Libr-critique

16 mai 2020

[Texte] Romain le GéoGrave, Métadiscours

Le métadiscours tourne en rond

tourne à vide discours autour du

discours autour du discours du

discours du discours tu dis

cours tu cours vautour tu di

stances à la course écouter la

radio méta-stase-langage des

bêtajournalistes qui discursent

avec les spéciatristes du dis

cours de communication dif

fusion broadcast lire la press’

que et s’équiper d’un ultra di

ctionnaire pour saisir le méta

lexique des sachants tout a

jouter des mots aux mots aux

mots des mets-ta conneries en

stand-by mettre au régime la

langue au régime de sensi

débilité au régime de tolérance

au régime de

séduction, manipulation

 

il est des temps où tout se confondre

le vert rouge orange des cartographies déraisonnables

il est des temps où tout se confondre

des protocoles aux tutos pour totos

il est des temps où tout se confondre

jours nuits infinitude confinée

il est des temps où tout se confondre

se laver à un mètre de distance dans son coude

respecter les mouchoirs jetables et tousser souvent

éternuer dans sa quarantaine signe de jeunesse

le geste de barrière est un bras d’honneur

 

la distanciation physique est minimale entre les goutelettes

les gestes barrières propagent la prévention

 

une seule solution…hydroalcoolo

protogogol sanitaire

30 avril 2020

[Texte] Romain le GéoGrave, Évolution

Au début c’était,

                     contradictoire …. un peu

Allez voter, restez chez vous

Pas de sport en France, vélo à côté

Fliquez contrôlez, présentez papiers

Pas de masque, n’approchez pas

Ecoles ouvertes, écoles fermées

Une petite grippe, le virus dangereux

>> les jours passent, identiques, boire BFM jusqu’à la mort, confiné jusqu’à l’os, surveillé à la sortie,

folie du flou politico-sanitaire, la rupture est proche, éteignez les tévés-les portables-les ordinateurs.

 

Peu à peu c’est devenu,

                            logique… trop

Confinement de classe

Les livres pour les uns > laissez les lire, le livre sauve, mais aux

 

Trois Ponts à Roubaix, tu lis quoi ? Les panneaux routiers à travers la vitre de ta chambre dans l’HLM déglinguée ? Les notices des médocs de ta mère malade ?

La notice de la console partagée à 5 frères et sœurs ?

 

C’est pas atelier lecture, cuisine végétos et applaudir comme un con-con-finé le soir à 20h après avoir voté pour le même déconfit qui nous a mis dans la déconfiture jusqu’au cou.

Et donc, on y est

                     aujourd’hui

masqués contre démasqués

soutiers du monde social et sanitaire au fond du trou

un masque jaune comme prochain symbole de la révolte

masque à rats d’en haut contre masque en rade d’en bas

sans-dents, sans-gants, même lutte démunie des prol’s

 

Et pendant

              ce temps-là

la Corée (du Nord) comme modèle

on jacte du pays uni, de la guerre au virus, de la nation et des vacances apprenantes

on prépare la fin des libertés qui approche, qui approche, qui approche, RGPD dans ton cul > température, géolocalisation, t’es malade, t’es où, bouge pas, t’es cerné, bientôt bavures flicardes, achtung, milices municipales > la force de l’ordre renforcé(e)

 

En attendant

Produisons, consommons, n’importe quoi, faut relancer la machine, ça flippe dans tous les sens, le corps avachi et l’esprit assoupi ayant oublié le numéro de sa carte bleue.

4 avril 2020

[Texte] Romain le GéoGrave, Con-fini

La vie incarcérale se poursuit.

Forcée. Gouvernement, doigt sur la couture. En avant, marchons !

 

Le JE ne parlerai pas de lui,

Le JE ne souhaite pas,

le JE ne serai pas touché par lui

Le JE n’ai aucune compassion

Le JE suis immortel, impossible qu’il

passe par le JE

Le JE c’est pas lui c’est l’autre

 

En avant, an arrière, qu’ils se souviennent d’hier

les CEUX qui pensent pour NOUS

de CEUX sans santé sans assurance de la vie (belle) sans cesse subissent

qu’ils regardent dessous les masques

qu’ils soulèvent les blouses

de CEUX qui le prévenaient – ahuri !

 

IL nous apprend des mots, incurie à toutes les sauces

IL nous a mis au régime, asiatique

abdos-tévés-journaux à gogos de tous les gloglos de la place,

méga-diffusion

les bobos pleins de bobos rédigent, jour après jour des journaux borgnes nés

de l’écriture cadrée – des journaux qui rêvaient de penser – des pensées journalières qui n’osent pas rêver et restent à l’entrée avec les pompes – et des listes, et des listes, de CEUX qui lisent, écoutent, regardent. Gainage et lecture, les deux mamelles de la France en crise. La lecture sauve ? Qui peut…

 

régime numérique

régime digital, même pour les sans-gants, nouvelle classe prolétarienne succédant aux sans-dents de l’autre avant. Ahuri !

 

IL nous fait décrouvrir l’Afrique sans fricathlètes qui courent autour des pistes – l’Afrique tellement habituée à tonton Ebola et autres saloperies, l’Afrique jeune et belle > mais crevant toujours un peu plus.

 

CEUX qui parlent des crises, des renaissances, des résiliences, des catastrophes

pendant que CEUX du 49-3 dans l’baba galopent de plateaux en hôpital de campagne.

 

Le régime de semi-liberté pèse sur les âmes et les consciences

TU cours au milieu de la route : DELINQUANT !

TU sors de chez toi : DELINQUANT !

TU tousses crachotes souffles fumes ou fulmines promènes : DELINQUANT !

Papiers > adresse, 1 km, CNI, quand le parloir et la fouille anale ?

 

Bas les masques !

Y a CEUX qui paieront, [enlève ton masque eh, on t’a r’connu.] ceux qui payent ceux qui ont payé n’en parlons plus

 

Je me souviens de la mort je me souviens mortel je me soutiens au bras des mortels memento mori mojito (fini la terrasse des cafés) tatoué à jamais je me souviens d’oublier par les loisirs les media le blablaratin je me souviens de la fragilité de la peur de l’autre invisible je sais la peur du demain inexistant la continuité dans l’ennui et l’effort de survie la trouille du danger perpétuel la nécessaire légèreté pour SURvivre sous SURveillance dans l’isolement total baigné de platitude quotidienne.

La liberté au cul des caddies du Lidl l’égalité plongée dans la chloroquine la fraternité à un mètre cinquante dans la distanciation.

 

[Interférence, crachotements délinquants, nous avons intercepté une conversation du président…

Bilan matinal :

Infection, check

Virus, check

Fléau, check

Interdictions, check

Morts, pas encore assez, la trouille ne fait pas pisser les gens devant leur télé, il faut monter d’un cran.

Ok boss.]

17 mars 2020

[Texte] Romain le GéoGrave, E.D.A.

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , — rédaction @ 21:22

Vie incarcérale, en vedette : l’Espace Démocratique d’Apprentissage (E.D.A., en figure managériale)

Situation générale : coincement de bâtiments entre

l’entrée par derrière du bâtiment, animaux de bâts > rentrent tête basse,

bas bâtiment sur lequel est inscrit en trop gros, des mots comme avenir, département, construction, conseil général ; ensemble, vivons la concertation éducative, plongée dans le cerveau dérangé de Laid Ducnat ; déconcertant,

il y a un ordre dans les termes, mais on ne comprend pas, finalement, le lien entre la grossièreté du bâtiment, laid, inesthétique / anesthésiant

la pupille, et ces mots.

Non, on ne comprend surtout pas pourquoi les mots enfants / liberté / esprit critique / beauté ne sont pas sur ce mur de désaccueil ? ? ? ?

Passer rapidement devant permet de croire lire quelque chose comme « Nous construisons l’avenir de vos enfants ici ». Mais c’est de l’avenir du département qu’on cause …

Mensonge d’accueil ! Les managers, zinzin-venteurs de phrases torche-culs, ont sacrifié le langage, encore une fois.

Dessous ces mots, barrières, des barrières, grilles, des grilles, on protège qui de quoi ? Intérieur Vs extérieur ou InVsmnt ? Protégeons nos enfants d’entrer dans ce bâtiment !

Des caméras qui camératent, vidéobservance > têtes blondes sur écrans noirs, reste gris tout ça, faits et gestes, gestuelles soupçonnées :

main au portable,

main dans l’sac,

main au panier.

Tour de contrôle, ici tour de contrôle !

 

Vue d’en haut, même si – notez bien – prendre de la hauteur chez Laid Ducnat reste peu évident et partiel :

  • espaces bitumés pour jouer > classe ! /
  • espaces bitumés pour patienter, errer ; tourner en rond s’fait chier > re-classe ! /
  • Σ : Bitume + bitume + quelques m2 de verdure* pour laisser deux pauvres poules picorer = écocorico-collège!! Labellisé, évidemment, Mama Nadgeure (cheffe de l’information et du contrôle) est passée par là, dossier, constitution, objectifs, bilans, résultats, évaluation.

Que vive l’architecture scolaire pré-apocalyptique – n’y sommes-nous pas déjà ?

* [attention, attention, notez bien, sigle, alerte au sigle, vous êtes dans un bâtiment E3D, je répète vous êtes dans un bâtiment E3D > établissement (en état de faiblissement avancé) en démarche de développement durable // pauvre linguiste qui s’attardera sur cette suites d’ineptes concepts accolés : en démarche (à la con) de développement durable (quel développement humain durable?)]

L’entrée dans l’E.D.A, donc, l’odeur, première fois,

inaltérable odeur de l’ennui, la prison à échelle adolescente,

tout est bas dans l’E.D.A. – manque de grandeur (forcément, ici on baisse la tête, on baisse les yeux, on baisse le niveau, on baisse ses exigences, on s’abaisse aussi, surtout, devant les forts) – ça pue, en fait.

C’est misérable, la première réaction, la bonne, instinctive, naturelle, animale, c’est de se casser, fuir, se tailler, se faire la malle, faire le mur, se carapater rapidos, tout sera bon pour ne pas rester

(* AUCUN SCRUPULE LES ENFANTS *).

L’E.D.A., ici l’espace ne vous veut pas de bien.

Navigation sans GPS à travers des couloirs mornes, bleus probablement, on ne sait plus car incapacité du cerveau à imprimer cette abominable laideur, des poteaux des poteaux – qu’on se prend pleine gueule (à l’époque des jeux idiots des couilles aux poteaux, aujourd’hui les poteaux énormes, impossible à rejouer cette malédiction pour faibles).

Soumission à la surveillance : aucune aspérité, tout est accessible, visible et sans recoin.

Des portes, fermées, bleues, pourquoi ce bleu infernal ? Bleu, la mer, le ciel ? L’infini ?? Le rêve … arrêtez, on se marre tellement, ces mots n’ont pas leur place ici. Univers carsidéral.

En marchant au hasard, sans savoir, on comprend finalement qu’on est dans un collège,

pas dans une prison, enfin

pas aujourd’hui les matons sont absents.

— pas à pas dans le morne espace du savoir (?) —

Collège, ensemble ? non ! Somme, masse, indistincte, de qui, profélèves ?

Pour l’espace, ici, le comprendre pour le refuser / ou le nier sans empathie, cyniquement,

l’accepter c’est

y travailler les yeux fermés sinon ils saignent.

Rapide coup d’Å“il dans une classe, toutes les mêmes, des rangées, un bureau, le maître surveille, il n’y a plus l’estrade d’antan mais c’est tout comme. L’estrade est virtuelle, le prof est au-dessus, il maîtrise, il méprise trop souvent, il regarde vers le bas – enfin au collège, au lycée il la ramène un peu moins, question de physique, de masse critique, de taille, c’est éliminant la taille.

C’est infini comme l’infinitude de la tristesse cet espace, on se perd en soi, on croit se perdre mais on est toujours au même endroit quand il est vide.

Plein, c’est différent, un peu.

Plus ou moins les mêmes tronches.

Plus ou moins les mêmes enseignements dispensés ou hurlés, qui naviguent dans les couloirs, traversent les cloisons (éco-conconçues de toute évidence).

Pourquoi pas plus de trous dans les grillages pour fuir ?

Pourquoi pas plus de graffitis pour effacer labels et phrases déGUEUpartementales ?

Les enfants, régulièrement, espèrent que l’E.D.A. crame, combien de fois entendu sur une semaine ?! Pourquoi nous adultes ne les aidons pas à faire disparaître l’E.D.A., avachis mous et endormis que nous sommes ?

Certitude numéro 1 : l’avenir ne se construit pas ICI.

11 juillet 2019

[Texte] Romain le GéoGrave, Le toutou numérique

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 20:32

Le toutou numérique – facile à dresser

installez-le

chez vous il trouvera sa place plus

qu’à son tour

et pis c’est vrai qu’on dit il faut

le tout numérique

tout pour le tout

tout grossièrement

vide trop souvent

la carcasse plus

chère que le con

tenu

Ayez la fibre – passke sava plu vit’ –

d’écrire sûrement,

de recevoir des infoniouzes obèses

CHERCHE défibrillateur pour ado. sur-numérique, 16 ans, poids-taille-sexe : tout moyen, cerveau (?) adolescent

GSM. Email ; @ espère belle lurette

Pour perdre définitivement son identité réelle

un seul CONSEIL, poussez le curseur

et vivez INTENSÉMENT(pour) votre identité numérique,

cadavres, cadavres numériques,

eux, bientôt partout,

les exquis cadavres du 22ème siècle

NOUS SOMMES TOUS DES NUMÉRISÉS

[slogan post-apocalyptique]

DÉNUMÉRISER JAMAIS !

NUMÉRIQUE, toi-même

enfants du numérique

numérisez-vous

la lumière

sera

lecteur, cette page numérique

est-elle ou n’est-elle pas ?

être ou ne pas être

numérique

?

(faut-il se poser la question?)

l’Å“il à fleur d’écran, doigts qui tapent trop vite, sens évacué,

du nombre, des bits, des zéros et des uns

des zéros pointés, des uns zé des 0tres

numerus, nombre, le nombre fait loi,

arithmétique, tic tic tic.

26 juin 2019

[Texte] Romain le GéoGrave, Règlement 3, mensonge familial

Tous comptes faits… [Lire les Règlements 1 & 2]

la vie toute pleine et toute belle de réalité
la fiction s’emmêle dans la vie vraie réelle
la vie vie fiction – ne pas avoir de racines
prive de la bonne franche réalité de vie
se rechercher dans l’avant plutôt que dans
l’histoire d’une fiction mentie inventée et
le tout dans une bonne humeur névrotique et,
aujourd’hui on ne cesse de le dire, bienveillante
pouvoir (se) rassurer (de) son passé
exercice illusoire car in extenso fictionnel mais
rassurant pour qui a cru s’abstenir de regarder en arrière
Factuellement, regarder photos, livres, comptes, notes, carnets, agenda, objets-souvenirs
la réinvention du tout illusoire avec quelques mots et expressions empruntées à ceux du passé
Croire que tout cela a été inventé pour soi, alors que
essentiellement pour les autres,

(ne pas savoir)

ne pas déchirer le contrat social ambiant qui, via les sbires de l’oeil de Moscou de la maison d’en face, observe, alimente la légende, juge et persifle
Il leur a fallu rester debout à ceux qui ont créé la légende ; probablement faire disparaître, se convaincre du faux comme du vrai, la fiction devient réalité – ou l’inverse, peu importe tout le monde s’enf(o)uit la mémoire –
et lui, le p’tit, lui inventer sa mémoire, lui créer ses souvenirs, invoquer la fiction pour éviter la friction
des années durant
espérer, pas à pas, que l’invention du réel tiendra debout, ne pas – ne plus, douter, au fil des jours, des mois, des années
évoquer le mensonge peut coûter cher, alors le monde se tait, le quartier, la ville, le zéro social se crée – et il ne le sait pas, le p’tit
évoquer le mensonge se paiera cher, un jour, mais pour le moment, le monde se tait,
les deux qui l’entourent, le cercle plus large qui l’enferme, enfermement dans la fiction
le p’tit, lui ne sait toujours rien, tant mieux – le p’tit baigne dans la fiction la plus étrange, qui semble ne pas payer de mine, mais qui risque d’éclater à tout moment

(avoir cru comprendre)

Un fossé d’années se creuse avec ce tas de mensonges initiaux qui reste au fond,
bouseux, merdeux,
le p’tit, lui, il grandit, le p’tit, il est plutôt bien construit, il avance sans trop savoir – et il sait déjà sans savoir, qu’il ne veut pas savoir ; il le sait très très vite,
inconsciemment
que rien ne tient debout dans cette histoire
il veut teindre le fil blanc avec une couleur qui va bien avec la toile de fond
avancer, avancer, courir, courir, se couvrir, tous aux abris
aux yeux des
ça, c’est bien,
la face est sauvée,
le p’tit posera plus d’questions,
il a rien vu,
il a rien capté,

(avoir compris)

et alors, toute une série de défunts,
muets défunts
remuer des fins
LES VIVANTS N’ONT JAMAIS PARLÉ (salauds!)

les morts se sont avérés plus bavards (cadavres!)

document administratif lambda bénin banal
dans une simple caisse de rangement de paperasses classiques
entre les factures d’eau et un livret de famille
ce sont les morts qui l’ont ressorti
et une vivante qui a lu
qui a soumis
qui a compris
qui a fait lire
au p’tit, qui n’avait jamais pris la peine, cette peine, lourde charge, de lire, lui, le p’tit qui aimait tant lire, mais pas la paperasse, c’est pour une autre race…

le p’tit il savait qu’il savait, dès qu’il a su

(ne plus vouloir savoir)

Ah !!! Colère, rage et empoignades, le p’tit en a marre de se faire foutre
Le p’tit, il va rapidement clôturer un débat qui n’est pas encore né
Le p’tit, il va faire payer tous les mensonges
les familles inventées, les ancêtres guerriers, les rien-du-tout finalement
les ressemblances avec … un tas de vent
les correspondances avec … un tas de cons

Le p’tit, il ne doit donc rien – c’est signé sur le papier vent
Plus personne pour venir lui rappeler son ascendance

car elle n’est pas, juste pas.

16 mars 2019

[Texte] Romain le GéoGrave, Règlements 1 & 2

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 9:43

Règlement 1, illusions

Ne pas regarder en arrière pour s’empêcher
[emmêler ses pinceaux
essayer de regarder au loin pour décerner le plus tôt possible les
désillusions
La marche arrière, c’est essayer de retrouver la paternité obscure
c’est s’obliger à retrouver des courriers qui n’ont pas existé
et s’épuiser à distinguer les lettres muettes entre les lignes invisibles.
Il n’y a évidemment qu’une seule manière de survivre, fermer les yeux
> pour une invisibilité

plate

certaine

 

fermer tous les pores, orifices en tout genre
afin d’essayer d’exister, durer, malgré la méconnaissance, l’interrogation perpétuelle autour du qui
de qui est-ce en qui est qui en qui pourrait-il être ?

Mais la chose est-elle indécelable qu’on ne peut la saisir

bien entendu, c’est une quête de la faute absolue, elle ou lui,
pour le savoir cherchez les erreurs, fatal error,

erreur constructive, silence destructeur, se taire et respecter son propre sommeil vicieux
qui glisse vers l’invisibilité

plate

certaine

 

 

 

 

Règlement 2, en arrière

on regarde en arrière
on s’installe sur la plage arrière
on marche en arrière toute pour mieux voir le devant
rétrograde celui qui dit c’était mieux avant
pessimiste celui qui dit c’était vieux avant

Elle est morte et je ne me souviens plus de cette date
Comme morte si c’était pour mieux si c’était pour mieux
oublier qu’elle est morte comme morte si c’était mieux
d’oublier comme morte c’était mieux qu’elle soit morte
c’était sans doute bien mieux comme morte et c’est sûr
c’est encore mieux comme morte qu’elle soit morte assez
rapidement vite vite brouillon en somme comme morte elle
n’est finalement pas si mal même si son souvenir de comme
morte personne ne le ravive plus personne comme morte la
commémoration comme morte ça devait pas trop être son truc
à la vivante comme morte assez trop bonne vivante dans l’temps
la comme morte elle a bien entendu bien usé de tout comme si
elle était comme immortelle en somme soit inconscience bienheureuse
je ne me souviens plus de cette date et pourtant elle est bien morte.

9 février 2019

[Texte] Romain le GéoGrave, Grand Débat

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , — rédaction @ 18:13

Au nain versé (commande expresse d’une certaine J.)

Du grand débat à la grande débâcle, un seul petit pas, que le monsieur
tout petit, encore plus petit dans son costume, le petit tout petit monsieur
qui parle de chez nous, de national, le petit tout petit monsieur est en
train de faire le pas, pas chassé, chassant, sachant, petit pas de travers,
le pas décalé, coupé décalé, non pas, le pas zozotant, le pas petit tout
petit monsieur qui propose et qui lance décide pense légitime

Du grand débat à la grande débâcle, quelques fumigènes, pas la
grande classe, de celui de la haute, le jésuite zozotant,
grand inquisiteur, déconcertant de concertation
grand blablateur en chef, le banquier
grand inconnu auparavant

Du grand débat à la
grande débâ
Cle…

29 janvier 2019

[Texte] Romain le GéoGrave, En derniers vœux

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 21:15

C’est avec plaisir que nous retrouvons le GéoGrave pour ses « derniers vÅ“ux » 2019…

le ver(b)re est vide, normal, fin d’année,
il est impératif de se déprendre déboissonner décalorifier
il est
nécessaire ET indispensable de respecter, respecter, respecter, les pelouses
les horaires les règles d’usage les clous les jeunes vieux malades,
le verBE viDE déclamé télévision la joyeuse année les joyeusetées se secouer

les joyeuses en matant la tévéporno poubelle
il n’est pas
nécessaire NI indispensable de (se dé)penser panser les plaies tragiques
surtout pas
le verbe est haut lorsque le nivEAU de ton verre est BAS, tout verbiAGE
tort et travers, tout détraqué, de plus en plus de MOTS dans tous les SENS, on passe son temps à lire
exemples – énoncés – rapports – évaluations – consignes
il a fallu attendre la fin du verbe depuis le milieu du 20ème siècle** (** les irréductibles ne sont PAS lus, trop faible masse atomique face à corporatisme aCACAdémique)
maintenant se débrouiller déMERDER avec ce qu’on a, les éternelles miettes restes de bribasses infâmes
quelques éléments pour dépatouillage en règle face commun des mortels qu’ont en commun 250 mots usuels
UTILES il faut les mots-verbes utiles du S/V/COD- voire COI quand le temps des prédiCACA dans les têtes collégiennes, avant même école, mettre CACA dans TÊTE jeune, modeler, former, gauche et droite, gauche et droite, les MINIstres travaillent bien les équipes de têtes
alors le vide surgit force vide désopilant puisqu’à force de pleurer on rit
rit-rit comme des cons-cons
mais garder espoir à échéance, les poètes ne prendront pas le pouvoir – ni la littérature, heureux sommes-nous !

12 février 2015

[Texte] Romain le GéoGrave, Lisse ! [Libr-@ction – 22]

L’une de ses lignes de force/fuite étant le carnavalesque et le satirique, Libr-critique s’est dès le début érigé à l’encontre de la lissetérature (D. Meens). Dans cette 22e livraison de Libr-@ction, le lisse est précisément la cible de Romain le GéoGrave… [Lire Libr-@ction 21]

 

les gens y z’aiment pas les insultes

z’ont peur de l’insulte comme si c’était pas du langage comme si c’était des mots z’inconnus

et l’inconnu Dieu (et toute sa compagnie qui ferait bien d’être créolisante) sait si on l’aime pas trop par ici

tu jures tu jures tu es vulgaire la vulgarité je veux bien mais elle nous colle au pourtour anal

et pas dans les mots pas dans l’exploration à mort du langage le vocabulaire de l’insulte c’est celui des comm’ qui sont pas des homm’ c’est celui des politRiques qui font pas bander c’est celui du professionnel du social qui veut l’intégraCHion c’est celui de l’univercimetière qui pontifie du haut de son pupitre c’est celui des ouakbars foufous d’Allah qui butent à tout va

et quand je dis bite couille nichon zboub j’insulte pas je pénètre la langue cette petite langue fouine qui s’immisce partout dans les boyaux

c’est quoi la Vérité Vocabulaire c’est quoi les bons mots c’est les mots lisses c’est faire du faux lisse Police du langage tout doit être LISSE !

tout doit être LISSE !

tout doit être LISSE !

et les mots qu’on dit vulgaires que les z’autres y z’aiment pas c’est les mots qui (s’)accrochent qui sonnent au fond de leur petit crâne obtus les grands z’esprits de la tévé qui les font péter de trouille à l’arrêt de bus qui leur foutent la chiasse à ces fions parce que si c’est pas LI-LISSE ! c’est dangereux ça fout la pétoche ça fout la mocheté du monde en l’air ça fait péter les mots LISSE !

c’est la marque déposée de la grande surface du bon mot LISSE !

c’est le copyright LISSE !

touche pas à mes mots touche pas à mon portable mon cloud mon apple ma clé usb mon parti pris bling vous déposerez cent euros dans la cagnotte de la bien-pensance LISSE !

faut surtout pas glisser dehors la route les gars les garde-chiourmes de la langue vous arrêtent bien avant LISSE !

comme le métal pour être plus LISSE !

que LISSE !

il faut mettre des émoticônasses un peu partout ces petits pacmans fascistes du LISSE ! injonction à la lisseur injonction à la non insulte injonction au propret au LISSE !

ce(ux) qui pue(nt) des pieds on n’en veut pas et alors ensuite on flippe dès que les déguisés de la religion parlent pas LISSE !

on s’excite entre gens bien tout pleins de la guéguerre qui est pas LISSE !

des attentats qui sont pas LISSES !

des otages qui se chient dessus des migrants qui surgissent et de toute la vie qui fait peur parce qu’elle est pas LISSE !

parce ça vibre ça tremble ça percute ça fouisse ça pince ça pique mais c’est surtout pas LISSE !

et parce que le système est vulgaire mais de la vulgarité qui emploie les bons mots de la vulgarité comme il faut de la vulgarité qui endort alors celle-là comme elle est LISSE !

on peut s’en beurrer le cul et se faire enfiler la paupiette allègrement c’est plutôt cool fun sympatoche trop bien mega extra top lol non mais t’as vu sa mère la pute ça c’est pas de l’insulte votons pour le vulgaire populaire le vulgaire joli le vulgaire prolétaire le vulgaire à l’ancienne contre le vulgaire de l’Iphone le vulgaire des communiqués de presse le vulgaire des discours politRiques le vulgaire des merde-à-triques le vulgaire des z’experts le vulgaire des 20 000 crevés de Boko ça rame pendant que tous ces cons se trouvaient Charlie ou Charlot de toutes façons ils font pas la différence le vulgaire de Choron et Siné et consort contre le vulgaire petit-bourgeois germano-pratin parce que tous les matins quand la poufiasse LISSE !

(je t’insulte, vulgaire) plongée dans son torchon torché LISSE !

(je t’insulte, vulgaire) par des vulgaires de la droite puante LISSE !

(je t’insulte, vulgaire) dit à sa grognasse de voisine LISSE !

(je t’insulte, vulgaire) qu’elle a lu l’hebdomadaire anciennement satirique LISSE !

(je t’insulte, vulgaire) on a tout de même envie de la punir en lui infligeant des pages de BHiéL ou de MoëlleBércq sauf qu’elle aimerait cela la cochonne LISSE !

(respect aux cochons !) ne soyons pas LISSE !

ne soyons pas LISSE !

fuyons la morale en LISSE !

fuyons les bonnes odeurs de la première chaîne du LISSE !

écartons-nous en courant du bio bobo bonbon gentil mignon LISSE !

au risque de se prendre des coups de trique dans la tronche mais au risque de pas penser LISSE ! au risque de rêver au risque de comprendre et de ne plus être heureusement LISSE !

6 janvier 2015

[Texte] Romain le GéoGrave, Concertation politique – juin 2016 à 2022 – synthèse des ébats [Libr-@ction – 21]

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 21:23

En ce début d’année, la nouvelle Libr-@ction de Romain le GéoGrave s’oppose de façon carnavalesque à l’inaction popolytique… [Libr-@ction 20]

 

Concertation politique – juin 2016 à 2022 – synthèse des ébats

 

 

Politi-tic number ouane :

l’objectif de la concertation sera de réunir les acteurs du secteur afin de proposer des projets

LE CADRE (politique) EST AINSI (dé)POSÉ « comme son étron » dit le fourbe du fond

 

Politi-tic number tou répond :

l’objectif de la concertation sera de proposer des projets afin de réunir les acteurs du secteur

Un Ahhh de satisfaction du public en délire … Ahhhhhhhhhhhh ! Jet de foutre verbal global. Il y a du public, encore du public, les scènes politriques se jouent à guichet ouvert, on se foutre sur les fesses comme à la tévé en 2016

 

Politi-tic number thwii enchérit :

l’objectif des acteurs sera de réunir le secteur de la concertation afin de proposer des projets

Ouane et tou ne sont pas d’accord – du tout – « poil au cou » dit le fourbe du fond. Il n’a jamais été question de ce(ux)-là-la, lala, lala, lalalalala, lala, lala, I will survive, 1998, crétins du ballon rond gagnent, c’est une minute historique – hyper-hystoryque !!

2016 n’est plus une date, c’est un prolongement du désordre verbal, route tracée depuis les années 1980 selon les sex-perts – « poil au sexe », ça ne rime pas connard

 

L’expert, justement, qui sait – l’autre, qui sait pas, sera invité aux débats ultérieurs, lorsque les sachants auront fait le tour de la question :

l’objectif des acteurs du secteur sera de proposer des projets afin de réunir la concertation

– En effet – number one est okay, is okay too

– Soit/soit (ensemble) – number tou et twii itou, toutou you tou, toutou you tou, toutoutou tou toutou youtou

 

Reprise de volée d’un des tictic, on ne sait plus lequel, tout se brouille :

l’objectif du secteur sera de réunir les acteurs de la concertation afin de proposer des projets !! Je n’aurais de cesse de répéter, l’objecteur du sectif, sera de rire avec les actions du concertateur, afin de post-poser les projets !!

Seul l’immonde fourbe du fond de la salle commence à se rendre compte de la perte de pédale verbale du schnock-tictic

 

Pol(hips)tictic number ? complètement (l)ivre-mort :

en cette année de mille baises, l’objectif des projets sera de réunir la concertation afin de proposer des acteurs au secteur, c’est pourtant clair – et ce de ce jour d’aujourd’hui, à 2022, c’est dire comme on projette dans les cabinets

projection/mots merdiques sur le public, hilare, individus se roulent comme des fions, groupe totalement compact dans la connerie – des étrons, des étrons, des étrons – étron petit pas patron, c’est le fourbe qui le dit, celui du fion

 

=> à ce moment, il est temps de reprendre les choses en main, le preneur de texte, faiseur de pévé en chief, perd le nord, la boule, se coupe une couille, n’en peut plus, il note à toute vitesse, deux points ouvrez les guillemets, pour terminer le débat se clôt en deux lignes d’objectifs pour les prochaines réunions :

 

les putes s’unissent en contestation afin de se proposer aux acteurs, plus tard l’objet du concert sera de réunir les actes de la secte afin de poser des jets

26 novembre 2014

[Texte] Romain le GéoGrave, Du X…

Du X… pas du sonnet en X, en tout cas… De la critique sociale dans le monde du travail. Signé par un habitué en la matière : Romain le GéoGrave ! [Lire le dernier texte de Romain le GéoGrave]

 

x1 est un chef

x² un sous-chef, ou chef-adjoint

xetc. sont les chargés de tout ce qu’on veut

réunion des pipes. on en est arrivés là. comment. à raconter l’inutile, le vide, le creux. le flicage de x1 qui veut savoir ce qu’on a fait la semaine d’avant qu’on va faire la semaine d’après. triste tournez-manège. un après l’autre. à vos ordres j’ai eu un rendez-vous avec je vais voir celle-là. on s’en fout plus ou moins. on est installé devant un café. quoique le thé arrive en force. avec les bobos et les stagiaires arrive le thé. sûrement moins agressif pour les dents l’estomac meilleure haleine moins sale gueule de caféiné. le début de la réunion est immuable. 9.30 et toujours le même jour. c’est l’institution de la règle qui rassure. pour une impression d’équipe assez vague d’ailleurs. l’heure d’avant est. elle est consacrée à. du vide. de l’ordi de la cafetière aller chercher de l’eau dans les chiottes. de la bise aux collègues. ça pour on c’est difficile de se bécoter dès le matin. un incompris du système. on ne les connaît pas. on n’aime pas ça. le contact physique avec des gens qu’on n’aime pas peu ou pas trop. c’est électrisant crispant. et si on se touchait la bite et les nichons plutôt. pas pire. l’heure passée on revient au café. gueule devant la tasse derrière la tasse. tout dépend de l’état du jour. tout dépend de ce qu’on n’a pas à dire. au début on se sent important puis de moins en moins. l’intérêt pour la réunion décline. au commencement était le vif intérêt. on va apprendre quelque chose. un mois six mois deux ans. et puis finalement on apprend que les anciens qui paraissaient spécialistes disent toujours la même chose. spécialisés dans le recyclage de leurs anciennes connaissances. la reconnaissance décline. les paroles se diluent dans la tasse de café ou s’échappent on ne sait pas trop où. tiens à la réflexion où vont ses paroles. et les paroles de on. on essayait de dire quelque chose au début. un petit quelque chose qui tienne la route. un rien qui éveille l’équipe des x. on s’entend. on s’écoute. parler fait du bien à on. on se croit bien intelligent un moment. et en fait on dit toujours la même chose. création nulle zéro pointé. sur vingt allez on met quand même la moyenne parce qu’on essaie de faire de l’humour. humour moisi de réunion. l’humour de quand on est fatigué voilà. fatigue d’entendre x1 qui a toujours quelque chose à dire. comme xetc le nouveau venu qui était déjà venu. ce qu’ils sont longs à expliquer. ce qu’ils sont tragiques dans leurs explications incompréhensibles. on met toujours dix minutes à décoder leur langue. des sigles des gens inconnus des oublis des confusions du flou. oh que oui la réunion est floue. on ajoute du flou au flou un peu par petites touches et ça fait du bien. sauf qu’on ne pige rien. mais qui s’en fout. on compte les tours. en fait un par séance. 52 semaines. 47 de travail. moins quelques unes loupées. ça fait un 45 tours par an. une belle chanson à la fin de l’année. un refrain monotone. et le chargé de pévé. parce qu’on garde une trace du rien. toujours. au cas où on ou les autres se mettent à vouloir se remémorer cette grande expérience de poésie orale. rendez-vous réunion j’ai vu je pense que on devrait ou pas le site les congés. un magma de vie de bureau. même regarder dehors est désespérant. l’espoir faut pas y penser. on y pense pas faut être sérieux faut pas penser du tout ou pas trop. la salle elle est presque devenue trop petite pour toutes ces têtes bien pendantes. de quatre à douze x l’équipe grandit le tour d’horizon est de plus en plus long. au bout du xème on décroche on lâche tout on saute sans parachute. tellement c’est long long mais long. ferme ta gueule c’est tout ce qui vient à l’esprit au bout d’une heure de chute verbale. la décroissance des activités ne devrait pas être seulement économique. il faut réduire l’activité parlante. l’activité de bavardage pour tout et rien. faisons des économies de signes verbaux. une question. pas de réponse. on n’a rien à dire. ne disons rien. quelle belle économie pour tous. si même une réunion pouvait se passer debout sans rien dire. un signe de tête. un clin d’œil. un mouvement d’épaule. pas plus. quelques mots pour terminer. quel pied. quel repos. on éviterait les fautes de goût. les fautes de français. les fautes de frappe. les fautifs et les faussaires. on s’éviterait une gastrite rien qu’en ne les entendant plus. on s’éviterait l’envie d’une baffe dans la gueule pour faire taire l’autre avec son accent d’on ne sait pas où. qui ne comprend rien n’a rien à dire et parle tant. on serait bien en fait. on serait sur un ton juste. une bonne longueur d’onde avec soi-même. un peu avec les autres aussi. et avec le pigeon qui est dans son nid à la fenêtre. et qui nous regarde avec son air con de pigeon. et qui se dit qu’ils sont cons ces humanoïX.

13 juin 2014

[Texte] Romain le GéoGrave, Elle

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Cette fois, Romain le GéoGrave nous propose un portrait de femme singulier / une étude sociale à l’acide satirique. [Dernier texte de Romain le GéoGrave]

 

Elle n’est pas une femme comme les autres. Elle est d’une autre trempe. La mettre dans une catégorie, c’est l’inclure, et elle, elle se sent tout à fait hors de tout. Hors de son corps-carapace, hors de sa tête vermoulue, hors d’elle-même face aux autres. Capacité d’exclusion puissance mille. Elle entre, aussitôt elle ressort. Elle est trop pour tout et tous. Son pas assez est de trop. La figure même de la louve, qui aurait en plus bouffé ses petits tellement elle crevait la dalle.

Plusieurs années d’errance, une errance dure de la rue à la rue, de la rue au squat, du squat au Samu, et belote et rebelote. Une errance de mec. Dure et dingue. Une errance qui fout des gnons, une errance qui casse des dents et des culs. Une errance de seringues dans le bras, une errance de sourire édenté, de pipes vite torchées derrière les poubelles, une errance de baise à plusieurs sur un matelas puant la pisse. C’est errance qui a construit son corps, à la fortune du pot. Jour après jour après nuit, la défonce a tout durcit. Son corps, son sexe, ses nerfs, son regard. On ne quitte pas errance, même à reculons et sur la pointe des pieds. Errance s’appelle errance, mais c’est vie, juste un nom donné par les autres.

Elle est une dure, une vraie, pas une faille, pas une seule, même pas comme dans les films ‘ricains, pour faire chialer, faut comprendre, son père, le viol, sa mère, l’alcool, et tout ça quoi. Non, pas un moment elle n’ouvre une faille. Elle est faille. Il faut y entrer, y grimper, s’y esquinter la pulpe des doigts, et chuter car trop lisse, trop haut, trop compliqué. Trop tout encore. C’est lisse de douleur, de fièvre, de mal qui exsude de chaque pore de sa peau vérolée par endroits. Un char d’assaut. Le nec plus ultra. De la femme hors-tech. En tous cas, c’est le cas dans le monde, dans la rue, dans la vie, aux yeux des yeux des cons. Le soir, seule, c’est une autre histoire, n’en parlons pas parce qu’elle ne veut pas et elle n’en mène pas large du tout. La petite chienne sait quoi.

Depuis le début, c’était quand ? on cherche à l’inclure dans. Tu seras bien quand tu seras in. Tu seras mieux c’est sûr, à être comme les autres. Tu seras forcément mieux car comme nous. Tu seras par nous, avec nous et en nous. Amen. Tu pourras devenir un loyer, un salaire, un bulletin de chiotte, un ce que tu veux, même incluante aussi, toi à ton tour. Un appart’, une piaule, de la bouffe dans un frigo acheté à moitié prix, une douche matin et soir, et avec de l’eau chaude en plus pas comme au Samu bordel. Le consortium des assistants est même prêt à te laisser choisir ton frigo !! Alors ?! A priori, pourquoi être contre ? Un frigo, c’est bien, rempli. Si seulement cela lui avait facilité la vie. A priori, c’est normal tout ça, mais elle veut pas être normale, elle sait pas de toutes façons. Sait pas et ne saurait pas. La normalitude, si t’es pas née dedans, si t’as pas fait tes preuves pendant dix piges d’adolescence morne de club de sport et de sortie dominicale, l’école et toutes copines qui t’aiment pas t’es grosse-rousse-ou-autre, les examens les échecs les résultats, la honte, si t’es pas entrée dans les ordres du mariage, si t’as pas essayé la recette du bonheur à base d’une pincée de mioches et un zest d’adultère, si t’as pas fait tout ça, fuck off le normal. Personne ne voit ça. Personne de l’autre côté de la vie.

Parmi tous les connards qui voulaient son bien, dès le départ se sont plantés, pas un ne lui demandait ce qu’elle voulait, elle dans son putain de crâne, elle entre quat’z’yeux. Entendu, après la misère de la rue, ils ont réussi à la stabiliser dans un à peu près de merde. Sortie de sa fange cradingue pour ce qu’on appelle une maison d’accueil. Maison, galvaudé. C’est quatre murs, un toit. Sans compter les fuites. Pas plus, pas moins, et plutôt moins d’ailleurs. Elle se trouvait aussi bien dans une maison occupée, inconnue, entourée de bâtards à quatre pattes, de cannettes, de pédés et de putes en tous genres. Z’étaient un peu chaleureux ceux-là, même merde, même chaleur humerde, au moins, au moins ça. D’accueil, d’intégration par le vide. Le vide entre les deux oreilles des assistants à chier. Le vide dans leurs yeux d’abrutis. Comprenaient rien au système ces andouilles. A son système. Elle sortait de la rue. On lui promettait un appartement. On ment, évidemment. Avant ça, c’est le processus infernal. S’échapper de l’asile Samu c’est déjà une belle affaire. Faut avoir du blaire pour se tailler de là, être plus malin, même si pas difficile vu le niveau. Et malgré son cerveau en ébullition permanente, elle s’est quand même laissé piéger. Parfois, la louve finit dans un piège, pour son malheur. Les pattes brisées. Et hop, direction l’infernal parcours. Les barreaux d’une échelle cassée, un à un. Deux par deux, trop rapide, ça donne du pain à bouffer à des travailleurs, à des politricards, des rats porteurs en tous genres. La maison d’accueil n’était pas assez accueillante, ni la première, ni la deuxième, ni la dixième. Elle a pu épuiser tout l’assistanat urbain, et plus personne ne voulait d’elle. Son projet, lequel ? volait en éclats, parce que pas un soupçon de début d’envie de projet dans ses yeux. Si, dormir. C’est tout. Scène, synthèse de dix piges de sévice social : « Bonjour S., (tutoyée, dégueulasse, déjà), bon, ça fait maintenant quinze jours que tu es avec nous (plutôt contre, c’est pas grave), on va parler un peu de ton projet (le vôtre bande de …) ». Et ainsi de suite. C’est quoi un projet après l’errance, avec la rue qui colle au fion comme la merde qui sèche à celui des chiards ? C’est du vide, juste une envie de sombrer, quel que soit le moyen. File-moi un pieu et ferme ta gueule le pédagogo !

Face à face. Me regarde pas comme une bête curieuse, tu veux me baiser, pourquoi pas, tu m’auras d’une façon ou d’une autre, tant que tu me laisses dormir.

L’aventure ne s’arrête pas là, elle entre dans le lieu qui réinsère. Magie. Visite. Premier sentiment, hôpital psy, bordel, pris pour des tarés. Elle voit un éduc derrière le cul d’une bonne femme, il faut manger tout son repas, tutoiement, une ferme avec des bestiaux, cochonnes. C’était il y a dix ans, c’était en 1950, en 1890, la charité socialiste ou chrétienne, dame patronnesses pas encore crevées salopes, on ne change pas les systèmes qui déraillent, les sévices internes qui dérapent. On A-ME-LIO-RE ! Elle a cru, un petit peu, trouver vie et repos. Que dalle. Conflits perpétuels. Clopes, pas toujours, défonce, oublie, bouffe, tu payes, erreur tu dégages. Z’ont tenté ces têtards. Elle a vu des bonnes femmes comme elles finir comme les autres, à assister les assistés. Elle a refusé. Car elle savait que les assistés étaient vicieux, anar, refusants, hors du soin, hors sujet, hors thème, pas prêts à recevoir, prêts à bousiller et se bousiller. Tout comme elle. Elle s’est mise en échec, alors, refusant l’échiquier. Désespoir des A.S. Elle est repartie en rue, puis un jour, les allers-retours, stop, il faut bien se fixer un jour. Construire son pas-chez-soi, un lieu identifié.

Elle a fixé une tente. Ce jour-là, l’énergie l’a abandonnée, pas tout à fait définitivement. La tente, sur une place, sur un square, plus bouger, pas bouger, gentil chien-chien. Plus la force de mordre, mais encore capable d’emmerder, un peu, les voisins, les fli-flics, les éboueurs, les gardiens de ceci-cela, surtout les professionnels du care. Elle s’est enlaidie, dents perdues, gueule ravagée, mais elle est seule, elle croit qu’elle se sent bien, personne ne la juge le mercredi 12 à 16h30 quand elle a loupé un rendez-vous crucial pour sa survie, elle veut plus rien si ce n’est être peinarde. Peut-être un peu plus de verdure, bah voilà, insérée, comme tous les propriétaires, veut un plus grand jardin ! La société a accompli sa mission, pour une fois, un but atteint. La société va la compter, la dénombrer, la classer, étude genrée, population en souffrance, victime, chiffrage, on publiera un rapport, classique, rien d’évident mais rien d’inventé, politique emparée, objectifs fixés, la prochaine sera la bonne.

11 décembre 2013

[Texte] Romain le GéoGrave, – la pièce – [Libr-@ction – 14]

À déclamer partout… cet extraordinaire agencement répétitif  – libre & critique… En cet avant-fête de dindes, faites vôtre cette Libr-@ction… [Lire Libr-@ction 13]

 

dans une pièce sans fenêtre

des mecs enfermés attendent des pièces

ce n’est pas une pièce sans fenêtre c’est la rue

mais le décor dans leur tête c’est sans fenêtre

parce que de toutes façons ils ne peuvent pas tirer le rideau pas de décor pas de jeu pas de pièce de théâtre

le théâtre n’est pas jeu n’est pas virtuel ou alors ils sont bons acteurs ces mecs leurs yeux ne sont plus des fenêtres

des yeux qui ne regardent pas par la fenêtre

des yeux fermés comme leur poing sur la petite pièce mais

fermé le poing n’accueille pas la petite pièce ils se renferment alors un peu les poings au fond des poches

vides parce que trouées le

vide remplit alors ils attendent les yeux dans le

vide qu’une bonne mère de famille passe mais aujourd’hui il n’y aura pas l’enchantement de la maman qui aime tout le monde

il n’y aura que désabusé et compagnie tristes sires la cravate au vent qui passent rapidement presque

ils marchent presque

ils sont presque

tout est presque

ils foulent le macadam mais le macadam bouge le macadam remue mais le macadam n’est pas macadam c’est un macchabée non une sorte de fusion entre l’être et le bitume

pas encore il faut pour que le macadam devienne macchabée la douce alchimie politique de l’hiver

pas l’hiver le temps le froid la bise la météo les feuilles l’humide non l’hiver des cabinets feutrés des chauds bureaux

il fait bon être dans ces cabinets les costumés pensent à leur panse mais un peu aussi à celle des mecs qui sont dehors qui se macadamisent

ceux qui n’ont plus de fenêtre dans leur tête pour s’évader et pour eux il n’y a guère que la fenêtre ouverte sur la pils

et donc ces braves gens heureux se soulèvent de leur siège pour se resservir un café avant de négocier avant de parlementer

parce que parlementaire ça parlemente avant de faire un bras de fer parce qu’il y a des enjeux et que les enjeux ça n’attend pas

et là les petites pièces elles tombent plus vite que les feuilles en automne et là il faut absolument que le fric sorte des poches

et là les poings ne sont pas fermés les mains s’ouvrent

et là les petites pièces sont plutôt grosses

et là les mains se referment plus vite que les fenêtres qui claquent dans la tête des mecs

et là plus question de récupérer son fric de taper un coup de grole dans la sébile

et là finalement le poing refermé demande encore du fric parce qu’il ne fait pas assez chaud dans ce bureau

parce que même s’il fait froid dehors et bah les mecs dehors ils s’en tapent qu’il fasse encore plus chaud dans les bureaux

parce que de toutes façons ces mecs laissent les fenêtres ouvertes alors pourquoi se plaindre parce qu’en plus ces mecs ils sont les machinistes les preneurs de son et les cadreurs de cette pièce audiovisuelle qu’ils ne savent même pas qu’ils jouent

parce qu’en fait on les baise ces mecs et ces mecs se faire baiser ça leur est finalement bien égal tout dépend de qui les baise et pour quel service après tout

parce que les poches vides les poings fermés les fenêtres qui claquent les vitres qui volent en éclat tout ça c’est de la littérature et on sait bien que la littérature ne nourrit pas ces mecs

 

ASSEZ ! je vais gueuler sinon ! je vais me mettre entre parenthèses (plantons-le ce putain de décor ! alors voilà ! c’est simple on prend des parvenus des vulgaires des irrespectueux des avides de pouvoir des poufiasses en blond des camés au pouvoir des abrutis du social ! on mélange mes amis on mélange ! et on concasse et on filtre ! et malheureusement il n’y a que de la bouillie d’anus qui en sort ! de la merde ! bref l’enchantement poétique c’est pas pour demain ! et on négochie on négochie on chie des convenchions ! à la pelle à merde qu’on en sort ! et tout ça se déroule dans une pièce pleine de fenêtres ! alors là pour le coup des fenêtres ! on voit on se voit on s’entrevoit on se revoit on fait plus que s’apercevoir ! on revient vers et on repart dans ! des poings aussi ! sur la gueule que les mecs pourraient les voir mais c’est sur la table qu’ils reposent ! en paix ! en paix bien fermés sur la petite pièce ici la pièce c’est du chèque en barre c’est pas du sang provision ! ici dans cette pièce à fenêtre les provisions avec le chèque on peut en faire pendant dix ans ! mais ce fric c’est pas du tout pour ça ! pour aider les qui ! les macadamisés les vieux les pauvres les pauvres vieux ! avec leur gueule de faux Christ abusés ! là maintenant juste maintenant il faut cesser les mots ! tous les mots ! les mots qui se disent dans les bureaux ! et ceux qui ne se disent surtout pas sur le macadam ! les mots ne sont plus nécessaires ! maintenant ! juste maintenant ! ils doivent disparaître progressivement ! les mots ! plus de mots pour dire ! de mots pour dire de mots pour dire ! les mots sont pourris ! les mots sont hâves ! les mots sont mal rasés ! les mots puent des pieds ! les mots sentent le picrate de derrière les fagots ! les mots princes de la mendicité ! les mots sont gelés ! les mots survivent sous les couvertures ! les mots c’est la queue à la soupe populaire ! les mots sont assuétude ! les mots tox ! les mots sans-papiers ! les mots mange-merde ! les mots parlent polak ! les mots sont des bougnoules et des niaks ! les mots squattent la langue ! les mots ont des projets ! les mots ironisent les situations ! les mots ne demandent plus rien ! les mots veulent tout ! les mots sont tout ce que ne sont pas ces mecs ! les mots les font disparaître dans des définitions des classements des recensements ! les mots sont enfumés ! les mots sont quotidiens ! les mots emmerdent tout le monde ! mot à mot les mots n’ont plus de sens alors voilà)

 

et maintenant que je sors de la gare et que je piétine sur le macad’homme, je me rends compte que je me fonds moi-même dans le bitume. je ne m’en fais pas, il fait froid mais je suis couvert. je ne crains rien à ce moment. j’observe, comme à mon habitude, les conditions de vie des mecs. je pourrais faire partie de ce groupe de mecs, puisque les mots peuvent le dire, alors je peux le faire. tu peux le faire, espèce d’esclave. au moment où je suis prêt de m’effondrer, une main me rattrape. cette même main a un bras et au bout du bras un mec. le mec me tient par la main. c’est bien la main d’un mec, d’un mec qui s’est macadamisé, d’un mec solide tout de même je sens sa poigne ferme presque douloureuse dans mon avant-bras. le mec a une voix, la voix me dit de me barrer de là, que je n’ai rien à foutre ici. pour une fois, je le prends au mot. si c’est un mec qui le dit, il faut le croire, il y a des moments où les mots vous sortent de la merde, vous ramènent chez vous. je sors de mes songes et je repars vers la gare. il y a belle lurette que je ne me rends plus compte de l’espace qui me sépare du macadam. cette fois encore je suis tiré d’affaire. par un mec. l’un d’eux.

14 juin 2013

[Texte – série] Romain le GéoGrave, Heures supplémentaires (3)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 20:08

Rapport, rapport aux autorités et institutions – y compris littéraires -, rapport au sexe, rapport à l’écriture… Toujours aussi décapante cette troisième livraison… [Lire la deuxième]

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14 mai 2013

[Texte – série] Romain le GéoGrave, Heures supplémentaires

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 10:07

Vous reprendrez bien quelques heures supplémentaires, série de Romain le GéoGrave lancée début mai, qui ressortit aux écritures critiques du/au travail. [Lire la première livraison]

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