Libr-critique

31 juillet 2017

[News/Livres] Libr-vacance (1)

Voici de quoi réussir votre mois d’août : deux festivals à ne pas manquer ; notre Libr-sélection (5 livres présentés) ; LC a reçu, lu et recommande 25 livres.

Libr-événements

â–º Du 1er au 5 août 2017, festival TOURNEZ LA PLAGE à La Ciotat. L’Art Hic&Hoc lance cet été son tout premier festival d’écritures contemporaines : l’événement se déroulera donc simultanément avec le festival de Jazz.
Les événements se dérouleront entre La Boutique, Le Cercle de La Renaissance, la Place Gauthier, La Librairie "Au Poivre d’Âne" et l’angle de la Rue Foch (Arnoux).

On pourra apprécier/découvrir les œuvres de nombreux artistes locaux :
Stéphane Nowak Papantoniou, Julien Blaine, André Robèr, Maxime Hortense Pascal, Claudie Lenzi, Eric Blanco, Nadine Agostini, Cédric Lerible, François Bladier, Patrick Sirot, Lili le Gouvello, Françoise Donadieu, Frédérique Guétat-Liviani, Laurence Denimal, Dominique Cerf, Olivia Rivet (exposition à la Boutique) ainsi que Cassandra Felgueiras, Caroline Derniaux et Zagros Mehrkian, étudiants à l’École Supèrieur d’Art de Toulon, et l’association "Lignes de Partage".

â–º Le Bruit de la Musique #5, Festival d’aventures sonores et artistiques, du 17 au 19 août 2017 à Saint-Silvain-sous-Toulx, Toulx-Sainte-Croix, Domeyrot et La Spouze (Creuse) : avec notamment Laurent Bigot, Lionel Marchetti, Arnaud Paquotte, Sébastien Lespinasse… Pour plus d’informations : ici.

Libr-sélection /FT/

â–º Bohumil Hrabal, La Grande vie, poèmes 1949-1952, traduit du tchèque par Jean-Gaspard Pálenicek, éditions Fissile, Les Cabannes (09), printemps 2017, 136 pages, 24 €, ISBN : 978-2-37171-019-1.

Retour aux origines de l’œuvre, c’est-à-dire à la poésie : "Parce que la société moderne s’est accoutumée aux sensations et aux singularités, le poète mourant se fichera ses lunettes dans le cou et filtrera sa vie à travers le verre embué" (p. 43)… Des formes variées retenons "SUPERSEXDADAISME ?" : "Recherchons vacanciers bénévoles / Séjour payant à Founetainebleau / Entrée génitale amaigrissante" (63)… La belle vie, en somme !

â–º Yoann Thommerel, Mon corps n’obéit plus, éditions Nous, Caen, hiver 2016-2017, 80 pages, 12 €.

Le lecteur est averti : "Il serait bien plus prudent de voir dans ce fatras graphique la manifestation de troubles réactionnels sévères, une forme de défense face aux exigences d’application et de lisibilité imposées par la norme, un poème-refus, allant à l’encontre du modèle attendu" (p. 33). De façon symptomatique, dans ce poème-refus, le corps refuse d’obéir… Un corps qui est lieu de vie, d’envie, d’ennui… lieu de tentation consumériste… et de poésie ! Une poésie litanique et visuelle.

â–º Alain Jugnon, Artaud in Amerika. La Place de la femme dans le plan américain, Dernier Télégramme, Limoges, mai 2017, 80 pages, 12 €.

Ce cinémArtaud met en scène quatre "personnages conceptuels" : "La dame de Shanghai ou Rita Hayworth, André Bazin, Orson Welles et Antonin Artaud". Ces voix se mêlent à celle de l’essayiste pour évoquer/analyser avec brio, entre autres éléments passionnants, telle image-cristal, la langue jaune du fascisme, le rôle de "la femme blanche chez Welles et Artaud" : "c’était la révolution permanente à l’écran et en direct" (p. 69)…

â–º Michel Deguy, Noir, impair et manque, dialogue avec Bénédicte Gorrillot, Argol, coll. "Les Singuliers", hiver 2016-2017, 292 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-012-8.

Quel animal est donc Michel Deguy ? Détour par l’œuvre de ce poète et revuiste qui figure parmi les écrivains contemporains les plus importants, dans un dialogue dense et intense avec une spécialiste du genre. Une nouvelle pièce de choix dans cette superbe collection qui associe entretiens, inédits et documents divers. Clôturée de fort belle manière par un abécédaire signé par l’auteur lui-même.

â–º Carole Aurouet, Prévert et le cinéma, Les Nouvelles éditions, avril 2017, 128 pages, 10 €.

En quatre chapitres, la spécialiste de Prévert évoque la poésie cinématographique de l’illustre écrivain qui était fasciné par les burlesques américains et par Fantômas : les ciné-textes des années 20-30, son cinéma visible (les grands films des frères Prévert et de Carné/Prévert) et invisible ("scénarios détournés", c’est-à-dire qui n’ont pas abouti à des films tournés). Humour et détournement surréaliste au programme ! Sans oublier que Carole Aurouet a su faire revivre pour nous tout un monde fascinant.

LC a reçu, a lu et recommande

♦ Christian PRIGENT : Chino aime le sport (P.O.L, juin 2017, 176 pages, 18 €) et Ça tourne, notes de régie (L’Ollave, coll. "Préoccupations", été 2017, 70 pages, 14 €) ; La Contre-Attaque, éditions Pontcerq (Rennes), printemps 2017 : dossier Prigent, p. 65-73 et 127-194. [On pourra découvrir leur présentation fin août sur le blog Autour de Christian Prigent]

 

♦ Pierre Bergounioux, Esthétique du machinisme agricole, suivi de Petit danseur par Pierre Michon, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), été 2016, 48 pages, 13 €.

♦ Eric Brognier, Tutti cadaveri, traduit de l’italien par Rio di Maria et Cristiana Panella, L’Arbre à paroles, Amay (45), juin 2017, 48 pages, 10 €.

♦ Hervé Brunaux, Homo presque sapiens, éditions PLAINE Page, Barjols (83), coll. "Connexions", 2015, 44 pages, 5 €.

♦ Rémi Checchetto, Le Gué, Dernier Télégramme, Limoges, printemps 2017, 64 pages, 10 €.

♦ David Christoffel, Argus du cannibalisme, Publie.net, printemps 2017, 104 pages, 12,50 €.

♦ Claro, Crash-test, Actes Sud, août 2015, 236 pages,19,50 €.

♦ Olivier Domerg, Rhônéo-Rodéo, poème-fleuve avec quinze photographies de Brigitte Palaggi, Un comptoir d’édition, Sainte-Eulalie en Royans (26), juin 2017, 144 pages, 15 €.

♦ Jacques Dupin, Discorde, P.O.L, édition établie par Jean Frémon, Nicolas Pesquès et Dominique Viart, juin 2017, 240 pages, 23 €.

♦ Frédéric Forte, Dire ouf, P.O.L, mai 2017, 96 pages, 11 €.

♦ Mihàlis Ganas, Marâtre patrie, traduit du grec par Michel Volkovitch, Publie.net, 2017, 80 pages, 13 €.

♦ Jean-Marie Gleize, La Grille, Contre-Pied (Martigues), coll. "Autres & Pareils", hiver 2016-2017, 32 pages, 4 €.

♦ Mary Heuze-Bern, Rendez-vous à Biarritz, éditions Louise Bottu (Mugron), coll. "Contraintes", juin 2016, 36 pages, 4,50 €.

♦ David Lespiau, Équilibre libellule niveau, P.O.L, mai 2017, 112 pages, 11 €.

♦ Patrick Louguet, Jean, Antoine, Mouchette et les autres… Sur quelques films d’enfance, Artois Presses Université, hiver 2015-2016, 268 pages, 20 €.

♦ Dominique Meens, Mes langues ocelles, P.O.L, novembre 2016, 384 pages, 21 €.

♦ Emmanuelle Pagano, Sauf riverains, Trilogie des rives II, P.O.L, janvier 2017, 400 pages, 19,50 €.

♦ Dominique Quélen, Avers, éditions Louise Bottu, Mugron (40), mai 2017, 116 pages, 14 €.

♦ Sébastien Rongier, Cinématière. Arts et Cinéma, Klincksieck, 2015, 252 pages, 23 €.

♦ Claude Royet-Journoud, La Finitude des corps simples, P.O.L, mai 2016, 96 pages, 13 €.

♦ Robine-Langlois, […], éditions Nous, Caen, octobre 2016, 96 pages, 14 €.

♦ Ana Tot, Méca, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), juin 2016, 72 pages, 13 €.

♦ Antoine Wauters, Nos mères, Verdier, hiver 2013-2014, 154 pages, 14,60 €.

 Bientôt sur LC…

De fin août à fin septembre, vous découvrirez, entre autres :

♦ Créations : Daniel Cabanis, CUHEL, Olivier Matuszewski, Mathias Richard…

Entretiens : Véronique Pittolo, Bernard Desportes, Claude Favre…

Recensions/chroniques : des spéciales sur Véronique BERGEN et sur Philippe JAFFEUX (à propos de leurs trois derniers livres)…
Vous attendent encore : Dictionnaire de l’autobiographie (Champion) ; La Poésie motléculaire de Jacques Sivan (Al dante) ; Patrick Bouvet, Petite histoire du spectacle industriel (L’Olivier) ; Bernard Desportes, Brève histoire de la poésie par temps de barbarie (tentative d’autobiographie), La Lettre volée ; Sébastien Lespinasse, Esthétique de la noyade (PLAINE Page) ; Valère Novarina, Voix négative (P.O.L) ; Nadège Prugnard, MAMAE (Al dante) ; Sébastien Rongier, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou (Pauvert) ; Martin Winckler, Les Histoires de Franz (P.O.L)…

21 juin 2017

[Revue] Cahiers Robinson n° 41 : Encore Robinson

Le n° 41 des Cahiers Robinson salue les vingt ans de la revue, et pour l’occasion revoici Robinson dans tous ses états… Et pour ce qui concerne le contemporain auquel est consacré Libr-critique, on trouvera le "dossier Robinson" d’Olivier Cadiot…

Cahiers Robinson, n° 41 : "Encore Robinson", Presses de l’Université d’Artois (commander), en librairie depuis fin mai 2017, 240 pages, 16 €, ISBN : 978-2-84832-250-6.

Présentation éditoriale

Les Cahiers Robinson ont été créés en 1997. À l’occasion de cet anniversaire, ils rendent hommage à celui qui leur a prêté son nom.
Encore Robinson : qu’on l’envisage sous l’angle du mythe ou de son histoire « véridique », le personnage, la figure — souvent le nom seul — continue de hanter la conscience occidentale tout en colonisant le reste du monde.
Ce numéro souhaite développer une actualité qui s’exprime aussi bien dans la littérature et le cinéma que dans les jeux de la téléréalité. Si la revue privilégie les oeuvres, les objets culturels et les produits dérivés adressés à l’enfance et à la jeunesse, elle tient compte du croisement des publics que la critique anglo-saxonne range sous le terme de crossover.
Sur un autre plan, on constate aussi une rencontre de significations divergentes, entre une certaine futilité de l’invocation à Robinson et la morosité des apprentis Robinson incapables aujourd’hui de se hisser à la hauteur de leur modèle.

Table des matières

Danielle Dubois-Marcoin
Robinson, le roman de la mauvaise conscience

Isabelle Nières-Chevrel
À la naissance des « robinsonnades » françaises.
Petite bibliographie commentée de La Vie et les Aventures surprenantes de Robinson Crusoé  […] au Robinson de douze ans

Isabelle Arnoux & Christine Chaumartin
Avatars de la robinsonnade. Retour sur l’exposition « Robinson & Cie : de Daniel Defoe à Lost » au Musée national de l’Éducation (Munaé)

Édith Perry

The call of the wild

Isabelle-Rachel Casta
« Vivre ensemble, mourir seul » Les Robinsons tragiques du vol 815 (Lost)

Roland Carrée
Cinéma année zéro. Seul au monde de Robert Zemeckis

Virginie Douglas
Nation de Terry Pratchett,le testament littéraire en forme de robinsonnade du roi de la fantasy anglaise

Christine Guérinet
Les robinsonnades urbaines, reflets de nos comportements

Anne-Marie Petitjean
Des robinsonnades inversées : Anne Hébert versus Michel Tournier

Kathy Similowski
Robinsons en fin d’école primaire : de la réécriture à l’invention

Philippe Blondeau
Robinsons d’eau douce

Julie Saint-Hillier
De l’île du Désespoir à l’île de La Redousse, réécriture bosquienne de la robinsonnade

Fabrice Thumerel
Le dossier Robinson d’Olivier Cadiot

ENFANCES AU CINÉMA

Patrick Louguet
Le voyage vagabond au cœur de l’œuvre cinématographique de Jacques Rozier (Les Naufragés de l’île de la tortue, Maine Océan et Adieu Philippine)

VARIA

Les Cahiers Robinson ont vingt ans

Patrick Tourchon & Leniiw Roman
Éloge de la désobéissance :Georges Bayard et la contre-culture

Fabrice Thumerel : Signé R. Le dossier Robinson d’Olivier Cadiot (extraits)

Cinq ans après un Art poetic’ (P.O.L, 1988) qui, parce qu’il met en valeur le faire en réduisant l’écriture poétique à un inventaire de matériaux hétérogènes, un prêt-à-écrire constitué d’un stock d’éléments prélevés (technique du cut-up), signe une entrée tonitruante dans un champ littéraire recomposé après la fin des avant-gardes, sans dessein préconçu, Olivier Cadiot entame un cycle de prose poétique centré sur la figure mythique de Robinson : « Robinson, c’est l’employé modèle pour un roman. Voilà un type qui se retrouve dans une île avec trois caisses échouées et à partir de ça, nous refabrique un monde complet. On croque une petite madeleine à la plage, et déjà trois mille pages ! Robinson en fait trop, il est le comble en soi. C’est l’archipersonnage. Plutôt que de se fabriquer un hamac, un parasol, et de s’installer en vacances, il se met au travail pour l’éternité » ("Cap au pire", entretien de 2008).

Quel monde l’écrivain entend-il (re)fabriquer en cette fin-de-siècle dite « postmoderne » ? La légèreté du ton – avec un petit clin d’œil à Proust – annonce l’inévitable mise à distance du modèle qui suit : « Au fond, je ne m’intéresse pas au mythe Robinson, je ne fais pas une adaptation ou une dérive sur le thème. Robinson est un nom de code, c’est plus un Neutre, un embrayeur d’impressions et de transport. »

Le fait est que recycler ce mythe fondateur est pour le nouveau venu dans le champ le moyen de se situer par rapport à la modernité capitaliste comme à la modernité littéraire. Afin d’examiner la façon dont Olivier Cadiot s’est construit une position en traitant le matériau-Robinson très différemment au fil du temps, on se penchera de près sur ce que l’on peut appeler son dossier Robinson (cf. Futur, ancien, fugitif, p. 147 et 151), à savoir une pentalogie qui, publiée chez un éditeur en vue dans le pôle de création spécifique (P.O.L), s’étale sur dix-sept ans : Futur, ancien, fugitif, 1993 ; Le Colonel des Zouaves, 1997 ; Retour définitif et durable de l’être aimé, 2002 ; Un nid pour quoi faire, 2007 ; Un mage en été, 2010.

[…]

Mais que faire quand on arrive après les Modernes et que l’on est conscient des manques de la modernité ? Entré dans le champ en plein postmoderne, Olivier Cadiot opte pour la sortie du style : l’acte créateur n’est plus idiosyncrasique mais ludique. […]
Les fictions du cycle Robinson ressemblent fort à l’Objet Verbal Non Identifié (OVNI) décrit dans le premier numéro de la Revue de Littérature Générale (P.O.L, 1995) : agencement d’affects sensibles, intellectuels et formels, patchwork où se télescopent réel et imaginaire, rêves et souvenirs, matériaux textuels et iconographiques… À sa façon, Cadiot nous offre en cinq volumes La Vie (de Robinson) mode d’emploi : un manuel de (sur)vie.

15 juin 2010

[Livre-news] Les Cahiers Robinson, n° 27 : « Ã€ l’école Prévert »

Les Cahiers Robinson, Université d’Artois, n° 27 : "À l’école Prévert", printemps 2010, 212 pages, 16 €, ISBN : 2-9516422-9-6. [commander le numéro]

Suite au colloque qui s’est tenu à l’université d’Artois les 14 et 15 janvier 2009 – et à la présentation de ma propre contribution, "À l’école Prévert : sociogenèse d’un poète mécréant" –, la publication des Actes propose une relecture de cette œuvre subversive d’autant plus nécessaire que, depuis la mort de l’auteur en 1976, l’on a pu enregistrer peu d’entreprises de ce genre.

(more…)

24 février 2007

[Livre] Alphonse Cugier et Patrick Louguet dir., Impureté(s) cinématographique(s)

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 14:19

louguet.jpegAlphonse Cugier et Patrick Louguet dir., Impureté(s) cinématographique(s) (Les Cahiers du CIRCAV, Université de Lille III, n°18), L’Harmattan, 2007, 270 pages, 23 € ISBN : 978-2-296-02297-3
Quatrième de couverture
L’impureté est devenue, au fil de diverses recherches universitaires, une véritable catégorie esthétique, en particulier dans le champ filmologique. Prenant en compte la revendication « avant-gardiste » des cinéastes des années 20, celle d’un art total capable de tendre vers des formes purement cinématographiques, André Bazin, dans les années 50, forge la notion d’impureté en se demandant si le septième art a eu véritablement, un jour, la capacité d’oeuvrer exclusivement sur son propre terrain. Le pouvait-il seulement dès lors qu’il croise d’autres disciplines artistiques ? Dans les années 90, ce sont Alain Badiou et Denis Lévy qui hissent véritablement la notion d’impureté à la dignité du concept. Denis Lévy distingue entre « impureté globale » et « impureté locale », selon qu’un film en est affecté de diverses manières, et aussi en tout ou partie.

Les films sont souvent régis par des sutures à la peinture, à la photographie, au théâtre, à l’opéra…, tous ces couples et autres figures envisageables peuvent, selon les cas, s’articuler en engrenages ou en organes plus ou moins déliés, plus ou moins subtils. Les auteurs de ce numéro mettent en évidence ces articulations en s’adressant au système des genres, ou en visitant une seule ou plusieurs oeuvres d’un même réalisateur. Ainsi s’inscrivent-ils dans ce mouvement qui, de revues en colloques et de colloques en publications d’actes, mais aussi d’un film à l’autre, dresse un état des lieux des impuretés cinématographiques.

Sommaire

Alphonse Cugier et Patrick Louguet, Les arts aux croisements : alchimie de la rencontre et reconnaissance de dettes.

Alphonse Cugier, Lettres de noblesse (Hommage à Barthélemy Amengual).

Denis Lévy, Le cinéma, art impur localement ou globalement ?

Didier Coureau, D’une pureté née de l’impureté même (ou de quelques relations cinéma et théâtre).

Denis Lévy, Opéras de cinéma.

Pierre Eric Jel, La Fresque dans le Fellini-Satyricon ou la tentation de figer le cristal.

Patrick Louguet, Le Septième Sceau, Sourires d’une nuit d’été et Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman : L’art des simulacres contre le pouvoir de la mimèsis et la mimèsis du pouvoir.

Alphonse Cugier, La Commune (Paris, 1871) de Peter Watkins, Eloge de l’anachronisme.

Freddy Dumont, Thomas Crown de McTiernan, Conquête néo-classique d’une nouvelle modernité.

Erika Thomas, Les ritournelles du tango. A propos de Sur de Fernando Solanas.

Lebtahi-Roussel, Richard Dindo, les arts en regard ou comment investir la mémoire ?

Premières impressions

Ce numéro 18 des Cahiers Interdisciplinaires de la Recherche en Communication Audio Visuelle commence par constater le succès actuel d’une esthétique de l’impureté, dont témoigne « une avalanche de préfixes (pluri, multi, inter, trans) », avant de nous adresser cette question cruciale : « Avec ce « jeu sur les frontières », l’unique et le multiple, le centré et l’éclaté, l’homogène et l’hybride, sommes-nous entrés définitivement dans un temps inventif, débordant, (excessif ?), porté sur la transgression ? » (pp. 9-10).
Avec pour références essentielles André Bazin (Pour un cinéma impur) et Gilles Deleuze, ce volume englobe diverses dimensions de l’impureté cinématographique, esthétique certes, mais également éthique et politique; il prend pour objet les « passages trans-Formes » entre cinéma, photographie, théâtre, roman ou opéra, mais surtout offre d’intéressantes analyses filmiques. Sans oublier de réfléchir au passage sur le « post-modernisme », dont Freddy Dumont voit un aboutissement actuel dans « le diptyque de Quentin Tarantino, Kill Bill, qui mélange la pop culture des années soixante-dix, celle qui va du film de sabre hongkongais au western spaghetti » (p. 159). /FT/

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