Libr-critique

31 mai 2018

[News] Libr-News

En attendant l’été, vous attendent : l’agenda de Prigent… les Sorcières de Dunkerque… La Traction poétique… Philippe Boisnard, une superbe soirée Ivy writers, la 12e Nuit remue… Et le 36e Marché de la Poésie, bien évidemment…

Agenda de Christian PRIGENT

— à Paris, le vendredi 08 juin, à 18 h 30 : « TXT 32 : LE RETOUR », à la galerie A Balzac à Rodin, 14 bis rue de la Grande-Chaumière, Paris (M° Vavin). Contact : revuetxt@gmail.com

— à Rennes, le vendredi 15 juin, à 20 h : lecture et discussion autour de la revue TXT, au bar le Mod Koz, 3 bis rue Jean Duhamel, Rennes. Contact : pontcerq@gmail.com 

— à Vulaines-sur-Seine, le dimanche 30 juin, à 15 h : lecture au Musée Mallarmé, 4 promenade Mallarmé, 77870 Vulaines-sur-Seine. Contact : contact@marche-poesie.com

Libr-brèves

â–º Vendredi 1er juin à 19H30, Halle aux sucres de Dunkerque : Conversation + projection + performance (dans le cadre du festival des Bibliothèques de Dunkerque "Fais pas ton mauvais genre")

AVEC : Isabelle Cambourakis – Editrice
Camille Ducellier – Vidéaste
Hortense Gauthier – Performeuse
Anne Larue – Chercheuse, écrivaine

Figure négative et puissante, symbole subversif de la révolte féminine dans les années 70, la sorcière réapparaît aujourd’hui dans les combats féministes, écologistes et anticapitalistes.

Isabelle Cambourakis dirige la collection « Sorcières », qui réunit des textes féministes historiques et contemporains. Camille Ducellier invente des images pour rêver l’obscur, dévoiler les corps et relier le politique au spirituel. Hortense Gauthier postule que « Toutes les sorcières sont des danseuses étoiles ». Anne Larue écrit des essais sur la SF féministe, des articles passionnants sur le mouvement Wicca et des romans médiévaux futuristes.

 

â–º Samedi 2 juin à Blois : cédez à la Traction poétique !

â–º Mardi 5 juin  au Monte en l’air – Paris 20ème à 19H : soirée de lancement de la collection Sur le vif des éditions Supernova dirigée par Stephanie Boubli. Y feront une lecture Benoît Toqué, Francis Lamodière, et Philippe Boisnard accompagné au violon remixé par Pauline Cottaz.

â–º Du 6 au 10 juin : 36e Marché de la Poésie : RV avec Al dante/Presses du réel au stand 110, les éditions de l’Attente au stand 110-112 ; LansKine, 610 (Beurard-Valdoye, Voïca…) ; Publie.net, 506… La revue Place de la Sorbonne est accueillie au stand des éditions Le Temps des Cerises (618)… Au stand Ent’revues, 700-704 : y seront présentes les revues Artichaut, Babel heureuse, Les Carnets d’Eucharis, Chroniques du ça et là, La Moitié du fourbi, Phoenix, La Revue des Belles-Lettres, Teste, Toute la lire.

â–º Soirée Ivy writers le 12 juin à 19H30 au Bistrot des Artistes (Paris) :

â–º Lundi 18 juin à la Maison de la poésie Paris, 21H : "Nouvelles architectures poétiques", avec David Christoffel, Jérôme Game et Laure Gauthier.

â–º LA NUIT REMUE 12e, soirée de lectures avec Fabien Arca, Delphine Bretesché, David Christoffel et Maël Guesdon, Sophie Coiffier, Séverine Daucourt-Fridriksson, A.C. Hello, Philippe de Jonckheere, Ismael Jude, Anne Mulpas, Christiane Veschambre, Gilles Weinzaepflen.
Samedi 23 juin 2018, 19h à la bibliothèque Marguerite Audoux, Paris IIIème : Depuis 2006, Remue Net organise une fois par an ses « Nuits remue », hommage bien sûr à Henri Michaux. Un rendez-vous littéraire incontournable.

12 novembre 2017

[News] News du dimanche

Vos RV à venir : agenda de Jean-Michel Espitallier ; rencontres à la Maison de la poésie Paris (Allonneau/Vazquez ; Anne Savelli) ; 15e salon des éditeurs indépendants à Paris ; Elsa Dorlin à Manifesten (Marseille)…

â–º Agenda de Jean-Michel Espitallier :
SHE WAS DANCING (avec Valeria Giuga, Lise Daynac, Aniol Busquets, Roméo Agid)
– 4-9 novembre. Résidence de création, CCN Belfort.
– 16 novembre, Nantes (musée d’art)
– 21 novembre, Nantes (Théâtre universitaire)
– 7 décembre, Paris (Carreau du Temple)
♦ En écoute : deux pièces sonores (« Comptes africains » et «l’ibiscus n’est pas un animal ». Festival Feuilles d’automne, Institut français, Tokyo (avec Anne-Laure Chamboissier).

â–º Vendredi 17 novembre à 19H, Maison de la poésie Paris

â–º L’Autre Livre, 15e salon des éditeurs indépendants : du vendredi 17 au dimanche 19 novembre 2017
Espace des Blancs Manteaux
48 rue Vieille du Temple
Paris 4e — Métro Hôtel de ville

400 auteurs pour 170 éditeurs, parmi lesquels :
– Atelier de l’Agneau (B 04) ;
– Le Cadran ligné (B 07) ;
– Dernier Télégramme (C 16) ;
– Le Grand Os (B 07) ;
– Le Lampadaire (A 01-03) ;
– Lanskine (B 15) ;
– Maelström (B 01) ;
– Nous (A 14) ;
– éditions de l’Ogre (D 22) ;
– Publie.net (stand B 25), avec Anne Savelli, Joachim Séné, G Franck et Lou Sarabadzic.
– Tinbad (A 25)…

 

â–º Jeudi 23 novembre à 20H, Manifesten (59 rue Thiers – 13001 Marseille) : discussion avec Elsa Dorlin, Se défendre.

Se défendre. Une philosophie de la violence est un livre publié chez Zones éditions. Un livre d’Elsa Dorlin. Un livre pour penser et la violence et les techniques d’autodéfense.
Avec cet ouvrage Elsa Dorlin met au jour un dispositif de pouvoir qui légitime la défense pour certain-es et l’interdit pour d’autres. C’est tout une généalogie de ce dispositif qui se déplie dans le livre à partir des thèses de Jon Locke et qui trouve son expression concrète dans la violence raciste des suprémacistes blancs et dans la pratique des justiciers vigilants.
Mais ce livre c’est aussi une histoire des tactiques défensives des corps tenus dans la violence. Une histoire de l’autodéfense. Une histoire de celles et ceux qui n’ont pas légitimité à se défendre. Techniques d’autodéfense des suffragistes anglaises, techniques d’autodéfense du Black Panther Party For Self-Defense, techniques d’autodéfense en Europe de l’Est par les organisations juives contre les pogroms, autodéfense dans le ghetto de Varsovie, patrouilles d’autodéfense queer…
En s’appuyant sur les analyse de Franz Fanon, Elsa Dorlin, s’intéresse à la manière dont le sujet politique fait irruption dans le fait de retourner la violence et de ne plus la subir. Ce livre est donc aussi une histoire politique du déploiement d’un muscle. Ou comment la proie devient sujet.
A écouter sur le site laviemanifeste.com un entretien avec Elsa Dorlin > http://laviemanifeste.com/archives/11584
Elsa Dorlin est professeure de philosophie politique et sociale au département de Science politique de l’université Paris VIII. Elle a notamment publiée en 2006, La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française.

â–º Vendredi 24 novembre à 20H, Maison de la poésie Paris : rencontre avec Anne Savelli animée par Sébastien Rongier

Depuis « Fenêtres open space » Anne Savelli arpente les espaces urbains et sa mémoire, liant son intimité aux lieux de la ville. Avec « Décor Daguerre » et « À même la peau » parus en 2017, l’œuvre d’Anne Savelli se poursuit et s’intensifie. Nous parlerons donc de ses livres, de ses projets, de ses collaborations d’écriture et de ses vies numériques qui tissent un vrai monde littéraire contemporain.

Soirée proposée par remue.net

À lire – Anne Savelli, « Décor Daguerre », éd. de l’Attente, 2017 – « À même la peau », publie.net, 2017.

tarif : 5 € / adhérent : 0 €



15 juin 2017

[News] Libr-news

Vos derniers RV de juin, en direct ou en images, de lectures publiques en lectures privées : autour des poétiques de l’excès (Amandine André et AC. Hello), de Christian Prigent… d’Yves Charnet, d’auteures publiées chez Lanskine… d’auteurs surprises lors de la clôture des États généraux de la poésie à Paris…

â–º Pour revenir en images sur la soirée du 10 mai dernier, proposée par Remue.net à la Maison de la poésie Paris : "Poétiques de l’excès", avec Amandine André et A.C. Hello : voir.

â–º En librairie, la somme issue du Colloque international de Cerisy sur l’œuvre d’un contemporain majeur : Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel dir., Christian Prigent : trou(v)er sa langue (Hermann, 550 pages et une bonne vingtaine de reproductions).

Premier bilan sur les recherches déjà engagées, surtout à partir des années 1985-1990, et portant sur quarante-cinq ans d’écriture, que la réflexion ait concerné Christian Prigent en tant qu’auteur d’une œuvre personnelle protéiforme expérimentant tous les domaines (poésie, essai, roman, théâtre, entretien, traduction, chronique journalistique, lecture de ses textes) et dont il a su déplacer les frontières, mais aussi en tant que revuiste passionnée, lié à un grand nombre de livraisons poétiques, théoriques, artistiques, et ayant lui-même co-fondé la revue d’avant-garde TXT (1969-1993), avec la volonté de démarquer un espace éditorial différentiel par rapport à Tel Quel. Le fil conducteur de la langue, tant ouvertement réfléchie par l’écrivain dans ses essais ou ses fictions, récits et poèmes, s’imposait.

La présentation complète sur le blog Prigent : ici.

â–º Les 17 et 18 juin à Montreuil : Prigent, Pennequin, Espitallier… La Cie Ça Va Sans Dire vous invite à découvrir LANGUES et autres poésies contemporaines…

Mise en scène : Trelohan Thomas – Direction d’acteur : Laura Flahaut
Avec : Thomas Trelohan (Comédien), Louis Fatus (Violoncelliste)

Partir d’une envie, une envie de partager des textes, de partager la découverte de la poésie contemporaine pour parler de l’homme éclaté, dans un monde en éclatement, rempli de petites histoires, de petits trous. Voilà, avec la poésie, faire un portait de lacunes dans des langues subjectives, dans un voyage avec les poètes d’aujourd’hui. Oui, des poètes qui habitent leurs langues, ne la subissent plus, sortent de la communication pour nous parler, nous partager leurs révolutions intérieures.

Corpus de textes :
Jean Pierre Siméon « À l’impossible on est tenu »
Christian Prigent « Commencement » (extrait)
Charles Pennequin « L’armée Noir Vol n° 1 » et « La ville est un trou »
Ritta Baddoura « Parler étrangement » (extrait)
Jean Michel Espitalier « En Guerre » (extrait)
Rémi Checchetto « Là où l’âme qui se déchire un peu mais pas toute » (extrait)
Élodie Petit « Va t faire baiser ailleurs »

Le Samedi 17 Juin à 20h30
Le Dimanche 18 Juin à 19h
Studio Albatros
52 Rue du Sergent Bobillot, 93100 Montreuil
Metro: Ligne 9 Croix de chavaux
PLAN ET SITUATION
Renseignements et Contacts :
Tél. 06.58.41.15.31
trelohan.thomas@gmail.com

Lien du site de la compagnie:
https://cavasansdiresite.wordpress.com/

â–º Jeudi 22 juin de 18h30 à 20h00 Yves Charnet entre prose & poésie : l’autofiction comme geste lyrique ? En dialogue avec Dominique Rabaté.
De "Proses du fils" à "Dans son regard aux lèvres rouges", Yves Charnet n’a cessé de mettre en mots une autobiographie lacunaire, hantée par l’absence du père, dont chaque livre assemble les bribes. Cette autofiction de soi s’écrit en prose, faute de mieux, dans le parrainage de la poésie dont elle porte la nostalgie, dans le sillage d’un blues jazzé où le Je cherche son échappée lyrique. C’est sur ce désir de poésie et ce qu’il transforme de l’écriture autofictionnelle d’impudeur et d’aveu que portera l’entretien.
Dominique Rabaté
Ancien élève de l’ENS (1983), Yves Charnet est agrégé de Lettres Modernes, il a soutenu, en 1995, une thèse dirigée par Jean Delabroy et intitulée "Figurer l’énergie, Baudelaire écrivain du visuel". Il vit & travaille à Toulouse depuis 1996 où il a fondé le module d’Arts & cultures à l’ISAE/SUPAERO.
Après avoir beaucoup écrit & colloqué sur la littérature extrême-contemporaine à partir de ses principaux prosateurs & poètes, il se consacre, depuis 2010, au chantier lyrique de son "autofiction sans fin" inauguré en 1993 par la parution remarquée de "Proses du fils". Amateur de jazz & de tauromachie, sa passion pour la chanson française dans tous ses états s’est particulièrement illustrée par des amitiés considérables avec Claude Nougaro & Serge Lama.
François Rannou va consacrer, dans le second numéro de la revue "Babel heureuse" (à paraitre à l’automne 2017) un important dossier à son travail d’écrivain de l’intime entre prose & poésie.
Derniers livres parus : "La tristesse durera toujours" (La Table Ronde, 2013) ; "Le divorce", Belin, coll. "L’Extrême Contemporain", 2013 ; "Quatre boules de jazz, Nougasongs", Alter Ego, coll. "Jazz Impressions", 2014 ; "Dans son regard aux lèvres rouges", Le Bateau Ivre, 2017.
à la Mel – 67, bd. de Montmorency – Paris 16
Entrée libre et gratuite – réservation obligatoire au 01 55 74 60 91
// la Mel – t. 01 55 74 60 90 –

â–º Jeudi 22 juin à 19H30 : rencontre avec trois auteurs de Lanskine à la Librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris).

Organisé par les éditions Lanskine :
Trois autrices, Sereine Berlottier, Séverine Daucourt-Fridriksson et Lucie Taïeb, lisent à la librairie Texture leurs textes ou traductions fraîchement parus chez Lanskine, en présence du poète Pierre Drogi qui conduira l’ensemble grâce à ses sensibles-simples-et-précieuses-impressions.
Il s’agira de ruptures, de montagnes, de perte, de désir, d’Islande, de voix… d’un équipage entier qui vous attend, l’impatience à son comble.

â–º Jeudi 29 juin à 19H : clôture des États généraux de la poésie à la Sorbonne avec les Invisibles, amphi Descartes (75005).

Lecture de Claude Ber, Geneviève Huttin, Vannina Maestri, Roxana Paez, Véronique Pittolo et Anne Talvaz ainsi que de textes de leurs invitées invisibles…

16 mai 2017

[News] Libr-news

Les agendas sont bien remplis en ce mois de mai : RV à Nantes autour des éditions de l’Attente ; avec Aden Ellias pour son dernier roman ; avec Marie-José Mondzain à Aix-en-Provence ; à Bordeaux pour la soirée série Discrète / revue Muscle ; à Paris autour de Perec et pour la fameuse Nuit remue (#11 !)…

 

â–º Jeudi 18 mai 2017 à 19H30, Le Lieu unique à Nantes (Quai Ferdinand Favre) : les 25 ans de l’Attente, avec Juliette Mézenc et Stéphane Gantelet.

Nourris de la rencontre avec la littérature et la micro-édition américaine des années 90, Franck Pruja et Françoise Valéry fondent en 1992 les éditions de l’Attente. Attentifs à déverrouiller les a priori, voilà 25 ans qu’ils œuvrent à publier des livres à la limite de la poésie, de la philosophie, des écrits d’artistes, des essais, des traductions. Installée à Bordeaux, la maison produit avec grand soin divers formats (livres, livrets, plaquettes dépliantes, livres audio) traduisant la passion des éditeurs.

Entretien avec l’éditeur animé par Alain Girard-Daudon, suivi de Journal du brise-lames, jeu vidéo littéraire avec Juliette Mézenc (poète) et Stéphane Gantelet (sculpteur numérique)

Juliette Mézenc est une auteure en mouvement, son moteur étant à la fois son paysage, ses ressentis, ses vibrations, et aussi les ressorts qu’offre le numérique en matière de publication évolutive et d’écriture multi-média. L’écriture immersive de Juliette Mézenc s’apparente souvent à une géographie intime, un voyage à l’intérieur. Le lecteur visite, découvre, au fil des mots tantôt sautillants, flottants ou pointus et graves. Elle a publié aux éditions de l’Attente « Elles en chambre » (2014) et « Laissez-passer » (2016).
Stéphane Gantelet est un artiste qui explore la modélisation 3D. Ses réalisations sont souvent inspirées de motifs naturels, végétaux, organiques, et prennent corps dans des matériaux comme le papier, le bronze ou les résines, ou virtuellement dans ses réalisations numériques comme les jeux vidéos.

â–º Jeudi 18 mai à 20H, Librairie L’Éternel Retour (77, rue de Lamarck 75018 Paris) : rencontre avec Aden Ellias pour son roman Hyperrectangle.

Soirée cuboïde avec Albert Camus, alias Aden Ellias, l’auteur d’un roman qui parodie les procédés de l’"autofiction" : invention formelle et comédie sociale eu rendez-vous…

Plus d’infos : http://www.editions-mf.com/livres/hyperrectangle/

â–ºMardi 30 mai à 18H, Institut de l’image d’Aix-en-Provence : rencontre avec Marie-Josée Mondzain.

En 2015, Alphabetville, l’Ina Méditerranée et l’Institut de l’Image invitaient la philosophe Marie-José Mondzain à partager un temps de travail, fait de réflexions et d’échanges, autour du thème « L’image entre guerre et paix » : face au choc et aux questions que nous posèrent les premiers attentats de Paris en janvier de cette année-là, et qui furent suivis de plus terribles en novembre. Puis d’autres, en France, en Europe, dans le monde…

 

 

A l’occasion de la publication de son livre « Confiscation des mots, des images et du temps. Pour une autre radicalité » (Les liens qui libèrent, 2017), Marie-José Mondzain donnera une conférence, suivie de la projection du film L’anabase de Eric Baudelaire.

 

Nous vous remercions de votre attention et de bien vouloir informer votre public :

Le 30 mai à l’Institut de l’Image d’Aix-en-Provence

 

18h00

Conférence à partir de son livre Confiscation des mots, des images et du temps. Pour une autre radicalité, éditions Les liens qui libèrent, 2017

20h00

Projection de L’anabase de Eric Baudelaire

 

â–º Dimanche 21 mai, 14H-20H : La séance d’écoute #1 Georges Perec lit La Vie mode d’emploi.

 

Le 7 décembre 1977, Georges Perec (1936-1982) est venu lire au Centre Pompidou, avant publication, des extraits de La Vie mode d’emploi. Œuvre majeure dans l’histoire de la littérature, ce roman-puzzle qui se déroule dans un immeuble parisien et raconte les aventures de ses divers occupants, sera publié l’année suivante, en 1978, chez Hachette. Ce document exceptionnel est issu du fonds d’archives sonores du Centre Pompidou.

La durée de sa lecture est de 48 minutes.
Diffusion de l’archive sonore, en continu de 14h à 20h, dans Petite salle du Centre Pompidou, Forum -1

Contact : Aurélie Olivier / aurelie.olivier@centrepompidou.fr

 

â–º Dimanche 21 mai, 18H : soirée série Discrète / revue Muscle à Bordeaux.

â–º  La Nuit Remue #11, samedi 10 juin à 18h30,

Bibliothèque Marguerite Audoux, 10 rue Portefoin, Paris 75003 
Accès : Métro : Temple, République, Arts et Métiers  [
La Nuit remue 11 a été imaginée par Emmanuèle Jawad et Marie de Quatrebarbes, avec l’aide amicale de Mathieu Brosseau.]

Programme

18h30 Accueil du public

19h00 Premier round :

Stéphane Bouquet
Frédérique Iledefonse 
Emmanuel Laugier
Vannina Maestri
Jennifer k Dick
Franck Leibovici

20h00 - 20h30 Pause

 

20h30 Deuxième round :

Philippe Jaffeux
Emilie Notéris
Olivier Quintyn
Hortense Gauthier
Florence Pazzottu
Benoit Casas

21h30 Fin des réjouissances.

 

16 octobre 2016

[News] News du dimanche

Avant que de revenir sur la polémique du Nobel de littérature dans une chronique appropriée, voici la Libr-humeur de CUHEL… Suivent nos Libr-événements : RV avec Julien d’Abrigeon ce mercredi, puis à la Maison de la poésie vendredi soir autour de Spoon River.

 

Libr-humeur /CUHEL/

Il le fallait, Dylan.

Et pourquoi le fallait-il ? Pour faire la nique à Philip Roth… faire le buzz auprès des endormis… Faire plaisir aux membres du jury : vous comprenez, ils sont de la même génération, vieux mytheux, faut les comprendre… Et même Antoine Compagnon, le lendemain sur la ROC (Radio Officielle de la Culture), de confirmer : faut les comprendre… lui qui a fait un bout de route avec eux, il les connaît, il les comprend… Lui l’Antimoderne il comprend le post-postmoderne : faut bien jeter un pavé dans la mare – qu’est-ce qu’on se marre ! -, faut bien touiller dans la marmite des valeurs établies, vive le métissage, le grand brassage du Bric & du Broc… et vive le cap’tain Ad Hoc !

Pour faire braire les Finkielkraut et consorts, certes. Mais aussi les ZinzinActuels, docteurs ès sciences des vents, qui rejettent les z’akadémismes : c’est vrai quoi, faut sortir du livre, faut dépoussiérer la-littérature… Le prix Nobel de littérature doit être hors littérature, c’est sa raison d’être… Et puis d’abord, c’est quoi la "littérature" ? Quelque chose qui ne se vend même plus… Le jury du Nobel n’allait quand même pas inventer un prix du meilleur songwriter… Faut lutter contre les archaïsmes et les conservatismes, éradiquer de la littérature ce qu’il lui reste de littérature, comme il faut débarrasser le libéralisme de toute liberté individuelle et l’humanisme de toute trace un tant soit peu humaine…

 

Libr-événements

â–º Mercredi 19 octobre à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : rencontre avec Julien d’Abrigeon pour son dernier livre – que nous présenterons très bientôt sur LC -, Sombre aux abords (Quidam éditeur).

â–º Vendredi 21 octobre 2016, Maison de la poésie Paris, 20H.
Dans chacun des 243 poèmes de Spoon River Anthology, chef-d’œuvre de la poésie américaine dont on fête le centenaire, s’exprime un mort inhumé dans le cimetière du village, révélant ses souvenirs, rancœurs, désirs… Ce chœur des passions et des caractères valut un immense succès à son auteur Edgar Lee Masters, encensé par ses pairs comme un nouveau Whitman. Les récits distillés dans le recueil dessinent une petite société de l’Illinois au tournant des XIXe et XXe siècles, microcosme de l’humanité.

Célèbre dans le monde entier, Spoon River a connu en France deux traductions, par Kenneth White et Michel Pétris puis Patrick Reumaux, épuisées. La présente version, signée de la nébuleuse Général Instin et parue aux éditions Le nouvel Attila collection Othello, se veut la plus fidèle à l’original. Mais ce livre est davantage qu’une traduction : des cahiers à part proposent des cartes ainsi que des poèmes ajoutés, esquisse d’un cimetière universel.

http://www.lenouvelattila.fr/spoon-river/
Lire l’article de Lise Wajeman sur Mediapart : un trésor poétique exhumé, https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/300916/spoon-river-un-tresor-poetique-exhume et l’enthousiasme du Triangle masqué, blog de libraires http://letrianglemasque.blogspot.fr/2016/07/spoon-river-catalogue-des-chansons-de.html

Avec François Athané, Patrick Chatelier, Antoine Dufeu, José Morel-Cinq-Mars, Cécile Portier, Lucie Taïeb, Benoît Virot & Frank Williams (musicien).
Soirée proposée par remue.net en partenariat avec la Scène du Balcon et la Maison de la Poésie de Paris.

La soirée se terminera avec la dégustation d’une cuvée spéciale Spoon River du domaine de l’Ostal (Lot).

Tarif : 5 € / adhérent : 0 €

Réserver : http://www.maisondelapoesieparis.com/events/spoon-river-dedgar-lee-masters/

11 septembre 2016

[News] News du dimanche

En un temps où la "rentrée littéraire" ne signifie absolument plus rien et où, même dans les plus grandes librairies indépendantes, les rayons "Poésie", "Théâtre" ou "Critique/théorie littéraire" sont réduits à la portion congrue, la bonne nouvelle est la survie d’Al dante (Al dante is not dead !), avec deux prochains livres prévus – et pas n’importe lesquels ! Au sommaire encore : Pleins feux sur Jean-Michel ESPITALLIER et nos Libr-brèves (lancement de RIP et de la collection "Le Cinéma des poètes")…

 

 Al dante is not dead !

Grâce à la campagne de soutien à Al dante que nous avons relayée – entre autres -, 877 livres ont été achetés. Ce qui a permis à Al dante d’apurer les dettes les plus urgentes, et de continuer : dans 15 jours, seront disponibles les ouvrages d’octobre : Extrait des nasses de Justin Delareux et Janis Joplin. Voix noire sur fond blanc de Véronique Bergen – que nous attendons avec impatience et que nous recenserons avec grand plaisir !

Laurent CAUWET : « Beaucoup m’ont demandé des détails sur les raisons de nos soucis actuels. Je ne m’étendrai pas, mais, en résumé, voici une sorte de vision synthétique de l’édition poétique aujourd’hui : De plus en plus de livres en librairie, mais de moins en moins de ventes. Des intermédiaires (diffuseurs et distributeurs) qui, pour supporter "la crise", augmentent leurs marges tout en réduisant leurs prestations. Des libraires acculés qui, pour s’en sortir, font de la cavalerie : réduire voire stopper toute politique de fonds, et réduire le temps de vie d’un livre dans leurs rayons, en les retournant au plus vite. Et une presse de plus en plus silencieuse quant à nos productions. Plus nous nous battons pour que la poésie sorte de la marge, plus la logique capitalistique du marché de l’édition se durcit et nous y renvoie.

Aujourd’hui, la poésie ne peut prétendre survivre que grâce aux subventions et autres aides institutionnelles. Il nous est affirmé qu’il n’est pas possible de faire autrement. Nous refusons cette règle, nous refusons d’être sous tutelle politique, et refusons donc toute forme de subvention et aide institutionnelle. Nous refusons ainsi l’auto-censure plus ou moins affirmée qu’implique cette mise sous tutelle, et surtout nous refusons de devenir, de façon insidieuse, les porte-parole d’une culture institutionnelle qui aimerait nous domestiquer pour faire de nous les supplétifs de la domination.
Donc pour nous, il n’y a pas 36 solutions : il suffirait que, pour chaque sortie de livre, il y ait 250 lecteurs qui l’achètent en direct (via notre site ou dans les salons), pour pouvoir continuer. Est-ce réellement impossible ? Nous ne pensons pas…
ENCORE UNE FOIS,1000 MERCIS POUR VOTRE AIDE.
ET DEVENEZ, NON PAS DES MÉCÈNES, MAIS DES LECTEURS ACTIFS !
ACHETEZ DES LIVRES, ET PRÉFÉREZ LES ACHETER CHEZ DES ÉDITEURS QUI FONT LE PARI DE L’INDÉPENDANCE ! »

 

 Pleins feux sur Jean-Michel ESPITALLIER

• 15/09, Poésie dans les chais, Pau. 19h, Lecture.
• 17/09. Journées du patrimoine, Mac/Val (Vitry-sur-Seine), 17h, "Le Phone", performance avec la compagnie Labkine (Valeria Giuga, Roméo Agid).
• 1er/10, Radio#4, Fondation Louis-Vuitton, 21h, performance "She was dancing" avec la compagnie Labkine (Valeria Giuga et Roméo Agid).

â–º FRANCE ROMANS, Argol éditions, printemps 2016, 168 pages, 18 €, ISBN : 978-2-37069-011-1.

À l’histoire de France – la grande Histoire – Jean-Michel Espitallier préfère le romanesque hexagonal : chaque lieu a son/ses histoire(s), est l’agent catalyseur des micro-récits qui nous entourent – nous traversent. Défilent ainsi la France et ses terroirs, avec faits divers, bons mots et curiosités diverses… Mais aussi une irremplaçable poésie du nom/du lieu et un comique irrésistible (humour, parodies, incongruïtés, jeux de mots… un délice !).

Montage critique (liste, et même liste de listes), ce guide est un document poétique, au sens où l’entend Franck Leibovici : une technologie intellectuelle qui procède au redécoupage modélisé et hétérogène du réel médiatiquement uniformisé (réalité spectaculaire uniforme) : sans doute pas loin de l’œuvre de pure exemplification, tant le lissage des matériaux originels est réussi. /Fabrice Thumerel/

Libr-brèves

â–º RIP 1.1 POÉSIE VA PAS TOUS MOURIR


RIP est une revue annuelle critique et clinique de poésie, proposée par Antoine Dufeu & Frank Smith. Chaque numéro de RIP se décline sous la forme d’un ouvrage papier .1, disponible six mois plus tard sous une version numérique « répliquée » .2. La réplique, basée sur une approche de relecture, est entendue ici tel un retour sur l’avant. [Conception éditoriale Antoine Dufeu et Frank Smith ; conception graphique Héloïse Laurent et Rafael Ribas.]

A l’occasion du lancement de RIP le jeudi 15 septembre de 19H30 à 23H au Point Éphémère (2, Quai de Valmy 75010 Paris) :
Lecture publique et collective du Code du travail (par tranche de 5 minutes/lecteur)
Un exemplaire de la revue sera offert à chaque lecteur

RIP 1.1 (236 pages) : 15 euros (10 euros le jour du lancement) / Inscription lecture : http://doodle.com/poll/2qi3gyt33xt2vrwg

â–º Vendredi 7 octobre, 20 heures à la Maison de la Poésie de Paris (Passage Molière, 157, rue Saint-Martin – 75003 Paris) : soirée Remue.net autour du "Cinéma des poètes". Rencontre animée par Sébastien Rongier. Soirée proposée par remue.net, en partenariat avec la Scène du Balcon et la Maison de la Poésie de Paris. [M° Rambuteau – RER Les Halles. Réservations : 01 44 54 53 00 (du mardi au samedi de 15h à 18h) ; entrée 5 euros]

« Le cinéma des poètes » est une collection animée par Carole Aurouet aux Nouvelles Editions Jean-Michel Place. En éclairant l’œuvre d’un auteur, d’un poète sous la lumière du cinéma, les livres de cette collection permettent de découvrir des pans entiers d’un dialogue caché ou oublié, d’influences complexes entre littérature et cinéma.

Pour découvrir cette collection, dialogue avec Carole Aurouet (Desnos), Anne-Elisabeth Halpern (Michaux) et Alain Keit (Brunius) ; participation de Philippe Müller et Vincent Vernillat, comédiens de la compagnie « le grain de sable » (lecture des textes de Brunius, Desnos et Michaux). Enfin, Jacques Fraenkel présentera, avant sa projection, L’Etoile de mer, film de Man Ray sur un poème de Robert Desnos.


10 avril 2016

[News] Poésie & subversion

Dans la perspective de la rencontre qui aura lieu ce jeudi à la Maison de la poésie Paris, et suite au lancement du tuto "SubversionTM", voici quelques éléments d’information et de réflexion.

La rencontre à la Maison de la poésie Paris

Jeudi 14 avril à 20H, Maison de la Poésie Paris, "Poésie & subversion" : Bernard Desportes en conversation avec Fabrice Thumerel. [Vu le nombre de places limité, il est conseillé de réserver au plus vite : 5 €]

dans les chaos d’un monde où la violence est partout
où la barbarie menace
tandis que le réel n’en finit pas de se dissoudre
et que le devenir de l’homme semble toujours plus lui échapper
la poésie peut-elle quelque chose ?
quelle place, quel sens sont-ils les siens ?

Les différentes mouvances de la modernité la voulaient subversive : qu’en est-il
en un temps d’affrontement des conservatismes et des transgressions ?

Soirée proposée par Remue.net, en partenariat avec la Scène du Balcon : conférences, entretien, lectures, débat.

À lire – Fabrice Thumerel dir., Bernard Desportes autrement, coll. « Manières de critiquer », Artois Presses Université, 2008. Et aussi, plus récemment : "De l’abîme à l’éternité" (long entretien de B. Desportes avec F. Thumerel, 2014).

 

 Avant-rencontre

« Tous ceux qui cherchent à en remontrer du point de vue prétendu de la subversion
sont forts à soupçonner de jouer le jeu de ceux pour qui celle-ci est tenue
pour absurdement obsolète » (Michel Surya, Portrait de l’intermittent du spectacle en supplétif de la domination, éditions Lignes, 2007).

« Le subversif n’est que dans le présent et dans son impossible satisfaction.
[…] la force subversive d’une écriture réside justement dans sa capacité
à subvertir chez un autre une pensée soumise à la représentation commune,
et donc désingularisée, du monde, du présent » (Bernard Desportes,
Le Présent illégitime, La Lettre volée, 2011).

« La poésie, si elle est prise au sérieux, est dangereuse pour l’ordre,
les règles et les normes non seulement de la grammaire
mais aussi de la société » (Alessandro de Francesco, « La Poésie comme processus cognitif et subversif », décembre 2013).

« Le refus (textuel, aussi bien) de toute politique directe va si bien aux auteurs
post-modernes que cela peut leur ouvrir grandes les portes de l’institution,
à tous les sens du terme, sans que ça leur pose de problèmes insolubles
– puisqu’ils sont dans la "subversion" des signes »
(Sylvain Courtoux, "Slash’ n’ burn – poésie-sur-brûlis" (entretien avec F. Thumerel), 2014).

« Les révoltes aussi ont leurs conformismes :
tout comme il y a des banalités bourgeoises, il y a des banalités révolutionnaires.
La subversion, comme l’industrie textile, fabrique son prêt-à-porter,
ses éléments standard que l’on enfile sans qu’il soit besoin de les retravailler,
tout au plus d’y coudre un revers, d’y ajuster une longueur de la manche
et les effets qu’elle autorise » (Mathieu Larnaudie, Notre désir est sans remède, Actes Sud, 2015).

« Tremblez salopards, la poésie menace » (Julien d’Abrigeon, "La peste soit du fat", Sitaudis, 2016).

 

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement d’un work in progress que nous avons lancé il y a cinq ans, et dont voici la présentation.

Les avant-gardes, et plus généralement la modernité, nous ont transmis ce mot d’ordre qui nous paraît "naturel" aujourd’hui : il faut absolument être SUBVERSIF !

En ces temps où la fin du paradigme révolutionnaire a eu pour corollaire la dissociation entre subversion éthique/esthétique et subversion politique ;
où l’autorité s’est disséminée dans des formes impersonnelles et fluctuantes de pouvoir ;
où l’ordre symbolique régi par un système axiologique a cédé la place à une société anomique ;
où les frontières entre
mineur et majeur sont devenues poreuses ;
où la machinerie spectaculaire-marchande a annexé ces fondements mêmes de la subversion modernes que sont les notions d’"avant-garde", de "réforme", "changement", "nouveauté"…

En ces temps de ludisme généralisé où "l’art subversif" est subventionné ou sponsorisé, en ces temps de "subdiversion" et de "subdivertissement" où il n’y a rien qui ne soit détourné/retourné/renversé (énoncés, discours, images ou musiques), que peut-il bien rester de la subversion ? Peut-on et doit-on encore subvertir ? Cette notion est-elle totalement galvaudée ? Quelle est désormais sa portée ? Toute posture d’imprecator ou de "poète maudit" est-elle réellement subversive ? Quelles pratiques se révèlent-elles encore subversives aujourd’hui ? Est-il possible de distinguer de nouvelles formes de subversion ?

â–º On pourra (re)lire/voir les 21 posts publiés à ce jour, dont ceux-ci : Bernard Desportes, "Les failles d’un livre ambigu : retour sur Retour à Reims de Didier Eribon" ; Bruno Fern, "Sub" ; Cyril Vettorato, "Les États-Unis et la culture de la subversion – le syndrome Frankenstein" ; Jérôme Bertin, "Le grand amour de Karl Klause" ; Alexander Dickow, "Statut Liberté" ; Sébastien Ecorce, "Mécanique(s) de rupture(s)" ; Sylvain Courtoux, "Poète, c’est crevé" ; Romain le GéoGrave, "S.I.F (Sans Identité Fixe)" ; CUHEL, "ZAL / Near to Death Experience".

 

♦♦♦♦♦

Ce work in progress sur la subversion est lui-même à mettre en relation avec l’opération Libr-@ction, entamée en 2013.

 

Libr-lecteurs, forces vives,
allons-nous laisser le privilège aux seules puissances destructrices – qu’on les nomme capitalisme, fanatismes, racismes ou autrement – de provoquer des cataclysmes ? La littér@ction n’est-elle pas avant tout cataclysme ? La crise, n’est-ce pas à nous de la déclencher ?

Libr-lecteurs, forces vives,
qu’est-ce qui vous empêche de Libr-@gir ? En créant, criant, crisant…

Pourquoi la littérature ne serait-elle pas/plus apocalypse ? L’apocalypse, c’est maintenant. Toujours maintenant. Dans le présent illégitime (Desportes).

 

Pour peu que la littérature échappe aux cirques (merdiatique, spectenculaire) et aux circuits (éditorial, institutionnel),

à la lissetérature (Meens) des doctes et des schnocks, des ambitions et des nominations, du business is business, du cequilfaut/commilfaut/quantilfaut, du buzzing-hobbying-lobbying-marketing-advertising,

 

la littérature peut être éprouvante, galopante, dévorante…

ou plutôt inéchangeable, inqualifiable, incaractérisable…

ou plutôt dans le bord et le débord, l’infection virale, l’épidémie, la cancérisation… littér@ction…

 

Libr@ction vise à partager des ém@ctions, produire des électr@ctions, des manifest@ctions…

 

En clair, nous vous proposons des cré@ctions à télécharger, faire circuler, mettre en voix, en musique, en scène…

Distribuez-les, déclamez-les, activez-les où bon vous semblera (rues, zones, scènes, prisons, no man’s lands… sorties des établissements  acacadémiques/admisinistratifs/commerZiaux)…

 

â–º On pourra (re)lire/voir les 22 posts publiés à ce jour, dont ceux-ci : vidéos diverses ; Didier Calléja, "Je dors" ; Thomas Déjeammes, "… le lendemain, presque le même…" ; CUHEL, "Pourrissez vos enfants !" ; Marinella, "Gugusse a le chapeau V." ; Bernard Desportes, "extrait de Baal" ; Thierry Rat, "Canal libéral" ; Fred Griot, "Je ne me tairai plus" ; Edith Msika, "Tous ces trains tous ces rail" ; AnnaO, "D’après I don’t speak english / féroféroce" ; Alain Marc, "Je crève, je crie…" ; André Gaches, "Bauches (extrait)" ; Laura Vazquez, "Tout tombe" ; Romain le GéoGrave, "Lisse !"

 

29 novembre 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de novembre, trois RV de votre première quinzaine de décembre : avec la bande au Général Instin à la Maison de la poésie Paris ; à Lyon, avec les Feux Follets, nouvelle collection des éditions Le Feu sacré ; les lectures (z)électroniques à Toulouse.

 

â–º Jeudi 3 décembre 2015 à 20H, Maison de la poésie Paris, Général Instin – Présences : réservations tél : 01 44 54 53 00, du mardi au samedi de 15h à 18h (entrée 5 euros).

Soirée festive à l’occasion de la parution de l’Anthologie Général Instin et de Climax, fiction collective, deux premiers opus d’une nouvelle collection aux éditions Othello.
Au programme : lectures, musiques et performances…

Depuis 1997, un spectre hante la littérature et se propage à d’autres arts. Son nom : Général Instin. Un projet artistique qui dessine, davantage qu’un collectif d’auteurs, une mouvance aux multiples avatars.

Avec (programme en cours) : évocations d’esprits liés au Général –
Cécile Portier, Guénaël Boutouillet, Marie de Quatrebarbes & Maël Guesdon ;
Philippe Aigrain et Rimbaud, Nicole Caligaris et Balzac, Benoît Vincent et {Spoon River} d’Edgar Lee Masters, Lucie Taïeb et {Le chasseur Gracchus} de Kafka, Sébastien Rongier et les fantômes,
et le quintête de {Climax} met en voix son écriture collective (Sereine Berlottier, Nicole Caligaris, Patrick Chatelier, Benoît Vincent, Laurence Werner David)…
Performances de SP 38 (street-art), Laurent David (chant), MôMô Basta, la Chanson du général par Ludovic Hary, Anne Chantal Carrière et Philippe Régnier.
Compositions sonores d’Eric Caligaris.
Cartographies de Mathilde Roux.

Soirée présentée par Lucie Taïeb, Benoît Virot et Patrick Chatelier

Une soirée remue.net en partenariat avec la Maison de la Poésie de Paris et la Scène du Balcon.

http://www.lenouvelattila.fr/general-instin/
le site de Climax : http://www.generalinstin.net/

 

â–º Jeudi 3 décembre, 19H-21H, Le Bal des Ardents (17, rue Neuve à Lyon) : soirée de lancement de la nouvelle collection des éditions Le Feu Sacré : LES FEUX FOLLETS !


En présence de :
— Frank Smith (poète et auteur du Feu Follet sur ‘Bartleby’ de Herman Melville)
— Frédérick Houdaer (poète et auteur du Feu Follet sur ‘Les Amours jaunes’ de Tristan Corbière)
— Alain Jugnon (philosophe et auteur du Feu Follet sur ‘Rigodon’ de Céline)
& Fabien Thévenot (Le Feu Sacré éditions)

LES FEUX FOLLETS
Nous avons demandé à l’écrivain & au poète :
Quel livre-monde vous fait courir ?
Quel roman terminal vous fait écrire ?
Quel ouvrage du passé vous semble écrit pour le présent ?
Choisissez bien ; vous n’aurez qu’une cartouche.

Les Feux Follets est une collection de courts essais critiques & élogieux, poétiques & fougueux, de ces romans souterrains qui « font monde », percent, sapent et minent les représentations, incantent au réel, s’imposent comme une condition sine qua non à la Vie.

Les FEUX FOLLETS qui seront en vente le soir du 03 décembre :
#1 — Pourquoi je lis Rigodon de L.F. Céline, par Alain Jugnon
#2 — Pourquoi je lis Bartleby de Herman Melville, par Frank Smith
#3 — Pourquoi je lis Les Amours jaunes de Tristan Corbière, par Frédérick Houdaer

à paraître fin 2016
#4 — Pourquoi je lis Bruits de fond de Don DeLillo, par Juan Francisco Ferré
#5 — Pourquoi je lis Villa Vortex de Maurice Dantec, par Aurélien Lemant
#6 — Pourquoi je lis Le Roi Lear de William Shakespeare, par Pacôme Thiellement

à paraître fin 2017
#7 — Pourquoi je lis L’Infinie comédie de David Foster Wallace, par Hadrien Laroche
#8 — Pourquoi je lis Le Feu Follet de Drieu La Rochelle, par Jérôme Leroy
#9 — Pourquoi je lis Ada ou l’Ardeur de Vladimir Nabokov, par Pierre Pigot

LES FEUX FOLLETS
Une collection dirigée par Alain Jugnon & Fabien Thévenot
et éditée par Le Feu Sacré éditions

INFOS
www.lefeusacre-editions.com | http://lefeusacre-editions.tumblr.com/ | www.facebook.com/lefeusacreeditions | https://twitter.com/letweetsacre

 

â–º Du 8 au 12 décembre, La Cave Poésie René-Gouzenne(71, rue du Taur à Toulouse) : lectures (Z)ÉLECTRONIQUES.

Le Détachement International du Muerto Coco est un collectif marseillais, qui travaille depuis 2009 sur la poésie contemporaine et ses extensions sonores/vocale/électroniques.

Chaque LECTURE [Z]ÉLECTRONIQUE = un thème différent = de la poésie contemporaine

+ de la poésie sonore

+ des jouets électroniques pour adultes (= micros + enceintes + sampler + table de mixage)

+ des jouets électroniques pour enfants ( = jouets électroniques pour enfants)

————————–————
# Mardi 8 décembre // 19h30
–> LECTURE dans le cadre des Rugissants en partenariat avec les éditions toulousaines Le Grand Os

# Mercredi 9 décembre // 20h45
–> LECTURES [Z]ANIMALES ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES POLITIQUES[Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES SEXUELLES [Z]ET ÉLECTRONIQUES

# Jeudi 10 décembre // 19h30
–> LECTURES [Z]URBAINES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES [Z]INTERNATIONALES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES SUPER-HÉROÏQUES [Z]ET ÉLECTRONIQUES

# Vendredi 11 décembre // 20h45
–> LECTURES INSURRECTIONNELLES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES FAMILIALES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES MÉDICALES [Z]ET ÉLECTRONIQUES

# Samedi 12 décembre // 19h
–> INTÉGRALE DES 9 LECTURES

31 mai 2015

[News] News du dimanche

Ce soir, à l’orée du mois de juin – toujours chargé !-, encore des RV passionnants : à Marseille (soirée CIPM + Montévidéo + PLEXUS Rouge) ; à Paris, la NUIT REMUE 9 !

 

â–º  Samedi 6 juin 2015, 17H30-23H30, Montévidéo à Marseille : LISTES, INVENTAIRES, ÉNUMÉRATIONS (sur un proposition de Jean-Michel Espitallier).

18h00
Avec : Anne-James Chaton, Jean-Michel Espitallier, Jérôme Game, Michèle Métail, Black Sifichi, Frédérique Soumagne, Laura Vazquez.

La liste, l’inventaire, l’énumération sont partout dans la littérature depuis ses origines mêmes (de la Bible à l’Illiade, de François Villon à François Rabelais, et, dans la littérature contemporaine, de Georges Perec à Valère Novarina, etc.). Si la plupart des écrivains s’y sont adonnés, ici ou là, en douce ou comme principe même de leur œuvre, le travail critique et de réflexion commence à peine à être entrepris.

Il s’agira de révéler ce qui s’affirme manifestement comme une forme à part entière, à côté du vers ou la prose. Et aussi, de ne pas gâcher son plaisir en venant écouter ce que Roland Barthes appelait « l’infinie compossibilité ».

INFOS PRATIQUES
Tarif unique 5 € (+ adhésion)
Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35.
Ouverture du bar et restauration à partir de 17:30.

Cette soirée sera précédée d’une autre rencontre au cipM le vendredi 5 juin à 19h00 avec Jean-Michel Espitallier, Boris Donné, Michèle Métail, Bernard Sève, Henri Lefebvre.

 

â–º Samedi 13 juin, de 20H à 23H, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris), LA Nuit REMUE 9, avec : Amandine André, Camille Bloomfield et Lily Robert Foley, Oscarine Bosquet, Jean-Philippe Cazier, Eric Chauvier, Suzanne Doppelt, Frédéric Forte, Emmanèle Jawad, Koffi Kwahulé, Andrea Inglese, Michelle Noteboom, Sylvain Prudhomme, Charles Robinson et Violette Pouzet, Sébastien Rongier. [Organisation : Marie de Quatrebarbes et Lucie Taïeb]

 

â–º Samedi 13 juin à 17H, PLEXUS Rouge #4 : From Berlin to Marseille.

Dans le cadre des 48h chrono, spécial Berlin, RedPlexus propose une soirée de performances allers-retours From Berlin To Marseille.

Pendant 4 heures des performers berlinois et marseillais investissent les espaces de travail de RedPlexus et proposent une traversée du mur performative et sonore.

Un voyage où le temps s’étire, entre des performers qui explorent les limites de leurs corps et d’autres celles de leur voix, limites de ce qui est permis ou toléré.

Ce Plexus Rouge est le fruit d’une résidence de 3 jours où les artistes ont pu croiser leurs projets, les confronter aux espaces de la Friche et expérimenter différentes manières de passer de l’autre côté du mur.

Artistes invités : From berlin: Frederic Krauke, Beate Linne.
FROM MARSEILLE: Pierre Guéry-Auteur Performeur, Mathias Richard, Collectif Ornic’art.

À partir de 18h, Ornic’art propose une quête de son double berlinois via un Speed Dating sous les néons.

Tout au long de la soirée : Prise de vue(s) entre deux miroirs et installation photographique La vie est Yes de Jany Jérémie.

Une proposition de RedPlexus avec le soutien de la Friche
Belle de mai et du Goethe Institut.

Informations pratiques:
De 17h à 21h
Atelier de RedPlexus
Magasins, Niveaux 1, Friche de La Belle de Mai
Gratuit

24 mai 2015

[News] News du dimanche

Après la UNE : "Christian PRIGENT dans tous ses éclats", nos riches Libr-événements : à Marseille, mercredi Montévidéo #20 avec la revue MUSCLE ; en Seine-Saint-Denis, dialogue entre Franck Smith et Georges Didi-Huberman ; et les RV avec le Général Instin à ne pas manquer.

 UNE : Christian PRIGENT dans tous ses éclats

â–º Retour sur "Le désir de littérature, en somme" (soirée Remue.net animée par Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel, autour de Christian Prigent et de Bruno Fern, vendredi 22 mai 2015, de 20H à 22H) : vidéos de Vanda Benes.

Extrait 1 ; extrait 2 ; extrait 3.

â–º Christian Prigent, La voix de l’écrit. Lectures et entretien sur la littérature, Lycée Ernest Renan Saint-Brieuc (amphi Mona Sohier-Ozouf), lundi 1er juin 2015, de 18H à 19H30. http://www.lycee-renan.fr/index.php…

â–º LA VILLE BRÛLE, BERLIN SERA PEUT-ÊTRE UN JOUR
Rencontre avec Christian Prigent (auteur), Patrick Suel (libraire) et Marianne Zuzula (éditrice) autour du livre Berlin sera peut-être un jour de Christian Prigent (éditions La ville brûle, 2015)
Le mercredi 17 juin 2015 à 19 h à l’Institut français de Berlin http://www.institutfrancais.de/…/berlin-sera-peut-etre-un-j…

â–º On consultera avec intérêt le Fonds Prigent à l’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine).

 

Libr-événements

â–º Mercredi 27 mai 2015, les mercredis de Montévidéo #20, de 19h30 à minuit pile

20h15 : Sortie de la revue MUSCLE # 5, avec Simon Allonneau, Arno Calleja & Laura Vazquez.

MUSCLE est une revue de poésie bimestrielle. C’est une feuille pliée qui accueille deux auteurs par numéro – et donc deux textes courts : des textes d’étrangeté, souvent occupés à penser, souvent préoccupés par l’invention de formes.

MUSCLE souhaiterait que chacun de ses textes soit lu dans sa densité et dans sa beauté propre mais qu’aussi la lecture de l’un puisse vriller la lecture de l’autre, ou encore, que la lecture des deux puisse créer un troisième texte, hybride, mental, possible. Ce serait comme une expérience. MUSCLE se voudrait une expérience de lecture miniaturisée et aimerait constituer patiemment, numéro après numéro, une petite bibliothèque très portative de textes expérimentaux, intensifs, inventifs.

La pièce d’Antoine Boute "Forêt/massage/peuple", sera diffusée dans le Hall de Montévidéo.

INFOS PRATIQUES : 3, impasse Montévidéo à Marseille, entrée Libre (+ adhésion) ; durée : 45min environ. Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35.

 

â–º Mardi 2 juin à 19H, "La Mémoire brûle", Archives nationales (59, rue Guynemer à Pierrefitte-sur-Seine – 93) : en résidence, Franck Smith invite Didier Didi-Huberman. On se souvient des vers de Baudelaire : « Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu »… Dans cette conférence (avec projections d’images), Georges Didi-Huberman proposera quelques éléments d’une réflexion en cours sur la question des soulèvements : pourquoi, mais aussi depuis quoi, se soulève-t-on contre un certain état du temps présent ? À la question du « pourquoi » répond celle du désir, bien sûr. Alors on « brûle » de désir, on « brûle » de former l’image de son désir (ce qu’Ernst Bloch appelait le Principe Espérance) en vue de le réaliser dans la pratique. À la question du « depuis quoi » répond celle de la mémoire. Mais comment penser le fait que l’on puisse « brûler » (désirer) de mémoire ?

Cette conférence sera suivie d’une discussion publique entre Georges Didi-Huberman et Frank Smith.

 

â–º Du 4 au 7 juin 2015, rue Dénoyez (75020 Paris), ne manquez pas les RV avec le Général Instin. LE PROGRAMME (pour plus de détails, voir Remue.net)
Pour plus de détails sur les participants, visualiser le dossier de presse.

Chaque soir,
de 18h à 20h : sonorisation de la rue, atelier, tracts, installations
de 20h à 21h30 : conversations, performances, lectures

En continu : expos, street-art

Jeudi 4 juin  : Paul Ardenne (critique d’art et muséologue) & Stany Cambot (plasticien et architecte) ; Anne Kawala (écrivain performeuse) ; Marc Perrin (écrivain performeur) ; Poésie is not dead (François NotDead, Michel Bertier, Gaetan Saint-Remy, Nâzim Boudjenah, poésie-vidéo-son) ; Sadhus (Tim, Fred, Pedrô !, musique)
Vendredi 5 juin  : Véronique Mesnager (commissaire d’expositions) & street-artistes ; Maja Jantar & Vincent Tholomé (artistes-auteurs performeurs) ; Christophe Caillé+Séverine Batier+Dominique Cassagne+Sylvain Granon+Alice Letumier (écrivain et comédiens) ; Maël Guesdon & Marie de Quatrebarbes (écrivains) ; Poésie is not dead (François NotDead, Michel Bertier, Gaetan Saint-Remy, Nâzim Boudjenah, poésie-vidéo-son) ; Sadhus (Tim, Fred, Pedrô !, musique)
Samedi 6 juin  : Eric Hazan (écrivain et éditeur) & Maxime Braquet (historien, spécialiste de Belleville) ; Philippe Aigrain (écrivain) ; Curtis Putralk (artiste et poète) ; a rawlings & Maja Jantar (artistes pluridisciplinaires) ; François NotDead (performeur)
Dimanche 7 juin  : Patrick Boucheron (historien) & Camille de Toledo (écrivain) ; Curtis Putralk (artiste et poète) ; Emmanuèle Jawad (écrivain)  ; Cécile Portier (écrivain) ; Sadhus (Tim, Fred, Pedrô !, musique) 

6 mai 2015

[Texte] Marc Perrin, Spinoza in China / 15 novembre 2011 / 7 janvier 2015 (2/2)

Suite du feuilleton proposé par Marc Perrin, "Spinoza in China" : avec Hors-sol, La Vie manifeste et Remue.net.

â–º Spinoza in China, 9 novembre 2011
â–º Spinoza in China, 10 novembre 2011
â–º Spinoza in China, 11 novembre 2011- 26 décembre 2014 (1/2)
â–º Spinoza in China, 11 novembre 2011-26 décembre 2014 (2/2)
â–º Spinoza in China, 12 novembre 2011-9 février 2015
â–º Spinoza in China, 15 novembre 2011-7 janvier 2015 (1/2)

 

 

      • 15 novembre 2011 • 14h07. Ernesto rejoint le métro car sa race qui flippe a besoin de trouver le chemin du retour et toujours le trouve. Une race qui flippe est une race qui ne perd jamais le chemin de retour. Une race qui flippe est une race qui flippe de perdre le chemin du retour mais ne le perd jamais. Ce qui flippe dans la race qui flippe trouve ou retrouve toujours le chemin du retour. Ce qui flippe dans la race qui flippe ne se perd jamais complètement. C’est comme ça. Pour Ernesto ce jour-là c’est comme ça. Et c’est comme ça qu’on voit Ernesto rejoindre North Jiangyang road station. C’est comme ça qu’on voit Ernesto reprendre le métro cette fois en direction du sud et en sortir trois stations plus loin à Songsbi road station. Car. Nonobstant sa race qui flippe Ernesto ne cesse de vouloir respirer le grand air du large et il a vu tout à l’heure au niveau de Songsbi road station un bras de mer ou un bras de fleuve avec des bateaux. Il veut grimper dans un bateau. Il veut prendre un bateau pour rejoindre cette île au large de Shanghai dont lui a parlé Vince Parker l’autre soir. Il. Veut aller sur cette île. Il. Veut respirer l’air du grand large. Il. Descend à Songsbi road station et marche en direction de l’est. Il. Marche. Marche. Marche. Marche. Marche et trouve un embarcadère. Marche et trouve un guichet. Demande à un homme, derrière le guichet : comment → est-ce que je peux aller sur l’île. Demande à l’homme, derrière le guichet : comment → est-ce que je peux revenir ici. To come back. L’homme, derrière le guichet, note quelques indications dans le carnet que lui tend Ernesto. Ernesto. Dit merci. Avec son gentil sourire. Ernesto. Achète un billet. Ernesto. Patiente dans une file d’attente. Ernesto. Grimpe dans un bateau. Le bateau traverse le fleuve. Ou est-ce un bras de mer. C’est de l’eau séparant le continent de l’île. Le bateau. Accoste l’île. Ernesto. Arrive sur l’île. Ernesto. À peine le premier pied posé sur l’île. Pense au chemin du retour. Come back. To come back. Il est 15h47.

 

 

      • 15 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 6/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Frédéric Oudéa et aussi le visage de Philippe Varin et aussi le visage Xavier Bertrand → président directeur général de la Société Générale et président directeur général de PSA Peugeot Citroën et aussi ministre du travail du gouvernement de la république française → alors → qu’est annoncé → que le groupe bancaire Société Générale va supprimer des centaines d’emplois en France → des centaines d’emplois supprimés c’est-à-dire au moins 500 concernant les 5 000 salariés employés par la banque de financement et d’investissement du groupe bancaire Société Générale en France → ces suppressions → d’emplois → seront accompagnées de mesures d’austérité salariale → ces suppressions → d’emplois → répondent à la nécessité d’adapter les activités du groupe bancaire Société Générale à la crise de la dette qui frappe la zone euro → ces suppressions → d’emplois → répondent à la nécessité de renforcer la solidité financière du groupe bancaire Société Générale → les banques → de financement → et d’investissement → étant des banques ne recevant pas les dépôts des particuliers mais recherchant des liquidités auprès d’autres banques → les banques → de financement → et d’investissement → étant des banques ne recevant pas les dépôts des particuliers mais recherchant des liquidités auprès des marchés monétaires → les banques → de financement → et d’investissement → étant des banques ne recevant pas les dépôts des particuliers mais recherchant des liquidités auprès de la Banque centrale → alors → que → le comité central d’entreprise du groupe PSA Peugeot Citroën doit aujourd’hui aborder l’impact en France du plan annoncé fin octobre qui prévoit en 2012 la suppression au niveau européen de 1 000 postes de production et de 5 000 emplois dans diverses activités dont la recherche et le développement → alors → que → sur ces 5 000 emplois hors production la moitié sera supprimée chez des prestataires externes → alors → que → le plan prévoit aussi la suppression de 800 postes d’intérimaires en France d’ici la fin de l’année → alors → que → ces mesures s’inscrivent dans un plan d’économie pour 2012 de 800 millions d’euros dont 400 sur les frais fixes face à un marché européen dégradé où le constructeur réalise 60% de ses ventes → alors → qu’est annoncé → par le président de la république française que les bénéficiaires du Revenu de solidarité active devront maintenant travailler à raison de sept heures hebdomadaires en contrepartie de l’aide qui leur est versée → pas pour punir → mais pour respecter → → pas pour punir → mais pour ramener la dignité → on ne peut pas → être digne quand on ne fait que tendre la main.

 

 

      Ernesto pense : il me faut rentrer au plus vite. Avant la nuit. Il me faut trouver avant la nuit ce bus qui si je comprends bien les quelques notes écrites par l’homme assis derrière le guichet à l’embarcadère me permettra de rejoindre le continent.

 

 

      • on pourrait imaginer un silence,

 

 

      Toute l’énergie d’Ernesto se consacre alors à trouver ce bus pour le chemin du retour.

 

 

      • d’abord un silence, humble,

 

 

      Ernesto fonce alors droit vers la première boutique qu’il voit. Il entre, dans la boutique. Il montre à la femme assise derrière le comptoir les notes écrites par l’homme assis derrière le guichet à l’embarcadère.

 

 

      • un silence honnête, comme une réplique, juste,

 

 

      Ernesto. Regarde les mouvements des bras et des mains de la femme tandis qu’elle explique imagine Ernesto comment faire pour rejoindre le bus. Ernesto regarde aussi son visage. Il entend les sons de la langue chinoise. Il entend sa race qui flippe. Vite, rejoindre au plus vite ce bus. Avant que la nuit tombe. Ernesto. Croit comprendre que la gare routière est à l’autre bout de l’île. Il est 16h05.

 

 

      • comme une intelligence, éthique,

 

 

      La femme sort de la boutique et hèle à l’extérieur une autre femme sur un triporteur. Elle fait signe, à Ernesto, de rejoindre la femme et le triporteur. Ernesto. Rejoint la femme et le triporteur. Ernesto. Grimpe à l’arrière du triporteur. La femme restée à la porte la boutique fait un dernier signe de la main en direction d’Ernesto quand le triporteur démarre. Elle fait 5 avec ses doigts. Ernesto pense qu’elle lui réclame de l’argent : 5 huans. Il est 16h09.

 

 

      • 15 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 7/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Ilse Aigner et aussi le visage de Tiphaine Goisbeault → ministre de l’agriculture du gouvernement allemand et directrice du pôle équipement de la société Mediamétrie spécialisée dans la mesure d’audience et dans les études marketing des médias audiovisuels et des médias interactifs en France → elle accepte → finalement → finalement elle accepte que le programme européen d’aide aux plus démunis soit maintenue temporairement en 2012 et en 2013 → elle empêche → ainsi → elle empêche que les cinq autres pays réfractaires dont l’Allemagne faisait jusqu’alors partie → disposent de la minorité de blocage → le conseil européen des ministres de l’agriculture → peut ainsi débloquer le programme européen d’aide aux plus démunis qui finance 50 % des produits alimentaires distribués aux 13 millions d’européens les plus pauvres → elle dit → un million de tablettes tactiles vendues en France, c’est un chiffre important, on était parti sur 800.000 exemplaires, cette année, les prévisions ont été revues à la hausse → il faut savoir que parmi les motifs d’achat, le premier élément est l’aspect facilité d’utilisation, avec l’aspect mobilité → une tablette tactile n’a pas besoin d’être branchée, c’est important → par ailleurs → sa batterie est plus fiable que celle d’un téléphone intelligent → la rapidité joue aussi parmi les motifs d’achat → on parle de sofa computer → sur son canapé, on a accès directement à tous les contenus que l’on souhaite → c’est important → pour le moment en terme d’acheteurs on reste encore sur un profil d’early adopter → un early adopter est un individu qui a pour habitude d’acheter quasiment systématiquement les nouveaux produits dans une catégorie de produit donnée, surtout des produits high tech, en particulier dans l’informatique → les early adopters → constituent souvent le premier marché d’un produit en phase de lancement → en particulier dans l’informatique → en terme d’acheteurs il y a aussi les CSP+ → les chefs d’entreprise, les cadres, les professions intellectuelles, etc., tout ça → mais → pas la ménagère qui souhaite s’équiper de manière plus large → en période de crise → il est vrai → que ça reste cher → avec leur argent → le conseil → européen → des ministres de l’agriculture → peut ainsi débloquer le Programme européen d’aide aux plus démunis qui finance 50 % des produits alimentaires distribués aux 13 millions d’Européens les plus pauvres → temporairement → en 2012 → en 2013.      

 

 

Ernesto. Traverse l’île à l’arrière d’un triporteur. Il se demande s’il est bien sur l’île dont lui a parlé Vince Parker l’autre soir. Ernesto. Cherche des indications dans le paysage. Il voit des fanions immenses, en bordure de rues super larges bordées, avec immeubles en construction. Ernesto. Traverse l’île à l’arrière d’un triporteur. Il voit sur un fanion un pont, immense, enjambant fleuve ou bras de mer. Ernesto pense voilà c’est bon, c’est le pont dont lui a parlé Vince Parker, l’autre soir. Ernesto pense voilà, c’est bon. C’est le bon pont. Pour le retour. C’est ce pont immense, long de cinq kilomètres et reliant l’île au continent dont lui a parlé Vince Parker l’autre soir. Il est 16h13.

 

 

      • un silence d’abord comme un présent fait aux mortes & aux morts, un silence comme un présent fait aux meurtrières & aux meurtriers, un silence comme un présent fait aux vivantes & aux vivants,

 

 

      Ernesto arrive à la gare routière. Ernesto donne de l’argent à la femme qui a conduit le triporteur. Ernesto se demande s’il lui donne assez d’argent. Ernesto voit un groupe de sept ou huit jeunes aux côtés d’un policier. Ernesto marche vers le policier. Ernesto montre son carnet au policier et la petite bande de jeunes se masse autour de lui. Il est 16h16.

 

 

      • un silence comme un présent fait à tous les vivants et les morts, on pourrait, se faire un peu le présent d’un silence,

 

 

      Ernesto, 10 ans et 29 secondes, en short Adidas, écorchure et mercurochrome séché sur son genou droit, cœur battant au milieu de la petite bande de jeunes massée autour de lui. Il est 16h17.

 

 

      • 15 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 8/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Frédéric Boisseau et le visage de Franck Brinsolaro et le visage de Jean Cabut et le visage de Elsa Cayat et le visage de Stéphane Charbonnier et le visage de Philippe Honoré et et le visage de Chérif Kouachi et le visage de Saïd Kouachi et le visage de Bernard Maris et le visage de Ahmed Merabet et le visage de Mustapha Ourrad et le visage de Michel Renaud et le visage de Bernard Verlhac et le visage de Georges Wolinski → tandis que certains pensent et d’autres non à la réunion de rédaction qui aura lui demain matin, mercredi, comme tous les mercredis matins dans les locaux de Charlie Hebdo.

 

 

      Le policier montre à Ernesto où se trouve la gare routière. Ernesto dresse la tête et voit la gare routière. Ernesto marche tout droit et laisse derrière lui les sept ou huit jeunes et le policier. Ernesto se rapproche de la gare routière et voit les bus et comprend que le signe de la main que lui a fait la femme devant la boutique, tout à l’heure, 5 avec les doigts, c’est le numéro du bus. Il est 16h21.

 

 

      • une réplique juste, une pudeur, serait-ce justesse à défaut d’une possible justice réelle,

 

 

      Ernesto achète un billet. Ernesto monte dans le bus. Le bus passe par un tunnel sur le fleuve ou le bras de mer et non sur le pont vue les fanions géants. Ernesto rêve du grand air. Ernesto rêve du grand large. Le bus emprunte un trajet qui ramène Ernesto exactement là où il a pris le bateau. Exactement ce qu’Ernesto avait demandé à l’homme derrière le guichet, au moment d’acheter le billet de bateau.

 

 

      To come back.

 

 

      • 15 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 9/10 → le visage de Patrick Gaubert → président du Haut Conseil à l’Intégration → à l’instant où est officiellement remis au ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration du gouvernement de la république française → le projet de charte des droits et des devoirs du citoyen français présentée à la signature des demandeurs de la nationalité française en application de l’article 21-24 du code civil → charte que les étrangers naturalisés devront signer à partir du 1er janvier 2012 → en préambule du projet on peut lire → vous souhaitez devenir français c’est une décision importante et réfléchie devenir français n’est pas une simple démarche administrative acquérir la nationalité française est une décision qui vous engage et au-delà de vous engage vos descendants c’est pour vous et pour vos descendants la volonté d’adopter ce pays qui vous a accueilli et qui va devenir le vôtre adopter son histoire ses principes et ses valeurs et ainsi en intégrant la communauté nationale accepter de contribuer à le défendre et devenir un acteur solidaire de son avenir en retour la France vous reconnaît comme un citoyen de la république en acquérant la nationalité française vous bénéficierez de tous les droits et serez tenu à toutes les obligations attachées à la qualité de citoyen français à dater du jour de cette acquisition en devenant français vous ne pourrez plus vous réclamer d’une autre nationalité sur le territoire français afin de s’assurer de votre bonne compréhension des droits et devoirs de tout citoyen français et en particulier de la loyauté que chacun doit à la république française il vous est demandé de prendre connaissance de la présente charte puis si vous y adhérez de la signer votre signature qui est la marque de votre engagement est une condition indispensable d’obtention de la nationalité française → puis → on peut lire la charte → d’abord → les principes & les valeurs & les symboles de la république française → le peuple français se reconnaît dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et dans les principes démocratiques hérités de son histoire il est attaché aux symboles républicains et les respecte l’emblème national est le drapeau tricolore bleu blanc rouge l’hymne national est la marseillaise la devise de la république est liberté égalité fraternité la fête nationale est le 14 juillet Marianne est la représentation symbolique de la république la langue de la république est le français la France est une république indivisible et laïque et démocratique et sociale → la république est indivisible → à savoir → dans la république le pouvoir souverain n’appartient qu’au peuple et à ses représentants aucune section ou partie du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice → la république est laïque → à savoir → la république assure la liberté de conscience elle respecte toutes les croyances chacun est libre de croire de ne pas croire de changer de religion la république garantit le libre exercice des cultes mais n’en reconnaît n’en salarie ni n’en subventionne aucun la loi consacre la séparation des religions et de l’État → la république est démocratique → à savoir → le principe de la république est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple → direct ou indirect le suffrage est toujours universel égal et secret → la loi étant l’expression de la volonté générale tout citoyen doit la respecter et nul n’est censé l’ignorer → la force publique est chargée d’en assurer l’application → nul ne peut être contraint à faire ce que la loi n’ordonne pas → rendue au nom du peuple français la justice est indépendante → la république est sociale → à savoir → la nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement → on peut lire aussi → la république garantit à tous la sécurité des biens et des personnes les droits et les devoirs du citoyen français être citoyen français exige de reconnaître que chaque être humain sans distinction de race de religion ni de croyance possède les droits inaliénables suivants → liberté → les hommes et les femmes naissent et demeurent libres et égaux en droit la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui le respect dû à la personne humaine interdit toute atteinte à sa dignité le corps humain est inviolable nul ne peut être inquiété pour ses opinions pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public tout citoyen peut parler écrire imprimer librement sauf à répondre de l’abus de cette liberté chacun a droit au respect de sa vie privée personne ne peut être accusé arrêté ni détenu que dans les cas et formes déterminés par la loi chacun est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été jugé coupable chacun a la liberté de former une association ou de participer à celle de son choix il peut adhérer librement aux partis ou groupements politiques qui contribuent à l’expression du suffrage universel comme défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale tout citoyen français âgé de 18 ans accomplis est électeur chaque citoyen ayant la qualité d’électeur peut faire acte de candidature et être élu voter est un droit c’est aussi un devoir civique le droit de propriété est garanti par la loi → égalité → tous les citoyens sont égaux devant la loi sans distinction de sexe d’origine de race ou de religion la loi est la même pour tous soit qu’elle protège soit qu’elle punisse l’homme et la femme ont dans tous les domaines les mêmes droits la république favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales chacun homme et femme peut librement exercer une profession percevoir ses gains et salaires et en disposer comme il l’entend les citoyens français étant égaux ils peuvent accéder à tout emploi public selon leurs capacités les parents exercent en commun l’autorité parentale ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes jusqu’à 16 ans l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État → fraternité → tout citoyen concourt à la défense et à la cohésion de la nation une personne qui a acquis la qualité de français peut être déchue de la nationalité française si elle s’est soustraite à ses obligations de défense ou si elle s’est livrée à des actes contraires aux intérêts fondamentaux de la France sans préjudice des dispositions du code pénal chacun a le devoir de contribuer selon ses capacités financières aux dépenses de la nation par le versement d’impôts directs indirects ou de cotisations sociales la nation garantit à tous la protection de la santé la sécurité matérielle et le droit à congés toute personne qui en raison de son âge de son état physique ou mental, de la situation économique se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence → sachant que → dans le décret n° 2011-1265 du 11 octobre 2011 relatif au niveau de connaissance de la langue française requis des postulants à la nationalité française au titre des articles 21-2 et 21-24 du code civil et à ses modalités d’évaluation → on peut lire ceci → l’article 14 est remplacé par les articles 14 et 14-1 ci-après → article 14 → pour l’application de l’article 21-2 du code civil tout déclarant doit justifier d’une connaissance de la langue française caractérisée par la compréhension des points essentiels du langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne et aux situations de la vie courante ainsi que par la capacité à émettre un discours simple et cohérent sur des sujets familiers dans ses domaines d’intérêt son niveau est celui défini par le niveau B1 rubriques "écouter" "prendre part à une conversation" et "s’exprimer oralement en continu" du cadre européen commun de référence pour les langues tel qu’adopté par le comité des ministres du conseil de l’Europe dans sa recommandation CM/ Rec (2008) 7 du 2 juillet 2008 → un arrêté ministériel précise pour les déclarants qui ne produisent pas de diplôme justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau requis → les attestations devant être produites permettant de justifier de la possession de ce niveau de langue et délivrées par des organismes reconnus par l’Etat comme aptes à assurer une formation "français langue d’intégration " → cet arrêté définit les conditions dans lesquelles des prestataires agréés par ces organismes peuvent délivrer de telles attestations → article 14-1 → pour souscrire la déclaration prévue à l’article 21-2 du code civil le déclarant doit fournir les pièces suivantes → 1° → une copie intégrale de son acte de naissance → 2° → une copie intégrale de son acte de mariage ou de sa transcription sur les registres consulaires français quand le mariage a été célébré à l’étranger → 3° → une attestation sur l’honneur des deux époux signée devant l’autorité qui reçoit la déclaration certifiant qu’à la date de cette déclaration la communauté de vie tant affective que matérielle n’a pas cessé entre eux depuis le mariage et accompagnée de tous documents corroborant cette affirmation dont notamment la copie intégrale de l’acte de naissance des enfants nés avant ou après le mariage et établissant la filiation à l’égard des deux conjoints → 4° → un certificat de nationalité française les actes de l’état civil ou tous autres documents émanant des autorités françaises de nature à établir que son conjoint avait la nationalité française au jour du mariage et l’a conservée → 5° → un extrait de casier judiciaire ou un document équivalent délivré par une autorité judiciaire ou administrative compétente du ou des pays où il a résidé au cours des dix dernières années ou lorsqu’il est dans l’impossibilité de produire ces documents du pays dont il a la nationalité → 6° → le cas échéant tout document justifiant de sa résidence régulière et ininterrompue en France pendant au moins trois ans à compter du mariage ou un certificat d’inscription du conjoint français au registre des français établis hors de France pendant la durée de leur communauté de vie à l’étranger → 7° → le cas échéant la copie intégrale des actes de naissance de ses enfants mineurs étrangers qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce ainsi que les pièces de nature à établir cette résidence → 8° → le cas échéant en cas d’unions antérieures les copies intégrales des actes de mariage et tous documents justifiant leur dissolution → 9° → un diplôme ou une attestation justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau de langue exigé en application de l’article 14 ou à défaut une des attestations délivrée depuis moins de deux ans figurant dans la liste fixée par l’arrêté mentionné au second alinéa du même article → sont toutefois dispensées de la production de ce diplôme ou de cette attestation les personnes mentionnées au deuxième alinéa de l’article 15 → sachant que → dans le décret n° 2011-1265 du 11 octobre 2011 relatif au niveau de connaissance de la langue française requis des postulants à la nationalité française au titre des articles 21-2 et 21-24 du code civil et à ses modalités d’évaluation → on peut lire ceci → l’article 37 est remplacé par les articles 37 et 37-1 ci-après → article 37 → pour l’application de l’article 21-24 du code civil tout demandeur doit justifier d’une connaissance de la langue française caractérisée par la compréhension des points essentiels du langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne et aux situations de la vie courante ainsi que par la capacité à émettre un discours simple et cohérent sur des sujets familiers dans ses domaines d’intérêt son niveau est celui défini par le niveau B1 rubriques "écouter" "prendre part à une conversation" et "s’exprimer oralement en continu " du cadre européen commun de référence pour les langues tel qu’adopté par le comité des ministres du conseil de l’Europe dans sa recommandation CM/ Rec (2008) 7 du 2 juillet 2008 → un arrêté ministériel précise pour les demandeurs qui ne produisent pas de diplôme justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau requis → les attestations devant être produites permettant de justifier de la possession de ce niveau de langue et délivrées par des organismes reconnus par l’État comme aptes à assurer une formation "français langue d’intégration" → cet arrêté définit les conditions dans lesquelles des prestataires agréés par ces organismes peuvent délivrer de telles attestations → article 37-1 → la demande est accompagnée des pièces suivantes → 1° → une copie intégrale de l’acte de naissance → 2° → la justification par tous moyens de la résidence habituelle en France du demandeur pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande sous réserve des réductions ou dispenses de stage prévues aux articles 21-18 à 21-20 du code civil et lorsque la demande est présentée au nom d’un mineur la justification de la résidence habituelle de ce dernier pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande avec le parent qui a acquis la nationalité française → 3° → tous documents justifiant qu’il a sa résidence en France à la date de la demande → 4° → s’il entend bénéficier de l’assimilation de résidence prévue à l’article 21-26 du code civil toutes justifications permettant de constater qu’il remplit les conditions posées à cet article → 5° → le cas échéant la copie intégrale des actes de naissance de ses enfants mineurs étrangers qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce ainsi que les pièces de nature à établir cette résidence → 6° → le cas échéant la copie intégrale du ou des actes de mariage ainsi que les pièces de nature à justifier la dissolution des unions antérieures → 7° → un extrait de casier judiciaire ou un document équivalent délivré par une autorité judiciaire ou administrative compétente du ou des pays où il a résidé au cours des dix dernières années ou lorsqu’il est dans l’impossibilité de produire ces documents du pays dont il a la nationalité → 8° → le cas échéant tout document justifiant de la nationalité française du ou des enfants mineurs qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce → 9° → un diplôme ou une attestation justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau de langue exigé en application de l’article 37 ou à défaut une des attestations délivrée depuis moins de deux ans figurant dans la liste fixée par l’arrêté mentionné au second alinéa du même article → sont toutefois dispensées de la production de ce diplôme ou de cette attestation les personnes mentionnées au troisième alinéa de l’article 41 → sachant que → tous les documents rédigés en langue étrangère doivent être accompagnés de leur traduction par un traducteur agréé ou habilité à intervenir auprès des autorités judiciaires ou administratives d’un autre État membre de l’union européenne ou d’un État partie à l’accord sur l’espace économique européen ou de la Suisse produite en original → dès la production des pièces prévues ci-dessus l’autorité auprès de laquelle la demande a été déposée délivre le récépissé prévu à l’article 21-25-1 du code civil constatant cette production → le demandeur doit signaler à l’autorité qui a reçu sa demande tout changement de résidence et toute modification intervenue dans sa situation familiale en transmettant auprès de cette autorité le document prévu à cet effet joint au formulaire de demande d’acquisition de la nationalité française il sera délivré récépissé du dépôt de ce document → on peut lire aussi → à l’article 41 → 1° → au deuxième alinéa les mots "et sous réserve des dispositions de l’article 21-24-1 du code civil sa connaissance de la langue française" sont supprimés → 2° → la dernière phrase du deuxième alinéa est supprimée → 3° → après le deuxième alinéa il est ajouté un alinéa ainsi rédigé → l’entretien individuel prévu au deuxième alinéa permet de constater que les personnes qui, en raison de leur âge d’un état de santé déficient chronique ou d’un handicap ne sont pas en mesure d’accomplir les démarches nécessaires à la production du diplôme ou de l’attestation mentionné au 9° de l’article 37-1 maîtrisent un niveau de langue correspondant au niveau exigé en vertu de l’article 37 → sachant que → selon l’article 41 → le postulant se présente en personne devant un agent désigné nominativement par le préfet ou l’autorité consulaire après un entretien individuel cet agent établit un compte rendu constatant le degré d’assimilation du postulant à la communauté française ainsi que, selon sa condition son niveau de connaissance des droits et devoirs conférés par la nationalité française et sous réserve des dispositions de l’article 21-24-1 du code civil sa connaissance de la langue française un arrêté du ministre chargé des naturalisations définit les modalités de déroulement de l’entretien les conditions d’établissement du compte rendu auquel il donne lieu ainsi que les critères d’appréciation qui fondent des conclusions motivées.

 

 

      Bientôt minuit. En terrasse d’un bar dans le quartier de l’ancienne concession française, à Shanghai, Ernesto écoute Vince Parker lui parler de sa thèse, de son roman, de ses poèmes, de ses élèves, de sa femme, de ses parents, de ses amis, de son travail de traduction de Omeros, de Derek Walcott, du fait qu’il ne va pas écrire des livres comme ça comme à la chaîne durant toute sa vie. Ernesto n’écoute pas. Ernesto pense à son cousin Ki. Ernesto pense à l’Éthique de Spinoza dont il n’a toujours pas lu une ligne. Tu attends quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                          15.11.2011 http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/11/15/la-societe-generale-va-supprimer-des-centaines-d-emplois-en-france_1604041_1581613.html

http://www.liberation.fr/economie/2011/11/15/suppressions-de-poste-chez-psa-peugeot-citroen-rassemblement-a-paris_774785

http://www.20minutes.fr/societe/823904-20111115-beneficiaires-rsa-vont-devoir-travailler-7-heures-semaine

http://www.20minutes.fr/economie/823328-20111115-sursis-aide-plus-demunis

http://www.20minutes.fr/high-tech/823784-20111115-trois-fois-plus-foyers-2010-prevoient-acheter-tablette-tactile

http://www.20minutes.fr/planete/823616-20111115-pekin-dessale-eau-mer-approvisionner-20-millions-habitants

http://www.china.org.cn/environment/2011-10/21/content_23685248.htm

http://www.aqualyng.com

http://www.lepoint.fr/monde/israel-batit-a-jerusalem-est-palestiniens-ne-croient-plus-aux-negociations-15-11-2011-1396580_24.php

http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/droitsetdevoirs.pdf

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=338690553E0D0B3F17DB83455BC1BF46.tpdjo16v_3?cidTexte=JORFTEXT000024659084&categorieLien=id

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=7EEC584F28025402FCE6322073B5EB30.tpdjo16v_3?idArticle=LEGIARTI000022414600&cidTexte=JORFTEXT000000699753&categorieLien=id&dateTexte=20111231

2 mai 2015

[Texte] Marc Perrin, Spinoza in China / 15 novembre 2011 / 7 janvier 2015 (1/2)

Suite du feuilleton proposé par Marc Perrin, "Spinoza in China" : avec Hors-sol, La Vie manifeste et Remue.net.

â–º Spinoza in China, 9 novembre 2011
â–º Spinoza in China, 10 novembre 2011
â–º Spinoza in China, 11 novembre 2011- 26 décembre 2014 (1/2)
â–º Spinoza in China, 11 novembre 2011-26 décembre 2014 (2/2)
â–º Spinoza in China, 12 novembre 2011-9 février 2015

 

      • 15 novembre 2011 • Shanghai • Une employée de maison vient leur faire le ménage. Une employée de maison vient leur fait à manger. Une employée de maison lave leurs draps. Une employée de maison lave leurs vêtements. Une employée de maison fait tourner leur machine à laver. Une employée de maison lave leur sol. Une employée de maison fait leur lit. Une employée de maison nettoie leur table. Ils payent une employée pour le travail qu’elle effectue. C’est un métier avec un salaire. Vince Parker va travailler sa thèse à la bibliothèque tous les jours. Caroline Parker bosse pour l’événementiel international. Ernesto quant à lui cache ses vêtements dans son sac à dos et lave tout au savon de Marseille. Il est 9h15. Ensuite ?

 

 

      • madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • il est 11h14 aujourd’hui 7 janvier 2015 et j’ai 14 ans, 7 secondes et je vous compte pas les siècles,      

 

 

Ensuite, en conséquence directe ou indirecte des relations pas super apaisées qu’il entretient avec les notions de travail, salarié ou non, de maison, ouverte ou fermée, de famille, sainte ou païenne, de parole, de regard, de silence et de peur à gogo, on voit Ernesto quitter la chambre sous les toits, sans passer par l’appartement de Caroline et Vince Parker, on le voit dévaler les escaliers, voit marcher jusqu’à Hengshan road station, on le voit prendre le métro, on le voit qui s’assoit dans un wagon du métro la ligne numéro 1, on le voit descendre du wagon à Shanghai railway station et là on le voit rejoindre la ligne numéro 3, puis, on le voit s’asseoir à nouveau dans un wagon et ne quitter le métro qu’au terminus de la ligne numéro 3, à North Jiangyang road station, tout au nord de la ville. Là, on voit Ernesto sortir du métro. On le voit regarder les chauffeurs de taxi et les conducteurs de pousse-pousse qui attendent les clients. On le voit dresser la tête, bien droit, pour bien montrer qu’il sait où il va. On le voit dresser la tête bien droit, pour bien montrer qu’il n’a besoin de personne. On le voit marcher tout droit, droit vers le nord. Est-ce qu’il espère rejoindre le fleuve ? géant ? tout au nord de la ville ? le fleuve ou l’océan tout au nord de la ville ? Il ne sait pas très bien. Peut-être est-il en train de rêver de sable fin et de vent du large. On ne sait pas. Ce qu’on sait, ce qu’on voit, c’est qu’il marche pendant une demi-heure sur un trottoir le long d’une 2 fois 4 voies. Il marche pendant une demi-heure le long d’un mur d’enceinte. Il marche pendant une demi-heure le long d’une usine longue de 3 kilomètres. Puis il bifurque à gauche, en direction de l’ouest. Là, il rejoint quelque chose comme un quartier grand comme une ville. On le voit alors marcher au milieu d’immeubles de 20 ou 30 étages dans ce quartier grand comme une ville. On le voit alors, peut-être, en train déjà de flipper sa race relativement au fait qu’il commence à penser – peut-être – au chemin du retour, incertain. Peut-être Ernesto est-il en train de se demander si en fait ce ne serait pas ça : une race. Est-ce qu’une race ce ne serait pas en fait rien d’autre que le flip d’une espèce quant à l’incertitude relative à un chemin qui serait un chemin de retour : un flip espécial relatif au chemin d’un retour super incertain. On sait pas. On sait pas ce qu’il pense Ernesto. Pas toujours. Mais on le voit. On le voit marcher. On le voit marcher un peu plus vite, même, et on peut se dire qu’il a peut-être un peu plus peur que tout à l’heure, un peu plus peur de pas trouver le chemin de retour ou alors il a simplement un peu plus froid. On peut pas être sûr. On peut juste le voir, là, marcher en direction de l’ouest, traverser carrefour et carrefour au milieu d’immeubles de 20 et 30 étages, on peut le voir marcher toujours plus loin vers l’ouest. Puis à un moment donné on le voit qui s’assoit. Sur un banc. Sur une place. Il est là. Ernesto. Il a 10 ans, 15 secondes, et un instant il oublie les siècles, il est assis, sur un banc, au pied d’immeubles de 20 ou et 30 étages. Il a peut-être faim. Il est inquiet peut-être quant au chemin du retour. Il rêve, peut-être, d’une plage de sable fin, de vent du grand large, avec Yameng ou Angela. On sait pas.

 

 

       • madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • il est 11h14 aujourd’hui 7 janvier 2015 et je travaille de la poésie étant à peu près conscient que le mot poésie est un mot comme un autre c’est-à-dire un mot sur lequel accords et désaccords quant à ce qu’il désigne peuvent séparer les êtres des êtres comme n’importe quel mot relatif à n’importe quelle type d’activité ou idée humaine,

 

 

      On voit juste qu’il s’assoit et qu’il remarque assez vite la présence d’un clochard. Sur un autre banc. Un clochard qui mange un sandwich et qui lui aussi assez vite remarque la présence d’un autre gugus sur un autre banc. Et là, si on entre dans la tête d’Ernesto. On comprend non seulement qu’Ernesto regarde intensément l’autre homme assis sur l’autre banc – le clochard – , mais, plus précisément, on comprend qu’Ernesto regarde le tissu du pantalon de l’autre homme assis sur l’autre banc. Et. Plus précisément encore, même, on comprend qu’Ernesto regarde la poche avant gauche du pantalon de l’autre homme assis sur l’autre banc. Et que là, Ernesto, reconnaît la forme d’un couteau. Et. Reconnaît. Conséquemment. Sa race qui flippe. Depuis l’intérieur de la poche avant gauche du pantalon de l’autre homme assis sur l’autre banc, Ernesto → voit une goutte de sang toute fraîche tacher le tissu. Et. Ernesto → âgé de 10 ans et 16 secondes → portant alors un short Adidas → baisse les yeux et regarde son genou gauche, avec une petite égratignure et du mercurochrome séché, puis, sort de son sac à dos une mandarine ou une clémentine et commence à l’éplucher.

 

 

      Ici. Sur ce banc. Ici. Sur cette place publique au pied d’immeubles de 20 ou et 30 étages. Dans ce quartier grand comme une ville. À la périphérie nord de Shanghai.

 

 

      • madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • il est 11h14 aujourd’hui le 7 janvier 2015,

 

 

      Cœur battant. Cœur inquiet. Chemin de retour incertain. Ernesto âgé de 10 ans et 17 secondes, en short Adidas, comme avant quelque entraînement de football du mercredi après-midi. Rêve de sable fin, de vent du large. Il détourne la tête vers sa gauche tandis. Un autre homme arrive sur la place, activant au bout d’une canne qu’il tient en main une pince métallique, à l’aide de laquelle, il saisit lentement, une à une, les feuilles mortes au sol de la place, les morceaux de papier qui traînent, volent. Ici. Un à un. Au pied de ces immeubles de 20 ou et 30 étages, à la périphérie nord de Shanghai.

 

 

      • je travaille ici de la poésie le 7 janvier 2015 aux environs de 11h14 au 29 rue Alexandre Gosselin à Nantes et deux gars armés chacun d’une kalachnikov tuent 1 fille et 11 gars au 10 rue Nicolas Appert dans les locaux de Charlie Hebdo et sur le boulevard Richard Lenoir à Paris dans le 11ème arrondissement,

 

 

      Ernesto. Baisse les yeux et regarde son genou gauche. Ernesto. Regarde l’écorchure et le mercurochrome séché. Il finit d’éplucher la clémentine ou la mandarine. Est-ce une orange. Il mange un à un les quartiers du fruit. Il s’essuie la bouche. Il se mouche. Quand il se mouche ça fait comme un bruit de trompette sourde qui résonne sur toute la place, au bas des immeubles. Ici. En Chine. On crache dans les rues. Ici. En Chine. On ne se mouche pas dans les rues. Ici. En Chine.

 

 

      • et si poésie le mot poésie désigne par exemple tout type de production de formes et de relations,

 

 

      Ernesto. Cœur battant. Cœur inquiet.

 

 

      • si poésie le mot poésie désigne par exemple tout type d’attention à l’égard de ces formes et de ces relations,

 

 

      L’homme sur le banc et l’homme à la pince métallique en bout de canne regardent Ernesto.

 

 

      • si un poème peut être un acte, donné, où la production de formes et de relations et l’attention à l’égard de ces formes et de ces relations sont deux de ses cœurs battants,

 

 

      Deux femmes arrivent sur la place. Chacune avec une pelle et un balai. Chacune ramasse déchets et débris baladés par le vent au pied des immeubles. Elles traversent la place. Elles disparaissent derrière un des immeubles. Il est 11h35.

 

 

      • si les mots les phrases les images les paroles formulés et rendus publics sont une partie de la production et de l’attention,

 

 

      si l’inexprimé qu’il soit conséquence d’un supposé inexprimable ou conséquence d’un silence décidé est une partie de la production et de l’attention,

 

 

      si les actes sont une partie de la production et de l’attention,

 

 

      si l’inaction également,

 

 

      alors deux gars armés chacun d’une kalachnikov tuant 1 fille et 11 gars sont une partie de la production et de l’attention,

 

 

      alors deux gars armés chacun d’une kalachnikov et 1 fille et 11 gars sont une partie de la production et de l’attention,

 

 

      alors deux gars et une fille et onze gars pénètrent et modifient le poème,

 

 

      ici : Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Jean Cabut, Elsa Cayat, Stéphane Charbonnier, Philippe Honoré, Chérif Kouachi, Saïd Kouachi, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Bernard Verlhac, Georges Wolinski : pénètrent et modifient le poème,

 

 

      beaucoup d’autres ici, une infinité d’autres ici non nommés pénètrent et modifient le poème,

 

 

      par les actes & l’inaction & les mots & les phrases & les paroles & les images formulés rendus publics & par l’inexprimé quiconque en tant qu’elle ou il est vivante vivant participe de la modification du poème,

 

 

      quiconque plus au moins attentif à la relation existante entre les êtres humains vivant où qu’ils vivent quiconque responsable collaborateur et collaboratrice à quelque niveau que ce soit quiconque chacune chacun et tous nous modifions l’existant modifions le poème,

 

 

      toute parole toute action tout livre tout geste toute une smala de paroles et d’actions et de livres et de gestes en amitié et toute une bande d’amies et d’amis qui écrivent ces livres énoncent ces paroles font ces gestes développent ces actions et ou les aiment et vivent en conséquence modifient le monde modifient le poème,

 

 

      les mots imbéciles entendus les mots aimables entendus modifient le monde modifient le poème,

 

 

      le bon et le mauvais en acte et la méchanceté comme l’intelligence par les faits modifient le monde modifient le poème

 

 

      nous avons il y a ce qui nous blesse et amoindrit ce qui augmente et nourrit notre ce que nous pouvons ce qu’il en est de notre ce qu’il en est aujourd’hui d’un possible pour nous de faire est le sens du mot puissance tel que je l’entends et l’aime et de nausée à la vue des postures de nausée en récupérations déjà scénarisées non je n’irai pas manifester je n’écrirai pas un mot j’écris manière de mettre en accord ma vie avec sera jusqu’à ce point vie séparée non de l’indignation ne suffit nous ne connaissons la dignité que par les actes parlant en lieu et place du bien penser pour le bien de ce bien moral et de son mal je ne veux n’auront ou n’aurons je ne sais plus besoin de cette indignation sans demain de nausée de ce peu d’attention de ce peu de considération et de conséquence à l’égard des mots écrits ou et dits c’est-à-dire à l’égard de nos vies je suis en train de vivre un moment de panique difficile de penser dans la panique il n’est pas impossible de défaire la panique,

 

 

      je m’appelle Ernesto,

 

 

      j’ai aujourd’hui 14 ans, quelques secondes et quelques siècles au compteur et je suis en colère je ne suis pas triste je suis en colère,

 

 

      ma colère est colère à l’égard des mots énoncés une fois énoncés restant lettres mortes dans la vie de qui les a énoncés,

 

 

      c’est la première fois que je comprends c’est la première fois que j’entends c’est la première fois que je ressens le sens de l’expression lettres mortes,

 

 

      l’expression lettres mortes est adéquate avec la réalité de corps d’êtres humains vivants qu’on a voulu morts rue Nicolas Appert à Paris où n’importe à la surface de la planète

 

 

      est-ce non pas colère et nausée mais honte est-ce que j’éprouve un sentiment de honte,

 

 

      est-ce de la honte quand à la vie piétinant la vie humiliant quand à la vie réifiant la vie répondent la basse cour et la morale

 

 

      est-ce là honte est la honte est la colère et la nausée toutes deux exposées retournées contre soi afin d’expier au grand jour et de produire sa gloire,

 

 

      est-ce rances bien et mal en amont de toute vie piétinant toute vie humiliant toute vie réifiant toute vie nourrissant nausée nourrissant colère,

 

 

      j’aurais pu ou dû agir ainsi par la suite j’aurais pu et su me glorifier de l’acte mais je ne l’ai pas fait ainsi je vis dans la honte est un exemple du règne bien rance de la morale,

 

 

      la honte est un rêve pourri de gloire où la gloire n’advient pas,

 

 

      dans le titre Pour en finir avec le jugement de dieu c’est le mot jugement qui importe je crois le mot jugement désigne une action ennemie,

 

 

      jugement de dieu n’est-ce pas un pléonasme,

 

 

      Baruch & Virginia jouent dans le jardin derrière la maison dans la nuit maintenant il est 4 heures,

 

 

      Baruch & Virginia sont en équilibre sur les branches de l’arbre dans le jardin de la maison d’en face il est 11h45,

 

 

      aujourd’hui 7 janvier 2015 à 11h45 depuis déjà un quart d’heure circule sur les réseaux dits sociaux je suis Charlie est une image produite une demi-heure après la tuerie rue Nicolas Appert et boulevard Richard Lenoir,

 

 

      à 11h45 je suis Charlie est une image produite par Joachim Roncin styliste de 39 ans directeur artistique de l’hebdomadaire gratuit Stylist distribué à 450.000 exemplaires chaque semaine,

 

 

      à 11h45 l’hebdomadaire Stylist est un magazine hebdomadaire féminin gratuit haut de gamme du groupe Marie Claire,

 

 

      à 11h45 l’hebdomadaire Stylist aspire à faire rimer luxe et gratuité,

 

 

      à 11h45 80 % des exemplaires de Stylist sont prêts à être distribués demain jeudi de la main à la main par près de 480 femmes dites hôtesses réparties dans près de 800 points clés de vente et le reste des exemplaires sera mis à disposition sur des présentoirs dans des lieux dits tendances par exemple des restaurants branchés et des boutiques de mode

 

 

      à 11h45 Robinson fait circuler trois phrases du dernier livre d’Olivier Cadiot : On peut jouer aux cartes dans la tranchée. Mais ça ne concerne pas seulement votre propre corps, l’équilibre se fait avec tout ce qui se passe autour de vous dehors. Vous n’êtes pas tout seul, mon petit, c’est Providence le titre du livre,

 

 

      à 11h45 d’un livre de Badiou dont je ne citerai pas le titre m’étant promis un jour de ne jamais écrire le nom de cet homme faisant partie des mots constituant le titre de ce livre – m’étant promis un jour de ne jamais écrire le nom de cet homme considérant qu’écrire le nom de cet homme nourrit la méchanceté à commencer par la méchanceté de celles et de ceux qui se disent être ses adversaires ou ses ennemis à commencer par la méchanceté en moi qui n’attend qu’une méchanceté adverse pour se nourrir – de ce livre, je me rappelle la phrase suivante : il y a un seul monde.

 

 

      je me rappelle aussi dans le même livre d’une autre phrase : l’amour doit être réinventé (point dit de Rimbaud), mais aussi tout simplement défendu,

 

 

      ces phrases dans ce livre sont ce que Badiou appelle des exemples de points à tenir,

 

 

      ce sont des points théoriques sur lesquels ne pas céder dans les conséquences qu’ils impliquent d’un point de vue pratique au quotidien de nos vies :

 

 

      sur tels ou tels points qu’il nous appartient de définir, individuellement, ou en groupe, sur ces points : nous ne céderons pas,

 

 

      un ami de l’ami Laurent est traducteur et raconte à Laurent que pour gagner de l’argent il traduit entre autres des documents de banque et de marketing et que la tâche la plus importante pour lui dans ce travail est de sauver les mots,

 

 

      c’est un exemple de point à tenir,

 

 

      ainsi par exemple lorsque l’ami de l’ami Laurent rencontre le mot amour associé à quelque affaire bancaire ou quelque campagne marketing dans le document qu’il doit traduire il sauve le mot amour et le traduit par un mot bancaire ou marketing mais pas par le mot amour,

 

 

      oui je suis en colère et je crains de ne trouver aucune manière juste et mesurée pour dire contre quoi je suis en colère,

 

 

      je voudrais trouver une manière juste et mesurée mais ce qui me vient c’est je suis en colère contre le salopage de l’amour et de l’intelligence et de la pensée donc de toute vie humaine,

 

 

      la possibilité de l’amitié, de la poésie, d’une intelligence éthique, la possibilité d’être en possession d’une kalachnikov,

 

 

      viens, je t’emmène en balade,

 

 

      on se caresse on se lèche et le sexe d’abord souple caressant le sexe d’abord sec devient l’un roide l’autre humide tendrement l’un pénètre l’autre nous partons en balade oui c’est encore possible à 11h00 à la gare j’enlace Angela on se retrouve dans cinq jours ici même l’amour grandit vivant il grandit oui c’est possible,

 

 

      à 18h00 je rejoins avec deux amis le rassemblement à Nantes pour ne pas rester seuls chez soi avec la honte la colère le chagrin la nausée ou autre sentiment de passion bien meurtrie après la tuerie de ce matin,

 

 

      certaines certains prenant part au rassemblement brandissent des stylos pour signifier j’imagine liberté d’expression ces stylos brandis nourrissent ma colère,

 

 

      il m’est nécessaire de comprendre ce qui nourrit cette colère afin de la défaire et de nourrir une intelligence éthique ouverte & sans colère,

 

 

      certaines et certains prenant part au rassemblement applaudissent je ne comprends pas ces applaudissements je les trouve obscènes ces applaudissements nourrissent ma colère,

 

 

      il est nécessaire de comprendre ce qui nourrit cette colère afin de la défaire et de nourrir une intelligence éthique ouverte & sans colère,

 

 

      à Paris Michael évoque avec Angela l’intelligence de l’émotion

 

 

      dans je suis Charlie c’est je suis que j’entends ce que j’entends c’est je suis je suis je suis je suis c’est moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi je n’entends rien d’autre que moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi quand moi ne sait ce qu’il désire ou peut désirer ne serait-il pas plus juste de brandir je ne sais plus qui je suis nous ne savons plus qui nous sommes nous ne savons plus que compter les morts et les pleurer,

 

 

      à Paris Michael évoque avec Angela l’intelligence de l’émotion,

 

 

      certaines certains commencent à entonner la marseillaise vite sifflée la marseillaise est arrêtée,

 

 

      l’intelligence de l’émotion est possible,

 

 

      une vie désirable est possible,

 

 

      je quitte le rassemblement je rentre seul,

 

 

      l’exergue de À nos amis du Comité invisible est la phrase suivante : « Il n’y pas d’autre monde. Il y a simplement une autre manière de vivre. » C’est une phrase de Jacques Mesrine la violence associée à ce nom m’effraie,

 

 

      toute intelligence piétinée toute intelligence humiliée toute intelligence réifiée toute intelligence tuée toute intelligence détruite toute intelligence réduite toute vie piétinée humiliée réifiée tuée réduite détruite amoindrit notre puissance,

 

 

      je vais me taire je ne vais rien dire je ne vais rien ajouter à ce vacarme de coqs et de poules et de chiennes et de chiens partout mâles et femelles de tous poils et toutes plumes ça jappe ça caquette ça fait très mal au tympan très mal aussi au fond du cœur ça fait très mal ce caquètement jappement ces aboiements je suis je suis je suis une poule une chienne un chien une femelle un mâle avec poils et plumes je vais me taire j’ai besoin de le dire je vais me taire j’ai besoin de dire quelque chose pas maintenant je vais me taire me terrer quelques jours écrire dans le terrier je ne peux rien dire je ne vais rien ajouter de plus j’ai besoin cependant l’écrire,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                 

25 mars 2015

[Texte] Marc Perrin, Spinoza in China, 11 novembre 2011-26 décembre 2014 (2/2)

Et voici la seconde partie de cette longue livraison. [Lire la présentation et la première partie]

 

     

• 11 novembre 2011 • Ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage d’Adonis Georgiadis → député grec issu du parti d’extrême droite Laos → co-éditeur → en 2006 → d’un pamphlet antisémite intitulé Juifs l’entière vérité → texte faisant l’apologie d’Adolf Hitler → + → appelant à l’extermination des Juifs → il est nommé → secrétaire d’État au développement et à la Marine marchande dans le nouveau gouvernement → grec → de coalition → aux côtés de Makis Voridis → autre député issu du parti d’extrême droite Laos → nommé quant à lui ministre des Transports.      

 

 

– Mon enfance ? Moi ? Moi mon enfance – si je peux le dire comme ça –, mon enfance a rencontré la politique de l’enfant unique avant que cette politique ne soit devenue une politique d’État, ici, en Chine, dans les années 70. Je ne sais pas si tu connais la politique de l’enfant unique. C’est avant tout une politique de la peur du vivant. C’est une politique de contrainte des corps. Et à l’échelle d’un pays l’érigeant en loi, elle produit comme conséquences un excédent de garçons, et en conséquence de conséquence elle produit un excédent de célibataires de sexe mâle. Il y a un rendez-vous hebdomadaire, ici, à Shanghai. Tous les dimanches. Ça ressemble un peu à ton marché de la loue. Ça s’appelle le marché des célibataires. Ça se passe à People’s Square. Le square du peuple. Dans tout le square il y a des célibataires, à vendre dirais-je, plutôt qu’à louer. Chacun est assis sur un petit tabouret, avec un panneau autour du cou et sur le panneau est inscrit le salaire mensuel du gars, son numéro de téléphone, et l’espoir de convenir à telle célibataire femelle et à sa famille venues ce jour-là pour faire le marché. Le prochain marché, c’est dans deux jours. Ça va être le super marché des super célibataires en quelque sorte. Deux jours après le super 11.11.11. J’irai faire un tour, dimanche, à People’s Square.      

 

 

• 11 novembre 2011 • Ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Zhang Jindong → président de Suning Appliance Company Limited → le plus important détaillant de produits électroménagers de Chine → alors que vient d’être signé un accord pour construire avec IBM la plus grande plate-forme d’e-commerce au monde.      

 

 

• 26 décembre 2014 • Ce n’est pas avec la plate-forme e-commerce de Suning sur le visage d’Ernesto qu’une quelconque présence au monde peut devenir effective.      

 

 

Une autre manière de faire est nécessaire.      

 

 

– Cool monsieur. Cool.

 

 

– Tu peux t’en aller Tony.

 

 

– Ok monsieur, take care.    

 

 

• 26 décembre 2014 • Ce que je voudrais dire ici en fait c’est une chose très simple      

 

 

une chose très simple comme par exemple celle-ci       aujourd’hui c’est le 26 décembre 2014 et je me lève dans la nuit et dans la pièce du bas je lis quelques pages de À nos amis du Comité invisible      

 

 

ma lecture est lente et mon attention souvent flottante fait que souvent je pense à telles situations en rapport ou pas avec ce que je lis ainsi je ne lis plus le mot du livre et je reprends la lecture en amont ainsi je lis ce matin un nombre considérable de phrases plusieurs fois      

 

 

par exemple ce matin je lis : habiter un territoire, assumer notre configuration située du monde, notre façon d’y demeurer, la forme de vie et les vérités qui nous portent, et depuis là, entrer en conflit ou en complicité      

 

 

je lis aussi : se lier stratégiquement aux autres zones de dissidence, intensifier les circulations avec les contrées amies sans soucis de frontières      

 

 

je lis aussi : dessiner une autre géographie discontinue, en archipel, une autre géographie intensive et      

 

 

donc, partir à la rencontre des lieux et des territoires qui nous sont proches, même s’il faut parcourir 10 000 km      

 

 

je pense à Angela et aux recherches qu’elle mène relativement à la sédentarité, au nomadisme, à la scripturalité, à l’oralité, aux pouvoirs nécessairement méchants, et aux puissances de joie      

 

 

se sentir à la bonne place ou pas c’est-à-dire sentir si cette vie là est bonne ou ne l’est pas      

 

 

je sens bien si ce que je vis, là où je le vis, avec qui je le vis, je sens bien si cela est bon ou ne l’est pas      

 

 

ce matin je sens bien que c’est bon je sens bien que ce n’est pas que pour ce matin je sens bien que ce n’est que pour moi est-ce une joie      

 

 

c’est une joie si elle n’est pas que pour ce matin      

 

 

c’est une joie si elle n’est pas que pour moi      

 

 

ce matin je pense à la seule conférence que j’ai accepté de travailler pour l’an prochain      

 

 

la seule conférence que j’ai accepté de travailler pour l’an prochain aura lieu à la médiathèque de      

 

 

Chantelle dans le département de l’Allier le samedi 7 mars 2015 à 16h30      

 

 

selon le dernier recensement de 2011 il y a 1074 habitants à Chantelle      

 

 

ce matin je me dis que si les 1074 habitants de Chantelle souhaitent venir à la conférence la médiathèque sera trop petite mais on pourra aller sur la place devant la mairie      

 

 

là en tout cas ce matin je me dis que quoi qu’il en soit et qu’ils viennent tous ou pas moi j’écris ma conférence pour tous      

 

 

j’ai pas encore trouvé le titre de la conférence mais ce matin je sais que je la travaillerai avec en tête et au cœur au moins 5 livres      

 

 

À nos amis du Comité invisible      

 

 

l’Éthique de Baruch Spinoza      

 

 

Capitalisme et schizophrénie de Gilles Deleuze et Félix Guattari      

 

 

Tomates et Les années 10 de Nathalie Quintane      

 

 

Le maître ignorant de Jacques Rancière     

 

 

La pluie d’été de Marguerite Duras      

 

 

La survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman      

 

 

toutes les autres conférences que je donnerai après celle-ci j’appellerai pas ça du travail et j’y mettrai tout autant tout mon cœur      

 

 

je ne prétends pas maîtriser la situation mais je m’y sens bien      

 

 

ce matin nous sommes quatre à vivre dans cette maison      

 

 

ce matin deux petits animaux non-humains et Angela et moi nous vivons tous les quatre dans cette maison      

 

 

les petits animaux non-humains ce sont des chats Angela et moi nous les avons nommés Baruch et Virginia      

 

 

Baruch et Virginia on les a trouvés sur un parking au bord d’une plage il y a presque cinq mois      

 

 

Baruch et Virginia on les a trouvés ils avaient à peine une semaine on les a nourris tout l’été avec biberons comme on fait possiblement aussi avec des animaux humains      

 

 

Angela et Baruch et Virginia et quelques amis et moi on est en train de préparer des conférences qui seraient pas du tout du travail et qu’on trafiquerait dans l’espace public à proximité des panneaux d’affichage libre      

 

 

ce matin je prends un bus qui me rapproche du centre de la ville et je constate que plus l’on s’approche du centre de la ville moins nombreux sont les panneaux d’affichage libre      

 

 

on est pas des révolutionnaires pas pour l’instant du moins      

 

 

on sent bien qu’on est encore dans une manière de vivre qui ne correspond pas au maximum de notre puissance      

 

 

on n’arrête pas de comprendre que la puissance n’a pas de maximum      

 

 

en 2012 avec Angela on a fait ce qu’il fallait pour rendre la rencontre possible et la rencontre a eu lieu      

 

 

depuis 2012 avec Angela on fait vivre la rencontre comme on peut certains jours on peut un maximum et d’autres c’est moins maxi c’est-à-dire on fait vivre la rencontre comme on comprend la rencontre avec nos possibles bien vivants oui c’est comme ça que l’on fait comme quiconque fait je pense c’est quelque chose qu’on aime faire      

 

 

en 2012 & 2013 avec cousin Ki on s’est vu quelque fois quelques jours pour travailler sur la compréhension de l’Éthique de Baruch Spinoza lui à vouloir lire tous les commentaires explicatifs et savants de Robert Misrahi et Pierre Macherey moi énervé par ça ne jurant que par l’intuition et c’est comme ça qu’on a fait cousin Ki et moi on a aimé faire ça en 2012 & 2013 c’est important en 2014 on n’a pas pris le temps pour 2015 on y est pas encore      

 

 

en 2010 & 2011 à l’automne au printemps et en hiver on s’est vu assez régulièrement avec quelques amis dans des bars à Nantes pour travailler à la compréhension du premier chapitre du premier livre de Capitalisme et schizophrénie de Gilles Deleuze et Félix Guattari      

 

 

le titre de ce premier chapitre c’est Les machines désirantes      

 

 

avec les machines désirantes il y a le désir en vie par ce qui se produit et non par ce qui manque  

 

 

cette manière de penser le désir a été une rencontre super importante je travaille à faire vivre cette rencontre super importante      

 

 

en novembre et en décembre cette année en 2014 je suis allé voir deux fois l’exposition consacrée au boulot de Marcel Duchamp à Paris ce fut un grand plaisir j’avais oublié à quel point j’aimais le travail de Marcel Duchamp à quel point ç’avait été une rencontre super importante que j’avais oublié de travailler à faire vivre ces dernières années      

 

 

j’ai acheté le livre de Maurizzio Lazzarato Marcel Duchamp et le refus du travail je ne l’ai pas encore lu je vais le chercher ce matin dans la bibliothèque et en le retirant de la pile vient avec lui Le maître ignorant de Jacques Rancière      

 

 

j’ai lu Le maître ignorant de Jacques Rancière ce fut une rencontre super importante elle continue de vivre j’aime qu’elle continue de vivre je parle souvent de ce livre j’aime quand ce livre continue de vivre      

 

 

dans Le maître ignorant il est question de l’égalité des intelligences comme préalable à toute relation      

 

 

ce matin je pense à La pluie d’été de Marguerite Duras et à l’intelligence de l’amour et de la connaissance      

 

 

ce matin je lis quelques pages de À nos amis et j’entends des bruits dans la cuisine j’imagine que c’est Angela qui fait un café      

 

 

ce matin avec Angela on vit dans cette maison depuis presque huit mois      

 

 

ce matin avec Angela on pense la maison comme un lieu possible & en lien avec d’autres maisons & autres lieux      

 

 

ce matin j’achète 5 exemplaires de À nos amis du Comité invisible et 5 exemplaires des Années 10 de Nathalie Quintane      

 

 

dans les jours qui viennent j’offrirai ces livres aux amis avec qui nous passerons du temps ici dans la maison ou ailleurs avec qui nous prendrons du temps pour vivre ensemble ce temps-ci cette époque-ci ces jours-ci où que ce soit      

 

 

ce matin je marche le long de l’Erdre c’est un affluant de la Loire à Nantes      

 

 

ce matin je rejoins la maison j’ai acheté de la viande pour les deux animaux non-humains Baruch et Virginia et du vin et du pâté de campagne pour Angela et moi le pain le plus souvent nous le faisons nous-mêmes      

 

 

ce matin je marche le long de l’Erdre j’aime cette vie avec Angela et Baruch et Virginia et les amis      

 

 

je crois qu’il est important de le dire      

 

 

il est important d’aimer cette vie et de la faire aimable      

 

 

je ne crains pas d’employer le verbe croire      

 

 

dans un monde connu reconnu comme étant majoritairement invivable      

 

 

l’aimable que nous pouvons vivre augmente la puissance générale du vivable      

 

 

aussi puissant que puisse être le majoritairement invivable      

 

 

l’attention à l’être général me semble une bonne voie      

 

 

la voie qui peut s’énoncer n’est pas la voie pour toujours      

 

 

le nom qui peut la nommer n’est pas le nom pour toujours      

 

 

Lao Tseu est représenté comme un vieillard à la barbe blanche parfois monté sur un buffle      

 

 

je voulais dire ça plutôt que de raconter je sais pas quoi à propos de la fin de la journée du 11 novembre 2011      

 

 

à propos de la fin de la journée du 11 novembre 2011 je voudrais juste évoquer une chose      

 

 

il y a ce moment où on se retrouve avec Vince Parker pour boire une bière dans un bar d’expatriés du quartier de l’ancienne concession française à Shanghai      

 

 

il y a ce moment où Vince Parker me dit qu’avec Caroline, demain, ils partent pour deux jours pour décompresser, dans le sud du pays, au bord de la mer, ils ont besoin de ça, lui tous les jours à la bibliothèque à bosser comme un dingue sur sa thèse et elle à taffer comme une dingue itou jusqu’à minuit, encore, ce soir, pour l’événement haut de gamme international à ne surtout pas rater sinon      

 

 

• 11 novembre 2011 • Peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli → juge d’instruction au pôle antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris → peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli alors qu’il pense à l’information judiciaire ouverte cette semaine à Nanterre → pour faux et pour usage de faux en écriture publique → dans l’affaire dite du groupe de Tarnac → peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli alors qu’il pense à l’information judiciaire accusant la police antiterroriste d’avoir rédigé un procès verbal mensonger ayant permis les arrestations des membres du groupe dit de Tarnac → peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli alors qu’il pense aux mots de l’un des avocats des membres du groupe dit de Tarnac → ce procès → verbal → est bourré d’invraisemblances → cette instruction permettra de faire ce que le juge aurait dû faire → c’est-à-dire → des actes à décharge seront enfin accomplis → peut-être alors est visible sur le visage d’Ernesto le visage de Thierry Fragnoli alors qu’il pense aux mots de l’un des avocats des membres du groupe dit de Tarnac → les enquêteurs ne cessent de clamer qu’ils ont des éléments → or → après trois ans → rien.      

 

 

• 26 décembre 2014 •      

 

 

dans quatre jours avec Angela & Arno & Sokou & Théo on grimpe dans une bagnole et on va rejoindre amies & amis & brothers & sisters en Allemagne      

 

 

j’offrirai un exemplaire de À nos amis & un exemplaire des Années 10 aux amies & brothers & sisters & amis en Allemagne      

 

 

je leur proposerai de faire circuler les deux bouquins entre eux ou d’en acheter quelques exemplaires ou d’aller en voler à la Fnac ou chez Leclerc      

 

 

on est pas des révolutionnaires      

 

 

pas pour l’instant      

 

 

on sent bien qu’on est encore dans une manière de vivre qui ne correspond pas au maximum de notre puissance  

 

 

on sent bien que notre puissance est en vie et ne faiblit pas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                    11.11.2011

 

 

http://www.20minutes.fr/monde/821694-20111111-grece-extreme-droite-entre-gouvernement http://www.europe1.fr/international/ces-sulfureux-ministres-d-extreme-droite-815589 http://www.reuters.com/article/2011/11/12/suning-ibm-idUSL3E7MB1D120111112 http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7642689.html http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111111.OBS4338/tarnac-la-justice-enquete-pour-faux-apres-une-plainte-contre-la-police.html                  

21 mars 2015

[Texte] Marc Perrin, Spinoza in China, 11 novembre 2011- 26 décembre 2014 (1/2)

C’est peu dire que nous nous réjouissons de publier ce feuilleton itinérant signé Marc Perrin en collaboration avec Hors-sol, Remue.net et La Vie manifeste. Vous retrouvez ci-dessous le personnage d’Ernesto, dont la dernière apparition sur Libre-critique remonte au 22 octobre 2013.

 

Spinoza in China | Novembre 2011 sera bientôt un livre. Il paraîtra cette année aux éditions Dernier Télégramme, et se présentera plus ou moins sous la forme d’un journal. Le journal d’Ernesto, âgé de 10 ans et quelques secondes ou et quelques siècles, lors de son premier voyage en Chine, en novembre 2011. Avec l’Éthique de Spinoza en poche.

 

Ce journal, poème, récit, commence le 0 novembre 2011, et s’arrête le 35 novembre 2011. À partir du 9 novembre 2011, la fin de l’année 2014 et le début de l’année 2015 et les jours qui suivent s’invitent dans le journal, poème, récit…

 

Il y a un blog, où l’on peut lire l’ensemble des textes du chantier en cours en leur état d’avancement, dont une présentation, ici.

 

Il y a des revues (Aka n°1 & n°4, Chimères n°81, La tête et les cornes, Multitudes n°57, Nioques n°13, Pli n°3, remue Général Instin) qui ont publié certaines formes de certains de ces textes.

 

Il y a eu des lectures, des performances en solo, ou en duo, avec le contrebassiste Benoit Cancoin. D’autres sont à venir.

 

Aujourd’hui, Hors-sol, La vie manifeste, Libr-critique, et remue.net s’associent pour publier Spinoza in China | Novembre 2011 en feuilleton itinérant, d’une revue l’autre, à partir de la journée du 9 novembre 2011.

 

Sommaire du feuilleton :

Spinoza in China, 9 novembre 2011

Spinoza in China, 10 novembre 2011

 

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SPINOZA IN CHINA / 11NOVEMBRE 2011 / 26 DÉCEMBRE 2014 [1/2]

 

 

      Spinoza in China est également un dialogue retranscrit sur un rouleau de papyrus de 3 mètres 60 de long sur 33 centimètres de large, avec Ernesto, et son maître Wang Taocheng, tous les deux, vivants, à la surface du rouleau. [*]

 

 

– Ernesto, tu n’es plus un gamin maintenant. Il serait peut-être temps que tu te décides à te trouver une femme. Te trouver une femme, et enfin avoir une vie normale, non ?

– Si vous le dites monsieur. Peut-être bien. Mais si je me trouve une femme comme vous dites je tiens à ce que les choses soient bien claires entre nous. Si je me trouve une femme moi je vous laisse tomber comme un vieux machin, je vous laisse tout seul, je vous laisser tomber, là, comme une veille serpillière, bien mouillée, bien trouée, bien sale et qui pue, je vous laisse tout seul crever dans votre coin. Avec plus personne pour s’occuper de vous. Est-ce que c’est ça que vous voulez ? Aujourd’hui ? Qui à part moi s’occupe de vous aujourd’hui ? Qui va s’occuper de vous si je me trouve une femme comme vous dites ? Est-ce que c’est le bon moment, vous croyez, pour vous ? Pour être tout seul. Crever tout seul. Est-ce que vous croyez que c’est le bon moment pour vous retrouver tout seul avec tout votre boulot, là, bien lourd, et votre cœur bien lourd aussi, et vous tout seul, à porter tout ça ? C’est ça que vous voulez ? J’ai l’impression que vous êtes super proche de trouver quelque chose. Vous avez vraiment envie de le trouver tout seul ? De vous retrouver tout seul à ce moment-là ? It’s up to you master.

– J’ai un putain de problème, Tony. Je peux t’appeler Tony ?

– Pourquoi pas.

 

 

      • 11 novembre 2011 • Ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Riyad Mansour → ambassadeur palestinien à l’organisation des nations unies → il comprend que le comité des admissions du conseil de sécurité de l’organisation prend acte de l’absence d’accord sur l’admission de la Palestine.      

 

 

– Tony. Je réalise chaque jour davantage que je ne suis pas grand chose d’autre qu’un putain de gros paquet plein de vide. Voilà. Je me sens plein de vide, et j’essaye de trouver un moyen pour produire une espèce de forme, une espèce de forme ou une espèce d’ensemble de formes, je ne sais pas, qui ressemblerait à ce putain de vide. Tu vois ? Mais rien ne vient, et surtout : ce que je comprends, ce que je comprends chaque jour un peu plus, en théorie, mais que je ne parviens pas à transformer en une réalisation concrète, c’est que plutôt que de produire une forme, une forme ou un ensemble de formes qui ressemblerait à quelque chose de l’ordre du vide, ce que je comprends, c’est qu’il est absolument vain de vouloir produire quoi que ce soit qui ressemble à. Ce qu’il me faudrait parvenir à faire : ce serait : ne plus produire, voilà. C’est ça en fait que j’essaye de faire, depuis plus de 30 ans : en essayant de produire quelque chose qui ressemble au vide. C’est ça qu’il faudrait que je parvienne à faire C’est arrêter de produire le truc que je veux faire. Mais j’y arrive pas Tony. Et au milieu de tout ça, je n’arrête pas de penser au boulot de Tuttle. Je sais pas si tu connais. J’arrête pas de penser à sa série Boys Let’s Be Bad Boys, tu vois ?

– Ce que je vois, monsieur, c’est qu’en effet je pense que vous seriez bien inspiré de ne rien faire qui puisse ressembler à quoi que ce soit qui soit en lien avec le vide. Je pense que vous avez tout simplement besoin d’une femme, vous aussi. D’une femme, ou d’un homme, en tout cas d’une compagnie, amoureuse ou et sexuelle. Et qu’en effet, il est temps que je parte, et peut-être je ne sais pas : il serait peut-être grand temps que vous vous trouviez une autre modalité d’existence, à la place de ce taf, que vous abattez, comme ça, toute la journée, 20 heures sur 24, à essayer tout seul de trouver une forme ou des formes pour produire quand c’est en effet arrêter de produire qui semble être votre souhait number one.

– Tony, est-ce que c’est ça que je t’ai enseigné ?

– Monsieur, vous m’avez enseigné ce que j’ai appris n’est-ce pas ? Très sincèrement : j’espère être l’un de vos super disciples.

– Tony….

– Oui monsieur ?

– C’est aujourd’hui le jour des célibataires, tu sais ?

– Oui je sais.

– C’est aujourd’hui le 11 novembre. Le 11.11. Un, un, un, un. Aujourd’hui c’est même comme tu dirais le super jour des célibataires. C’est le 11.11.11. Un, un, un, un, un, un. Tu peux t’en aller Tony.

– …

– …

– Je peux vous raconter un truc, avant de partir ?

– Si tu veux.

 

 

• 11 novembre 2011 • Ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage d’Antonio José Seguro → premier secrétaire du parti dit socialiste → portugais → il dit → relativement à l’abstention du parti dit socialiste → portugais → à l’occasion du vote du budget 2012 → budget d’une rigueur allant au-delà des mesures recommandées par la commission européenne → + → la banque centrale européenne → + → le fonds monétaire international → en échange d’un plan d’aide de 78 milliards d’euros → il dit → avant que le budget ne soit adopté sans problème en première lecture → le gouvernement de centre-droit du premier ministre Passos Coelho disposant d’une confortable majorité → il dit → relativement à l’abstention du parti → dit socialiste → portugais → il dit → l’abstention → du parti dit socialiste → est un vote pour la continuité du Portugal → dans la zone euro → est un vote pour la continuité.      

 

 

– J’ai envie de vous raconter ce qui m’est arrivé il y a exactement 74 ans. Le 11 novembre 1937. J’avais 10 ans et 3 secondes ce jour-là. Je vivais à Chantelle, dans le département de l’Allier, en France, et ce jour-là à Chantelle c’était le jour du marché de la loue, sur le champ de foire. Le 11 novembre, en 1937, c’était un jour où les propriétaires des fermes venaient pour louer des fermiers et des ouvriers. Et en même temps qu’ils louaient les fermiers et les ouvriers, ils louaient chaque famille qui allait avec. Moi, ce jour-là, pour mes 10 ans et 3 secondes, j’ai voulu qu’on m’achète un accordéon. Il y avait des gitans qui étaient passés dans le village juste la semaine d’avant. Ils étaient arrivés sur une carriole, ils étaient 4, 5, ils s’étaient arrêtés au carrefour, juste à côté de notre maison. Le même carrefour où mon brother Andrea ira tous les matins serrer la paluche du vieux soldat allemand affecté à la surveillance de cette intersection de routes-ci, tout le printemps 44. Là, à ce même endroit, sept ans plus tôt, donc, les gitans s’étaient arrêtés, une heure ou deux heures, pas plus. Ils s’étaient arrêtés parce qu’il y avait un puits à cet endroit, avec de l’eau. Ils se sont lavés. Ils ont rempli quelques seaux. Et puis ils sont repartis. Pendant tout le temps qu’ils étaient là, l’un d’entre eux jouait de l’accordéon, et une jeune femme, parfois, chantait avec lui. Je m’étais approché un petit peu d’eux, pas trop, je m’étais positionné plus ou moins à mi-distance, entre là où ils étaient, et la maison où on vivait, avec la family, derrière moi. Je m’étais assis sur un seau en métal, renversé, et j’écoutais le gars qui jouait, et la fille qui parfois chantait avec lui. Quand ils sont partis, ils m’ont fait des grands signes de la main, en riant très fort. C’est ça qui m’a donné envie d’un accordéon. Tout ce moment-là. J’ai pas arrêté d’y penser, pendant une semaine, et le 11 novembre 1937 au petit déj j’ai dit à mes parents : je veux un accordéon. Je veux jouer de l’accordéon. Mes parents, ils m’ont tout de suite arrêté. Ils m’ont dit que ça coûtait trop cher. Ça coûtait quelque chose comme plus de 10 fois ce qu’ils gagnaient en un mois ou une année de travail, je ne sais plus. Je me souviens juste que c’était une somme d’argent énorme, et l’accordéon, ça n’a pas été possible. Mais j’avais envie de faire quelque chose avec mes doigts, avec mes mains. Je me suis rendu compte de ça illico, ce n’était pas tant l’accordéon ou la musique dont j’avais besoin, mais de faire quelque chose avec les mains. Et comme il y avait des œufs durs sur la table, je me suis dit : tiens, je vais jongler avec les œufs. Jongler avec des œufs : ça coûte presque rien, il suffit d’avoir des œufs. Et c’est comme ça que j’ai laissé tomber l’idée de l’accordéon et que j’ai commencé l’apprentissage du jonglage, sur le trottoir, devant la maison. Ça, c’était en 1937, le 11 novembre 1937. À une époque, comme je vous dis, où le 11 novembre, c’était le jour du marché de la loue. Le jour de la loue humaine. Un jour, donc, avec un marché, sur la place du village. Un jour où on loue des êtres humains, pour le travail de l’année à venir. Et en même temps, un jour de foire au bétail. Un jour, avec des propriétaires qui font leur marché et qui achètent et vendent des animaux et qui louent en même temps des êtres humains avec toute leur famille, pour l’année à venir. C’est pratique et rapide. C’est le 11 novembre. C’est le jour de la Saint-Martin. On te loue, le matin, et dans la journée, tu déménages avec toute ta petite famille en direction de la ferme où tu vas bosser, et vivre, pendant toute une année. Ce jour-là, le 11 novembre, c’est aussi le grand jour des déménagements pour tous ceux qui ont été loués. Depuis que la loue humaine a commencé d’exister, bien avant 1937, le 11 novembre, c’est le jour des déménagements. Et je me suis longtemps demandé, d’ailleurs, si l’inconscient des militaires avait voulu associer cette tradition de la loue humaine, avec déménagement – c’est-à-dire cette mobilité humaine associée au travail – , je me suis longtemps demandé si l’inconscient des militaires avait voulu associer cette loue avec déménagement à la signature de l’armistice, Le 11 novembre, en 1918. Je me suis longtemps demandé si l’inconscient des militaires avait voulu associer cette tradition de la loue humaine avec déménagement, mobilité, travail : à une signature de paix. Et je me suis demandé s’il y avait d’autres dates, comme ça, qu’on pouvait associer. Avec d’un côté : une location humaine, avec travail plus ou moins rémunéré associé à délocalisation du lieu d’habitation. Et de l’autre côté : signature d’un armistice. Ou d’un traité mettant fin à quelque combat, et déclarant plus ou moins l’existence d’une paix. Comme je ne suis pas très fort en histoire, j’ai rien trouvé. J’ai pas cherché. Par contre, comme n’importe qui j’ai un inconscient avec plein de trucs dedans, et dedans : je suis allé chercher une date. J’ai choisi le 22 mars 1968. Et alors ? Et alors je me suis demandé si un jour des militaires, ou quelques autres humaines ou humains armés, armées, d’une manière ou d’une autre, associeraient cette date de 1968 à la signature d’une paix quelconque, ou bien au contraire si cette date serait un jour associée à quelque déclaration d’une hostilité nouvelle, ou au renforcement d’une hostilité déjà existante, par exemple je ne sais pas, comme si, dans 3 ans, le 22 mars, dans la nuit du 21 au 22 mars, par exemple, des syndicats dits majoritaires et une organisation patronale signaient quelque chose comme un accord national et interprofessionnel relatif à l’indemnisation du chômage, un accord qui par exemple aurait pour conséquence, en douce, d’empêcher tout gamin de 10 ans et 3 secondes de jongler sur les trottoirs, ou de demander un peu d’argent à un président de la république, comme ça m’est arrivé, à moi, en 1972, quand j’avais 10 ans et 4 secondes et que j’étais arrivé à un certain niveau dans ma pratique du jonglage, et qu’alors j’avais ressenti le besoin de découvrir d’autres techniques qui me permettraient par exemple de jongler avec des œufs plus gros, plus denses, ou plus intenses, je ne savais pas exactement, mais ce que je me disais alors c’était que le bon endroit pour continuer, ça pouvait être les états unis d’Amérique du nord. Pour découvrir de nouvelles techniques, avec des œufs beaucoup plus gros, beaucoup plus denses, beaucoup plus intenses, les étais unis d’Amérique du nord je me disais que ça pouvait être un endroit intéressant pour ma pratique du jonglage. Mais. Les états unis d’Amérique du nord, comme mes parents entre 1937 et 1972 n’étaient pas devenus spécialement super riches, il a encore été question d’impossibilité, à cause de l’argent qu’il n’y avait pas, pour payer le voyage. Mais là moi j’avais trop la nécessité du cirque et du jonglage en moi alors j’ai inventé un nouveau numéro de jonglerie sous forme d’un dossier super cirque que j’ai envoyé au président de la république d’alors qui s’appelait Georges Pompidou et qui avait écrit une anthologie de la poésie française pas super contemporaine mais quand même une anthologie de poésie, ce qui n’était jamais arrivé avant – pas certain – , et qui en tout cas n’est jamais arrivé depuis – ça, c’est sûr – , et je me suis dit que ce type pouvait être sensible à ma demande et ça a pas manqué il a été sensible à ma demande et il a traduit sa sensibilité en me filant un peu d’argent pour que je m’achète un billet d’avion et j’ai pu aller aux états unis d’Amérique du nord pour continuer ma recherche avec le jonglage et des œufs gros et denses et intenses et alors j’ai été loin de mes parents pendant dix ans, sauf une fois, je suis revenu, une seule fois, pour des vacances, en 74, et là, quand je suis revenu, à Chantelle, j’ai d’abord vu ma mère et quand je l’ai vue I suddenly found that she became old, et, mon père, je sais pas où il était à ce moment-là et je suis retourné aux états unis d’Amérique du nord et j’y suis resté jusqu’en 1981, et quand je suis revenu en France ma mère avait continué de vieillir, je comprenais toujours pas où était mon père et vous quand je vous ai vu la première fois je veux pas dire que j’ai compris davantage où il était ni comment ma mère avait vieilli, mais c’est vrai que j’ai pensé à eux deux très fort en vous voyant. Et vous, votre enfance, ça s’est passé comment ? [**]                    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[*] • [D’après A Person Who Has Never Seen the Ocean. Ink, mineral pigment, pencil, acrylic, 360 x 33cm, 2010. Wang Taocheng; http://www.ovgallery.com/artist/wang-taocheng/#art ]

 

 

[**] • [Très librement inspiré de la vidéo From No.4 Pingyuanli to No.4 Tianqiaobeili, 2007. Ma Qiusha; http://www.maqiusha.com/en]                                                 11.11.2011 http://www.liberation.fr/monde/2011/11/11/adhesion-palestinienne-constat-d-un-desaccord-au-conseil-de-securite_774102 http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20111111.OBS4333/plan-de-rigueur-draconien-pour-le-portugal.html                  

 

1 mars 2015

[News] News du dimanche

En ce premier jour de mars, faisons le point sur les Libr-événements du mois : RV cette semaine avec la revue La Tête & les Cornes ; Juliette Mézenc ; Patrick Beurard-Valdoye. Par ailleurs, on ne manquera pas ces deux festivals : Concordan(s)e #9 et Sidération.

 

â–º Jeudi 5 mars 2015 à 18H30, soirée La Tête & les Cornes. En compagnie de Lucie Taïeb, Stéphane Bouquet et Andrea Inglese. Coordonné par Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon, à l’invitation d’André Chabin. [Voir affiche en arrière-plan]

http://la-tete-et-les-cornes.tumblr.com/
http://www.entrevues.org/

À Ent’revues
174 Rue de Rivoli, 75001 Paris (métro : Palais Royal)
Code porche : 9614
Code fond de cour : 8512 (puis 2ème étage).

â–º Suite à la parution de Elles en chambre (éditions de l’Attente), conversation de Juliette Mézenc avec Cécile Viguier à la librairie L’Echappée Belle de Sète le vendredi 6 mars à 18h30.

â–º Vendredi 6 mars à 20H, Maison de la Poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris), soirée Remue.net : Patrick Beurard-Valdoye, performance, conversation : à ne pas manquer, vraiment.

â–º Festival concordan(s)e #9 du 11 mars au 16 avril 2015 : une rencontre singulière entre un chorégraphe et un écrivain.

Fabrice Lambert (chorégraphe) & Gaëlle Obiegly (écrivain) – L’INCOGNITO
Yann Lheureux (chorégraphe) & François Beaune (écrivain) – BRUTALITY WILL PREVAIL
Julie Desprairies (chorégraphe) & Thomas Clerc (écrivain) – LA PAGE BLANCHE
Jonah Bokaer (chorégraphe) & Antoine Dufeu (écrivain) – MUSEUM OF NOTHING
Anne-Mareike Hess (chorégraphe) & Nathalie Ronvaux (écrivain) – SEULE A SEULE

MARS 2015

Lecture/ performance
Présentation d’un extrait du duo et discussion avec le public
 
Mercredi 11 mars – 18h30  / Librairie de Paris
Julie Desprairies / Thomas Clerc
7 Place de Clichy – 75017 Paris
01 45 22 47 81 / entrée libre
 
Jeudi 12 mars – 20h / Librairie Le comptoir des mots
Julie Desprairies / Thomas Clerc
239, rue des Pyrénées – 75020 Paris
01 47 97 65 40 / entrée libre

Vendredi 13 mars – 20h / Librairie l’Atelier
Jonah Bokaer / Antoine Dufeu
2 bis rue Jourdain – 75020 Paris
01 43 58 00 26 / entrée libre
 
dimanche 15 mars – 17h00 – Librairie Le Monte-en-L’air
Anne-Mareike Hess / Nathalie Ronvaux
71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare – 75020 Paris
01 40 33 04 54 / entrée libre

Mardi 17 mars – 19h30 / Librairie le Thé des écrivains
Yann Lheureux / François Beaune
16 rue des Minimes 75003 Paris
01 40 29 46 25 / entrée libre

Spectacles
 
Dimanche 15 mars – 15h30 / Parc culturel de Rentilly
Julie Desprairies / Thomas Clerc
1 rue de l’étang 77600 Bussy-saint-Martin
01 60 35 46 72 / entrée libre
 
Vendredi 20 et samedi 21 mars – 20h30/ Théâtre Le Colombier
Anne-Mareike Hess / Nathalie Ronvaux
Julie Desprairies / Thomas Clerc
Yann Lheureux / François Beaune
20 rue Marie-Anne Colombier – 93 170 Bagnolet
Tél. 01 43 60 72 81 / Tarifs 13€ – 9€ – 8€ – 6€

Dimanche 22 mars – 16h30 / MAC/VAL 
Julie Desprairies / Thomas Clerc
Jonah Bokaer / Antoine Dufeu
Place de la libération – 94400 Vitry-sur-Seine
01 43 91 64 20 / Tarifs 5 et 2,5 euros

Mercredi 25 mars – 19h / La Briqueterie – CDC du Val-de-Marne
(en partenariat avec la 18éme biennale de danse du Val-de-Marne)
Fabrice Lambert / Gaelle Obiegly
17 rue Robert Degert – Vitry-sur-Seine
01 46 58 24 29 / Tarif 5 euros

Jeudi 26 mars – 20h / Le Bal
Julie Desprairies / Thomas Clerc
6 impasse de la Défense 75018 Paris
01 44 70 75 56 / Tarifs 5 et 4 euros

Samedi 28 mars – 16h / Bibliothèque Robert-Desnos
(en partenariat avec le festival Hors limites)
Fabrice Lambert / Gaelle Obiegly
14 boulevard Rouget de l’Isle 93100 Montreuil
01 48 70 69 04 / entrée libre

En Région

Vendredi 13 mars – 19h / Médiathèque Hermeland
Yann Lheureux / François Beaune
rue François Rabelais – 44800 Saint-Herblain
02 28 25 25 25 / entrée libre

Jeudi 19 mars – 20h / Maison de la poésie 
Jonah Bokaer / Antoine Dufeu
Université / pôle Étudiant – chemin de la Censive du Tertre – 44000 Nantes
02 40 69 22 32 / entrée libre

Samedi 28 mars – 16h / Marathon des mots
Julie Desprairies / Thomas Clerc
Pavillon Blanc Médiathèque
4 place Alex Raymond – 31770 Colomiers 
05 61 99 64 01 / entrée libre
 

 
â–º Le festival Sidération met les artistes face à l’Espace. Pour sa cinquième édition consécutive, le festival Sidération, organisé, par l’Observatoire de l’Espace, se tiendra du 19 au 22 mars au siège du CNES (2, place Maurice Quentin 75001 Paris). Pendant quatre jours, le public pourra découvrir les créations d’artistes qui se sont confrontés aux « rêves, révoltes et révolutions » engendrés par l’aventure spatiale.

Sidération ouvre cette année ses portes à tous les champs artistiques. Le spectacle vivant est toujours au centre du festival avec trois jours dédiés dans la salle de l’Espace les 20, 21 et 22 mars. Danse, mise en scène, acrobatie, théâtre, musique, performance participative, ciné-concert sont autant de propositions qui contribuent à l’éclectisme et à la richesse du festival. Jeudi 19 mars aura lieu une soirée "arts et essais" avec des films d’artistes, emblématiques chacun d’un moment de rêve, de révolte ou de révolution lié à l’aventure spatiale. En accompagnement de la programmation de la salle de l’Espace, un grand « caravansérail de l’Espace » sera ouvert samedi et dimanche en accès libre et gratuit. Il accueillera des interventions de commissaires d’exposition, d’artistes, d’acteurs du monde spatial, de films, de créations sonores, de récits scientifiques, ou encore de lectures de textes historiques ou littéraires qui s’enchaîneront afin de plonger le public dans les multiples facettes du thème du festival. Les arts visuels seront également à l’honneur : quatre artistes inviteront le public dans" leur atelier " à découvrir leur travail en cours avec l’Observatoire de l’Espace.

Programme

Jeudi 19 mars

20h-minuit
– Art et essai
The Lebanese Rocket Society de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
Story Musgrave de Dana Ranga
Notre siècle de Artavazd Pelechian

Vendredi 20 mars

21h-23h
– Scène
Sur un air de Charleston de Gaël Mevel et Jean-Luc Cappozzo sur un film éponyme de Jean Renoir
Nous croire…
de Bruno Meyssat
Des aveugles
de Clyde Chabot
Qui ne dix mots qu’on sonne,
de Xavier Garcia

Samedi 21 mars


14h-21h

Entrée libre et gratuite
Le Caravansérail de l’Espace et ses Satellites avec le collectif d’artistes associés kom.post David Blair, Marie Quéau, Romaric Tisserand et Anaïs Tondeur, plasticiens

21h-23h – Scène
Accès avec les pass jour ou festival
Volia Panic de Alexis Forestier et Itto Mehdaoui
Petites rêveries de Compagnie Manie
Le vent reconnaîtra la pointure de mes pieds de Florent Trochel
L’Intrus-Mental
de D’ de Kabal et Franco Mannara

Dimanche 22 mars

12h-18h

Entrée libre et gratuite
Le Caravansérail de l’Espace et ses Satellites avec le collectif d’artistes associés kom.post David Blair, Marie Quéau, Romaric Tisserand et Anaïs Tondeur, plasticiens

16h-18h – Scène
Accès avec les pass jour ou festival
Le café de l’univers d’ Isabelle Bats
P…que c’est beau ! de Nadège Prugnard
Tout ce qui monte
de Claire Rengade et Cheval de 3
Sun Song remix
de Puce Muse

 

15 juin 2014

[News] News du dimanche

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , — rédaction @ 19:41

Jusqu’au prochain week-end et l’arrivée de l’été, LC vous invite à quatre événements : RV au Centre Pompidou avec les revues d’ici là, Gruppen et Parislike ; à Texture Librairie (75019) avec le collectif Z ; à Lille avec le slameur Capitaine Alexandre ; à la Bibliothèque Marguerite Audoux pour la fameuse Nuit remue 8 (avec nos amis de Remue.net) – sans oublier celui avec David Christoffel.

 

â–º Dans le cadre de la Périphérie XVI du Marché de la poésie, lundi 16 juin 2014, 19h

BPI – Centre Pompidou, Petite Salle (niveau -1)

Trois revues invitées : Revue d’ici là, Gruppen, Parislike

Un événement multiforme : lectures, performances, musique, projection

De l’écrit à l’écran, du papier à la scène, les revues actuelles aiment à multiplier les formes et les genres, tandis que la poésie contemporaine se mêle d’images comme de musique.

Quand l’une rencontre les autres, c’est la promesse d’un métissage fécond. Trois revues Gruppen, d’ici là et Parislike conjuguent leurs différences pour faire entendre la poésie telle qu’elles la voient dans une soirée multiforme.

 

â–º Mardi 17 juin 2014 à 19H30, Texture Librairie (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris), lecture de Marie Cosnay, Christophe Manon, Martin Richet et Caroline Sagot Duvauroux, pour le lancement de série z : 2 !

z : est un collectif.
z : produit des livres.
z : a des oreilles.
z : produit des textes.
z : suggère des temps.
z : a des mains.
z : prend son temps.
z : circule à pieds.
z : a un bec.
z : a du ventre.
z : mange avec ses doigts.

â–º JEUDI 19 JUIN, de 19h à 20h30 : Cabaret Littéraire à la Baracca ZEM (38 rue d’Anvers, LILLE)

En prélude poétique à la Fête de la Musique, Capitaine Alexandre présente son Livre en Live :
Le Chant des possibles

Au programme : Apéro Slam, écoute de l’album tiré du livre, et dédicaces.

 

â–º Nuit remue 8 le samedi 21 juin à 18H30, avec nos amis de Remue.net, bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris)

18h 30 : Dorothée Volut  : « A la surface » (Eric Pesty Editeur, 2013)

18h 40 : Sarah Kéryna  : « Quadrature »

18h 50 : Pierre Drogi  : « anémodromes (alias chemins des vents) »

19h 00 : Michaël Batalla  : « Possibilités éternelles »

19h 10 : José Morel Cinq Mars  : « Sauvage »

19h 20 : Yun Sun Limet  : Chanson

19h 30 / 20h 00 : PAUSE

20h 00 : Sébastien Ménard  : « Routes » (sur diafragm.net)

20h 10 : Joachim Séné  : « Je ne me souviens pas »

20h 20 : Laurence Werner David  : « En même temps » (revue La sœur de l’Ange, Hermann éditeur) et Les Archives de la Meuse (livre d’artiste, publié par la galerie Evelyne Schumm-Braunstein)

20h 30 : Cyrille Martinez  : « Texte inédit »

20h40 : Eric Pessan et Nicole Caligaris  : « Mieux rater deux »

21h00 / 21h 30 : PAUSE

21h30 : Marie Cosnay  : « Lear » (inédit)

21h 40 : Isabelle Damotte  : « Même les doigts retournés » (inédit)

21h50 : Anne Savelli  : « Décor Daguerre »

22h 00 : Olivier Hodasava  : « Éclats d’Éclats »

22h10 : Hélène Frédérick  : « Un point, une piqûre » (revue NRF, avril 2014)

22h20 : Anne Terral  : « 60 x 49 cm »

 

â–º David Christoffel vous invite à l’une des projections sonores de la pièce radiophonique La Voix de Foucault à l’IRCAM à Paris, le samedi 21 juin (à 18h30 ou 19h30) dans le cadre du festival ManiFeste :
L’entrée est gratuite.

En attendant, le volume 2 de "Radio Toutlemonde" vient de paraître.

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