Libr-critique

7 décembre 2018

[Recherche] Cerisy Novarina : les quatre sens de l’écriture 2/2 (14-17 août 2018)

Peu avant que ne se mette en place la préparation du volume des Actes, voici le dernier volet de présentation de cette manifestation inédite. [Lire/voir/écouter le volet 1] [Lire l’ouverture]

Au plan artistique, cette seconde partie du colloque de Cerisy débuta avec un Leopold von Verschuer biface qui nous fit voir rouge dans son « Monologue d’Adramelech » loufoque, et se termina par un tonique « Ã©loge du réel » (Sourdillon/Paccoud) – de la meilleure des façons qui soit, donc.

Des six séances de travail se dégagent, entre autres, ces quelques lignes de force et interrogations.
Les quatre sens de l’écriture sont au principe de l’intranquillité, de ces mouvements tourbillonnants qui conjurent l’angoisse de l’immobilité et constituent une rhapsodie, des multiples déterritorialisations et dépassements des limites, des tensions vers l’altérité et l’animalité – celle-là même qui habite les acteurs… Éric Eigenmann, quant à lui, met en regard les quatre sens de l’écriture et les quatre temps du respir. Reste, pour Céline Hersant, une extraordinaire inspiration : la découpe du territoire de/dans l’Å“uvre.
Terminons sur deux questions fondamentales : quelle place pour le silence dans un univers saturé ? Comment traduire un auteur réputé illisible ?

Extrait de la conclusion,
par Marion Chénetier-Alev et Fabrice Thumerel

Après une semaine intense, voici venu le moment de ressaisir les fils d’un colloque placé à l’enseigne de la générosité et de l’hospitalité – des hôtes comme de l’auteur, des acteurs et musiciens, des intervenants et participants. La ferveur et la bonne humeur qui ont marqué cette semaine sont à l’image d’une Å“uvre dynamique et multiforme (théâtre, poésie, essai, peinture…) : réputée illisible parce qu’elle nous dépasse, elle nous arrache à notre tranquille humanité, à notre commode immobilité, pour nous entraîner dans un tourbillon de signes et de formes, dans un espace polyphonique et polymorphique animé par une perpétuelle tension entre parole et silence, humanité et animalité, vide et plein, représentable et irreprésentable, visible et invisible, respirable et irrespirable, fini et infini, même et Autre…

L’œuvre constituant un espace anthropoclastique, c’est habituellement en notre cella – dans notre espace du dedans – que nous la vivons ; l’ambition du Cerisy Novarina qui vient de s’achever était de la faire exister dans une agora Novarina. Rien moins que cela. Ainsi avons-nous arpenté le Novariland par monts et par vaux, des premières pièces à Voix Négative, en passant par La Loterie Pierrot, les écrits poétiques et théoriques ; parcouru les impossibles territoires novariniens en tous sens, ou plutôt en quatre sens, cherchant un « sens à l’arraché », une quadressence du cercle, une respiration, un vide, un silence, une musique, des rythmes, des (dis)harmonies…

La réussite et la chance de ce colloque auront été de faire se répondre chaque jour les analyses et les artistes ; les exposés d’un côté ; de l’autre les lectures et les performances, de Valère, de Marcon, de Léopold, d’Agnès, des musiciens ; d’un côté le chercheur universitaire – de l’autre côté le chercheur acteur ; d’un côté les penseurs assis ; de l’autre les penseurs debout.
Pour le volume qui paraîtra, nous formons le souhait que ce mouvement salutaire débouche sur une liberté de ton et une dynamique novarinienne visant à renverser les idoles.

Synopsis

Séance 7 : Tourbillons novariniens
â–º Laure Née : « Novarina – L’intranquillité » ;
â–º Marco Baschera : « Comment faut-il lire les textes théâtraux de Valère Novarina ? »

Séance 8 : Parole et silence dans l’espace novarinien
â–º Avec Leopold von Verschuer, retour sur le spectacle « Le Monologue d’Adramelech : auto automaticus » :

â–º Olivier Dubouclez : « « Un vide est au milieu du langage ». Valère Novarina et le sens de la prière.

► Lecture de Valère Novarina : prologue du Drame de la vie

Séance 9 : Novarina en langues
â–º Leopold von Verschuer (Allemagne) : « Traduire les listes » ;
â–º Angela Leite Lopes (Brésil) : « Traduire, penser, jouer. Valère Novarina et son vivier des langues » ;
► Zsofia Rideg (Hongrie) et Yuriko Inoue (Japon) nous ont fait part de leur expérience de traduction.

Séance 10 : Passages novariniens
â–º Éric Eigenmann : « Novarina : les quatre sens du respir » ;
â–º Patrick Suter : « Une écriture frontalière ».

Séance 11 : Expériences scéniques

â–º Louis Dieuzayde : « Faire l’animal. Quelques sorties de route de l’humanité dans le jeu d’acteur novarinien » :
â–º Rafaëlle Jolivet Pignon : « De la cour d’honneur à la cour d’école : la poétique novarinienne à l’épreuve de l’épreuve du bac théâtre ».

â–º Soirée : « Ã‰loge du réel », textes de Valère Novarina, Christian Paccoud (accordéon) et Agnès Sourdillon (voix).

Séance 12. Arpenter l’œuvre : territoires et frontières
â–º Céline Hersant : « « Espace es-tu là ? » : cartographie des territoires novariniens.

5 septembre 2018

[Recherche] Cerisy Novarina : les quatre sens de l’écriture 1/2 (11-13 août 2018)

Voici un aperçu des trois premières journées (11-13 août 2018), photos et enregistrements audios à l’appui. [Lire l’ouverture]

Dans une brillante et très drôle « ethnographie du stade d’action dans le théâtre novarinien », Francis Cohen invite les Valéro-Novariniens à se faire anthropopodulologues afin d’étudier les peuples et les langues qui traversent le Novarimonde…

Cette ouverture singulière fait place à des communications qui ont pour point commun de traiter les notions de « kénose » et de « catharsis » dans des perspectives théologiques, philosophiques et esthétiques : à Constantin Bobas qui y voit une connotation médicale s’oppose la philosophe Marie-José Mondzain, pour qui, par exemple, clarifier n’est pas purger ; si Jean-Luc Steinmetz s’intéresse à la part de vide qui traverse l’homme antédiluvien, Thierry Maré et Enikö Sepsi enrichissent le débat en le plaçant sur la scène orientale (sont évoqués le nô, le vide taoïste et chinois).

Enikö Sepsi et Inhye Hong, qui, pour aborder ces concepts, n’en ont pas moins privilégié la dimension esthétique, sont relayées par Annie Gay, Christine Ramat et Marie Garré-Nicoarã, qui développent pleinement l’aspect dramaturgique : la première, en montrant ce que l’auteur doit aux acteurs, qui lui ont permis de faire passer la rampe à l’impossible du langage ; la deuxième, en se focalisant sur le carnavalesque et la dernière sur les dispositifs marionnettiques, avec à l’appui une riche iconographie. Entretemps, la table ronde sur L’Opérette imaginaire (1998) a mis en lumière les divergences entre les approches française et hongroise du théâtre.

Dès cette première partie du colloque, des quatre sens de/dans l’écriture – dans toutes les acceptions du terme -, prévalent le sens anagogique (« sursens ») ; l’ouïe et la vue ; l’ouest et l’est (Europe de l’est et Orient).

© : Valère Novarina, Les Filles de Loth (1983) ; photos de Ludovic Perchot (respectivement : Marie-José Mondzain, Claude Buchvald, Enikö Sepsi et Zsófia Rideg).

Synopsis

Première séance : Généalogies
â–º Francis Cohen : « Ethnographie du stade d’action dans le théâtre novarinien » ;
â–º Constantin Bobas : « Hypothèses pour une écriture synesthésique d’origine lointaine ».

Deuxième séance : Horizons orientaux
â–º Thierry Maré : « Valère Novarina, avec et sans Japon »
â–º Enikö Sepsi : « Le Rituel kénotique dans les écrits et spectacles de Novarina ».

â–º Lecture de Valère Novarina : un extrait de L’Homme hors de lui, à paraître chez P.O.L en ce mois de septembre 2018

Troisième séance : Origines
â–º Annie Gay : « Entrée dans l’impossible « avec l’acteur comme objet de désir » » ;

â–º Jean-Luc Steinmetz : « L’Antédiluvien ».

Quatrième séance : Table ronde sur L’Opérette imaginaire (1998)
Avec Valère Novarina ; Claude Buchvald et Claude Merlin ; Enikö Sepsi et Zsófia Rideg.

â–º Dialogue avec une langue inconnue (soirée musicale à partir d’Une langue inconnue, parue en 2012 aux éditions Zoé) : Valère Novarina (voix) ; Mathias Lévy (violon).

Cinquième séance : Du carnavalesque
â–º Christine Ramat : « Les Bouffonneries macabres sur la scène novarinienne : un comique rédempteur » ;
â–º Marie Garré-Nicoarã : « Voix et dispositifs marionnettiques dans l’écriture de Novarina ».

Sixième séance : De la colère à la catharsis
â–º Marie-José Mondzain : « Scènes de colère » ;

â–º Inhye Hong : « « Sentiment inconnu » : la porte ouverte sur les catharsis ».

23 août 2018

[Recherche] Valère Novarina : les quatre sens de l’écriture, par Marion Chénetier-Alev

Voici en avant-première la partie essentielle de l’ouverture au Colloque international de Cerisy « Valère Novarina : les quatre sens de l’écriture », prononcée le vendredi 10 août par Marion Chénetier-Alev, l’une des meilleures spécialistes de l’Å“uvre. [En photo liminaire, les trois directeurs, de gauche à droite : Marion Chénetier-Alev, Fabrice Thumerel et Sandrine Le Pors]

L’œuvre écrite de Valère Novarina a déjà fait l’objet d’innombrables publications, monographies, articles, numéros spéciaux de revues, entretiens, thèses et autres mémoires universitaires – dont le recensement exhaustif sur le site internet de Valère Novarina, remarquable de pédagogie et d’ordonnance, a du mal à dissimuler les origines suisses de notre auteur…
À ce jour, trois colloques lui ont déjà été consacrés en France : celui que dirigea Pierre Jourde en 2001 à l’université Stendhal, dont les actes ont été édités sous le titre La Voix de Valère Novarina ; celui qu’en 2004 Louis Dieuzayde, ici présent, dirigea à l’université d’Aix-Marseille, qui a donné lieu à la publication du volume intitulé Le Théâtre de Valère Novarina ; puis, en 2013, le colloque organisé par Olivier Dubouclez, Évelyne Grossman et Denis Guénoun à l’université de Paris 7, intitulé « Littérature et théologie », qui a nourri un numéro spécial de la revue Littérature (n° 176, décembre 2014). À ces manifestations dont les actes sont venus grossir le rayon des ouvrages collectifs (une dizaine à ce jour), il convient encore d’ajouter la journée d’études conçue et dirigée par Enikö Sepsi, « Le théâtre et le sacré », dans le cadre de la création de L’Opérette imaginaire en hongrois au théâtre de Debrecen en 2009, et celle que coordonna Didier Plassard à Montpellier en février 2013.

Trois colloques en l’espace de douze ans, ce n’est pas rien, sans compter une multitude de tables rondes, festivals, conférences et lectures publiques, venant constituer parallèlement aux représentations des œuvres scéniques un autre mode de présence, d’autres formes de discours, rigoureusement quoique subtilement contrôlés par un auteur qui veille à ce que l’esprit de son œuvre ne soit pas trahi. Au reste, Valère Novarina accompagne depuis le début sa production dramatique d’une sorte de garde rapprochée critique et théorique, dont nous aurons à reparler.

Avec Novarina, nous sommes effectivement en présence du cas rare, sinon exceptionnel dans le contexte théâtral, d’un auteur dramatique doublé d’un théoricien, non seulement du théâtre mais de sa propre œuvre : l’auctor n’a eu de cesse d’établir le cadre spéculaire d’un dialogue très serré, qu’on aurait envie de qualifier d’impitoyable, d’une confrontation entre ses textes dits dramatiques, et ses textes dits théoriques issus d’une réflexion continue, aiguë, inquiète sur son activité d’auteur écrivant « vers le théâtre ». Ce faisant, il a instauré entre lui et lui une dynamique de questionnement, de relance et de mise à distance, d’analyse et de synthèse, dont on ne peut que souligner la singularité, la fécondité, la rigueur ; mais il a aussi institué, entre lui et ses lecteurs, un appareil théorique dont la séduction et l’efficacité sont redoutables. Où que se tourne le lecteur dans ces essais admirables, il semble que toute question trouve sa réponse et que toute réponse trouve la voie d’un questionnement plus vaste ; que toutes objections soient anticipées, toutes perspectives déroulées, que tout détail trouve à se ramifier dans l’architecture d’ensemble, que tout thème trouve à se cristalliser dans une de ses formules denses et simples dont l’auteur a le don.
Par la puissance de son style et la profondeur de sa réflexion, Valère Novarina donne autant à penser qu’il canalise la pensée.
Pour le dire sans détour : il est difficile d’échapper à l’emprise de ce discours théorique que Novarina offre tout apprêté aux lecteurs et aux chercheurs. Tel est le double risque que prend ce colloque, qui non content de se consacrer à un auteur vivant, dont la présence oriente inévitablement les propos, a en outre l’ambition d’offrir à son œuvre un autre miroir.

Ce colloque international de Cerisy s’imposait-il ? Oui, et pour plusieurs raisons.
D’abord, Cerisy n’est pas un lieu comme les autres, et dans l’illustre histoire de cette maison qui fait suite aux décades de Pontigny, le théâtre est le très grand absent. Le fait est d’autant plus curieux qu’en 1952, l’année même où s’inaugurent les colloques de Cerisy, deux colloques sont programmés : « Les chemins de la prose », dirigé par Marcel Arland et « Le théâtre de notre temps », dirigé par Jacques Madaule. Or depuis 1952, en tout et pour tout trois colloques, sur des centaines voire plus d’un millier, ont été consacrés au théâtre ou plutôt à un aspect du théâtre :

– celui de 1987 sur la dramaturgie claudélienne, conçu par Pierre Brunel et Anne Ubersfeld ;
– celui de 1988 organisé par Georges Banu sur « Théâtre et opéra : une mémoire imaginaire » ;
– celui de 2005 dirigé par Chantal Meyer-Plantureux sur « Le théâtre dans le débat politique ».

Il est remarquable qu’à une époque, les années 50-60-70, où le théâtre était si vivace et si prodigieusement questionneur et inventif, il n’ait pas fait l’objet d’un retour réflexif beaucoup plus intense et général. Il est significatif qu’aujourd’hui, où le théâtre inlassablement continue de déranger et de questionner, il soit toujours le grand absent d’un haut lieu comme Cerisy.

Qui veut regarder le théâtre en face ? Son impossibilité, chaque soir recommencée ?
À cet égard l’entrée de Valère Novarina à Cerisy est formidablement salutaire.

La deuxième raison qui justifie ce colloque : il constitue rien moins que le premier grand colloque international qui se donne pour objectif d’aborder la totalité de l’œuvre novarinienne. Nous l’avons intitulé : « Valère Novarina, les quatre sens de l’écriture ». Et notre texte de présentation invitait à « explorer les voies poétiques, dramatiques/dramaturgiques, picturales et musicales — mais aussi philosophiques et théologiques » de son œuvre, il se demandait même s’il ne fallait pas « excéder le 4 ».

Ce titre a-t-il orienté en partie les lectures qui en ont été faites, et mené à une approche restrictive de la notion d’écriture ? C’est bien possible. Car les propositions qui nous sont parvenues font encore trop peu de place à son Å“uvre graphique et picturale, rarement étudiée ; de même n’avons-nous reçu aucune proposition sur le Valère Novarina metteur en scène – or il y aurait là beaucoup à dire -, pas plus que sur son Å“uvre radiophonique.
Ainsi, et nous le disons bien haut afin que les étudiants et chercheurs ici présents puissent s’en emparer, il y aurait sans doute encore un colloque à faire sur le peintre, le dessinateur et le metteur en scène Valère Novarina ! Pour ce qui est de l’œuvre radiophonique, un colloque se déroulera à Paris en octobre prochain, organisé par Pierre-Marie Héron, Karine Le Bail et Christophe Deleu, qui traitera de la part des écrivains dans la radio de création entre 1969 et 1999. Votre servante y interviendra pour parler des créations radiophoniques de Valère Novarina. Mais nous avons surtout la chance d’avoir parmi nous, en la personne de Claude Buchvald, la responsable d’une des meilleures dramatiques radio réalisées sur un texte de Novarina, Le Repas, dans une émission diffusée par France-Culture en 1995.

Vous l’aurez compris, ces journées offriront pleinement les espaces et les interlocuteurs nécessaires pour aborder tous les aspects de l’œuvre. Car nous avons tenu à réunir tant les chercheurs déjà chevronnés que les doctorants et les étudiants dont nous saluons la présence ; tant les universitaires que les praticiens de théâtre dont l’activité est étroitement liée à l’univers musical et pictural de l’auteur ; tant les interlocuteurs français que les chercheurs et artistes étrangers, venus d’Allemagne, du Brésil, de Corée, de Hongrie et du Japon, grâce à qui l’œuvre de Novarina est traduite, et peut lancer son offensive linguistique et métaphysique au cœur des autres cultures.

4 juin 2018

[News] Valère Novarina : les quatre sens de l’écriture (Colloque de Cerisy – août 2018)

Du 10 au 17 août 2018 aura lieu le premier Colloque international de Cerisy sur l’œuvre de l’un des écrivains français vivants les plus reconnus : pour participer à cet événement (par chance, le programme rêvé a pu être établi !), c’est le moment de réserver, vu le nombre de places limité…

« Très longtemps il m’a semblé que tout devait atteindre quatre sens : chaque phrase, chaque réplique, chaque scène de l’Écriture – et y compris mon nom (et y compris mes initiales !) »[1], peut-on lire dans le dernier essai de Valère Novarina, Voix négative précisément. Quels sont les quatre sens possibles de VN : Voie Négative, Voix Négative, Via Novarina, Viande Niée ?… Si les pistes ne manquent pas, il convient cependant de s’interroger sur la valeur herméneutique, poétique et critique d’une telle approche : en quoi cette voie onomastique constitue-t-elle un mode opératoire pertinent pour aborder l’œuvre ? Comment saisir la quatressence d’une œuvre particulière ou de l’œuvre dans son intégralité (lecture littérale, allégorique, morale et anagogique[2]) ? Dans quelle mesure l’écriture novarinienne doit-elle être rattachée à la scène de l’Écriture et comment comprendre cette expression dans toutes ses dimensions ? 

 

            Par ailleurs, ces quatre sens de l’écriture renvoient-ils à quatre points cardinaux qui détermineraient un territoire novarinien ? Sont-ils à mettre en relation avec les « quatre langues nourricières »[3]qu’évoque l’écrivain (le hongrois, le dialecte franco-provençal, l’italien valsésian et le latin) ? Avec diverses autres langues / langues autres ? Peut-on les relier à cette quatrième personne du singulier dont se revendique l’auteur[4] ? En quoi cette quatressence scripturale invite-t-elle à explorer les voies poétiques, dramatiques/dramaturgiques, picturales et musicales – mais aussi philosophiques, théologiques ? Faut-il donc excéder le quatre ?

 

            Tels sont quelques-uns des enjeux que se propose d’approfondir ce premier colloque international de Cerisy consacré à l’œuvre d’un écrivain, dramaturge et peintre d’ores et déjà considéré comme un classique de la modernité. Ont répondu présents la plupart des principaux spécialistes et interlocuteurs de Valère Novarina : écrivains, philosophes, traducteurs, universitaires, comédiens et metteurs en scène.

C’est dire que, en présence de l’auteur qui interviendra de diverses façons – notamment par des lectures -, seront développésde multiples domaines : théâtre, poésie, philosophie, dramaturgie, peinture, théorie, traduction, culture et langues de l’antiquité, histoire des idées… Pour le plus grand plaisir des passionnés, qu’ils soient professionnels ou amateurs éclairés.

 

Valère Novarina : les quatre sens de l’écriture

 

Du vendredi 10 août (19h) au vendredi 17 août (14h) 2018

 

Direction : Marion CHÉNETIER-ALEV, Sandrine LE PORS et Fabrice THUMEREL

 

 

Vendredi 10

Après-midi

ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée

Présentation du Centre, des colloques et des participants

Samedi 11

Matin

Ouverture, par Marion CHÉNETIER-ALEV, Sandrine LE PORS et Fabrice THUMEREL

 

Francis COHEN: Ethnographie du stade d’action dans le théâtre novarinien

Constantin BOBAS: Hypothèses pour une écriture synesthésique d’origine lointaine

Nathalie KOBLE: Jouer avec Adam. L’origine projetée de la parole novarinienne

Après-midi

 

—————–

Soirée

 

Thierry MARÉ: Valère Novarina, avec et sans Japon

Enikö SEPSI: Le rituel kénotique dans les écrits et spectacles de Novarina

————————————————————————–

Projection du Vrai sang, texte et mise en scène de Valère Novarina (2011), captation à l’Odéon par Virgile Novarina et Raphaël O’Byrne

 

 

Dimanche 12

Matin

Annie GAY: Entrée dans l’impossible « avec l’acteur comme objet de désir »

Jean-Luc STEINMETZ: L’antédiluvien

Après-midi

Claude BUCHVALD: Mettre en scène Valère Novarina : L’Opérette imaginaire, accompagnée par l’acteur Claude MERLIN

Table ronde avec Valère NOVARINA et Zsófia RIDEG

 

 

Soirée

Dialogue avec une langue inconnue (soirée musicale à partir d’Une langue inconnue, de Valère Novarina, parue en 2012 aux éditions Zoé) : Mathias Lévy (violon), Valère Novarina (voix)

Lundi 13

Matin

 

—————–

Après-midi

 

—————–

Soirée

Christine RAMAT: Les bouffonneries macabres sur la scène novarinienne : un comique rédempteur

Marie-José MONDZAIN: « Scènes de colère »

Inhye HONG: « Sentiment inconnu » : la porte ouverte sur les catharsis

————————————————————————–

Marie GARRÉ-NICOARÃVoix et dispositifs marionnettiques dans l’écriture de Novarina

Dialogue avec Valère NOVARINA

————————————————————————–

Le Discours aux animaux de Valère Novarina, par André Marcon

Mardi 14

Matin

Isabelle BABIN: L’ « entendementpar le toucher »

Marco BASCHERA: Comment faut-il lire les textes théâtraux de Valère Novarina ?

Laure NÉE: Novarina – L’intranquillité

Après-midi

 

Soirée

« Le Monologue d’Adramélech : homo automaticus », de Valère Novarina, par Leopold von Verschuer

Mercredi 15

Matin

Olivier DUBOUCLEZ: « Un vide est au milieu du langage. » Valère Novarina et le sens de la prière

Robin SEVESTRE: Le palimpseste novarinien

Amador VEGA: Quatre modes de l’esprit. Une lecture hermétique de Novarina 

 

Après-midi

Leopold von VERSCHUER(Allemagne)Traduire les listes

Angela LEITE LOPES (Brésil)Traduire, penser, jouer. Valère Novarina et son vivier des langues 

Table ronde sur la traduction avec Yuriko INOUE (Japon), Enikö SEPSI et ZsófiaRIDEG (Hongrie)

 

 

Jeudi 16

Matin

Éric EIGENMANN: Novarina : les quatre temps du respir

Patrick SUTER: Une écriture frontalière

 

 

 

Après-midi

 

—————–

Soirée

Louis DIEUZAYDE: Faire l’animal. Quelques sorties de route de l’humanité dans le jeu de l’acteur novarinien.

Rafaëlle JOLIVET PIGNON: De la cour d’honneur à la cour d’école : la poétique novarinienne à l’épreuve du bac théâtre

————————————————————————–

« Éloge du réel » : textes de Valère Novarina, Christian Paccoud (accordéon) et Agnès Sourdillon (voix) 

Vendredi 17

Matin

Céline HERSANT: « Espace, es-tu là ? » : cartographie des territoires novariniens

Conclusions, par Marion CHÉNETIER-ALEV, Sandrine LE PORS et Fabrice THUMEREL

 

 

Après-midi

DÉPARTS


[1]Valère Novarina, Voix négative, P.O.L, 2017, p. 40.

[2]Dans cette même page, Novarina nomme « sens à l’arraché » ce sens anagogiquequi est « sursens », passage du sens littéral au sens spirituel.

[3]Cf. ibid., p. 36-47.

[4]Cf. La Quatrième Personne du singulier, P.O.L, 2012.

Powered by WordPress