Libr-critique

17 janvier 2021

[NEWS] News du dimanche

Ces premières NEWS du dimanche de 2021 donnent d’emblée le ton : offensifs l’édito et les textes de CUHEL comme de Tristan Felix ! Suivent, en ce temps de médiocre rentrée-de-janvier, notre sélection rigoureuse (LIBR-6), nos Libr-brèves et notre avant-dernière Libr-rétrospective de 2020

Édito

♦ On n’arrête pas le Progrès : des files d’attente et de la flicaille partout, couvre-feu*, angoisse devant un Ennemi invisible… ça nous change la vie : c’est vrai quoi, ça met un peu de piment dans les vies monotones de nos démocraties-molles…  Et puis, c’est inédit au moins, non ?!

* La seule différence avec 1942, c’est que cette fois il concerne tous les (néo)pétainistes – et pas seulement les juifs…


♦ Pour mieux deviner où va cette « France en Marche », on lira l’édito du n° 6 de COCKPIT voice recorder (novembre 2020), signé Christophe Fiat : « Si au printemps, lors du premier confinement, on nous encourageait à faire les Robinson Crusoé : « Robinson Crusoé ne part pas avec de grandes idées de poésie et de récit. Il va chercher dans la cale ce qui va lui permettre de survivre » a-t-on entendu lors d’une visioconférence en direct de l’Élysée, nous n’avons pas d’autre choix, à l’occasion de ce second confinement, que d’être des Don Quichotte. Voilà, le délire du personnage de Cervantès en quête d’aventures tout azimut nous semble plus « adapt頻 – terme d’une Novlangue inépuisable – à la réalité de notre époque que la clarté zélée du personnage de Defoe »…

♦ Pour bien commencer l’An neuneuf, chantons avec La Vie manifeste :

« L’Etat noie, noie l’Etat
il n’y a pas d’argent magique, il n’y a que de l’argent tragique

Déboulonnons le récit officiel
Police abolie, bientôt le paradis
Etranglons les étrangleurs
Télétravail pour les CRS »…

CUHEL, Ode au Coronnard 

Ô Coronnard le Combinard
toi qui n’es pas né de la dernière pluie
MERCI de nous rappeler que nous sommes cuits
Toi l’ultra-libéraliste tu aimes la Liberté
de circuler
pour nous parasiter
tu chéris l’Égalité (et surtout son Boulevard !)
et la Fraternité
pour mieux nous parasiter

Ô Coronnard le Vicelard
qui nous mène la vie hard
tu es le meilleur coach de l’apocalypse
ô vice oh hisse au supplice !

Ô Coronnard le Cognard
tu vas nous débarrasser de tous les nullards
qui nuisent à la sécurité des démerdards
qui empêchent de tourner en rond
notre immonde où seul compte le pognon
un pognon de dingues

Ô Coronnard
toi qui as grandi sur la litière de nos idéaux
sur le terreau de l’immonde expansion des néo-fléaux
toi l’avant-garde des néo-libéraux
pour rassurer les secturitaires
tu vas ramener l’Ordre sur la Terre
l’Ordre en Marche
celui des marchands
à qui profitera le Grand Réchauffement
À bas les sans-dents !
Et vive le Résident de la Réputblik
décoré de l’Ordre du ÇaProfite !

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine, par Tristan Felix

Pour prouver son innocence, Ovaine braque une baraque à frites, en plein soleil. 

Le fritier, désormais client, s’enquiert :

– Où en est ton procès ?
– État stationnaire. Preuve que j’ai rien fait. Et toi ?
– Bah, j’ai pas de preuves que tu m’as tout piqué.
– Veux-tu que je témoigne en ta faveur ? J’ai tout vu, tu sais.
– Tu seras inculpée pour faux témoignage, laisse tomber.

Ovaine, émue, lui double sa dose de mayo.

Transporté par ce vent de solidarité, il demande une barquette géante.

Et de sa langue prélève les cristaux de sel éclatant d’une vérité nouvelle.

 

Libr-6 (Livres reçus : hiver 2020-21)

► Jean-Pierre BOBILLOT, Dernières répliques avant la sieste [notes sur le risible – II & III], éditions Tinbad, coll. « Poésie », 88 pages, 14 €.

► Sophie COIFFIER, Tiroir central, éditions de l’Attente, 88 pages, 11,50 €.

► Suzanne DOPPELT, Meta donna, P.O.L, 80 pages, 13 €.

► Anne KAWALA, Les Aventures d’Orphée Foëne à Dos Romeiros, Série Discrète, 64 pages, 12 €.

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cassandre à bout portant, Flammarion, coll. « Poésie », 174 pages, 18 €.

► Patrick VARETZ, Deuxième mille, P.O.L, 528 pages, 32 €.

Libr-brèves

► On retrouvera ici la visio-lecture de La Sauvagerie qu’a donnée Pierre Vinclair mercredi dernier 13 janvier dans le cadre de Station d’arts poétiques (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon).

â–º Peu après la publication du volume collectif issu du Colloque international de Cerisy sur son œuvre, Valère Novarina : Les Tourbillons de l’écriture, le poète, peintre, dramaturge et metteur en scène vient de recevoir le Grand Prix Paul Morand de l’Académie française, destiné « à l’auteur d’un ou plusieurs ouvrages remarquables par leurs qualités de pensée, de style, d’esprit d’indépendance et de liberté » – et doté de 45 000 €.

Libr-rétrospective 2020 (3)

â–º Créations : Joël Hubaut, « Ã‰pidémiK » [n° 1 ; série à terminer en 2021] ; Philippe Jaffeux, « John Coltrane » ; Julien Blaine, « (Y) » ; Laure Gauthier, « Transpoèmes »Â ; Tristan Felix, « Le Mâle dit de fine amor »

â–º Chroniques : Ahmed Slama sur Ivar Ch’vavar, La Vache d’entropie ; Patrick Beurard-Valdoye, « Fléau et théâtre social »Â [> 3 000 vues] ; Fabrice Thumerel, « Julien Blaine : fin de partie ? » [> 3 500 vues]…

â–º NEWS : Poesie is not dead, « Urgences poésies » [> 5 000 vues] ; « News du dimanche du 17/05 » [> 2 500 vues]…

► Entretien avec Christophe Fiat pour le lancement de la revue Cockpit voice recorder

25 octobre 2020

[News] News du dimanche

En UNE, le poète CUHEL et le dessinateur Joël HEIRMAN reviennent à leur manière sur l’atteinte obscurantiste à l’Ecole de la République. Vous découvrirez ensuite quelques lectures conseillées (Libr-6) et deux Libr-événements

UNE (CUHEL/HEIRMAN)

 

Faut pas s’mentir
faut être réaliste
Nous au gouverdément
on Z’aime les enseignants
on les Z’aime tellement
qu’on les place carrément en première ligne
Honneur aux hussards de la République !
avec un pognon de dingue plein la carlingue
on les Z’aime tellement
qu’on s’est creusé les méninges pour les ménager et leur aménager des carrières de ouf
des conditions de travail foldingues
et tutti-frutti
quelle Passion !

Faut pas s’mentir
faut être réaliste
Nous au gouverdément
on Z’aime les enseignants
sauf les universolitaires
Trêve de laxisme et de causalisme
foutaises foutaises foutaises
d’anamnèses
Tout ça c’est à cause que
maladroite
l’univercécité
est allée droit à gauche
l’univercécité s’est radicalisée
islamo-gauchisée

À bas les fanatiques
la source de nos hic
Faut pas s’mentir
faut être réaliste
contre nos déboires
nous on se contente chaque soir
de prier la Ste Croissance
qui nous dicte ses exigences
Pour qu’elle croisse
sale engeance
diminuez vos créances !

 

Libr-6 (septembre-octobre 2020)

â–º Antoine DUFEU, Sofia-Abeba, suivi de MZR et « Le Train » de Léon Trotski, éditions MF, coll. « Inventions », 176 pages, 15 €.

► Tristan FELIX, Faut une faille, Z4 éditions, 174 pages, 13 €.

► Jean-Paul GAVARD-PERRET, Joguet, Joguette, préface de Tristan Felix, Z4 éditions, 62 pages, 10 €.

► Iegor GRAN, Ces casseroles qui applaudissent aux fenêtres, P.O.L, 142 pages, 13 €.

► Emmanuel TODD, Les Luttes de classes en France au XXIe siècle, Seuil, 1er trimestre 2020, 376 pages, 22 €.

â–º Revue des revues, n° 64 : « Femmes en revues », 172 pages, 15,50 €. [sur la nouvelle recockpitvue COCKPIT Voice Recorder : p. 181-183]

Libr-événements

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â–º Colloque « Musidora, qui êtes-vous ? » coorganisé par Carole Aurouet, Marie-Claude Cherqui et Laurent Véray du 18 au 20 novembre 2020 à la Cinémathèque Robert-Lynen et au CNC.
Participeront à ce colloque : Olivier Assayas, Carole Aurouet, Karol Beffa, Anne Bléger, Didier Blonde, Francesca Bozzano, Lucas Bruneau, Emilie Cauquy, Patrick Cazals, Pierre Edouard Clamour, José-Maurice Cherqui, Marie-Claude Cherqui, Marie-Joëlle Cherqui, Anne-Olga de Pass, Béatrice de Pastre, Marc Durand, Yvon Dupart, Hélène Fleckinger, Annette Förster, Christophe Gauthier, Magali Goimard, Anne-Elisabeth Halpern, Myriam Juan, Laurent Mannoni, Camille Paillet, Paola Palma, Pascal Roques, Sébastien Rongier, Michel Saussol, Laurent Véray, Christophe Viart, Michel Viennot et les élèves du conservatoire de musique Jean-Philippe Rameau du VIe arrondissement de Paris.

4 octobre 2020

[News] News du dimanche

Voici bel et bien un mois d’octobre très riche, dont il faut profiter vu la menace sanitaire qui plane… RV pour des événements avec et/ou autour de Pascal Quignard ; la revue Transbordeur ; Nadège Abadie / Marina Skalova ; Laure Limongi, Jean-Michel Espitallier et Jérôme Game ; Andreas Becker ; Emmanuel Hocquard ; Pierre Escot…

 

► La Galerie Wagner reçoit Pascal QUIGNARD Mardi 6 Octobre à 18h pour la signature du livre Sur le geste de l’abandon (ouvrage relié publié aux éditions Hermann, 2020, format 210 x 260 mm, 196 pages, 27 €), sous la direction de Mireille Calle-Gruber.

« Comment décide-t-on de passer la main ?
Comment décide-t-on de se donner au don , de faire donation de ses manuscrits ? »
(Mireille Calle-Gruber, p. 31)

Cette signature intervient en parallèle de l’exposition consacrée à l’auteur à la Bibliothèque Nationale de France, à qui il a fait don de certaines archives personnelles.

La maîtresse d’Å“uvre de ce magnifique volume qui mérite de figurer dans toutes les bonnes bibliothèques, publiques ou privées, souligne la singularité du geste accompli par l’un des écrivains français les plus reconnus : « Feu les manuscrits ! Ce qui pour la plupart des écrivains, obsédés par la conservation, serait sacrifice (sacrilège ?) apparaît ici dans une adéquate composition soigneusement arrangée. Tel un rite : païen ? biblique ? panthéiste ? athée ? » (21).
Au feu les manuscrits : seuls ceux de Boutès sont au complet, puisque habituellement l’écrivain les détruit par un geste sacrificiel…

Alors, outre le dossier abouti de Boutès, que trouver dans ce précieux reliquaire ? Un inédit de Pierre Frilay et Pascal Quignard, « De taciturnis » ; un commentaire savamment fictionnel sur la Hersé de Poussin ; vingt images commentées « sur le geste perdu de l’abandon » ; un ensemble d’images qui ont servi d’agents catalyseurs à l’écriture ; divers documents autour de Tous les matins du monde et de Terasse à Rome. /FT/

Une sérigraphie originale numérotée de 1 à 50 est proposée en complément du livre.

Sérigraphie Ovidius, Sens, 2013.
Œuvre de Pascal Quignard signée.
Format : 30 x 39 cm
Tirage numéroté et signé de 1 à 50 : livre + sérigraphie : 300 €.

â–º Mardi 13 octobre :

► 30e salon de la revue les 9, 10 et 11 octobre 2020 : Dernière nouvelle ce lundi 05/10 à 17H00 : Salon annulé… On gardera cette superbe affiche en souvenir…
â–º Samedi 17 octobre 2020 à 17:00, Le Monte-en-l’air
Silences d’exils est une expérience humaine et poétique. De 2016 à 2019, Nadège Abadie et Marina Skalova proposent des ateliers d’écriture et de photographie à des hommes et femmes exilé.e.s en Suisse. Une recherche autour de la langue et sa perte, la parole et son absence, le mutisme et la disparition. Dans ce tissage subtil, les éclats de voix plurilingues convoquent les souvenirs de l’auteure et le regard de la photographe. Leurs gestes artistiques se rencontrent pour garder trace des passages, dire le manque. Tout en posant la question: qu’est-ce qui reste ?

 

â–º 38e Marché de la poésie, avec comme d’habitude un éclectisme qui peut désorienter : programme.

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8 juillet 2020

[Entretien] Lancement d’un OVNI, COCKPIT : trois questions à Christophe Fiat, par Fabrice Thumerel

Avant ma chronique qui paraîtra dans La Revue des revues, on découvrira l’OVNI COCKPIT VOICE RECORDER grâce à l’un des deux pilotes à bord, Christophe Fiat, dont on lira dans AOC un article éclairant : « Ã‰crire dans une période de collisions ». [Une épopée de Christophe Fiat]
Commander la revue : troisccc@free.fr (5 € le numéro papier ; 2 € en format numérique).

 

Pourquoi ce titre et ce support cheap et pop ?

Le COCKPIT VOICE RECORDER est la boîte noire placée à l’arrière d’un avion qui enregistre les conversations des pilotes pendant le vol. Elle est conçue pour résister aux chocs, à l’incendie et à l’immersion. À une époque où l’art et la culture sont sans cesse dégradés, menacés, attaqués, la métaphore de la boîte noire est le lieu adéquat pour rendre possible une création nouvelle qui serait à l’abri des coups mais à l’affut du monde et de ses convulsions. Et aussi le COCKPIT VOICE RECORDER est un espace d’écoute et de son, un espace où les voix des invités de la revue peuvent se faire entendre comme si chacun d’eux était pilote ou co-pilote. D’ailleurs chaque invitation est une « carte blanche » au propre et au figuré : chaque page de la revue est un fond blanc avec un cadre noir dans laquelle les invités ont la liberté de publier ce qu’ils veulent. Quant au support (la revue en version papier ressemble à un journal), il est adapté à la fréquence de publication : un mensuel. Comme nous avons une économie modeste et qu’il faut publier vite et bien, nous avons eu recours au DIY dont l’origine est plus à chercher du côté du Punk que de la Pop, cette dernière se caractérisant par son univers multicolore et pétillant. Ici que des pages en noir et blanc, accompagnées du bandeau :

« jeveuxquemapoésiepuisseêtrelueparunejeunefillede14ans ».

 

Quel parallèle établis-tu entre cette nouvelle expérience revuiste et ta première, avec Anne-James Chaton, intituléeTIJA (The Incredible Justine’s Adventures) ? 

COCKPIT VOICE RECORDER est né pendant le confinement de la crise sanitaire du Covid. Le premier numéro est paru le 1er mai 2020 en version uniquement numérique. C’est pour moi une aventure incomparable et pour Charlotte Rolland, une aventure inédite. Revue de crise. Donc nous sommes deux dans le COCKPIT à conduire ce que j’appelle ce zing : Charlotte Rolland, directrice de la publication et moi qui m’occupe du rédactionnel. C’est une revue de création par le choix des invités (ils viennent du théâtre, de la poésie, de la littérature et de l’art et aussi de la musique et de la culture) et par la liberté des formes mais par son rythme de parution, elle est mensuelle, cette revue peut s’apparenter à un journal qui fait état, tous les premiers vendredis du mois de l’état de la création en France et à l’étranger (nous publions des écrivains italiens, espagnols, mexicains, américains et bientôt japonais). Et chaque numéro est accompagné du poster du mois : en mai, Regine Kolle, en juin, Hyppolite Hentgen et en juillet Août, Rainier Lericolais.

Voilà, c’est important pour Charlotte Rolland et moi ce rythme mensuel qui est assez dingue à tenir mais qui participe de l’énergie de la revue : ouvrir un espace où un nouvel imaginaire est rendu possible.

 

Vu le caractère offensif de l’édito de juin, dirais-tu que cette boîte noire est impliquée (ou engagée ?) dans notre monde ou que simplement elle en témoigne ?

Chaque page de la revue est accompagnée du bandeau
#jeveuxquemapoésiepuisseêtrelueparunejeunefillede14ans.

C’est une citation de Lautréamont que j’interprète ainsi : plus tôt on lit de la littérature et plus tôt on est armé et outillé pour comprendre la violence du monde dans lequel on vit et le nôtre n’en manque pas, assurément. Cette revue est plus un écho des convulsions de notre époque qu’une réponse. Implication ? Engagement ? Témoignage ? Depuis 20 ans, comme tu sais, j’écris des livres qui sont tous des épopées et à présent j’essaye dans cette revue de donner à l’épopée un espace collectif. Il n’y a que l’épopée pour dire ce qui se passe aujourd’hui mais des épopées critiques, satiriques, caustiques, parfois. Revue « à vif » comme je l’ai écrit dans l’édito du premier numéro.

3 mai 2020

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mai, quelques Libr-brèves avant nos rubriques « En lisant, en zigzaguant » et les « Mots croisés insolubles » de Marcel Navas…

Libr-brèves

â–º Sur la crise de l’édition, lire cette intéressante tribune dans L’Humanité.

â–º Ne pas manquer, en deux parties, le long et passionnant entretien entre Laure Gauthier et Guillaume Richez sur Les Imposteurs.

â–º Le numéro 1 de la prometteuse revue COCKPIT créée par Christophe Fiat vient de sortir : « Ici, ça enregistre plein pot. Il y a des dissonances, des larsens, beaucoup d’échos… » Vous y retrouverez, outre le fondateur, Jean-Michel Espitallier, Antoine Dufeu, Thomas Hirschhorn, Manuel Joseph…
Revue COCKPIT : 30 pages, 5 € – 21 passage Dumas 75011 Paris / troisccc@free.fr (sur Facebook : @Asso3C).

En lisant, en zigzaguant…

« Les grandes entreprises se veulent toutes à la pointe de l’innovation ; et insistent en même temps sur leurs lointaines origines […] » (p. 69).

« C’est là une énigme qui intéresse la librairie, la statistique, le féminisme et la logique. D’une part, toutes les enquêtes démontrent que le lecteur d’aujourd’hui – celui qui fait le succès d’un livre – est une lectrice de 50 ans ou plus. D’autre part – nous préférerions l’ignorer mais nous le savons quand même puisqu’il s’en est ouvert à son de trompe –, Yann Moix a peu d’inclination pour les femmes de cet âge. Or le nouveau livre de ce goujat cartonne en librairie » (95).

« L’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame aussitôt attisée, tisonnée, orchestrée, confisquée, instrumentalisée par les médias et les officiels… les Français unis dans le deuil et les larmes… communion des cÅ“urs… élan collectif… pâââtrimoine… peuple de bâtisseurs… quelle émotion résisterait à tant de mômeries ? Pas le temps de nous étreindre que déjà elle nous écÅ“ure » (137).

« Le risque désormais bien réel – pour ne pas dire la perspective imminente – de l’apocalypse nous empêche de jouir pleinement de notre petite angoisse de mort individuelle. Mais sans doute suis-je trop orgueilleux pour me complaire jamais aux phénomènes de masse » (160).

« Nous n’avons pas besoin d’une intelligence artificielle pour écrire des romans. Il serait plus urgent d’en concevoir une capable de les lire » (197).

Éric Chevillard, L’Autofictif incendie Notre-Dame, éditions de l’Arbre vengeur, 2020, 234 pages, 15 €.

 

Marcel Navas, Mots croisés insolubles

Problème n° 4

Horizontalement

  1. Le plus sûr moyen de percer le secret de la pyramide des âges. – II. Il noie son chien aussi bien que le poisson. Difficile de mettre un nom sur son visage mais on peut toujours lui jeter un verre d’eau à la figure. – III. Il en voit de toutes les couleurs car il a la vue basse. Ne manque pas de reliefs en dépit de sa grande platitude. – IV. Exercice fait à dessein. Décourage les mauvaises volontés. – V. Rares sont ceux qui n’y sont pas passés, fût-ce en force. Désenchantement. – VI. Poils à gratter des moines. Aide à faire des coupes. – VII. Spectaculaire chez les unijambistes. – VIII. Grain à moudre. En un éclair. On peut la tourner en ridicule dès qu’elle a perdu sa virginité. – IX. À force de se faire avoir, elles pourraient bien tomber dans les pommes. Obéit volontiers au doigt mais pas à l’œil. – X. Bon pour les enfants, mauvais pour les vieux. Pas donné aux sourds. – XI. Petite bête très recherchée. Se produit souvent à un croisement très dangereux. – XII. Non seulement elle vous envoie dans le décor mais elle vous y assigne à résidence.

Verticalement

  1. Insensibles aux offres les plus séduisantes. – 2. Ne laissent rien derrière eux quand ils vont de l’avant. – 3. Un faux dur qui pantoufle dans l’ovaire. Lieu imaginaire où se retrouvent les nomades et les exilés. – 4. Il était dans le dénuement mais maintenant il aime le confort par-dessus tout. – 5. Corvéables et taillables à merci mais pas éternellement. On l’a dans le jambon mais pas dans l’os. – 6. Encore un avorton ! Il se débrouille très bien tout seul. – 7. Se dépense beaucoup pour faire rire la galerie. Mode de vie. – 8. Pas franchement olé olé. D’une façon ou d’une autre, il faut le prendre en main. Branche coupée. – 9. Même s’ils contiennent du fer, ils sont difficiles à manger en potage. Tour de piste qui tient du tour force. – 10. À défaut d’avoir les clefs, il fait sauter les verrous. Termine pitoyablement. – 11. Il n’existe que s’il est grand, ou alors c’est un mineur. Se cache parfois très loin en dessous des sous-vêtements, ou ailleurs. – 12. Mortelle surtout pour les blessés légers. Il ne disjoncte que s’il n’est pas au courant.

 

 

 

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