De Rentrée-littéraire en Rentrée-littéraire, de non-événement en non-événement, le sentiment d’étrangeté s’accentue : à quelle réalité rattacher ce monde fantomatique de la "vie littéraire" ?
Pour avoir dès le départ refusé de s’y intégrer, Libr-critique n’en a-t-elle pas pour autant moins de réalité ? En cette Libr-reprise où le site a fait peau neuve, c’est le moment, non pas de réaffirmer une quelconque "identité" – LC existant dans l’errance et la différence, le flux, le fugitif et le fantasmatique -, mais d’expliciter ses lignes de force et de fuite : loin de se borner à proposer uniquement des critiques dites "libres" – mais en réalité dissoutes dans l’insignifiance du marketing généralisé et du Marché triomphant -, LC est un chantier polymorphe qui vise la mise en crise des pratiques et des représentations dominantes, le nomadisme esthétique – c’est-à-dire le perpétuel dépassement/déplacement des frontières normatives -, la perpétuelle quête de lieux autres (lieux livresques ou numériques, espaces improbables), la défense d’expériences résolument libres parce que critiques…
C’est ainsi que ce soir nous commençons à sonder à notre manière la série des livres de "Rentrée" retenus (Jean-Marc Rouillan, Le Tricard ; Antoine Brea, Petites vies d’écrivains du XXIe siècle), tout en clignant du côté de MANIFESTEN – nouveau lieu d’Al dante -, d’Actoral 2013 et d’un nouveau site, Littérature, etc.
Le discours anti-Rentrée tendant à devenir lui-même un topos, on trouvera ici dix notations supra/para/périphénoménales, accompagnées de deux dessins du caricaturiste
Une exposition suivie de la publication d’un livre, fruit de la collaboration entre le photographe Ulf ANDERSEN et l’écrivain-critique
" En des temps immémoriaux, chaque année dans l’ancienne patrie des arts, au moment où les arbres commençaient à perdre leurs feuilles et les écoliers à reprendre les leurs, les docteurs en lissetératicule et les émules en raclures jouissaient d’une véritable cure de jouvence… L’ambiance était alors à la cour de récréation, puis à celle des casinos et champs de course. Ce n’étaient que roues et roueries, jeux et enjeux, lazzis et confetti, concetti et paparazzi, paris et parures, parades et mascarades, masques et bergamasques… Faites vos jeux ! – Rien ne va plus…"
Après Une irritation de Bernard Desportes – sur lequel nous reviendrons -, Libr-critique se réjouit d’être également le premier à recenser comme il se doit un autre livre de cette Rentrée littéraire bis, ô combien livr-critique ! (Cela fait un bon moment que ce rituel-de-janvier ne nous a pas réservé pareille fête…).