Libr-critique

16 février 2021

[Chronique] FREEING (Our Bodies), #6 spécial Jean-François Bory, par Carole Darricarrère

FREEING (Our Bodies), #6 spécial Jean-François Bory, Les Presses du réel, 1er trimestre 2021, 240 pages (avec illustrations), 14€, ISBN : 978-2-9566171-7-4. [Précommander]

 

« Longtemps j’ai cru être écrivain… »

Comment attraper un oiseau, par l’aile ou par la queue, puisqu’il a un corps, encore qu’il s’agisse d’un corps de lettres, tendez-lui son image et ne le prenez ni au mot ni au sérieux, car il n’a pas de nombril mais un génie espiègle de lutin farceur, menton pointu nez croche, en première de couverture son profil traversant rentre tout juste dans la case.

*

« Envoyage [et Letraset ‘sous canabis’ à l’encre de Chine] j’ai voyagé voyageur dans cette GALAXIA de charadie vers la vers là où dort l’enfance de l’ENface que je de mots CETTE NUIT jusqu’à l’oubli… au rêve [lune] succède un NÉANT (…) » (extrait linéairement revisité de « Spot 2 », 1964) qui l’œil absorbe, tel empilage d’empreintes de ronds de verre pillant le contenu jusqu’au sens – « CORTÈGE D’un instant des pensées » -, rognures de réminiscences, rémanences minuscules du besoin bouillonnant d’expérimenter des enfances, idées fixes – en échappées belles – de l’alphabet d’un sac de billes roulant spirale dans le mil tel un dé en un éclair, ailleurs une pataphysique de petits soldats de plomb, d’inoffensives figurines irruptant à la lettre dans l’âge adulte ?… Jean-François Bory, ce « français du dehors », se souvient que « l’Orient vit dans le temps du cercle » et admet qu’« en toute écriture se dissimule sinon plus, du moins autre chose que ce qu’elle veut transmettre. » (JFB)

FREEING (Our Bodies), la revue d’arts corporels et de littératures en noir & blanc & en illustrations de couleurs-à-lire créée par l’artiste Yoann Sarrat en 2018, publie aux éditions Les presses du réel son numéro 6, un hommage collectif  dadasophe à 78 mains soit 39 contributeurs & amis consacré au « bien n’hommé »[1] Jean-François Bory, « grand irrégulier »[2] et personnage clé dans l’ordre de l’encyclopédie des avant-gardes, soit autant de façons d’aimer et de le dire : ce livre-objet ciné(hap)tique crée du lien, invite au rebond et convoque l’esprit mutin du don hétéroclite de la réplique réparti – parité oblige – dans une grande liberté d’expression. Bloc à fendre solide d’un ricochet de dés restituant étal le tic-tac horloger d’un homme, son je et son nous – « Le plus intime en nous ce sont les autres » dira-t-il -, l’état et l’étant d’une passion – avant tout le livre -, son revenir et son devenir, celle d’une vie – « mais comme on n’en a qu’une autant en vivre plusieurs à la fois » -. Ainsi un mur ventile un aplat dans les spirales tout bien tricoté avec la malice d’un jeu de balle, chaque intervenant emboîtant le pas du précédent selon une logique féline propre aux effets de résonance comme aux intuitions, plaisir voltige volage freeing Jean-François Bory de lui-même dans toutes les langues : « Il n’est pas nécessaire, bien entendu, de considérer l’identité comme un fait essentiel. » (JFB)

Défi s’il en est, l’hommage, le bouquet garni, le nous du je, presque poème d’une cinquième saison gravée sur une éternité manquante, le dispositif non compassé, le trou de mémoire, son rebond, ses ratés, le déclic, l’effet de surprise, le gratté-roulé-emballé, la liste, le chaînon manquant, l’affection vraie, l’humour, champagne !, la règle du jeu, les peaux de banane, les échelles de concordance, l’irruption de la couleur, les clins d’yeux, les autours, les regrets, un doigt de nostalgie, le temps qui passe, l’ennui, les connivences, les affinités, les complicités, l’esprit de sérail, les indésirables, les essentiels, l’étoffe d’une vie, la vie qui fout le camp, ce qui reste de ce qu’il en advient, les amitiés qui repoussent dans les bois morts, la pudeur, les maladresses, les malentendus, les déductions, les projections, l’énergie, le lien, les non-dits, les mal-dits, les allusions, les mots en marge, les attentes, les dates, les époques, les inspirations, les biffures, les dessins, les années 60, les pas de côté, les zones sensibles, les pirouettes, les portes que l’on enfonce, la théorie des ensembles, la peur de la page blanche, la quête – souvent – de la première fois, ce mouvement réflexe signant la longévité du lien à l’épreuve de la durée, l’élan du cÅ“ur du corps du ciel, le sommaire.

Est un tapis roulant multipiste à 39 entrées – le couvert est dressé d’une table à rallonges -, le sommaire de ce qui ressemble à première vue au catalogue d’exposition d’une galerie à vocation cosmopolite – l’image faisant texte -, le sommaire en lui-même pourrait être lu d’un trait comme une longue phrase, le sommaire d’une tablée anniversaire de gai.e.s luron.ne.s, le sommaire comme un portrait qui dit ‘World’, dit ‘intranquille’, dit que ceci est et n’est pas Jean-François Bory, dit que Jean-François Bory s’éclate, que le cinéma, que la poésie, « pour JFB c’est un sport », dit « poésure » et « peintrie », dit que Jean-François Bory est peut-être un djinn, soit un incessant créateur qui hait la perfection et une créature aussi improbable qu’imprévisible, une créature polymorphe qui ne laisse personne indifférent, un essayiste, un poète visuel, un artiste, un humaniste, un performer, un phénomène.

Cela et des documents d’archives, des photographies, la retranscription d’une conférence de l’auteur à lire délire et relier, à traverser comme la nuit une fête une réponse à la main allant esquissant de l’un à l’autre dans le désordre un pas de reconnaissance n’épuisant jamais ni l’œuvre ni l’homme en ses multi-facettes à déclinaisons, Bory land, body bande, certaines espèces d’oiseaux ne se laissant pour autant jamais enfermer, busy now, toujours déjà autre ailleurs.

« In history terms , Bory has killed Gutenberg : Gutenberg is finished. Like capitalism set aside to be discovered and debated in a few century times. » (Sarenco, Liber Scriptus).

De mot-analphabète en mot-spectacle, du commencement au recommencement de l’apprentissage sculptural de la langue, images-mots, images-monde, mots-clés, entretenant quelque parenté racine avec le cahier d’images de l’écolier, la colle et la pâte à modeler, l’articulation de soi à la découverte de l’autre, jusqu’aux installations de mots investissant l’espace performé de l’homme debout de la parole palpable, un hommage universel à l’esprit du jeu en action de se réinventer dans une perpétuité patalittéraire d’instants intempestifs pansensoriels : dans Bory côte à côte se trouvent les lettres OR.

Quel lyrisme récréatif pigment & touché de lettres ne se manifeste-t-il pas encore en présence de cet alphabet d’aimants polystyrène, sorte de paternité s’accomplissant amoureusement à la lettre comme progéniture « toute cette fête mouvante et sans raison » guerre ou paix, carambolages de gestes, fourches et couteaux, petits soldats puissants ou poupées mannequins immensément fragiles ? A dansé équerre, I antenne, 2 à dada, O soleil, & enlacé, E donne ce que U reçoit, voyelles spatiales, vigies callipyges aussi ‘visives’ que viveuses enfantées frontalement corps à corps, figurations concrètes du texte sortant du livre, chair de l’intellect, personnages, filiation, affects, procréation humaine en forme de déclaration d’amour ? Ces expressions proportionnées pourraient être perçues comme autant de manifestations de l’enfant intérieur d’un petit prince grandissant joueur en son for espiègle en la compagnie des lettres – des autres -, création du lien, interaction, on et nous : chez Jean-François Bory la sobriété ne s’accommode jamais de la sécheresse et le foisonnement, une génération spontanée d’idées, est un cordon ombilical comme en témoignent les nombreuses illustrations qui alternent ici en miroir de chaque collaboration.

Pique et pioche, l’on rit du « Portrait charge de Jean-François Bory écrasé par sa bibliothèque » d’Anne-Leïla Ollivier, on s’attarde sur les mots de Nicole Caligaris – « Bory est en réalité un auteur de vanités, et la plupart du temps de vanités cocasses » -, on se demande en lisant Pierre Tilman si les lettres n’existent pas pour apprendre à voir comme à penser, on s’émoticône et on vocalise des oh!-é-ah! en lisant la notation de Jacques Demarcq au sujet du travail de l’auteur « Écriture et vie couchent ensemble séparément. », on s’aventure à la loupe dans les « antisèches » de Jean-Pierre Bobillot « (…) qu’est-ce que ça peut bien VouloiR dire au fond « c’est » // & au fond : est-ce que ça serait pas ça, au bout du bout de l’Hommage et de l’ironie, si fin mot il Y a, ou devait Y aVoiR, le fin mot ? », « Lumière, soleil, reflets, miroitements : lire, ou mieux faire l’expérience du livre (…) » on savoure l’hommage de Jérôme Duwa qui signe :

« L’ « apaisement » n’est pas le mot de la fin, mais il est le résultat concret de ce que l’on hésite à appeler simplement une lecture. »

*

Question subsidiaire d’Hortense Gautier peau nue dans « Projection / Objection » : « les avant-gardes, bien qu’expression au féminin, sont[-elles] une expression masculine » ?

On ne reçoit jamais un livre par hasard.

 

[1] Christian Prigent, in « La poésie, c’est du sport (pour Jean-François Bory) ».

[2] Jacques Demarcq, in « L’auteur empêché ».

21 juin 2020

[News] Poésie is not dead, Urgences Poésies ?!?!?!

 » Urgences Poésies ?!?!?!  » est une installation d’art public dédiée à la poésie visuelle.

C’est un boîtier d’alarme utilisé initialement pour contacter les pompiers et qui a été détourné, dans l’esprit et la continuité des ready-made dadaïstes, et qui contient désormais à l’intérieur en lieu et place de son bouton d’alarme, un poème visuel.

C’est une Å“uvre en perpétuel mouvement. En effet, toutes les 2 semaines, le poème visuel commandé auprès d’un poète vivant est renouvelé. Il est installé depuis septembre 2019 et ont déjà participé plusieurs poètes visuels, dont et pour n’en citer que quelques-uns : Julien Blaine, Philippe Boisnard, Jean-François Bory, Thomas Dejeammes, Jacques Demarcq, Ma Desheng, Christian Désagulier, Jacques Donguy, Charles Dreyfus, Michel Giroud, Natacha Guiller, Joël Hubaut, Violaine Lochu, Michèle Métail, Bruno Nagel, Jean-Luc Parant, Charles Pennequin, François Poyet, Mathilde Roux, Cécile Richard, Alain Snyers, Lucien Suel, Pierre Tilman, Ségolène Thuillart, etc.

Il est implanté rue de la Folie-Méricourt, Paris 11ième, sur le mur extérieur d’Ut Pictura Poësis, le studio des poésies expérimentales, créé par le collectif Poésie is not dead. Le concept est de répliquer ce boîtier dans différents espaces publics à travers le monde. Un double de ce boitier sera installé prochainement dans la Maison des Ailleurs, maison où vécut en partie Arthur Rimbaud, à Charleville-Mézières. L’Å“uvre originale rentrant dans la collection du Musée Rimbaud. D’autres discussions sont en cours pour démultiplier cette installation à travers le monde, afin de polliniser, de percoler et de vaporiser nos espaces publics et nos non-lieux de poësis.

16 juillet 2018

[News] Libr-vacance 2018 / 1

Plus que jamais, en ce temps de saturation médiatique, c’est le moment d’entrer en vacance : ce premier volet de Libr-vacance vous invite à méditer avec Leslie Kaplan sur/avec Mai 68, à lire une sélection de livres très récents, à rendre hommage à Christophe Marchand-Kiss, et vous donne RV au festival de poésie Voix vives…
Face à la liesse de ce 14-Juillet à double révolution, faut-il suivre le flaubertien fleuve humain auquel fait allusion Jean-Claude Pinson dans son dernier livre, LÀ (L. – A., Loire-Atlantique)  ? « Flaubert, qui n’aimait pas la foule, écrit à Louise Colet que, néanmoins, "les jours d’émeute", il se sent "enivré par une poésie humaine, aussi large que celle de la nature, et plus ardente" »…

UNE : le Mai 68 de Leslie Kaplan, du chaos au chantier…

Leslie Kaplan, Mai 68, le chaos peut être un chantier, P.O.L, mai 2018, 80 pages, 9 €.

Il était un temps où l’espace social français n’était pas saturé par une seule obsession, l’invasion des "Migrants", que seul peut chasser cet antidote magique, la Victoire-des-Bleus… Une Coupe du monde quand la coupe est pleine, des Bleus contre les bleus à l’âme, le Mondial contre les ravages de la mondialisation…

« Et alors "quelque chose se passe"
qui remet en cause l’ordre normal, habituel, les choses en l’état, le surplace, apparemment calme, en fait violent, la répétition du mensonge […]
en mai 1968, c’est l’absence de hiérarchie
au contraire, c’est l’égalité, la liberté réciproque
la parole est partout, dans tous les milieux, chez tout le monde » (p. 39).

« ET ALORS vient la question : tout ça s’est fait dans des mots, paroles, dialogues
est-ce suffisant pour une révolution ? certes non
une révolution suppose un changement du cadre de pensée établi
mai 1968 a été un mouvement de contestation du cadre actuel, de la société capitaliste marchande
un mouvement très fort, général
et après 68, il y a eu une "reprise en main" terrible
un retour en force de la société de consommation

les paroles vivantes ont été "récupérées", c’est-à-dire : sont devenues des clichés » (p. 47-48).

Ces clichés, nous les avons tous en tête sous forme de slogans : "Faites l’amour, pas la guerre !" ; "Il est interdit d’interdire !" ; "L’imagination au pouvoir !" ; "La beauté est dans la rue" ; "Prenons nos désirs pour des réalités !" ; "Soyons réalistes, demandons l’impossible"… Mais, dans sa conférence interrompue par quelques personnages tout droit issus de ses textes, Leslie Kaplan insiste autant sur la chape de plomb du régime gaulliste que sur la prise de parole : mutisme des dominés… silence sur les opprimés… silence sur la France de Vichy, la guerre d’Algérie… Contre une certaine doxa selon laquelle Mai 68 est avant tout une révolte hédoniste et consumériste, un soubresaut individualiste, l’auteure nous invite à penser 2018 grâce à ce mouvement anticapitaliste : plutôt que de nous laisser engluer dans un individualisme de masse et un identitarisme de mauvais augure, retrouvons notre puissance d’étonnement, un désir de singularité qui passe par l’altérité !

Libr-15 : LC a reçu, lu et vous recommande

♦ Philippe ANNOCQUE, Seule la nuit tombe dans ses bras, Quidam éditeur, à paraître en août 2018, 152 pages, 16 €.

♦ Julien BLAINE, De quelques tombeaux de feus mes amis & de feue mon amie, Au coin de la rue de l’Enfer (04), mai 2018, 54 pages, 13 €.

Julien BLAINE, Catalogue de l’Exposition 1968/2018 = 1/2 siècle & Julien Blaine = 3/4 de siècle, Marseille, édition im/paires et éditions Galerie Jean-François Meyer, mai 2018, 64 pages.

♦ Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel, éditions Supernova, juin 2018, 86 pages, 10 €.

♦ Comité restreint, L’Inclusion qui va, éditions Louise Bottu, mai 2018, 128 pages, 7 €.

♦ Christophe ESNAULT, Mordre l’essentiel, éditions Tinbad, printemps 2018, 336 pages, 26 €.

♦ Bruno FERN, Suites, éditions Louise Bottu, juin 2018, 162 pages, 14 €.

♦ Laurent GRISEL, Journal de la crise de 2008, éditions Publie.net, printemps 2018, 272 pages, 20 €.

♦ Pierre MÉNARD, Comment écrire au quotidien. 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018, 450 pages, 24 €.

♦ Cécile PORTIER, De toutes pièces, Quidam éditeur, à paraître en août 2018, 180 pages, 18 €.

♦ Jean-Claude PINSON, LÀ (L. – A., Loire-Atlantique). Variations autobiographiques et départementales, éditions Joca Seria, Nantes, juin 2018, 280 pages, 19,50 €.

♦ Olivier QUINTYN, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €.

Revue des Sciences Humaines, Université de Lille III, n° 329 : "Orphée dissipé. Poésie et musique aux XXe et XXIe siècles", printemps 2018, 296 pages, 28 €.

♦ Marc-Émile THINEZ, L’Éternité de Jean, éditions Louise Bottu, juillet 2018, 140 pages, 14 €.

♦ Patrick VARETZ, Rougeville, éditions La Contre Allée, Lille, printemps 2018, 96 pages, 8,50 €.

 Libr-brèves

â–º En hommage à notre ami Christophe Marchand-Kiss (1964-2018), qui nous a quittés trop tôt, sur Libr-critique on pourra (re)lire un extrait de Mère/instantanés et une chronique sur l’un de ses textes publié sur Publie.net en 2009.

â–º Bien que ce festival méditerranéen ait bien changé, RV à Sète du 20 au 28 juillet : avec notamment Béatrice Brérot, Sébastien Dicenaire, Frédérique Guétat-Liviani, Jean-Luc Parant et Pierre Tilman.

20 mars 2012

[News] Un printemps polyphonique…

En ce jour du printemps, notons les premiers RV incontournables, de ce soir à Rennes avec Sandra MOUSSEMPÈS  jusqu’au week-end prochain, avec le festival POLYPHONIX, le festival Sidération, Christophe Manon & Patrick Chatelier (St Jean-des-Monts)…

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12 juin 2011

[News] News du dimanche

Avant même que nous ne lancions l’opération LIBR-VACANCE  (votre programme de lectures et autres découvertes à envoyer à cette adresse : libr.critik@yahoo.fr), en ce week-end de Pentecôte – toujours sur fond de polémique sociale –, dans nos Libr-brèves comme nos Livres reçus, nous avons retenu des projets et publications dignes d’attirer votre estivale attention : le contre-festival Avignon 2011, le recensement du dernier livre de Dominique Quélen par Bruno Fern, le lancement du blog de L’École des lettres et l’Exposition de Pierre Tilman ; le 2e volume des Œuvres de Bernard Noël, L’Outrage aux mots (POL), Paysage parlé (éditions de la Transparence) de Valère Novarina en collaboration avec Olivier Dubouclez, et INTER, projet collectif autour de Pascal Quignard (Argol). /FT/

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4 juillet 2008

[Expoésie] Lecture de Pierre Tilman

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   3ème extrait de lecture de la soirée du 27 juin : Pierre Tilman.

30 juin 2008

[Expoésie 2008] Interview de Pierre Tilman

Filed under: entretiens,UNE,videopodcast — Étiquettes : , , — rédaction @ 8:21

  Nous allons poursuivre tout au long de l’été la diffusion du festival Expoésie 2008. Deuxième interview (vendredi 27 juin) : Pierre Tilman. Nous l’avons rencontré avant le vernissage de son exposition.

6 août 2006

[chronique] Festival de Lodève par Philippe Boisnard

De retour du Festival de Lodève. Semaine passionnante, animée, faite de découvertes et de redécouvertes avec plaisir. Le Festival de Lodève, cette année voyait se côtoyer deux sortes de lectures : tout d’abord ce que nous pourrions appeler le in, à l’instar de festival comme Avignon, avec les lectures officielles qui accueillaient outre les poètes lyriques français et de la Méditerranée, Edith Azam, Julien Blaine, Philippe Boisnard, Jacqueline Cahen, Claude Chambard, Henri Deluy, Patrick Dubost, Jérôme Game, Joël Hubaut, Vannina Maestri, Jacques Sivan, Pierre Tilman. Ensuite un off, qui avait lieu tous les soirs dans la galerie l’Art en cours de Sophia Burns et Karim Blanc [tous les deux extrêmement sympathiques et dynamiques], off dont la programmation était faite par Franck Doyen : se sont succédés aussi bien des auteurs du in, que Sébastien Lespinasse [invité l’an passé au festival], Christian Malaurie, Marie Delvigne, Claude Favre, Claude Yvroud, Rachelle Defay-Liautard, Franck Doyen, Sylvie Nève ou Hortense Gauthier, pour ne citer qu’eux.

Pour le in : la grande découverte que j’ai faite : Edith Azam. Poète fragile, aux textes qui — bien qu’ils soient parfois sont un peu travaillés de métaphores qui pourraient être évitées car elles font baisser la tension des textes — dégagent une énergie psychotique terrible pour les nerfs et l’intellect. Ses lectures, comme cela sera possible de le voir sur le videopodcast, sont très rythmées, ses poèmes touchent souvent au rapport que nous avons à l’autre, à l’amour, au sentiment, tout en renouvelant la manière dont on en témoigne. C’est avec joie que nous avons suivi chacune de ses interventions. L’autre découverte, c’est celle de Pierre Tilman : certes je connaissais déjà son Tout comme unique, magnifique livre publié à Voixéditions, et nous nous étions rencontrés il y a de cela quelques années au CNEAI, mais jamais je n’avais entendu ses textes, sa poésie du quotidien : sorte de petits aphorismes, de petits dictons, de remarques anecdotiques qui tout à la fois peuvent faire rire ou bien amuser mais qui par leurs traits retournent les représentations, décollent les détails de la réalité. Ceux que j’ai retrouvés : Julien Blaine et Joël Hubaut, étaient très en forme. Même si pour Joël Hubaut, les moyens techniques étaient peu adaptés (trop de scènes avec seulement du son en mono), ses lectures dynamiques, critiques, éructées, ont été de véritables moments de plaisir et de trépidations. Julien Blaine quant à lui, omni-présent, tout à la fois présentateur, animateur, et déclamateur, nous a gratifié lors de la soirée Déclar-action qu’il a organisée, d’une magnifique lecture de La langue ! Encore un grand merci à lui pour cette programmation et son énergie si essentielle actuellement en France pour les poésies dîtes expérimentales ou modernes. À noter aussi que dans ce in, j’ai pris beaucoup de plaisir à revoir Patrick Dubost et sa lecture de l’Archéologue, Antoine Simon que je n’ai pu entendre que lors de la soirée de clôture et Claude Chambard dont j’aurais beaucoup aimé entendre une lecture de La vie de famille (ed. Le bleu du ciel).

Pour le off : Il y aurait beaucoup à dire. Tout d’abord merci à Franck Doyen et à la revue 22 MdP, car sans lui aucune soirée n’aurait eu cette dynamique et cette stature. En effet, les lectures officielles s’arrêtaient exception faite de la soirée Déclar-action et de la soirée de clôture, à 21 H. C’est pourquoi tous les soirs vers 21H30, commençaient les lectures off, consacrées exclusivement aux poésies contemporaines, quoi que… Car, s’il y avait de de très bonnes lectures, telles celles de Sébastien Lespinasse, de Christian Malaurie et Marie Delvigne, de Claude Favre ou de Claude Yvroud, pour ne citer qu’eux, il y en a eu aussi de très décevantes, mixtes pour certaines entre textes pompeux et pompant et théâtre mal assumé. Ce off en fait, s’est construit comme une revue live, qui aurait eu un numéro tous les soirs, avec certains lecteurs intervenant tous les jours (comme Rachel Defay-Liautard ou Claude Yvroud) et d’autres ne venant qu’une fois, telle Sylvie Nève. Le regret : aucun enregistrement n’a été fait : c’est en ce sens qu’il est fort dommage d’avoir manqué la lecture de Lespinasse : à l’orée des bois, que l’on peut retrouver dans une version très différente dans son CD. Ces soirées ont permis aussi bien de découvrir des lectures assurées et maîtrisées que le surgissement de nouvelles voix, parfois fragiles, ne parvenant que très difficilement à se faire entendre. Si le festival se poursuit l’an prochain, il est à espérer que ces lectures se reproduisent.

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