Libr-critique

26 janvier 2020

[News] News du dimanche

En cette fin janvier, après l’agenda Lucien Suel, nos Libr-événements et la fin de notre Libr-Rétrospective…

Agenda Lucien SUEL

SAINT-OMER, 1er février 2020, à 17 h, au Foyer du Moulin à Café, Grand-Place, lecture publique de textes connus traduits en picard par mes soins sur une proposition de Guy Fontaine (Les Lettres Européennes), en compagnie de Colette Nys-Mazure, Christian Ghillebaert et Marc Monsigny, une programmation de La Barcarolle (gratuit) :https://www.labarcarolle.org/evenement/rencontre-c-nys-mazure-l-suel-c-ghillebaert/


LA COUTURE
, le dimanche 2 février 2020, présence au 40ème Salon du Livre de 11 h à 18 h 30. Avec notamment mon dernier ouvrage : « Ourson les neiges d’antan ? » aux éditions Pierre Mainard.


CAEN,
à l’IMEC, Institut Mémoires de l’édition contemporaine, Abbaye d’Ardenne, Chemin de Saint-Germain, 14280 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, du 4 au 7 février 2020, à l’invitation de Thierry Weyd et avec les étudiants de l’Esam Caen-Cherbourg, animation du workshop « SPEED WRITING / FAST PUBLISHING ». Lecture-performée (ouverte au public) le mardi 4 février à 18 h 30.


CLERMONT-FERRAND
, du 13 au 16 mars 2020, invité en tant que parrain de de la 33ème Semaine de la poésie, Festival de mars, à Clermont-Ferrand et dans la région.

Exposition de 60 poèmes express, du 2 au 27 mars, à l’INSPE Clermont-Auvergne (ex-ESPE), 36, avenue Jean-Jaurès, CHAMALIERES.

Le vendredi 13, à 18 h, pendant l’inauguration à l’INSPE, lecture (10 mn) d’extraits de « D’azur et d’acier » éditions La Contre allée.

Le samedi 14 de 11 h à 12 h, à la Médiathèque des Jardins de la Culture de RIOM, « Une heure avec Lucien Suel, poète et jardinier », suivie d’une séance de dédicace.

Le samedi 14, à 20 h, salle Georges-Conchon, « Deviens le poème ! », lecture d’ouverture, performance d’une heure à partir d’extraits de « Je suis debout » et de « Ni bruit ni fureur », mon anthologie en deux volumes publiée à La Table Ronde.

Le dimanche 15, à 11 h, salle Georges-Conchon, conférence-lecture-rencontre : «  Ma vie avec Jack Kerouac et la Beat Generation »

Le dimanche 15 mars à 16 h, au Cinéma Le Rio, quelques-uns de mes poèmes seront lus par deux élèves de la classe théâtre du Conservatoire Emmanuel-Chabrier de Clermont (extraits de Mort d’un jardinier et Visions d’un jardin ordinaire) en amont de la projection du film documentaire Le potager de mon grand-père de Martin Esposito, 2016.
Le lundi 16 dans la matinée, lecture-rencontre au collège Roger Quilliot.

Pour le programme complet : http://lasemainedelapoesie.assoc.univ-bpclermont.fr/


A
RRAS, 1er et 2 mai 2020, invité au Salon du Livre d’expression populaire et de critique sociale organisé par l’association Colères du présent. Programme à préciser… Programme surprise ?


LIMOGES
, 15 et 16 mai 2020 Festival « Ecouter Voir » à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art, Campus de Vanteaux, 19, avenue Martin Luther King, lecture publique le vendredi 15 à l’invitation des éditions du Dernier Télégramme. Horaire à préciser.http://www.derniertelegramme.fr/

Libr-événements

â–º Dimanche 2 février à 16H, L’Achronique, art et philosophie (42, rue du Mont-Cenis 75018 Paris) :

Dans le cadre de la résidence d’écrivain Ile de France (Poésie et faits divers : contre la fait diversification de la langue), Laure Gauthier reçoit à la galerie l’Achronique le poète Christophe Manon qui lira des extraits de Pâture de vent (Verdier, 2019) et de Vie & opinions de Gottfried Gröll (Dernier Télégramme, 2017), avant d’entamer un dialogue avec la poète autour du lien entre poésie et réel, poésie et faits divers.

â–º Les RV de/avec Mustapha Benfodil autour de son Alger, journal intense :

â–º Jeudi 13 février à 19H, Université de la Sorbonne, Amphithéâtre Guizot : la revue Place de la Sorbonne présente le « Système poétique des éléments »

Donner à voir et à entendre les 118 éléments du tableau périodique de Mendeleïev : c’est ce que nous proposent les 118 poètes du Laboratoire Novalis. Présentés par Katia-Sofia Hakim, Hans Limon et Dominique Tourte, quelques-uns des poètes de PLS au sommaire de cette anthologie chimico-poétique liront leur poème : Laure Gauthier, Irène Gayraud, Laurent Grison, Christine Guinard, Cécile Guivarch, Alexis Pelletier, Dominique Quélen et Sanda Voïca. Ces lectures seront ponctuées par les créations sonores du duo Kairos.
Gratuit sur inscription obligatoire avant le jeudi 13 février 2020.
Organisé par l’association Place de la Sorbonne en collaboration avec les Éditions Invenit, et avec le soutien du service culturel de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université.

Libr-rétrospective 2019 (2)

â–º NEWS : Libr-News de septembre 2019…

â–º Création : Laure Gauthier, « Transpoems »Â ; F. CUHEL, « Retraitement du travail »

â–º Chroniques : Prévert, détonations poétiques ; Robert Menasse, La Capitale ; TXT n° 33 ; Patrick Beurard-Valdoye, « Flache d’Europe aimants garde fous » ; Mustapha Benfodil, Alger, journal intense ; Christian Prigent, Point d’appui

4 novembre 2018

[News] News du dimanche

Magique, cette première quinzaine de novembre ? Voyez un peu : en plus du Salon de la revue déjà annoncé, celui de l’autre Livre… Sans compter les rencontres avec Suzanne Doppelt ou Hans Limon… et une soirée Apollinaire à la Sorbonne…

â–º Ce jeudi 8 novembre 2018, à l’occasion de la parution de Rien à cette magie(P.O.L), rencontre avec SUZANNE DOPPELT à 19 heures : Librairie Michèle Ignazi (17, rue de Jouy 75004 Paris ; tél. : 01 42 71 17 00 ; métro : Saint-Paul ou Pont-Marie).

Le mot apparaît enfin : c’est bel et bien la magie qui dynamise la mécanique poétique de Suzanne Doppelt, qui réussit à réenchanter notre monde en nous transportant… Tel est le charme de sa cosmopoésie ! /FT/

► Jeudi 8 novembre à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75004 Paris) :

Hans Limon, Poéticide, Quidam, 8 novembre, 96 pages, 13 €.

C’est le type même de livre que peut produire un poète qui entre dans le champ : « Tous les crever ! Tous les rayer ! » C’est bien entendu un moyen radical pour se donner une chance de trouver sa voix. Mais encore ? « Les poètes nous ont menti. […] Assassiner les poètes, c’est rendre aux hommes la vision nette et pure, dégagée des schémas déformants […] »… En outre, la Poésie est une fille publique : « Elle quémande les prix, les récompenses, les subventions, les caresses, les dessous de table ! » Poéticide s’attaque à la poésie de célébration, celle qui trône sur son piédestal, en parodiant les topos de la poésie à capitales. Et comme en son temps le clamait Denis Roche, « LA POÉSIE N’EXISTE PAS »… À l' »agitateur de mots » de la faire exister de façon sensible. /Fabrice Thumerel/

► Jeudi 8 novembre à 19h45, Sorbonne – Amphithéâtre Guizot (17, rue de la Sorbonne – Paris) :

on commémore en cette année 2018 un double centenaire, celui de la publication des Calligrammes de Guillaume Apollinaire, le 15 avril 1918 au Mercure de France, et celui de la mort du poète, le 9 novembre 1918 ; La revue Place de la Sorbonne entend participer à cette célébration en organisant une soirée où seront lus des poèmes de l’auteur d’Alcools ponctuant les grandes étapes et les principaux événements de sa vie.
Gratuit sur inscription obligatoire avant le jeudi 8 novembre 2018. Réservez en ligne sur Internet : ici.

â–º Du 16 au 18 novembre, Halle des Blancs-Manteaux (48, rue Vieille-du-Temple 75 004), le Salon de l’Autre Livre à ne pas manquer : programme.

4 octobre 2018

[News] Libr-News poétiques

La poésie est plus que jamais vivante en ce mois d’octobre : « Poésie et musique aujourd’hui sur Remue.net ; parution du n° 11 de la revue Catastrophes ; deux RV poétiques prochains à ne pas manquer en Sorbonne ; Poéticide de Hans Limon lu par Denis Lavant ; les RV de la ZIP (Zone d’Intérêt Poétique)…

â–º À découvrir sur le Net : le dossier que Laure Gauthier a lancé sur Remue.net, « Poésie et musique aujourd’hui »

â–º Ne manquez surtout pas le dernier numéro de la revue en ligne gratuite Catastrophes : n° 11, « Les Techniciens du sacré », avec notamment la collaboration de Jacques Demarcq, Marie de Quatrebarbes, Jean-Claude Pinson, Laurent Albarracin, Pierre Vinclair, Olivier Domerg, A.C. Hello… Télécharger

â–º Un colloque international »Valeurs de la poésie (XVIe – XXIe siècles) », du 11 au 13 octobre : télécharger le programme.

Avec notamment, sur la poésie aujourd’hui : Benoît Dufau, Pascal Durand, Caroline Fischer, Romuald Foukoua, Olivier Gallet, Laure Michel, Antonio Rodriguez, Gaëlle Théval, Fabrice Thumerel… À noter également le vendredi apm : lecture de Cyrille Martinez et Table ronde sur « poésie et action culturelle ».

La poésie a-t-elle (encore) de la valeur ?

Cette question émerge aujourd’hui dans le contexte d’une dépréciation sociale, de difficultés économiques, de critiques venues du roman, de polémiques chez les poètes eux-mêmes et de sortie hors du genre. Les reproches sont connus : autotélisme, élitisme, illisibilité, disparition du lectorat, sacerdoce illusoire, sacralisation désuète du livre et de l’écrit, etc. La contestation de la valeur de la poésie, dans le champ social comme dans le champ littéraire, est toutefois un phénomène ancien. De la méfiance du philosophe envers le poète chez Platon à la marginalisation du « poète lyrique à l’apogée du capitalisme » (W. Benjamin), puis à la quasi invisibilité contemporaine de la poésie, le destin social de celle-ci semble être celui de sa disparition. Parallèlement, de l’autoportrait satirique chez Stace, Régnier ou Saint-Amant à la « haine de la poésie » (G. Bataille), devenue « inadmissible » (D. Roche), il semble que la détestation de la poésie par les poètes eux-mêmes corrobore son effacement dans le champ.

Cette évolution est parfois imputée à une survalorisation première de la poésie entraînant par contrecoup déceptions et dépréciations. Investie de pouvoirs sacrés à la Renaissance, placée au sommet du système des genres (Hegel), la poésie, assignée aux plus hautes fonctions par les « mages romantiques » (P. Bénichou), se serait révélée incapable de prendre en charge pour la communauté les catastrophes du XXe siècle.

À l’opposé de ce type de récit téléologique et essentialiste, nous proposons de tenir compte des variations de ce qui est appelé poésie, de la Renaissance à nos jours, pour examiner non pas une irrémédiable dévalorisation de la poésie mais une diversité de valeurs, en considérant son histoire, non pas de manière linéaire, mais en fonction de phénomènes d’intermittences et de résurgences.

Les valeurs de la poésie sont fonction non seulement de l’organisation des genres et des sous-genres (épique, dramatique, satirique, pastoral), mais aussi des rapports entre art noble et art de cour, « grand art » (canon poétique) et « art populaire » (poésie éphémère, poésie privée). Ces valeurs dépendent encore de la place accordée aux supports (oral, écrit, visuel, numérique), des pratiques et des usages sociaux (poésie encomiastique, épistolaire, intime, engagée) et de leurs lieux (salons, cour, maisons d’édition, revues, festivals).

Les critères et les formes de la valeur en poésie pourront se décliner en fonction des axes suivants, qui rassembleront chacun des études sur des siècles différents.

► Sorbonne, le jeudi 18 octobre à 19h45, amphithéâtre Guizot, soirée PLS (revue Place de la Sorbonne), « Autour de mai 68 : lectures poétiques »

En cette année du cinquantenaire de mai 68, Place de la Sorbonne organise une soirée au cours de laquelle des poètes contemporains viendront dire des textes d’eux librement inspirés par cette insurrection à la fois politique, sociale et poétique. Il s’agira de textes composés dans le retentissement du fameux printemps mais aussi de poèmes écrits aujourd’hui faisant retour sur lui.

Amandine André, Francis Combes, Jean-Luc Despax, Florence Pazzottu, Christian Prigent en duo avec Vanda Benes, Milène Tournier. Les lectures seront ponctuées de morceaux de jazz joués à la guitare par Arnaud Delpoux.
Gratuit sur réservation obligatoire avant le jeudi 18 octobre.

â–º Jeudi 18 octobre au Théâtre du Nord-Ouest à Paris, à 19H, Denis Lavant lira en avant-première des extraits du livre à paraître de Hans Limon, Poéticide (Quidam éditeur, parution le 8 novembre) : Libr-critique reviendra sur ce livre important dès le 8 novembre…

â–º Les RV de la ZIP (Zone d’Intérêt Poétique) :

8 mars 2015

[News] News du dimanche

Le programme jusque début avril étant des plus chargés, voici de nouvelles Libr-brèves : Prigent, Moussempès, Th. Rat, rencontres autour de larevue* et Place de la Sorbonne, Castanet sur Genet…

 

â–º Brèves sur Christian Prigent :

Commencement (1989), réimprimé par POL, est à nouveau disponible.
Sade au naturel (essai, 2014) et Une hérédité ravigotée (entretien, 2014) sont désormais consultables en ligne sur SILO c/° pol-editeur.

— Parution récente : réédition revue et augmentée de Berlin deux temps trois mouvements, Zulma, 1999.

 

â–º Brèves sur Sandra Moussempès :

– Le vendredi 20 mars 2015, lecture-rencontre à 19H30, librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris).

– Le jeudi 26 mars à 18H30, RV Librairie Ptyx (39, rue Lesbroussart à Ixelles – Belgique).

– Le dimanche 5 avril à 20H, RV sur France Culture, dans l’émission de S. Nalleau "Ça rime à quoi".

 

â–º Thierry Rat, "Décalage vers le rouge" / "L’ŒIL ENCLIN" / VERNISSAGE – EXPOSITION : vendredi 13 mars à 19H au Grand Bouillon (2ter rue du Moutier à Aubervilliers).

« Le décalage vers le rouge est un phénomène astronomique dans lequel on observe qu’un corps céleste, s’éloignant d’un champ gravitationnel, par exemple celui de la terre, voit la longueur d’onde de son spectre lumineux se « décaler » vers le rouge. Cela permet de calculer la distance qui nous sépare de cet objet.

En peinture, la surface travaillée cherche à se donner telle qu’elle est, tout autant dans son ensemble que dans ses variations ; là où l’écart des tons est décalage vers le rouge, différ(a)nt d’un rouge constant.

On ne parlera donc pas de « monochromie », mais de tentative d’approche d’un « presque rouge ».

Un décalé autant qu’un différé.

Il manque au rouge le rouge, un entre-rouges ; éléments colorés d’un tout à peine unifié, marqué par la touche du pinceau. C’est une touche simple faite de deux traits croisés, répétés linéairement de droite à gauche et de haut en bas, ligne après ligne.

Trame d’un fond où s’étale la peinture, traces juxtaposées de rouges et d’orangés mélangées directement à même la toile. »

 â–º Samedi 14 mars, 17H, rencontre autour de larevue* à l’Arthotèque de Caen : avec Bruno Fern, Typhaine Garnier et Ettore Labbate.

â–º Soirée de Place de la Sorbonne, à l’occasion de la sortie du n° 5 de la revue.

Ce sera le lundi 16 mars prochain à 19h, dans ce très beau lieu qu’est le Réfectoire des Cordeliers (15 rue de l’Ecole de Médecine, métro Odéon).
 
Beau "plateau" : 

Gabrielle Althen, Jean-Pierre Bobillot, Gale Burns, Emmanuel Moses, Valérie Rouzeau, Jean-Luc Steinmetz, Krizstina Toth.

 

Les œuvres du peintre Claude Thomasset, qui figurent dans cette livraison, seront projetées pendant les lectures.

 

â–º Pour la parution du dernier livre d’Hervé Castanet, Comprendre Genet, aux Éditions Max Milo, la Section Clinique et l’ACF-MAP s’associent au Théâtre du Petit Matin pour organiser une rencontre avec l’auteur, psychanalyste à Marseille, membre de l’Ecole de la Cause freudienne.

À cette occasion Nicole Yanni et Franck Dimech, tous deux acteurs et metteurs en scène, vous feront découvrir, par la lecture de morceaux choisis, un Genet comme vous ne l’avez peut-être jamais entendu: celui de « cette solitude [qui] à la fois sépare et ne sépare pas ». (p. 59)
La discussion sera animée par Elisabeth Pontier, psychanalyste à Marseille et membre de l’Ecole de la Cause freudienne.

La soirée se déroulera le samedi 21 mars à 20 h 30 au Théâtre du Petit Matin (67 A rue Ferrari à Marseille).
Vous pouvez dès à présent réserver vos places en envoyant un mail à section.genet.autpm@gmail.com

Renseignements : 06 75 19 80 26

31 août 2014

[News] Libr-vacance (2/2)

Et si l’on prolongeait un peu ce temps de Libr-vacance, pour mieux résister au tsunami de la "rentrée littéraire" ? Prenez donc le temps de vous (re)plonger dans Esther Tellermann, Serge Pey, Philippe Guénin, Corinne Lovera Vitali ; les revues L’Étrangère et Place de la Sorbonne. [voir Libr-vacance 1/2]

 

â–º Esther TELLERMANN, Bruxelles, éditions La lettre volée, printemps 2014 : Nous ne sommes jamais assez poète, 208 pages, 22 €, ISBN : 978-2-87317-426-2 ; Carnets à bruire, 104 pages, 16 €, ISBN : 978-2-87317-425-5.

Qui ne crie / marche     rêve /      au front ?

Sensible à "la spatialité sonore du poème" (essai, p. 23), Esther Tellermann tire de ces répertoires de formes que constituent les carnets d’André du Bouchet (1924-2001) des poèmes "à ciel ouvert" (Carnets, 84) qui confrontent langue, matière et espace, conformément au principe esthétique exposé : "le poème comme la marche du vivant est passage où le sensible métamorphosé dans le prisme de la langue se complexifie dans un jeu de superpositions et de correspondances qui tout à la fois le réduisent à une épure, lui font perdre sa spatialité perceptive" (24).

Dans la lignée des Modernes, Esther Tellermann prend acte de l’inadéquation du langage au monde et, aussi proche de Rimbaud et de Bataille que de son ami Bernard Desportes, se concentre sur la quête de l’impossible. Pourquoi nous faut-il toujours être davantage poète ? Précisément, pour explorer notre part du feu, de l’inhumain, de l’extrême. D’où l’attention qu’elle porte, dans des textes plus ou moins concis qui attestent l’acuité de son regard critique, aux poètes de la modernité négative – à la poésie blanche ou surréflexive (Du Bouchet, Dupin, Royet-Journoud, Grandmont, Daive) -, mais aussi à Baudelaire, Mallarmé, Artaud, Glissant… On y retrouve par ailleurs avec plaisir ses articles sur Christian Prigent ("Tuer la mère") et Bernard Desportes ("La Langue de Vlad").

 

â–º Serge PEY, Agenda rouge de la résistance chilienne, Al dante, 2e trimestre 2014, 424 pages, 27 €, ISBN : 978-2-84761-774-0.

Aux propos d’Esther Tellermann dans son essai semble faire écho cette phrase extraite du "Journal de Miguel Enriquez", l’un des dirigeants du MIR (Mouvement de la Gauche Révolutionnaire), assassiné le 5 octobre 1974 : "La poésie est la caractéristique de tout ce qui est humain et aussi non humain" (p. 21). Autres fulgurations : "La propriété est une maladie incurable. Le seul médicament possible contre cette maladie reste la poésie" ; "nous sommes des pohèmiens et non des militants" ; "La poésie dépasse la poésie des livres"…

Avec ce volume qui allie textes très divers écrits entre 1974 et 1986 (y compr, fais manuscrits), images et dessins (montages irrésistibles !), Serge Pey, ancien militant du MIR et partisan de l’art-action, nous livre un polyptyque poétique-politique qu’on laisse à portée de main pour savourer peu à peu.

 

â–º Philippe GUÉNIN, Anatomies du néant, éditions Dumerchez, printemps 2014, 110 pages, 15 €, ISBN : 978-2-84791-182-4.

Ressortissant à une poésie de négation, une cancérisation lyrique, Anatomies du néant s’érige à l’encontre du réelisme et du littéralisme, l’objectif étant de retrouver/renouveler le métaphorisme sans pour autant viser l’inatteignable réel ("la vie en soi"). Dialogue, polyphonie, cut-up, poésie spatiale, écriture sismographique s’alternent pour cancériser un monde sursaturé d’images et de discours – pour nous donner à voir/entendre de curieuses anatomies du néant… Voyez un peu : "OS DE CHAOS PERLE DERRIÈRE LES PORTES BATTANTES À Paris le bottin des courtisanes du gratin était plus épais qu’un annuaire de téléphone. 220 diamants dans l’estomac d’un homme interpellé à l’aéroport" (p. 15).

 

â–º Corinne LOVERA VITALI, Tout ce que je veux, les éditions précipitées (83), 2011, 28 pages + CD, 10 €, ISBN : 978-2-915971-18-7.

Retour sur un fascicule-cd de Corinne Lovera Vitali qui met en perspective les dernières créations que nous avons mises en ligne : avec en exergue une citation de Virginia Woolf ("Il me vient une idée délicieuse : / j’écrirai tout ce que je veux écrire") qui explique le titre, cet agencement répétitif-réflexif est mis en valeur par une fascinante diction naïve.

 

â–º L’Étrangère, éditions La Lettre volée, Bruxelles, n° 35-36 : "Théorie et poétique du fragment", été 2014, 224 pages, 15 €, ISBN : 978-2-87317-441-5.

"Indispensable si on ne veut pas tomber dans la représentation" (Bresson), la fragmentation est le propre de la (post)modernité : contre la pensée continuiste, la conception de l’œuvre et du monde comme totalité close et cohérente, elle permet de rendre compte de l’étrangeté du réel, fil rouge de cette revue majeure. Est ainsi examinée l’écriture fragmentaire des romantiques (Novalis, Schlegel, Baudelaire) à Deleuze et au cinéma expérimental contemporain, en passant par Nietzsche, Valéry, Benjamin, ou encore Cage.

Parce qu’elle est le lieu de l’intensité et de la fulgurance (cf. Pierre-Yves Soucy), la poésie est privilégié dans ce dossier indispensable : "le poème, seul, accepte les incohérences, les failles, les intègre en tant que telles, sans les résoudre parce que son mouvement fait sens au-delà et contre les sens donnés établis, il crée son sens, multiple, ouvert" (François Rannou, p. 88).

 

â–º Place de la Sorbonne, éditions du relief, n° 3, printemps 2013, 264 pages, 15 €, ISBN : 978-2-35904-049-4.

Saluons la troisième livraison de cette revue riche et élégante qui, sous l’impulsion de Laurent Fourcaut, se distingue surtout par sa rubrique "Poésie contemporaine de langue française" : pensez donc, l’éventail de textes d’auteurs très divers est accompagné de notices analytiques sans équivalent dans l’espace des revues français.

 

 

6 avril 2013

[News] News du dimanche

Dans quel Etat vivons-nous ? Celui-là même qui, via la BNF, cherche à spolier les "petits éditeurs" et leurs auteurs en leur imposant la numérisation de milliers de livres "indisponibles" (cf. article de François BON). Celui-là-même dont l’oligarchie politique connaît des dérives (cf. ci-dessous les dessins du caricaturiste de talent Joël HEIRMAN)… Par ailleurs, nos Libr-événements : Christian PRIGENT, les 100 ans de principat de Jean-Pierre Brisset, le lancement du numéro 3 de la revue Place de la Sorbonne.

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