Libr-critique

31 décembre 2013

[News] Spéciale LC : de 2013 à 2014…

Pour ce passage entre 2013 et 2014, LC vous offre à la fois une prospective particulière (14 citations pour 2014 : avant-goût de quelques livres sélectionnés pour le début de l’année) et une petite rétrospective (les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre)…

14 citations pour 2014

Voici un aperçu en citations des livres que nous avons lus et que nous vous recommandons pour le premier trimestre 2014.

â–º Christophe CARPENTIER, Chaosmos (P.O.L, 2 janvier : dystopie de 416 pages) :

1) "Il n’y a plus d’actifs ni de chômeurs, plus de riches ni de pauvres, plus de malades ni de bien portants, il n’y a plus qu’un peuple : celui des relais efficaces du Chaosmos" (p. 116).

â–º Jacques JOUET, Les Communistes (P.O.L, 2 janvier, 490 pages) :

2) "On parle de passéisme, dit Pavel, mais jamais d’avenirisme ou de présentéisme" (p. 255).

3) "Et si je nous déclarais cohommunistes, tu aurais encore peur du co- ?" (p. 484).

â–º Jérôme BERTIN, Le Projet Wolfli (Al dante, 15 janvier, 64 pages) :

4) "Le peuple n’aspire qu’à se faire enculer" (p. 12).

5) "L’écriture aussi est un sport de combat. Ou alors ce n’est pas de la littérature. C’est de la merde" (p. 42).

6) "Top chrono pour les moutons. Consommez consommez avant que le cancer ne vous consume. Cassez votre tirelire cochons. Vous vous serrerez la ceinture après. Crédits crédits. Une seule vie ne suffit pas pour tout acheter" (p. 48).

7) "Debout les damnés de la terre. Ils vivent à ne pas douter leurs derniers instants. La culture d’état pue la mort. Les derniers penseurs sont enfermés dans la misère. Les éditeurs, les producteurs, travaillent par leur censure et leurs choix commerciaux à la désintégration du pensé debout" (p. 49).

â–º Jérôme BERTIN, Première ligne (Al dante, 15 janvier, 40 pages) :

8) "Festin de terre. Assis sur le lit la tête entre les mains. Cracher le poème et du sang. Du sens interdit. La tête cogne contre le carrelage" (p. 15).

9) "Anus, l’origine du monde. Plus de débats mais des combats. Des décombres des cobras. À la place de la langue, uppercut. Un sein vert expression. Tu vois le sang araignée sur le sol" (p. 18).

â–º Éric CHEVILLARD, L’Autofictif en vie sous les décombres (L’Arbre vengeur, 15 janvier, 234 pages) :

10) "Il y a les écrivains qui se complaisent dans le réel, qui fourrent leurs phrases dedans, qui en rajoutent une couche ; et les écrivains qui prennent le réel dans les rets tranchants de leurs phrases afin de le retailler à leur guise" (p. 14).

11) "L’écrivain ne doit pas s’y tromper. Il travaille aujourd’hui pour les ménagères de plus de 50 ans" (p. 85).

12) "Tous les autres mots ne sont pour lui que des euphémismes hypocrites et maniérés pour dire merde" (p. 93).

â–º Marc OHO-BAMBE, Le Chant des possibles (éditions La Cheminante, mars) :

13) "Souviens toi

De ce matin-là,

Ecarlate et révolutionnaire,

Du parfum de jasmin flottant dans l’ère alors

Souviens toi mon sang,

De la promesse du jour et des slogans,

Des chants de la rue défiant le joug des tyrans

Et la morsure des fusils"

â–º Serge Doubrovsky, Le Monstre (Grasset, avril 2014) :

14) "Vous pourrez enfin découvrir ici le texte restitué dans sa première composition, toute son opulence, sa première jeunesse, sa vitalité débordante, ses rêveries nomades et sa fascinante écriture. Le Monstre vous attirera dans son labyrinthe et vous n’essaierez même pas de trouver l’issue mais vous cheminerez, comme hypnotisé, à sa rencontre. L’approche génétique de ce texte aura aussi prouvé qu’il faut en finir de vouloir donner un seul sens à une œuvre, d’en faire une donatrice de signification" (Isabelle Grell).

Les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre 2013

LC, en 2013, c’est quelque 200 posts (si l’on tient compte de la pause estivale, cela fait une moyenne de 4,5 posts/semaine).

En quatre mois, vous êtes plus de 100 000 à être venus visiter les quelque 1 600 posts disponibles : les 10 les plus lus/vus (chiffres arrondis) témoignent aussi bien des goûts de lecture que des circuits de circulation et d’indexation.

â–º Chronique de Philippe Boisnard (17/05/2008) sur Ralbum (Léo Scheer) = 11 275 visites [total : + de 120 000]

â–º Emmanuel Adely, "No more reality" (création du 05/09/2009) = 4 475 [total : + de 50 000]

â–º Chronique de Fabrice Thumerel, "Richard Millet et la postlittérature" ("Manières de critiquer" / 01/04/2011) = 3 650 [total : + de 20 000]

â–º Michel Giroud, "Généalogi-z 2.1" (création du 9 décembre 2006) = 2 200 [total : + de 35 000]

â–º NEWS du dimanche 10/11/2013 (F. Thumerel) = 1 760

â–º Chronique de Périne Pichon sur La Direction des risques de Christophe Marmorat (07/11/2013) = 1 150

â–º Fabrice Thumerel, "De l’intellectuel critique" (20/01/2006 ; travail de recherche en cours de réécriture) = 775 [total : + de 15 000]

â–º Mathias Richard, « Pour un déclin du mot "roman" » ("Manières de critiquer" / 26/09/2013) = 725

â–º Matthieu Gosztola, "Vivre I" (création, 29/10/2013) = 600

â–º Thomas Déjeammes et Mathias Richard, "Dreamdrum 10 / Amatemp 28" (création, 14/09/2013) = 580

7 mars 2013

[Chronique] Eric Chevillard, L’Autofictif croque un piment (dossier 2/2)

Eric Chevillard, L’Autofictif croque un piment, éditions de l’Arbre vengeur, 2013, 256 pages, 15 euros, EAN 13 : 9-782916-1419-61.

"Voici L’autofictif, un recueil de citations prédécoupées, obligeamment servies à l’étudiant et au critique sans le contexte romanesque molasse, filasse et gluant duquel ils doivent ordinairement les extraire" (L’Autofictif voit une loutre, 2010, p. 212).

"Or ce n’est pas parce que tes livres ont peu de lecteurs que ceux-ci constituent indubitablement la super élite de l’humanité" (L’Autofictif croque un piment, p. 204).

A chacun sa chimère… Celle que porte l’écrivain a au moins le mérite de ne pas être illusoire et d’exister sur le même mode que le réel – c’est-à-dire du moindre-être… Ainsi Eric Chevillard poursuit-il son chemin, notamment sur la Toile, avec le même esprit de malice et d’autodérision – comme en témoigne l’exergue. Depuis septembre 2007, celui qui possède désormais son site et tient son blog autofictif prend en effet un malin plaisir à capter et capturer quotidiennement sur et dans la Toile les flux intérieurs comme les flux extérieurs : captivé/captivant, piégé/piégeur le spiderwriter…

Si le cinquième tome de son Autofictif, malgré son titre, est sans doute moins pimenté que les précédents (L’Autofictif voit une loutre en 2010, L’Autofictif père et fils en 2011 et L’Autofictif prend un coach en 2012) et surtout le premier (L’Autofictif, 2009), il ne nous en offre pas moins de subtiles épices humocritiques.

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22 septembre 2012

[Chronique] Carnet de libr-critique / 2. L’imposture Millet

Il n’y a d’"affaire Millet" que par la réaction de tous ceux qui, plutôt classés à gauche, ont pris le risque de passer pour de belles âmes tombant dans les travers qu’elles ont toujours dénoncés : la condamnation morale, la censure, l’ostracisme… Et en effet, on a pu parler à leur encontre de "lynchage", de "police de la pensée", de "fatwa germanopratine"… Dans "Pourquoi me tuez-vous ?" – publié dans L’Express en réponse immédiate au texte d’Annie Ernaux dans Le Monde approuvé par une centaine d’écrivains –, l’auteur lui-même, qui n’hésite pas à se ranger en droite ligne de Dostoïevski, de Drieu la Rochelle ou de Céline, se pose en victime d’une haineuse "chasse à l’homme", d’autant plus incompris que pas vraiment lu. On appréciera la mesure dont il fait preuve à l’égard de ses contradicteurs : "Mes ennemis ? Des fonctionnaires du système médiatico-littéraire, journalistes, échotiers, écrivains parvenus, indigents essayistes. […]. Quelques têtes molles se croient tenues de clamer leur indignation, parmi lesquelles un multiculturaliste invertébré, un poète liquide, un francophone mal à l’aise dans la langue française, un pop philosophe reconverti dans le méharisme saoudo-qatari, une romancière extralinguistique, une pasionaria de l’aveuglement postracial, des KGBistes de l’inculture active et tous ceux qui, n’en doutons pas, vont chercher à exister enfin à mes dépens… Pourquoi me tuez-vous ?"

De quoi s’agit-il ? Un auteur-éditeur aussi connu pour ses provocations extrémistes que pour son œuvre romanesque publie chez un éditeur quasi inconnu, sous couvert du label "éloge littéraire", ce qu’il n’était pas de bon ton que Gallimard publiât : non pas tant une apologie totalement explicite du crime, mais, dans la plus pure tradition de l’extrême-droite, un pamphlet xénophobe contre la décadence de l’Europe. L’indignation suscitée dans le champ littéraire comme dans le champ du pouvoir, notamment parmi les autres auteurs de la vénérable maison d’édition – dont le prix Nobel Le Clézio –, n’est pas sans conséquence : jeudi 13 septembre, Richard Millet démissionne du prestigieux Comité de Lecture.

Assurément, plusieurs questions demeurent en suspens : la publication d’un tel livre était-elle censée bénéficier d’un quelconque poids social et symbolique ? La polémique n’en fait-elle pas la promotion ? Est-ce, comme le prétend son auteur, la littérature qu’on vise à travers lui ? Fallait-il fustiger Richard Millet en le suivant sur son propre terrain, celui du lexique moral, voire en jouant les procureurs ? Pourquoi s’arrêter au seul Éloge littéraire d’Anders Breivik, sans le rattacher à l’essai principal (Langue fantôme, Pierre-Guillaume de Roux, été 2012, 120 pages, 16 €), lequel fait écho, chez le même éditeur, à De l’antiracisme comme terreur littéraire (été 2012) et à La Fatigue du sens (2011) ? S’opposer à une quelconque bien-pensance suffit-il pour être subversif ? Toute réaction à un excès affiché comme dérangeant doit-il être taxé de "réactionnaire" ? En fin de compte, de quoi Richard Millet est-il le nom ?

Sans oublier de renvoyer à quelques positions emblématiques, on tentera ici de préciser, avec le plus de distance et de rigueur possibles, en quoi consiste l’imposture Millet.

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9 septembre 2012

[News] News du dimanche

Avant de revenir dans notre Carnet de libr-critique sur la polémique autour de Richard Millet – qui va prendre une autre tournure demain avec la parution dans Le Monde d’un texte très libre et très critique d’Annie Ernaux, soutenue par bon nombre d’écrivains – et de présenter quelques livres majeurs (Novarina, La Quatrième Personne du singulier ; François Bon, Autobiographie des objets ; Éric Chevillard, L’Auteur et moi ; Thierry Beinstingel, Ils désertent ; le numéro 1 d’Attaques…), pleins feux sur ActOral 12 et sur le dernier récit de Jérôme Bertin qui paraît en fin de semaine (Le Patient, Al dante).

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16 juillet 2012

[Revue] Roman 20-50, n° 53 : Richard Millet

Roman 20-50, Université de Lille III, n° 53 : "Richard Millet, La Gloire des Pythre, Lauve le pur et Ma vie parmi les ombres" (études réunies par Christian Morzewski), juin 2012, pp. 3-108 pour le dossier critique.

Suite aux Actes du premier colloque international consacré à l’œuvre de Richard Millet (Richard Millet : la langue du roman, Artois Presses Université, 2008), Christian Morzewski a orchestré un dossier dense qui porte sur trois romans majeurs de l’écrivain.

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1 avril 2011

[Manières de critiquer : le roman contemporain] Richard Millet et la postlittérature

Richard MILLET, L’Enfer du roman. Réflexions sur la postlittérature, Gallimard, automne 2010, 280 pages, 18,90 €, ISBN : 978-2-07-012969-0.

Trois ans après la publication des Actes du colloque international organisé à l’université d’Artois, Richard Millet, La Langue du roman, et à la veille de notre Rencontre Libr-critique sur les formes narratives actuelles, revenons sur l’intéressant essai de Richard Millet paru il y a six mois environ, dont le titre est tout à fait significatif.

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8 avril 2008

[Livre] Christian Morzewski dir., Richard Millet : la langue du roman

   Christian Morzewski dir., Richard Millet : la langue du roman, Artois Presses Université, 2008, 180 pages, 18 € ISBN : 978-2-84832-080-9

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