Libr-critique

15 février 2019

[Texte] Mathias Richard, Mes mots sont animaux

Nos Libr-lecteurs connaissent très bien Mathias Richard, l’un des auteurs les plus présents sur le site depuis une dizaine d’années. Le directeur des Caméras animales nous livre ici, en lieu et place d’un traité, une litanie de/sur l’animalité…

[Écouter ce texte]

Mes mots sont animaux. Mes mots sont animaux. Mes mots sont animaux. Mes mots sont animaux. Mes mots sont animaux. Mes mots sont animaux.

MES MOTS.
SONT ANIMAUX.

MES MOTS SONT ANIMAUX.
MES MOTS SONT ANIMAUX.
MES MOTS SONT ANIMAUX.
MES MOTS SONT ANIMAUX.
MES MOTS SONT ANIMAUX.
MES MOTS SONT ANIMAUX.
MES MOTS SONT ANIMAUX.
MES MOTS SONT ANIMAUX.

MON ÂME EST ANIMALE
MON PÈRE EST ANIMAL
LA GUERRE EST ANIMALE
LA TERRE EST ANIMALE

Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.

LA MORT EST ANIMALE
MON CORPS EST ANIMAL
LES FLEURS SONT ANIMALES
LES PIERRES SONT ANIMALES

Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.

MA BOUCHE EST ANIMALE
MA MÈRE EST ANIMALE
LA VILLE EST ANIMALE
LE CIEL EST ANIMAL

Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.

MA SÅ’UR EST ANIMALE
MON CÅ’UR EST ANIMAL
LA BAVE EST ANIMALE
LA VAGUE EST ANIMALE

Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.

LA ROUTE EST ANIMALE
LA LANGUE EST ANIMALE
LA BAISE EST ANIMALE
LA LUNE EST ANIMALE

Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.

LA PORTE EST ANIMALE
LA BOUE EST ANIMALE
LE PUNCH EST ANIMAL
LA VIE EST ANIMALE

Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.

LA BALLE EST ANIMALE
LE MAL EST ANIMAL
LE SOL EST ANIMAL
LE FEU EST ANIMAL

L’IDÉE EST ANIMALE
L’ESPACE EST ANIMAL
LE WEB EST ANIMAL
ROBOT EST ANIMAL

MA TÊTE EST ANIMALE
MA BITE EST ANIMALE
PENSÉE EST ANIMALE
LOGIQUE EST ANIMALE
MON FRÈRE EST ANIMAL
LA GUERRE EST ANIMALE
LE MONDE EST ANIMAL
LE MONDE EST ANIMAL

Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.

LES YEUX SONT ANIMAUX
LES PIEDS SONT ANIMAUX
LES BRAS SONT ANIMAUX
LES DOIGTS SONT ANIMAUX

LES MAINS SONT ANIMALES
LES CHATTES SONT ANIMALES
LES LARMES SONT ANIMALES
LANGAGE EST ANIMAL
LE SEXE EST ANIMAL
LE SANG EST ANIMAL
CIRCUIT EST ANIMAL
ORDI EST ANIMAL
CHAUSSURE EST ANIMALE
VOITURE EST ANIMALE
L’AVION EST ANIMAL
LE TRAIN EST ANIMAL
FUSÉE EST ANIMALE
L’ESPACE EST ANIMAL
ALIEN EST ANIMAL

Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.

MON CRÂNE EST ANIMAL
MON VENTRE EST ANIMAL
L’HUMAIN EST ANIMAL
LE SANG EST ANIMAL
LE FER EST ANIMAL
BITUME EST ANIMAL
LE FLINGUE EST ANIMAL
LES DIEUX SONT ANIMAUX

Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.
Mes mots sont animaux.

L’AMIBE EST ANIMALE
L’INSECTE EST ANIMAL
LA MOUCHE EST ANIMALE
LES DIEUX SONT ANIMAUX
LES SEINS SONT ANIMAUX
LES CHEVEUX SONT ANIMAUX
LE TORSE EST ANIMAL
LE CUL EST ANIMAL
L’AMOUR EST ANIMAL
LE LUXE EST ANIMAL
MUSIQUE EST ANIMALE
LES DANSES SONT ANIMALES
LES DIEUX SONT ANIMAUX
MUSIQUE EST ANIMALE
LES DANSES SONT ANIMALES
LES DIEUX SONT ANIMAUX
MON ÂME EST ANIMALE
MON PÈRE EST ANIMAL
LA GUERRE EST ANIMALE
LA TERRE EST ANIMALE
LA TÊTE EST ANIMALE
L’ESPACE EST ANIMAL
COSMOS EST ANIMAL
COSMOS EST ANIMAL

COSMOS EST ANIMAL

COSMOS EST ANIMAL

(souffle)

Animal est animal.
Animal est animal.
Animal est animal.

ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL.
ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL.
ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL.
ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL.
ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL.
ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL.
ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL, ANIMAL EST ANIMAL.
Animal est animal. Animal est animal. Animal est animal. Animal est animal.
Animal est animal. Animal est animal. Animal est animal. Animal est animal.
Animal est animal. Animal est animal. Animal est animal. Animal est animal.
Animal est animal. Animal est animal. Animal est animal. Animal est animal…

15 septembre 2018

[Texte] Mathias Richard, Je suis devenu la nuit même

Après la soirée Remue.net / Libr-critique à la Maison de la poésie, intitulée « Poésie et performance aujourd’hui », voici un nouvel agencement répétitif de Mathias Richard.

Pendant des années, je vivais la nuit.
Je dormais le jour, je travaillais la nuit.
Le matin c’était le soir, la nuit c’était le jour. J’ai vécu dans une longue nuit. J’aimais la nuit, je me baignais de nuit. Je connaissais des gens, de nuit. Je respirais la nuit. Je, recherchais la nuit. Je suis devenu la nuit, je suis devenu la nuit même. J’étais dans une longue nuit. Je vivais dans une longue nuit comme dans une cave. Une nuit sans fin, j’ai vécu dans une longue nuit sans fin de plusieurs années. J’aimais la nuit, je n’aimais pas la nuit, mais la nuit était là où je vivais, la nuit était, mon élément, la nuit était mon jour, la nuit, la nuit était, était la vie, la nuit était simplement ce que je pouvais vivre. Voilà, le reste n’existait pas, j’étais la nuit, j’ai vécu dans la nuit, et aujourd’hui je veux que ça s’arrête, je veux vivre dans le jour, je veux vivre dans le soleil. Je, je veux vivre dans la lumière, je veux que le jour soit le jour, et que la nuit soit la nuit. Je veux que le jour soit le jour, et que la nuit soit la nuit. Je veux que le jour soit le jour, et que la nuit soit la nuit enfin. Je veux que le jour soit le jour enfin. Je veux vivre le jour, je veux voir le soleil. Je veux, je veux respirer le matin, je veux…

Je sors de la nuit, j’ai vécu dans la nuit, j’ai vécu une longue nuit. Je me réveillais, c’était le soir, et la nuit était mon jour.
Pendant des jours, et des semaines et des mois et des années comme ça, toute ma vie comme ça, la nuit était mon jour, je vivais la nuit, je vis la nuit, je travaille la nuit, je rencontre des gens la nuit, je fais tout la nuit, je me couche quand le soleil vient, et ça pendant plusieurs années, j’ai vécu dans la nuit, la nuit était mon jour, la nuit était ma normalité. Ma peau était nuit, ma peau était nuit, mon cerveau était nuit. Mon sexe était nuit, tout était nuit en moi. Je suis devenu une nuit, je suis devenu une longue nuit, je suis devenu la nuit, je suis devenu la nuit même. Ma peau de nuit, mes yeux de nuit, mon écriture de nuit, mes mots de nuit, ma bouche de nuit, mon sexe de nuit, mes pieds de nuit, je marchais la nuit, beaucoup je marchais, je sortais, je marchais, j’écrivais, je vivais la nuit, je travaillais la nuit, je travaillais la nuit, je vivais la nuit, je mangeais la nuit, la nuit était très longue, je recherchais les nuits les plus longues, et j’ai vécu dans une nuit longue de plusieurs années, de plusieurs années, je sors, je sors, je ne sais pas si j’arrive à en sortir, d’une nuit, de plusieurs années, mais aujourd’hui je veux, changer, aujourd’hui je veux que, je veux que le jour, soit le jour, enfin, aujourd’hui je veux, que le jour soit, la lumière, enfin, aujourd’hui je veux vivre, dans la lumière, je veux laisser ma peau de nuit, derrière, voilà.

J’étais devenu la nuit même, je suis devenu la nuit même. Je me suis englouti, moi-même. Je me suis englouti moi-même. Aujourd’hui, ma peau, de nuit, est blanche, et je veux… Je sors d’une grotte, je sors d’une longue nuit, de plusieurs années, je veux en sortir aujourd’hui, je veux vivre, dans le jour. Je veux vivre dans le jour. Je veux vivre dans le jour. Je veux vivre dans la lumière. Je veux voir la lumière sur les feuillages. Je veux voir la lumière sur les feuillages dans le vent. Je veux voir le bleu du ciel. Je veux vivre dans le jour. Je veux vivre dans la lumière. Je veux vivre comme tout le monde. Je veux vivre avec les humains.

Je veux,
devenir le jour.
Je veux,
devenir le jour même.
Je veux,
vivre dans le jour.
Que le jour soit le jour,
que la nuit soit la nuit,
que le jour soit le jour,
enfin.

2 mai 2018

[News] Poésie et performance aujourd’hui

Libr-critique vous invite à une soirée organisée par Remue.net à la Maison de la poésie le mercredi 23 mai (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris : tarif : 5 € / adhérent : 0 €) : c’est dans trois semaines tout juste… il est donc temps de s’inscrire : ici

Rencontre & performance 

Mercredi 23 mai – 20h 

« Poésie & performance aujourd’hui »

Gaëlle Théval & Mathias Richard

Rencontre animée par Fabrice Thumerel 

En un XXIesiècle où tout festival et toute soirée poétique de bon ton affichent des performances, où tout tend à devenir performance, qu’en est-il véritablement de ce que l’on appelle « performance » dans l’espace poétique actuel ? En quoi se différencie-t-elle d’une simple lecture, d’un one-man-show, voire d’une saynète ? Toute action publique et éphémère est-elle performance ? « Que fait la performance à la poésie ? » (Abigail Lang).

 

Poésie sonore, poésie-action, poésie orale, happening, poésie pop, audio-poésie, vidéo-poésie, poésie sonique, poésie scénique, lecture-performance, poésie-performance… Que signifient ces appellations ? Quels sont leurs rapports effectifs à la performance poétique ?

Quelles pratiques aujourd’hui, verbales et non verbales ? Quelles lignées ? Quelles lignes de force ? Quels noms ?

 

C’est ce dont nous débattrons avec Gaëlle Théval, universitaire et critique spécialisée dans les poésies expérimentales, auteure de Poésies ready-made(2015), qui vient de publier avec Olivier Penot-Lacassagne le volume collectif Poésie & Performance (2018). Participera également à la discussion, après sa performance, Mathias Richard, chef de file du mutantisme, cet avant-gardisme qui se nourrit de nouveaux imaginaires (SF, jeux vidéos, etc.) et nouvelles techniques au carrefour de la performance, de la poésie sonore et de la poésie multimédia, tout en s’érigeant à l’encontre des dérives ultra modernistes : nous aurons le plaisir d’apprécier avec nos yeux, nos oreilles et notre imagination ces pratiques originales. 

 

À lire – Olivier Penot-Lacassagne & Gaëlle Théval, Poésie & Performance, éditions Cécile Defaut, 2018.

 

Mathias Richard et alii, Manifeste mutantiste1.1, Caméras animales, 2011 ;
Mathias Richard, Mutantisme : patch 1.2, Caméras animales, 2016 ;
– syn-t.ext, Tituli, 2016.

  

28 octobre 2017

[Texte] Mathias Richard, Prenssée H

Suite des "prenssées" de Mathias Richard, l’auteur du Manifeste mutantiste : patch 1.2 et de syn-t. ext [sur LC]. [Lire "prenssée #g"].

Ici le Capitaine. Prends tes médocs. Nous entrons dans un nuage électronique.

Cette ceinture d’astéroïdes cache de la pornographie non humaine.

Sandy Marton , tes fans te réclament. Quel son extraordinaire .C’est de la Balle

(bièrestorming. la sueur joue de la batterie)

Moi, pour rester léger et respecteux, je dis : “Dieu, c’est PAPA. La TERRE c’est MAMAN. D’une ils font ce qu’ils veulent et je suis sûr qu’ils ont beaucoup de travail aussi.(Ils pratiquent tous les deux le Kung Fu Traditionnel.)

Sinon ça va, yes, même si un peu marre de la Semaine de la Santé Mentale.

Les mots sont évolués, efficaces.

A l’intérieur de moi, en continu, il y a des cris en boucle. Les extraterrestres existent mais ils sont morts. J’ai envie de féconder un ovule : me mettre une balle dans la tête alors qu’il fait beau et que les oiseaux chantent. Puis remplacer le cerveau par une méduse. Une sphère creuse composée d’oreilles attentives, une mosaïque de lobes, de replis et d’orifices noir d’encre, articulés comme des écailles de poisson. Comme ça, on ne distingue plus les caractères particuliers : on traverse des forêts, on foule des fleurs, on escalade des pierres. Le visage reste humain mais se continue en mouvements qui ne le sont plus et le changent en griffon, et même en plante,

et dedans ya 4 points cardinaux, le nord le sud l’est l’ouest, tous ont la même intensité

ça pousse de partout et dans tous les sens et il faut se concentrer sur

UNE SEULE CHOSE…

(j’entends ce que je pense et pas ce que je dis)

 

– T’embrasser, j’en avais envie depuis la première fois où je t’ai vue.

– Et moi, j’en avais envie même avant.

 

Maintenant je garde juste la tête baissée.

Je vais au travail, je vais à la maison.

Et je sais que ce n’est pas ma vie.

Un système perfectionné de lumières, tout le temps allumées pour personne, s’éteint seulement quand je passe devant elles.

Une tête sans visage se regarde dans le noir. Accès au contrôle du cerveau-implant refusée. Accès administrateur. Erreur système.

Très bien, continue d’avancer. Tu sais comment ça marche ; tu t’arrêtes, tu meurs.

Ton silence exprime les volumes. La ville prend la forme de fantasmes sexuels. Des culs-de-sac continus, successifs. 16€, une esclave. 20€, un meurtre. En vis-à-vis : 1 hôtel, 1 hôpital, 1 cimetière. Montre-moi ta chambre et mets les films sur ta peau. Vous n’êtes plus qu’à 1 225,00€ de la livraison gratuite. A force de se dire des gentillesses ça va mal tourner. Il faut couper les trous. Nous désirons la révolte pour la révolte. Ce qu’on a fait et ce qu’on n’a pas eu le temps de faire. ddoouubblleerr  lleess  lleettttrreess. J’arrive pas à comprendre si ça me fait bien ou si ça me fait mal. ça me chamboule. C’est comme si on vous demande votre nom et que vous ne savez pas. Ça vous conduit au poste. Conclusion : il vaut mieux savoir qui on est. À la fin on s’arrose tous au jet d’eau, chevaux et humains mélangés ; avec, devinés dans des pantalons audacieux, les sexes les plus beaux de la Marine Royale ; et des pensées, des sentiments comme un tourbillon de pétales, de bouts de papier, de poussières, de papillons.

vivons, vivons, vivons

vivons à travers la vie

vivons à travers tout

vivons, vivons, vivons

je nais je meurs, je nais je meurs, je nais meurs

j’ai 2mn d’autonomie de joie et après ça retombe

Mission relooking, je demande à mon chirurgien esthétique de me transformer en émoticône. Nouveau jour, nouvelles idées, nouveau soi.

Mais finalement les Chinois sont punis de confectionner tous nos objets car ils ne peuvent plus rapporter de souvenirs Made in France à leurs amis car en dessous c’est marqué « Made in China ».

Un flic dans ma tête me distraie et vole mes pensées. Ce texte n’est pas lisible dans votre zone géographique. Ce matériel génétique est sous propriété intellectuelle.

 

Je vous prie de retourner dans vos paradis calmement.

Dans ma conclusion, je serai circoncis :

 

Notre seul futur… est le futur.

 

Nous souhaitons remercier ces planètes

sans lesquelles ce texte n’aurait pas été possible :

LYTHION

JUPITER

VENUS

MARS

URANUS

SATURNE

TERRE

Et beaucoup d’étoiles !

22 septembre 2017

[Texte] Mathias Richard, Tu te dis que tu devrais changer

Le changement, c’est maintenant ?… Voici un nouvel agencement répétitif qui fait partie du prochain livre – prometteur ! – de Mathias Richard : À travers tout.

Mathias Richard : "Cela pose question de le voir par écrit puisqu’il ne fut originellement pas conçu pour la lecture de l’œil, mais un matériau/partition avec des micros enregistreurs. Il faut donc voir cela comme une trace d’autre chose. (Et par extension cela pose la question de toute publication de texte créé pour l’oralité). La version pour voix seule n’existe pas en ligne, mais on peut écouter ici une version improvisée avec le musicien Antoine Herran".

 

tu penses que chacun a une marge de manœuvre par rapport à son point de départ

tu le penses, tu le travailles, tu le dis

tu penses que chacun a une marge de manœuvre, tu te dis ça, tu le dis aux autres, tu l’écris, tu penses que chacun a une marge, une petite marge, mais une marge, 20% peut-être, voilà 20%, une marge de manœuvre, de modification, de changement, par rapport à son point de départ, par rapport à ses vicissitudes, par rapport à ses défauts, par rapport à son passé, par rapport à son origine, par rapport à ses aberrations, par rapport à ses déterminismes

tu te dis, qu’il y a une marge, de manœuvre, il faut changer, évoluer, se modifier

tu te le dis, que c’est possible

tu te le dis, que c’est nécessaire, il le faut, tu te le dis souvent, tu te le dis tout le temps, changer, se modifier, écouter, s’adapter

pour moins

souffrir

car il le faut

 

maintenant, tout de suite, absolument

 

tu dois le faire, tu ne dois pas le faire, cela doit te traverser, cela doit être, cela doit être

 

 

***

 

 

tu te dis que tu devrais changer

tu te dis que tu devrais

te modifier

tu te le dis

souvent

tu te le dis

maintenant

tu le dis, tu l’écris, tu le penses, tu l’oublies, et ça revient, tu te dis que tu devrais changer, évoluer, t’adapter, tu te dis que tu devrais essayer, tu te dis que tu devrais y penser, tu te dis que tu devrais / changer, maintenant, c’est l’heure, c’est l’heure, changer, te modifier, c’est l’heure, tu le dois, il le faut, il est vrai / qu’il le faut, il est vrai que tu le dois, il est vrai qu’il le faille, car tu as une faille, plein de petites failles, par où tu fuis, par où l’air fuit de toi, par où la joie fuit de toi, par où / la vie fuit de toi, tu as plein de petites failles

tu te dis que tu devrais changer, évoluer, mais en attendant tu mets la main sur les failles, pour    que    cela ne fuit pas   trop vite, parfois tu rencontres des personnes  qui sont comme des rustines, et pendant quelques temps tu arrêtes de fuir mais dès que la personne s’éloigne / la vie à nouveau fuit de toi, la joie à nouveau fuit de toi et tu as beau en accumuler en aspirer à toute vitesse cela fuit de toi plus vite que cela ne t’arrive

tu te dis que tu dois changer, évoluer, maintenant, c’est l’heure, tu le dois, tu le bras, tu le jambes, tu le têtes, tu le bouches, tu le oreilles, tu le sens, tu le veux, t-tu le dois, tu te dis que tu n’as pas le choix, tu te dis qu’il le faut, il le faut, il est vrai qu’il le faut, il est vrai qu’il le faille, il est vrai que tu as une faille, des failles, plein de petites failles, c’est pour ça que tu fumes, parce que tu fuis, tu fumes et tu aspires et tu aspires (()) et tu aspires de l’air et tu te gonfles et tu te gonfles en aspirant et en aspirant tu te dis que tu vas être plein, mais plus tu aspires plus tu fuis par toutes tes petites failles, par tous tes petits trous invisibles, tu fuis de partout, tu fuis de partout, il te faut beaucoup de joie, beaucoup beaucoup de joie, beaucoup beaucoup de joie, car elle fuit de toi à toute vitesse, alors il faut en avoir encore plus, il faut devenir une usine à joie, ou alors arrêter de fuir, mais tu n’as pas compris comment arrêter de fuir, alors tu / deviens une usine, une usine à joie, tu te dis je dois changer, me modifier, me stabiliser, m’adapter, muter, me transformer, écouter, imiter, il faut essayer, tu le dois, c’est une question de vi ou de va ou de vou ou de vé ou de vou ou de vin ou de gin de vin, c’est une question de mer ou de mir ou de mor ou de mour ou de mur ou de mor ou de mer, tu dois, tu te le dis souvent, tu dois changer, changer, te modifier

allez maintenant tout de suite là !, change de costume, change de tête, change de cerveau, change de    planète, change d’espèce, change d-/ d’origine, change de destination, change de tenue, change de   posture, change de voix, change (()) de respiration, change  d’ami, change  d’ennemi, change  de tout, change tes chaussettes, change, change, modifie, change ! c’est l’heure, tu le dois, tu n’as pas le choix, tu le dois, tu te le dis souvent, tu le dis tout le temps, parfois tu l’oublies, ça va un peu mieux, tu l’oublies.., et ça revient et tu te dis je dois changer, me modifier, hein, et là-bas y a, hein  l’a pas l’air si mal là-bas, et pourquoi je suis pas comme ça moi, hein pourquoi je ne suis pas comme ça moi, héin j’aimerais bien être comme ça moi, hein j’aimerais bien être comme ci comme ça, mais je suis  comme moi, mais moi moi moi j’m’en fous je veux changer, me modifier, m’adapter, écouter, imiter, me transformer,  m’évoluer, muter, changer, c’est une question qui n’est pas une question car il le faut, il le faut, tu te dis c’est peut-être possible de changer, se modifier, tu te le dis, tu l’espères, tu n’y crois pas vraiment, mais tu te dis que c’est possible, que tu as déjà changé, tu as vu autour de toi des gens qui changent, alors il faut changer, se modifier, coûte que coûte, mais     quel est le chemin, s’oublier soi-même, aller à l’envers, être autre, hmm

 

c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure

c’est l’heure d’être autre, c’est l’heure d’être autre, c’est l’heure d’être autre

c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure

c’est l’heure de changer, c’est l’heure de changer, c’est l’heure de se modifier, c’est l’heure de se retourner, c’est l’heure de s’inverser, c’est l’heure d’être autre

c’est l’heure

de

voir

ailleurs

c’est l’heure d’être    ailleurs

c’est l’heure de vivre            ailleurs

c’est l’heure de vendre         ailleurs

c’est l’heure de sentir           ailleurs

c’est l’heure de penser         ailleurs

c’est l’heure de dire ailleurs

c’est l’heure de chanter        ailleurs

c’est l’heure de voir ailleurs

c’est l’heure de monter        ailleurs

c’est l’heure de sentir           ailleurs

c’est l’heure de dormir         ailleurs

c’est l’heure d’aller voir  ailleurs…

tu le dois, tu le dois, tu le dois, tu le dois, tu le dois, tu le dois, tu le dois, tu le dois, tu le mains, tu le bras, tu le torses, tu le bouches, tu l’œilles, tu le dois, tu le pieds, tu le jambes, tu le dois, tu le dois, tu le dois, tu le bouches, tu le dents, tu le nez, tu l’œilles, tu l’oreilles, tu le cerveaux, tu le têtes, tu le dois, tu le dois – c’est l’heure !

 

change ! (x20) (tape mains au début)

change de vie, encore, aujourd’hui, par-dessus bord, t’en fout la mort, s’en fout, aller dehors, par-dessus bord, aller dehors, encore, j’ai tort, s’en fout la mort, aujourd’hui, voilà, tout est fini, tout est fini, tout change, il faut changer, tout est fini, aujourd’hui, c’est l’heure

tout est fini, aujourd’hui, maintenant, c’est l’heure

il faut changer, maintenant, immédiatement, c’est l’heure

aujourd’hui, tout est fini, aujourd’hui il faut, changer, se modifier, tout est fini, aller dehors, par-dessus bord, changer, se modifier, aujourd’hui, maintenant, immédiatement, il faut changer de vie – encore !, maintenant, immédiatement, changer, se modifier, muter, évoluer, s’adapter, muter, évoluer, s’adapter, changer, se modifier, imiter, changer, s’oublier, immédiatement, maintenant, immédiatement, maintenant, immédiatement, maintenant, c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure, accélère, c’est l’heure, accélère, c’est l’heure, accélère, c’est l’heure, il faut, aller dehors, par-dessus bord, changer, changer de corps, encore, changer de vie, aujourd’hui, immédiatement, c’est l’heure, changer de vie, aujourd’hui, immédiatement, c’est l’heure, changer de corps, j’ai tort, tromper la mort, encore, aller dehors, s’en fout la mort, par-dessus bord, immédiatement, C’EST L’HEURE !

 

c’est l’heure, de changer, se modifier, évoluer, s’oublier

c’est l’heure, accélère, c’est l’heure, accélère, c’est l’heure, c’est l’heure, il le faut, ce n’est plus une question, c’est une question qui n’est plus une question car il le faut car tu le dois, tu dois changer, évoluer, aujourd’hui, immédiatement, maintenant

tu dois le faire, c’est une question de mor, ou de mar, ou de mer, ou de mor ou de mir, ou de mor, ou de va, ou de vous, ou de vi, ou de vé, immédiatement, tout de suite, là, présentement, il le faut, changer, évoluer, s’adapter, changer, s’oublier, se retourner

aoh s’oublier

aoh se retourner

aoh s’étonner

aoh s’inverser

aoh ha

aoh hin

change tes pensées, change tes cellules, change ta bouche, change ta voix

change ta

change tes

change tout (x6)

change chtou chtou (x2)

change tout, change tout

chtou, chtou

allez c’est l’heure, c’est l’heure, maintenant c’est l’heure, accélère, change, voilà, vite, hé change ça et change les paramètres, et change la lumière, et change les couleurs, change le son, change, change, change, change la planète, change l’espèce, change tout, change tout, allez allez, allez allez allez, change de corps, encore, va dehors, par-dessus bord, aujourd’hui, maintenant, change de vie, change de tout, change de mort, change de chemin, change de parcours,

change, modifie (x3)

regarde, écoute, imite, oublie, transforme

change, modifie, immédiatement, allez accélère c’est l’heure, c’est l’heure là, tu entends la sonnerie ?, la sonnerie elle sonne elle sonne elle sonne elle sonne

c’est l’heure c’est l’heure, debout réveille-toi change, debout réveille-toi, debout réveille-toi endors-toi, debout endors-toi rêve, debout rêve envole-toi réveille-toi endors-toi rampe, ne sens plus ne pense plus change oublie-toi

c’est l’heure, c’est l’heure de changer, c’est l’heure de ne plus penser, c’est l’heure d’être autre, c’est l’heure d’être autre, c’est l’heure de devenir, c’est l’heure d’envir, c’est l’heure de devenir, c’est l’heure d’en vivre, c’est l’heure de vivre, c’est l’heure de vivre, c’est l’heure de vivre, tu entends la sonnerie ? C’est – l’heure – de – vivre, c’est l’heure de changer, d’évoluer, d’être autre, de tout oublier, tu entends la sonnerie ? C’est – l’heure – de – vivre

la sonnerie elle sonne elle sonne elle sonne elle sonne, tu entends la sonnerie ? elle sonne elle sonne elle sonne, tu entends ? C’est – l’heure – de – vivre

C’est – l’heure – de – vivre

C’est – l’heure

C’est – l’heure

14 juillet 2017

[Texte] Mathias Richard, Prenssée G

Suite des "prenssées" de Mathias Richard, l’auteur du Manifeste mutantiste : patch 1.2 et de syn-t. ext [sur LC]. [Lire "prenssée #f"].

Titre du texte : 06 95 27 19 55 / Je supprime régulièrement mes amis. / la bonne odeur d’herbes coupées des TERRAIN MILITAIRE : DEFENSE D’ENTRER / Je veux du soleil. Je ne dois pas me porter bien. Beaucoup, beaucoup de soleil. Devenir vraiment malade. Du soleil sur moi, qui me baigne, partout, de sa chaleur. Rester malade. Devenir plus malade. / des pensées se mêlent ensemble alors qu’elles ne devraient pas être mélangées les unes aux autres / J’ai jamais aussi bien baisé de ma vie. Mais c’était pas avec la bonne personne. / on renverse le contenu des tiroirs pour les mélanger ensemble / les folies s’interpénètrent, interagissent / Il faut s’ouvrir l’un à l’autre de tous ses tentacules. / derrière mon pansement, j’ai un vagin sur l’avant-bras / Est-ce que mon fœtus peut tomber enceinte. Réponse oui si c’est une fille. / Il y a un conflit entre ma cicatrisation et ma respiration. /

 

JE VEUX ACHETER DES AUTOMATISMES

JE VEUX ACHETER DES NOUVEAUX AUTOMATISMES

 

JE VEUX ACHETER DES AUTOMATISMES

DES NOUVEAUX AUTOMATISMES

 

du corps acéphale surgit une tête chiée

(l’anus-chie-tête, on l’appelle) / Il reste 37 secondes pour changer votre façon de penser.

 

Comment :

mentir.

Comment :

tirer.

Comment :

réfléchir.

Comment :

chier.

 

l’accouchement par l’orgasme | la première éjaculation : la première fois qu’un certain passage est emprunté dans le corps | Notre corps brille dans le noir, d’une lumière 1000 fois plus faible que celle que notre œil peut percevoir. | Je me dessine sur le regard un gigantesque 8 lumineux pour ne pas voir autre chose. | L’enseignement par hypnose fonctionne et deviendra généralisé à partir de la rentrée prochaine. | Je n’ai plus confiance en toi, je te libère de ma confiance.

 

toute la nuit est finie

la nuit entière est finie

toute la nuit est finie entièrement

toute la nuit entière est finie

toute la nuit est entièrement finie

 

Les camions poubelles sont mon opéra. / Aujourd’hui les fifilles sont épanouies comme des fleufleurs. / Haute comme 3 pommes, elle a fait 100 pas. (Soit 300 pommes.) / Son poème favori est un billet de 500€. / La fille porte un t-shirt « Je suis une bombe, Jihad, née le 11 septembre. » | Tu as tellement de rides que t’as des sourires dans ton sourire. | Seul, de la manière la plus terrifiante, et tu n’es pas la personne que tu voudrais être. | un corps composé de culs, un corps tout en cul, en calculs de cul ; un corps de culs | je tu il dans les elles | la vie monte et déborde sous forme de gestes | ça hurle sous ma peau, en moi, dans ce que je suis | panique attentat quoi faire je sais pas | j’ai pas le temps de naître | Souvent les choses ne sont pas une question de temps mais d’élan.

 

j’aimerais en fait pouvoir fumer en continu

aspirer et que cela soit bon, mais sans fumer,

juste avoir la sensation de fumer mais sans fumer juste en sentant le passage de l’air

cela s’appelle respirer

fumer, mais sans fumer, juste en respirant

28 juin 2017

[Texte] Mathias Richard, Prenssée F : on appuie sur tous les boutons

Suite des "prenssées" de Mathias Richard, l’auteur du Manifeste mutantiste : patch 1.2 et de syn-t. ext [sur LC]. [Lire "prenssée #e"].

laboratoire de folie contrôlée Ici sont menées depuis ONZE ans des recherches pionnières sur la CONSCIENCE, ayant fait l’objet de plus de 270 publications.

 

Vous n’avez pas besoin de LIRE pour comprendre ce texte. Ceci est une escroquerie. La méthode permet de doubler votre temps – quoi que vous fassiez. Le virement sur votre compte bancaire est en cours. Un cerveau ça sert PAS à PENSER, ÇA SERT À AGIR. J’envoie des SMS mentaux et les gens les reçoivent. Ma tête est piratée, comment récupérer mon compte ?

 

La dure réalité me frappe. Je vais passer le reste de ma vie comme cela – totalement seul. Une vie c’est vrai c’est court, mais d’une certaine autre manière c’est long, il y a beaucoup de jours. Et beaucoup de minutes dans chaque jour. regarder un film encore plus triste que moi, ça va équilibrer tu crois ? Je cherche à me créer les déceptions les plus fortes possibles. Ici j’ai vu tant de cloportes ne souhaitant qu’une seule chose : ramper hors de toute lumière, se vautrer dans l’immondice, y vivre, y prospérer, bafouer avec impunité. centaines de milliers de logements en série, que leur numéro seul permet de distinguer Elle se promène avec des sacs en plastique remplis de sacs en plastique. Barbecue, sèche-cheveux, épilateur… Les indispensables pour l’été

 

8 mini objets Femme chocolat Glaces maison onctueuses au micro-ondes en 5 min, Hommes éviter la panne de batterie 5 Pièges Beauté du lave-vaisselle, Changement d’heure : les clés pour choisir des œuvres fleurissent à l’infini, sans regard pour se poser dessus Nazisme Inceste Nadine Morano Cocaïne Sextoy Porno gay Shakira Marine Le Pen Théorie des cordes Rouler un joint Pokemon Photos de bite Pute de luxe Comment se suicider ? Francis Lalanne Clochard Incinération Pétain Cannabis Youporn Bombe Artisanale GHB Viagra Overdose Twerk Secret Story Hollande Démission C’est un beau jour pour survivre. Nous cherchons 1/ des commerciaux terrain, 2/ des agents de sécurité, 3/ des gardiens de prison.

 

à force de sillonner une ville en vélo, je fusionne avec elle elle se métamorphose en orchidées multicolores, en fleurs de mer ondoyantes, en lys qui s’élèvent comme des spirales Il me reste encore la pellicule de la nuit dernière. Sur la peau. OUI=NOUS Toutes ses qualités sont des mensonges. Je visionne la publicité d’une publicité. NOUS ça veut dire OUI j’ai perdu des dizaines de yeux aujourd’hui OUI ça veut dire NOUS des yeux de whisky : des yeux de vodka : des yeux de bière : des yeux de vin en anglais nous ça se dit oui La nuit s’est pelliculée sur ma peau. je me ronge les angles Je veux dire que tout se passe comme si mon univers ENTIER, tous les lieux où j’ai vécu se trouvaient enfoncés si profond dans ma tête que je ne sache plus où. Et puis tout à coup, ça grandit, ça grandit. C’est grand comme une chambre, puis grand comme un village et ce soir… eh bien, grand comme… Beaucoup plus grand quoi.

 

Comportements et pensées conditionnées par l’architecture. Dans les civilisations sans vaisseaux spatiaux, les rêves se tarissent. Voici une civilisation d’obèses hypersexualisés immatures passant leur temps à se divertir. il y a une faille dans ma structure, que j’essaie de combler par des addictions fumer une cigarette électronique en buvant un déca : impression de fake l’œil et le cœur, deux mots avec des e dans l’o qui reviennent tout le temps

et nœuds aussi

et fœtus

(et œuvres)

– Tu m’as respiré mon air ! – Vous pourrez le mettre sur ma note, heu… sur ma tombe.

 



14 juin 2017

[Texte] Mathias Richard, Prenssée #e

Suite des "prenssées" de Mathias Richard, l’auteur du Manifeste mutantiste : patch 1.2 et de syn-t. ext [sur LC]. [Lire "prenssée #d"]. Photo : © Khalid EL Morabethi.

C’est très difficile de réussir à ne rien dire. | Je couvre de noir uni les mots et toutes leurs significations. | En combinant tous les discours du monde, on aboutit à une voix qui articule quelque chose.

 

Notre service est indisponible tous les jours de 00:00 à 24:00.

Nous vous invitons à nous contacter ultérieurement.

À très bientôt.

 

La Terre est un gibet. | animhomm | pur vide | 1 million d’années pour se rendre à la planète habitable la plus proche. | La seule vérité à laquelle on accède par une conscience aiguë, c’est l’urgence et la nécessité du suicide. | Il n’y a pas de lumière. | Il y a toujours pire que pire. | Le héros finit sa vie seul, constamment couché, en regardant des vidéos de Laurel et Hardy. | Le monde pullule de sous-merdes et petites raclures protégées par la civilisation. | Il n’est pas possible d’être un héros quand il n’y a personne qui vaille la peine d’être sauvé. | Conçu et né dans des films X : un corps étranger à son propre corps : sort de son propre corps

 

Un homme se penche, haut d’un kilomètre. Il force à lire des livres traitant de l’évolution des espèces, de sociologie et d’anthropologie, de mythologie et de biologie. | Il y a des morceaux qui s’ajoutent. Je ne suis pas fini. Je veux un livre sur le genre d’animal que je suis, une fois qu’il est terminé. | Dans une revue, on dit que la prochaine étape de l’évolution chez l’homme est psychique plutôt que physique. | Être capable d’extraire ses rêves et les mécaniser.

 

Les services secrets, les agents de surveillance, eh ben moi je prends ça comme un public. 

Les services secrets, les agents de surveillance, tu sais ceux qui écoutent les conversations téléphoniques, qui lisent les mails et regardent ton ordinateur, eh ben moi j’aime bien, je me dis que ça me fait un public (un public captif, même).

 

Je me méfie un peu des gens qui veulent avoir des rapports sexuels politiquement corrects. | On a une belle manière de pas être ensemble. | Ici, je suis un sous-sous-locataire. | Toi qui dit ne pas m’aimer, tu m’aimes mieux que celles qui disent m’aimer. | Je voudrais que mes amis soient comme le soleil, la mer, ou la montagne : des certitudes, des choses solides. | maman me lavait les oreilles avec sa langue parfois | papa léchait mes blessures aux genoux parfois | Des corps dans les rues. Des corps sur les marches d’escalier. Des corps dans les photographies de journaux. | 48 décapitations à 13. Le vainqueur est… | Est-ce que je peux être plus en vie que ça svp ? | Je suis né quelque part et j’ai poussé comme de la mauvaise herbe, comme j’ai pu, en regardant ailleurs. | On confond sa tumeur avec une pensée. | Une sensation d’intimité avec les chiens m’envahit, quand le vent porte l’odeur d’une merde à mes narines. | Déjà fait, de dire : « déjà fait ». | Il articule "Quand est-ce qu’on baise ?", puis meurt.

23 juillet 2016

[Chroniques-livres] La révolution mutantiste est en marche

Après un premier manifeste collectif, Manifeste mutantiste [blog Mutantisme], voici le deuxième qu’on attendait, accompagné d’un volume de syntextes signé du seul Mathias Richard : cette simple présentation sera suivie d’une étude plus approfondie.

Mutantisme : patch 1.2, Caméras animales, 2016, 324 pages, 20 €, ISBN : 978-2-9520493-8-2 ; Mathias Richard, syn-t.ext, éditions Tituli, 2016, 248 pages, 15 €, ISBN : 978-2-37365-049-5.

"Le travail poétique est un chemin qui peut nous mener à la connaissance de la réalité extérieure" (Mutantisme, p. 58).

Le postulat fondamental du mouvement : à la mutation anthropologique que nous sommes en train de vivre doit correspondre une révolution artistique à même de la comprendre et de l’accompagner. Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que le mutantisme s’inscrive en droite ligne des avant-gardes : recours au manifeste, éthique et esthétique de la rupture [voir « Pour un déclin du mot "roman" »]… sortie de la littérature, du style, de l’expressivité : "Je n’écris pas, je copie. Ma bouche ne veut pas parler" (56). Désormais, place aux protocoles d’une création plus ou moins collective.

Le mutantisme est un avant-gardisme qui se nourrit de nouveaux imaginaires (heroic fantasy, SF, jeux vidéos…). Ce qui ne l’empêche pas de s’ériger à l’encontre des dérives ultra modernistes : "le mutantisme : une nouvelle manière d’être inadapté à un univers qui est une gigantesque boule de négativité, une pyramide de désespoir"… L’alliance des contraires est du reste souvent recherchée : hommes / machines, animalité / technicité… [Cf. "Poéscience dans la Préhistoire électronique"];

Face au flux d’images et de discours qui constitue désormais notre monde, bon nombre d’écrivains jugent salutaires tous types de recyclage (cut up et échantillonnages divers) ; pour sa part, Mathias Richard a mis au point la technique du syntexte, au carrefour de la performance, de la poésie sonore, de la poésie multimedia… À vous de découvrir, Libr-lecteurs : pour avoir un très large aperçu de ce processus créatif, il suffit de taper dans le moteur de recherche ci-dessus (en haut, à droite) "amatemp" ou "syntexte".

1 mars 2016

[Création] Mathias Richard, prenssée #d

À l’occasion de la sortie de Mutantisme : patch 1.2, voici une nouvelle "prenssée", extraite d’une série inédite de syntextes qui interroge nos représentations dans de singuliers télescopages de flux mentaux. ["prenssée #c"]

 

– Je suis OK pour tripler ma vitesse de lecture.

 

ENTRACTE

reprise du film dans

00:03

 

On est forcé d’agir à l’intérieur d’une personne. | La tête est libre de droits. | je suis piraté donc je suis | compressez les codes militaires extraterrestres | Le corps, comme une pieuvre, absorbe tout ce qu’il rencontre. | chaque seconde goutte en souffle | je bois dans les pas des cafards | je m’étonne en moi-même le courage que j’ai | D’après des études anatomiques, un corps debout est capable de plus de violence. |

 

Je pense beaucoup.

Toute la journée.

Du matin au soir.

Tu penses beaucoup, tu penses trop” on m’a dit parfois.

Je produis 30000 pensées par jour. J’exsude plutôt, c’est une sécrétion, c’est comme de la transpiration, de la vie qui pousse.

Avec le temps je développe des moyens temporaires de ne pas penser : s’abrutir, se saouler, faire du sport, baiser si l’on peut, se plonger dans la musique (mais ça en suscite aussi), regarder des séries à la chaîne pour arrêter toute activité mentale personnelle.

Je suis quelqu’un de très présent. Je suis quelqu’un d’extrêmement présent.

Ma qualité principale est la présence.

Je ne suis pas absent.

J’ai envie de parler à personne alors je t’appelle.

Dur constat avec le temps : personne n’est à la recherche de ce que je recherche.

La vie parmi les humains est un long racket.

Tout le monde rêve d’être mort.

C’est une réalité qui existe, mais de justesse.

Ce que je considère comme de l’espoir, tu le considères comme du désespoir.

 

Quand je te vois, je ne comprends pas que tu es beau. C’est en regardant les photos que je m’en rends compte.

Je ne comprends pas ce que me disent mes yeux. Je suis obligé de prendre des photos pour comprendre ce qui m’entoure.

Je ne sais pas ce que je vois avec mes yeux. Je suis obligé de prendre des photos pour comprendre ce que je vois.

Je ne comprends pas ce que je vois. c’est pour quoi je prends tout le temps des photos : elles sont un périscope, des caméras remplaçant mes yeux, et ce sont les seules informations visuelles sur ce qui m’entoure, que je comprends.

 

Chaque jour sera un nouveau jour, jusqu’à épuisement. | son visage énorme, aux yeux globuleux, suant, alcoolisé, m’assène fiévreusement, en très gros plan, répétant plusieurs fois yeux dans les yeux : "LES MARSEILLAISES, SI TU LES BAISES PAS, ELLES T’ENCULENT !" | j’aime aussi faut dire, faut pas croire faut dire faut faire quoi elle a dit?!!! | j’ai failli, j’ai pu faillir mais j’ai pas fait | j’écricacajouis, chère Suzy | C’est simple : soit ça marche, soit ça marche pas (ça serait plus simple si c’était plus simple) | faites le signe « cœur avec les mains », puis les guillemets avec les doigts | J’aime la lumière. Mais le problème c’est qu’avec la lumière, y a des gens aussi. |

Aujourd’hui c’est la Journée de la Nuit | On va voir les arbres

jouer dans le parc.

créer langage qui rend :: l’impossibilité de toute communication :: encore plus palpable | : pour une poésie sonore intérieure | Mélanie

aime la nuit. | C’est une fille pleine de vide. | Elle est inquiète car sa vie est trop grande. | Elle est triste même quand elle rit. Elle est triste de ne pas être assez triste. | "Ne t’inquiète pas, c’est pas chargé" furent ses dernières paroles.

 

"je dois…

parler…

aux extraterrestres…"

 

des pigeons jouent au ping pong | La ville est une mère. La pièce est un vagin, une matrice. Les murs sont du placenta. La foule est une matière, un décor, une notion intégrée. | L’intérieur de mes chaussures est tapissé d’insectes vivants et morts. Je les écrase lentement tandis qu’ils m’infusent leur venin et crochets. | L’objet que vous avez aimé ne peut plus être aimé. | Le numéro que vous avez composé n’est plus en service, et il n’y a pas de nouveau numéro. | Laissez-moi faire de vous un lecteur rapide. | En cas d’urgence, cassez tout.

 

 

11 septembre 2015

[Texte] Mathias Richard, Prenssée #c – complexité nouvelle

Nous sommes très heureux d’accueillir une nouvelle série de syntextes, "prenssées" – signées Mathias Richard, qui prépare une suite au Manifeste du mutantisme. Mathias Richard : celui que les poètes mêmes ont détourné de la poésie… Ici, le texte-machine – l’agencement répétitif – fonctionne comme interface critique entre l’espace du dedans et le monde ambiant.

 

Merci

de ne pas

 

pogoter

 

ou

 

slammer

 

ou

 

plonger dans la foule

 

pendant

 

la lecture :

 

1/ fuck les boches bande d’enculer peno non siffler viole leur mére a ses fils de pute qu’il se face trouer le cul par les brésillien

 

2/ Laurent Ruquier coup d’état |+| ignorance = élite |+| LS3D |+| Église : à louer. |+| né-mort =

Pense aux douleurs que tu n’as pas

et réjouis-toi.

Pense à toutes les douleurs que tu n’as pas

et réjouis-toi.

 

3/ du bruit. partout du bruit. de la vie partout, entassée.

C’est la vie la plus étrange que j’ai jamais eue.

Mettre des bouchons d’oreille développe mon ouïe, la rend encore plus aiguë.

le bruit de la rue couvre le bruit de ma tête

: bouchons d’oreille + musique agressive répétitive (aggrotech) + vrombissement de machine (climatiseur) : bruit continu de protection

Aidez-moi à ne pas penser.

Je n’ai pas de derniers mots. Je suis prêt.

 

4/ Je suis un artiste. Pour moi, cela veut dire que je sens tout très fort, et que je dois développer des techniques pour m’exprimer.

Je travaille mon corps, je travaille ma voix, je travaille mes mots, je travaille ma pensée, tout va ensemble.

 

5/ Tout le monde veut s’échapper de la liberté pour s’enfermer dans une bonne vieille prison.

Vive les territoires

non organisés.

Vive les personnes

non humaines.

 

Manifestation : CORPS, PARTOUT ! / VISAGE, NULLE PART !

Contre-manifestation : VISAGE, PARTOUT ! / CORPS, NULLE PART !

Tête-tentacule. Têtentacule.

Tête-tentacule. Têtentacules, têtentacules.

 

6/ Ce livre est un trou noir. A chaque fois tu l’ouvres en te disant que tu y passes une heure. A chaque fois tu te réveilles l’après-midi du lendemain en te demandant ce qu’il s’est passé.

 

Cette personne est un trou noir. A chaque fois tu la vois en te disant que c’est pour une heure. A chaque fois tu te réveilles l’après-midi du lendemain, mélangé de morceaux partis dans d’autres dimensions, en te demandant ce qu’il s’est passé.

 

Ce lieu est un trou noir. Tu en franchis la porte en te disant que tu y passes une heure. Tu te réveilles l’après-midi du lendemain, essayant de retrouver tes morceaux partis dans des dimensions parallèles.

 

Cette machine est un trou noir.

 

7/ Quand tu es là, cela calme une douleur. Une douleur que je ne savais pas que j’avais.

Une douleur à laquelle j’étais tant habitué, que je croyais qu’elle était toute la vie. Une douleur que je ne voyais pas, car je croyais qu’il n’y avait pas autre chose, elle était mon tout ; ma normalité.

Quand tu es là, je réalise que je souffrais.

 

Quand tu es là, cela calme une douleur dont je ne m’apercevais pas. Une douleur dont je n’avais pas conscience tant elle est continue, tant j’y suis habitué.

 

Tu es le remède à une maladie que je ne savais pas que j’avais.

Et quand tu disparais je m’effondre tout est déréglé.

 

Quand tu es là, cela révèle un manque que je ne savais pas que j’avais.

 

8/ Quand nous mourons, les autres, que nous avons intériorisés dans notre système nerveux, qui nous ont construits, qui ont construit notre cerveau, qui l’ont rempli, meurent.

Quand nous mourons, les autres meurent.

 

Chacun porte une histoire, une vie complexe comme un rêve. Chacun porte une expérience incommunicable justifiant ses actes et désirs, et disparaissant avec lui.

Quand quelqu’un meurt, le monde meurt.

Quand quelqu’un meurt, tout disparaît.

Nous évoluons parmi des milliards et milliards de mondes disparus, présents, apparaissants, des milliards d’expériences intérieures que nous n’imaginons pas, dans le passé, dans le présent, dans le futur.

 

9/ Émerge alors une nouvelle religion, la religion la plus jeune du monde. Elle rajeunit sans cesse, comme l’eau vive lumineuse d’une source ou d’une fontaine eximplosant dans une simultanéité de jaillissement et de retour immédiat vers l’origine de ce jaillissement.

 

10/ L’homme allume France Info et se suicide 7mn plus tard.

 

Ce peuple n’a pas été vaincu par la violence ou la coercition, mais par le confort.

Le Poème Pédagogique consiste à infliger une torture ininterrompue.

j’ai des fleurs partout à l’intérieur

rééduquées par la torture

 

11/ En résumé, on est né, on est mort.

Chuis né, chuis mort.

T’es née, t’es morte. T’es né, t’es mort.

La vie est de la survie

et la survie

est tout ce qu’on connaît.

On fait de la peinture avec la pollution.

France Info = Suicide, France Info Balle Dans La Tête !

Est-ce qu’on a déjà vu de la drogue se droguer elle-même ?

J’aimerais perdre la conscience : -ici-

faut faire pas penser

faut faire, pas penser

pas penser pas penser pas penser

faut faire, pas penser… (ad lib)

 

22 juillet 2014

[Création] Mathias Richard, LALIBARTA

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 20:42

Avant la parution chez Al dante de son prochain livre, l’auteur du Manifeste et du blog mutantistes nous livre un texte d’une rare puissance d’attraction/destruction. [Lire/voir la dernière contribution de Mathias Richard à Libr-critique]

 

 

20 juin 2014

[Création] Mathias Richard, Amatemp30 [This is the end]

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 10:14

Dans la remarquable série "Amatemp", voici un nouveau syntexte de Mathias Richard, qui vient d’achever la suite du Manifeste mutantiste. [blog Mutantisme ; lire/voir le précédent syntexte de la série]

 

 




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