Libr-critique

14 février 2021

[News] News du dimanche

CUHEL commence par vous faire méditer sur notre douce-France… Moussempès en UNE, puis les nouvelles aventures d’Ovaine par Tristan Felix… et nos Lib-livres reçus !

 

Édito : Douce fRANCE /CUHEL/

Le règne de Micron 1er fut celui du CommeSi

[Micron a tout lu tout vu
– il est Tout-UBU !]

fRANCE pays de Liberté – pour les néo-Libéraux et leurs polichiers

[liberté de travailler et de consommer pour les autres]

fRANCE pays d’Égalité – à force d’égaliser les privilèges des assistés (ceux qui ont un net fixe !)

fRANCE pays de Fraternité – envers les capitaux

 

fRANCE mère des Arts (vive Netflix !)
des Armes (pour libérer et sécuriser les sujets de Micron 1er !)
et des Lois (pour assurer la Liberté et la Sécurité des néo-Libéraux !)

 

Priorité à l’Éducation – grâce aux suppressions de postes !

Priorité à la Recherche – de profits !

Priorité à la sécurité sanitaire – à coups de baguettes magiques !

Priorité au Plein-emploi – grâce à la magie des chiffres…

 

Et maintenant, grâce à la néo-maïeutique – cet art de coucher les esprits que maîtrisent les sophistes et les polichiers –, place au CommeÇa : après le CommeSi, c’est CommeÇa !
En marche !

 

UNE : Sandra Moussempès à bout portant…

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Cassandre à bout portant poursuit cette quête obstinée de Sandra Moussempès des objets féminins non identifiés à travers les clichés de l’imaginaire contemporain (celui des séries américaines en particulier), détournés avec une ironie teintée de tendresse. Le ciel s’est éclairci dans l’univers de l’autrice, l’humour semble désormais maintenir à distance les monstres du passé. Ce qui n’ôte rien à l’étrangeté des images que son écriture parvient à susciter, avec une innocence qui n’exclut pas un soupçon de perversité. Jusqu’où peut aller une pin-up assortie à sa fourchette, endormie sur le sol d’une maison hantée ? Telle est l’une des questions que pose ce livre grave, joyeusement décalé.

À lire – Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Poésie Flammarion, 2021.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine… /Tristan Felix/

À l’endroit pile où Ovaine bâtit sa bicoque, une maison se construit.

Ovaine ne se démonte pas. Nuit et jour, elle ôte une à une les pierres et les poutres pour mettre les siennes à leur place.

Le chantier n’avance guère… Ne reculant devant aucune adversité, elle poste son loup en équilibre sur le seuil, prêt à déjouer l’entourloupe.

Mais voilà Ulysse qui revient de loin, rusé de près et vermoulu comme une poutre. Il demande à voir Pénélove.

Le loup, grêle et méfiant, opte pour un silence sidéral.

Alors, Ovaine, immatérialisée, descend des combles de son rêve.

 

Libr-livres reçus

► Marie Delvigne / Raymond Federman, Fourire, Les Contemporains favoris, coll. « Å’uvres complètes », été 2020, 124 pages, 18 €.

► DOC(K)S, série 33/34, numéro 35/36, hiver 2020-2021, 460 pages (+ DVD), 50 € (abonnement pour 4 numéros : commander).

► Armand Dupuy, Selfie lent, éditions Faï Fioc, Boucq (54200), hiver 2020-2021, 112 pages, 13 €.

► Sylvie Durbec, Carrés, ibid., 72 pages, 11 €.

► Didier Henry, Continuo, ibid., 88 pages, 12 €.

 

7 février 2021

[News] News du dimanche

Après nos surprenantes Libr-brèves, vous retrouverez les attendues « nouvelles aventures d’Ovaine » et vous découvrirez deux livres qui viennent de paraître (En lisant, en zigzagant)…

Libr-brèves

► Suite à nos éditos sur les « mots du pouvoir » et « parole et pollution », on méditera avec intérêt cette démonstration  de Joachim Séné dans son passionnant « Journal éclaté » :

« Dans cette crise du Covid — mais n’est-ce pas dans toutes les crises ? Et ici plus révélé ?— le Pouvoir joue avec la langue comme avec le feu. Veran déclare que la courbe n’est « pas exponentielle » puisqu’on a « que » 10% de cas en plus chaque semaine. Or c’est la rigoureuse définition mathématique de la courbe exponentielle : F(n) = F(n-1)×1.1

Et c’est également de ça, détruire la langue, qu’il est question en ce moment — mais n’est-ce pas aussi un effet du Pouvoir ? Un moyen de domination supplémentaire ? Les mots du pouvoir, le confinement « serré », le « plateau montant » que ne serait pas l’exponentiel, les fausses-fuites d’informations et les « ce qu’on sait », les rumeurs des réseaux, une marmite de potion politique bout, l’angoisse monte des jours à l’avance avec la crainte de ce qui sera dit, est-ce décidé ? Sur quelles bases ? Tout le monde est épuisé, fissures. »

► Oublions un peu la morosité ambiante et regardons/écoutons cette vision poétique d’un objet qui empoisonne nos vies laborieuses : Marie-Hélène Dhénin, « Les Trois Masques et quelques dizaines de plus » (texte et photos / Lecture d’Alain Frontier)…

► Suivez en direct les événements sur la page Facebook ou la chaîne Youtube de la Maison de la Poésie Paris.
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Mardi 9 février à 19H : RV avec Maxime Actis.

Présentation officielle. À lire l’un de ses textes publié dans une revue littéraire, sa mère dit à l’auteur que « ça doit être compliqué de vivre à force de regarder les choses précisément comme ça. » Mais c’est assurément un ravissement pour nous. Long poème composé de dix-neuf « chants », Les paysages avalent presque tout oscille entre un présent intranquille et des périples fondateurs à travers les Balkans. Des êtres qu’on perd jusqu’aux maisons désertées, en passant par cette femme qui ne reconnaît plus les siens : la poésie s’arme pour fixer tout ce qui file et que le temps engloutit. L’apparition d’un jeune poète saisissant.

À lire – Maxime Actis, Les paysages avalent presque tout, Flammarion Poésie, 2020.

Vendredi 12 février à 19H : RV avec Frédéric Forte.

« La phrase Nous allons perdre deux minutes de lumière, je l’ai entendue prononcée un jour à la télé par une présentatrice de la météo. Je l’ai aussitôt perçue comme un titre de livre potentiel. Et plus qu’un titre, un modèle de phrase et de vers. Durant les sept mois de l’écriture du poème, j’ai essayé de saisir à chaque instant, dans un flux, ce qui, dans ma vie de tous les jours, pouvait être « la phrase suivante ». D’une phrase à une autre plusieurs heures ou toute une nuit pouvaient parfois s’écouler. Le poème est donc une sorte de journal en coupe. Avant même d’avoir terminé l’écriture du texte, j’avais déjà envie de le lire en public, in extenso. Et pour pouvoir immerger plus avant le public dans le poème, j’ai proposé à deux artistes – le guitariste Patrice Soletti et la plasticienne Leïla Brett, tous deux maîtres dans l’art de la répétition, de la variation, du jeu avec le temps… – de créer avec moi une pièce qui dépasserait la simple lecture, mêlant le poème à la guitare jouée en direct et à un diptyque vidéo pour nous faire vivre plusieurs mois en moins d’une heure » (Frédéric Forte).

À lire – Frédéric Forte, Nous allons perdre deux minutes de lumière, P.O.L, 2021. S’inscrire à l’événement Facebook.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Felix/

♦ Un jour d’hiver, la mort, épuisée, toque :

– Je suis au bord du beurre naout. On me fait avaler des vivants qui sont même pas encore nés.

– Ovaine la serre dans ses bras dodus et doucement lui conte l’histoire du scarabée qui ne voulait plus entrer dans le jeu du scrabble.

La mort, d’un coup requinquée, se met à refuser tout ce qui bouge.

Comme il y a foule au portillon, certains font semblant d’être déjà morts.

Fine mouche,  elle les frictionne et, d’un coup de pied aux fesses, les envoie paître parmi les vaches lentes et majestueuses.

 

â—Š Un jour, Ovaine contemple le ventre de son aspirateur.

Une jungle d’acariens s’en donnent à cÅ“ur joie dans une fête à neu-neu tenue par des araignées de petit calibre.

Ovaine veut en être. Elle prend un ticket pour le fameux train d’enfer.

Des cheveux géants l’attrapent par les pieds, des squelettes de puces lui sautent au cou. Un crâne de fourmi lui colle des grains de sucre sur la bouche.

Après dix minutes d’ivresse, Ovaine sort de l’aspirateur. Si elle avait su !

Ouvrant aussitôt un stand à 1 centime le tour, elle a du mal à ne pas être aspirée par la soudaine ruée des poussières.

 

 

En lisant, en zigzaguant…

♠ « Tu as rencontré une fois un écrivain et artiste qui, pendant près d’une demi-heure, accoudé au zinc d’un petit bar, t’as parlé de sa penderie. Ses paroles elles-mêmes semblaient être regroupées, comme parcimonieusement étudiées et classées, puis envoyées dans l’espace avec la précision des ingénieurs du projet spatial Philae. »

« Ã€ y regarder de plus près, changer de vie n’est pas chose facile. Cela fait quinze ans que tu te dis : demain, je plaque tout ; c’est sûr demain tu leur dis que tu n’es plus capable, pas un clown, pas un mouton – pas de corrélation entre les deux en apparence, ni avec toi, encore que c’est à voir – tu leur dis cela, puis tu y retournes, comme un seul homme. »

Sophie Coiffier,  Tiroir central, éditions de l’Attente, 2021, p. 23-24 et p. 71.

 

♣ « L’idée que la poésie doit exclure le narratif est aussi absurde que d’exclure l’exposition discursive du roman. Mallarmé rejette le narratif sous prétexte qu’il présente quelque chose comme un simulacre du réel. Mais la virtualité domine autant le narratif que  les autres types de discours. La narration est un tissu de lacunes mouvantes ; c’est par ce jeu du vide et du plein qu’elle rejoint à la fois la poésie et le réel et il s’ensuit que la poésie est simulacre au même titre que la narration. »

Alexander Dickow, Déblais, éditions Louise Bottu, 2021, p. 24.

2 février 2021

[Chronique] François Crosnier, La poésie réduite en poudre noire (à propos de Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant)

Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Flammarion, collection « Poésie », janvier 2021, 167 pages, 18 €, ISBN : 978-2-0802-3289-2.

 

Je n’en pouvais plus des thématiques je voulais écrire ce qui vient : une telle affirmation peut sembler paradoxale, tant le lecteur de Sandra Moussempès retrouve dans son dernier livre les objets féminins non identifiés qui parcourent toute l’œuvre. « Princesses filmiques » pour film fantôme réfugiées dans une maison hantée, « fillettes lucides de l’enfance », chanteuses à la « tessiture congelée dans le Museum des voix célèbres » …, ces héroïnes dominent les deux premières parties, sur les neuf qui composent le recueil. Cette impression de déjà-vu doit pourtant être dépassée et il faut convenir, au-delà des apparences, que nous ne sommes plus tout à fait dans le même univers que celui de Colloque des télépathes ou Cinéma de l’affect, les précédents titres publiés à l’Attente en 2017 et 2020.

Un titre n’est jamais innocent : ce Cassandre à bout portant introduit une figure convoquée à trois reprises, dès la couverture donc, puis comme titre de l’une des parties et encore comme celui du poème de la page 156. Une telle insistance conduit à interroger cette Cassandre que le peintre anglais George Romney (1734-1802), dans un magnifique portait de 1785, représente sous les traits de Lady Hamilton, tandis que Sandra Moussempès, qui a réalisé le visuel du livre, préfère l’évoquer quant à elle sous un masque victorien.

George Romney (1734-1802) Lady Hamilton as Cassandra (c. 1785-6)
Londres, Tate Britain

Envisagée comme un double, la fille de Priam à laquelle Apollon confère le don de prophétie avant de la punir comme on sait, a partie liée avec le monde de l’enfance et du père :

L’obsession reviendrait, se tiendrait à côté de Messaline, surnom que mon père me donnait enfant, parmi d’autres comme Salomé, Cassandre la bien nommée qui annonce la perte.

L’ancienne petite fille, identifiée à des figures hypersexuelle (Messaline) ou de séductrice (Salomé), choisit finalement d’endosser (bien nommée) le rôle de celle qui annonce le malheur, la perte, à la différence qu’ici elle est le propre objet de ses prophéties (à bout portant).

Dans La vierge au miroir, dernier poème du recueil et par conséquent conclusif, Sandra Moussempès, se décrivant comme « poétesse en kit composant un poème sous vos yeux », n’hésite pas à écrire

A chaque respiration tu recraches les tabous de ton enfance

nous autorisant ainsi à considérer l’inscription de son travail dans l’autobiographie.

C’est en effet cet aspect plus franchement revendiqué (« je me suis glissée dans une auto-biographie ») qui donne à ce livre un ton différent de ceux qui l’ont précédé. Sandra Moussempès s’engage très loin dans cette direction, ainsi par exemple, dans la section La maison des phrases liquides, le poème « Le temps de l’écriture » donne lieu à une assimilation du texte au corps même de l’autrice :

Voici la petite fille cornée comme une page (…)

Tu lui confies une page elle s’y étale et se replie avec la page

Tu l’écrases en refermant le livre

A priori elle n’est toujours pas morte elle se déplie avec les mots

De même, celle-ci va jusqu’à insérer à deux reprises des notes de bas de page pour évoquer des événements de sa propre vie (rencontres avec Olwyn Hughes ou Anie Besnard, toutes deux liées à la figure du père), au risque de produire une déchirure dans le discours poétique – et de susciter, avouons-le, une certaine surprise chez le lecteur – en y introduisant des éléments brutalement informatifs.

Dès lors, l’injonction « Ne pas mélanger la vie et le poème » qui apparaît dans La porte vivante semble un rappel quelque peu formel à soi-même, vite contredit par des notations comme celle-ci, parmi beaucoup d’autres :

Quand la fraîcheur d’une nuit sérigraphiée

Vient ici-bas me définir en fille aimée d’un père mort (…)

& paravent d’une mère-prothèse

Nobody’s Here But Me : placé en exergue du livre, le titre du documentaire réalisé par Cindy Sherman en 1994 apparaît donc avoir pour double fonction de signaler une référence majeure de l’autrice, à côté d’Unika, Sylvia, Emily, Gaspara, Virginia, et de définir, comme on l’a vu, l’un des axes de son projet d’écriture.

Le second axe que je distingue dans ce livre décidément riche est celui de la réflexion sur l’objet poétique lui-même. Le mouvement perceptible dans Cassandre à bout portant est celui de l’abolition d’un émerveillement ancien :

La poésie est une forêt remplie de songes précieux – c’était ma vision des choses

pour faire place à une perturbation dans l’ordre des idées :

Poésie est une idée du ciel noir et

Des pensées rouges qui le perturbent

Si le poème est « une façon de tresser des fissures / dans un hôtel rempli de fantômes », sa production est désormais violente comme une scène de guerre  :

Ce sonnet part dans tous les sens, c’est le moment de le faire exploser

En expirant par ma bouche toutes sortes de traumas murmurés

Je les expulse je les réinjecte, des années sortent avec des rapaces

Je suis assise mais pas maîtrisée j’ai un pistolet lance-roquette

Pour la première fois, le travail de l’autrice – l’engendrement des textes, « la folie entraînant le poème ou le poème entraînant la folie » – est situé explicitement, avec le risque que cela comporte en termes d’exposition personnelle, dans un processus post-traumatique :

 Livre après livre on restitue les traumas même s’ils ne font

Pas davantage comprendre ce qui s’échappe du poème

Les mots de Sandra Moussempès forment une « comptine vertigineuse » à la force d’évocation intacte, et communiquent au lecteur une part de ce vertige issu d’un « ciel rose et un ciel noir en moi ». Sous l’invocation de « Lilith et Cassandre encastrées », figures tutélaires incarnant le négatif, le livre procède ici à sa propre alchimie :

C’est la poésie réduite en poudre noire puis retravaillée en pâte vivante avec un peu d’eau

17 janvier 2021

[NEWS] News du dimanche

Ces premières NEWS du dimanche de 2021 donnent d’emblée le ton : offensifs l’édito et les textes de CUHEL comme de Tristan Felix ! Suivent, en ce temps de médiocre rentrée-de-janvier, notre sélection rigoureuse (LIBR-6), nos Libr-brèves et notre avant-dernière Libr-rétrospective de 2020

Édito

♦ On n’arrête pas le Progrès : des files d’attente et de la flicaille partout, couvre-feu*, angoisse devant un Ennemi invisible… ça nous change la vie : c’est vrai quoi, ça met un peu de piment dans les vies monotones de nos démocraties-molles…  Et puis, c’est inédit au moins, non ?!

* La seule différence avec 1942, c’est que cette fois il concerne tous les (néo)pétainistes – et pas seulement les juifs…


♦ Pour mieux deviner où va cette « France en Marche », on lira l’édito du n° 6 de COCKPIT voice recorder (novembre 2020), signé Christophe Fiat : « Si au printemps, lors du premier confinement, on nous encourageait à faire les Robinson Crusoé : « Robinson Crusoé ne part pas avec de grandes idées de poésie et de récit. Il va chercher dans la cale ce qui va lui permettre de survivre » a-t-on entendu lors d’une visioconférence en direct de l’Élysée, nous n’avons pas d’autre choix, à l’occasion de ce second confinement, que d’être des Don Quichotte. Voilà, le délire du personnage de Cervantès en quête d’aventures tout azimut nous semble plus « adapt頻 – terme d’une Novlangue inépuisable – à la réalité de notre époque que la clarté zélée du personnage de Defoe »…

♦ Pour bien commencer l’An neuneuf, chantons avec La Vie manifeste :

« L’Etat noie, noie l’Etat
il n’y a pas d’argent magique, il n’y a que de l’argent tragique

Déboulonnons le récit officiel
Police abolie, bientôt le paradis
Etranglons les étrangleurs
Télétravail pour les CRS »…

CUHEL, Ode au Coronnard 

Ô Coronnard le Combinard
toi qui n’es pas né de la dernière pluie
MERCI de nous rappeler que nous sommes cuits
Toi l’ultra-libéraliste tu aimes la Liberté
de circuler
pour nous parasiter
tu chéris l’Égalité (et surtout son Boulevard !)
et la Fraternité
pour mieux nous parasiter

Ô Coronnard le Vicelard
qui nous mène la vie hard
tu es le meilleur coach de l’apocalypse
ô vice oh hisse au supplice !

Ô Coronnard le Cognard
tu vas nous débarrasser de tous les nullards
qui nuisent à la sécurité des démerdards
qui empêchent de tourner en rond
notre immonde où seul compte le pognon
un pognon de dingues

Ô Coronnard
toi qui as grandi sur la litière de nos idéaux
sur le terreau de l’immonde expansion des néo-fléaux
toi l’avant-garde des néo-libéraux
pour rassurer les secturitaires
tu vas ramener l’Ordre sur la Terre
l’Ordre en Marche
celui des marchands
à qui profitera le Grand Réchauffement
À bas les sans-dents !
Et vive le Résident de la Réputblik
décoré de l’Ordre du ÇaProfite !

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine, par Tristan Felix

Pour prouver son innocence, Ovaine braque une baraque à frites, en plein soleil. 

Le fritier, désormais client, s’enquiert :

– Où en est ton procès ?
– État stationnaire. Preuve que j’ai rien fait. Et toi ?
– Bah, j’ai pas de preuves que tu m’as tout piqué.
– Veux-tu que je témoigne en ta faveur ? J’ai tout vu, tu sais.
– Tu seras inculpée pour faux témoignage, laisse tomber.

Ovaine, émue, lui double sa dose de mayo.

Transporté par ce vent de solidarité, il demande une barquette géante.

Et de sa langue prélève les cristaux de sel éclatant d’une vérité nouvelle.

 

Libr-6 (Livres reçus : hiver 2020-21)

► Jean-Pierre BOBILLOT, Dernières répliques avant la sieste [notes sur le risible – II & III], éditions Tinbad, coll. « Poésie », 88 pages, 14 €.

► Sophie COIFFIER, Tiroir central, éditions de l’Attente, 88 pages, 11,50 €.

► Suzanne DOPPELT, Meta donna, P.O.L, 80 pages, 13 €.

► Anne KAWALA, Les Aventures d’Orphée Foëne à Dos Romeiros, Série Discrète, 64 pages, 12 €.

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cassandre à bout portant, Flammarion, coll. « Poésie », 174 pages, 18 €.

► Patrick VARETZ, Deuxième mille, P.O.L, 528 pages, 32 €.

Libr-brèves

► On retrouvera ici la visio-lecture de La Sauvagerie qu’a donnée Pierre Vinclair mercredi dernier 13 janvier dans le cadre de Station d’arts poétiques (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon).

â–º Peu après la publication du volume collectif issu du Colloque international de Cerisy sur son œuvre, Valère Novarina : Les Tourbillons de l’écriture, le poète, peintre, dramaturge et metteur en scène vient de recevoir le Grand Prix Paul Morand de l’Académie française, destiné « à l’auteur d’un ou plusieurs ouvrages remarquables par leurs qualités de pensée, de style, d’esprit d’indépendance et de liberté » – et doté de 45 000 €.

Libr-rétrospective 2020 (3)

â–º Créations : Joël Hubaut, « Ã‰pidémiK » [n° 1 ; série à terminer en 2021] ; Philippe Jaffeux, « John Coltrane » ; Julien Blaine, « (Y) » ; Laure Gauthier, « Transpoèmes »Â ; Tristan Felix, « Le Mâle dit de fine amor »

â–º Chroniques : Ahmed Slama sur Ivar Ch’vavar, La Vache d’entropie ; Patrick Beurard-Valdoye, « Fléau et théâtre social »Â [> 3 000 vues] ; Fabrice Thumerel, « Julien Blaine : fin de partie ? » [> 3 500 vues]…

â–º NEWS : Poesie is not dead, « Urgences poésies » [> 5 000 vues] ; « News du dimanche du 17/05 » [> 2 500 vues]…

► Entretien avec Christophe Fiat pour le lancement de la revue Cockpit voice recorder

2 avril 2015

[Chronique] Un poème écrit à la vitesse de 3 cm par minute (à propos de S. Moussempès, Sunny girls), par François Crosnier

Voici le second volet du diptyque consacré au dernier livre de Sandra Moussempès, Sunny girls : une chronique de François Crosnier qui met en évidence le fait poétique même. [Premier article sur Sunny girls ; autre article de F. Crosnier sur A. Moussempès]

Sandra Moussempès, Sunny girls, Flammarion, février 2015, 216 pages, 17 €, ISBN : 978-2-0813-4191-3.

 

Comme l’héroïne dans la scène finale de Zabriskie Point (Antonioni 1970) – film générationnel, dont le texte qui donne son titre au livre apparaît comme un commentaire décalé –, Sandra Moussempès observe les retombées au ralenti des éléments du récit épique qu’elle a fait exploser :

 

J’ai décidé d’écrire ce poème à la vitesse de trois centimètres par minute

 

Rien d’étonnant, dès lors, que la construction de Sunny Girls relève du mouvement brownien (comme s’intitule la cinquième partie de l’ouvrage, qui en compte quinze) plutôt que d’une trajectoire linéaire. Et certes, le lecteur est averti d’emblée que rien ne doit être explicable si l’explication est la seule chose qui reste.

 

Certaines lignes apparaissent cependant avec évidence, et tout d’abord l’ancrage autobiographique matérialisé par des lieux (j’habitais Londres, puis de nouveau Paris), par des fragments de passé tantôt clairs :

 

Punks en 78 à Worthing. J’ai 13 ans, en discothèque je danse le slow avec un garçon dont le copain me plaît davantage je rentre manger dans la maison de brique de la jelly et des spaghettis on toast, chaque nuit dans ma chambre, j’entends une clé tourner dans la serrure

 

tantôt énigmatiques (l’auteur affirmant ne choisir que par distillation des éléments portés à votre connaissance) :

 

 J’ai pensé à la « nymphette » de treize ans que je fus / Avec un bruit de fusil derrière moi, un bruit pour seul compagnon / Et ce n’est pas une métaphore

 

et par un poème entier (Cluedo) qui évoque de nouveau, comme dans Acrobaties dessinées, la figure paternelle.

 

L’humour ensuite, qui est consubstantiel à la poésie de Sandra Moussempès, fait de fantaisie :

 

mad men, mad cow, madly in love, mad’moiselle 

 

de rapprochements cocasses :

 

un cerveau

un oeuf

un insecte

un employé de banque

 

ou d’autodérision :

 

Ensuite ils s’expliquèrent sur la façon d’amener du monde aux lectures de poésie et du monde il y en eut davantage lorsque de poésie on passa à performance zodiacale / Et de patience psychique à ambiance post-transcendantale

 

Mais là n’est pas l’essentiel. On sait que tout recueil de poèmes est plus ou moins délibérément un Art Poétique, et Sunny Girls, à cet égard, est probablement le plus explicite de tous les livres de Sandra Moussempès. Sans entreprendre le relevé exhaustif des passages qui renvoient à l’écriture même – ils sont trop nombreux –, j’emprunte à la section VIDEOGRAPHIA les trois propositions suivantes (extraites du texte L’illusion des dernières choses) :

 

Faut-il attendre une REPONSE, on écrit ce qu’on pense vouloir écrire parfois on arrête d’écrire pensant frôler la volonté d’écrire

 

En ne sachant pas ce que j’écris du livre futur, dans les moments d’attente, je deviens ce qui sera écrit plus tard

 

Une fois introduite dans une proposition la volonté d’écrire devient déjà une abstraction co-écrite

 

Je voudrais, par ces citations, attirer l’attention sur quelque chose qui dépasse le dispositif biographique/fictionnel/fantasmatique mis en œuvre de manière récurrente par l’auteur dans cet ouvrage et dans les précédents, et largement commenté ailleurs. Ces affirmations définissent en effet une poétique subtile où la « volonté d’écrire » est déjà écriture, où le corps même de l’écrivain devient écriture (corpoème selon la belle expression de Jean Senac). Peut-être marquent-elles l’amorce d’une évolution dans le travail de Sandra Moussempès.

 

30 mars 2014

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mars – jour de second tour des municipales, pour la petite histoire -, on commencera par méditer sur le Libr-clin d’œil de Cuhel sur la démocrazie. On ne manquera pas, ensuite, de lire l’appel de la revue Nioques. Enfin, des Libr-événements à foison : Michel et Monique Pinçon à Lille ; Eric Sadin, Eric Chevillard, la soirée Flammarion, Sandra Moussempès, Virginie Poitrasson, Véronique Pittolo à Paris ; les éditions de l’Attente à Bordeaux (avec Jérôme Game) et au Poulinguen (avec Eric Pessan)…

Libr-clin d’oeil de Cuhel : DÉMOCRAZIE

Salut les Bellezâmes ! – pour qui le vote est l’action politique à la portée des caniches.

DÉMOCRAZIE

Droit de voter
de vovoter
de revoter
de reroter
de vivoter
d’ex-voter

Droit au tout-à-l’ego
droit au tout-à-gogo
droit au tout-au(x)-gogo(s)
Démogogolisez-vous !
Démogogolissez-vous !
Démomolissez-vous !

Droit d’être gaveur
gaffeur
baveur
acheteur
spectateur

Droit d’être hystérhic
boulimhic
anorexhic

Droit de panser
crever
dé-penser

Droit d’être marrant
engageant
conciliant
transparent

Droit de niquer
de communiquer

Droit de voir
d’être vu
de ne pas savoir
de se faire avoir

Droit au ressenti psychométéorologique
au déni psychopathologique

Droit au cynisme
au voyeurisme
au vampirisme
au populisme

Droit au choix entre

kapit®@lisme™ 1 = devoir de servir à
vous asservir
l’immondyalisation
libérer la fin’démence

kapit®@lisme™ 2 =Liberanalité
EgalAustérité
Fraterniqué
Libérez la liberté des libéranaux !

kapit®@lisme™ 3 = droit à la démosecturité
au lisse et à la police
lissez vos peaux et drapeaux
lissez vos fanions, vos croupions et vos opinions
lissez vos races
lissez vos traces
lissez-vous !
listez-vous !
vissez-vous !

 

TOUS POUR NIOQUES !

Nous relayons l’appel de la revue Nioques, l’un des piliers de notre modernité littéraire.

" Comme vous le savez peut-être, après avoir quitté les éditions Le mot et le reste, Nioques a pris un nouveau départ adossée aux éditions de la Fabrique, via une convention aux termes de laquelle l’éditeur fait bénéficier la revue à la fois de son imprimeur et de son diffuseur, et ce, depuis deux numéros. “Adossée” signifie qu’il s’agit d’un partenariat, l’association « Nioques-Outside » restant l’éditeur de la revue les frais de fabrication et les coûts d’impression sont à sa charge.  

Cette situation nouvelle nous a conduits à ouvrir une campagne destinée à nous faire retrouver un nombre d’abonnés suffisant pour envisager la publication de nos deux prochains volumes dont les sommaires sont d’ores et déjà en notre possession.  Il se trouve par ailleurs que les critères permettant de solliciter l’attribution d’une « aide aux revues » auprès du CNL ont été sensiblement durcis, si bien qu’en l’état actuel des choses il ne nous est plus possible de solliciter une telle subvention, alors même que le CNL a toujours soutenu la revue de façon significative, depuis ses premiers pas en 1990.  Un tel soutien, nous n’en doutons pas, nous serait de nouveau accordé, si nous retrouvions un mode de fonctionnement stable et conforme aux exigences en vigueur.

C’est pourquoi nous sollicitons aujourd’hui l’aide de  tous ceux qui ont participé à l’aventure Nioques, que ce soit en tant que lecteurs, ou comme auteurs, écrivains, poètes ou artistes. Nous avons besoin d’abonnements supplémentaires pour sortir de ce moment difficile, pour mettre en fabrication le volume qui devait paraître ce printemps, et pour prétendre à une nouvelle aide de la commission dont nous dépendons au CNL.   

Si vous ne pouvez pas vous abonner, vous pouvez néanmoins manifester votre soutien par un don de l’ordre de vingt euros, ou davantage si vous le croyez possible

Merci d’avance à tous. "

♦ Pour soutenir concrètement la revue :

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• France : 42 euros + 7 euros de frais de port : 49 euros
• Étranger : 42 euros + 14 euros de frais de port : 56 euros
• Règlement par chèque ou mandat à l’ordre de Nioques outside
• Virement à l’ordre de Nioques outside
iban : fr 76 1460 7000 8266 0135 7916 058 / bic : ccbpfrppmar
Facture sur demande
Bulletin à retourner à :
Jean-Marie Gleize
"Les Cèdres", 62, boulevard Jean Giono
04130 Volx (France)
pour toute demande, écrire à nioques@gmail.com

Libr-événements

â–º Débat public sur la "Violence des riches" – Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – 1er Avril 18h30 à Science Po Lille

ATTAC, les Amis du Monde Diplomatique et Espace Marx
vous invitent à un débat public avec

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Le mardi 1° avril 2014 à 18h30 à l’IEP de Lille (Sciences Po),84, rue de Trévise, métro Porte de Valenciennes

LA VIOLENCE DES RICHES

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d’un monde social fracassé. Fracassé par quoi, par qui ? Par une violence de classe, une classe qui n’est pas sans visage, pas sans acteurs ni sans stratégies. Cette violence est organisée, d’abord, par « les plus riches parmi les riches », avec leurs réseaux d’alliés. Cette classe oligarchique est celle des grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, intellectuels « chiens de garde »,experts aux ordres. Les dirigeants politiques, alternance ou pas, ont une part écrasante de responsabilité dans l’exercice de cette domination. Une caste casse le reste de la société. Les modalités d’une contre-offensive existent pourtant.

â–º A l’occasion de la parution de Softlove aux éditions Galaade, Etienne Armand Amato s’entretiendra avec Eric Sadin : jeudi 3 avril à 20H, Le Monte-en-l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris).


« J’enclenche la montée graduelle de l’intensité lumineuse que je décide vu l’historique passablement agité de son sommeil d’ajuster degré ultrasoft > 77 lux | Elle redresse son oreiller contre le mur s’y adosse les yeux tendus vers un interstice des volets j’opte pour une ambiance chromatique abricot méditerranéen douceur pastel que je sais bienvenue l’entends aussitôt dire : ʺC’est bien comme ça tellement bien si agréableʺ | »

Un système intelligent connaît tout de la personne dont il a la charge exclusive, l’accompagnant à chaque instant de son quotidien. Administration domestique, assistance professionnelle, conseils sur des offres commerciales avantageuses, alertes à l’égard de risques imminents. À toute heure du jour ou de la nuit, cette entité invisible et omnisciente est programmée pour anticiper ses désirs. Or la machine tombe secrètement amoureuse…

Softlove relate vingt-quatre heures de la vie d’une femme à travers le regard avisé et éperdu de son assistant numérique. Cette fiction à la langue précise et fluide poursuit la réflexion que mène Éric Sadin à l’égard de notre environnement technologique contemporain.

 â–º Vendredi 4 avril à 19H, Nospheratous, expo photo et collage de Tomagnetik, MANIFESTEN (cf. photo en arrière-plan) / Al dante (59, rue Thiers à Marseille).

 â–º Samedi 5 avril 2014 à 20H, Maison de la poésie de Paris : lecture par Christophe Brault du Désordre Azerty de Eric Chevillard.

 â–º Les 4, 5 et 6 avril 2014, de 10h à 19h, stand L 23 à l’Escale du livre de Bordeaux, RV avec les éditions de l’Attente (présentation des nouveautés et d’une partie du catalogue).

Vendredi 4, performance "Fabuler, dit-il" de Jérôme Game (texte, voix) et Olivier Lamarche (musique), salle de l’Atelier à 18h30. A l’issue de cette performance, signature de Jérôme Game pour son livre DQ/HK.

 

â–º Soirée SPRING BREAKERS le 8 avril à 19h30 : Sandra Moussempès vous attend pour fêter l’arrivée du printemps et questionner le lien entre poésie et cinéma à la librairie Texture (94 av. Jean-Jaurès 75019 Paris, métro Laumière). Voici la présentation que l’auteure en fait elle-même :

" Je lirai pour cette soirée une majorité de textes inédits extraits de mon prochain recueil à paraître dans la collection Poésie/Flammarion début 2015, mais aussi de livres précédents, autour de Mulhohand Drive de David Lynch, Zabriskie point d’Antonioni, Code : inconnu de Pete Haneke et de Spring breakers d’Harmony Korine, avec comme figure centrale, le personnage féminin, silhouette dissonnante ou héroïne flottante.

Je présenterai également une performance sonore sous forme d’audio-poèmes afin d’évoquer une certaine Californie intérieure, toute cinématographique avec en vrac des passages d’icônes préfabriquées, du groupe Cocteau Twins, de Sharon Tate, de chirurgiens esthétiques, de piscines et catalogues rouges sang.

Mon invitée pour cette seconde soirée sera Virginie Poitrasson, poète, plasticienne et performeuse qui proposera une lecture performée « surprise » en réponse à ma propre proposition.

J’évoquerai avec elle ainsi qu’avec l’audience les « découpés visuels », plans séquences matérialisés puis textualisés sous forme de fragment. En quoi le cinéma devient-il support métaphorique de l’écriture, passant de l’image muette à la bande-son, comment s’intervertit le désir d’une réappropriation sensorielle, entre cosmétologie de l’inconscient et choix formels.

Une réponse est-elle possible ? "

â–º Les 11, 12 et 13 avril, RV avec les éditions de l’Attente : stand au salon du livre "Nau Belles Rencontres" (Le Pouliguen – 44), pour la sortie du livre d’Éric Pessan, Le Syndrome Shéhérazade.

Dimanche 13 avril, Apéro lecture-rencontre-signature, Salle Baudry à 12h ; à 15h, table ronde : "Un salon d’éditeurs, quel rôle pour la chaîne du livre ?" Animée par Éric Pessan, avec les éditions de l’Attente, Les ronds dans l’O et Quidam.

â–º Mardi 15 avril à 19h, rencontre / lecture de Véronique Pittolo à la librairie Texture (Paris 19e) pour son livre Une jeune fille dans tout le royaume, qui vient de paraître aux éditions de l’Attente dans la collection "Propos poche".
Librairie Texture
94 avenue Jean Jaurès
75019 Paris / Tél. : 01 42 01 25 12

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