Libr-critique

3 mars 2009

[Entretien] Jean-Claude PINSON : poéthiquement impur… (1)

Voici la première partie d’un entretien dont vous pourrez trouver l’intégralité dans le volume numérique disponible fin avril sur publie.net. Bien que de sensibilité différente et ne revendiquant pas les mêmes héritages, j’ai tenu à rendre hommage à celui qui nous aide à mieux penser la poésie (et en particulier la poésie contemporaine) et à mieux la vivre au quotidien.

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3 mai 2008

[News de la blogosphère] Programme du dimanche 4 mai / 12 H

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  Avec le printemps et le ciel bleu, Libr-critique reprend ses émissions dominicales en direct sur Internet ! Nouvel horaire : 12h00

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9 avril 2007

[Recherche] Poésie et vérité, Jean-Claude Pinson

pinson.jpgPoésie et vérité
(Concept et métaphore dans la poésie contemporaine)
[Jean-Claude Pinson est Maître de conférence à l’Université de Nantes ]
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Parce que son médium est le langage au sens propre, c’est bien, comparativement aux autres arts, dans la poésie, dans son « discours », que concept et métaphore sembleraient devoir se rencontrer en un sens lui aussi propre (et non pas figuré). Ils apparaissent pourtant aujourd’hui plutôt comme deux écueils majeurs du « jeu de langage » (plutôt que « discours ») de la poésie : le concept (le discours conceptuel), parce qu’il déporte le poème du côté de la « poisse du sens », alors que la poésie aspire, comme la peinture moderne, à devenir « composition picturale pure » ; la métaphore, parce qu’elle participe de l’illusion métaphysique – parce qu’aussi elle contribue à la « vieillerie poétique » quand vient à s’user l’imagerie surréaliste.
Pas plus que n’importe quel autre « jeu de langage », la poésie n’échappe à la variabilité historique. Parmi d’autres traits, on peut dire que c’est en se dégageant de l’emprise du concept et du discours, en se « poétisant » pleinement, en se dépouillant de ce qui venait altérer sa « pureté », qu’elle se constitue comme moderne : on se souviendra ici de la remarque fameuse de Mallarmé à Degas : « ce n’est pas avec des idées mais avec des mots qu’on écrit de la poésie ». Il se peut qu’elle soit aujourd’hui au commencement d’une nouvelle époque. Il se peut même que le regain de vitalité dont témoigne son activité multiforme soit l’indice de ce que véritablement elle recommence. Mais si elle le fait, c’est assurément autrement, parce que, dans ce recommencement, comme le note Jean-Luc Nancy, elle semble paradoxalement se « dépoétiser ». Or, cette tendance à la « dépoétisation » prend tout particulièrement la forme, dans la poésie telle qu’elle s’écrit et se réfléchit aujourd’hui, d’un renoncement à la métaphore au profit d’un régime de langue qui privilégie les formes diverses de la littéralité.

L’existence et le parti pris de sa « part maudite »
Le moderne désenchantement du monde (l’Entzauberung de Max Weber) signifie pour l’humanité la fin d’un (hypothétique) âge poétique (mythique, fabuleux, religieux) et le règne sans partage du Logos au détriment du Muthos. Le premier romantisme allemand, en cherchant les voies d’un réenchantement, allume néanmoins un contre-feu où la poésie (la littérature) se voit conférer une place éminente. Et ce contre-feu sera d’autant plus durable que le devenir-science de la Raison triomphante conduit au positivisme le plus borné, en même temps que son devenir-monde donne lieu, comme le montrera Adorno, à une dialectique où sont tour à tour démentis les idéaux issus du siècle des Lumières.
C’est dans tel contexte, celui donc du positivisme, que se répand la critique du concept, jugé mortifère, et que le philosophe est perçu avant tout, selon le mot d’Anatole France, comme un « poète triste ». Ce moment correspond grosso modo à ce qu’Alain Badiou a appelé « l’âge des poètes » (de Hölderlin, « vigie anticipante », à Celan). Il a pour contrepoint une critique récurrente du système hégélien, menée, selon des modalités multiples (d’Adorno à Bataille), au nom d’une existence dont il rendrait impossible qu’elle soit portée au langage en sa réalité toujours singulière. L’argument de cette critique pourrait être, quant au langage, ainsi reconstitué : d’une part toute diction est déjà « malédiction », dire boiteux, dans la mesure où tout langage est « cimetière des intuitions » (Nietzsche) et du même coup suppressio veri (Adorno) ; mais d’autre part le concept redouble cette malédiction (le malheur du langage de n’être ni adamique ni johannique), dans la mesure où, par principe, dans son usage philosophique, il tourne le dos à la réalité simplement particulière. Non seulement, dira en substance Adorno, il ne saisit, ne transit plus rien (au sens fort, spéculatif, du begreifen hégélien), mais il manque et mutile le réel, sa contingence irréductible.
On retrouve plus près de nous une semblable critique de la rationalité philosophique chez deux auteurs, Georges Bataille et Yves Bonnefoy, qui ont en commun d’avoir forgé leur pensée propre au double contact du surréalisme et de l’hégélianisme (dans la version du moins qu’en a fournie Kojève) et de sa critique. Mais si l’un et l’autre opposent bien l’existence au concept, c’est pour en tirer des « poéthiques » bien différentes. Pour Bataille, s’il y a une insuffisance du concept et de la raison, c’est d’abord au regard d’une « part maudite » de l’existence dont la raison signifie l’« annulation » et que l’homme ne peut atteindre qu’à travers une « expérience intérieure » qui est « voyage au bout du possible », égarement du côté du non-sens et de l’idiotie. Dans cette perspective, Bataille oppose à la voie tautologique du système, qui toujours rapporte l’inconnu au connu, celle, hétérologique, extatique, « nesciente », de la poésie qui, elle, fait « incessamment glisser la vie dans le sens contraire, allant du connu à l’inconnu ». Par là elle rejoint la mystique pour s’affronter à l’extrême et à l’impossible, un « impossible » que Bataille oppose à la science et au « monde réel de l’utilité ». Mais c’est une mystique athéologique, non « confessionnelle », une mystique « noire » où la poésie (la poésie « véritable ») est d’abord un autre nom pour la perte de soi dans un « impossible », auquel on ne peut accéder qu’au moyen de ces opérations « souveraines » (i. e. échappant à la logique de l’utilité) que sont aussi bien l’expérience de l’horreur que celle de la « fureur voluptueuse ».

5 mars 2007

[Salon du livre de Tanger] 4ème jour, interview de Jean-Luc Nancy

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image-13.pngInterview de Jean-Luc Nancy, nous mettons sur libr-critique.com seulement la première partie. Vous pouvez trouver sur vlog-trotter.org la seconde et la troisième partie. Cet entretien a duré une heure, et JL Nancy revient sur la question du langage, de la poésie, et de l’altérité de l’autre.
2nde partie : [voir +]
3ème partie : [voir +]

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13 janvier 2007

[NEWS] Lancement de Vlog-trotter.org

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , — rédaction @ 13:35

Le site Libr-critique vient de lancer une nouvelle plateforme : vlog-trotter.org.
logovlog2.gif Sur ce site, vous pourrez trouver des reportages interactifs, auxquels vous pourrez participer, ou bien que vous pourrez suivre. Le principe est simple : dès qu’un reportage est lancé, en amont, est présenté la perspective suivie, mais aussi le cas échéant les différents interlocuteurs qui seront interrogés. Ceci permettant, aux internautes de poser des questions qui seront dès lors transmises aux personnes interviewées, ou bien qui permettront de diriger notre enquête.
La première expérience que nous menons aura lieu à Tanger durant le salon du Livre International. Une partie de l’équipe de Libr-critique s’y rend : Philippe Boisnard, Hortense Gauthier et Fabrice Thumerel. Durant 6 jours, vous pourrez suivre en quasi temps réel, aussi bien ce qui a lieu là-bas (notamment les interventions de Christian Prigent, Jean-Luc Nancy, Philippe Boisnard ou Fabrice Thumerel), que des interviews que nous mènerons avec des écrivains ou bien des personnalités impliquées dans le milieu de la littérature et de la poésie marocaine.

Sur le site vlog-trotter.org, vous pouvez dores et déjà trouver : un interview du commissaire du salon de livre de Tanger, Bernard Desportes, et un interview d’Helena Printice, qui a été la première a publier au Maroc, non seulement un journal gratuit à destination du peuple, mais aussi et surtout un journal en Darija, à savoir en arabe marocain, alors que jusqu’à présent il n’y avait pas encore de publications dans cette langue.

En souhaitant que vous soyez nombreux à nous suivre dans cette aventure.

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