Libr-critique

22 mars 2020

[News] News du dimanche

Dans cette spéciale : après un Edito de circonstance, de drôles de Libr-brèves et une ingénieuse Libr-(ré)création…

 

Edito /Fabrice Thumerel/

Face à l’innommable, toute littérature fait-elle le poids ? Assurément pas ces journaux coronavirussés où il est question de vaines préoccupations de nantis. (Les grands-écrivains dominants du siècle dernier donnaient dans l’exotisme, le voyage, les expériences gratuites ; les actuelles têtes de gondoles des grands-éditeurs nous offrent au rabais le repli nombriliste).

L’exception cuculturelle française ne fait du reste pas le poids : le circuit de production-distribution de livres est quasiment à l’arrêt (voir l’article récent de Guillaume Basquin). À croire qu’il est plus contagieux de toucher les livres que les denrées alimentaires… De toute façon, les livres ne constituent nullement une nécessité première, n’est-ce pas.

Heureusement, certaines plateformes commerciales ou de libraires indépendants présentent encore certains livres ou leur version numérique (Decitre, Les Libraires.fr, Place des libraires, FNAC, La Librairie.com…). Et il reste le riche catalogue de nos amis de Publie.net : parmi les titres plus ou moins récents, mentionnons L’Homme heureux de Joachim Séné ; Virginie Gautier/Mathilde Roux, Paysage augmenté ; Laurent Grisel, Journal de la crise, 2008… Ou encore, qui vient de paraître, Christophe Grossi, La Ville soûle , qui nous emmène de Paris (« Métropismes » et « Notes du dehors ») à Berlin et Barcelone, nous offrant en outre une « promenade littéraire, musicale, artistique et cinématographique ».

C’est dire que LIBR-CRITIQUE, même à court de Libr-événements, entre dans une période d’intense activité, comme on dit d’un volcan : nous allons vous proposer non seulement des lectures passionnantes – quels qu’en soient les supports –, mais encore des libr-créations et libr-réflexions à goûter et méditer – sans oublier de libr-zigzaguer de site en site et de blog en blog.

 

Libr-brèves

♦ Deux très bonnes nouvelles dans cette ambiance anxiogène.
1. L’armée américaine a annoncé avoir testé avec succès un prototype de missile hypersonique qu’elle espère déployer dans les cinq ans pour concurrencer des armes similaires développées par la Chine et la Russie.
2. L’Eglise catholique a décidé d’accorder, sous certaines conditions, « l’indulgence plénière » ou pardon des péchés aux croyants frappés par le Covid-19. /Jean-Michel Espitallier/

♦ CUHEL, Tourbillons absurdologiques

Le libéralisme, c’est récolter le rien après avoir cherché et semé le plusx ; c’est abandonner la recherche pour mieux trouver le Néant ; c’est libérer l’état de ses responsabilités pour les offrir en fardeaux aux vovotants-consuméristes ; c’est virer des lits dans les hôpitaux pour faire place aux virus ; c’est étendre aux hôpitaux le tri sélectif pour faire de la place ; c’est libérer des flics dans les rues pour répandre la Bonne-Parole ; c’est libérer les humoins de leur fardeau existentiel…

La fRANCE est la 7e puissance économique, donc elle p(and)énurique.

Il faut tousser dans le coude pour mieux se saluer : c’est ainsi qu’on s’allie en fRANCE, où l’on a les coudées franches.

En fRANCE, le travail rend libres ceux qui n’ont pas le choix.

En fRANCE, la liberté c’est se mettre sur orbite, les yeux exorbités, dans son propre quartier, avec à la main un pis-aller.

En fRANCE, lorsque le personnel de santé manifeste pour plus de moyens, on emploie les grands moyens : le pouvoir les salit et les CRS les accueille ; mais lorsque ça sent le cercueil par manque de moyens, on trouve le moyen de les enrôler comme moyens, et le président les salue !

En fRANCE, on a du bon sens, mais ça n’a pas de sens.

La fRANCE arbore l’exception culturelle, mais la mort cruelle ne fait pas d’exception.

La fRANCE a viré ses tests pour donner du lest au virus.

En fRANCE, tests de dépistage, tests d’apprentissage, même combat : vive le PIS-Aller !

En fRANCE, on n’a pas de masques, mais on avance masqués.

En fRANCE, on a des banderoles, mais on n’a pas d’idées.
En fRANCE, on a des casseroles, mais on n’a pas d’idées.
En fRANCE, on a des véroles, mais on n’a pas d’idées.

Libr-(ré)création

Marcel Navas, MOTS CROISÉS INSOLUBLES
Problème n° 1

Horizontalement

  1. Avec elle c’est toujours la même chose, il faut qu’elle fasse remarquer son indifférence. – II. Plus ça dure et plus ça ramollit. Se fâche tout rouge sans changer de couleur. – III. Bien sûr qu’il était un homme d’expérience ! Preuve de mauvaise foi. – IV. Elle fait ce qu’elle peut et défait davantage encore. À la pointe du combat. Tout en délicatesse. – V. Il faut le boire cul sec pour connaître ses vertus aphrodisiaques. – VI. Pas du genre à se laisser faire, ni à repasser. Agent de texture recommandé aux écrivains dispersés. Il s’imagine qu’il impressionne. – VII. Publicité pour la duplicité. Rattrapage nocturne. - VIII. Pièges à oiseaux. Compliment bien mérité après une interminable série de blâmes. – IX. Sablier impérissable. Clôture des contes. - X. Absences répétées et finalement définitive. Nom usuel des anonymes. Artisan d’un projet irréalisable. – XI. Marques d’affection indélébiles. – XII. Aveugle aux beautés de la peinture, et sourd par dessus le marché de l’art. Dans le cadre du jeu et pourtant hors sujet.

Verticalement

  1. Douleur que seule guérit une longue habitude de la souffrance. – 2. Cet argument serait solide s’il n’avait le défaut d’être liquide. – 3. Il a brillé longtemps par son absence d’esprit puis s’est éteint. – 4. Facilite le divorce des vieux couples italiens. Méandres de la pensée. – 5. Ne peut survivre qu’au prix d’une baisse de revenu. Se donne des airs d’hôtesse. Puissant par sa capacité de nuisance. – 6. Cette manie qu’il a de violer les consciences ! – 7. Meuble d’angle sans grande utilité. Gourmandise jamais punie. Association d’idées sans autre but que récréatif. – 8. Aptitude à passer inaperçu sans pour autant disparaître. Fait le plein avant de vider son sac à malices. Du gaspillage mais pas pour tout le monde. – 9. Elles sont mises en scène ou alors mises en boite. – 10. Remplace avantageusement le remplaçant défaillant. Forme d’ennui à plein temps. – 11. Individu qui joue aux dominos avec sa mère et aux abdominaux avec sa femme. – 12. Lettres retournées à l’envoyeur avec promesse de correction.
Marcel Navas est critique d’art privé et collectionneur. 
Il propose ici des mots croisés qui durent longtemps.
Pour lutter contre la déprime, pour gagner du temps…

 

 

6 octobre 2019

[News] News du dimanche

Notre nouvelle sélection LIBR-10, après quelques Libr-événements : RV Ivy writers ; avec Maxime H. Pascal ; 29e Salon de la Revue ; Stéphane Bouquet à Lyon ; Soirée des Canulars à Lyon…

Libr-événements

► MARDI 8 OCTOBRE 2019 à 19h30 Ivy Writers vous invite à une soirée de LECTURES BILINGUES avec les poètes Heather Hartley, Pascale Petit et Françoise Favretto : Delaville Café (34 bvd bonne nouvelle 75010 Paris).

â–º Samedi 12 octobre, dans le cadre de la Fête de la science, lecture de Maxime Hortense Pascal à Barjols : L’Usage de l’imparfait (éditions Plaine Page).

â–º Du 11 au 13 octobre, au 29e Salon de la Revue, Espace des Blancs-Manteaux :

â–º Mercredi 16 octobre à 17H, Grand Amphi de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon : Stéphane Bouquet intervient dans le cadre d’une journée d’études de la Station d’arts poétiques, programme d’enseignement, de recherche et de création vers l’écriture poétique.

► Vendredi 18 octobre à 19H30, Lyon :
Libr-10 (automne 2019)
► Jacques BROU, La Histoire du Hommenfant, Tinbad, 144 pages, 18 €.
â–º Jacques CAUDA, Profession de foi, ibidem.
► Virginie GAUTIER & Mathilde ROUX, Paysage augmenté, Publie.net, sans numérotation, 12 €.
► Louis ROQUIN, Journaux de sons : 1998-2016, Les Presses du réel/al dante, 544 pages, 30 €.
► Jacques SIVAN, Notre mission, ibidem, 408 pages, 27 €.
â–º Marina SKALOVA, La Chute des comètes et des cosmonautes, L’Arche, 96 pages, 13 €.
► Christophe TARKOS, Le Petit Bidon et autres textes, préface de Nathalie Quintane, P.O.L, 224 pages, 9,50 €.
â–º Andrew ZAWACKI, Sonnetssonnants, traduit de l’anglais par Anne Portugal, Joca seria, 80 pages, 7,50 €.
► PLI, n° 10, 12 €.
â–º L’Écriture du Je dans la langue de l’exil, sous la direction de Isabelle Grell-Borgomano et Jean-Michel Devesa, EME éditions, Louvain-la-Neuve, 358 pages, 36 €.

8 septembre 2019

[News] News du dimanche

Ça y est, la fameuse « Rentrée » bat son plein… On pourra s’amuser à (re)découvrir nos façons libr&critiques de traiter l’événement : « Ã§a existe, ça ?…« , « Rentrée littéraire ?… »… Et aussi on pourra lire ci-dessous notre nouvelle pierre à l’édifice libr&critique : une très spéciale « Rentrée-littéraire »… Suivie de nos rubriques En lisant, en zigzaguant et Libr-événements (Eduardo KAC, « Ã‰crire l’art », NOVARINA)…

Spéciale « Rentrée-littéraire » /FT/

« ABOLITION DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE »
(TXT, éditions Nous, Caen, n° 33, août 2019, p. 6).

Si l’on veut avoir « une idée de ce qui benoîtement ou cyniquement s’écrit, se publie, se lit et triomphe aujourd’hui » (p. 95), il suffit de lire Éric Chevillard, Défense de Prosper Brouillon, paru à la rentrée 2017 aux éditions Noir sur Blanc, qui condense les clichés du roman-made-in-France à partir d’une sélection de vingt best-sellers. Auteur à succès qui fait des envieux, le bien nommé Prosper Brouillon connaît sur le bout des doigts les ficelles du métier : « Dans chacun de ses romans, Prosper Brouillon glisse un double de lui-même, un modeste alter ego ordinairement en charge d’un rôle secondaire mais à qui il revient de distribuer les sentences bien frappées d’une riche expérience de la vie et d’une morale rigoureuse » (40). Un moment de grâce dans son roman primé Les Gondoliers : « »Le visage de la jeune femme se précisa et lui empoigna l’âme« . Et d’un coup, le fameux « Ce fut comme une apparition » de L’Éducation sentimentale se trouve relégué au rayon vieilleries de notre littérature » (53)…

La rentrée-littéraire est assurément un temps fort de notre vie-littéraire. Mais à quoi bon les interviews ? « Cela ne servirait à rien d’interroger l’auteur, hagard sur le banc. D’essayer de savoir ce qu’il a voulu dire. Il est déjà ailleurs, dans l’irremplaçable esclavage d’un nouveau livre » (Marcel Moreau, À dos de Dieu, Quidam, 2018, p. 129).

♦♦♦♦♦

Le mot « Ã©crivain »  est prétentieux, souvent ridicule,
comme une revendication  désespérée ou une déclaration honteuse.

« Critique littéraire » fait anachronique, arbitre des élégances
perdu dans une soirée électronique de la Nouvelle Athènes, Paris IXe.

[…] J’aime de plus en plus le mot « booktubeuse », imagé, agrégatif,
mutant, neuf, numérique, en phase avec le temps, attaché à Bettie » (p. 87).

À l’âge du posthumanisme dystopique, des punchlines, de la postcritique et de la narrative non-fiction ;
en un temps où triomphe le Marché, et donc où règnent le V.I.C.E (« vénalité, idéologie, compromission, ego ») et, dans le champ artistique, les fondations ;
il faut renoncer à la critique pour être booktubeur/beuse ou « startuper dans le domaine de la génération automatisée de contenu textuel » (42).

Stéphane Sorge, hélas pour lui, est « l’agent mondain du tri sélectif des déchets culturels, le futur expulsé du territoire des livres » (106). Contrairement à celle qu’il va s’efforcer de séduire malgré l’écart d’âge : « Plus on la voit, plus elle vit. Plus on s’abonne à sa chaîne, plus elle existe. Elle est un média, l’actualisation sans fin d’un corps et d’un discours. Elle est BettieBook » (40). Ses activités : vidéo training, bookshelf tour (« visite commentée de sa bibliothèque-décor »), unboxing (« déballage public des livres reçus »), swap (« Ã©change de colis-cadeaux »), book haul (butin de livres au fil des occasions), bookcrossing (vidéo des livres appréciés qu’on souhaite partager en les abandonnant dans des endroits publics)…

On vous épargne la revenge porn qui dynamise ce récit caustique pour en venir à l’essentiel : has been la Rentrée-littéraire, non ?

Frédéric Ciriez, BettieBook, Verticales, 2018, 192 pages, 18,50 €.

En lisant, en zigzaguant… [Livres reçus cette semaine : lus et recommandés]

♦ « Tu sais, avant de venir, on se disait – OH LA FRANCE ! – ce si grand pays LA FRANCE ! mais c’était pas vrai du tout LA FRANCE c’était un pays comme les autres un petit pays un tout petit pays comme les autres avec des petits immeubles des petites voitures des petits feux rouges et des gens petits. Quand on est arrivés au début les Français ils nous prenaient dans leurs bras ils nous faisaient des bisous bonjour bisous merci bisous au revoir bisous et puis à la première occasion dès qu’ils voyaient un problème approcher ils se collaient au sol et ils rampaient comme des cafards ils foutaient le camp en faisant de grands sourires, désolé, oh vraiment désolé monsieur. Derrière la politesse des Français, il n’y avait rien, rien du tout, que de la PETITESSE »

(Marina SKALOVA, La Chute des comètes et des cosmonautes [Théâtre : trajet Berlin-Moscou entre une jeune astrophysicienne et son père], L’Arche Editeur, septembre 2019, p. 37).

♦ « Le travail de Mathilde Roux et Virginie Gauthier est un départ en forme d’écart. Écart tout d’abord avec la cartographie conventionnelle. Tournant les pages de ce livre, on ne peut qu’être frappés par les échos multiples d’une littérature qui a rompu les amarres avec les rivages d’un monde trop connu, trop cartographié […].
Écart ensuite avec la cartographie qui nous est soi-disant promise, numérique, « smart » au dire de certains, capable de cartographier les déplacements de chacune et chacun en « temps réel » ; temps qui n’a rien d’humain, temps qui file aux deux -tiers de la vitesse de la lumière, se défile, pour ne plus parler qu’aux machines et aux algorithmes »

(Alexandre Chollier à propos de Mathilde Roux et Virginie Gautier, Paysage augmenté #1, postface d’Alexandre Chollier, à découvrir et précommander sur Publie.net, septembre 2019, 12 €).

Libr-événements

► Jeudi 19 septembre à 19H, centre Pompidou à Paris :

â–º Vendredi 20 septembre 2019 à 19H, Kunsthalle de Mulhouse : Soirée « Ã‰crire l’art »

Pendant 10 années, répondant à l’invitation de Jennifer K Dick et Sandrine Wymann, 21 poètes se sont succédé à La Kunsthalle. Exposition après exposition, en immersion au cœur des œuvres, Jérôme Mauche, Virginie Poitrasson, Frédéric Forté, Véronique Pittolo, Jean-Michel Espitallier, Daniel Gustav Cramer, Michaël Batalla, Stéphane Bouquet, Cécile Mainardi, Martin Richet, Eric Suchère, Hyam Yared, Anne Portugal, Andrea Inglese, Christophe Fiat, Dominique Quélen, Frank Smith, Christophe Manon, Sandra Moussempès, Deborah Heissler, Luc Bénazet se sont emparés de l’invitation et ont composé une œuvre inédite. Elles sont à présent rassemblées dans un DOSSIER DES OUVRAGES EXÉCUTÉS. Véritable mémoire de dix années d’expositions, ce livre reflète la créativité et la diversité d’un lieu ouvert à de multiples pratiques artistiques.

À l’occasion du lancement de l’édition, Frédéric Forté, Frank Smith et Eric Suchère, auteurs de la Résidence Ecrire l’art reviennent à Mulhouse pour lire leurs textes. D’autres seront présents par l’image et d’autres encore prêteront leurs mots à des lecteurs.

DOSSIER DES OUVRAGES EXÉCUTÉS a été conçu par l’artiste graphiste Jérôme Saint-Loubert Bié, également présent pour l’événement.

Cette soirée exceptionnelle sera aussi l’occasion de rencontrer et d’écouter Laura Vazquez, l’auteur-poète qui accompagnera La Kunsthalle tout au long de la saison 2019-2020.

â–º Du 20 septembre au 10 octobre 2019, RV avec Valère NOVARINA, L’Animal imaginaire (parution chez P.O.L d’ici trois semaines environ) au Théâtre de la Colline : il est temps de réserver.

21 janvier 2019

[Chronique – News] Libr-2019

Un libr-carnet critique pour entamer l’année comme il se doit ; puis, un mini-festival poésie-performance à ne pas manquer en fin de semaine…

Libr-carnet critique /Fabrice Thumerel/

Voici votre WIFI 2019 : World International Future – Indeterminate… Faites vos jeux… Rien ne va plus ?

La fin du siècle dernier était marquée par le « trou » : trou-de-la-couche-d’ozone, trou-de-la-sécu… En 2019, on va buller : les Grands de ce monde immonde, enfermés dans leur bulle, ne se préoccupent pas de la bulle climatique… Autrement dit, en tardant à investir pour un enjeu universel – et donc dans l’économie réelle ! –, ils facilitent l’éclatement des bulles financières qui nous menacent depuis les USA, la Chine et le Japon…

En 2019, même enjeu qu’en 2008 : « Changer le système de production alimentaire mondial. […] Problème posé : il y a deux puissances auxquelles il faut enlever leur puissance car elles sont aveugles aux peuples et au monde : la financière, la grande foncière – lesquelles sont alliées. » Reste à imaginer « une bourgeoisie intelligente qui comprendrait que ce qui bloque le capitalisme contemporain, c’est le pouvoir d’achat » (Laurent Grisel, Journal de la crise, 2008, éditions Publie.net, 2018, p. 205 et 207).

Le mouvement des « Gilets jaunes » est une jacquerie des temps ultra-modernes : spontanée, inventive et connectée, elle regroupe des (semi-)ruraux modestes qui éprouvent le besoin d’exprimer collectivement leur ras-le-bol. Autant dire des losers has been aux yeux des individualistes citadins aisés. Et des Bellez’âmes, et des zinzintellectuels mainstream, et des chiens de garde merdiatiques.

Voici venus les temps où la raison des plus forts sera la raison de l’État : la Bourse salue l’arrivée d’un dictateur au Brésil ; en fRANCE, c’est l’Ordre-en-Marche, à coups de décrets et de flashballs, et avec ses chiens de garde – en tête le naintellectuel de la révolution conservatrice, histoire de bien fêter le cinquantenaire de 68.

Libr-événement à la UNE/

Organisé par Philippe Aigrain et Mathilde Roux, voici un mini-festival de poésie-performance à ne pas rater à Paris en cette fin de semaine : de ce point de vue, 2019 commence bien !

Powered by WordPress