Libr-critique

7 janvier 2018

[News] News du dimanche

Actualité dense pour cette reprise de janvier : les RV à venir de la Maison de la poésie Paris ; Anne Savelli chez Charybde ; "Du travail" à Marseille (avec notamment Giney Aymé) ; Jean-Charles Massera à Pantin ; soirée TRACE LABEL à Pantin.
Pour le reste, rien ne change en 2018 : "Nous en avons assez vu, malgré tout, pour conclure que c’est la bêtise qui prédomine[ra]" (Pessoa)… Raison de plus pour être libr&critique !
 

â–º Agenda de Lucien Suel :

ROUBAIX, 20 janvier, à la Médiathèque La Grand Plage, dans le cadre de la Nuit de la lecture, à 20h30, lecture d’extraits du roman « Angèle ou le syndrome de la wassingue » et de « Ni bruit ni fureur », signature avec la librairie Les Lisières

LILLE, 27 janvier, de 10h à 19h, salle du Gymnase de Lille, Place Sébastopol, Salon du livre Afficher le Nord (avec l’AMOPA). Présence sur le stand des éditions Cours toujours. Lectures à 16h30 en compagnie de Ludovic Degroote et Dominique Quélen (lecture : Mer du Nord, extrait de « Ni bruit ni fureur »)

LILLE, 2 février, de 10h à 12h, au Lycée Faidherbe, à l’invitation de Dominique Quélen et avec lui, lectures en compagnie de Charles Pennequin

NEUVILLE EN FERRAIN, 3 février, de 14h à 18h pour une signature de mes ouvrages au Centre Cultura

LA COUTURE, 17-18 février, présence au Salon du Livre

à confirmer : HOUDAIN, 14 ou 16 mars, avec ELEA, à la bibliothèque municipale, lecture extraite de D’azur et d’acier et projection du film de Jean-Philippe Jacquemin « Le Jardin et le poète »

à confirmer : ARRAS, mars, lecture à la médiathèque de l’abbaye Saint Vaast

à confirmer : SAINT-OMER, mars, lecture à la librairie Alpha B

COLLINE DE SION-VAUDEMONT (Meurthe et Moselle), 21 avril, dans le cadre du festival POEMA, avec La Cité des Paysages, déambulation poétique et musicale sur La Colline (précisions à suivre)

Ouvrages à paraître : aux éditions Henry : « Sur ma route » (poésie) ; au Dernier Télégramme : « Les Versets de la Terre » (journal 2012-2017).

â–º Les prochains RV à la Maison de la poésie Paris que LC vous recommande :

â–º Jeudi 11 janvier 2018 à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : rencontre avec Anne Savelli pour Décor Daguerre.

â–º Du travail, temps 2 au Cinéma Le Gyptis : dimanche 14 et vendredi 19 janvier 2018

En parallèle avec l’exposition Harun Farocki-Empathie qui se tient à La Friche jusqu’au 18 mars, exploration de la notion de travail au travers de fictions, documentaires, ou des deux à la fois, qui racontent les nouveaux modes d’organisation économiques et sociales, les crises personnelles qu’ils génèrent.

♦ Premier rendez-vous, le 14 janvier à 17h : textes de Constance Malva, Victor Serge, Marcel Martinet
♦ Second rendez-vous, le 19 janvier à 19h et à 21h : réflexion en mots et en images sur le travail et l’art. On y retrouvera Giney Ayme présentant une vidéo de ses performances réalisées depuis 2010 : Les gestes du travail.
Cinéma Le Gyptis : 136 rue Loubon 13003 Marseille / 04 95 04 95 95

â–º Mardi 16 janvier à 20H15, Ciné 104 (104, av. Jean Lolive à Pantin) : Ecran Libre #4 consacré aux créations vidéos de Jean-Charles Massera

PROGRAMME : 

• France guide de l’utilisateur (Remix) – 2008 – 6’10 / Pièce sonore – France Inter 

• Tunnel of Mondialisation (le clip) – 2010 – 6’32

• Tu sais j’crois que j’vais pas pouvoir (le clip) – 2011 – 5’22

• Les mecs qui réalisent qu’y a un truc qui va pas (extrait) – 2011 – 12’30 / Avec Emmanuel Vérité, Pascal Sangla et Pierric Plathier

• T’as mis où les oranges ? – 2012 – 6’59 / Pièce sonore – Coréalisation Arnaud Forest, Avec Christophe Brault

• La femme de la papeterie – 2012 – 1’21 / Avec Christophe Brault et Emmanuel Vérité

• La rameuse qui se demande si ça existe un parc avec un nom de grande femme – 2015 – 10’58 / Avec Marion Lubat

• La petite fille qui voit clairement qu’on n’entre pas dans la journée de la même manière – 2015 – 1’41 / Avec Albane Paupardin

• La femme qui avait un ministère de meuf – 2016 – 2’31 / Avec Élisabeth Hölzle et Emmanuelle Lafon

• Le jogger qui vient aborder les nanas dans leur voiturette de golf – 2015 – 15’02 / Avec Pierric Plathier

• L’homme qui pense que c’était en 2001 – 2001 – 2015 – 5’54 / Avec Emmanuel Vérité et Pablo Diserens

• C’était pas après la véranda ? 2016 – 5’28 / Avec Emmanuelle Lafon, Emmanuel Vérité, Leah Ladoux, Jonas Pirotte et Kéÿna Anton-Labonne

• La fille qui va y aller comme ça – 2016 – 2’29 / Avec Hanna Laoufir, Leah Ladoux, Jonas Pirotte, Anissa Pasques-Faraday et Kéÿna Anton-Labonne

â–º Jeudi 25 janvier à 20H30 aux Instants chavirés (7, rue Richard-Lenoir à Montreuil – 93) : soirée TRACE LABEL

13 juillet 2013

[News] Collectif Général Instin, La Prise de la Belleville [Libr-@ction – 3]

Nous tenons à remercier chaleureusement Patrick Chatelier d’avoir associé à Libr-@action la manifestation organisée par le collectif Général Instin – cette "fabrique multidimensionnelle de déplacements" -, qui aura lieu du mardi 16 au dimanche 21 juillet rue Dénoyez (Paris 20e) : Libr-lecteurs et Libr-@ctionnaires, vous êtes invités à cette folle semaine de performances et d’affichages !

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10 septembre 2010

[Dossier] De la démo(n)cratie en France (5/5)

Cahier républicain, par Philippe RAHMY

Nous tenons à remercier vivement Philippe RAHMY (sur LC : ici) de nous avoir donné en avant-première des extraits de son travail en cours, une réflexion d’une force critique exceptionnelle qu’il nomme son Cahier républicain. Après un avant-propos présentant le projet, on trouvera une suite de rubriques comme autant d’articles de lois, qui établissent un constat sans appel tout en posant les bases d’une utopie révolutionnaire – inédite puisque fondée sur la constitution. [Avec un dessin de Joël Heirman, dont on visitera le site]

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4 décembre 2009

[Chronique] Mots et tessons : Brosseau, Dussel & Rahmy

Finis les mots-et-merveilles… Pour accroître l’acuité du regard, il faut aiguiser les mots. Telle est l’entreprise de ce nouveau venu dans le monde de l’édition, Mots tessons… un petit Poucet qui a de quoi nous laisser rêveurs après la parution des deux premiers volumes aux formats et aux styles différents : Philippe RAHMY & Stéphane DUSSEL, Cellules souches ; Mathieu BROSSEAU, L’Espèce.

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27 octobre 2007

[News de la blogosphère] Programme de l’émission du 28 octobre

newsblogo.jpgAprès une longue interruption, nous refaisons une émission vidéo-live dimanche 28 octobre, à 11 H du matin.
Au programme :
[+] Les sites internets : Le site de la mémoire de la librairie contemporaine; Le site de Didier Mouliner, Poésies élémentaires; Erratum le site de Joachim Montessuis et la collection de film qu’il met en ligne; le site d’Alexandra Saemmer : Mandelbrot; l’audio-blog de Arnaud Prudon.
Les livres reçus : Philippe Rahmy, Demeure le corps (Cheyne éditeur); Patrick-Beurard Valdoye, Le narré des îles Schwitters (éditions Al Dante); Claude Chambard, La rencontre dans l’escalier (éditions La porte d’à côté); Charles Reznikoff, Holocauste, (Prétexte éditeur); Cécile Holveck, Imagier (R-Editions); Pierre Ménard, Le spectre des armatures (éditions Le quartanier).
Nous parlerons en dossier du rapport entre corps et poésie à partir du dernier livre e Philippe Rahmy.

26 octobre 2007

[Livre & chronique] Demeure le corps de Philippe Rahmy

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — Philippe Boisnard @ 9:18

band-rahmy.jpg Philippe Rahmy, Demeure le corps, Cheyne éditeur, collection Grand Fonds, 62 p.
ISBN : 978-2-84116-121-8 // Prix : 14€50.
[Découvert tout d’abord par remue.net, Demeure le corps est un livre bouleversant]

4ème de couverture :
Dans ce deuxième livre, Philippe Rahmy reste fidèle à son entreprise d’écrivain : questionner son corps malade dont l’aventure, loin d’être close sur elle-même, n’est pas sans lien avec les tumultes du monde.

Apre et cruel, sont « chant d’exécration », qui renonce à toute espèce de compassion comme aussi bien à toute complaisance à souffrir, atteint ici, tant la parole dit juste depuis sa violence même, à une densité poétique bouleverse et comble le lecteur.

Lisant ce livre, on se dit que si la littérature était toujours aussi libre, autant détachée du souci de paraître, il y aurait moins de raison de désespérer de l’homme et de la souffrance.

J.M B.

rahmy.jpgExtrait :
Le corps est l’orifice naturel du malheur

je n’espère plus quitter cet hôpital, à moins que le soignant qui me chérit le plus ne me brise encore le bassin en me frappant du sien; on ne viole pas deux fois un enfant de verre sans éveiller de soupçons

je choisis la question pour demeure

la joie est condamnée, elle qui ne souffre pas; l’agonie suit une pente folle; sa plainte enfouit au fond de toi la note aigüe de la naissance; et le trèfle recouvre l’espace que tu laisses vacant

le corps voudrait se rendre invisible au crépuscule qui l’entraîne; mais l’heure n’est pas venue; est-ce le sentiment d’avoir remporté une victoire, ou d’avoir eu de la chance, qui me fait alors sourire et lever une paume vers l’ampoule

Notes de lectures :
J’ai découvert Philippe Rahmy par ses textes sur remue.net. Ils m’ont surpris tant par leur violence, que par leur non complaisance vis-à-vis de la violence. Des textes violents, sur le corps, le sexe, il y en a pléthore, toutefois, ce qui caractérise son travail n’est pas la fascination, mais une forme de minutie du phrasé, enveloppant la violence, la décrivant minutieusement, comme s’il s’agissait d’un phénomène déterminé à décomposer. Cette première impression, très positive, ne connaissant pas l’auteur, s’est affirmée à la vue de son travail vidéo qui est visible sur le même site : Demeure le corps, qui est un vidéo-livre de 12 mn.
Le livre publié par Cheyne éditeur, s’il croise ce travail vidéo, en est cependant distinct. La seule voix qui sera entendue est celle de notre lecture, qui est tout à la fois appelée à s’approprier ce qui est dit à la première personne, et en est exclue, radicalement exclue du fait de l’impossible passage, du point de vue du vécu, entre celui qui a écrit je et celui qui lit en revêtant ce je.

« je te hais de préférer ma souffrance à la tienne »

Lire, c’est répéter à distance, à la fois pris par l’enchainement des phrases, leur juxtaposition, leur brièveté, et rejeté par celles-ci.
Demeure le corps, s’inscrit dans un double jeu : la demeure du corps est vécue en tant que le corps demeure, insiste dans sa durée, dans sa présence de souffrance.
Ce chant est l’expérience de cette souffrance, expérience du corps et de la langue qui s’affronte à celle-ci. Cette expérience est faite sans pathos. Je me souviens, il y a quelques années, devant modérer une des premières intervention d’Alexandre Jolien en France, de la saine cruauté qui ressortait de ses paroles, lorsqu’il nous parlait du Métier d’homme. Handicapé depuis sa naissance : il portait avec lui, non pas la demande d’un regard de pitié, mais bien la force d’une conscience aiguë sur sa propre monstruosité.
Philippe Rahmy, de même, refusant toute forme de pitié, plonge dans l’inconnaissance de la douleur, pour parler de ce qu’elle apprend comme vie.

« Je ne tiens pour vrai que ce qui me mutile »
« la douleur est un savoir à l’usage du corps »

Ainsi s’il écrit au tout début que « la douleur n’apprend rien », c’est qu’il refuse la connaissance évidente de la douleur : la compassion, la mise à distance, le larmoiement. La douleur est savoir du corps qui se fait langue, de la souffrance qui ne se distingue plus de la langue.

« je ne fais aucune différence entre lui et mes mots »

Ce chant — qui est aussi une forme de confession de sa propre intimité — par ce refus de la pitié, affronte le mal avec lucidité, sachant que toute résistance serait vaine. Écrire pour vivre et lutter mais simultanément rejeter la lutte et la plainte comme tromperies de la conscience. C’est que le mal est inguérissable.

« j’écris autant contre ce qui m’anéantit que pour faire taire la voix qui résiste à cet anéantissement »

Ce chant est témoignage, témoignage de la permanence du corps, à savoir de la maladie. Car en effet, si Canguilhem explique bien dans le Normal et le pathologique que la santé est le silence des organes, Philippe Rahmy s’affrontant au dysfonctionnement total de son organisme du fait de sa maladie, se tient comme l’épicentre d’un brouhaha permanent du corps.
Ici c’est un corps qui se présente, et non pas la représentation d’un corps.
Ici c’est le corps qui écrit, et nous ne sommes pas face au simulacre d’une écriture qui mime les perturbations du corps.
Ces remarques sont très importantes, car elles permettent de mieux saisir son écriture : nulle fioriture, peu métaphorique, plutôt économe, sèche par moment, cruellement lisible en chacun de ses aspects. Il n’y a pas de jeu, car pour jouer il faut être autre par rapport à celui que l’on joue. Philippe Rahmy n’est pas autre, il est ce corps.

« le corps est l’orifice naturel du malheur »

[+] Lire aussi la chronique de Jean-Louis Kuffer sur son blog

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