Libr-critique

20 janvier 2020

[TEXTE] Philippe Boisnard, La cagoule (3)

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C’est parce que les forces anti-émeutes, les policiers de la BAC sont soumis, qu’ils portent des cagoules BDSM.

Il lui dit : je te mets une cagoule BDSM car je suis la loi et tu es mon esclave, tu n’as pas à voir le visage de la loi.
Il lui dit : une fois que je t’aurai mis la cagoule BDSM, tu suivras un programme, qui est une doctrine, qui est une idée où toute humanité a été effacée.

La cagoule BDSM est comme le collier BDSM, un signe de soumission.
La cagoule BDSM est là pour exacerber les sensations données par le maître, pour que l’esclave ressente au plus profond de lui-même l’humiliation sensible et jouissive de son humanité.

Il lui dit : tu ne verras pas mon visage lorsque je te torturerai, je pourrai jouir anonymement de ton regard voilé par la cagoule BDSM.
Il lui répète : ma torture est l’idée de la doctrine que ton corps va subir et faire subir, ma torture est la cagoule qui te retire l’humilité d’être homme ou femme parmi les hommes et les femmes.

C’est parce que les policiers anti-émeutes obéissent à un maître, que leur cagoule leur permet de décupler les sensations pendant leurs actes.
L’acte des policiers encagoulés tient à la sensation libérée par la cagoule qui leur est donnée par l’idée de la loi à laquelle ils soumettent leur humanité.

Il luit dit encore : la cagoule BDSM sur ton visage est l’idée conjuguée à la fois d’eros et de thanatos, car toute loi autoritaire en est la synthèse, l’union dans le libre jeu de la violence.
Il lui explique : ton visage encagoulé est la main aveugle de la loi qui se fait doctrine des corps.

L’idée d’action pour être éprouvée demande la cagoule BDSM, qui permet de décupler les sensations pendant l’acte BDSM.
La cagoule BDSM permet de devenir le tortionnaire pendant l’acte BDSM.
Le manifestant est le visage soumis au maître BDSM qui a mis sa cagoule pour décupler les sensations des actes BDSM imposés par le port de la doctrine de la cagoule.

15 janvier 2020

[Texte] Philippe Boisnard, La cagoule (travail en cours 1)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 8:40

C’est parce que tu portes une cagoule que tu as perdu ton humanité ?
Ton visage voilé te permet-il de taper tout autre visage homme ou femme qui n’est pas voilé ? Demanda-t-il.
Parce que ton corps n’est plus un corps mais la prothèse d’une idée de l’autorité, en est-il moins homme ou animal que les autres ?
Tes prothèses de protection et de violence font-elles de toi une arme et une carapace sans visage ? Demanda-t-il encore.
C’est parce que tu es caché dans l’idée cagoulée de la prothèse d’une idée que tu as perdu toute sensibilité ?
L’idée est-elle à ce point séparée du corps que tu ne puisses ressentir le frisson de ton corps que dans la violence de l’idée sur les autres corps ? Rajouta-t-il face à l’ombre noire de cet être sans corps le tenant allongé sur le sol.
L’autorité de l’idée d’être sans corps te fait-elle à ce point jouir que tu ne puisses être que violence sur tout autre corps, homme ou animal, qui se présente à toi sans cagoule, le visage dévoilé contrairement à toi ?
Ta cagoule est-elle le voile occultant toute ton humanité dans l’anonymat numéroté de la violence de l’idée ? Réussit-il encore à questionner tandis qu’il se faisait stranguler sans ménagement par une deuxième ombre noire.
Mais il n’avait pas compris que les ombres n’avaient pas d’oreille. Que les ombres n’avaient pas de corps mais n’étaient que des prothèses aveugles de l’idée de l’autorité .
Il n’avait pas compris que sans visage, dédouané de son humanité ces corps-la n’étaient plus des hommes mais des mécaniques sans visages.
En 1925, Eisenstein imaginant cinématographiquement la violence de la répression a pensé la disparition des visages des militaires tsaristes. Il n’avait pas pensé encore qu’il aurait pu leur mettre une cagoule.
En 2018-2020, le film documentaire continu des manifestations filmés en temps réel par les milliers de caméra des manifestants, rendent hommage à l’intuition cinématographique d’Eisenstein en mettant en lumière que l’idée d’autorité masque son visage d’humanité pour exercer sa violence.

8 juin 2018

[Livre – news] Patrick Beurard-Valdoye, Le Vocaluscrit, par Fabrice Thumerel

Patrick Beurard-Valdoye, Le Vocaluscrit, Lanskine, 2017,104 pages, 14 €, ISBN : 979-10-90491-48-9.

â–º On pourra rencontrer l’auteur lors d’une séance de signature au Marché de la poésie à St Sulpice, au stand 610 des éditions Lanskine, ce vendredi de 14 à 15H et demain de 11 à 12H.

"De notre vivant la seule vraie révolte eût été le silence, le refus absolu
de collaborer. Mais le silence, dans ce monde où la masse des êtres ne vit que de bruit,
équivaudrait au néant
" (Pierre Reverdy, cité p. 63).

Ce volume bipartite, un peu à part dans une œuvre importante marquée par le Cycle des exils, constitue une très intéressante contribution à une histoire des arts poétiques sous l’angle de l’oralité. Après avoir rappelé que la poésie scénique ne s’est développée qu’il y a à peine un demi-siècle et que "l’oralisation du texte est affaire complexe, ses modes et sa transmission également" (p. 93), dans une "Volte-face" finale l’auteur lui-même explicite son titre : "Le nom Vocaluscrit s’il pose question, ne plonge pas dans l’inconnu, car il ressemble à ses cousins manuscrit et tapuscrit. Il éclaire le parti que ce que lit l’auteur, quand il ne s’agit pas d’un acte de promotion, n’est pas le texte imprimé destiné au lecteur. Et n’est pas non plus une partition. Le vocaluscrit contient et sécrète cette part d’intimité dont l’auditoire parfois détecte l’énergie" (94).

La première partie, significativement intitulée "Vif de voix sur l’émotif / archive sonore", évoque dans une écriture non pas critique mais poétique (vers libres ou prose rythmique, sans ponctuation ou presque, avec de superbes trouvailles stylistiques) 37 phares de la poésie oralisée, des plus jeunes aux plus anciens (vivants ou morts), des plus connus aux moins connus, écoutés/rencontrés de 1990 à 2016 : Pastior, Heidsieck, Luca, Frontier, Novarina, Montels… Mouton, Beck, Quintane, Mauche, Pittolo… Ce qui l’intéresse est la posture des poètes lecteurs et/ou performeurs : tenue vestimentaire, maintien du corps, mise en voix et en espace, grain de la voix, phrasé/narré, effets sonores et rythmiques, supports… La réception de l’auditoire également. Deux exemples, pour le plaisir : "son art en sonorités bizarres et / criméogothiques / qui raniment les Vénus unilingis" (Oscar Pastior) ; "le phrasé déraille le sens dérape perte de langue maladie-du-narré territoire des sens détérioré seul le sonore du miroir demeure l’écho d’où coule du plaisir" (Séverine Daucourt-Fridriksson)…

La seconde partie ("Le métier de poète") réunit 22 vignettes/instantanés/apocalypses qui ne sont pas sans faire écho au Poète insupportable de Cyrille Martinez : en un temps où s’effondre le poids symbolique du poète et de la poésie, inadaptés à la société de consocommunication, sont dévoilés les malentendus envers celui que l’on (dé)considère comme un animateur culturel parmi d’autres.

8 mai 2013

[News] News de mai

En ce mois de mai très chargé, LIBR-CRITIQUE a sélectionné pour vous trois autres événements incontournables : le fiEstival de maelstrÖm reEvolution #7 HEALING PAST à Bruxelles ; à la Librairie Le Genre Urbain (Paris), Rencontre avec Eric Sadin pour son livre L’Humanité augmentée ; Premières rencontres de l’édition numérique à Tourcoing.

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20 avril 2013

[Livres] Libr-kaléidoscope de printemps

Voici de quoi attendre la reprise de fin avril : Jean-Claude PINSON, Poéthique (Champ Vallon) ; Frank SMITH, États de faits (éditions de l’Attente) et Gaza, d’ici-là (Al dante) ; Jérôme BERTIN, Pute (Al dante).

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26 mars 2013

[Texte – série] Marc Perrin, Fragments Spinoza #17 & 18

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Voici la suite de votre série humopoésophique, dont vous pouvez lire la présentation et le dernier post.

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19 mars 2013

[Texte – série] Marc Perrin, Fragments Spinoza #15 & 16

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 16:16

Voici la suite de votre série humopoésophique, dont vous pouvez lire la présentation et le précédent post.

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14 mars 2013

[Entretien] Christian Prigent, un ôteur réeliste (Christian Prigent, les aventures d’une écriture 2/6)

En ce jour même où paraît en librairie Les Enfances Chino (P.O.L, 576 pages, 23 €), entretien avec cet ôteur dont le réelisme repose sur une négativité toute moderne. [Avec en toute fin une superbe reproduction du Carnet Goya choisie par l’auteur]

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12 mars 2013

[Texte – série] Marc Perrin, Fragments Spinoza #13 & 14

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 17:53

Pour cette nouvelle série humopoésophique, on pourra lire la présentation et le précédent post.

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10 mars 2013

[News] News du dimanche

Puisque le Salon du livre de Paris met à l’honneur la création éditoriale française, commençons par un spécial éditions de l’Attente. On se concentrera ensuite sur d’importants Libr-événements : PAN! po&phi à Limoges, Bernard Desportes sur France Culture, Marc Perrin en tournée pour son Spinoza in China…

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26 février 2013

[Texte] Marc Perrin, Fragments Spinoza 9 & 10

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 10:48

Pour cette nouvelle série humopoésophique, on pourra lire la présentation et le précédent post.

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22 février 2013

[Texte] Daniel Pozner, Dans le vide

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Après "Quelque chose est grand et petit", à coups de télescopages, Daniel Pozner revisite cet emblème de la modernité qu’est la ville.

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19 février 2013

[Texte] Marc Perrin, Fragments Spinoza 7 & 8

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Pour cette nouvelle série, on pourra lire la présentation et le précédent post.

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17 février 2013

[News] News du dimanche

Après être allé faire un tour du côté de chez P.O.L (avec notamment Edith Azam, Décembre m’a ciguë), on s’intéressera aux livres reçus (La Revanche de la pelouse, de Rosmarie Waldrop ; Ago d’Antoine Dufeu ; n° 8 de la revue Avant-poste). Parmi les Libr-événements : Séance qui vive et Soirée Al dante… De quoi attendre le printemps ! /FT/

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14 février 2013

[Chronique] Jean-Marc Baillieu/Jean-Louis Fidenza, Lister [Espitallier : Libr-Java – 6]

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Mon ami Jean-Louis Fidenza est décédé en mai dernier ; dans ses papiers manuscrits j’ai trouvé cela dédié à Jean-Michel Espitallier, c’est brut de décoffrage, probablement incomplet, voire inachevé, il ne me paraît pas incongru de le livrer comme tel, pour Jean-Michel et en mémoire de Jean-Louis (Jean-Marc Baillieu).

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12 février 2013

[Texte] Marc Perrin, Fragments Spinoza 5 & 6

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Pour cette nouvelle série, on pourra lire la présentation du projet comme la précédente livraison.

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