Libr-critique

29 avril 2018

[Entretien] Chaos Brosseau (entretien avec Jeanne Bacharach)

Voici, en partenariat avec Mediapart.fr, un entretien de Mathieu Brosseau avec Jeanne Bacharach, critique à En attendant Nadeau, non seulement sur son dernier livre, Chaos, mais encore sur une œuvre animée par la tension entre poésie et prose, parole et silence, plein et vide, identité et altérité…

Voir/écouter : ici.

Libr-critique suit le travail du poète depuis ses débuts. On peut en suivre les principales étapes :

– entretien avec Fabrice Thumerel : "Portrait d’un travailleur perdu de la langue".

La Nuit d’un seul, La Rivière échappée, 2009.

La Confusion de Faust, Dernier Télégramme, 2011.

UNS, Le Castor Astral, 2011.

Ici dans ça, Le Castor Astral, 2013.

Data transport, éditions de l’Ogre, 2015.

L’Animal central, Le Castor Astral, 2016.

4 mars 2018

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mars, RV avec deux festivals importants, EXPOÉSIE + "Camouflages" (organisé par Pan! à Limoges)… Mais tout d’abord, l’agenda printanier de Christian Prigent… Mais aussi : Mathieu Brosseau, Sandra Moussempès, François Rannou…

AGENDA printanier de Christian PRIGENT

â–º À lire, de Christian PRIGENT : "Sonnets Les Mâtines", revue Catastrophes ; "La Poésie sur place" (entretien avec Olivier Penot-Lacassagne), dans Olivier Penot-Lacassagne & Gaëlle Théval dir., Poésie & performance, éditions Cécile Defaut, février 2018, p. 175-187.

â–º A Dunkerque : le dimanche 18 mars, à 15 h, à lmoussema Halle aux Sucres, route du Quai Freycinet, Dunkerque (03 28 64 60 63). Lecture, avec Vanda Benes. Dans le cadre des « Dimanches des Arts Urbains ». www.halleauxsucres.fr  

â–º A Strasbourg : le vendredi 23 mars, à 17 h, à la librairie Kleber, 1, rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg. Autour de Chino aime le sport (P.O.L, 2017). Lecture et discussion. Avec Vanda Benes. Dans le cadre du festival POEMA (03 83 25 26 45, cieescalier@free.fr)

â–º A Paris : le samedi 24 mars, à 17 h, à la bibliothèque universitaire Sainte-Barbe, 4 rue Vallette, 75005-Paris (01 56 81 76 00.) Lecture et discussion. Avec Vanda Benes. Dans le cadre de « La Poésie au corps ». Réservations : bsb-invit@liste.univ-paris3.fr

â–º A Binic : le samedi 31 mars et le dimanche 1er avril, au Festival « Les Escales », 2 Quai de Courcy, 22520-Binic (secretariatdesescales@gmail.com). Signature, lecture, discussion.

â–º A Paris : le samedi 07 avril, à 18 h, à la Maison de la Poésie de Paris, 157 Rue Saint-Martin, 75003 Paris (01 44 54 53 00). Autour de Christian Prigent, Trou(v)er sa langue, actes du colloque de Cerisy « Christian Prigent ». Table ronde avec Alain Frontier, Bénédicte Gorrillot, Christophe Kantcheff, Fabrice Thumerel. Lectures avec Vanda Benes et Charles Pennequin. Réservation : www.maisondelapoesieparis.com

 

â–º A Caen : le samedi 14 avril à 17 h, à l’Artothèque, Palais Ducal, Impasse Duc Rollon, 14000-Caen (02 31 85 69 73). Lecture et discussion. Avec Vanda Benes.

Libr-événements

â–º Du 7 au 24 mars 2018, 17e Festival EXPOÉSIE à Périgueux, dont vous trouverez ci-dessous l’essentiel du programme. Pour plus d’infos : ici.

07/03/2018
11 h 30
Lecture de Tita Reut
Librairie les Ruelles, Périgueux
07/03/2018
14 h 00
Cinéma jeune public : « Paul Éluard – 13 films-poèmes »
Cap Cinéma, Périgueux
07/03/2018
18 h 30
Conférence d’Emmanuèle Jawad + documentaire de Laurence Garret
Médiathèque de Trélissac, Trélissac
08/03/2018
12 h 30
« Jeudi du Musée » : rencontre avec Joël Ducorroy,
Musée d’art et d’archéologie du Périgord, Périgueux
08/03/2018
18 h 00
Vernissage de Carole Lataste + performance
Galerie L’App’Art, Périgueux
08/03/2018
19 h 00
Vernissage de Fred Lagarde + expo « créations poético-plastiques »
Centre culturel de la Visitation, Périgueux
08/03/2018
20 h 00
Soirée de créations poético-gastronomiques
Préfecture de la Dordogne, Périgueux
09/03/2018
10 h 00
« Cinexpoésie »
Lycée Jay de Beaufort, Périgueux
09/03/2018
14 h 00 – 19 h 30
Salon des Revues et des petits Éditeurs de Création + performances et animations
Musée d’art et d’archéologie du Périgord, Périgueux
10/03/2018
11 h 00 – 18 h 00
Salon des Revues et des petits Éditeurs de Création + performances et animations
Musée d’art et d’archéologie du Périgord, Périgueux
10/03/2018
19 h 30
« Bouche à oreille », cabaret de poésie gourmande
Guinguette de Barnabé, Boulazac
13/03/2018
20 h 00
« Paterson », film de Jim Jarmusch
Cap Cinéma, Périgueux
14/03/2018
17 h 30
Remise des prix Expoésie Jeunesse + lecture + vernissage
Médiathèque Pierre Fanlac, Périgueux
15/03/2018
19 h 00
« Noir », d’après Christophe Tarkos, par Flore Audebeau et David Chiesa
Galerie verbale Le Paradis, Périgueux
16/03/2018
16 h 30
Dédicace de Jean-Pierre Bobillot
Libraire la Mandragore, Périgueux
16/03/2018
18 h 30
Film : Bernard Heidsieck, la poésie en action
L’Arche, Périgueux
16/03/2018
21 h 00
Concert de Forever Pavot
Le Sans Réserve, Périgueux
17/03/2018
10 h 00
Rencontre avec Véronique Vassiliou
Château des Izards, Coulounieix-Chamiers
17/03/2018
14 h 00
« Poésie ville secrète »
Couloir de bus face à la Tour Mataguerre, Périgueux
17/03/2018
16 h 45
« Le journal du brise-lames » + vernissage de Hey!
Espace culturel François Miterrand, Périgueux

â–º Jeudi 8 mars à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : rencontre avec Mathieu Brosseau pour son dernier livre, CHAOS.

â–º Du 9 au 31 mars à Limoges : Camouflages

â–º Dimanche 18 mars à 16H : lecture de Sandra Moussempès, organisée par la Kunsthalle Centre d’art contemporain de Mulhouse. Réservations : 03 69 77 66 47. La Fonderie | 16 rue de la Fonderie – Mulhouse

â–º Samedi 24 mars, 17H, à l’occasion de la sortie du prochain livre de François Rannou, La Pierre à trois visages (d’Irlande), RV à L’Anachronique :

25 février 2018

[News] News du dimanche

Avant vos Libr-événements de mars (RV à la Maison de la poésie Paris, Maïsetti/Koltès, Virginie Gautier, les 10 ans de Publie.net), en UNE : Laurent Cauwet, ou Le pavé dans la mare artistique… Et des passages égrenés en lisant/zigzaguant/méditant…

UNE : Laurent Cauwet, ou Le pavé dans la mare artistique… /Fabrice Thumerel/

â–º Rencontres avec Laurent Cauwet pour son livre La Domestication de l’art. Politique et mécénat (La Fabrique éditions, 2017) : jeudi 1er mars à 19H, Librairie Texture (94, Avenue Jean Jaurès 75019 Paris) avec Véronique Pittolo ; le vendredi 2 mars à 19H, Librairie Transit (45 boulevard de la Libération, 13001 Marseille) ; samedi 3 mars, 19H, à La Boutique de La Ciotat (8, rue des Frères Blanchard).

En avant-première, le début de ma chronique à venir tout bientôt :
Le point de départ de Laurent Cauwet, qui se situe en droite ligne de la pensée debordienne, est le constat que la société du spectacle a phagocyté la sphère artistique, dont l’autonomie est par conséquent en voie de disparition. Le champ artistique est annexé par ce que l’éditeur/auteur nomme l’"entreprise culture" : les institutions publiques comme privées n’ont de cesse de domestiquer en le divertissant un public le plus large possible et une foule de créateurs de tous poils en obtenant leur servitude volontaire. Cette dernière formule nous fait songer à Pierre Bourdieu, dont l’un des derniers travaux portait sur la révolution conservatrice dans l’édition : à la bipolarisation du champ littéraire (espace autonome versus espace commercial) succède la domination d’une vaste zone interlope où se recyclent les formes et les thèmes propres à la modernité ; d’où l’avènement de bricoleurs géniaux devenus experts dans l’art de récupérer, voire de subvertir des valeurs consacrées de l’art moderne comme la notion même de "subversion", la "liberté créatrice", la "bohème"…

En lisant, en zigzaguant…

♦ "au-dehors des humanolisses glissent et broutent la pelouse pendant la pause déjeuner ils ascenseurisent en troupeau terne et se merguezent et se moquettent grise frites froides. rapidement leurs cerveaux glacés se creusent par habitude ou se pizzagrillent d’autres bureautent seuls leur sandwich parcellisés dans un coin. au-dedans un suicidinformaticien s’agrippe à une table il tente vainement de tapoter sur son clavier xanaxé intranquille" (Beurk, Le Salariat pue, Caméras animales, 2018, p. 37).

♦ "Petite vie
passée au simple" (p. 66).

"Fibrée à l’intérieur et lisse à l’extérieur" (p. 11) : la meilleure parade, non ?

"Des comédies, je mâche prudemment
le rose putride" (p. 45).

Le poète n’est-il pas celui qui "réside où la chose se dit moindre" ?  (Marie de Quatrebarbes, Gommage de tête, Éric Pesty éditeur).

Libr-événements

â–º Trois RV à ne pas manquer en mars à la Maison de la Poésie :

â–º Vendredi 2 mars à 18H, rencontre avec Arnaud Maïsetti pour sa biographie de Bernard-Marie Koltès (éditions de Minuit) au Coupe-Papier (19, rue de l’Odéon 75006 Paris).

â–º Jeudi 8 mars, lecture-projection de Virginie Gautier :

â–º Pour les 10 ans des éditions Publie.net, RV mardi 20 mars à 19H à la Médiathèque François Sagan :
8 rue Léon Schwartzenberg – 75010 Paris
Métro : Gare de l’Est, lignes 4, 5, 7 (Sortie 8 Bld de Magenta)
Bus : Gare de l’est, lignes 30, 31, 32, 35, 47

LECTURES ET PERFOMANCES
– Nadine Agostini
– Julien Boutonnier
– Virginie Gautier
– Fred Griot
– Anne Savelli
– Joachim Séné

21 février 2018

[Chronique] Vous n’allez pas me dire ce que je dois voir (une révolution est femme), par Alain Jugnon

Mathieu Brosseau, Chaos, Quidam éditeur, février 2018, 160 pages, 18 €, ISBN : 978-2-37’91-075-8. [Écouter un extrait]

Mathieu Brosseau, dans un roman qui va très loin dans le roman, qui va dans le roman comme jamais roman n’avançait jusque-là, ordonne et organise la femme comme la seule direction possible pour l’homme, le seul sens et l’unique lieu pour la folle liberté faite humanité, en tout.

On connaît les grands récits et les vrais romans de la femme, on a lu Alfred Jarry dans L’amour absolu et L’amour en visites, on a lu Ulysse de James Joyce et le roman final de Molly Bloom, on a lu encore L’Education sentimentale qui est bien plus le roman de la femme que Madame Bovary, on a lu enfin Aurélia de Gérard de Nerval.
Chaos
, le roman de Mathieu Brosseau, est à ce point un roman qui avance comme ceux-là que la femme existe dedans, que son nom est la Folle, que le monde est devenu fou de maintenir sa Folie dans le récit jusqu’au terme qui est la fin de la guerre et la vérité de l’amour. Les dernières pages de Chaos, mais déjà les premières, et encore celles qui constituent son milieu, forment des phrases qui ont la force vitale, la vraie vie vivante, de la rencontre de Moreau et Arnoux chez Flaubert, de Dieu et elle chez Jarry ou de madame x et lui chez Nerval. Il n’y a que le lecteur conscient de tous ces romans qui passent du 19ème au 20ème siècle (d’un Nerval l’autre Joyce) pour voir ce qu’il sait là en lisant dans Chaos que le tout-monde est le roman-tout d’une folle.
On reprendra Aurélia, de 1855, roman saignant au cœur, pour toucher à ce bonheur titré Chaos, un nouveau roman de 2018. Lisant un tel roman, on inventera à nouveaux frais le roman, c’est-à-dire la littérature et la poésie qui avancent ensemble. On prendra tout son désir d’humanités pour des formes vivantes dans un miroir, dans un miroir qui fait un tableau, un tableau qui forge un théâtre, théâtre qui creuse analogiquement la montagne, ou la ville. Un train célinien nous embarquera et nous nous trouvons bien là : émotion est motion.

Dans Chaos de Brosseau comme dans Aurélia de Nerval, ni le chaos ni la femme ne sont le personnage, même pas le fantôme ou l’image. Non, le chaos et la femme sont l’écriture du monde tel qu’il est réalisé par l’écriture même. Il existe une pragmatique du Nerval sur-romantique dans Chaos que l’on reconnaît dans Aurélia, le dernier roman du dernier Nerval, le roman du mort nyctalope.

« La seule différence pour moi de la veille au sommeil était que, dans la première, tout se transfigurait à mes yeux ; chaque personne qui m’approchait semblait changée, les objets matériels avaient comme une pénombre qui en modifiait la forme, et les jeux de la lumière, les combinaisons des couleurs se décomposaient, de manière à m’entretenir dans une série constante d’impressions qui se liaient entre elles, et dont le rêve, plus dégagé des éléments extérieurs, continuait la probabilité. [1]»

Le rêve ainsi continuerait la probabilité de la vie. Le Rêve et la Vie est l’autre titre du roman de Nerval, Aurélia en est donc le titrage brillant, le titre comme on parle de l’or et de la valeur en général. Et qu’on ne dise plus que pour le poète romantique (quoi romantique ?) le rêve est la vie, ou pire : que la vie est le rêve. On meurt à moins et on pleure de rire à suivre à la lettre l’esprit montant, la mystique floue et assez bête de Monsieur Labrunie. Rien de mystique dans Aurélia, car elle manque. Pareillement, rien de chaotique dans Chaos car il manque aussi.

« Cette idée me devint aussitôt sensible, et, comme si les murs de la salle se fussent ouverts sur des perspectives infinies, il me semblait voir une chaîne non interrompue d’hommes et de femmes en qui j’étais et qui étaient moi-même ; les costumes de tous les peuples, les images de tous les pays apparaissaient distinctement à la fois, comme si mes facultés d’attention s’étaient multipliées sans se confondre, par un phénomène d’espace analogue à celui du temps qui concentre un siècle d’action dans une minute de rêve.[2] »

Le Chaos de Mathieu Brosseau est, par là, le communisme fait d’hommes et de femmes en une Folle et une seule, face à un homme et le seul qui puisse : l’Interne de médecine. Le nervalisme de Brosseau dans Chaos est un rêvalisme, qui se termine, post-romantiquement, ainsi  : « Vivre ne sert qu’à ça → voir les rêves dans la vie → attendre, attendre qu’ils apparaissent et noyautent le Chaos, que les histoires fabuleuses interviennent toujours et encore dans le cours des choses. Pour que nous puissions nous rencontrer. Vous et moi. Alors oui, sans les yeux, voyons-nous au milieu des flots torrentiels et des courants du Nouveau Monde » (p. 160).

Avant la philosophie de la vie et du rêve que contient le roman de Mathieu Brosseau, il y a une histoire. Avant ou plutôt au même moment dans l’espace des pages écrites là. Il y a l’histoire d’une internée en ville dans un hôpital psy qu’un interne décide de sauver en la faisant s’échapper pour la ramener auprès de sa sœur jumelle et aînée. C’est l’histoire, qui voit la sœur de la sœur être nommée la Folle, l’interne l’Interne et, par exemple, l’autre sœur : Aînée.
Cette même histoire raconte qu’il y a le Chorion qui est une masse visqueuse en mouvement et au ciel et qui lie la Folle au monde comme le Monde à la folie de ce placenta multicolore et amphibie. On lit et on comprend que si l’Interne veut sauver la Folle, c’est de fait la Folle qui sauve le monde en tenant sa folie, le monde, les hommes et les femmes à l’instant t de sa montée au ciel et de son unification au tout, d’un bout à l’autre et de haut en bas. De sœur, il n’en est plus, quand c’est une nouvelle anatomie qui fait toute la naissance et toute la mort : la révolution est la femme, un point (un aleph) c’est tout, une femme (un amour) c’est là.

« Vivre : entrer → sortir. Petite boucle dans le vent. Attention car on ne peut arrêter le mouvement des choses sans perdre la tête, il n’y a pas plus irréels que les musées, où moisissent les reflets, les obsessions logiques. Attention, la souveraineté du capital est une coquetterie attentatoire à la Nature. Les actionnaires du monde cultivent le désir d’immortalité de leur corps et de leurs possessions. Taxidermie ! Musées ! Misère ! Folie ! La révolution perpétuelle doit commencer ici. Guillotine ! Gloire aux flux affranchis, honneur aux courants détachés. Sans mots pour les refléter. Ouvrir les zoos, parcs, domaines, mers, corps : ouvrir ! Laisser l’eau travailler les sols, les animaux contaminer les villes, les arbres pousser sur les routes ! Ouvrir ! [3]»

Le rêve et la vie, chez Mathieu Brosseau, cela se traduisait par l’homme et le monde chez Nietzsche, ou bien par l’arve et l’aume chez Artaud : ce que la fin du roman annonce comme la bonne nouvelle du Vous et Moi, d’une Lecture qui se fera Ecriture, un Dehors qui se fera Dedans.
Dans le nouveau roman de cette année circulaire, l’écrivain en mouvement invente le roman vital, c’est le nom qu’il faut donner à cette école de vie mise et prise en livre, sans psychologie ni sociologie : un nouveau roman comme chez Alfred Jarry pour une autre fin de siècle. On lit alors une nouvelle connaissance du réel qui prendrait à contre-pied l’invention de la psychanalyse et son cortège de découverte profonde et surprenante. Dans Chaos les profondeurs sont celles du corps et des flux, ce sont des fleuves et des circuits qui charrient les êtres imprimés selon le caractère des devenirs.
On a là une nouvelle philosophie de l’âme (c’est de l’or pour la littérature quand la pensée écrite touche ainsi au seuil du réel, consistant en sa porte ouverte, sa monade avec fenêtre) : ce n’est plus wo Es war soll Ich werden (Freud qui tentait une nouvelle cinématique du fléchage Inconscient → Conscient), c’est plutôt wo Ich war soll Es werden – avec Ich le Sujet, l’Être, la Forme et Es la femme, la révolution, le devenir et le fond. La flèche signale maintenant le chaos car c’est un ordre nouveau qui naît et qui voit le ça être le pendant, dans le roman, du chaos dans la vie. Qu’il faut nommer Chorion ou Masse haute, cet UN-conscient qui affirme et crie du haut du ciel : où je suis c’est elle qui devient.
Elle devient, elle est, elle révolutionne cosmique et tragique, page 61, quand il est écrit : « Elle voit le Big Bang contemporain et ce n’est pas une comédie. »

La Folle de Chaos donne raison à l’écriture libre du poème critique, ce roman sans ordinaire et sans quotidien que nous lisons comme une bible humaine ou une odyssée moderne, c’est le roman de René Daumal (Le Mont Analogue) et celui de Franz Kafka (Le Château). C’est encore et toujours le roman théâtral : chaos signifie d’abord scène. Et roman veut dire poésie vécue, le poète écrit l’art poétique de tous les romans possibles et il vit la littérature comme une création libre de joueur demain.
De la même manière, le communisme littéraire de Mathieu Brosseau frappe le lecteur enhardi qui ne se sort plus simple vivant des phrases merveilleuses et chaleureuses du poète qui voulait écrire le roman premier de la création de la femme par le monde lui-même :

« C’est ainsi que je croyais percevoir les rapports du monde réel avec le monde des esprits. La terre, ses habitants et leur histoire étaient le théâtre où venaient s’accomplir les actions physiques qui préparaient l’existence et la situation des êtres immortels attachés à sa destinée. Sans agiter le mystère impénétrable de l’éternité des mondes, ma pensée remonta à l’époque où le soleil, pareil à la plante qui le représente, qui de sa tête inclinée suit la révolution de sa marche céleste, semait sur la terre les germes féconds des plantes et des animaux. Ce n’était autre chose que le feu même qui, étant un composé d’âmes, formulait instinctivement la demeure commune. L’esprit de l’Être-Dieu, reproduit et pour ainsi dire reflété sur la terre, devenait le type commun des âmes humaines dont chacune, par suite, était à la fois homme et Dieu. [4]»



[1] Gérard de Nerval, Aurélia, p 131, Folio, 2005.

[2] Gérard de Nerval, Aurélia, p 134 et 135, Folio, 2005.

[3] Mathieu Brosseau, Chaos, p 150, Quidam éditeur, 2018.

[4] Gérard de Nerval, Aurélia, p 158 et 159, Folio, 2005.

18 février 2018

[News] News du dimanche

En cet avant-dernier dimanche de février, à vos agendas : RV avec le nouveau site des éditions Rencontres, Chaos de M. Brosseau… au Lieu unique à Nantes pour un concert-lecture, à Tourcoing pour un Hommage à P.O.L, à Villerbanne pour une soirée poétique… à Paris avec B. Fern et L. Fourcaut, à La Colonie autour de Lectures de prison

â–º Réapparition du site des éditions RENCONTRES, où l’on trouvera des joyaux : coffret DVD Aymé/Pey, livres de Blaine, Gleize, Pazzottu, etc.

â–º Avant que la chronique d’Alain Jugnon ne soit publiée cette semaine, voici les dates à retenir autour du roman de Mathieu Brosseau, Chaos :

– une rencontre à la librairie Charybde avec Hugues Robert le jeudi 8 mars à 19h30 ;

– lecture performance avec Jean-marc Bourg : le 14 mars au Trempolino à Nantes ; le 15 mars à la médiathèque de Herbignac ; le 16 mars au Dôme de Saumur ; et le 30 mars
à la Maison de la Poésie de Paris, une lecture musicale avec Olivier Mellano.

â–º Mercredi 21 février à 19H30, Le Lieu unique à Nantes :

Concert-lecture avec Éric Arlix (poète), Serge Teyssot-Gay (guitare) et Christian Vialard (synthés). Présentation : Yves Arcaix.

Golden Hello est le terme utilisé en anglais pour « prime de bienvenue », cette dernière concerne uniquement les managers de très haut niveau. Les textes, aux sujets très différents, dressent un portrait du monde contemporain et d’individus qui luttent, chacun à leur manière, pour leur survie.

â–º Jeudi 22 février au Fresnoy de Tourcoing (59) : Hommage à P.O.L !

En hommage à Paul Otchakovsky-Laurens, une projection de "Editeur", son dernier film sorti fin novembre 2017, aura lieu dans la grande salle de cinéma du Fresnoy à Tourcoing. Celle-ci sera suivie d’un échange avec Jean-Paul Hirsch, proche collaborateur de Paul Otchakovsky-Laurens, et les auteurs P.O.L Kiko Herrero, Patrice Robin et Patrick Varetz.
Il s’agit ici d’honorer la mémoire d’un grand éditeur, mais aussi d’un homme de cinéma : Paul Otchakovsky-Laurens a été pendant plusieurs années président de la commission d’avance sur recettes du CNC, et la maison P.O.L publie depuis 1992 la revue de cinéma Trafic, créée par Serge Daney.
Après "Sablé-sur-Sarthe, Sarthe", "Editeur" est son second film.

â–º Dimanche 25 Février 18h, à Bubble Art (28 rue Anatole France 69100 – Villeurbanne) : soirée poétique avec Guillonne Balaguer, Alice Calm, Georges Chich, Patrick Dubost, Isabelle Pinçon, Brigitte Baumié, Claude Yvroud, Laure Viel, Béatrice Brérot, Pierre-Alain Gourion.

Prix d’entrée : 10€ – tarif réduit : 5€

â–º Jeudi 1er mars à 19H, Bruno Fern / Laurent Fourcaut : lectures croisées (Café de la Mairie : 8, place Saint-Sulpice 75006 Paris).

Bruno Fern lira des extraits de "L’air de rin" (Louise Bottu, 2016) et de son prochain livre à paraître aux mêmes éditions, "Suites". Laurent Fourcaut lira des extraits de "Joyeuses Parques" (Tarabuste, 2017) et de "Or le réel est là…" (Le Temps des cerises, 2017).

â–º Mercredi 14 mars, rencontre à La Colonie de 19h à 21h (128, rue Lafayette 75010 Paris) autour de Lectures de prison (éditions Le Lampadaire), ouvrage consacré à l’histoire des bibliothèques de prison et à l’accès (ou au non-accès) des personnes détenues à la lecture. Au cours de cette rencontre, il sera question des problématiques liées à la lecture en prison, mais aussi des choix éditoriaux qui ont présidé à la conception du livre ‒ archives, documents bruts, inventaires, listes – et de leur effet sur la réception de l’ouvrage.

Programme du 14 mars

Lectures de prison. De la recherche documentaire à la poétique du document

Intervenants
. Jean-Lucien Sanchez, historien : La pratique de la lecture en prison, XIX-XXe siècle
. Séverine Vincent, comédienne et collaboratrice d’Olivier Brunhes : Théâtre en prison, documenter le vivant
. Muriel Pic, écrivain : Le démon fugitif des minutes heureuses. Poésie (et) documentaire
. Philippine Chaumont et Thomas Bellegarde, graphistes : Design des Lectures de prison

Lectures de prison
Contributeurs
Préface : Philippe Claudel. Postface : Jean-Lucien Sanchez. Ouverture des chapitres : Philippe Artières, Jean-Louis Fabiani, Guillaume de la Taille, Marianne Terrusse, Claude Poissenot.

17 janvier 2018

[News] Libr-news

En ces Libr-événements vous attendent : agenda de Laurent Cauwet ; rencontre autour de la revue Lignes ; hommage à Jean-Paul Curnier ; pause déjeuner avec Véronique Bergen et Hedwige Jeanmart ; soirée avec Mathieu Brosseau pour la sortie de son 2e roman…

â–º Rencontres avec Laurent Cauwet pour son essai des plus stimulants, La Domestication de l’art (La Fabrique) :
– le 17 janvier à Bordeaux, 20h, librairie du Muguet
(7 rue du Muguet).
– le 18 janvier à Toulouse, 19h, librairie Terra Nova,
(18 rue Léon Gambetta).
– le 19 janvier à Toulon, 18h30, librairie Contrebandes
(37 rue Paul Lendrin – suivi d’un événement musical au Metaxu, Place du Globe).

â–º Jeudi 18 janvier à 19H30, La Friche Librairie (36, rue Léon Frot 75011 Paris) : RENCONTRE-DÉBAT à l’occasion de la sortie du n° 54 de la revue Lignes et de son trentième anniversaire.

â–º A Jean-Paul Curnier !

Hommage à Jean-Paul Curnier (1951 – 2017) : lundi 22 janvier 2018 à partir de 18h30

à Montevideo, 3 impasse Montevideo, 13006 Marseille

ouverture à 18h00, réservation conseillée

 

Philosophe, écrivain, dramaturge, musicien, vidéaste, chasseur à l’arc, complice de nombreux artistes… Ainsi, autour de son œuvre, il en ira d’une soirée de lectures, performances, musique, vidéo, audio, objets, stickers littéraires et politiques, livres, et encore cuisine.

 

 

  

 

 

Site web : http://jeanpaulcurnier.com/

Derniers ouvrages parus :

La piraterie dans l’âme, essai sur la démocratie, éditions Lignes, 2017

Philosopher à l’arc, éditions Lignes, 2016

Prospérités du désastre, éditions Lignes, 2014

À paraître :

Par-dessus tête, éditions Lignes, sortie en librairie le 9 mars 2018

 

Avec la participation de : Roland Alberto, Melanie Bellue, Julien Blaine, Jean-Michel Bruyère, Hubert Colas, Jacques Durand, Hélène Force, Alexis Forestier, Yves Fravega, Nicolas Frize, Pascal Gobin, Suzanne Joubert, Guy-André Lagesse, Emmanuel Loi, Aline Maclet, Emmanuel Moreira, Jean-François Neplaz, Jean-Pierre Ostende, Yolande Padilla, Catherine Peillon, Nathalie Quintane, Rudy Ricciotti, Yves Robert, Reeve Schumacher, Colette Tron…

 

En présence de la librairie Histoire de l’œil

 

Radio Grenouille (88.8 FM, www.radiogrenouille.com) s’associe à cette soirée d’hommage à Jean Paul Curnier en rediffusant lundi 22 janvier à 23h40 deux émissions :    

 Cher Jean-Paul, une correspondance entre Nicolas Frize et Jean Paul Curnier réalisé à Radio Grenouille au printemps 2006.     

 L’ingouvernable Beauté, un entretien avec Jean Paul Curnier par Emmanuel Moreira, réalisé au festival ActOral.14, à propos de Philosopher à l’arc et Prospérité du désastre.

 

â–º Mardi 30 janvier entre 12H30 et 14H au Bistrot littéraire (46, rue de Quincampoix 75004 Paris) : rien de tel qu’une pause déjeuner en compagnie de Véronique Bergen et Hedwige Jeanmart autour de leurs romans récemment parus.

Véronique Bergen, "Jamais" (Editions Tinbad)
"Jamais" est le monologue d’une femme âgée, Sarah, en
proie à une débandade psychique. De nombreux reproches
sont adressés à sa fille, qui n’est pas nommée. Une confession.
Elle dure une heure, de 18h à 18h59.

Hedwige Jeanmart, "Les Oiseaux sans tête" (Gallimard)
Des années après avoir côtoyé Daniel Deur, un meurtrier
récidiviste ; Blanche, la narratrice, encore troublée par
cette rencontre, se rend sur les lieux où il a vécu. Elle tente
de reconstituer son parcours…

 

En savoir plus ? http://www.cwb.fr/programme/bistrot-litteraire-v-bergen-et-h-jeanmart

 

â–º Découvrez le chaos avec la parution du 2e roman de Mathieu Brosseau, dont la sortie est saluée par une rencontre à la Librairie La Manœuvre le jeudi 1er février à 19H (58, rue de la Roquette 75011 Paris).
— La démesure à la David Lynch d’un délire mental et métaphysique.
— Une allégorie polyphonique entre harmonie et disharmonie.

Une jeune femme est enfermée pour des raisons obscures dans un asile d’aliénés, au centre d’une ville sans nom. C’est La Folle. Nuit et jour, elle voit une masse chaotique en plein ciel, sorte de Big Bang qui met à mal les lois admises de l’espace et du temps. Aidée par un interne en médecine, elle s’évade et part à la rencontre de sa sœur jumelle, qu’elle n’a pas vue depuis des années.
Quête abracadabrante, délire gorgé de sens aussi construit qu’éruptif, roman politique autant que métaphysique, Chaos fuse débridé vers l’inconnu et le rêve fulgurant d’une femme hors-sol.

« C’est un livre assez sidérant, beau, troublant, qui ne ressemble à rien de connu »
Susan Doppelt, poète et photographe

« Ces pages [sont] vraiment magnifiques, les visions rivalisent, littéraires, à mes yeux avec celles de Saint-Jean ou de Black Elk. » Emmanuelle Guattari, écrivaine

 


16 mai 2017

[News] Libr-news

Les agendas sont bien remplis en ce mois de mai : RV à Nantes autour des éditions de l’Attente ; avec Aden Ellias pour son dernier roman ; avec Marie-José Mondzain à Aix-en-Provence ; à Bordeaux pour la soirée série Discrète / revue Muscle ; à Paris autour de Perec et pour la fameuse Nuit remue (#11 !)…

 

â–º Jeudi 18 mai 2017 à 19H30, Le Lieu unique à Nantes (Quai Ferdinand Favre) : les 25 ans de l’Attente, avec Juliette Mézenc et Stéphane Gantelet.

Nourris de la rencontre avec la littérature et la micro-édition américaine des années 90, Franck Pruja et Françoise Valéry fondent en 1992 les éditions de l’Attente. Attentifs à déverrouiller les a priori, voilà 25 ans qu’ils œuvrent à publier des livres à la limite de la poésie, de la philosophie, des écrits d’artistes, des essais, des traductions. Installée à Bordeaux, la maison produit avec grand soin divers formats (livres, livrets, plaquettes dépliantes, livres audio) traduisant la passion des éditeurs.

Entretien avec l’éditeur animé par Alain Girard-Daudon, suivi de Journal du brise-lames, jeu vidéo littéraire avec Juliette Mézenc (poète) et Stéphane Gantelet (sculpteur numérique)

Juliette Mézenc est une auteure en mouvement, son moteur étant à la fois son paysage, ses ressentis, ses vibrations, et aussi les ressorts qu’offre le numérique en matière de publication évolutive et d’écriture multi-média. L’écriture immersive de Juliette Mézenc s’apparente souvent à une géographie intime, un voyage à l’intérieur. Le lecteur visite, découvre, au fil des mots tantôt sautillants, flottants ou pointus et graves. Elle a publié aux éditions de l’Attente « Elles en chambre » (2014) et « Laissez-passer » (2016).
Stéphane Gantelet est un artiste qui explore la modélisation 3D. Ses réalisations sont souvent inspirées de motifs naturels, végétaux, organiques, et prennent corps dans des matériaux comme le papier, le bronze ou les résines, ou virtuellement dans ses réalisations numériques comme les jeux vidéos.

â–º Jeudi 18 mai à 20H, Librairie L’Éternel Retour (77, rue de Lamarck 75018 Paris) : rencontre avec Aden Ellias pour son roman Hyperrectangle.

Soirée cuboïde avec Albert Camus, alias Aden Ellias, l’auteur d’un roman qui parodie les procédés de l’"autofiction" : invention formelle et comédie sociale eu rendez-vous…

Plus d’infos : http://www.editions-mf.com/livres/hyperrectangle/

â–ºMardi 30 mai à 18H, Institut de l’image d’Aix-en-Provence : rencontre avec Marie-Josée Mondzain.

En 2015, Alphabetville, l’Ina Méditerranée et l’Institut de l’Image invitaient la philosophe Marie-José Mondzain à partager un temps de travail, fait de réflexions et d’échanges, autour du thème « L’image entre guerre et paix » : face au choc et aux questions que nous posèrent les premiers attentats de Paris en janvier de cette année-là, et qui furent suivis de plus terribles en novembre. Puis d’autres, en France, en Europe, dans le monde…

 

 

A l’occasion de la publication de son livre « Confiscation des mots, des images et du temps. Pour une autre radicalité » (Les liens qui libèrent, 2017), Marie-José Mondzain donnera une conférence, suivie de la projection du film L’anabase de Eric Baudelaire.

 

Nous vous remercions de votre attention et de bien vouloir informer votre public :

Le 30 mai à l’Institut de l’Image d’Aix-en-Provence

 

18h00

Conférence à partir de son livre Confiscation des mots, des images et du temps. Pour une autre radicalité, éditions Les liens qui libèrent, 2017

20h00

Projection de L’anabase de Eric Baudelaire

 

â–º Dimanche 21 mai, 14H-20H : La séance d’écoute #1 Georges Perec lit La Vie mode d’emploi.

 

Le 7 décembre 1977, Georges Perec (1936-1982) est venu lire au Centre Pompidou, avant publication, des extraits de La Vie mode d’emploi. Œuvre majeure dans l’histoire de la littérature, ce roman-puzzle qui se déroule dans un immeuble parisien et raconte les aventures de ses divers occupants, sera publié l’année suivante, en 1978, chez Hachette. Ce document exceptionnel est issu du fonds d’archives sonores du Centre Pompidou.

La durée de sa lecture est de 48 minutes.
Diffusion de l’archive sonore, en continu de 14h à 20h, dans Petite salle du Centre Pompidou, Forum -1

Contact : Aurélie Olivier / aurelie.olivier@centrepompidou.fr

 

â–º Dimanche 21 mai, 18H : soirée série Discrète / revue Muscle à Bordeaux.

â–º  La Nuit Remue #11, samedi 10 juin à 18h30,

Bibliothèque Marguerite Audoux, 10 rue Portefoin, Paris 75003 
Accès : Métro : Temple, République, Arts et Métiers  [
La Nuit remue 11 a été imaginée par Emmanuèle Jawad et Marie de Quatrebarbes, avec l’aide amicale de Mathieu Brosseau.]

Programme

18h30 Accueil du public

19h00 Premier round :

Stéphane Bouquet
Frédérique Iledefonse 
Emmanuel Laugier
Vannina Maestri
Jennifer k Dick
Franck Leibovici

20h00 - 20h30 Pause

 

20h30 Deuxième round :

Philippe Jaffeux
Emilie Notéris
Olivier Quintyn
Hortense Gauthier
Florence Pazzottu
Benoit Casas

21h30 Fin des réjouissances.

 

10 novembre 2016

[Création] Mathieu Brosseau et Nicolas Vargas, Et pas prévenir quand

Suite au Festival de Sète, Mathieu Brosseau a collaboré avec Nicolas Vargas, qui a enregistré cette remarquable lecture chuchotée/syncopée/catastrophée d’un texte parfois écrit en français fautif. /FT/

Écoutons, en retenant notre souffle : https://soundcloud.com/vargasnicolas/et-pas-prevenir-quand

20 juillet 2016

[Chronique] Mathieu Brosseau, L’animal central

Tandis que Mathieu Brosseau s’apprête à rejoindre le festival Voix vives de Méditerranée en Méditerranée, voici la chronique complète sur son dernier livre.

Mathieu Brosseau, L’Animal central, Le Castor astral, été 2016, 120 pages, 12 €, ISBN : 979-10-278-0075-9. [Lire extrait 1 ; extrait 2]

"Incarner cette vie augmentée.
C’est poésie" (exergue).

"L’art, me dis-je, est une pâle imitation du courant, du mouvement
de l’Animal Central auquel on peut ajouter une écriture drôlesque
de la dramaturgie temporelle de l’Homme
" (p. 72).

Pourquoi se complaire dans "la nanosociété des hommes" (p. 34) ? Celle dans laquelle Machin est ceci, Machine est cela… Pourquoi ne pas devenir bête, ne pas être avec les animaux dans la matière, nous taire avec les choses ? C’est dire que les bêtes abondent dans cet univers de "cartoon" et de conte de fée : félin, méduse, araignée, loup, canard, oiseaux, céphalopode, hydre…

Pourquoi ne pas laisser advenir notre Animal central : "la bête au centre, matière quasi-cervelle, pompeuse de ciel, aspirateur d’échelles, de vagues qui n’en font qu’une (car une seule histoire), l’animal nodal fait qu’on a tous le même ciel tout en ayant chacun le nôtre" (47)… Si l’animal est central dans l’œuvre de Mathieu Brosseau, c’est que l’animal central est celui du dedans, qui vit dans les plis. Mais le repli n’est autre que l’intériorisation du dehors ; d’où ce constat : "j’habite ce nulle part qui m’habite" (106). Et cette phrase anti-rimbaldienne, anti-Moderne : "Je est un nôtre, sans nom" (95). Autrement dit, le Je du poète ne vise pas la Différence mais l’indifférenciation innommable. L’Animal central le guide vers la saisie magique du monde à l’état brut : "Et si les animaux, je veux dire les vrais en chair et en os, sont des symboles, alors il existe de vraies paroles magiques, je veux dire qui ont un véritable effet sur le monde immédiat" (72).

Le poète est celui-là qui explore son devenir-animal, se lance dans la "traversée de la langue" (11) pour remonter à l’in-vue, à un en-deçà de la figure : le visage-monde. D’où la question de l’illisibilité que pose ce livre étrange fait d’adresses/correspondances et de divagations : le texte nous plonge dans un déferlement de visions, un maelström de télescopages isotopiques… Tel est l’opéra fabuleux de Mathieu Brosseau.

10 juillet 2016

[News] Libr-vacance (1)

En cette période estivale, prenez le temps de vous mettre en "vacance". Nous avons demandé à plus d’une centaine d’auteurs de nous faire partager leurs libr-choix de (re)lectures et d’événements, et aussi de nous faire part de leurs projets. Après nos Libr-brèves (C. Portier et le festival Voix vives de Méditerranée en Méditerranée), Libr-parcours d’auteurs avec Anne GALZI et Emmanuèle JAWAD.

Libr-brèves

â–º Les Libr-curieux ne peuvent manquer, sur Itinéraires, cette visite guidée du site de Cécile Portier : Étant donnée… On en profitera pour explorer cette revue des plus intéressantes, totalement accessible en ligne : Itinéraires.

â–º Du 22 au 30 juillet 2016, Festival Voix vives de Méditerranée en Méditerranée, avec, entre autres, côté français : Jean-Pierre Bobillot, Mathieu Brosseau, Claude Favre, Christian Prigent, James Sacré…

Libr-parcours d’auteurs

â–º Anne GALZI (écrivain : on découvrira son blog, Variations, qui présente d’intéressantes passerelles entre écriture et peinture).

En général, je préfère les zigzags et les lignes brisées aux lignes droites, monocordes et ininterrompues.
Je ne suis donc pas un seul et même auteur à travers tout son opus.
Je fragmente.

De la même manière, je ne lis pas un livre en son entier.
Je fragmente.
Je lis des passages de livre, que je lis comme des petits poèmes. J’essaie de les apprendre par cœur, pour fleurir ma mémoire.

Par exemple, j’aime beaucoup la première page du Roi pâle de Foster Wallace, on dirait un poème du livre Arbres d’hiver de Sylvia Plath. Et comme je suis généreuse, je ne suis pas à une, mais à deux contradictions près. Du même auteur (Wallace) – car cela m’arrive tout de même quelquefois de poursuivre le même auteur – j’aime les pages 219 et 220 de son livre fleuve L’Infinie Comédie : deux pages d’amour magnifiques sur Brando.
Je laisse alors Wallace-auteur sur le bord de la route et poursuis le personnage de fiction : Brando. Il court de traviole en roulant des mécaniques et n’est pas difficile à rattraper… avec Arno Bertina. D’un livre à l’autre, d’une fiction, l’autre : un même personnage romanesque, Brando, dans un nouveau procédé créatif avec cet autre livre : Ma solitude s’appelle Brando.

S’interroger sur ses lectures permet de prendre conscience de sa façon de lire.
Pour moi, lire, aussi étrange que cela puisse paraitre, c’est aussi couper.
Couper amène à relier, à fabriquer de nouveaux ponts ou passerelles.

 Il y a autant d’écrivains qu’il y a de lecteurs, de façons d’écrire et de façons de lire.

♦♦♦

Par ailleurs, je suis plutôt danse qu’expo, la grâce fait partie du monde, c’est elle qui nous aide à penser.

Vous pouvez découvrir un corps volute avec Lyakham et un esprit tourmenté avec Genet.
Genet à découvrir ou redécouvrir à travers l’exposition du Mucem (à Marseille) : « Jean GENET, l’échappée belle ».
L’exposition a pour but d’enraciner Genet, dans ce territoire qu’il aimait plus que tout autre, la Méditerranée.
Genet outre Atlantique a influencé toute une génération de musiciens, photographes (Mapplethorpe) et écrivains, ceux de la Beat Génération.

Poursuivez le mouvement de la Beat Generation à Paris, avec l’expo du centre Pompidou.
D’un continent l’autre, d’une ville l’autre, d’un auteur l’autre, d’un personnage fictif l’autre.
Des ponts et des passerelles.
Dans la vie tout est passerelle, tout s’enjambe.

♦ Du 22 juin au 3 octobre 2016, Centre Pompidou, Galerie 1, Niveau 6, 75191 Paris cedex 04. 01 44 78 12 33. Métro Hôtel de Ville, Rambuteau. Ouverte de 11 à 21h, tous les jours, sauf le mardi, 14 ou 11€. Valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions.

â–º Emmanuèle JAWAD (écrivain et critique ; collaboratrice de LC) : plusieurs entretiens en cours pour Diacritik ; en projet, des articles un peu transversaux sur la question "poésie et politique" (qui aborderaient notamment le travail de Patrick Beurard Valdoye / Frank Smith / Véronique Bergen également…)… Concernant les travaux de création personnels, En vigilance extérieure paraît cet automne aux éditions Lanskine (extrait sur Libr-critique).

5 juin 2016

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de juin, en UNE L’Animal central de Mathieu Brosseau ; suivent vos Libr-événements : autres RV au Marché de la poésie, mercredi Montevideo, Prigent à la Maison Louis-Guilloux…

UNE : Mathieu Brosseau, L’Animal central   /Fabrice Thumerel/

"Incarner cette vie augmentée.
C’est poésie" (exergue).

"L’art, me dis-je, est une pâle imitation du courant, du mouvement
de l’Animal Central auquel on peut ajouter une écriture drôlesque
de la dramaturgie temporelle de l’Homme
" (p. 72).

Pourquoi se complaire dans "la nanosociété des hommes" (p. 34) ? Celle dans laquelle Machin est ceci, Machine est cela… Pourquoi ne pas devenir bête, ne pas être avec les animaux dans la matière, nous taire avec les choses ? Pourquoi ne pas laisser advenir notre Animal central : "la bête au centre, matière quasi-cervelle, pompeuse de ciel, aspirateur d’échelles, de vagues qui n’en font qu’une (car une seule histoire), l’animal nodal fait qu’on a tous le même ciel tout en ayant chacun le nôtre" (47)… Si l’animal est central dans l’œuvre de Mathieu Brosseau, c’est que l’animal central est celui du dedans, qui vit dans les plis. Mais le repli n’est autre que l’intériorisation du dehors ; d’où ce constat : "j’habite ce nulle part qui m’habite" (106). Et cette phrase anti-rimbaldienne, anti-Moderne : "Je est un nôtre, sans nom" (95). Autrement dit, le Je du poète ne vise pas la Différence mais l’indifférenciation innommable.

Le poète est celui-là qui explore son devenir-animal, se lance dans la "traversée de la langue" (11) pour remonter à l’in-vue, à un en-deçà de la figure : le visage-monde.

♦ Mathieu Brosseau vous attend Place St Sulpice, au Marché de la poésie : vendredi 10 juin à 19H ; dimanche 12 à 16H.

 

Libr-événements

â–º Tout sur le 34e Marché de la poésie Paris : ici. [Entre autres, Al dante = stand 110-112 ; éditions du Cheyne = 405 ; Philippe Jaffeux vous attend au stand 501…]

â–º Du côté du Grand Os. Du 4 au 13 juin à la Halle St Pierre, Paris 18e : les Eternels FMR, librairie éphémère (entrée libre).

Du 8 au 12 juin, place St Sulpice, Paris 6e / Marché de la poésie : avec les éditions Fissile – stand 506 b (entrée libre).

â–º LES MERCREDIS DE MONTEVIDEO / Lectures, mercredi 8 juin 2016 à 20h15, "Compérages" : Eric Pesty invite Bénédicte Vilgrain et Pascal Poyet.

"Bénédicte Vilgrain et Pascal Poyet ont chacun publié un ou plusieurs livres chez Eric Pesty Editeur. Etant tous deux également éditeurs (Théâtre Typographique et contrat maint), des rapports étroits existent entre nos différents travaux (édition, écriture, traduction). Cette soirée de lectures permettra donc également de préciser certaines de nos affinités." (Eric Pesty)
Lectures suivies d’un échange avec Emmanuel Moreira, producteur, journaliste à Radio Grenouille.

MONTEVIDEO, créations contemporaines, théâtre, musique, écriture
3, impasse Montévidéo 13006 Marseille
Tarif unique 3€  + adhésion
Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35.
Ouverture du bar de 19h30 à minuit, restauration sur place de 19h30 à 23h00.

â–º

â–º R E N C O N T R E avec G R U P P E N organisée par le Marché de la Poésie et La Guillotine le dimanche 19 juin 2016, à 16h, en compagnie de Amandine André, Yann Beauvais, Pierre Déléage, Laurence Gatti, Laurent Jarfer et Ilan Kaddouch.
La Guillotine, 24 Rue Robespierre, 93100 Montreuil
M° Robespierre (9) — Entrée libre

â–º

14 février 2016

[News] News du dimanche

Après la disparition de Pierre Bourdieu en 2002, Annie Ernaux a écrit un magnifique texte, "Le Chagrin" : c’est ce que ressentent tous ceux qui ont connu Jacques SIVAN, autour de Libr-critique et ailleurs… Aussi commencera-t-on ces NEWS par un Hommage au poète de l’espace motléculaire (1955-2016). Suivront des Libr-brèves diverses : "St ValentinTM" de CUHEL ; abécédaires sur Diacritik ; festival Poés’arts ; RV avec la revue M U S C L E et avec Anne-James Chaton.

 

Hommage à Jacques SIVAN (1955-2016)

Portrait de Jacques SIVAN par Philippe Boisnard ("Time of poetry", 2012)

Côté revues, après avoir participé à TXT, Jacques Sivan a fondé Java avec Jean-Michel Espitallier.

Côté éditeurs, de l’Atelier de l’Agneau au Dernier Télégramme, en passant par Cadex, Trame Ouest, Derrière la salle de bains, Voix, ou encore Les Presses du réel. Mais surtout : Al dante.

Libr-critique a publié et chroniqué bon nombre de ses créations, parmi lesquelles : Mar / cel Duchamp en 2 temps 1 mouvement (Les Presses du réel, 2006) ; Le Bazar de l’Hôtel de ville (Al dante, 2006) ; écoutons "JAVA is not dead" (2007) ; Dernier télégramme d’Al Jack (2008) ; Similijake (Al dante, 2008) ; Pendant Smara suivi de Pissarro & C° (Al dante, 2015)…

L’entretien qu’il a donné courageusement à Emmanuèle Jawad en novembre dernier est à relire comme l’ultime retour sur une œuvre marquante : "L’espace motléculaire".

NON, Jacques SIVAN is not dead.

Libr-brèves

â–º  Dans ce TPP (Texte de Poésie Pratique) que constitue "St ValentinTM",  CUHEL et son Service World Image Nihil Gate (SWING) fêtent à leur façon la fête-des-amoureux / fête-à-neuneux.

â–º Sur Diacritik, on ne manquera ni l’Abécédaire de Liliane GIRAUDON ni ceux de Véronique BERGEN et de Patrick VARETZ.

â–º Poés’arts, festival de poésie et d’art contemporains, du 4 au 6 mars 2016 à l’abbaye de Baume-les-Dames.

La table-ronde, les lectures et les entretiens se dérouleront dans l’Abbaye de Baume-les-Dames.
Durée de chaque lecture : 30 à 40 minutes.
Les ateliers créatifs réunissant artistes et poètes se tiendront au sein même de l’atelier d’Æncrages & Co.
Entrée libre et gratuite à l’ensemble de la manifestation.

VENDREDI 4 mars

☞ 18h Lecture de Philippe Claudel

SAMEDI 5 MARS

☞ 10h30 Table Ronde : Les voix de la poésie. Avec la participation de Roland Chopard (éditeur), Claude-Louis Combet (poète), Jacques Moulin et Elodie Bouygues (animateurs des Poètes du Jeudi), Geneviève Peigné & Jean-François Seron (organisateurs de Samedi poésies dimanche aussi), Françoise Ascal (poète), Sabine Huynh (poète, traductrice), Manuel Daull (libraire, poète).

☞ 14h Entretien avec Michel Butor par Roland Chopard et Elodie Bouygues.

☞ 15h Signature du livre d’artiste de Michel Butor et Martine Jacquemet.

☞ 16h Lecture de Françoise Ascal

☞ 17h Lecture croisée de Déborah Heissler et Sabine Huynh (accompagnées au violon d’Agathe Lorcat)

☞ 18h Vernissage des expositions des artistes Jean-Michel Marchetti, Jean-Claude. Terrier, Aaron Clarke et Philippe Agostini

DIMANCHE 6 MARS

☞ 10h30 Ateliers de création avec les artistes présents dans l’atelier

☞ 14h Performance Michel Butor / Jean-Michel Marchetti / Olivier Toulemonde

☞ 16h Lecture de Jacques Moulin.

â–º Dimanche 21 février 2016, 17H-20H, à l’occasion de la parution du n° 8, présentation de la revue M U S C L E, par Arno Calleja et Laura Vazquez.

Lectures de Christophe Manon, Yuhang Li & Mathieu Brosseau.

M U S C L E est une feuille de papier pliée 4 fois qui fait 42 centimètres de long et 16 centimètres de haut. Tous les 2 mois, sur la feuille qui est la revue M U S C L E, il y a 2 textes, il y a 2 auteurs.

M U S C L E est une couleur qui change à chaque numéro, avec de l’écriture posée dessus à chaque fois. M U S C L E est composée, pliée et éditée par Laura Vazquez et Arno Calleja. 

â–º Mardi 23 février 2016 à 19H, Le Monte-en-l’air, rencontre avec Anne-James Chaton pour son dernier livre, Elle regarde passer les gens (Verticales).

« Elle reproche aux habitants de l’immeuble de l’espionner. Elle révèle des matières. Elle fait surgir des formes. Elle façonne des idées. Elle se fait tout voler. […] Elle doit fuir. Elle retournera à Paris. Elle y a des amis. Elle part pour la Suisse. Elle est arrêtée à la frontière. Elle n’a pas de papiers. […] Elle est de retour à New York. Elle danse. Elle parle. Elle choque. Elle a dû écourter son programme. Elle fait le bilan. Elle a perdu beaucoup d’argent. […] Elle soupçonne quelque chose. Elle ne lui fait pas confiance. Elle se méfie de cette Mary. Elle tourne autour de John. Elle lui plaît. Elle n’est pas la seule. »

Derrière ce «Elle» à identités multiples se cachent treize destins de femmes ayant marqué l’imaginaire du XXe siècle. Les vies de ces célébrités anonymes, saisies au plus près de leur quotidien, se chevauchent en une biographie sans temps mort qui réinvente l’épopée de notre modernité.

14 juin 2015

[News] News du dimanche

Des livres reçus pour commencer (de Daniel Franco, de Florence Pazzottu et de Frank Smith) ; des nouvelles du côté de chez P.O.L, ensuite ; enfin, des Libr-événements (rencontres avec le Bureau d’Investigations Poétiques, Philippe Annocque, Anne Savelli/Joachim Séné, Mathieu Brosseau)…

Livres reçus /FT/

â–º  Daniel Franco, Quelques cages, Argol, printemps 2015, 80 pages, 16 €, ISBN : 978-2-37069-0076-4.

« Pourquoi des "cages" ? Parce que la cage est le lieu de départ du chant, en direction du ciel qui ne s’atteint pas », précise Daniel Franco, qui poursuit ici un travail ouïthanatographique commencé avec Je suis cela. Celui qui ne croit pas à la mémoire s’évertue à cartographier le territoire de la mère et de l’enfance – une mère dont la mort lui a fait perdre cinquante kilos et lui a ouvert les yeux – dans une écriture du deuil, "langue brisée par la douleur et recollée dans l’espoir que s’arrête la douleur" (36)…

â–º Florence Pazzottu, Hymne à l’Europe universelle (sic), Al dante, printemps 2015, 40 pages, 7,50 €, ISBN : 978-2-84761-747-4.

Un conseil d’ami : achetez un maximum d’exemplaires possible et distribuez-les… Car cet opus salutaire évoque sans pathos ce que c’est qu’être Rrom aujourd’hui : « le poème organise, avec les ressources mêmes de la lanque, la résistance à ce qui, dans la langue (dans le monde), assigne et aliène, détruit la place  du "je-ne-sais-qui", poussant hors de ses frontières ou renvoyant à l’invisibilité, à l’inexistence sociale, celui qui (parmi les "n’importe qui") est aux yeux de l’époque (de la société) le plus irréductiblement autre […] » (p. 35)…

â–º Frank Smith, KATRINA Isle de Jean Charles, Louisiane, éditions de l’attente, juin 2015, 136 pages, 11 €,ISBN : 978-2-36242-055-9.

Alternant listes et passages lyriques en italiques, annonces, circulaire sur les mesures à prendre en cas d’ouragan, descriptions objectives et scènes dialoguées, le texte évoque les Indiens d’Isle de Jean Charles ; il pousse "les cartes routières dans leurs retranchements" et explore une langue à part, celle des Cajuns, qui remonte au XVIIIe siècle : "Entre chaque mot, il y a une mer de non-dits et des flots et des rivières et des trous de silence. Ce sont des people, des gens qui s’expriment peu. Ils bredouillent, la plupart du temps. Avec des accidents entre ce qui est dit et leurs dents"…

Du côté de chez P.O.L

En librairie entre le 20 août et le 10 septembre 2015
·         Nathalie Azoulai Titus n’aimait pas Bérénice
·         Lise Charles Comme Ulysse
·         Mary Dorsan Le présent infini s’arrête.
·         Nicolas Fargues Au pays du p’tit
en librairie le 3 septembre 2015
·         Edouard Levé Œuvres  collection #formatpoche
en librairie le 10 septembre 2015
·         Trafic 95
 
Rappel juin 2015
·         Édith Azam, Caméra
·         Jean-Luc Bayard, P.O.L nid d’espions
·         Paul Fournel, Le Bel Appétit
·         Valère Novarina, Le Vivier des noms (Festival d’Avignon)
·         Albane Prouvost, meurs ressuscite
·         Trafic 94

Libr-événements

â–º Le bureau d’Investigations poétiques présente :

⟼ Lundi 15 juin, à partir de 19 heures
Dans le cadre du lancement des Cahiers d’À bras le corps #2 :
LES FILMS DU MONDE // 9 CINÉTRACTS
Installation vidéo (27’)
Les Laboratoires d’Aubervilliers
 
⟼ 28 juin — 4 juillet 
GUANTANAMO
Installation vidéo (16’)
WARM Festival
Sarajevo
 


bip  bureau d’investigations poétiques | bureau of poetic investigations 
bip  63 rue de lancry 75010 paris | 2825 2nd st santa monica ca 90404
          www.franksmith.fr  

â–º Jeudi 18 juin à Paris, rencontre signature à la librairie Le Comptoir des Mots à 19h30 avec deux auteurs des éditions de l’Attente : Philippe Annocque pour Mémoires des failles et Pascale Petit pour Le parfum du jour est fraise.

239 Rue des Pyrénées, 75020 Paris Métro Gambetta
Tél : 01 47 97 65 40

â–º Vendredi 19 juin à 19H, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris) : De l’île ronde à l’aiR Nu, lecture/son/image, par Anne Savelli et Joachim Séné (d’après Anne Savelli, île ronde, Joca seria, hiver 2014).

â–º Lundi 22 juin à 19H, Maison de la poésie Paris, Data transport de Mathieu Brosseau, par Jean-Marc Bourg et l’auteur.

21 mai 2015

[Livre – chronique] Mathieu Brosseau, Data Transport

Tandis qu’a lieu ce soir à 19H, à L’Arbre à Lettres Mouffetard (75005 Paris), la première rencontre avec l’auteur autour de son dernier livre, découvrons ce récit spirituel.

Mathieu Brosseau, Data transport, éditions de l’Ogre, mai 2015, 152 pages, 16 €, ISBN : 979-10-93606-10-1.

Présentation

Présentation éditoriale. Quand M. est un beau jour repêché par un cargo en pleine mer, ni lui ni personne ne sait qui il est, ni ce qui l’a mené ici. Muet et amnésique, il trouve une emploi dans un service de courriers non adressés à la poste et semble progressivement recouvrer la mémoire ainsi que le langage par l’intermédiaire des lettres qu’il lit et classe toute la journée. Cette découverte de lui-même, de son histoire, celle d’un être confronté à la difficulté d’incarner à la fois son corps et son verbe, et condamné dès sa naissance à une mystérieuse seconde de retard, va le mener jusqu’à la source de ses crimes – réels ou illusoires – et de sa propre disparition.

Dans un univers éthéré et poétique, et avec une précision poétique chirurgicale, Mathieu Brosseau interroge dans Data Transport ce que la langue fait au corps. Comment reprendre corps, mémoire et langue ? Comment distinguer ce qui, dans cette reconquête de la langue et de la mémoire, appartient à l’identité ou aux lettres que lit M., sorte de Bartleby qui serait passé de l’autre côté du miroir.

Le titre, par l’auteur. « C’est la première fois que j’ai eu autant de mal à trouver un titre. Il y en a eu 3 ou 4 provisoires. Puis "Data transport" s’est imposé comme une évidence lors d’une réunion, puisque ce récit porte, à l’instar des lettres, sur ce qui n’arrive pas à destination, les NPAI bien sûr mais aussi la parole du bègue, le mouvement sans fin de la réalité, pi, etc. Je crois que nous n’arrivons (ni nous, ni les paroles, ni les "Data", donc) jamais à destination, et c’est pourquoi nous imaginons/créons des fins, des objets. Nous comblons le vide insupportable qui se dégage de l’impossibilité d’une fin. Même notre mort, qui pourrait être l’arrivée, le point B de notre existence, nous échappe. Donc Data Transport, le chemin de l’information, le chemin du contenu, de l’artifice de la pensée qui cherche à combler un insupportable sans-fin, sans-arrivée. » 

Chronique

"L’issue serait-elle de jouir de sa disparition ?" (p. 121).

"Pas trop être (dans tous les sens) : ça rend zinzin. […] Je pense à vous qui êtes si détestablement nombreux" (44).

M comme mer, méduse, méditation… M comme Mathieu ? Non, pas vraiment, ou alors son double – dont la voix n’est pas sans rappeler celle des proses poétiques, et en particulier La Confusion de Faust, UNS et Ici dans ça. Nulle autofiction ici : "Toutes les histoires privées sont dégueulasses à raconter" (107).

Le titre confère au texte son aspect cyclique, puisqu’il commence et se termine de la même façon : "Un cargo commercial UVM 5, fin et  long, étrangement baptisé Data Transport, le ramasse alors qu’il danse dans l’eau, jeune grenouille débutante qu’il est, se débattant dans une mer peu hospitalière" (9 et 136). À un détail près : si l’on tient compte de la postface, qui offre un clin d’œil à Dostoïevski par le biais d’un certain Sandor Mychkine, le texte s’achève sur "M. est donc possible" (140).

Il faut dire que l’on peut en douter : comme le M. Teste de Valery, n’est-il "autre que le démon même de la possibilité" ? Consterné par l’incomplétude de la parole, il vit dans l’espace du dedans (M. comme Michaux) ; son mutisme mystique est consubstantiel à sa quête ontologique : il n’a de cesse de faire coïncider les mots et les choses. Celui qui ne croit pas à l’identité est "avaleur de couleuvres (il aimait tant avaler l’identité des autres)" (38) : "Le contemporain est toujours pluriel. / On pourrait parler du contemporeux" (61). Ce qui ne l’empêche pas de cultiver sa singularité : comment pourrait-il être moderne – la modernité étant "la Propagande des communautés" (95) ? Et si le "réel" tout entier est Propagande, autant disparaître… Hors du "réel", donc, M.

"M. est quantique" (139). (M comme métaphysique). Qu’est-ce qu’un sujet, en un temps où la conscience est aussi discontinue que la matière ? Quelque chose d’aussi insituable qu’une particule élémentaire. (Décidément, de Houellebecq à Brosseau, en passant par Ferrari, la physique quantique ne laisse pas d’inspirer les écrivains contemporains).

Né avec une seconde de retard et doté d’une seule syllabe, M. n’est pas de ce monde : "peut-être était-ce cette initiale qui lui faisait croire qu’il obtiendrait un jour une finale. Mais ce jour-là, par effet d’évaporation infiniment angoissante, il était question qu’il s’arrêtât en chemin. Cela ne lui était pas tolérable.  / Il disparaissait" (105). NPAI (n’Habite Plus à l’Adresse Indiquée). Radical, il se tourne vers l’absolu – vers le monde des objets mathématiques. Et il raconte des histoires. Ni réalistes, ni autobiographiques : pour le je scripteur, tout réalisme, fût-il de nature autobiographique, est dégueulasse.

17 mai 2015

[News] News du dimanche

Après la UNE consacrée à Mathieu Brosseau pour la parution de Data Transport, nos Libr-événements : RV avec Serge Martin-Ritman, Sandra Moussempès, des auteurs de la série Z et du n° 77 de MCD, mais aussi des poètes volants… Et pour couronner le tout, DATABAZ vous offre des images invisibles !

 

 UNE : Mathieu BROSSEAU, Data transport

  • Jeudi 21 mai à 19 heures à L’Arbre à Lettres Mouffetard – métro Censier-Daubenton – Avec les éditeurs et Isabelle Schulmann, libraire. Rencontre précédée par une lecture d’extraits par Jean-Marc Bourg, comédien

  • Mercredi 3 juin à 19 heures au Monte-en-l’air – métro Ménilmontant – Avec les éditeurs et Aurelie Garreau, libraire

  • Lundi 22 juin à 19 heures à la Maison de la Poesie de Paris – métro Rambuteau – Lecture-écriture en duo avec Jean-Marc Bourg – Réservation recommandée
***

Présentation de l’éditeur. Quand M. est un beau jour repêché par un cargo en pleine mer, ni lui ni personne ne sait qui il est, ni ce qui l’a mené ici. Muet et amnésique, il trouve une emploi dans un service de courriers non adressés à la poste et semble progressivement recouvrer la mémoire ainsi que le langage par l’intermédiaire des lettres qu’il lit et classe toute la journée. Cette découverte de lui-même, de son histoire, celle d’un être confronté à la difficulté d’incarner à la fois son corps et son verbe, et condamné dès sa naissance à une mystérieuse seconde de retard, va le mener jusqu’à la source de ses crimes – réels ou illusoires – et de sa propre disparition.

Dans un univers éthéré et poétique, et avec une précision poétique chirurgicale, Mathieu Brosseau interroge dans Data Transport ce que la langue fait au corps. Comment reprendre corps, mémoire et langue ? Comment distinguer ce qui, dans cette reconquête de la langue et de la mémoire, appartient à l’identité ou aux lettres que lit M., sorte de Bartleby qui serait passé de l’autre côté du miroir.

Le titre, par l’auteur. « C’est la première fois que j’ai eu autant de mal à trouver un titre. Il y en a eu 3 ou 4 provisoires. Puis DT s’est imposé comme une évidence lors d’une réunion puisque ce récit porte, à l’instar des lettres, sur ce qui n’arrive pas à destination, les npai bien sûr mais aussi la parole du bègue, le mouvement sans fin de la réalité, pi, etc. Je crois que nous n’arrivons (ni nous, ni les paroles, ni les "Data", donc) jamais à destination, et c’est pourquoi nous imaginons/créons des fins, des objets. Nous comblons le vide insupportable qui se dégage de l’impossibilité d’une fin. Même notre mort, qui pourrait être l’arrivée, le point B de notre existence, nous échappe. Donc Data Transport, le chemin de l’information, le chemin du contenu, de l’artifice de la pensée qui cherche à combler un insupportable sans-fin, sans-arrivée. »

 

Mathieu Brosseau, Data transport, éditions de l’Ogre, mai 2015, 152 pages, 16 €, ISBN : 979-10-93606-10-1.

 

Libr-événements

â–º RV avec Serge Martin-Ritman :

Jeudi 21 mai 2015, au Musée du quai Branly à 17h30 (salle 2) dans le cadre du séminaire « Histoires de gestes », présentation du numéro 7 de la revue Résonance générale (http://www.latelierdugrandtetras.fr/resonance.php?type=1&PHPSESSID=24a52b1b8826203a3069b0c60f30c543) : rencontre avec Alexis Pelletier et Guy Perrocheau.
 
Dimanche 31 mai 2015 à 16 heures à Montreuil (La Guillotine, 24, rue Robespierre), lecture aux côtés d’Antoine Emaz et de Camille Loivier : http://poesie.evous.fr/31-mai-dimanche-Matinee-d-editeur-1-Tarabuste-Triages-La-Guillotine-Montreuil.html
 
Samedi 13 juin à 16 heures au stand des éditions Tarabuste (marché de la poésie, place Saint Sulpice, Paris 6e) : signature de Tu pars, je vacille (http://www.laboutiquedetarabuste.com/fr/collections/doute-b-a-t/ritman-serge-tu-pars-je-vacille/110) avec le verre de l’amitié.
 
A l’occasion de la publication de Tu pars, je vacille (éditions Tarabuste : http://www.laboutiquedetarabuste.com/fr/collections/doute-b-a-t/ritman-serge-tu-pars-je-vacille/110) un long entretien avec Yann Miralles : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2015/05/entretien_serge_martin1.html
 

â–º Sandra Moussempès évoque Sunny girls sur France Culture (podcast).

â–º Le mercredi 20 mai, la librairie Texture reçoit z : autour des deux dernières séries (3 & 4). En compagnie des auteurs Patrick Beurard-Valdoye, Pierre Drogi, Anne Kawala, Fabienne Raphoz et Lucie Taïeb. À 19h30, à la librairie Texture, 94 Avenue Jean Jaurès, 75019, Paris.

â–º Mercredi 20 mai 2015 à 19H, Seconde Nature à Aix-en-Provence. Le magazine MCD#77 La politique de l’art s’interroge sur les nouvelles formes d’engagement et d’activisme numériques sous les angles pratiques et théoriques, par le biais d’articles de fond et par des portraits d’artistes et collectifs emblématiques.

Dans le cadre d’un partenariat avec MCD, le magazine des cultures digitales, et en écho à l’exposition Archéologie des medias (20 mai au 28 juin à Seconde Nature), Alphabetville et Seconde Nature vous invitent à une présentation et une discussion autour des enjeux politiques de l’art actuel avec les contributeurs régionaux à ce numéro :
– Christophe Bruno et Emmanuel Guez, artistes et enseignants à l’Ecole supérieure d’art d’Avignon (Théories des medias, créations numériques et actions politiques)
– Colette Tron, critique, directrice d’Alphabetville à Marseille (Armes et arts de la révolution, de l’électronique au numérique)
– Jean-Paul Fourmentraux (sous réserve), sociologue et enseignant en art à l’Université Aix-Marseille (Faire œuvre en art et politique)
Présentation du numéro par Guillaume Renoud-Grappin, directeur associé de MCD.

Rencontre suivie de la projection d’œuvres des artistes Julius von Bismark et mounir fatmi. Informations : http://www.secondenature.org/MCD-77-La-Politique-de-l-Art.html

â–º Poètes volants : David Christoffel, Sabine Macher, Daniel Pozner et Pierre Soletti. Samedi 23 mai 2015 (à partir de 15 h 30).
Le Râteau-Lavoir / 4, rue Charles-Bassée / 94120 Fontenay-sous-Bois
RER A : Fontenay-sous-Bois
Pour plus de détails :
http://poesie.evous.fr/23-mai-samedi-Poetes-volants-Le-Rateau-Lavoir-Fontenay-sous-Bois.html
 

â–º Samedi 23 mai 2015 à 20H30, DATABAZ (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : 100, rue du Gond à Angoulême) : IMAGES INVISIBLES, projection d’images mentales sur supports sonore et littéraire.

Un projet de Rhizome (Québec), d’après une idée originale de Mathieu Campagna.

_ samedi 23 mai 2015 _ 20h30

Lecture et art audio dans l’obscurité par 4 duos d’auteurs et créateurs sonores

Daniel Canty (son : Miriane Rouillard)

Renée Gagnon (son : Antoine Caron)

David Leblanc (son: Marc Doucet)

Simon Dumas (son : Mathieu Campagna).

Images invisibles est le résultat d’une collaboration entre un auteur et un artiste audio, dans le but de créer des court-métrages dépourvus d’image. Fusion, donc, entre narration et environnement sonore surround, ce spectacle singulier se déroule dans le noir complet.

Images invisibles cherche à susciter l’émergence d’images mentales chez l’auditeur, un peu comme le fait la lecture romanesque, mais en amplifiant le pouvoir des mots par un support audio enrobant et suggestif (voix narratrices, bruits d’ambiance, musiques, sons inventés). Les périodes d’obscurité sont ponctuées d’effets de lumière qui révèlent les auteurs lisant leur texte devant ou parmi les spectateurs, dans une dynamique d’apparition/disparition à la limite du spectral. Images invisibles s’affranchit du joug de l’image visuelle, en explorant les rapports complexes unissant la parole et le son, et permet la création de nouveaux alliages littéraires. [cf. visuel en arrière-plan]

5 décembre 2014

[News] Spécial Maison de la poésie Paris

Finalement, c’est à deux RV que vous êtes conviés demain à la Maison de la poésie Paris : lectures de Sereine Berlottier, Dominique Quélen & Caroline Sagot Duvauroux ; soirée avec Laure Limongi.

 

â–º Samedi 6 décembre 2014 – 17H00

Lectures de Sereine Berlottier, Dominique Quélen & Caroline Sagot Duvauroux

Cycle : Résidences en IDF – Lectures

Soirée conçue par Mathieu Brosseau Lecture

Tarif : 5 € / adhérent : 0 €
12-06-17h S. Bertollier (c) Sébastien Rongier

« Le phénomène est sans doute plus réel que les objets qui le composent. Imaginons ne rien posséder, pas même la définition des choses qui nous entourent. Imaginons un homme araignée. Il a deux objets : sa toile et puis les limites de celle-ci ; il a sa proie qui le fait survivre et son cadre qui est son propre piège. Imaginons-le aujourd’hui dans sa plus grande nudité, hors cadre, sans la pensée tissant sa propre fin. »
Ces quelques phrases ont été conçues comme un prétexte. Il s’agissait d’inviter les trois poètes, Sereine Berlottier*, Dominique Quélen et Caroline Sagot Duvauroux – à l’écriture et à la voix puissantes et innovantes – et de les faire lire un ensemble écrit ou façonné pour l’occasion.
 
Lectures proposées dans le cadre du cycle « Écrivains en résidences en Région Île-de-France ».
 
* Sereine Berlottier est en résidence à la Scène du Balcon (Paris 20e) jusqu’en février 2015.
 
© Sébastien Rongier

 

â–º Samedi 6 décembre 2014 – 19H00

Laure Limongi – « Cahiers cousus & mousse au chocolat »

Cycle Résidences en IDF

Performance

Tarif : 5 € / adhérent : 0 €
12-06- Laure limongi ©C.Hélie

À travers une forme hybride entre conférence et performance, Laure Limongi évoquera le destin des livres et celui des recettes de cuisine, entre consistance et possibilité d’oubli, affection dévorante et épuisement, gourmandise et révolution numérique. Certains de ses auteurs fétiches seront convoqués, tels B.S. Johnson ou Hélène Bessette, dans un moment éminemment digressif et joyeux.
 
Performance proposée dans le cadre du cycle « Écrivains en résidences Région Île-de-France ».
Laure Limongi est en résidence à la librairie Le Monte-en-l’air (20e) où elle a initié le projet « L’Hospitalité ».
 
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À lire : Laure Limongi, Indociles (essai littéraire sur Denis Roche, Hélène Bessette, Kathy Acker et B.S. Johnson), Léo Scheer, 2012 ; Soliste, Inculte, 2013. À paraître en mars 2015 aux éditions du Monte-en-l’air : Ensuite, j’ai rêvé de papayes et de bananes (fiction, avec une création graphique de Fanette Mellier).
À voir : www.laurelimongi.com
À suivre : « L’Hospitalité », résumé sur remue.net

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