum

Les auteurs

5 septembre 2018

[Recherche] Cerisy Novarina : les quatre sens de l’écriture 1/2 (11-13 août 2018)

Voici un aperçu des trois premières journées (11-13 août 2018), photos et enregistrements audios à l’appui. [Lire l’ouverture]

Dans une brillante et très drôle « ethnographie du stade d’action dans le théâtre novarinien », Francis Cohen invite les Valéro-Novariniens à se faire anthropopodulologues afin d’étudier les peuples et les langues qui traversent le Novarimonde…

Cette ouverture singulière fait place à des communications qui ont pour point commun de traiter les notions de « kénose » et de « catharsis » dans des perspectives théologiques, philosophiques et esthétiques : à Constantin Bobas qui y voit une connotation médicale s’oppose la philosophe Marie-José Mondzain, pour qui, par exemple, clarifier n’est pas purger ; si Jean-Luc Steinmetz s’intéresse à la part de vide qui traverse l’homme antédiluvien, Thierry Maré et Enikö Sepsi enrichissent le débat en le plaçant sur la scène orientale (sont évoqués le nô, le vide taoïste et chinois).

Enikö Sepsi et Inhye Hong, qui, pour aborder ces concepts, n’en ont pas moins privilégié la dimension esthétique, sont relayées par Annie Gay, Christine Ramat et Marie Garré-Nicoarã, qui développent pleinement l’aspect dramaturgique : la première, en montrant ce que l’auteur doit aux acteurs, qui lui ont permis de faire passer la rampe à l’impossible du langage ; la deuxième, en se focalisant sur le carnavalesque et la dernière sur les dispositifs marionnettiques, avec à l’appui une riche iconographie. Entretemps, la table ronde sur L’Opérette imaginaire (1998) a mis en lumière les divergences entre les approches française et hongroise du théâtre.

Dès cette première partie du colloque, des quatre sens de/dans l’écriture – dans toutes les acceptions du terme -, prévalent le sens anagogique (« sursens ») ; l’ouïe et la vue ; l’ouest et l’est (Europe de l’est et Orient).

© : Valère Novarina, Les Filles de Loth (1983) ; photos de Ludovic Perchot (respectivement : Marie-José Mondzain, Claude Buchvald, Enikö Sepsi et Zsófia Rideg).

Synopsis

Première séance : Généalogies
â–º Francis Cohen : « Ethnographie du stade d’action dans le théâtre novarinien » ;
â–º Constantin Bobas : « Hypothèses pour une écriture synesthésique d’origine lointaine ».

Deuxième séance : Horizons orientaux
â–º Thierry Maré : « Valère Novarina, avec et sans Japon »
â–º Enikö Sepsi : « Le Rituel kénotique dans les écrits et spectacles de Novarina ».

â–º Lecture de Valère Novarina : un extrait de L’Homme hors de lui, à paraître chez P.O.L en ce mois de septembre 2018

Troisième séance : Origines
â–º Annie Gay : « Entrée dans l’impossible « avec l’acteur comme objet de désir » » ;

â–º Jean-Luc Steinmetz : « L’Antédiluvien ».

Quatrième séance : Table ronde sur L’Opérette imaginaire (1998)
Avec Valère Novarina ; Claude Buchvald et Claude Merlin ; Enikö Sepsi et Zsófia Rideg.

â–º Dialogue avec une langue inconnue (soirée musicale à partir d’Une langue inconnue, parue en 2012 aux éditions Zoé) : Valère Novarina (voix) ; Mathias Lévy (violon).

Cinquième séance : Du carnavalesque
â–º Christine Ramat : « Les Bouffonneries macabres sur la scène novarinienne : un comique rédempteur » ;
â–º Marie Garré-Nicoarã : « Voix et dispositifs marionnettiques dans l’écriture de Novarina ».

Sixième séance : De la colère à la catharsis
â–º Marie-José Mondzain : « Scènes de colère » ;

â–º Inhye Hong : « « Sentiment inconnu » : la porte ouverte sur les catharsis ».

30 juillet 2017

[News] Le Banquet du Livre d’été 2017

Du jeudi 3 au samedi 12 août, un événement extraordinaire à ne pas manquer : RV à Lagrasse…

penser rêver agir

Il faut choisir : se reposer ou être libre (Thucydide)

Depuis quelques années, le Banquet d’été s’interroge sur la place de chacun dans la société, sur ce que peut encore signifier aujourd’hui le « commun », l’être-ensemble.
L’édition de l’été dernier a marqué le début d’un cycle : plusieurs interventions ont pointé l’exigence d’une nouvelle pensée de l’action pour notre monde, traversé par des crises et des questions inédites et aiguës. Le Banquet 2017 fera donc un pas plus avant en questionnant les modalités d’articulation entre penser et agir : des utopies à la confrontation au réel, des idéaux moraux aux exigences, éthiques, pour sa propre existence.
Comment la pensée trouve-t-elle un accomplissement dans l’action ? Comment celle-ci peut-elle conserver en elle l’intention qui l’a initiée ? L’action ne fait-elle que mettre en œuvre ce qui a été préalablement conçu ? L’acte une fois accompli ne transforme-t-il pas la volonté ou le désir dont il procède ? Dans son rapport à l’action, la pensée se réduit-elle au concept ? Ne mobilise-t-elle pas aussi des images, des figures, des modèles, des récits qui peuvent prendre la forme de mythes, de fantasmagories ou d’utopie ? Dans son désir de concrétisation ou même plus simplement d’efficacité, la pensée ne rencontre-t-elle pas sa propre limite sous la forme de la croyance qui, certes, pousse à l’action mais dégrade aussi l’effort de penser ?
Au plan collectif, la politique ne peut se contenter d’être une pure pratique du discours déconnecté de tout souci d’action réelle, ni une manière d’agir, un pur pragmatisme, insouciant de la vérité du discours qu’il déploie pour justifier ses actions. Dans l’histoire, les révolutions font partie des moments où – quels soient les errements ultérieurs – la pensée mise en acte, l’exigence d’une action qui corresponde enfin à la parole cherchent à transcender les impasses du discours politique. C’est cette corrélation de l’acte et de la pensée qui nous intéresse, cette pensée pratique – morale ou politique en un autre sens. Pensée qui s’adosse aussi au rêve, à l’utopie prolongeant la réflexion et suscitant des formes d’action censément neuves mais aussi des mythes et des croyances, idoles encombrantes.

Au cours de ce Banquet, nous réfléchirons à l’exigence d’une conduite juste dans un monde qui ne l’est pas.

UN BANQUET DU LIVRE OUVERT ET MULTIPLE

Le Banquet se déroule dans l’abbaye et le village de Lagrasse, au cœur des Corbières, dans le département de l’Aude. L’abbaye médiévale, l’école, la salle des fêtes et les places du village accueillent les ateliers et les rencontres.

DEUX LIBRAIRIES

LE NOM DE L’HOMME, la librairie permanente de La Maison du Banquet et des générations, installée dans l’abbaye, propose sa sélection de livres de littérature et de sciences humaines, fonds et nouveautés ;
LA LIBRAIRIE DU BANQUET, librairie temporaire organisée le temps de la manifestation par notre partenaire Ombres Blanches de Toulouse. Déployée dans le cellier des moines de l’abbaye, cette librairie exceptionnelle présente tous les livres en rapport direct avec les auteurs invités et le thème abordé ; elle offre une sélection d’ouvrages en littérature contemporaine, philosophie, histoire et sciences humaines, en complément de la librairie permanente. Ouverture de 10h à 20h, tous les jours.

ATELIERS ET SÉMINAIRES

Séminaire inaugural de philosophie, avec Gilles Hanus
Jeudi 3 et vendredi 4 août, L’acte et la pensée. À l’abbaye, cour de la librairie
Séminaire de philosophie de Jean-Claude Milner
Mercredi 9 août (14h-16h). À l’abbaye, boulangerie
Marcher dans la garrigue
À 9h de lundi 7 au jeudi 10 août. Partez sur les sentiers autour de Lagrasse pour une promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. Rendez-vous à l’abbaye
Rebonds
9h, lundi 7 au vendredi 11 août. « Quelques » bâtons rompus avec un des intervenants de la veille. Dans le village. En terrasse à la Porte d’eau
Atelier Cinéma. La Révolution française et le cinéma
9h30, mardi 8 au vendredi 11 août. Projections accompagnées de commentaires-débats avec les cinéastes Jean Narboni et Jacques Comets. À l’abbaye, cellier
Atelier de littérature et civilisation grecque
10h, dimanche 6 au vendredi 11 août. Dominique Larroque-Laborde propose une lecture des chants de L’Iliade, d’Homère. Dans le village, cour de l’école
Atelier de philosophie
11h, mardi 8 au vendredi 11 août. Animé par Françoise Valon, professeur de philosophie. À l’abbaye, cour de la Librairie
Histoire mondiale de Lagrasse
12 h 30, lundi 7 au vendredi 11 août. Par Patrick Boucheron. Dans le village, place de la Mairie, sous la Halle

LES RENCONTRES DE L’ABBAYE

Chaque après-midi, deux rencontres se déroulent avec les auteurs invités.
À 16h et à 18h ; un écrivain, un historien, un scientifique… traite librement de la thématique du Banquet.

LES LECTURES

À la nuit venue, une lecture de textes littéraires, par un des écrivains invités, ou par un comédien.

LES AUTEURS INVITÉS

Emmanuel Adely, écrivain ; La Très Bouleversante Confession de l’Homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté, Inculte, 2014
Jean-Christophe Bailly, écrivain ; L’Élargissement du poème, Bourgois, 2015
Jean-Baptiste Brenet, écrivain, philosophe ; Je fantasme, Verdier, 2017
Patrick Boucheron, historien ; Machiavel, Équateurs Parallèles, 2017
Pierre Caye, philosophe ; Critique de la destruction créatrice, Les Belles Lettres, 2015
Didier Daeninckx, écrivain ; Novellas 2, Le Cherche Midi, 2016
Victor Del Arbol, romancier ; La Veille de presque tout, Actes Sud, 2017
Jean-François Delfraissy, médecin, directeur de l’ANRS, de l’INSERM et du CCNE
Camille de Toledo, écrivain ; Le Livre de la faim et de la soif, Gallimard, 2017
Gilles Hanus, philosophe ; L’Épreuve du collectif, Verdier, 2016
Thierry Hesse, écrivain ; Le Roman impossible, l’Olivier, 2017
René Lévy, philosophe ; Pièces détachées, L’âge d’homme, 2014
Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe ; Relire la Révolution, Verdier, 2016
Céline Minard, écrivain ; Le Grand Jeu, Rivages, 2016
Marie-José Mondzain, philosophe ; Confiscation des mots, des images et du temps, Les Liens qui Libèrent, 2017
Jean Narboni, cinéaste, critique de cinéma ; … Pourquoi les coiffeurs ? Notes actuelles sur le « dictateur », Capricci, 2010
Mathieu Potte-Bonneville, philosophe ; Game of Thrones, Les Prairies ordinaires, 2015
Yann Potin, historien ; Histoire mondiale de la France, collectif d’auteurs, Le Seuil, 2017
Nathalie Quintane, poète, écrivain ; Que faire des classes moyennes ?, P.O.L, 2016
Martin Rueff, poète, philosophe ; Icare cri dans un ciel de craie, Velin, 2008

LE CALENDRIER

Vendredi 4 août
L’inauguration du Banquet du Livre d’été 2017 aura lieu ce vendredi, à 18h30. 
Elle sera suivie, à 21h30, de la lecture de La Nature exposée, de Erri de Luca, par la comédienne Anne Alvaro.

Samedi 5 août

10h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet.
 Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
16h. Camille de Toledo.
 Accueillir l’Aventure.
 Quelle forme a la « demeure » du Quichotte de Cervantès ? Quelle est la texture des murs de sa maison si ce n’est, justement, une texture fictionnelle ? Que peut nous offrir cette « vie picaresque », aux origines du roman moderne, pour déborder et étonner la désespérante litanie des fins dont notre présent est ivre et las ? Le Quichotte, c’est l’histoire d’une vie rêvée, où le rêve ne cesse de refonder le monde, mais c’est plus encore l’histoire d’un homme qui se relève… Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18h. Yann Potin. Rêver d’archives, faire agir l’Histoire.
 Représentations et sociétés contemporaines seraient, selon Jacques Derrida, atteintes d’un « mal d’archive », dont l’ère numérique assurerait la contamination matérielle, sinon morale. Le rêve rétrospectif sur l’Histoire par les archives, dont Michelet fut un des inventeurs, est-il pour autant condamné à n’être qu’un cauchemar ? Chargées, bien malgré elle d’incarner ce qui n’est plus, les archives se pensent et agissent cependant dans un présent irrésistible, qui n’est autre que le passé du futur.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
21h30. Serge Renko. Nulle autre chose ne m’est plaisir, en dehors de toi. Lecture. Le comédien Serge Renko (Les Adieux à la Reine, de Benoît Jacquot, Un Amour de jeunesse, de Mia Hansen-Love…) propose un parcours de lecture, à travers sa bibliothèque, pour y retrouver les échos des utopies, des rêves et de l’engagement…
Chapiteau des jardins de l’abbaye

Dimanche 6 août

10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet.
 Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre. 
Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. École du village
15 h à 20 h. Découverte-dégustation des vins des terroirs de l’Aude. Avec Laurent Jamois, de la cave lagrassienne Les vins sur le fruit. Parvis de l’abbaye
16 h. Marie-José Mondzain. 
Urgence de la radicalité.
 Comment ne pas réduire la radicalité à la « radicalisation » et à la « déradicalisation », aux gestes les plus meurtriers et fanatiques, mais lui rendre toute sa beauté virulente ?
 Marie-José Mondzain est philosophe. Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Pierre Caye.
 Pourquoi y a-t-il de l’agir plutôt que rien ?
 Philosophe, spécialiste de la pensée grecque, directeur de recherche au CNRS, ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, Pierre Caye développe depuis plus de 30 ans une recherche inédite sur les savoirs de l’architecture, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire et, à travers ceux-ci, sur la question de la technique dont il renouvelle en profondeur la généalogie.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30.
 Céline Minard.
 Parcours de lecture.
 Entre les blocs, parcours en chausson. « J’ai envie de vous promener dans les bois, en pensée, en montagne au printemps et dans la neige au travers d’une lecture qui sera faite de grandes parois, parfois liquides, et de petits pitons assez durs.
Dans le paysage que j’aimerais lever, la nature et la règle sont des utopies concrètes, l’engagement une pratique physique, l’assentiment un acte, et le travail des représentations, un vrai chantier. » Chapiteau des jardins de l’abbaye

Lundi 7 août

9 h. Marcher dans la garrigue. Promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. Rendez-vous à l’abbaye
9 h 15. Rebonds. Table ronde avec un des intervenants de la veille. En terrasse, à la Porte d’eau
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet.
 Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. À l’école
11 h. Hommage à Armand Gatti. Un portrait de l’immense créateur pour la collection Un siècle d’écrivains (1997). Un film de Stéphane Gatti et Michel Séonnet.
 Abbaye, boulangerie des moines
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
16 h. Jean-François Delfraissy.
 Professeur de médecine, spécialiste du Sida, nouveau président du Comité National d’éthique. Il a inscrit dans la liste des grandes questions qu’il souhaite traiter celle de la santé des migrants. Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. René Lévy.
 Fin d’acte, prémisse d’intention.
 Philosophe, spécialiste du Talmud, de Saint Paul et de Walter Benjamin :
« Penser est facile, agir est difficile. Agir suivant sa pensée est le plus difficile » Goethe. Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30. Emmanuel Adely.
 Lecture.
 Emmanuel Adely lit ce soir des extraits de son avant dernier ouvrage, La très bouleversante confession de l’homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté, Inculte 2014, Babel poche 2017, un récit embarqué dans la tête du soldat américain qui a tué Oussama Ben Laden…
 Chapiteau des jardins de l’abbaye

Mardi 8 août
9 h. Marcher dans la garrigue. Promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. 
Rendez-vous à l’abbaye
9 h 15. Rebonds. Table ronde avec un des intervenants de la veille. En terrasse à la Porte d’eau
9h30. Atelier Cinéma. La Révolution française.
1788, de Maurice Failevic. Projection suivie d’un débat. Salle des fêtes
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet.
 Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. À l’école

11 h. Atelier de philosophie. Animé par Françoise Valon.
 À l’abbaye, cour de la librairie
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
16 h. Jean-Baptiste Brenet.
 Pourquoi des fantasmes politiques ? 
Penser la politique, soit. Mais la fantasmer ? C’est peut-être l’une des grandes idées de la philosophie arabe. Si l’on songe à Dante, et à son « Banquet », on essaiera de concevoir ceci : que l’action politique requiert un festin d’images. Il est professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il enseigne la philosophie médiévale et arabe.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Jean-Christophe Bailly.
 Vers quoi s’est-on tendu ? Vers quoi se tendre encore ? 
Il y aura bientôt cinquante ans que Mai 68 a eu lieu et pour ceux qui l’ont effectivement traversé la question se pose, non d’une commémoration ou d’un bilan, mais d’une évaluation de ce qui fut réellement tenté, et de ce qui en reste. A quoi avait-on alors vraiment pensé et rêvé ? A quoi s’engage-t-on quand on se soulève et qu’on est porté par une vague ? Et que devient cet engagement, quelles formes peut-il prendre quand la vague retombe et que l’on passe d’un grand
« nous » fictionné à une scène pronominale errante ? Le passage d’une hypothèse collective à une forme de vie retirée (non militante) est-il une fatalité, une trahison – ou une issue : une chance ? Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30. Thierry Hesse.
 Lecture.
 Le Roman impossible. Comment faire (un) roman ?
Roman : continuité et cohérence, dit-on. Mais s’il n’y a plus de cohésion possible ? Si le monde se trouve violemment déboîté, divisé, et ne fait plus « roman », quel roman j’écrirai ? Et lequel je lirai ?

Mercredi 9 août
9 h. Marcher dans la garrigue. Promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. Rendez-vous à l’abbaye
9 h 15. Rebonds. Table ronde avec un des intervenants de la veille. En terrasse, à la Porte d’eau
9h30. Atelier Cinéma. La Révolution française. 
La Marseillaise, de Jean Renoir. Projection suivie d’un débat. Salle des fêtes
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet. Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque par Dominique Larroque-Laborde. À l’école
11 h. Atelier de philosophie par Françoise Valon. À l’abbaye, cour de la librairie
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
14 h. Le séminaire de Jean-Claude Milner. Jean-Claude Milner reprendra Relire la Révolution et répondra aux questions que soulève son livre. Si nécessaire, il abordera également son dernier ouvrage Considérations sur la France. Entrée libre, mais inscription obligatoire.
 Abbaye, boulangerie des Moines
16 h. Mathieu Potte-Bonneville.
 Recommencer.
 Recommencer n’est, au sens strict, ni commencer, ni répéter, ni poursuivre : on ne se soucie de recommencement qu’après avoir renoncé à la fraîcheur des aubes, cessé de compter sur des élans qu’il suffirait de prolonger, appris à ses dépens combien ornières, compulsions et rengaines reviennent toujours au même. Qu’il faille pourtant commencer de nouveau, une nouvelle fois, est peut-être la tâche de notre temps, dans l’ordre existentiel non moins que politique. Mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire – une nouvelle fois ? On partira en quête, dans la philosophie ou les diverses formes de la fiction, de quelques modèles et de quelques maximes pour cette étrange ambition.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Victor del Arbol. 
Au-delà de l’Histoire, les écrivains de l’expérience.
 La mémoire se construit, mais l’Histoire se manipule. Un petit voyage entre les pages d’Albert Camus, Vassili Grossman, Dostoïevski.
L’auteur de La Tristesse du Samouraï (Actes Sud) traduit en une douzaine de langues et best-seller en France pose l‘engagement et la responsabilité au cœur de chacun de ses livres.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30. Nathalie Quintane.
 Lecture en direct de l’espoir.
 « Je m’appelle encore Nathalie Quintane. Je n’ai pas changé de date de naissance. J’habite toujours au même endroit. Je suis peu nombreuse mais je suis décidée. » Cette lecture commencera par un texte intitulé Le suicide des classes moyennes, mais ne s’arrêtera pas là. Chapiteau des jardins de l’abbaye

Jeudi 10 août
9 h. Marcher dans la garrigue. Promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. Rendez-vous à l’abbaye
9 h 15. Rebonds. Table ronde avec un des intervenants de la veille. En terrasse, à la Porte d’eau
9h30. Atelier Cinéma. La Révolution française.
 L’Anglaise et le Duc, d’Éric Rohmer. Projection suivie d’un débat. Salle des fêtes
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet. Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. À l’école
11 h. Atelier de philosophie. Animé par Françoise Valon. À l’abbaye, cour de la librairie
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
16 h. Martin Rueff. 
L’impératif présent. 
Pour penser « l’impératif présent », à la conjoncture des trois verbes (penser rêver agir), pour penser, après Adorno les conditions d’une vie juste dans la vie fausse, il faut prendre la mesure de ce que l’impératif nous invite à penser. Ce serait une des conditions d’une politique par provision.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Jean-Claude Milner. 
Unité nationale et dissimulation de la vérité.
 Notre pays a-t-il besoin de mensonges pour subsister ? Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30. Débat.
 Deux maîtres du roman noir européen, Didier Daeninckx et Victor del Arbol, débattent des enjeux de l’histoire dans leur propre œuvre.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye

Vendredi 11 août
9 h 15. Rebonds. Table ronde
avec un des intervenants de la veille. En terrasse, à la Porte d’eau
9h30. Atelier Cinéma. La Révolution française.
 Débat sur la Révolution française au cinéma, avec Jean-Claude Milner et Patrick Boucheron. Salle des fêtes
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h.
Cycle vidéo du Banquet. Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre. 
Abbaye, Boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. À l’école
11 h. Atelier de philosophie. Animé par Françoise Valon. À l’abbaye, cour de la librairie
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
16 h. Gilles Hanus. 
Envisager le réel. 
Penser, rêver, agir : trois manières de se rapporter au réel, trois voies par lesquelles notre conscience et notre volonté se confrontent avec ce qui est, pour le comprendre, en nourrir notre imagination ou tâcher d’y graver quelque chose de notre volonté. Il sera question de penser la différence et l’articulation de ces trois modalités.
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Didier Daeninckx.
 Quand l’utopie surgit des ténèbres.
 Saint-Alban, Lozère, hiver 1943.
 Au plus froid de l’hiver, au plus noir de la nuit, deux personnages d’exception, Lucien Bonnafé et François Tosquelles, vont faire d’un lieu de relégation le théâtre d’un bouleversement du monde. L’asile psychiatrique de Saint-Alban va devenir le symbole de la résistance à la folie du monde. Sous le regard attentif et complice de Paul et Nush Éluard, de Denise Glaser, de Georges Canguilhem et de quelques dizaines de professeurs, de biologistes qui partagent les dortoirs des déments pour échapper à la solution finale.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
22 h. La nuit de l’Iliade.
 Pour clore ce Banquet, une lecture intégrale du texte d’Homère.
Jusqu’à épuisement du texte (demain un peu avant midi ?). Les habitants de Lagrasse et les habitués du Banquet vont se relayer, toute la nuit, pour porter le texte d’Homère. Jusqu’à son terme.

La nuit de l’Iliade

Vendredi 11 août 
à partir de 22 heures
Lire l’Iliade aujourd’hui, c’est retrouver un texte qui a fécondé toute notre littérature. De l’Énéide, du Romain Virgile, à Une Rançon, de l’Australien David Malouf (Albin Michel, 2013), combien sont-ils à s’être inspirés de l’Iliade ? Combien sont-ils à l’avoir lue, traduite, commentée, reprise ? [Du Bellay, Racine, Giono, Simone Weil, Rachel Bespaloff et avant eux Sophocle et Euripide, et après eux Jean-Pierre Vernant (La traversée des frontières), Jacqueline de Romilly (Hector), Alberto Manguel (L’Iliade et l’Odyssée)… Pour n’en citer que quelques-uns, car ils sont innombrables, à en avoir été marqués pour la vie…]. Lire l’Iliade aujourd’hui, parce que « le poème de la force » (S. Weil), de la quête virile de gloire, de la guerre totale, est aussi le poème du deuil, de la compassion, de l’humanité. « Va, mon ami, meurs à ton tour… » dit Achille à Lycaon, son ennemi (chant 21). Et le poète de noter : « C’est par centaines qu’en ce jour, Troyens et Achéens, le front dans la poussière, côte à côte étaient étendus » (chant 4).
« De tels détails, on a beau s’en souvenir, on est saisi par l’émotion lorsque le poème les détache sur la grande fresque de la guerre et de la mort », écrit Olivier Rolin (« En relisant l’Iliade », Bric et broc, Verdier, 2011).
Citons avec lui Italo Calvino (Pourquoi lire les classiques, Points Seuil, 1989) : « On appelle classique un livre qui, à l’instar des anciens talismans, se présente comme un équivalent de l’univers ».
Lire l’Iliade aujourd’hui, pour que cet été, à Lagrasse, elle soit sinon chantée, comme en Grèce, au moins dite, par une centaine de nos voix.
Dominique Larroque-Laborde et Mélanie Traversier ont préparé cette lecture. Sous le grand chapiteau, dans les jardins de l’abbaye, les lecteurs, amateurs et professionnels, vont se succéder toute la nuit pour porter le texte d’Homère.
Tout le monde peut lire, il suffit de s’inscrire à l’accueil du Banquet ou sur le site : www.lamaisondubanquet.fr, en téléchargeant le bulletin ici. Des litres de café, mais aussi d’ouzo, sont prévus pour accompagner un superbe buffet grec.

 

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