Libr-critique

25 janvier 2018

[Texte] Olivier Matuszevski, N’importe où toujours au même endroit (7/8)

Nous remercions Olivier Matuszewski – que l’on retrouvera chez Fissile, Tituli ou Publie.net – de nous avoir donné quelques extraits d’un travail en cours qui se présente comme un objet poétique en français fautif et se distingue par sa fantaisie critique. Dans ce 7e extrait, c’est le tohu-bohu : "La fumée se noire sur nos branches et ornières"… [Lire le sixième extrait]

Dénivelé, pouce ! Accru, à croire,

N’en puis plus de pleuvoir !

et de quérir à toute berzingue, 

 

Que personne ne sorte du moteur avant !

> avec de l’huile sans vérifier !

Si par hasard quelqu’un demande de quel côté il se trouve,

sa vision manquante risque de chier,

 

Il y a quand même une stratégie apte à récompenser l’effort,

 

quand avancer comporte juste le risque d’avancer,

avec un éclat d’âme dans l’œil qui voit trop loin,

 

Avec les bras qui déchargent l’infinité des formes à traire,

il est peut-être plus sérieux de se mettre d’accord sur les matériaux qu’on fusionne,

 

Ça dépend d’où on arrive, médites(-tu) bien ou vous,

 

Peau de chagrin en cocotte, jusqu’à noyade, direct émue !

Si tu le répètes, t’es qu’un suspect, pire que lèche-cul (…),

 

La fumée se noire sur nos branches et ornières,

Il y en a qui s’agrippent à leur casse-dalle plein de vache,

 

Quel esprit (formidable) il faut à des bras qui déchargent,

Quel transport (de foi) pour déchirer le surplus inutile d’emballage,

 

Ce qu’induit la machine, de par ses reflets

sur l’objet qui en sort,

avec estampille : objet de délice,

 

Au fur, s’oublie la mesure,

La preuve, c’est que la preuve est vivante,

Quand bien même en mille et mille, et mille morceaux de motus cousus,

15 décembre 2017

[Texte] Olivier Matuszevski, N’importe où toujours au même endroit (6/8)

Nous remercions Olivier Matuszewski – que l’on retrouvera chez Fissile, Tituli ou Publie.net – de nous avoir donné quelques extraits d’un travail en cours qui se présente comme un objet poétique en français fautif et se distingue par sa fantaisie critique. Dans ce 6e extrait, il vous offre pour Noël des jumelles de poète pour mieux voir le monde en prenant "un chemin de renverse"… [Lire le cinquième extrait]

Aussitôt dit aussitôt nous

qui rentrons par un chemin de renverse

Imprimant exprimant notre bouche

comme décor

Par réflexe, je répète un souvenir

Ou bien est-ce encore une croyance

J’offre un peu de vin au caniveau

Tout p’tit déjà je sentais l’essence,

fier de déceler cette odeur enivrante

Un peu plus tard, je récite (sous ma douche)

ce qu’on nous dicte trop tôt d’intraduisible

Le dessin du soleil redonne sa chaleur

car je suis sans limite dans la fabrique

des bordures

Le temps de saisir la colle et puis ça y est 

je peux me poser

(enfin) les bonnes / toutes les questions > bonnes à ranger

Commençons par observer une paire de jumelles

Si elle grossit ce qui doit grossir,

à commencer par la nature de la réalité

grossière et puis avare dès le lendemain

Aujourd’hui sandwichs avariés

Le baron von Machin est resté

trop longtemps sous le soleil

D’où vient-il ? Doux est-il ?

D’où vient que l’amour monte en flèche

sous des vivats puis retombe et fonde

comme neige au sol sous le tapis

Tiens, voilà de quoi nous rafraîchir,

de quoi nous regarder,

ça suffit,

dans la plaine qu’ils ont mise là dehors

Rentre dehors si t’es un homme

Tout le monde devrait < se dépenser avant de dire

Comme c’est trop ! et trobo !



 

14 septembre 2017

[Texte] Olivier Matuszewski, N’importe où toujours au même endroit (3/8)

Nous remercions Olivier Matuszewski – que l’on retrouvera chez Fissile, Tituli ou Publie.net – de nous avoir donné quelques extraits d’un travail en cours qui se présente comme un objet poétique en français fautif et se distingue par sa fantaisie critique. [Lire le deuxième extrait]

Personnellement, la chambre est sombre

Qu’elle concerne qui ou quoi, la chambre est moche

mais elle m’attache

La chambre moche est sombre

Ceci est inaccessible, dois-je dire pour ma défaite

Chaque chambre arrive avec ses draps sans suite

Toutes les chambres sont des salopes

C’est comme ça que je chambre

les chambres noires de circonstances

 

C’est quand même mieux par où le bras passe

Après ça, on dira qu’un malheur n’arrive jamais

 

Si fallait faire l’autoportrait, j’dirais : c’est toi !

C’est tout comme toi mais dans l’autre sens !

 

Pardon, je t’aime mais j’ai le droit de me rattraper !

Pardon du si peu mais je fais vœux, et de tendresse

Et j’fais ce que j’mieux !

Pardon, hein !

Personne a le droit !

Personne !

 

C’est comme ce passage dans Alice ou la dernière fugue de Chabrol

Comment que ça marque (l’évangile) quand on est si peu, si petit

 

« Vivez à l’intérieur de ce qui vous est imparti ! » dit la grosse voix invisible

11 juillet 2017

[Texte] Olivier Matuszewski, N’importe où toujours au même endroit (2/8)

Nous remercions Olivier Matuszewski – que l’on retrouvera chez Fissile, Tituli ou Publie.net – de nous avoir donné quelques extraits d’un travail en cours qui se présente comme un objet poétique en français fautif et se distingue par sa fantaisie critique. [Lire le premier extrait]

Soudainx sans un où // demi fuite avec tremblement

Comme j’aimais perdre mon temps en poil à gratter

l’horizon de derrière

Seconde récolte au crépuscule (tu vois l’tableau célèbre !)

Défectueuse, sa ligne ?

à moissonner des soupçons sans faire de tort à quiconque

s’amuse, se prive de ses muses, c-à-dire

Précisément, dans un terrible esprit de fête (quand meurt l’inspiration)

style grande roue

avec grand guignol en personne

Inspire avec > et puis avant d’ouvrir ton sac

Du moment que n’importe, démarre le dur métier d’arpenteur

A salir le plafond d’un pas encore pas très sûr

Calculer sa propre surface n’est vraiment pas humain

Ça procède de la faim en silence < dit une bête dont j’hérisse

Sans silence, je ne vois pas, je ne sais rien

Je pense à la foudre, à ceux qui oublient de s’atteindre, la nuit dans la nuit 

25 juin 2017

[Texte] Olivier Matuszewski, N’importe où toujours au même endroit (1/8)

Nous remercions Olivier Matuszewski – que l’on retrouvera chez Fissile, Tituli ou Publie.net – de nous avoir donné quelques extraits d’un travail en cours qui se présente comme un objet poétique en français fautif et se distingue par sa fantaisie critique.

Parfois les aniamux me font pelure

– et à chaudes

Surtouc hors de leur habite naturel Oh oui !

Veaux, vaches, cafards, couvées, cavavins, bourrés d’échancrures sur les parois

Parois,

par trois fois

par trois fois j’essaye de me lever sans succès du qu’en-dira-t-on

On / j’essaye de me coucher ni de me lever

Ou de me faire pompier

tiens ! pour apprendre à brûler < et à voler

des pim pam pommes

A brûler hors fréquence narrative

Je penche un peu, beaucoup, pas pas pas passe…

Je penche vodka (enfin, wodka) papa, papa, pas par… tradition ni zéroïsme

Un peu de cul, de cucul, de culture, ne jour et nuit à personne

Ainsi Woda = eau / et ka (suffixe, couché le chien ! d’où qu’y sort)

et ka donc = petit (en gros)

D’où Wodka : « petite eau » / Enfin merde ! quelque chose comme

 

Je suis diverge comme on peut l’être

Comme on peut-être divergent

Ceci ne doit en aucun cas résister entre nous

Never ! Nevermore ! Bandes d’asperges !

J’aime mon prochain moins que ma prochaine

Les maillons, c’est fait pour se sauter entre nous, d’accord !

Comme les bonobos quand il y a embrouille

Enfin, symboliquement / parce que zizi Jeanmaire, j’en passe et d’autres, entre même genre, c’est quand même d’abord une question d’envie, de sensi, de sensib… 

 

Je disais ça, pour entretenir des rapports paciflics, passiflore et tout ces trucs pour dormir tête haute

D’abord, la cruauté c’est pas bon Parce qu’on rentre……………………………… … bourré

Enfin, on rentre… dans des considérations puériles qui sont la preuve de notre fragilité

Or chaque un, chacun sait que…………………………………………………………….. rien

 

Enfin si !

Chacun sait que la cruauté individuelle arrange pas les rapports entre toi et moi

Oui mais faut pas mettre la critique dans la cruauté passque la critique, c’est ringard qu’y commencent à dire là-haut depuis des décennies, depuis toutes ces années qu’ils ont inventé les décennies

 

Faut pas prendre le bon dieu pour c’qu’il est pas

J’préviens, j’préviens toi

Et tous

3 juin 2014

[Création] Corinne Lovera Vitali, Hase

On appréciera cet agencement répétitif de Corinne Lovera Vitali (audio + texte), dont nous avions déjà publié un Objet Poétique en Français Fautif (OPFF) – et dont on pourra découvrir le site.

 

 

je suis souple j’ai attendu longtemps avant d’entendre ce que le corps de moi savait avant de naître même j’ai entendu le corps me dire aujourd’hui seule seulement je suis souple

 

c’est étendu je suis souple c’est une difficulté très étendue j’ai la souplesse trop étendue n’autorise pas détente la nuit n’autorise pas d’éteindre la nuit n’autorise pas l’étreinte simple permet le pliage le ploiement le plantage le plombement après l’arc-boutement accorde le désert la steppe et le dépeuplement la perte de vue de trop de vue

 

et porte les coups les donne te fait le coup le contre-coup du lapin te donne rigidité de lapin mort de frayeur provoquée pauvre lapin parqué freiné choqué rigidifié en hoquets seule réplique épuisée met court à la trop souple souplesse étirant ligaments pour atteindre beauté qui ne s’atteint jamais

 

renoncer à atteindre beauté qui ne s’atteint jamais est folie lapin je continue lièvre je suis souple en continu je continuerai j’étire les cordes des ligaments je hisse je pousse je tire je tracte je tords je continue de tordre le cou mordre la poussière corde de fer je continue de tordre au sang le torchon de cerveau inessorable éternité

 

je ne me torche pas avec mon torchon c’est mon unique torchon je ne suis pas devenue folle j’ai fait je ne peux faire qu’avec mon torchon propre c’est moi lapin que je torche de vivre avec ce vieux torchon de sang tenu immaculé

 

je veux torcher les têtes raides je veux torcher les culs serrés du balai qu’enfants malchanceux ils ont pris dans le cul et dans la bouche d’un seul geste qui leur a d’un seul spasme définitivement obturés les deux pôles les a colonisés les a bouchés enculés colonnés de bambou à l’éternité

 

a tenu droits leurs possibles coulements leur désirable affaissement leur souhaitable ratatinement a tenu lieu de colonne bionique a fait ordre a fait autorité a tout enfilé du bois de bienséance au lieu d’aisance

 

je veux ôter le tronc de la bouche au cul de beauté la désenculer de la bouche du bois entravant sa descente occupant sa remontée le lieu parfait de sa circulation je veux cette expulsion je suis souple étendue et pliée devant l’impassible raideur qui obture beauté tient closes ses portes tient hors de vue ta muqueuse ton tube ton organe beauté éteint ton souffle tient position armée de l’axe anal cervical par l’imputrescible bambou d’un manche à balayer tout le temps si court que dure la vie cette raideur mesure de mes jours souple étendue hase empêchée à jamais de beauté

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