Libr-critique

19 avril 2020

[Création] Laure Gauthier, TRANSPOEMES « RODEZ BLUES » ou DE LA RELATIVITE DU SILENCE (1 / 2 : du dehors)

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J’appelle transpoèmes des poèmes transgenres qui mutent et migrent, des segments que je prélève de mes textes publiés ou en cours d’écriture, que j’assemble et que j’enregistre à l’aide d’un zoom audio, parfois de mon téléphone, en différentes situations et différents lieux et qui sont ensuite intégrés à d’autres œuvres, installations et œuvres collectives (musicales, scéniques) mais peuvent aussi être écoutés pour eux-mêmes ou diffusés à la radio ou sur le web.

En période de confinement, j’ai poursuivi mes enregistrements de deux extraits des corps caverneux, un texte poétique que j’écris dans le cadre d’une résidence Ile-de-France : les captations ont été réalisées lors de brèves marches dans Montmartre, de façon systématique entre 16h et 17h, une fois mon autorisation de sortie remplie : rue Caulaincourt, rue des Saules, rue des Abbesses, place du Tertre ou encore impasse Girardon.

Le poème bref repris ad libitum dans des situations différentes est extrait de la séquence « rodez-blues » qui évoque le tourisme de masse, l’exotisme, et se termine par une vision du naufrage du monde et de grande pauvreté émergente par le prisme de la « clocharde du monde », un texte qui est un hommage aux Tarahumaras d’Antonin Artaud. Il a été écrit avant que le covid-19 ne fasse son apparition en France. Il ne s’agit pas d’un texte de circonstance, même s’il est lavé et traversé par une pensée du temps et met en langue les menaces qui pèsent sur l’intime :

Il pleut à rodez
tandis que partout ailleurs c’est le feu
le monde brûle bien quand il pleut
la preuve qu’il y a pluie et pluie
des contrefaçons
Ça ne sent pas la terre
sans orage ni nuage
Ça ne sent pas la terre,
pourtant
j’aimerais la gratter comme les chiens
la gratter pour déterrer
y voir un signe de l’après,
vert

J’ai dit cet extrait des corps caverneux dans de nombreuses situations. Comme dans les autres transpoèmes, la situation jette à nouveau les dés du texte, les silences se déplacent, modifiant la ponctuation, le souffle et la voix se transforment en réaction à l’environnement, faisant résonner le sens autrement et ouvrant d’autres dimensions. Des bribes de conversation, des bruits s’immiscent dans le texte faisant référence à un hors-champ poétique.

La profondeur du champ sonore que l’on perçoit dresse un pont entre le texte et cette nouvelle crise sanitaire, sociale et politique qui apparaît par le prisme de bruits de rue, inhabituels pour un quartier d’ordinaire touristique à un point où l’on ne perçoit normalement que le premier plan des bruits de foules.

Mon projet consiste à capter la mobilité des sons en période de confinement. Les transpoèmes témoignent combien la mobilité des sons est le seul mouvement possible dans cette période recluse où nous percevons le réel via des plans fixes par nos fenêtres comme le montre bien Le Film des instants de Frank Smith. Le son est ce qui ré-apparaît puisque nous avons moins à voir.

Il va de soi que ces bruits de rue sont ceux d’un quartier socialement privilégié et touristique : Montmartre. Entendre le son du confinement au dehors, c’est alors croiser d’autres personnes qui marchent, font leurs courses, livrent des colis, se font contrôler, parlent depuis leur fenêtre ou observent le dehors. On se rend compte de cette relativité du silence. Ce silence du confinement voit émerger des bruits nouveaux, d’habitude recouverts par l’activité commerçante et touristique. Néanmoins, il laisse hors-champ la catastrophe sanitaire, le bruit de la peine et de l’angoisse, celle du travail, ou encore celle des Sans-Domiciles-Fixes qui pourtant sont très présents au regard mais le plus souvent silencieux : c’est une polyphonie partielle, tronquée. La crise sanitaire, politique et sociale, dont l’épidémie est un révélateur, n’est présente que par ces sons, souvent anodins. Néanmoins, c’est précisément ce caractère apparemment anodin des bruits, du pépiement des oiseaux et des bribes de conversations, qui fait signe vers le drame sanitaire et social : ces bruits et ces sons indexicaux racontent une autre histoire. Quelque chose d’anormal se trame là, comme dans une bande son de science-fiction, comme dans des rues trop vides, ou chantent trop les oiseaux. Or comme l’a dit justement Philippe Beck : « la poésie est une science-fiction ».

Le poème extrait de « rodez blues », écrit depuis le présent, qui évoque le monde qui brûle, est un poème de science-fiction ; la bande-son est, elle, un instantané, sortie de l’actualité : entre les deux un écart fructueux qui nous rend vigilants au trop plein et au trop vide. [Photos : © Laure Gauthier]

18 novembre 2018

[News] News du dimanche

Vos RV pour terminer novembre en beauté : Cabaud & Favre, Espitallier, Emmanuèle Jawad et les éditions Lanskine, lancement d’une nouvelle collection aux éditions Vanloo, « Poésie et musique »…

â–º mercredi 21 novembre 2018 à 18h30, Jean-Baptiste Cabaud & Claude Favre, Salle Kantor de l’ENS Lyon (15, parvis Descartes, sur l’avenue Jean Jaures – en face du 249).

â–º

â–º

â–º Jeudi 29 novembre, 20h, théâtre Jean-Vilar, Vitry/Seine : Jean-Michel Espitallier, « She Was Dancing » (chorégraphie Valeria Giuga).

► Vendredi 30 novembre à 19H, Maison de la poésie Paris, « POÉSIE & MUSIQUE » : DOMINIQUE QUÉLEN, PHILIPPE BECK, LAURENT COLOMB, AURÉLIEN DUMONT, ARIELLE BECK & LUCAS BELKHIRI. Rencontre animée par Laure Gauthier & Sébastien Rongier.

Tarif : 10 € / adhérent : 5 €

Comment renouer les liens distendus entre poètes et compositeurs de musique écrite afin d’inventer de nouvelles voies de réflexion et de collaboration ?
La soirée donne la parole à trois poètes et un compositeur qui proposent de nouvelles façons de faire dialoguer poésie et musique contemporaines et repensent la question du lyrisme ou encore de la voix. Lectures, performance et musique sont au programme de cette soirée qui sera suivie d’une discussion.

3 mai 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mai, suite des RV qui vous attendent : ceux du Bureau d’investigations poétiques, mais aussi l’exposition KALMARS ATTACK et hommage à Maryse Hache. Mais auparavant, en UNE, le dernier livre de Bernard Noël, Monologue du nous.

 

UNE /FT/

Bernard Noël, Monologue du nous, P.O.L, avril 2015, 112 pages, 8,90 €, ISBN : 978-2-8180-3653-2.

Dans un monde où se vident les défilés du Premier-Mai – où se défilent les défilants – ; où le pouvoir "a pour arme efficace le remplacement de la culture par la consommation, ce qui réduit la politique à des traités de libre-échange puisqu’elle est entièrement soumise à l’économie" (p. 48) ; "un monde où la dissolution de tous les repères sociaux se double du perfectionnement continuel des systèmes de surveillance et de répression" (51) ; où "la technologie va permettre de neutraliser toute opposition par une castration mentale généralisée" 75) ;
comment le "NOUS" pourrait-il encore subsister ?
comment le "NOUS" pourrait-il encore subsister en dehors de l’action directe ?

Mais "peut-on traiter le mal par le mal ?"(91)… Ce monologue du nous nous plonge dans les interrogations et les contradictions d’un groupe de militants qui se sentent trahis par les actuels socialistes au pouvoir. Et nous, lecteurs, égarés dans un palais de glaces, ne pouvons nous empêcher de nous demander avec angoisse s’il y a la moindre issue…

Libr-événements

â–º Les RV du bureau d’investigations poétiques :

* Mardi 5 mai à 18h30, Librairie Le Monte-en-l’air, Paris 20e : lancement de l’ouvrage collectif Redrum. A la lettre contre le fascisme (Les impressions nouvelles). Coordination Alain Jugnon. En présence de Pierre Alferi, Amandine André, Philippe Beck, Kiki Picasso & Frank Smith / Lien
 
* Jeudi 7 mai à 19h, La Panacée, Montpellier : Le Film des questions (Projection + discussion publique) / Lien 


* Mercredi 13 mai à 19h, Société des Gens de Lettres, Paris 14e : Le poète et son double / Des éditeurs en dialogue avec leurs auteurs. Avec Max Alhau & Thierry Chauveau (L’Herbe qui tremble), Frank Smith & Catherine Flohic (Argol), Philippe Clerc & Yves di Manno (Poésie / Flammarion) / Lien
 
* Mardi 26 mai à 19h, Libraire Tschann, Paris 6e : lecture / rencontre avec Jean-Marie Gleize. En présence de Vincent Broqua et Frank Smith.

* Mardi 2 juin à 19h, Archives nationales, Pierrette-sur-Seine : La mémoire brûle. Conférence de Georges Didi-Huberman suivie d’une discussion publique. Lien

â–º L’ exposition KALMARS ATTACK se tient jusqu’au 8 mai 2015 à la Chapelle du Quartier Haut à Sète (mais aussi à travers la ville).

Performances, lectures, conférences autour de "KALMARS ATTACK SETE" avec Joël Hubaut, Julien Blaine, Max Horde, Didier Calléja, Didika Kœurspurs, Magali Brien, Régina Blaim, Pierre Joris, Nicole Peyrafitte, Lilie Kitsh, Laurent Rodtz, Pierre Gonzales Izner, Manu Morvan, Thomas Andro, Thomas Pailharey, Alain Robinet, Damien & Roger Anselme.

Rens. : koeurspurs@gmail.com

â–º Ce lundi 4 mai au "Cent" (100 rue de Charenton 75012), 19h00 : hommage à Maryse Hache. Son œuvre est brève au regard de son temps passé parmi nous, et très forte, très inventive, une écriture du bonheur, peut-être, un bonheur lumineux, doux, vif, clair et droit (Laurent Grisel, Remue.net).
Tous les détails pratiques et des liens pour faire connaissance avec ses écrits, avec sa voix, sont disponibles à cette page.

30 mars 2014

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mars – jour de second tour des municipales, pour la petite histoire -, on commencera par méditer sur le Libr-clin d’œil de Cuhel sur la démocrazie. On ne manquera pas, ensuite, de lire l’appel de la revue Nioques. Enfin, des Libr-événements à foison : Michel et Monique Pinçon à Lille ; Eric Sadin, Eric Chevillard, la soirée Flammarion, Sandra Moussempès, Virginie Poitrasson, Véronique Pittolo à Paris ; les éditions de l’Attente à Bordeaux (avec Jérôme Game) et au Poulinguen (avec Eric Pessan)…

Libr-clin d’oeil de Cuhel : DÉMOCRAZIE

Salut les Bellezâmes ! – pour qui le vote est l’action politique à la portée des caniches.

DÉMOCRAZIE

Droit de voter
de vovoter
de revoter
de reroter
de vivoter
d’ex-voter

Droit au tout-à-l’ego
droit au tout-à-gogo
droit au tout-au(x)-gogo(s)
Démogogolisez-vous !
Démogogolissez-vous !
Démomolissez-vous !

Droit d’être gaveur
gaffeur
baveur
acheteur
spectateur

Droit d’être hystérhic
boulimhic
anorexhic

Droit de panser
crever
dé-penser

Droit d’être marrant
engageant
conciliant
transparent

Droit de niquer
de communiquer

Droit de voir
d’être vu
de ne pas savoir
de se faire avoir

Droit au ressenti psychométéorologique
au déni psychopathologique

Droit au cynisme
au voyeurisme
au vampirisme
au populisme

Droit au choix entre

kapit®@lisme™ 1 = devoir de servir à
vous asservir
l’immondyalisation
libérer la fin’démence

kapit®@lisme™ 2 =Liberanalité
EgalAustérité
Fraterniqué
Libérez la liberté des libéranaux !

kapit®@lisme™ 3 = droit à la démosecturité
au lisse et à la police
lissez vos peaux et drapeaux
lissez vos fanions, vos croupions et vos opinions
lissez vos races
lissez vos traces
lissez-vous !
listez-vous !
vissez-vous !

 

TOUS POUR NIOQUES !

Nous relayons l’appel de la revue Nioques, l’un des piliers de notre modernité littéraire.

" Comme vous le savez peut-être, après avoir quitté les éditions Le mot et le reste, Nioques a pris un nouveau départ adossée aux éditions de la Fabrique, via une convention aux termes de laquelle l’éditeur fait bénéficier la revue à la fois de son imprimeur et de son diffuseur, et ce, depuis deux numéros. “Adossée” signifie qu’il s’agit d’un partenariat, l’association « Nioques-Outside » restant l’éditeur de la revue les frais de fabrication et les coûts d’impression sont à sa charge.  

Cette situation nouvelle nous a conduits à ouvrir une campagne destinée à nous faire retrouver un nombre d’abonnés suffisant pour envisager la publication de nos deux prochains volumes dont les sommaires sont d’ores et déjà en notre possession.  Il se trouve par ailleurs que les critères permettant de solliciter l’attribution d’une « aide aux revues » auprès du CNL ont été sensiblement durcis, si bien qu’en l’état actuel des choses il ne nous est plus possible de solliciter une telle subvention, alors même que le CNL a toujours soutenu la revue de façon significative, depuis ses premiers pas en 1990.  Un tel soutien, nous n’en doutons pas, nous serait de nouveau accordé, si nous retrouvions un mode de fonctionnement stable et conforme aux exigences en vigueur.

C’est pourquoi nous sollicitons aujourd’hui l’aide de  tous ceux qui ont participé à l’aventure Nioques, que ce soit en tant que lecteurs, ou comme auteurs, écrivains, poètes ou artistes. Nous avons besoin d’abonnements supplémentaires pour sortir de ce moment difficile, pour mettre en fabrication le volume qui devait paraître ce printemps, et pour prétendre à une nouvelle aide de la commission dont nous dépendons au CNL.   

Si vous ne pouvez pas vous abonner, vous pouvez néanmoins manifester votre soutien par un don de l’ordre de vingt euros, ou davantage si vous le croyez possible

Merci d’avance à tous. "

♦ Pour soutenir concrètement la revue :

abonnement pour deux numéros

nom

prénom

raison sociale

adresse

code postal ville pays

téléphone

mail

pour deux numéros
• France : 42 euros + 7 euros de frais de port : 49 euros
• Étranger : 42 euros + 14 euros de frais de port : 56 euros
• Règlement par chèque ou mandat à l’ordre de Nioques outside
• Virement à l’ordre de Nioques outside
iban : fr 76 1460 7000 8266 0135 7916 058 / bic : ccbpfrppmar
Facture sur demande
Bulletin à retourner à :
Jean-Marie Gleize
"Les Cèdres", 62, boulevard Jean Giono
04130 Volx (France)
pour toute demande, écrire à nioques@gmail.com

Libr-événements

â–º Débat public sur la "Violence des riches" – Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – 1er Avril 18h30 à Science Po Lille

ATTAC, les Amis du Monde Diplomatique et Espace Marx
vous invitent à un débat public avec

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Le mardi 1° avril 2014 à 18h30 à l’IEP de Lille (Sciences Po),84, rue de Trévise, métro Porte de Valenciennes

LA VIOLENCE DES RICHES

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d’un monde social fracassé. Fracassé par quoi, par qui ? Par une violence de classe, une classe qui n’est pas sans visage, pas sans acteurs ni sans stratégies. Cette violence est organisée, d’abord, par « les plus riches parmi les riches », avec leurs réseaux d’alliés. Cette classe oligarchique est celle des grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, intellectuels « chiens de garde »,experts aux ordres. Les dirigeants politiques, alternance ou pas, ont une part écrasante de responsabilité dans l’exercice de cette domination. Une caste casse le reste de la société. Les modalités d’une contre-offensive existent pourtant.

â–º A l’occasion de la parution de Softlove aux éditions Galaade, Etienne Armand Amato s’entretiendra avec Eric Sadin : jeudi 3 avril à 20H, Le Monte-en-l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris).


« J’enclenche la montée graduelle de l’intensité lumineuse que je décide vu l’historique passablement agité de son sommeil d’ajuster degré ultrasoft > 77 lux | Elle redresse son oreiller contre le mur s’y adosse les yeux tendus vers un interstice des volets j’opte pour une ambiance chromatique abricot méditerranéen douceur pastel que je sais bienvenue l’entends aussitôt dire : ʺC’est bien comme ça tellement bien si agréableʺ | »

Un système intelligent connaît tout de la personne dont il a la charge exclusive, l’accompagnant à chaque instant de son quotidien. Administration domestique, assistance professionnelle, conseils sur des offres commerciales avantageuses, alertes à l’égard de risques imminents. À toute heure du jour ou de la nuit, cette entité invisible et omnisciente est programmée pour anticiper ses désirs. Or la machine tombe secrètement amoureuse…

Softlove relate vingt-quatre heures de la vie d’une femme à travers le regard avisé et éperdu de son assistant numérique. Cette fiction à la langue précise et fluide poursuit la réflexion que mène Éric Sadin à l’égard de notre environnement technologique contemporain.

 â–º Vendredi 4 avril à 19H, Nospheratous, expo photo et collage de Tomagnetik, MANIFESTEN (cf. photo en arrière-plan) / Al dante (59, rue Thiers à Marseille).

 â–º Samedi 5 avril 2014 à 20H, Maison de la poésie de Paris : lecture par Christophe Brault du Désordre Azerty de Eric Chevillard.

 â–º Les 4, 5 et 6 avril 2014, de 10h à 19h, stand L 23 à l’Escale du livre de Bordeaux, RV avec les éditions de l’Attente (présentation des nouveautés et d’une partie du catalogue).

Vendredi 4, performance "Fabuler, dit-il" de Jérôme Game (texte, voix) et Olivier Lamarche (musique), salle de l’Atelier à 18h30. A l’issue de cette performance, signature de Jérôme Game pour son livre DQ/HK.

 

â–º Soirée SPRING BREAKERS le 8 avril à 19h30 : Sandra Moussempès vous attend pour fêter l’arrivée du printemps et questionner le lien entre poésie et cinéma à la librairie Texture (94 av. Jean-Jaurès 75019 Paris, métro Laumière). Voici la présentation que l’auteure en fait elle-même :

" Je lirai pour cette soirée une majorité de textes inédits extraits de mon prochain recueil à paraître dans la collection Poésie/Flammarion début 2015, mais aussi de livres précédents, autour de Mulhohand Drive de David Lynch, Zabriskie point d’Antonioni, Code : inconnu de Pete Haneke et de Spring breakers d’Harmony Korine, avec comme figure centrale, le personnage féminin, silhouette dissonnante ou héroïne flottante.

Je présenterai également une performance sonore sous forme d’audio-poèmes afin d’évoquer une certaine Californie intérieure, toute cinématographique avec en vrac des passages d’icônes préfabriquées, du groupe Cocteau Twins, de Sharon Tate, de chirurgiens esthétiques, de piscines et catalogues rouges sang.

Mon invitée pour cette seconde soirée sera Virginie Poitrasson, poète, plasticienne et performeuse qui proposera une lecture performée « surprise » en réponse à ma propre proposition.

J’évoquerai avec elle ainsi qu’avec l’audience les « découpés visuels », plans séquences matérialisés puis textualisés sous forme de fragment. En quoi le cinéma devient-il support métaphorique de l’écriture, passant de l’image muette à la bande-son, comment s’intervertit le désir d’une réappropriation sensorielle, entre cosmétologie de l’inconscient et choix formels.

Une réponse est-elle possible ? "

â–º Les 11, 12 et 13 avril, RV avec les éditions de l’Attente : stand au salon du livre "Nau Belles Rencontres" (Le Pouliguen – 44), pour la sortie du livre d’Éric Pessan, Le Syndrome Shéhérazade.

Dimanche 13 avril, Apéro lecture-rencontre-signature, Salle Baudry à 12h ; à 15h, table ronde : "Un salon d’éditeurs, quel rôle pour la chaîne du livre ?" Animée par Éric Pessan, avec les éditions de l’Attente, Les ronds dans l’O et Quidam.

â–º Mardi 15 avril à 19h, rencontre / lecture de Véronique Pittolo à la librairie Texture (Paris 19e) pour son livre Une jeune fille dans tout le royaume, qui vient de paraître aux éditions de l’Attente dans la collection "Propos poche".
Librairie Texture
94 avenue Jean Jaurès
75019 Paris / Tél. : 01 42 01 25 12

2 septembre 2010

[Chronique] Olivier Cadiot, Un mage en été

Olivier Cadiot, Un mage en été, P.O.L, août 2010, 156 pages, 19,50 €, ISBN : 978-2-8180-0478-4.

Après avoir donné matière à un spectacle salué à Avignon – dont on pourra lire la présentation et en découvrir un extrait de trois minutes sur le site de Télérama –, le texte d’Olivier Cadiot est en librairie depuis jeudi dernier. On y retrouve Robinson, figure centrale de son œuvre ayant survécu au triptyque qui lui a été consacré (Futur, ancien, fugitif, 1993 ; Le Colonel des Zouaves, 1997 ; Retour définitif et durable de l’être aimé, 2002) puisque toujours présent dans Fairy Queen (2002) et Un nid pour quoi faire (2007). Sur le site de l’éditeur,  on ne manquera pas d’écouter la lecture de l’auteur et de s’informer sur la tournée d’un spectacle ressortissant au "théâtre sonore". [Lire sur Libr-critique "Olivier Cadiot au Festival d’Avignon"]

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17 juillet 2010

[Revues] Feu d’artifices revuiste (2/2)

Le "feu d’artifices" ne peut qu’amener Fusées… De cette dix-septième – et riche – livraison, on retiendra surtout la préface de Philippe Beck ("Propositions sur l’avant-garde"), le dossier sur Bernard HEIDSIECK et quelques travaux en cours (Bruno Fern, "Des tours" ; Mathieu Brosseau, "Ici dans ça" ; Bénédicte Gorrillot, "Trompettistes").

Fin août, nous reviendrons sur le somptueux numéro 4 de Lgo et sur le dossier de Littérature, "Effacement de la poésie ?" (n° 156, hiver 2009-2010, 110 pages, 20 €), dans lequel nous retrouvons Jean-Claude Pinson («"Lançons donc du blé à travers l’éther"», p. 16-35) et un article de Bénédicte Gorrillot, "Christian Prigent : l’effacement poétique à l’œuvre" (p. 65-78), qui constitue le pendant de celui qu’elle a publié sur LIBR-CRITIQUE, "Christian Prigent : l’écriture du commencement".

â–º Fusées, Carte Blanche, n° 17, été 2010, 120 pages, 15 €, ISBN : 978-2-905045-54-6.

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7 juillet 2010

[Manières de critiquer] Chants populaires de Philippe BECK : une approche de « Réversibilité », par J.-N. Clamanges

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Chants populaires de Philippe Beck
Une approche de "Réversibilité"

Jean-Nicolas Clamanges

Depuis Poésies didactiques (Théâtre typographique, 2001), Beck s’emploie à réarticuler du lien entre pensée et poésie, sous horizon de quête de vérité : conception certes méditée à partir du romantisme allemand, mais attentive pour aujourd’hui à l’exigence de forme qu’implique artistiquement – envers et contre tout – le chaos de l’époque. Ainsi de la récriture de 72 contes de Grimm dans Chants populaires (Flammarion, 2007), qui prend en charge leur teneur mythique éparpillée en même temps que la nécessité de mesurer la distance qui nous en sépare. Il s’agit donc de "dé-moraliser" ces contes, en en détour(n)ant "la matière passée, bronzée, / débrimée, / car beaucoup est à dire / sur la façon de tout dire / de certains anciens, / ou d’anciens modernes" (Poés. did., p. 24 et 38). Autrement dit : "façonner la leçon future qui s’appuie sur de beaux enseignements épuisés" à une époque où "le cours de l’expérience a chuté" (W. Benjamin). Ainsi, les Chants populaires assèchent les contes, les essorent, les refont : "Le chant intense est un chant qui […] détend et retend les données, fait l’unité des données anciennes ou antiques et des données de la vie moderne" (Entretien au Matricule des Anges, n° 81, 2007). On voit bien le programme, mais qu’est-ce que ça donne dans l’écriture ? J’ai voulu aller y voir en choisissant un Chant dont tout le monde a en mémoire le conte qu’il récrit (Blanche-Neige), et dont le titre : "Réversibilité", semble emblématique d’une poétique.

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19 juin 2010

[Dossier-chronique] Autoportrait vide d’une « stratège d’apocalypse » (Spectrographie de Sandra Moussempès, 4/4)

En ce jour où Sandra Moussempès va recevoir le prix Hercule de Paris (lors du Marché de la poésie, au stand Flammarion, entre 18H et 20H), et suite à la contribution de Mathieu Nuss et aux deux parties de l’entretien, voici une lecture de Photogénie des ombres peintes (Flammarion, automne 2009 – POP) qui la met en relation avec le reste de l’œuvre comme avec d’autres pratiques du champ poétique contemporain, tout en dressant un portrait oblique de celle dont "les yeux sont d’une autre vie" (Exercices d’incendie, Fourbis, 1994, p. 53 – EI), qui occupe l’espace & le monde existant sans se trouver à l’intérieur de ce monde (cf. Captures, Flammarion, 2004, p. 130 – C) et sans nul doute "collectionne les flacons de mémoires suturées" (POP, 136) – de celle pour qui "chaque chose vue est entourée de parenthèses" et qui souhaite faire le vide dans tout ce qui ordinairement "remplit les livres" : "Les histoires de couple, les sérigraphies, les principes éducatifs, les théories, la surenchère, les médias, l’émission littéraire du héros, sa femme et la façade, les décoctions historiques, les mythologies" (POP, 120 et 127).

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6 avril 2010

[Livre] DISPUTATIO XXI

Disputatio XXI, Hapax, collection "Langage critique", printemps 2010, 146 pages, 15 €, ISBN : 978-2-918314-06-6 (télécharger le bon de commande).

Dans un état du champ où trop fréquemment sont confondus critique et promotion, voici enfin un volume qui ose arborer en titre la saine nécessité de la dispute. À cet égard, que ce double débat sur la poésie actuelle (les modalités de la critique et la polémique entre "poésie écrite" et "poésies scéniques") ne soit pas relayé par ce que l’on appelle les "médias littéraires traditionnels" est des plus révélateurs : oui, désormais, la réflexion et la discussion critiques concernent exclusivement un pôle autonome de plus en plus présent sur internet. Aussi, avec Jean-Marc Baillieu, peut-on regretter l’"atmosphère délétère induite par un trait sociétal majeur de notre actualité : faire prendre des vessies pour des lanternes, notamment par l’utilisation des outils de propagande (rebaptisée : communication)" ("Du droit de critique", p. 131). À nous, donc, de faire (re)jaillir la parole vive dans l’espace public.

Les deux responsables de Libr-critique ayant contribué à ce volume coordonné par Samuel Lequette, nous en proposons d’abord une présentation (complétée par deux extraits), avant de développer sous peu une réflexion plus approfondie et, en partie, plus générale.

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27 février 2007

[Chronique] Philippe Beck, Chants populaires

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 17:55

La récente « monographie dialoguée », L’Impersonnage. Rencontre avec Gérard Tessier (Argol, 2006), qui vient s’ajouter à de nombreux écrits et dossiers de revues sur une oeuvre comptant désormais quinze volumes, atteste la reconnaissance spécifique dont bénéficie déjà, à quarante-quatre ans, celui qui incarne « la tenue de la langue » (Jean-Luc Nancy) et en qui sitaudis.com voit « un poète majeur de ce temps, l’un des plus copiés par la jeune génération ». La parution de son dernier recueil, qui s’inscrit dans la lignée des Poésies didactiques (Théâtre typographique, 2001), est l’occasion de nous interroger sur son rapport à la modernité.

Chants à penser

Comme le souligne Christophe Marchand-Kiss dans sa préface à la récriture de Garde-manche hypocrite (Fourbis, 1996), « l’oeuvre de Philippe Beck est, tout entière, traduction » : chez lui, « l’acte de lecture est fondement, car, en se traduisant dans les actes de l’écriture, il participe, à la périphérie, au mouvement central de la construction de l’oeuvre » (Textuel, 2004, 12-13). Ainsi les Chants populaires, animés par un « désir de musique » (12), constituent-ils la récriture pour « enfant et peuple » (213) de contes traditionnels dont les titres originaux sont radicalement différents de ceux choisis pour les 72 poèmes à la fin desquels ils sont mentionnés. Et ces contes, « relectures du regret » (rélégies, 216), sont eux-mêmes, pour bon nombre d’entre eux, des récritures, et non des retranscriptions de traditions orales : en moderne, Philippe Beck met en évidence le caractère artificiel de toute écriture, fût-elle qualifiée de « populaire ».
Le récrivain (1) retravaille donc « la matière chantée ancienne » en visant l’intemporel : « Un présent générique détermine la capacité négative de contes qui ne sont pas des fables (ces « Ã©nigmes toujours accompagnées de leurs solutions », selon Hegel) » (p. 9). Et comme ce ne sont pas des fables, il convient de dé-moraliser ces contes dont l’objectif est de détourner ou de critiquer « la matière passée, bronzée, / débrimée, / car beaucoup est à dire / sur la façon de tout dire / de certains anciens, / ou d’anciens modernes » (Poésies didactiques, 24 et 38). D’où le recours occasionnel à la rhétorique du commentaire : « L’utilité de la guerre est le thème » (Chants populaires, 103). S’agissant de la transposition du « Petit Chaperon rouge », intitulée « Forêt », sont au rendez-vous critique sociale et renouvellement lexical : « Family commande / la prose morale » (42). Ils s’accompagnent d’une réinterprétation psychanalytique teintée d’humour : « la scène chaude » survenue, le « remplaçant familial / (…) mange la fille du feu » (43).
Aussi l’entreprise de Beck correspond-elle à l’attente de Schiller, dont la phrase-clé est reproduite sur la quatrième de couverture des Poésies didactiques : « On attend encore un poème didactique où la pensée elle-même serait et demeurerait poétique ». D’autant qu’à la page 115, le poète et professeur de philosophie définit la philosophie comme « l’art d’être dans la poésie », ce qui suppose, d’une part un « moi de pierre » (147), et, d’autre part, « de fonder les efforts / plutôt que de cogner Tête / aux murs capitonnés / de l’ « immédiate actualité »  » (115). Ce que résume cette formule d’ Inciseiv : « J’appelle philosophie / l’art d’être dans la poésie / et d’avoir en poésie / beaucoup d’impersonnalité » (MeMo, 2000, 54). Les Chants populaires se situent dans cette perspective : chants à penser et récitatifs secs (Le Fermé de l’époque, Al Dante, 2000, 32), ce sont des chants objectifs qui opposent la poésie de pierre (antilyrique) à l’humidité lyrique propre à la « rhumanité ».

Moderne ou néo-classique ?

Dans Salut les modernes (POL, 2000), Christian Prigent apprécie le « défilé baroque » des premiers textes et leur rythme : « Le poème s’extrait de la densité du monde. Il se constitue au fil de ces déplacements secs de l’énonciation, incrustant des citations, laissant s’effondrer les images, dispersant les affects, alternant imprévisiblement vers courts et versets amples, faisant strophe de la catrastophe douce des figures destituées dès que constituables. L’onde d’écriture note et interdit simultanément la liaison naturelle des segments de récits, des éclats de représentations, des lambeaux de savoir, des points d’émotion » (64-65).
Dans ces Chants populaires, le poète apparaît certes encore comme un décompositeur qui incisive au scalpel ces discours constitués que sont les contes et les vide de leur matière lyrique. Seulement, à quoi avons-nous affaire ici, si ce n’est à une écriture métaphorique-allégorique qui tente de concilier « poésie d’art ancienne » et « rosée moderne » (9) ? Dans cet extrait, par exemple, à la corpographie se substitue une allégorie de la création poétique, avec poésie-des-éléments et rejet-à-effet-de-surprise :
« Au ventre de Conteur,
il y a la forge,
qui suggère parfois
la colère précise.
L’eau aide la forge.
Coeur la chauffe.
Il est le centre de forge.
Le centre de marteau.
Ébullition fait une vapeur
de vie
que des poumons
ou soufflets
envoient à Gorge,
qui monte au métier de la bouche.
Phonerie est la suite » (13).

Et si le didactisme de Philippe Beck recélait un néo-classicisme ?

(1) Philippe Beck, Déductions, Al Dante, 2005, p. 45.

26 février 2007

[Livre] Philippe Beck, Chants populaires

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beckchants.jpgPhilippe Beck, Chants populaires, Flammarion, 2007, 230 pages, 18 € ISBN : 978-2-0812-0086-9
La quatrième de couverture est constituée d’un extrait capital de l' »Avertissement » :
Les Chants populaires dessèchent des contes, relativement. Ou les humidifient à nouveau. Par un chant objectif. Un conte est de la matière chantée ancienne, intempestive et marquante, à cause d’une généralité. (…) Jacob Grimm disait d’ailleurs à Arnim : « Nous n’avons qu’un souhait : c’est d’encourager des recueils du même genre ». Les ailes du conte brut sont gardées ici, comme des fleurs d’anonymat qui durent. Sur elles « une goutte de rosée retenue au creux d’une feuille étincelle des feux de la première aurore ». En principe. Les morceaux précieux de la poésie d’art ancienne colorent la rosée moderne. Les Chants populaires ou contes lyriques sont des chants impersonnels, non pas des chansons, fondés sur la légende de comportements anciens, dont chacun peut s’inspirer.

26 janvier 2006

[Texte] 71. Présent, de Philippe Beck

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extrait de Chants Populaires, que Philippe Beck nous a proposé à l’occasion du festival Généalogi-Z 2.0 qui s’est tenu les 10 & 14 décembre 2005.
[extrait]

71. Présent

Autorité est quelqu’un.

Le masque a de l’air ?
L’air est derrière la personne
autoritaire ?
Et l’autorité des autorités,
comme il y a bâtiment des bâtiments ?
Passé monte.
Masque autoritaire a des fécondités
racontées.
Terre passée a continué.
T. légendée et historiée.
Où est l’autorité ?
C’est le passé.
Epi de blé est légendé.
Il fait une armée de grains.
Armée est solidée par le vent.
Ou l’absence du vent.
Grains étaient les perles
utiles
attachées aux épis.
Aux longueurs d’épis.
Passé est armée cachée.
Rentrée.
Autorité est un bâtiment de passé
étoilé ? Et perlé, comme un ciel
imaginé ?
Champ est un ciel baissé.
Hommes font des champs,
ou des armées ?
Abondance de champs
fait insouciance dans le présent.
Et oubli des grains liés.
Champs sont photographiés
à présent.
Qui photographie le vent ?
Paysan a le respect du grain ?
Antiquité dit Non.
Un passé a marié boue et blé.
Paille a été séparée.
Où sont des perles de paille ?
Tige est divisée.
Grains ont commencé à terre.
Air de tige est un vent
autour de la paille laissée.
Champ est ancienne armée perlée.
Imaginée par un passé masqué.
Pour des aliments d’humanité.

D’après « L’épi de blé »

Philippe Beck, in Chants populaires, à paraître aux éditions Flammarion, janvier 2007.

25 décembre 2005

[Livre] 10 élégies Hé, Philippe Beck

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10 Élégies Hé, de Philippe Beck, publié par les Éditions Alligator/Studio

28 pages , 18€

édition bilingue, traduction Piet Joostens


extrait :

De zaak is nog onder de rechter.In de zingende weidengaat iemand er met kalk tegenaan,

aandringen zal hij,

tegen de hoek van een bureau

held van de administratie

zonder het te weten.

Le procès est encore devant le juge.Dans les prairies chanteuses,quelqu’un badigeonnera,

il insistera

un angle de bureau

héros de l’administration

sans le savoir.

 
Premières impressions : Nous remercions Philippe Beck de nous avoir offert ce petit livre, édité magnifiquement par Piet Joostens. Le tirage est à peu d’exemplaires (126), il est numéroté. Pour le commander, ou pour tout renseignement :johan.velter@druksel.be
johan.velter@gent.beLe texte de Philippe Beck est un travail, une nouvelle fois, dans la finesse des couches sémiotiques de la langue. Une exploration de liaisons inusitées, où les mots se personnifient, viennent occuper un espace de sens qui ne leur était pas accordé a priori. Un texte subtile pour les amoureux de la langue.

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