Libr-critique

2 mai 2018

[News] Poésie et performance aujourd’hui

Libr-critique vous invite à une soirée organisée par Remue.net à la Maison de la poésie le mercredi 23 mai (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris : tarif : 5 € / adhérent : 0 €) : c’est dans trois semaines tout juste… il est donc temps de s’inscrire : ici

Rencontre & performance 

Mercredi 23 mai – 20h 

« Poésie & performance aujourd’hui »

Gaëlle Théval & Mathias Richard

Rencontre animée par Fabrice Thumerel 

En un XXIesiècle où tout festival et toute soirée poétique de bon ton affichent des performances, où tout tend à devenir performance, qu’en est-il véritablement de ce que l’on appelle « performance » dans l’espace poétique actuel ? En quoi se différencie-t-elle d’une simple lecture, d’un one-man-show, voire d’une saynète ? Toute action publique et éphémère est-elle performance ? « Que fait la performance à la poésie ? » (Abigail Lang).

 

Poésie sonore, poésie-action, poésie orale, happening, poésie pop, audio-poésie, vidéo-poésie, poésie sonique, poésie scénique, lecture-performance, poésie-performance… Que signifient ces appellations ? Quels sont leurs rapports effectifs à la performance poétique ?

Quelles pratiques aujourd’hui, verbales et non verbales ? Quelles lignées ? Quelles lignes de force ? Quels noms ?

 

C’est ce dont nous débattrons avec Gaëlle Théval, universitaire et critique spécialisée dans les poésies expérimentales, auteure de Poésies ready-made(2015), qui vient de publier avec Olivier Penot-Lacassagne le volume collectif Poésie & Performance (2018). Participera également à la discussion, après sa performance, Mathias Richard, chef de file du mutantisme, cet avant-gardisme qui se nourrit de nouveaux imaginaires (SF, jeux vidéos, etc.) et nouvelles techniques au carrefour de la performance, de la poésie sonore et de la poésie multimédia, tout en s’érigeant à l’encontre des dérives ultra modernistes : nous aurons le plaisir d’apprécier avec nos yeux, nos oreilles et notre imagination ces pratiques originales. 

 

À lire – Olivier Penot-Lacassagne & Gaëlle Théval, Poésie & Performance, éditions Cécile Defaut, 2018.

 

Mathias Richard et alii, Manifeste mutantiste1.1, Caméras animales, 2011 ;
Mathias Richard, Mutantisme : patch 1.2, Caméras animales, 2016 ;
– syn-t.ext, Tituli, 2016.

  

14 juillet 2017

[Texte] Mathias Richard, Prenssée G

Suite des "prenssées" de Mathias Richard, l’auteur du Manifeste mutantiste : patch 1.2 et de syn-t. ext [sur LC]. [Lire "prenssée #f"].

Titre du texte : 06 95 27 19 55 / Je supprime régulièrement mes amis. / la bonne odeur d’herbes coupées des TERRAIN MILITAIRE : DEFENSE D’ENTRER / Je veux du soleil. Je ne dois pas me porter bien. Beaucoup, beaucoup de soleil. Devenir vraiment malade. Du soleil sur moi, qui me baigne, partout, de sa chaleur. Rester malade. Devenir plus malade. / des pensées se mêlent ensemble alors qu’elles ne devraient pas être mélangées les unes aux autres / J’ai jamais aussi bien baisé de ma vie. Mais c’était pas avec la bonne personne. / on renverse le contenu des tiroirs pour les mélanger ensemble / les folies s’interpénètrent, interagissent / Il faut s’ouvrir l’un à l’autre de tous ses tentacules. / derrière mon pansement, j’ai un vagin sur l’avant-bras / Est-ce que mon fœtus peut tomber enceinte. Réponse oui si c’est une fille. / Il y a un conflit entre ma cicatrisation et ma respiration. /

 

JE VEUX ACHETER DES AUTOMATISMES

JE VEUX ACHETER DES NOUVEAUX AUTOMATISMES

 

JE VEUX ACHETER DES AUTOMATISMES

DES NOUVEAUX AUTOMATISMES

 

du corps acéphale surgit une tête chiée

(l’anus-chie-tête, on l’appelle) / Il reste 37 secondes pour changer votre façon de penser.

 

Comment :

mentir.

Comment :

tirer.

Comment :

réfléchir.

Comment :

chier.

 

l’accouchement par l’orgasme | la première éjaculation : la première fois qu’un certain passage est emprunté dans le corps | Notre corps brille dans le noir, d’une lumière 1000 fois plus faible que celle que notre œil peut percevoir. | Je me dessine sur le regard un gigantesque 8 lumineux pour ne pas voir autre chose. | L’enseignement par hypnose fonctionne et deviendra généralisé à partir de la rentrée prochaine. | Je n’ai plus confiance en toi, je te libère de ma confiance.

 

toute la nuit est finie

la nuit entière est finie

toute la nuit est finie entièrement

toute la nuit entière est finie

toute la nuit est entièrement finie

 

Les camions poubelles sont mon opéra. / Aujourd’hui les fifilles sont épanouies comme des fleufleurs. / Haute comme 3 pommes, elle a fait 100 pas. (Soit 300 pommes.) / Son poème favori est un billet de 500€. / La fille porte un t-shirt « Je suis une bombe, Jihad, née le 11 septembre. » | Tu as tellement de rides que t’as des sourires dans ton sourire. | Seul, de la manière la plus terrifiante, et tu n’es pas la personne que tu voudrais être. | un corps composé de culs, un corps tout en cul, en calculs de cul ; un corps de culs | je tu il dans les elles | la vie monte et déborde sous forme de gestes | ça hurle sous ma peau, en moi, dans ce que je suis | panique attentat quoi faire je sais pas | j’ai pas le temps de naître | Souvent les choses ne sont pas une question de temps mais d’élan.

 

j’aimerais en fait pouvoir fumer en continu

aspirer et que cela soit bon, mais sans fumer,

juste avoir la sensation de fumer mais sans fumer juste en sentant le passage de l’air

cela s’appelle respirer

fumer, mais sans fumer, juste en respirant

28 juin 2017

[Texte] Mathias Richard, Prenssée F : on appuie sur tous les boutons

Suite des "prenssées" de Mathias Richard, l’auteur du Manifeste mutantiste : patch 1.2 et de syn-t. ext [sur LC]. [Lire "prenssée #e"].

laboratoire de folie contrôlée Ici sont menées depuis ONZE ans des recherches pionnières sur la CONSCIENCE, ayant fait l’objet de plus de 270 publications.

 

Vous n’avez pas besoin de LIRE pour comprendre ce texte. Ceci est une escroquerie. La méthode permet de doubler votre temps – quoi que vous fassiez. Le virement sur votre compte bancaire est en cours. Un cerveau ça sert PAS à PENSER, ÇA SERT À AGIR. J’envoie des SMS mentaux et les gens les reçoivent. Ma tête est piratée, comment récupérer mon compte ?

 

La dure réalité me frappe. Je vais passer le reste de ma vie comme cela – totalement seul. Une vie c’est vrai c’est court, mais d’une certaine autre manière c’est long, il y a beaucoup de jours. Et beaucoup de minutes dans chaque jour. regarder un film encore plus triste que moi, ça va équilibrer tu crois ? Je cherche à me créer les déceptions les plus fortes possibles. Ici j’ai vu tant de cloportes ne souhaitant qu’une seule chose : ramper hors de toute lumière, se vautrer dans l’immondice, y vivre, y prospérer, bafouer avec impunité. centaines de milliers de logements en série, que leur numéro seul permet de distinguer Elle se promène avec des sacs en plastique remplis de sacs en plastique. Barbecue, sèche-cheveux, épilateur… Les indispensables pour l’été

 

8 mini objets Femme chocolat Glaces maison onctueuses au micro-ondes en 5 min, Hommes éviter la panne de batterie 5 Pièges Beauté du lave-vaisselle, Changement d’heure : les clés pour choisir des œuvres fleurissent à l’infini, sans regard pour se poser dessus Nazisme Inceste Nadine Morano Cocaïne Sextoy Porno gay Shakira Marine Le Pen Théorie des cordes Rouler un joint Pokemon Photos de bite Pute de luxe Comment se suicider ? Francis Lalanne Clochard Incinération Pétain Cannabis Youporn Bombe Artisanale GHB Viagra Overdose Twerk Secret Story Hollande Démission C’est un beau jour pour survivre. Nous cherchons 1/ des commerciaux terrain, 2/ des agents de sécurité, 3/ des gardiens de prison.

 

à force de sillonner une ville en vélo, je fusionne avec elle elle se métamorphose en orchidées multicolores, en fleurs de mer ondoyantes, en lys qui s’élèvent comme des spirales Il me reste encore la pellicule de la nuit dernière. Sur la peau. OUI=NOUS Toutes ses qualités sont des mensonges. Je visionne la publicité d’une publicité. NOUS ça veut dire OUI j’ai perdu des dizaines de yeux aujourd’hui OUI ça veut dire NOUS des yeux de whisky : des yeux de vodka : des yeux de bière : des yeux de vin en anglais nous ça se dit oui La nuit s’est pelliculée sur ma peau. je me ronge les angles Je veux dire que tout se passe comme si mon univers ENTIER, tous les lieux où j’ai vécu se trouvaient enfoncés si profond dans ma tête que je ne sache plus où. Et puis tout à coup, ça grandit, ça grandit. C’est grand comme une chambre, puis grand comme un village et ce soir… eh bien, grand comme… Beaucoup plus grand quoi.

 

Comportements et pensées conditionnées par l’architecture. Dans les civilisations sans vaisseaux spatiaux, les rêves se tarissent. Voici une civilisation d’obèses hypersexualisés immatures passant leur temps à se divertir. il y a une faille dans ma structure, que j’essaie de combler par des addictions fumer une cigarette électronique en buvant un déca : impression de fake l’œil et le cœur, deux mots avec des e dans l’o qui reviennent tout le temps

et nœuds aussi

et fœtus

(et œuvres)

– Tu m’as respiré mon air ! – Vous pourrez le mettre sur ma note, heu… sur ma tombe.

 



14 juin 2017

[Texte] Mathias Richard, Prenssée #e

Suite des "prenssées" de Mathias Richard, l’auteur du Manifeste mutantiste : patch 1.2 et de syn-t. ext [sur LC]. [Lire "prenssée #d"]. Photo : © Khalid EL Morabethi.

C’est très difficile de réussir à ne rien dire. | Je couvre de noir uni les mots et toutes leurs significations. | En combinant tous les discours du monde, on aboutit à une voix qui articule quelque chose.

 

Notre service est indisponible tous les jours de 00:00 à 24:00.

Nous vous invitons à nous contacter ultérieurement.

À très bientôt.

 

La Terre est un gibet. | animhomm | pur vide | 1 million d’années pour se rendre à la planète habitable la plus proche. | La seule vérité à laquelle on accède par une conscience aiguë, c’est l’urgence et la nécessité du suicide. | Il n’y a pas de lumière. | Il y a toujours pire que pire. | Le héros finit sa vie seul, constamment couché, en regardant des vidéos de Laurel et Hardy. | Le monde pullule de sous-merdes et petites raclures protégées par la civilisation. | Il n’est pas possible d’être un héros quand il n’y a personne qui vaille la peine d’être sauvé. | Conçu et né dans des films X : un corps étranger à son propre corps : sort de son propre corps

 

Un homme se penche, haut d’un kilomètre. Il force à lire des livres traitant de l’évolution des espèces, de sociologie et d’anthropologie, de mythologie et de biologie. | Il y a des morceaux qui s’ajoutent. Je ne suis pas fini. Je veux un livre sur le genre d’animal que je suis, une fois qu’il est terminé. | Dans une revue, on dit que la prochaine étape de l’évolution chez l’homme est psychique plutôt que physique. | Être capable d’extraire ses rêves et les mécaniser.

 

Les services secrets, les agents de surveillance, eh ben moi je prends ça comme un public. 

Les services secrets, les agents de surveillance, tu sais ceux qui écoutent les conversations téléphoniques, qui lisent les mails et regardent ton ordinateur, eh ben moi j’aime bien, je me dis que ça me fait un public (un public captif, même).

 

Je me méfie un peu des gens qui veulent avoir des rapports sexuels politiquement corrects. | On a une belle manière de pas être ensemble. | Ici, je suis un sous-sous-locataire. | Toi qui dit ne pas m’aimer, tu m’aimes mieux que celles qui disent m’aimer. | Je voudrais que mes amis soient comme le soleil, la mer, ou la montagne : des certitudes, des choses solides. | maman me lavait les oreilles avec sa langue parfois | papa léchait mes blessures aux genoux parfois | Des corps dans les rues. Des corps sur les marches d’escalier. Des corps dans les photographies de journaux. | 48 décapitations à 13. Le vainqueur est… | Est-ce que je peux être plus en vie que ça svp ? | Je suis né quelque part et j’ai poussé comme de la mauvaise herbe, comme j’ai pu, en regardant ailleurs. | On confond sa tumeur avec une pensée. | Une sensation d’intimité avec les chiens m’envahit, quand le vent porte l’odeur d’une merde à mes narines. | Déjà fait, de dire : « déjà fait ». | Il articule "Quand est-ce qu’on baise ?", puis meurt.

23 juillet 2016

[Chroniques-livres] La révolution mutantiste est en marche

Après un premier manifeste collectif, Manifeste mutantiste [blog Mutantisme], voici le deuxième qu’on attendait, accompagné d’un volume de syntextes signé du seul Mathias Richard : cette simple présentation sera suivie d’une étude plus approfondie.

Mutantisme : patch 1.2, Caméras animales, 2016, 324 pages, 20 €, ISBN : 978-2-9520493-8-2 ; Mathias Richard, syn-t.ext, éditions Tituli, 2016, 248 pages, 15 €, ISBN : 978-2-37365-049-5.

"Le travail poétique est un chemin qui peut nous mener à la connaissance de la réalité extérieure" (Mutantisme, p. 58).

Le postulat fondamental du mouvement : à la mutation anthropologique que nous sommes en train de vivre doit correspondre une révolution artistique à même de la comprendre et de l’accompagner. Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que le mutantisme s’inscrive en droite ligne des avant-gardes : recours au manifeste, éthique et esthétique de la rupture [voir « Pour un déclin du mot "roman" »]… sortie de la littérature, du style, de l’expressivité : "Je n’écris pas, je copie. Ma bouche ne veut pas parler" (56). Désormais, place aux protocoles d’une création plus ou moins collective.

Le mutantisme est un avant-gardisme qui se nourrit de nouveaux imaginaires (heroic fantasy, SF, jeux vidéos…). Ce qui ne l’empêche pas de s’ériger à l’encontre des dérives ultra modernistes : "le mutantisme : une nouvelle manière d’être inadapté à un univers qui est une gigantesque boule de négativité, une pyramide de désespoir"… L’alliance des contraires est du reste souvent recherchée : hommes / machines, animalité / technicité… [Cf. "Poéscience dans la Préhistoire électronique"];

Face au flux d’images et de discours qui constitue désormais notre monde, bon nombre d’écrivains jugent salutaires tous types de recyclage (cut up et échantillonnages divers) ; pour sa part, Mathias Richard a mis au point la technique du syntexte, au carrefour de la performance, de la poésie sonore, de la poésie multimedia… À vous de découvrir, Libr-lecteurs : pour avoir un très large aperçu de ce processus créatif, il suffit de taper dans le moteur de recherche ci-dessus (en haut, à droite) "amatemp" ou "syntexte".

1 mars 2016

[Création] Mathias Richard, prenssée #d

À l’occasion de la sortie de Mutantisme : patch 1.2, voici une nouvelle "prenssée", extraite d’une série inédite de syntextes qui interroge nos représentations dans de singuliers télescopages de flux mentaux. ["prenssée #c"]

 

– Je suis OK pour tripler ma vitesse de lecture.

 

ENTRACTE

reprise du film dans

00:03

 

On est forcé d’agir à l’intérieur d’une personne. | La tête est libre de droits. | je suis piraté donc je suis | compressez les codes militaires extraterrestres | Le corps, comme une pieuvre, absorbe tout ce qu’il rencontre. | chaque seconde goutte en souffle | je bois dans les pas des cafards | je m’étonne en moi-même le courage que j’ai | D’après des études anatomiques, un corps debout est capable de plus de violence. |

 

Je pense beaucoup.

Toute la journée.

Du matin au soir.

Tu penses beaucoup, tu penses trop” on m’a dit parfois.

Je produis 30000 pensées par jour. J’exsude plutôt, c’est une sécrétion, c’est comme de la transpiration, de la vie qui pousse.

Avec le temps je développe des moyens temporaires de ne pas penser : s’abrutir, se saouler, faire du sport, baiser si l’on peut, se plonger dans la musique (mais ça en suscite aussi), regarder des séries à la chaîne pour arrêter toute activité mentale personnelle.

Je suis quelqu’un de très présent. Je suis quelqu’un d’extrêmement présent.

Ma qualité principale est la présence.

Je ne suis pas absent.

J’ai envie de parler à personne alors je t’appelle.

Dur constat avec le temps : personne n’est à la recherche de ce que je recherche.

La vie parmi les humains est un long racket.

Tout le monde rêve d’être mort.

C’est une réalité qui existe, mais de justesse.

Ce que je considère comme de l’espoir, tu le considères comme du désespoir.

 

Quand je te vois, je ne comprends pas que tu es beau. C’est en regardant les photos que je m’en rends compte.

Je ne comprends pas ce que me disent mes yeux. Je suis obligé de prendre des photos pour comprendre ce qui m’entoure.

Je ne sais pas ce que je vois avec mes yeux. Je suis obligé de prendre des photos pour comprendre ce que je vois.

Je ne comprends pas ce que je vois. c’est pour quoi je prends tout le temps des photos : elles sont un périscope, des caméras remplaçant mes yeux, et ce sont les seules informations visuelles sur ce qui m’entoure, que je comprends.

 

Chaque jour sera un nouveau jour, jusqu’à épuisement. | son visage énorme, aux yeux globuleux, suant, alcoolisé, m’assène fiévreusement, en très gros plan, répétant plusieurs fois yeux dans les yeux : "LES MARSEILLAISES, SI TU LES BAISES PAS, ELLES T’ENCULENT !" | j’aime aussi faut dire, faut pas croire faut dire faut faire quoi elle a dit?!!! | j’ai failli, j’ai pu faillir mais j’ai pas fait | j’écricacajouis, chère Suzy | C’est simple : soit ça marche, soit ça marche pas (ça serait plus simple si c’était plus simple) | faites le signe « cœur avec les mains », puis les guillemets avec les doigts | J’aime la lumière. Mais le problème c’est qu’avec la lumière, y a des gens aussi. |

Aujourd’hui c’est la Journée de la Nuit | On va voir les arbres

jouer dans le parc.

créer langage qui rend :: l’impossibilité de toute communication :: encore plus palpable | : pour une poésie sonore intérieure | Mélanie

aime la nuit. | C’est une fille pleine de vide. | Elle est inquiète car sa vie est trop grande. | Elle est triste même quand elle rit. Elle est triste de ne pas être assez triste. | "Ne t’inquiète pas, c’est pas chargé" furent ses dernières paroles.

 

"je dois…

parler…

aux extraterrestres…"

 

des pigeons jouent au ping pong | La ville est une mère. La pièce est un vagin, une matrice. Les murs sont du placenta. La foule est une matière, un décor, une notion intégrée. | L’intérieur de mes chaussures est tapissé d’insectes vivants et morts. Je les écrase lentement tandis qu’ils m’infusent leur venin et crochets. | L’objet que vous avez aimé ne peut plus être aimé. | Le numéro que vous avez composé n’est plus en service, et il n’y a pas de nouveau numéro. | Laissez-moi faire de vous un lecteur rapide. | En cas d’urgence, cassez tout.

 

 

11 septembre 2015

[Texte] Mathias Richard, Prenssée #c – complexité nouvelle

Nous sommes très heureux d’accueillir une nouvelle série de syntextes, "prenssées" – signées Mathias Richard, qui prépare une suite au Manifeste du mutantisme. Mathias Richard : celui que les poètes mêmes ont détourné de la poésie… Ici, le texte-machine – l’agencement répétitif – fonctionne comme interface critique entre l’espace du dedans et le monde ambiant.

 

Merci

de ne pas

 

pogoter

 

ou

 

slammer

 

ou

 

plonger dans la foule

 

pendant

 

la lecture :

 

1/ fuck les boches bande d’enculer peno non siffler viole leur mére a ses fils de pute qu’il se face trouer le cul par les brésillien

 

2/ Laurent Ruquier coup d’état |+| ignorance = élite |+| LS3D |+| Église : à louer. |+| né-mort =

Pense aux douleurs que tu n’as pas

et réjouis-toi.

Pense à toutes les douleurs que tu n’as pas

et réjouis-toi.

 

3/ du bruit. partout du bruit. de la vie partout, entassée.

C’est la vie la plus étrange que j’ai jamais eue.

Mettre des bouchons d’oreille développe mon ouïe, la rend encore plus aiguë.

le bruit de la rue couvre le bruit de ma tête

: bouchons d’oreille + musique agressive répétitive (aggrotech) + vrombissement de machine (climatiseur) : bruit continu de protection

Aidez-moi à ne pas penser.

Je n’ai pas de derniers mots. Je suis prêt.

 

4/ Je suis un artiste. Pour moi, cela veut dire que je sens tout très fort, et que je dois développer des techniques pour m’exprimer.

Je travaille mon corps, je travaille ma voix, je travaille mes mots, je travaille ma pensée, tout va ensemble.

 

5/ Tout le monde veut s’échapper de la liberté pour s’enfermer dans une bonne vieille prison.

Vive les territoires

non organisés.

Vive les personnes

non humaines.

 

Manifestation : CORPS, PARTOUT ! / VISAGE, NULLE PART !

Contre-manifestation : VISAGE, PARTOUT ! / CORPS, NULLE PART !

Tête-tentacule. Têtentacule.

Tête-tentacule. Têtentacules, têtentacules.

 

6/ Ce livre est un trou noir. A chaque fois tu l’ouvres en te disant que tu y passes une heure. A chaque fois tu te réveilles l’après-midi du lendemain en te demandant ce qu’il s’est passé.

 

Cette personne est un trou noir. A chaque fois tu la vois en te disant que c’est pour une heure. A chaque fois tu te réveilles l’après-midi du lendemain, mélangé de morceaux partis dans d’autres dimensions, en te demandant ce qu’il s’est passé.

 

Ce lieu est un trou noir. Tu en franchis la porte en te disant que tu y passes une heure. Tu te réveilles l’après-midi du lendemain, essayant de retrouver tes morceaux partis dans des dimensions parallèles.

 

Cette machine est un trou noir.

 

7/ Quand tu es là, cela calme une douleur. Une douleur que je ne savais pas que j’avais.

Une douleur à laquelle j’étais tant habitué, que je croyais qu’elle était toute la vie. Une douleur que je ne voyais pas, car je croyais qu’il n’y avait pas autre chose, elle était mon tout ; ma normalité.

Quand tu es là, je réalise que je souffrais.

 

Quand tu es là, cela calme une douleur dont je ne m’apercevais pas. Une douleur dont je n’avais pas conscience tant elle est continue, tant j’y suis habitué.

 

Tu es le remède à une maladie que je ne savais pas que j’avais.

Et quand tu disparais je m’effondre tout est déréglé.

 

Quand tu es là, cela révèle un manque que je ne savais pas que j’avais.

 

8/ Quand nous mourons, les autres, que nous avons intériorisés dans notre système nerveux, qui nous ont construits, qui ont construit notre cerveau, qui l’ont rempli, meurent.

Quand nous mourons, les autres meurent.

 

Chacun porte une histoire, une vie complexe comme un rêve. Chacun porte une expérience incommunicable justifiant ses actes et désirs, et disparaissant avec lui.

Quand quelqu’un meurt, le monde meurt.

Quand quelqu’un meurt, tout disparaît.

Nous évoluons parmi des milliards et milliards de mondes disparus, présents, apparaissants, des milliards d’expériences intérieures que nous n’imaginons pas, dans le passé, dans le présent, dans le futur.

 

9/ Émerge alors une nouvelle religion, la religion la plus jeune du monde. Elle rajeunit sans cesse, comme l’eau vive lumineuse d’une source ou d’une fontaine eximplosant dans une simultanéité de jaillissement et de retour immédiat vers l’origine de ce jaillissement.

 

10/ L’homme allume France Info et se suicide 7mn plus tard.

 

Ce peuple n’a pas été vaincu par la violence ou la coercition, mais par le confort.

Le Poème Pédagogique consiste à infliger une torture ininterrompue.

j’ai des fleurs partout à l’intérieur

rééduquées par la torture

 

11/ En résumé, on est né, on est mort.

Chuis né, chuis mort.

T’es née, t’es morte. T’es né, t’es mort.

La vie est de la survie

et la survie

est tout ce qu’on connaît.

On fait de la peinture avec la pollution.

France Info = Suicide, France Info Balle Dans La Tête !

Est-ce qu’on a déjà vu de la drogue se droguer elle-même ?

J’aimerais perdre la conscience : -ici-

faut faire pas penser

faut faire, pas penser

pas penser pas penser pas penser

faut faire, pas penser… (ad lib)

 

1 juillet 2015

[Texte] Mathias Richard, prenssée #b

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 20:11

Nous sommes très heureux d’accueillir une nouvelle série de syntextes, "prenssées" – signées Mathias Richard, qui prépare une suite au Manifeste du mutantisme. Mathias Richard : celui que les poètes mêmes ont détourné de la poésie…

 

Je suis attaché à une certaine forme de déception.

 

avec l’âge, on apprend que l’on peut continuer à être déçu,

de façon perpétuellement renouvelée

 

le monde est toujours un peu plus décevant qu’on imagine

Le monde déplace sans cesse la notion de déception

 

Je suis attaché à une certaine exigence de la déception.

 

 

Tout le monde a quelqu’un à qui parler, sauf moi.

Tout le monde a quelque chose à faire, sauf moi.

Tout le monde a quelqu’un à qui parler, sauf moi.

Tout le monde a quelque chose à faire, sauf moi.

Sauve-moi.

Sauve-moi.

 

ça va…

pas très bien

Moi chuis pas du genre à rencontrer des gens.

j’aime pas quand toi plus triste que moi

je suis là moi, tu sais

Je t’appelle pour t’appeler et donc je t’appelle.

ça me fait bien

C’est pas pas grand chose.

C’est pas pas cher.

C’est pas si faux.

ça me fait bien

j’ai chaud, j’ai froid

je sais pas où je va

je ne comprends rien mais je te salue

 

j’ai pas le wifi dans ma tête

 

j’ai planté mes ennuis dans la terre

et ça a poussé

 

y a des singes qui nous homment

 

Merci Dieu, à + !

13 juin 2015

[Texte] Mathias Richard, prenssée #a

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 17:25

Nous sommes très heureux d’accueillir une nouvelle série de syntextes, "prenssées" – signées Mathias Richard, qui prépare une suite au Manifeste du mutantisme. Mathias Richard : celui que les poètes mêmes ont détourné de la poésie…

 

 Point de départ : ouvrir une brèche. Où l’ouvrir ? N’importe où.

 

un jour je me suis réveillée | hack : OK |

et j’étais là | mi-femme, mi-MST | des roses rouges dans la cuvette des toilettes | au terminus de cette ligne (la ligne de bus n°40) appelé "La Solitude" | sans tatouages, sans piercings : feuille blanche, tableau noir (veux pas me figer) | sculpture vivante sonore | la musique est le sexe du son : j’a musique place sexe | masques anti-pollution : rupture de stock | Tous les sous-titres sont mélangés. | Le muscle, la tête, le cœur.

Se concentrer sur.

Mettre la main dessus.

Y penser.

| Ceux qui sont jeunes, avec le temps deviennent de plus en plus jeunes. | Et si on tombait dans une minute de plusieurs années ? | Séjourner dans l’espace déforme le cœur des astronautes. | on a 4 paupières, 2 en haut et 2 en bas | Ta chatte est googlée dans 15 langues. | L’Inde reconnaît les dauphins comme "personnes non humaines". | Un cerveau ça ne sert pas à penser, ça sert à agir. | l’information double tous les 9 mois ! | Convertir un fichier à l’Islam | Notre résolution donne naissance à la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation. | C’est tellement cool que c’en est incompatible avec la vie. | Je connais par cœur les horaires des cimetières. | Où sortir ? Où rentrer ? |

Tu n’as aucune idée de la souffrance à l’intérieur de moi. | Où sortir ? Où rentrer ? | De ma difficulté à rester entier sans m’effondrer. | Où sortir ? Où rentrer ? | J’ai raté ma journée avant même de l’avoir commencée. | Où sortir ? Où rentrer ? | Professeur d’expression interdite | Où sortir ? Où rentrer ? | in : Centre de Détention Multifonctions des Résidus Urbains | Où sortir ? Où rentrer ? | in : poésie body musique (POETRY BODY MUSIC) : PBM |

Où sortir ?

Où rentrer ?

Les choses, ça se passe dans des lieux. Ce qui n’est pas toujours vrai d’ailleurs.

Où sortir ?

Où rentrer ?

Tu sais ce qui m’a détourné de la poésie ? Les poètes. | Vous aviez de grands projets pour votre vie ? Laissez tomber. | Mes cauchemars sont pires que les vôtres. | elle m’exhorte : "parle d’autre chose que ce que tu n’arrives pas à dire !" | attache mon cerveau à un lance-pierre et balance

pfffffiouh

 

l’après-midi d’une foune

 

pays-visagiste

 

Morsures enragées de crânes… traînant leurs lambeaux telles des comètes. | C’est bon comme des bonbons sans paupières. | n°1 dans vos pensées | voyage dans le temps : montres interdites | 2012 : introduction du "like" sur Facebook _ 2022 : guerre civile | faire des publicités pour des emplacements publicitaires, c’est un bon créneau | Musique du salon au jardin, Le barbecue sans fumée, Épilation définitive : comment choisir ? | Il existe de plus en plus de mots compris dans une majorité de langues du fait des voyages et des loisirs : plus de 400 mots dans 20 langues. Taxi, OK, aéroport, whisky, soda, caméra, banque, télévision, musique, sport, dollar, passeport… | lire tous les livres

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