Ce qui travaille l’oeuvre de Chloé Delaume, lorsque l’on considère ses textes et ceci depuis Le cri du sablier jusqu’à Dans ma maison sous terre, c’est le fait qu’elle dévoile la scène d’une hantologie. Hantée par une scène de passé, vis-à-vis de laquelle elle se détourne et ceci jusque dans l’usage de son nom.
Ce qui se noue ici s’apparente à la question de l’egoscripture, à la manière dont une conscience s’écrit, se voit de l’intérieur, de la manière dont la pensée se scrute et se scripte, se souffle à elle-même les mots qui définissent son propre visage de pensée.
En déplaçant l’optique de l’autofiction qui est littéraire, qui s’intéresse à définir un genre, et certaines régularités ou irrégularités de celui-ci vers la question de l’intentionnalité en oeuvre dans l’écriture, il s’agit de comprendre les opérations et les structures intervenant dans cet acte littéraire. En déplaçant la question de la littérature vers celle de la phénoménologie de la conscience écrivante, nous ouvrons un autre sujet qui est celui qui s’egoscripte.
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