Libr-critique

7 février 2021

[News] News du dimanche

Après nos surprenantes Libr-brèves, vous retrouverez les attendues « nouvelles aventures d’Ovaine » et vous découvrirez deux livres qui viennent de paraître (En lisant, en zigzagant)…

Libr-brèves

► Suite à nos éditos sur les « mots du pouvoir » et « parole et pollution », on méditera avec intérêt cette démonstration  de Joachim Séné dans son passionnant « Journal éclaté » :

« Dans cette crise du Covid — mais n’est-ce pas dans toutes les crises ? Et ici plus révélé ?— le Pouvoir joue avec la langue comme avec le feu. Veran déclare que la courbe n’est « pas exponentielle » puisqu’on a « que » 10% de cas en plus chaque semaine. Or c’est la rigoureuse définition mathématique de la courbe exponentielle : F(n) = F(n-1)×1.1

Et c’est également de ça, détruire la langue, qu’il est question en ce moment — mais n’est-ce pas aussi un effet du Pouvoir ? Un moyen de domination supplémentaire ? Les mots du pouvoir, le confinement « serré », le « plateau montant » que ne serait pas l’exponentiel, les fausses-fuites d’informations et les « ce qu’on sait », les rumeurs des réseaux, une marmite de potion politique bout, l’angoisse monte des jours à l’avance avec la crainte de ce qui sera dit, est-ce décidé ? Sur quelles bases ? Tout le monde est épuisé, fissures. »

► Oublions un peu la morosité ambiante et regardons/écoutons cette vision poétique d’un objet qui empoisonne nos vies laborieuses : Marie-Hélène Dhénin, « Les Trois Masques et quelques dizaines de plus » (texte et photos / Lecture d’Alain Frontier)…

► Suivez en direct les événements sur la page Facebook ou la chaîne Youtube de la Maison de la Poésie Paris.
➡️ Pour ne pas rater le direct, inscrivez-vous à l’événement Facebook.
Vous pouvez ensuite retrouver la vidéo à tout moment sur la chaîne Youtube.

Mardi 9 février à 19H : RV avec Maxime Actis.

Présentation officielle. À lire l’un de ses textes publié dans une revue littéraire, sa mère dit à l’auteur que « ça doit être compliqué de vivre à force de regarder les choses précisément comme ça. » Mais c’est assurément un ravissement pour nous. Long poème composé de dix-neuf « chants », Les paysages avalent presque tout oscille entre un présent intranquille et des périples fondateurs à travers les Balkans. Des êtres qu’on perd jusqu’aux maisons désertées, en passant par cette femme qui ne reconnaît plus les siens : la poésie s’arme pour fixer tout ce qui file et que le temps engloutit. L’apparition d’un jeune poète saisissant.

À lire – Maxime Actis, Les paysages avalent presque tout, Flammarion Poésie, 2020.

Vendredi 12 février à 19H : RV avec Frédéric Forte.

« La phrase Nous allons perdre deux minutes de lumière, je l’ai entendue prononcée un jour à la télé par une présentatrice de la météo. Je l’ai aussitôt perçue comme un titre de livre potentiel. Et plus qu’un titre, un modèle de phrase et de vers. Durant les sept mois de l’écriture du poème, j’ai essayé de saisir à chaque instant, dans un flux, ce qui, dans ma vie de tous les jours, pouvait être « la phrase suivante ». D’une phrase à une autre plusieurs heures ou toute une nuit pouvaient parfois s’écouler. Le poème est donc une sorte de journal en coupe. Avant même d’avoir terminé l’écriture du texte, j’avais déjà envie de le lire en public, in extenso. Et pour pouvoir immerger plus avant le public dans le poème, j’ai proposé à deux artistes – le guitariste Patrice Soletti et la plasticienne Leïla Brett, tous deux maîtres dans l’art de la répétition, de la variation, du jeu avec le temps… – de créer avec moi une pièce qui dépasserait la simple lecture, mêlant le poème à la guitare jouée en direct et à un diptyque vidéo pour nous faire vivre plusieurs mois en moins d’une heure » (Frédéric Forte).

À lire – Frédéric Forte, Nous allons perdre deux minutes de lumière, P.O.L, 2021. S’inscrire à l’événement Facebook.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Felix/

♦ Un jour d’hiver, la mort, épuisée, toque :

– Je suis au bord du beurre naout. On me fait avaler des vivants qui sont même pas encore nés.

– Ovaine la serre dans ses bras dodus et doucement lui conte l’histoire du scarabée qui ne voulait plus entrer dans le jeu du scrabble.

La mort, d’un coup requinquée, se met à refuser tout ce qui bouge.

Comme il y a foule au portillon, certains font semblant d’être déjà morts.

Fine mouche,  elle les frictionne et, d’un coup de pied aux fesses, les envoie paître parmi les vaches lentes et majestueuses.

 

â—Š Un jour, Ovaine contemple le ventre de son aspirateur.

Une jungle d’acariens s’en donnent à cÅ“ur joie dans une fête à neu-neu tenue par des araignées de petit calibre.

Ovaine veut en être. Elle prend un ticket pour le fameux train d’enfer.

Des cheveux géants l’attrapent par les pieds, des squelettes de puces lui sautent au cou. Un crâne de fourmi lui colle des grains de sucre sur la bouche.

Après dix minutes d’ivresse, Ovaine sort de l’aspirateur. Si elle avait su !

Ouvrant aussitôt un stand à 1 centime le tour, elle a du mal à ne pas être aspirée par la soudaine ruée des poussières.

 

 

En lisant, en zigzaguant…

♠ « Tu as rencontré une fois un écrivain et artiste qui, pendant près d’une demi-heure, accoudé au zinc d’un petit bar, t’as parlé de sa penderie. Ses paroles elles-mêmes semblaient être regroupées, comme parcimonieusement étudiées et classées, puis envoyées dans l’espace avec la précision des ingénieurs du projet spatial Philae. »

« Ã€ y regarder de plus près, changer de vie n’est pas chose facile. Cela fait quinze ans que tu te dis : demain, je plaque tout ; c’est sûr demain tu leur dis que tu n’es plus capable, pas un clown, pas un mouton – pas de corrélation entre les deux en apparence, ni avec toi, encore que c’est à voir – tu leur dis cela, puis tu y retournes, comme un seul homme. »

Sophie Coiffier,  Tiroir central, éditions de l’Attente, 2021, p. 23-24 et p. 71.

 

♣ « L’idée que la poésie doit exclure le narratif est aussi absurde que d’exclure l’exposition discursive du roman. Mallarmé rejette le narratif sous prétexte qu’il présente quelque chose comme un simulacre du réel. Mais la virtualité domine autant le narratif que  les autres types de discours. La narration est un tissu de lacunes mouvantes ; c’est par ce jeu du vide et du plein qu’elle rejoint à la fois la poésie et le réel et il s’ensuit que la poésie est simulacre au même titre que la narration. »

Alexander Dickow, Déblais, éditions Louise Bottu, 2021, p. 24.

16 mai 2017

[News] Libr-news

Les agendas sont bien remplis en ce mois de mai : RV à Nantes autour des éditions de l’Attente ; avec Aden Ellias pour son dernier roman ; avec Marie-José Mondzain à Aix-en-Provence ; à Bordeaux pour la soirée série Discrète / revue Muscle ; à Paris autour de Perec et pour la fameuse Nuit remue (#11 !)…

 

â–º Jeudi 18 mai 2017 à 19H30, Le Lieu unique à Nantes (Quai Ferdinand Favre) : les 25 ans de l’Attente, avec Juliette Mézenc et Stéphane Gantelet.

Nourris de la rencontre avec la littérature et la micro-édition américaine des années 90, Franck Pruja et Françoise Valéry fondent en 1992 les éditions de l’Attente. Attentifs à déverrouiller les a priori, voilà 25 ans qu’ils œuvrent à publier des livres à la limite de la poésie, de la philosophie, des écrits d’artistes, des essais, des traductions. Installée à Bordeaux, la maison produit avec grand soin divers formats (livres, livrets, plaquettes dépliantes, livres audio) traduisant la passion des éditeurs.

Entretien avec l’éditeur animé par Alain Girard-Daudon, suivi de Journal du brise-lames, jeu vidéo littéraire avec Juliette Mézenc (poète) et Stéphane Gantelet (sculpteur numérique)

Juliette Mézenc est une auteure en mouvement, son moteur étant à la fois son paysage, ses ressentis, ses vibrations, et aussi les ressorts qu’offre le numérique en matière de publication évolutive et d’écriture multi-média. L’écriture immersive de Juliette Mézenc s’apparente souvent à une géographie intime, un voyage à l’intérieur. Le lecteur visite, découvre, au fil des mots tantôt sautillants, flottants ou pointus et graves. Elle a publié aux éditions de l’Attente « Elles en chambre » (2014) et « Laissez-passer » (2016).
Stéphane Gantelet est un artiste qui explore la modélisation 3D. Ses réalisations sont souvent inspirées de motifs naturels, végétaux, organiques, et prennent corps dans des matériaux comme le papier, le bronze ou les résines, ou virtuellement dans ses réalisations numériques comme les jeux vidéos.

â–º Jeudi 18 mai à 20H, Librairie L’Éternel Retour (77, rue de Lamarck 75018 Paris) : rencontre avec Aden Ellias pour son roman Hyperrectangle.

Soirée cuboïde avec Albert Camus, alias Aden Ellias, l’auteur d’un roman qui parodie les procédés de l’"autofiction" : invention formelle et comédie sociale eu rendez-vous…

Plus d’infos : http://www.editions-mf.com/livres/hyperrectangle/

â–ºMardi 30 mai à 18H, Institut de l’image d’Aix-en-Provence : rencontre avec Marie-Josée Mondzain.

En 2015, Alphabetville, l’Ina Méditerranée et l’Institut de l’Image invitaient la philosophe Marie-José Mondzain à partager un temps de travail, fait de réflexions et d’échanges, autour du thème « L’image entre guerre et paix » : face au choc et aux questions que nous posèrent les premiers attentats de Paris en janvier de cette année-là, et qui furent suivis de plus terribles en novembre. Puis d’autres, en France, en Europe, dans le monde…

 

 

A l’occasion de la publication de son livre « Confiscation des mots, des images et du temps. Pour une autre radicalité » (Les liens qui libèrent, 2017), Marie-José Mondzain donnera une conférence, suivie de la projection du film L’anabase de Eric Baudelaire.

 

Nous vous remercions de votre attention et de bien vouloir informer votre public :

Le 30 mai à l’Institut de l’Image d’Aix-en-Provence

 

18h00

Conférence à partir de son livre Confiscation des mots, des images et du temps. Pour une autre radicalité, éditions Les liens qui libèrent, 2017

20h00

Projection de L’anabase de Eric Baudelaire

 

â–º Dimanche 21 mai, 14H-20H : La séance d’écoute #1 Georges Perec lit La Vie mode d’emploi.

 

Le 7 décembre 1977, Georges Perec (1936-1982) est venu lire au Centre Pompidou, avant publication, des extraits de La Vie mode d’emploi. Œuvre majeure dans l’histoire de la littérature, ce roman-puzzle qui se déroule dans un immeuble parisien et raconte les aventures de ses divers occupants, sera publié l’année suivante, en 1978, chez Hachette. Ce document exceptionnel est issu du fonds d’archives sonores du Centre Pompidou.

La durée de sa lecture est de 48 minutes.
Diffusion de l’archive sonore, en continu de 14h à 20h, dans Petite salle du Centre Pompidou, Forum -1

Contact : Aurélie Olivier / aurelie.olivier@centrepompidou.fr

 

â–º Dimanche 21 mai, 18H : soirée série Discrète / revue Muscle à Bordeaux.

â–º  La Nuit Remue #11, samedi 10 juin à 18h30,

Bibliothèque Marguerite Audoux, 10 rue Portefoin, Paris 75003 
Accès : Métro : Temple, République, Arts et Métiers  [
La Nuit remue 11 a été imaginée par Emmanuèle Jawad et Marie de Quatrebarbes, avec l’aide amicale de Mathieu Brosseau.]

Programme

18h30 Accueil du public

19h00 Premier round :

Stéphane Bouquet
Frédérique Iledefonse 
Emmanuel Laugier
Vannina Maestri
Jennifer k Dick
Franck Leibovici

20h00 - 20h30 Pause

 

20h30 Deuxième round :

Philippe Jaffeux
Emilie Notéris
Olivier Quintyn
Hortense Gauthier
Florence Pazzottu
Benoit Casas

21h30 Fin des réjouissances.

 

22 février 2015

[News] News du dimanche

 En avant-première, deux Libr-événements à noter pour mi-mars : Calléja/Actis/Léric à Bordeaux ; Masséra/Citton à la Maison de la Poésie Paris. Mais auparavant, en UNE, pleins feux sur le roman subtilement critique de Joël Baqué, La Salle – qui nous emmène dans un nouveau sanctuaire, la salle des marchés.

 

UNE

Joël Baqué, La Salle, P.O.L., février 2015, 254 pages, 16 €, ISBN : 978-2-8180-3551-1.

"Ce ne sont pas des êtres moraux mais des entités rationnelles parcourues de pulsions irrationnelles, des entités mues par des algorithmes soumis à des crises de tachycardie. Ils perpétuent les grandes  divisions de l’humanité , le masculin et le féminin, le yin et le yang, le sacré et le profane, Éros et Thanatos ; pour eux n’existent que la hausse – Bull – et la baisse – Bear"… Rien ne résiste à ces nouveaux maîtres du monde, rien n’échappe à leur emprise, ni les rapeurs made in USA, ni même la définition du couple ("marché particulier qui commence sur un win-win et se termine sur un lose-lose")…

C’est pour être au cœur de ces marchés que ne quitte jamais la Salle le personnage central d’une narration essentiellement à la 2e personne du pluriel – comme si un humble desservant du Fric n’avait pas droit à une subjectivité, aliéné de la même façon que le Salaud sartrien ("Votre job, c’est palper la face de Dieu" est l’une des pensées-slogans qui montrent comment fonctionne de l’intérieur un golden boy). Les isotopies de la psychanalyse et du nucléaire sont mobilisées pour nous faire partager ce que les traders ressentent dans le saint du saint : "Ils étaient au cœur du réacteur, plongé dans cet univers complexe et agité où bouillonne la libido de la mondialisation et s’enclenchent les réactions en chaîne du marché". Si, comme le pense Alain Badiou dans À la recherche du réel perdu (2015), le Réel est le point limite de contact avec l’impossible, alors ces "enfants terribles" sont bel et bien des agents du Réel capitaliste : "l’infini se cache dans les salles de marchés".

Cynique, un tel monde ? Ce n’est pas faute de valeurs : "précisément chiffrables, seconde par seconde, dans toutes les places financières de la planète et universellement partagées"… De quoi vous réconcilier avec le capitalisme financier ? Pas vraiment, on l’imagine, mais Joël Baqué évite l’écueil du moralisme dans un roman qui, conforme à son objet, est régi jusqu’à la fin par le couple Bull / Bear.

Libr-événements

â–ºLe 13 mars, Atelier 70 à Bordeaux, de 20H30 à 23H : Bêta dit "Ce n’est pourtant pas le printemps"

avec

DIDIER CALLEJA
MAXIME ACTIS
QUENTIN LERIC

tout cela est organisé très vite
tout cela est organisé sans sous
tout cela n’a pas grand chose à voir avec un quelconque printemps de la poésie
il n’y aura, ce 13 mars, aucune reverdie

trois lectures (mais courtes)
+ un stand Bêta (sortie fuites n°3)
+ un petit stand pour boire et pour manger
= des êtres humains

avec la joie, toute conviviale, de vous y retrouver

tout cela se déroule à

BORDEAUX. Centre-ville.
Atelier 70.
20, rue Bouffard.

Arrêts Tramway (ligne B) : Hôtel de ville / Gambetta.

Les portes du lieu seront ouvertes de 20h30 à 23h00.

Prix libre.

â–º Mardi 17 mars 2015 à 19H, Maison de la poésie Paris : cycle "Fiction littéraire contre storytelling" #8, rencontre-débat Yves Citton / Jean-Charles Massera.

Jean-Charles Massera écrit des livres (United Emmerdements of New Order, P.O.L., 2002) et des chansons (avec Pascal Sangla : Tunnel of Mondialisation, Verticales, 2011), travaille pour la scène et la radio (We Are L’Europe (le feuilleton), 2011), réalise des films (Call Me DominiK, 2014), des tableaux vivants (Le Parc des Distanciations, 2014), des installations (Ad Valorem Ratio, 2014).

Yves Citton, professeur de littérature française à l’université de Grenoble-3, co-directeur de la revue Multitudes, travaille à la croisée des études littéraires, de la philosophie politique et de l’économie des affects.

11 décembre 2014

[Revue – chronique] Fuites, n° 3, par Bruno Fern

Vous attendent dans cet inventif numéro de revue-objet : Maxime Actis, l’inhabitable Didier Calléja, Patrick Hospital, Quentin Léric, Mr Nayf, Louise Skira, Frédéric Soumagne, Géraldine Trubert.

 

Revue fuites, n° 3, octobre 2014, 16 €, ISBN : 979-10-91612-03-6. Pour commander :

Bêta: Obtenir une ou plusieurs revues.

 

Faite à la main par un collectif nommé Bêta, cette publication témoigne d’abord d’un souci porté à l’objet lui-même ou plutôt aux différents objets que contient la pochette-surprise (une chemise en carton de couleur caramel) : dessins à déplier ou dans un carnet, série de photos, texte et photos ou dessins, textes seuls. Par ailleurs, il faut souligner que le point commun aux huit participants, désigné par le mot friche, ne constitue pas qu’un prétexte et que la plupart des contributions méritent qu’on leur prête attention.

Cela dit, je recommande tout particulièrement les photos fuyantes en noir et blanc de la Chambre intérieure de Louise Skira, dont on pourra trouver d’autres traces ici – Chambre Intérieure – Louise Skira – ainsi que trois textes : le récit de Patrick Hospital, Si besoin, qui relate les tribulations d’un individu mal identifié, de ses tentatives artistiques plutôt drolatiques (« Si bien qu’à un moment, après clôture de l’épisode du 5RDP1, il songea à empailler une chèvre. L’idée même lui était venue de reprendre contact avec une ancienne connaissance, un dentiste, afin de parfaire le tableau par ajout d’un implant à la mâchoire de la dite chèvre. ») jusqu’à son bref séjour en HP, l’auteur faisant souvent preuve d’un humour suffisamment noirci : « Le diamètre de la buse fabrique les premières interros surprises : sera-t-il consenti qu’il puisse y marcher debout ? Cela dépend de l’âge qu’il a. L’âge qu’on a diffère d’une année à l’autre. Cela se dit peu, est peu dit, ce qui tend à prouver qu’à prendre systématiquement le parti d’éviter une proposition orale ou écrite des évidences, on se confond tristement les uns les autres. » ; les Notes de poche de Quentin Léric, aux tonalités diverses puisque cherchant à capter tous azimuts : « Mes parents pensent que je traîne. Ils ont sans doute raison. Mais je voudrais qu’on revalorise un peu cette activité. Pas regarder la télé ou aller au centre commercial. Non, non, traîner, vraiment. S’ennuyer. Au point d’être prêt à prendre tout ce qui nous passe devant. Sans faire le difficile. Sans s’affoler du différent. » ; enfin, la longue suite de Maxime Actis, intitulée qui peut casser le sable & la pierre et subtilement composée de 25 parties numérotées, comme autant d’angles d’attaque très variés de ce qui peut s’entendre par friche, texte qui est à prendre au sérieux d’une lecture dans les détails sans que son auteur, heureusement, se drape dans la pose du Sérieux :

 

4

à force de monter des morceaux de textes (on dit « énoncés ») les uns sur les autres, on va peut-être être perdu à la fin et donc déçu

 

dans ce texte, il y a beaucoup de choses, j’ai fait une petite liste pour ne pas les oublier : le mot « friche » est un mot qui travaille ; récit mythologique en trois phrases et glose ; de l’occupation de l’espace délaissé (récit et recopiage) ; images de la friche (variations) ; documentation (dont j’ai extrait un relevé fait à la Caserne Niel à Bordeaux en 2012) ; plantes coincées entre des briques ; digressions routières ; notes ; etc.

 

l’ensemble procédant de l’accumulation, il s’arrêtera de manière tout à fait sèche, instable et sans jointure

1 Vous vous demandez ce que ça signifie ? Eh bien, raison de plus pour aller y voir.

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