André Gache, Karaokétêtés par les pieds, Voix éditions, collection vents contraires, 79 p. ISBN : 2-914640-68-4, 12 €.
4ème de couverture :
Ce livre est un quadrimoteur à faire démarrer tous ensemble, mais voilà . Comment, serait très exactement la question que poserait l’axe du premier (moteur) par quoi tout commence, ou rien n’est fini.
On y traverse à hauteur de terre, voire de boue, un monde des êtres et de situations tellement loufoques, hilarants, terribles et infâmes qu’il faut bien être quatre moteurs pour avancer, c’est-à -dire creuser.
Depuis un démiurge mieux sétonnant d’avoir créé tant d’étages à Manhattan et dans laquelle il traîne ses loques, jusqu’au train de l’amour lancé à fond de bielle à travers des marguerites au regard bovin, en passant par l’abject discours trompeur des puissants, la course est folle d’une folie en définitive sauvée par le langage. Qui jouit, lui ; pas-de-porte vers la parole, c’est-à -dire vers l’homme
Premières impressions :
C’est d’abord toujours une joie de présenter un titre publié par Voix éditions, du fait de la grande qualité du travail d’édition, travail qui s’il a trouvé parfois son paroxysme au niveau graphique avec Pierre Tilman, ou bien encore Joseph Mouton, ici est très bien réalisé graphiquement, la page étant dynamisée par un équilibre savant des polices, des empattements, des tailles et des dispositions. De ce point de vue, Voix éditions, avec quelques rares autres comme les éditions de L’Attente notamment avec Frédéric Léal, accomplissent un très beau travail pour des poésies qui exigent ce type de variation.
Nous voici donc face au titre d’André Gache, et je dis bien, face au titre, car la première impression vient bien du titre et de ce qu’il enveloppe : jeu de mots, télescopage sonore et constitution d’un nouveau signifiant. Le titre est symbole de l’ensemble du texte : l’ensemble se produit dans les glissements de calembours, de dilatations sonores ou graphiques, de télescopages de termes ou de thèmes hétérogènes, tel par exemple l’une des dernières parties du livre le bkptmsqrncvlhdzf de la moue, où se juxtaposent métaphorisation locomotive de l’amour et du désir, et paragraphe sur le désir et la sexualité.
André Gache nous aura prévenu en fait, ce qu’il pense en tant que poésie, tien à cette persistance du poète à être « dans la langue » à « l’étirer » au point que « j’létrons en lannières à angles aigusons j’la découplons j’l’a polissons pas j’la mâcha j’la rutmina j’la déglutinabula j’l’explosa j’a ria »…
Du 1er au 3 février 2007, dans la galerie Lavitrine à Limoges, durant le festival Manifesten, Laurence Denimal a tenu, assise derrière son ordinateur et son imprimante, une drôle de boutique. Installation/performance, la société mobile est une revue unique en son genre et vraiment pertinente, crée par cette plasticienne en 2005 ; elle est fondée sur l’interactivité et la fluidité, car c’est au lecteur/acheteur de composer son propre sommaire avec les textes qu’il a choisi. Elle est aussi une extension du travail d’archivage et de recension que poursuit Laurence Denimal à travers son propre projet artistique le Joubor, journal de bord qui décrit toutes ses actions dans une journée selon un système de codification trés précis (vous pouvez voir 

