Libr-critique

14 février 2021

[News] News du dimanche

CUHEL commence par vous faire méditer sur notre douce-France… Moussempès en UNE, puis les nouvelles aventures d’Ovaine par Tristan Felix… et nos Lib-livres reçus !

 

Édito : Douce fRANCE /CUHEL/

Le règne de Micron 1er fut celui du CommeSi

[Micron a tout lu tout vu
– il est Tout-UBU !]

fRANCE pays de Liberté – pour les néo-Libéraux et leurs polichiers

[liberté de travailler et de consommer pour les autres]

fRANCE pays d’Égalité – à force d’égaliser les privilèges des assistés (ceux qui ont un net fixe !)

fRANCE pays de Fraternité – envers les capitaux

 

fRANCE mère des Arts (vive Netflix !)
des Armes (pour libérer et sécuriser les sujets de Micron 1er !)
et des Lois (pour assurer la Liberté et la Sécurité des néo-Libéraux !)

 

Priorité à l’Éducation – grâce aux suppressions de postes !

Priorité à la Recherche – de profits !

Priorité à la sécurité sanitaire – à coups de baguettes magiques !

Priorité au Plein-emploi – grâce à la magie des chiffres…

 

Et maintenant, grâce à la néo-maïeutique – cet art de coucher les esprits que maîtrisent les sophistes et les polichiers –, place au CommeÇa : après le CommeSi, c’est CommeÇa !
En marche !

 

UNE : Sandra Moussempès à bout portant…

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Cassandre à bout portant poursuit cette quête obstinée de Sandra Moussempès des objets féminins non identifiés à travers les clichés de l’imaginaire contemporain (celui des séries américaines en particulier), détournés avec une ironie teintée de tendresse. Le ciel s’est éclairci dans l’univers de l’autrice, l’humour semble désormais maintenir à distance les monstres du passé. Ce qui n’ôte rien à l’étrangeté des images que son écriture parvient à susciter, avec une innocence qui n’exclut pas un soupçon de perversité. Jusqu’où peut aller une pin-up assortie à sa fourchette, endormie sur le sol d’une maison hantée ? Telle est l’une des questions que pose ce livre grave, joyeusement décalé.

À lire – Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Poésie Flammarion, 2021.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine… /Tristan Felix/

À l’endroit pile où Ovaine bâtit sa bicoque, une maison se construit.

Ovaine ne se démonte pas. Nuit et jour, elle ôte une à une les pierres et les poutres pour mettre les siennes à leur place.

Le chantier n’avance guère… Ne reculant devant aucune adversité, elle poste son loup en équilibre sur le seuil, prêt à déjouer l’entourloupe.

Mais voilà Ulysse qui revient de loin, rusé de près et vermoulu comme une poutre. Il demande à voir Pénélove.

Le loup, grêle et méfiant, opte pour un silence sidéral.

Alors, Ovaine, immatérialisée, descend des combles de son rêve.

 

Libr-livres reçus

► Marie Delvigne / Raymond Federman, Fourire, Les Contemporains favoris, coll. « Å’uvres complètes », été 2020, 124 pages, 18 €.

► DOC(K)S, série 33/34, numéro 35/36, hiver 2020-2021, 460 pages (+ DVD), 50 € (abonnement pour 4 numéros : commander).

► Armand Dupuy, Selfie lent, éditions Faï Fioc, Boucq (54200), hiver 2020-2021, 112 pages, 13 €.

► Sylvie Durbec, Carrés, ibid., 72 pages, 11 €.

► Didier Henry, Continuo, ibid., 88 pages, 12 €.

 

2 février 2021

[Chronique] François Crosnier, La poésie réduite en poudre noire (à propos de Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant)

Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Flammarion, collection « Poésie », janvier 2021, 167 pages, 18 €, ISBN : 978-2-0802-3289-2.

 

Je n’en pouvais plus des thématiques je voulais écrire ce qui vient : une telle affirmation peut sembler paradoxale, tant le lecteur de Sandra Moussempès retrouve dans son dernier livre les objets féminins non identifiés qui parcourent toute l’œuvre. « Princesses filmiques » pour film fantôme réfugiées dans une maison hantée, « fillettes lucides de l’enfance », chanteuses à la « tessiture congelée dans le Museum des voix célèbres » …, ces héroïnes dominent les deux premières parties, sur les neuf qui composent le recueil. Cette impression de déjà-vu doit pourtant être dépassée et il faut convenir, au-delà des apparences, que nous ne sommes plus tout à fait dans le même univers que celui de Colloque des télépathes ou Cinéma de l’affect, les précédents titres publiés à l’Attente en 2017 et 2020.

Un titre n’est jamais innocent : ce Cassandre à bout portant introduit une figure convoquée à trois reprises, dès la couverture donc, puis comme titre de l’une des parties et encore comme celui du poème de la page 156. Une telle insistance conduit à interroger cette Cassandre que le peintre anglais George Romney (1734-1802), dans un magnifique portait de 1785, représente sous les traits de Lady Hamilton, tandis que Sandra Moussempès, qui a réalisé le visuel du livre, préfère l’évoquer quant à elle sous un masque victorien.

George Romney (1734-1802) Lady Hamilton as Cassandra (c. 1785-6)
Londres, Tate Britain

Envisagée comme un double, la fille de Priam à laquelle Apollon confère le don de prophétie avant de la punir comme on sait, a partie liée avec le monde de l’enfance et du père :

L’obsession reviendrait, se tiendrait à côté de Messaline, surnom que mon père me donnait enfant, parmi d’autres comme Salomé, Cassandre la bien nommée qui annonce la perte.

L’ancienne petite fille, identifiée à des figures hypersexuelle (Messaline) ou de séductrice (Salomé), choisit finalement d’endosser (bien nommée) le rôle de celle qui annonce le malheur, la perte, à la différence qu’ici elle est le propre objet de ses prophéties (à bout portant).

Dans La vierge au miroir, dernier poème du recueil et par conséquent conclusif, Sandra Moussempès, se décrivant comme « poétesse en kit composant un poème sous vos yeux », n’hésite pas à écrire

A chaque respiration tu recraches les tabous de ton enfance

nous autorisant ainsi à considérer l’inscription de son travail dans l’autobiographie.

C’est en effet cet aspect plus franchement revendiqué (« je me suis glissée dans une auto-biographie ») qui donne à ce livre un ton différent de ceux qui l’ont précédé. Sandra Moussempès s’engage très loin dans cette direction, ainsi par exemple, dans la section La maison des phrases liquides, le poème « Le temps de l’écriture » donne lieu à une assimilation du texte au corps même de l’autrice :

Voici la petite fille cornée comme une page (…)

Tu lui confies une page elle s’y étale et se replie avec la page

Tu l’écrases en refermant le livre

A priori elle n’est toujours pas morte elle se déplie avec les mots

De même, celle-ci va jusqu’à insérer à deux reprises des notes de bas de page pour évoquer des événements de sa propre vie (rencontres avec Olwyn Hughes ou Anie Besnard, toutes deux liées à la figure du père), au risque de produire une déchirure dans le discours poétique – et de susciter, avouons-le, une certaine surprise chez le lecteur – en y introduisant des éléments brutalement informatifs.

Dès lors, l’injonction « Ne pas mélanger la vie et le poème » qui apparaît dans La porte vivante semble un rappel quelque peu formel à soi-même, vite contredit par des notations comme celle-ci, parmi beaucoup d’autres :

Quand la fraîcheur d’une nuit sérigraphiée

Vient ici-bas me définir en fille aimée d’un père mort (…)

& paravent d’une mère-prothèse

Nobody’s Here But Me : placé en exergue du livre, le titre du documentaire réalisé par Cindy Sherman en 1994 apparaît donc avoir pour double fonction de signaler une référence majeure de l’autrice, à côté d’Unika, Sylvia, Emily, Gaspara, Virginia, et de définir, comme on l’a vu, l’un des axes de son projet d’écriture.

Le second axe que je distingue dans ce livre décidément riche est celui de la réflexion sur l’objet poétique lui-même. Le mouvement perceptible dans Cassandre à bout portant est celui de l’abolition d’un émerveillement ancien :

La poésie est une forêt remplie de songes précieux – c’était ma vision des choses

pour faire place à une perturbation dans l’ordre des idées :

Poésie est une idée du ciel noir et

Des pensées rouges qui le perturbent

Si le poème est « une façon de tresser des fissures / dans un hôtel rempli de fantômes », sa production est désormais violente comme une scène de guerre  :

Ce sonnet part dans tous les sens, c’est le moment de le faire exploser

En expirant par ma bouche toutes sortes de traumas murmurés

Je les expulse je les réinjecte, des années sortent avec des rapaces

Je suis assise mais pas maîtrisée j’ai un pistolet lance-roquette

Pour la première fois, le travail de l’autrice – l’engendrement des textes, « la folie entraînant le poème ou le poème entraînant la folie » – est situé explicitement, avec le risque que cela comporte en termes d’exposition personnelle, dans un processus post-traumatique :

 Livre après livre on restitue les traumas même s’ils ne font

Pas davantage comprendre ce qui s’échappe du poème

Les mots de Sandra Moussempès forment une « comptine vertigineuse » à la force d’évocation intacte, et communiquent au lecteur une part de ce vertige issu d’un « ciel rose et un ciel noir en moi ». Sous l’invocation de « Lilith et Cassandre encastrées », figures tutélaires incarnant le négatif, le livre procède ici à sa propre alchimie :

C’est la poésie réduite en poudre noire puis retravaillée en pâte vivante avec un peu d’eau

17 janvier 2021

[NEWS] News du dimanche

Ces premières NEWS du dimanche de 2021 donnent d’emblée le ton : offensifs l’édito et les textes de CUHEL comme de Tristan Felix ! Suivent, en ce temps de médiocre rentrée-de-janvier, notre sélection rigoureuse (LIBR-6), nos Libr-brèves et notre avant-dernière Libr-rétrospective de 2020

Édito

♦ On n’arrête pas le Progrès : des files d’attente et de la flicaille partout, couvre-feu*, angoisse devant un Ennemi invisible… ça nous change la vie : c’est vrai quoi, ça met un peu de piment dans les vies monotones de nos démocraties-molles…  Et puis, c’est inédit au moins, non ?!

* La seule différence avec 1942, c’est que cette fois il concerne tous les (néo)pétainistes – et pas seulement les juifs…


♦ Pour mieux deviner où va cette « France en Marche », on lira l’édito du n° 6 de COCKPIT voice recorder (novembre 2020), signé Christophe Fiat : « Si au printemps, lors du premier confinement, on nous encourageait à faire les Robinson Crusoé : « Robinson Crusoé ne part pas avec de grandes idées de poésie et de récit. Il va chercher dans la cale ce qui va lui permettre de survivre » a-t-on entendu lors d’une visioconférence en direct de l’Élysée, nous n’avons pas d’autre choix, à l’occasion de ce second confinement, que d’être des Don Quichotte. Voilà, le délire du personnage de Cervantès en quête d’aventures tout azimut nous semble plus « adapt頻 – terme d’une Novlangue inépuisable – à la réalité de notre époque que la clarté zélée du personnage de Defoe »…

♦ Pour bien commencer l’An neuneuf, chantons avec La Vie manifeste :

« L’Etat noie, noie l’Etat
il n’y a pas d’argent magique, il n’y a que de l’argent tragique

Déboulonnons le récit officiel
Police abolie, bientôt le paradis
Etranglons les étrangleurs
Télétravail pour les CRS »…

CUHEL, Ode au Coronnard 

Ô Coronnard le Combinard
toi qui n’es pas né de la dernière pluie
MERCI de nous rappeler que nous sommes cuits
Toi l’ultra-libéraliste tu aimes la Liberté
de circuler
pour nous parasiter
tu chéris l’Égalité (et surtout son Boulevard !)
et la Fraternité
pour mieux nous parasiter

Ô Coronnard le Vicelard
qui nous mène la vie hard
tu es le meilleur coach de l’apocalypse
ô vice oh hisse au supplice !

Ô Coronnard le Cognard
tu vas nous débarrasser de tous les nullards
qui nuisent à la sécurité des démerdards
qui empêchent de tourner en rond
notre immonde où seul compte le pognon
un pognon de dingues

Ô Coronnard
toi qui as grandi sur la litière de nos idéaux
sur le terreau de l’immonde expansion des néo-fléaux
toi l’avant-garde des néo-libéraux
pour rassurer les secturitaires
tu vas ramener l’Ordre sur la Terre
l’Ordre en Marche
celui des marchands
à qui profitera le Grand Réchauffement
À bas les sans-dents !
Et vive le Résident de la Réputblik
décoré de l’Ordre du ÇaProfite !

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine, par Tristan Felix

Pour prouver son innocence, Ovaine braque une baraque à frites, en plein soleil. 

Le fritier, désormais client, s’enquiert :

– Où en est ton procès ?
– État stationnaire. Preuve que j’ai rien fait. Et toi ?
– Bah, j’ai pas de preuves que tu m’as tout piqué.
– Veux-tu que je témoigne en ta faveur ? J’ai tout vu, tu sais.
– Tu seras inculpée pour faux témoignage, laisse tomber.

Ovaine, émue, lui double sa dose de mayo.

Transporté par ce vent de solidarité, il demande une barquette géante.

Et de sa langue prélève les cristaux de sel éclatant d’une vérité nouvelle.

 

Libr-6 (Livres reçus : hiver 2020-21)

► Jean-Pierre BOBILLOT, Dernières répliques avant la sieste [notes sur le risible – II & III], éditions Tinbad, coll. « Poésie », 88 pages, 14 €.

► Sophie COIFFIER, Tiroir central, éditions de l’Attente, 88 pages, 11,50 €.

► Suzanne DOPPELT, Meta donna, P.O.L, 80 pages, 13 €.

► Anne KAWALA, Les Aventures d’Orphée Foëne à Dos Romeiros, Série Discrète, 64 pages, 12 €.

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cassandre à bout portant, Flammarion, coll. « Poésie », 174 pages, 18 €.

► Patrick VARETZ, Deuxième mille, P.O.L, 528 pages, 32 €.

Libr-brèves

► On retrouvera ici la visio-lecture de La Sauvagerie qu’a donnée Pierre Vinclair mercredi dernier 13 janvier dans le cadre de Station d’arts poétiques (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon).

â–º Peu après la publication du volume collectif issu du Colloque international de Cerisy sur son œuvre, Valère Novarina : Les Tourbillons de l’écriture, le poète, peintre, dramaturge et metteur en scène vient de recevoir le Grand Prix Paul Morand de l’Académie française, destiné « à l’auteur d’un ou plusieurs ouvrages remarquables par leurs qualités de pensée, de style, d’esprit d’indépendance et de liberté » – et doté de 45 000 €.

Libr-rétrospective 2020 (3)

â–º Créations : Joël Hubaut, « Ã‰pidémiK » [n° 1 ; série à terminer en 2021] ; Philippe Jaffeux, « John Coltrane » ; Julien Blaine, « (Y) » ; Laure Gauthier, « Transpoèmes »Â ; Tristan Felix, « Le Mâle dit de fine amor »

â–º Chroniques : Ahmed Slama sur Ivar Ch’vavar, La Vache d’entropie ; Patrick Beurard-Valdoye, « Fléau et théâtre social »Â [> 3 000 vues] ; Fabrice Thumerel, « Julien Blaine : fin de partie ? » [> 3 500 vues]…

â–º NEWS : Poesie is not dead, « Urgences poésies » [> 5 000 vues] ; « News du dimanche du 17/05 » [> 2 500 vues]…

► Entretien avec Christophe Fiat pour le lancement de la revue Cockpit voice recorder

1 janvier 2021

[News] Libr-fêtes (3)

En ce premier jour de l’année et même de la décennie, on pourra se laisser entraîner par nos « Libr-divagations » – qui au passage évoqueront des nouvelles parutions -, découvrir « Les Nouvelles aventures d’ovaine » par Tristan Felix et aussi le tout prochain livre de Sandra Moussempès…

Libr-divagations sur l’An neuneuf…

2020/2021 : Bis repetita ejecta est [On ne pourra pas dire qu’on ne vous avait pas prévenus pour 2020…]

Année 2021 dans tous ses états… dans tous ses éclats !

Bonne Année… gnagnagna… 
Les traders aux abois !?encore

Bref, de Charybde en Scylla, c’est la Bérézina…

Derechef, en 2021, Ah muse toi !

(Et va écouter le CD de Bruno Fern, dont on saluera la virtuosité dans la contrainte formelle : A dans tous ses états, Guillaume Anseaume à la guitare, Petit Label 2020)


♦ Je ne fais de voeux qu’au pieu, qu’il me dit… Mais ça ne se dit pas, hein ?

♦ Je consulte Maboule de tristal : 2021 commence bien, il faut prévoir au moins 10H pour regarder un résumé du Grand Bêtisier national 2020 (MERCI à notre gouverdément !)…

Allez la fRANCE, encore un effort en 2021 : le gouverdément vient de recevoir les félicitations du parti d’extrême-droite allemand AFD pour sa loi sur le séparatisme !

♦ Je consulte les 192 miroirs de Wilfrid Rouff pour janvier 2021 et tombe sur ces cascades de Daniel Cabanis : « […] tonnes de déchets par habitant tant va la cruche à l’eau alopécie galopante pente glissante […] entropie opinion publique lycanthropie » (Petits pains & concaténations)…

♦ Jupiter oblige, consultons le SOLEIL dans le tarot de Marseille, via Patrick Varetz :

« (?) te voilà bien avancé ton 
écorce transparente à tout
montrer avec certitude toi

qui ne crois ni au miracle ni
à la puissance de l’esprit à
tout montrer toi qui doutes

encore de pouvoir ériger des
remparts contre la barbarie
quand ce sont les barbares

qui dressent leurs barrières »

(Patrick VARETZ, Deuxième mille, P.O.L, décembre 2020, 1458).

♦ Et si l’on proposait une année-zéro = zéro temps / zéro tourment / zéro importun… Qu’en penses-tu Ovaine ?

Les nouvelles aventures d’Ovaine, par Tristan Felix

Après s’être versé une double dose d’Ovaine treize ans d’âge à 360 degrés, Ovaine demande à Jésus de nos Arêtes si elle peut le remplacer dans le calendrier. Elle le met au jus :
– C’est pour m’épater la galerie. Et pis, t’as une petite mine. Je peux te faire un mot, s’tu veux.
– Ah non ! Jure-moi de rien dire à Dieu. Il ne croirait plus en moi.
– Tope là, mon frère !
Tandis que Jésus sirote le reste de la bouteille, c’est l’avainement d’Ovaine.
En zéro avant Ovaine, rien n’était qu’un lent désœuvrement.
Pile au moment d’Ovaine, tout s’envenime. Zorro, ressuscité, surgit dans la nuit, transperce de son épée le cadavre du temps et emporte Ovaine, épatée.
En zéro après Ovaine, tout bascule dans l’Historie Collective, portée par des centaines de milliards de Riens enfin débarrassés de leur zéro (Jésus se pince pour y croire).

 

LIBR-CRITIQUE attend avec impatience…

Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Flammarion, coll. « Poésie », parution le 20 janvier 2021, 160 pages, 18 €.

Présentation éditoriale. Cassandre à bout portant poursuit cette quête obstinée de Sandra Moussempès des objets féminins non identifiés à travers les clichés de l’imaginaire contemporain (celui des séries américaines en particulier), détournés avec une ironie teintée de tendresse. Le ciel s’est éclairci dans l’univers de l’autrice, l’humour semble désormais maintenir à distance les monstres du passé. Ce qui n’ôte rien à l’étrangeté des images que son écriture parvient à susciter, avec une innocence qui n’exclut pas un soupçon de perversité. Jusqu’où peut aller une pin-up assortie à sa fourchette, endormie sur le sol d’une maison hantée ? Telle est l’une des questions que pose ce livre grave, joyeusement décalé.

20 décembre 2020

[News] Libr-fêtes

Pour terminer cette annus horribilis le moins péniblement possible… nos rubriques : « En lisant, en zigzaguant »… « Votre réveillon avec Ovaine »… un RV à Nice… « Pleins feux sur Jérôme Game »… « Libr-rétrospective 2020 (1) »… « LIBR-CRITIQUE attend début 2021″…

En lisant, en zigzaguant…

« Et c’était ce qui avait fini par arriver, je le comprenais maintenant, au bout d’un millénaire de chute ininterrompue… La tendance à l’involution l’avait emportée… Les petits-êtres le manifestaient aujourd’hui, par le nivellement rageur de tout, par la négation farouche et maladive de ce qui est élevé, accomplie sous l’accablante bannière d’une démocratie de cancrelats, fallacieuse équanimité qui menaçait de biffer pour toujours l’impulsion séculaire des meilleurs vers le Haut et l’Unité… »

(Didier Fortuné, « Fragments d’un halluciné »,
dans Les Cahiers de Tinbad, n° 10, automne 2020, p. 106).

Votre réveillon avec Ovaine, « dans un restaurant astronomique hyperétoilé »…

« Un carpaccio de cervelle dans sa crétinette flambée au marcassin, puis une daube de roubignolles fouettée aux éclats de riz, enfin une nage de plancton givré servie sur son lit de guêpes asiatiques, s’il vous plaît »…

(Tristan Felix, « Neuf opérations d’Ovaine »,
dans Les Cahiers de Tinbad, n° 10, p. 116).

Et pour accompagner cette agape, on chantera « Les Petites Darmanines » avec La Vie manifeste

Pour franchir le cap de 2020 à 2021…

Jusqu’au 23 janvier 2021 (Mardi – samedi 14h – 19h, entrée libre) : Espace A VENDRE (10, rue Assalit à Nice) a convié près de 70 artistes à participer à l’exposition Bons baisers de Nice. Contraintes de déplacement oblige, chaque artiste a été invité à envoyer une Å“uvre en petit format par voie postale. Venus de tous horizons, les artistes ont répondu à l’appel : du fanzine à la sculpture en passant par la carte postale, près de 100 Å“uvres seront visibles dans un ensemble hétérogène, joyeux et festif, et disponibles à l’achat à tous les prix.

Avec :

Uli Aigner, Caroline Bach, Didier Balducci, Simon Bérard, Julien Blaine, Eric Bourret, Rémi Bragard, Pauline Brun, Gilbert Caty, Baptiste César, Frédéric Clavère, Esmeralda Da Costa, Claire Dantzer, Tom De Pékin, Raphaël Denis, Noël Dolla, Maxime Duveau, Quentin Euverte, Jean-Baptiste Ganne, Karim Ghelloussi, Tom Giampieri, Isabelle Giovacchini, Mounir Gouri, Alexandra Guillot, Alice Guittard, Amandine Guruceaga, Aïcha Hamu, Han Hoogerbrugge, Joël Hubaut, Louis Jammes, Jaša, Arnaud Labelle-Rojoux, Thierry Lagalla, Claudia Larcher, Camille Llobet, Anna Lòpez Luna, Arnaud Maguet, Cecile Mainardi, Filip Markiewicz, Bérénice Mayaux, Philippe Mayaux, Eva Medin, Lucien Murat, Pascal Pinaud, Mark Požlep, Laurent Prexl, Stéphane Protic, Jean-Simon Raclot, Emmanuel Régent, Werner Reiterer, Sylvie Reno, Karine Rougier, Lionel Sabatté, Lionel Scoccimaro, Quentin  Spohn, Stéphane Steiner, Eleonora Strano, Gauthier Tassart, Cedric Teisseire, Ben Vautier, Jean-Luc Verna, Eglé Vismanté, Philip Vormwald, Mathieu Wailer, Qingmei Yao …

PLEINS FEUX SUR JÉRÔME GAME : HIVER 2020 / 2021
ENTRETIEN :
— ‘Les images ne sont pas des apparences sur le monde. Elles sont des bouts de monde’, entretien avec J. Faerber, Diacritik, 16 décembre 2020. (click here)
DATES :
— 16 janvier 2021, ‘À travers’, lecture, Festival DIRE #2, La Rose des vents–Scène nationale Lille Métropole /Littérature etc. (click here)
— 28 janvier 2021, ‘e‑Nous /e‑We’, e‑lecture avec Jeff Barda, Nuit des idées 2021 /Institut Français de Manchester (click here)
— 29 janvier 2021, ‘Langscapes’ lecture/performance (voix + vidéo) avec Valérie Kempeneers, Théâtre National de Bretagne/Maison de la poésie de Rennes (click here)
— mars 2021, ‘Original soundtrack + l’image là, la V.O. Sous-Titré + ma voix, ça donne quoi ?’, lecture, Poï – Poésie orale, Lausanne
SUR LES LIVRES :
— S. Bonn, sur Album Photo, art press n°482, p. 96, nov 2020. (click here)
A. Meignan, ‘Comprendre l’image grâce aux poèmes de Jérôme Game’, Addict-Culture, 14 octobre 2020. (click here)
— F. Thumerel, ‘Sur Album Photo’, Libr-critique, 1er octobre 2020. (click here)
A. Nicolas, ‘Jérôme Game, quand le mot met l’image en pause’, L’Humanité, 27 août 2020. (click here)
‘Le poète et la photographe. Jérôme Game’, film de Lydia Belostyk et Benoît Villé, 2020. (click here)
— E. Durante, Air Travel Fiction and Film : Cloud People, Macmillan Palgrave, 2020. (click here)

Rebooted Site : www.jeromegame.com

Libr-rétrospective 2020 (1)

► Michaël Moretti : « Liliane Giraudon, poétesse sismographe »

► Philippe Boisnard : « La Cagoule » (1)

► Guillaume Basquin : « Pierre Guyotat et la fonction critique »

► François Crosnier : « Sandra Moussempès, Cinéma de l’affect« 

► Bernard Desportes : « Saint Guyotat, forçat et martyr »

LIBR-CRITIQUE attend début 2021...

â–º Inter, n° 136 : Les nouvelles activités performatives à l’ère des confinements (180 pages, 10 €).

Présentation éditoriale. Pour nombre d’entre nous, depuis mars 2020, nous avons eu le sentiment que le temps devenait plus long, que notre vie était mise en suspens. Plusieurs artistes ont résolu d’assumer cet exil intérieur, de se faire plus discrets, anonymes s’il le faut, afin de retrouver le principe de la vie même. La cuisine est devenue l’atelier, la fenêtre la galerie, l’art un exorcisme de chambre. Dans ces nouveaux espaces et cette nouvelle temporalité, ils créent des Å“uvres inachevées et non cautionnées qui sont de véritables expériences de vie. La paupérisation culturelle des mesures sanitaires les oblige à trouver de nouvelles façons d’inscrire l’art, à se désintoxiquer de leur désir de paraître, à se libérer des idéologies qui dominent le milieu.
Ce dossier d’Inter, art actuel explore ces nouvelles activités performatives, pour la plupart autodocumentées. Ce sont des chorégraphies de salon, des alpinismes de comptoir de cuisine, des micro-opéras de balcon. Il s’agit de proposer une réflexion entre l’expression (la voix, le geste, etc.) et l’exiguïté.

► Gérard Dubey et Alain Gras, La Servitude électrique, Seuil, date de parution 14/01/2021, 384 pages, 23.00 € TTC.

Présentation éditoriale. L’action de l’électricité se révèle dans trois domaines principaux : la lumière, la force, l’information. Une telle immatérialité la fait passer pour innocente. Pourtant, son efficacité repose essentiellement sur le pouvoir du feu, elle n’est qu’un vecteur énergétique. Dégâts et déchets sont cachés en amont ou en aval de son utilisation.

À travers un parcours historique d’Ampère à Bill Gates, les auteurs démontent les coulisses et les travers du mythe électrique et de la numérisation de nos existences. Non, le tout-électrique-tout-numérique ne sauvera pas la planète ! Avant qu’ils ne nous emprisonnent totalement, arrachons-nous à leur pouvoir de séduction et sortons de la Matrix.

13 septembre 2020

[News] News du dimanche

En route vers un automne que l’on veut résolument créatif : agenda Prigent, agenda Moussempès, RV à la Librairie Texture…

 

â–º Agenda de Christian Prigent : Avant que de rendre compte des deux derniers livres de l’écrivain désormais reconnu (sa correspondance avec Ponge et ses écrits sur l’art), ces deux RV à ne pas manquer…

« Les hommes   s’approprient le monde par quelques tracés articulés qui l’organisent en langage. Mais, du même coup, ils s’en séparent et le disposent dans la distance du symbolique. L’Å“uvre peinte traduit cette distance dans l’écart optique que jauge le regard. Alors la sensation d’une coupure et d’une perte envahit cette distance.
Mais une peinture est aussi un objet ouvré dont la matérialité suggère la réduction de la distance » (La Peinture me regarde, L’Atelier contemporain, août 2020, p. 26).

Christian Prigent à Saran (Orléans), Théâtre de la Tête Noire.
Le mardi 15 septembre à 19 h. Peep-Show, spectacle de Vanda Benes, d’après le roman en vers de Christian Prigent. Compagnie « La belle Inutile ». Conception et interprétation Vanda Benes. Création sonore Paul Gasnier. Lien : http://www.theatre-tete-noire.com/spectacle/presentation-de-la-saison-peep-show/92
Le vendredi 4 décembre 2020, à 20 h 30. Tra la la !, Spectacle de Vanda Benes sur des textes et poèmes de Christian Prigent. Musique Jean-Christophe Marti. Avec Vanda Benes (voix) et Emmanuel Olivier (piano). Lien : http://www.theatre-tete-noire.com/spectacle/fabienne-pralon-et-tra-la-la-/101
Théâtre de la Tête Noire, 219 rue de la Fontaine 45770-Saran. Tél. : 02 38 73 14 14. Contact : contact@theatre-tete-noire.com.

 

► Vendredi 25 septembre à 19H30, Texture Librairie (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris), rencontre avec Laure Gauthier et Pedro Garcia-Velasquez.

 

► Agenda de Sandra Moussempès :

- Lecture au Centre Pompidou dans le cadre du festival Extra !, de sa « lettre à une jeune poétesse » (en compagnie de Liliane Giraudon, Nathalie Quintane, Chloé Delaume, Ryoko Sekiguchi etc..) le 26 septembre à 18 heures forum -1 Infos ICI
– Workshops à l’ESAM de Caen  Cinéma/Poésie/Son (écriture et travail en studio autour de la performance) sessions 2020/2021
- Lecture au Centre Pompidou, de Cinéma de l’affect et d’extraits de son prochain livre (à paraître chez Poésie/Flammarion en janvier 2021), le 3 décembre dans le cadre des Enjeux contemporains de la littérature, petite salle, suivie d’une conférence de Jean-Luc Nancy.

 

En lisant, en zigzaguant dans trois livres à paraître…

 

► Tristan Felix, Tangor, PhB éditions, seconde quinzaine de septembre 2020 :
« La veuve Tango danse avec Chevreuille Ecarlate, cette autre échappée de l’espace du leurre, fiancée sur la scène au conte de la lune qui n’avait qu’un œil pour briller.
Qui l’embrasse soudain se noie dans la houle au miroir où chaque bouche de poisson accroche un tesson de verre impénétrable » (p. 32).

 

â–º Jean-Michel Espitallier, Centre épique, éditions de l’Attente, à paraître le 9 octobre 2020 : 

 

« … Mai 68, nouvel épisode de la tradition française de l’émeute, éternel geste romantique de la barricade, envol de pavés, assauts de la troupe. Feux de camp dans la rue. La France de 68 ne peut se résumer aux émeutes du Quartier latin, même si c’est là que s’est forgée la mythologie soixante-huitarde construite sur l’invention de la jeunesse, centrifugeuse pour tous les désirs d’émancipations à venir, carnaval pop où tout sembla soudain possible parce qu’on mit ses désirs dans la réalité » (p. 72).

 

► Véronique Bergen, Belgiques, Ker éditions, à paraître le 21 octobre :
« Dans mon Monopoly mental, une case sur deux est une maison abandonnée, les autres des terrains vagues. Lolita, tu ne vas pas gauchir le parcours gnostique par tes prurits œdipiens, vomir sur le XVIIIe siècle des glaviota punkoïdes, revival post-hippie ? Décode les signaux éparpillés sur cette place, arrête de rémusromuluser auprès de ta Louve. Lève la tête, Lol. Les quatre cavaliers de l’Apocalypse déposeront leurs derniers messages lors de l’Ommegang et du Tapis de fleurs » (p. 60).

8 mars 2020

[News] News du dimanche

Riche mois de mars : UNE sur Julien BLAINE ; notre Libr-sélection de livres reçus ; nos Libr-brèves par monts et par vaux…

UNE : pas de Fin pour un grand artiste… Julien BLAINE

Du 14 mars au 10 mai 2020 à La Tour-Panorama, 3e étage, VERNISSAGE LE 13 MARS 2020 : Le Grand Dépotoir de Julien Blaine.

INFOS PRATIQUES

Bon débarras / Fin d’un artiste. Après toute une carrière passée à contre-courant du marché de l’art, Julien Blaine, poète, performeur et l’un des créateurs de la poésie-action, a décidé de liquider sa vie d’artiste. Tout doit disparaître ! « Le public pourra venir choisir les Å“uvres qu’il désire emporter gratuitement. »

 » Évidemment ce serait plus pertinent, plus exemplaire, si j’étais Christofer Wool, Peter Doig,
Damien Hirst, Richard Prince, Anselm Kiefer, Adrian Ghenie, Marc Grotjhan, Rudolf Stingel, Zeng Fanzhi, Yoshitomo Nara, Jeff Koons, Ai Weiwei…

Si j’étais un artiste issu de l’impérialisme américain made in United State of America ou asiatique made in République Populaire de Chine !

Je ne suis que Blaine, Julien Blaine, et je ne suis pas dans le marché de l’art à part quelques rares collections italiennes, suisses, floridiennes et françaises que je puis compter sur les doigts de mes 2 pieds.

Le but de cette exposition Le Grand Dépotoir est donc le suivant : montrer tout ce qui me reste dans mes ateliers : absolument tout ! Les choses seront déposées dans les pièces et sur les cimaises de l’expo de-ci, de-là à l’emporte-pièce (le mot composé est doublement juste).
L’exposition durera un mois, durant ce mois le public pourra venir choisir les Å“uvres qu’il désire emporter gratuitement. Et à la fin, le mois étant écoulé, ce qui reste de l’expo composera un beau feu de joie à moins que tel musée les récupère dans ses réserves… !
Et je ne produirai plus que du texte dans des livres ou des revues.
Plus aucune toile, dessin, sculpture, installation, plus rien pour les collectionneurs, les galeries et les musées. Et pas loin de passer au stade octogénaire, je cesserai aussi de me produire en chair et en os et en public.  » /Julien Blaine/

BON À SAVOIR

Le Grand Dépotoir est un drame en trois actes :
– Acte I • Bon débarras / du 14 mars au 12 avril
– Acte II • Tout doit disparaître / du 17 avril au 9 mai
– Acte III • Liquidation avant fermeture / le 10 mai

Pendant toute la durée de l’exposition, le public est invité à choisir et garder l’Å“uvre de son choix.
> À chaque début de nouvel acte (les 13 mars, 17 avril et 10 mai), possibilité de repartir tout de suite avec !
> Le reste du temps, possibilité de réserver l’Å“uvre de son choix et de venir la récupérer aux dates de retrait :
Réservation d’Å“uvre du 14 mars au 12 avril – retrait les 11 & 12 avril
Réservation d’Å“uvre du 18 avril au 9 mai – retrait les 8 & 9 mai

Trois entractes performés ponctuent l’exposition :
24 avril : Charles Pennequin et Will Guthrie, batteur
3 mai : Edith Azam et Eric Ségovia, guitariste
10 mai : Julien Blaine et Richard Léandre, contrebassiste

HORAIRES

Vernissage le 13 mars à partir de 18h – Performance de Julien Blaine à 19h dans l’espace d’exposition

Exposition ouverte du mercredi au vendredi de 14h à 19h
Samedi et dimanche de 13h à 19h

Attention, fermé les lundis et mardis

Libr-10 (notre sélection de livres reçus en février/mars 2020)

► Pierre ALFERI, Divers chaos, P.O.L, 270 pages, 18 €.

► Julien BLAINE, Le Grand Dépotoir, Al dante/Presses du réel, 224 pages, 25 €.

► Julien BLAINE, 2019. Albumanach bisannuel, ibid., 248 pages, 30 €.

► Jean-Philippe CAZIER, Europe Odyssée, éditions Lanskine, 48 pages, 13 €.

â–º Anne-James CHATON, Vie et mort de l’homme qui tua John F. Kennedy, P.O.L, 248 pages, 18,90 €.

► Éric CLÉMENS, TeXTes 1970-2019, anthologie composée par Dominique Costermans et Christian Prigent, illustrations de Philippe Boutibonnes, Marcinelle (Belgique), éditions du CEP, 144 pages, 15 €.

► Christophe ESNAULT, Ville ou jouir et autres textes navrants, Mugron (Landes), éditions Louise Bottu, 164 pages, 14 €.

â–º Christophe GROSSI, La Ville soûle, Publie.net, coll. « Temps réel », 232 pages, 18 €.

â–º A.C. HELLO, Animal fièvre (2 CD), Trace Label : commander. La Peau de l’eau, Pariah, 16 pages, 5 €.

► Jean-Claude PINSON, Pastoral. De la poésie comme écologie, Ceyzérieu (Ain), Champ Vallon, 180 pages, 18 €.

Libr-brèves

► Découvrez l’envoûtant premier ciné-poème de Christophe Manon, « Ce sont des boutons imbéciles ceux qui commandent aux bombes ».

► Lecture de Michael Heller, Sara Larsen et Sandra Moussempès le jeudi 12 mars à 19h : Atelier Michael Woolworth (2 rue de la Roquette, cour Février 75011 Paris).

► OBLIQUE STRATEGIES / PART 2 Proposé par VOIX OFF : 7 mars-18 avril 2020
Samedi 14 mars 2020 à 18h : Lecture par Pierre Alferi, Jean-Christophe Bailly, Frédéric Boyer, Suzanne Doppelt, Abigail Lang et Dominique Pasqualini. Martine aboucaya : 5 rue sainte anastase 75003 paris (tel +331 4276 9275)

► Jeudi 19 mars à 19H, Le Bal des Ardents (17, rue Neuve 69001 Lyon) : Rencontre avec Philippe Thireau, Gilbert Bourson et Guillaume Basquin (éditions Tinbad).

► À l’occasion de la sortie française de Ce qui n’existe plus, Krishna Monteiro sera présent le 26 mars 2020 de 19 h à 21 h à la Librairie portugaise et brésilienne, 21 rue des Fossés Saint-Jacques 75005 Paris.

28 janvier 2020

[Chronique] Sandra Moussempès, Cinéma de l’affect, par François Crosnier

Sandra MOUSSEMPÈS, Cinéma de l’affect. (Boucles de voix off pour film fantôme), éditions de l’Attente, janvier 2020, 104 pages, 13 €, ISBN : 978-2-36242-085-6. [Commander]

« La voix est la conscience »

Derrida, La voix et le phénomène

 

Le dédale que constitue le nouveau livre de Sandra Moussempès est organisé, comme l’indique le sous-titre, en sept « boucles » centrées sur le phénomène de la voix : la forme des mots que nous prononçons est le sujet principal de cette histoire. On sait l’importance du son pour l’auteure, elle-même chanteuse, ayant réalisé de nombreuses performances et dont vient de paraître un album qui convoque un langage purement sonore, sans aucun texte (Vox Museum).

J’ignore si cela sera remarqué, mais pour la première fois, Sandra Moussempès donne ici la clé de son travail d’interprète :

Tout l’aspect corporel de la pensée est ainsi remisé au fond de la glotte, c’est l’attirail des pensées journalières restées en travers de la gorge

Vertigineux de comprendre que le son de la voix est en fait la charge mentale de son environnement intuitif

Cinéma de l’affect prolonge Colloque des télépathes paru à l’Attente en 2017, dont il formerait un nouvel épisode ; on y retrouve les fantômes, le spiritisme, ainsi que la constellation familiale qui s’enrichit d’une nouvelle figure en la personne de l’arrière-grand-tante Angelica Pandolfini, cantatrice décédée en 1959 et dont le portrait orne la couverture du recueil. (…) un jour je découvris sur YouTube sa voix enregistrée en 1903 son timbre ressemblait au mien c’était troublant (…)

Le livre (du moins est-ce ainsi que je me le représente) est conçu comme une voix off qui accompagnerait une performance imaginaire au Museum des pas feutrés ou encore au Museum des tessitures flottantes. En phase pré-somnanbulique, l’auteure invente un univers où les voix ne se dispersent jamais tout à fait, peuplé de gramophones, de hauts-parleurs, de caméras vocales, de dictaphones, de vieilles K7, d’anciens répondeurs téléphoniques, le tout manipulé par des médiums ou des spirites.

On y trouve même une version postmoderne des « paroles gelées » de Rabelais (dans le Quart Livre) :

Si le son est empaillé il survit à de très basses températures, les textures vocales conservées dans du formol sont alors investies de propriétés euphorisantes à rapprocher du poppers ou de l’huile essentielle de menthe poivrée

Tous ces dispositifs, mémoires archivées de ce dont personne ne se souvient, constituent ultimement une machine à remonter le temps.

Le fil conducteur de ce bref mais dense recueil est en effet une histoire d’amour dont on devine qu’elle appartient à un passé récent. Si pour Sandra Moussempès la poésie est un moyen comme un autre de prendre du recul, le lecteur a plutôt le sentiment de se trouver en présence d’un impressionnant exercice cathartique (ou exorcisme ?), lequel, sans renoncer à la rigueur et à l’humour caractéristiques des précédents livres, manifeste la revanche du gramophone, ou la mise à distance de la relation amoureuse par les moyens mécaniques d’enregistrement :

Le micro par lequel j’enregistrais nos voix a fini par se consumer, la prise de son est une filiale de remords

La fonction « auto-envoûtement » de la touche « reverse » du magnétophone ne pouvait en aucun cas recoller les pots cassés constatés, néanmoins les amants bipolaires en clair-audience durent reprendre leurs cliques et leurs claques sans se soucier du noise reduction qui aurait pu sauver la mise (…).

12 janvier 2020

[News] News du dimanche

Pleins feux sur les deux livres remarquables qui vont paraître ces jours-ci : Cinéma de l’affect, de S. Moussempès, et Cow-boy de Jean-Michel Espitallier. Puis nos Libr-événements, dont certains sont liés à ces livres.

UNE : les deux livres – remarquables ! – de la semaine

Les deux livres à la UNE cette semaine ont pour points communs d’avoir fait l’objet d’une édition soignée (bravo aux éditions de l’Attente et à Inculte !) et de traiter de fantômes : Sandra Moussempès poursuit sa spectrographie/spectrophonie ; quant à Jean-Michel Espitallier, il se lance au galop à la poursuite de son fantôme de grand-père…

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cinéma de l’affect. (Boucles de voix off pour film fantôme), éditions de l’Attente, à paraître le lundi 13 janvier 2020, 104 pages, 13 €, ISBN : 978-2-36242-085-6. [Commander]

Ce volume qui résume toute l’entreprise de Sandra Moussempès est à lire en écoutant l’album Vox Museum, qui ressortit à « la poétique de l’audio-poème » : la voix est le médium de l’affect et nous plonge de façon hypnotique dans une boîte à fantômes et à fantasmes. D’un entremêlement de notations, de graphiques, de photos et de voix, surgissent aussi bien « l’amoureux errant de ce dédale » qu’une figure familiale, l’impressionnante cantatrice sicilienne Angelica Pandolfilni, maîtresse de Toscanini.

Impossible de s’en tirer, envoûté que l’on est par ce « conte de fée psychique », ce « théâtre mental », ce « Muséum des tessitures flottantes »…

► Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, à paraître le mercredi 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €, ISBN : 978-23-60840-22-9. [Commander]

« Les mythologies des familles sont des constructions en équilibre instable,
agencements de petits faits pas vrais, récits au tamis,
tris sélectifs et bricolages pour que l’histoire présente bien.
Il y a les braves types surexposés sur les commodes.
Il y a les drôles de loustics enfouis au fond des tiroirs.
La gloire ou le passage à la trappe. Pour mon grand-père Eugène,
ce fut la seconde destination » (exergue, p. 9).

Comment faire pour saisir un fantôme, c’est-à-dire une figure familiale reléguée aux oubliettes ? Et pourquoi mener l’enquête ? Comment / que raconter quand on ne sait rien ou presque ? C’est là que commence l’écriture, nous suggère Jean-Michel Espitallier : faire parler le silence… non pas combler le vide, mais jouer avec, flirter avec le trou béant, faire affleurer le je d’un jeu avec le temps (et) des origines…

Écrire, pour le poète, c’est traverser la nuit-des-temps, « les filtres de la famille » et « des souvenirs de souvenirs » (115), les représentations scolaires et socioculturelles les plus diverses – parmi lesquelles les univers de Flaubert, Zola, Mallarmé, Proust, Apollinaire, Giono, ou encore les récits d’aventure, les westerns et L’Odyssée de l’espace de Kubrick –, pour évoquer l’absent de tout bouquet familial, « le cow-boy qui se retourne [et] ne tarde pas à se faire flinguer par la sédentarité des familles rurales » (96)… C’est ici réussir une attachante (anti)mythobiographie.

Libr-événements

► Le jeudi 23 janvier à 21 heures, la Cav’Po de Toulouse, 6 € ; RÉSERVER
Sandra Moussempès (poète performeuse) : Dans son nouveau livre, Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme), qui vient de paraître aux éditions de l’Attente, elle accorde une place prépondérante à la voix en tant que dispositif sonore et amoureux via ses propres mémoires vocales archivées et son lien avec son ancêtre, la célèbre cantatrice Angelica Pandolfini. Elle lira des passages de ce nouveau livre et donnera à entendre en miroir sonore des extrais de sa création vocale Vox Museum (Editions Jou).
◊ RV également le 6 février à 19h30 : Lecture-dédicace à la libraire Charybde Ground Control.

► Mercredi 15 janvier à 19H, L’arbre à Lettres Bastille (62, rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) : Lancement de Cow-boy avec Jean-Michel Espitallier.

► Mardi 14 janvier, Les Champs Magnétiques (80, rue du RV 75012 Paris) : « Explorer, avec Benoît Casas – Toutes les distances de langage ». Organisé par Luc Benazet et Benoît Casas.

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1 janvier 2020

[NEWS] Libr-2020

Libr-critique commence 2020 par un vÅ“u singulier suivi d’un montage de Patrick BEURARD-VALDOYE : façon d’osciller entre comique et tragique… Et les premiers RV de l’année : à lire / voir / écouter…

Patrick BEURARD-VALDOYE : Passage en douce…

Libr-rétrospective 2019 (1)

► Hommages : à P.O.L ; à Emmanuel Hocquard ; à Antoine Émaz.

â–º Entretien : avec Jean-Charles Massera (1 – qui approche des 6 000 vues – et 2/2).

â–º Libr-événement : « Traces de langage : poésie numérique » (avec Philippe Boisnard et Jacques Donguy à la Maison de la poésie Paris).

â–º Création : Daniel Cabanis, « Réhabilitation des usines à gaz ».

► Chroniques : Patrick Beurard-Valdoye, Cycle des exils ; Christophe Manon, Pâture de vent ; Benoît Casas, Prévisions

LC recommande début 2020…

La nouvelle Délie pour que l’année ne se délite : Emmanuel Tugny crée un mélange détonant musique médiévale/rock, avec des textes lus par Christian Prigent, qui rend à sa façon un nouveau Salut aux Anciens [Inouïe diffusion]…

► Pierre CHOPINAUD, Enfant de perdition, P.O.L, à paraître le 3 janvier 2020, 576 pages, 24,90 €.

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme), éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 13 janvier 2020, 104 pages, 13 €.

► Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, en librairie le 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €.

â–º Jean-Claude PINSON : en février, essai sur Pierre Michon chez Fario ; en mars, Pastoral aux éditions Champ Vallon…

Prochains Libr-événements :

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► En résonance au spectacle L’Animal imaginaire de Valère Novarina : EXPOSITION DES OEUVRES DE VALERE NOVARINA, du mardi 14 janvier au dimanche 9 février 2020, la Chapelle du Quartier-Haut, Sète
Entrée libre, du lundi au dimanche, de 11h à 18h

Vernissage le jeudi 16 janvier 2020, 18h30

Mais que font donc les figures qui peuplent par milliers l’oeuvre immense de Valère Novarina ? Dans les livres comme sur les scènes, elles entrent, elles parlent, se nomment les unes les autres, elles pensent, elles sortent. Parfois elles dansent. Dans les dessins, rendues visibles par le geste élémentaire de la main, éclairées par les flashes de l’imagination dont elles proviennent et qui les sort un instant du vide où elles vivent, elles émerveillent par l’exceptionnelle liberté dont elles témoignent.

Représentations de L’Animal imaginaire au Théâtre Molière – Sète : Mardi 14 janvier, 20h30 + Mercredi 15 janvier, 19h

22 décembre 2019

[News] News du dimanche

Et si la trêve des confiseurs était celle des Libr-lecteurs ? Découvrez donc une nouvelle sélection de livres reçus parus en cette fin d’année ou qui vont être publiés début 2020… Et pour bien commencer 2020, des premiers RV hauts en couleur !

Libr-10

► Jacques ANCET, Amnésie du présent, éditions Publie.net, automne 2019, 210 pages, 19 €.

► Paul de BRANCION, Tu veux savoir comment je m’appelle ? suivi de 0.1.0 désorientation, Lanskine, automne 2019, 48 pages, 10 €.

► Pierre CHOPINAUD, Enfant de perdition, P.O.L, à paraître le 3 janvier 2020, 576 pages, 24,90 €.

► Johan GRZELCZYK, Données du réel, éditions Ni fait ni à faire, automne 2019, 110 pages, 10 €.

► Douin de LAVESNE, Trubert, un fabliau de la fin du XIIIe siècle, éditions Lurlure, Caen, 200 pages, 19 €.

► Jacques JOUET, Dos, pensée (poème), revenant, P.O.L, décembre 2019, 480 pages, 24,90 €.

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme), éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 13 janvier 2020, 104 pages, 13 €.

► Fabrizia RAMONDINO, Retours, trad. de l’italien par Emanuela Schiano di Pepe, éditions Publie.net, novembre 2019, 152 pages, 14 €.

► Ritournelles : 20 ans de création littéraire transversale, Le Bleu du ciel, Libourne, automne 2019, 200 pages, 20 €.

► Senna Hoy, revue de poésie en anglais et en français, publiée par Luc Bénazet et Jackqueline Frost, n° 1, décembre 2019, 4 €.

Libr-événements

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► Le vendredi 17 janvier 2020, retrouvez Béatrice BRÉROT à La Balançoire :

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24 novembre 2019

[NEWS] News du dimanche

En ce dernier dimanche de novembre, les RV de Christian Prigent puis avec Sandra Moussempès, avant notre LIBR-10 (nouvelle sélection des livres reçus) et une spéciale sur le Festival BIFURCATIONS #5

Agenda de Christian Prigent

Christian Prigent à Saint-Brieuc. Le samedi 30 novembre 2019, à 15 h 30. A la Maison Louis Guilloux, 13 rue Lavoisier, Saint-Brieuc. A propos de Point d’appui (éditions P.O.L), lecture et discussion. Contact : 06 77 68 56 72
 
Christian Prigent à Saint-Brieuc. Le samedi 07 décembre 2019, de 17 h 30 à 19 h. A la librairie « Le Pain des rêves », 13 rue Saint-François, Saint-Brieuc. A propos de Point d’appui (éditions P.O.L), lecture (avec Vanda Benes), discussion, dédicace. Contact : 02 96 61 36 55 ; www.lepaindesreves.fr
 
Christian Prigent à Rennes. Le jeudi 16 janvier 2020, à 19 h. A l’auditorium MIR, 7 Quai Chateaubriand, Rennes. Avec la revue TXT. Lecture. Contact : Maison de la Poésie de Rennes, 02 99 51 33 32 ; contact@maisondelapoesie-rennes.org
 
Christian Prigent à Lyon. Le mercredi 29 janvier 2020, à la « Scène poétique » de l’Ecole Normale supérieure, 15 parvis René Descartes, 69342 Lyon (04 72 72 80 00). Lecture et discussion. Contact : Patrick Dubost  09 50 25 23 21 – 06 80 06 13 19.
 
Actualité de Sandra MOUSSEMPÈS
Vox Museum de Sandra Moussempès : Album fichiers wav + mp3, 5 euros, durée 36 min., octobre 2019.
Par chèque : ordre Association JOU (60 rue Édouard Vaillant 94140 Alfortville)

Sandra Moussempès invente un langage vocal, hors mots, lié aux perturbations amoureuses et aux phénomènes paranormaux. Sa voix chantée, tour à tour éthérée, lyrique, chamanique ou bruitée se matérialise en fragments envoûtés.

Vox Museum
(Sculptures vocales)
1 Contusion of love
2 Ghost elevation (Black Sifichi Mix)
3 Esprits phonographiés
4 Contusion of love  (Black Sifichi Remix )
5 Perturbation lyrique
6 Sweetie’s diary (Black Sifichi Remix)
7 Vocal expectation
8 Vox Museum
9 Sweetie’s diary

Chants, voix, compositions & conception sonore : Sandra Moussempès
Clavier & composition sur « Contusion of love » : Virgile Carballo Moussempès
Conception sonore sur Ghost elevation & tous les Remixs : Black Sifichi

Libr-10 (novembre-décembre 2019)

Sereine BERLOTTIER, Ciels, visage, Lanskine, 88 pages, 14 €.

Marc CHOLODENKO, Sarabandes, Passacailles, naïades en bikini, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 70 pages, 13 €.

Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, en librairie le 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €.

Liliane GIRAUDON, Le Travail de la viande, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 160 pages, 16 €.

Virginie POITRASSON, Une position qui est une position qui en est une autre, Lanskine, 80 pages, 14 €.

Daniel POZNER, Chuchoté au petit matin, éditions Fidel Anthelme X, 44 pages, 7 €.

Christian PRIGENT, Point d’appui 2012-2018, P.O.L, 464 pages, 22,90 €.

Nathalie QUINTANE, Les Enfants vont bien, P.O.L, 240 pages, 18 €.

Nicolas RICHARD, Peloton, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 70 pages, 10 €.

Lucien SUEL & William BROWN, Ourson les neiges d’antan ?, éditions Pierre Mainard, 90 pages, 20 €.

Festival BIFURCATIONS #5, du 28/11 au 1er décembre

 

18 mai 2019

[News] Libr-News

Vos Libr-événements d’ici début juin…

► On ne manquera pas de (re)découvrir Vidéographia de Sandra Moussempes, CD de 2015 à nouveau disponible : lire le post de 2015 sur Libr-critique.

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► Du 23 au 25 mai à Bordeaux, Thomas Déjeammes vous attend :

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► Vendredi 24 mai à 20h30, « LES CRIS POETIQUES, 29èmes » : Véronique Vassiliou et Yvan Mignot : 2 poètes sur la scène. Poésie et textes – durée : 1h.

Pour ces 29èmes Cris seront réunis Véronique Vassiliou, poète et conservatrice des bibliothèques, et Yvan Mignot, poète et traducteur de russe.
Véronique Vassiliou pratique patiemment le croisement des genres (l’art, la cuisine, la couture, l’horlogerie, l’écriture, la botanique, etc.) et lira des extraits de son ouvrage Jam Jam paru chez Argol et 2016, et d’un texte en cours, La Station Gyro.
Quant à Yvan Mignot, il a publié chez Fidel Anthelme X Sonnenkraft La bande à Baader n’a jamais existé et Maintenant / des arbres, et, chez Verdier, ses traductions de Daniil Harms – OEuvres en prose et en vers et Vélimir Khlebnikov – OEuvres 1919-1922.
Tarif unique : 5 euros. Réservations : Vélo Théâtre –reservation@velotheatre.com – 04 90 04 85 25.

► Du mercredi 5 au dimanche 9 juin, 37e Marché de la Poésie : programme des signatures.

Programme du mercredi.
Programme du jeudi.
Programme du vendredi.
Programme du samedi.
Programme du dimanche.

10 avril 2019

[News] Libr-News

Vos Libr-événements jusque fin avril : découvrez le nouveau site d’actualité de la recherche sur les pratiques poétiques, POEMATA ; RV divers à la Maison de la poésie Paris ; Rachet, Espitallier/K-Roll, Aymé/Pazottu, autour de la revue Bébé…C

â–º Vous en aviez rêvé, il vient de naître : POEMATA, le site d’actualité de la recherche sur les pratiques poétiques ! (Pour tous les passionnés, qu’ils soient chercheurs, étudiants, poètes, professionnels de la lecture, curieux les plus divers…).

► Vendredi 12 avril, 19H à La Petite Lumière :

â–º Vendredi 12 avril, 20H : « World is blues » au Théâtre Antoine Vitez d’Ivry-sur-Seine (94 / tél. : 01 46 70 21 55).
Une création originale textes/musique/sons à partir de paroles de réfugiés et de migrants, dans l’esprit du blues mais aussi de la création électroacousmatique et de la poésie contemoraine. Avec le duo Kistoff K-Roll et Jean-Michel Espitallier.

► RV à la Maison de la poésie Paris :

â–º Une exposition à ne pas manquer, par un duo de choc, c’est à Forcalquier :

â–º Mercredi 17 avril à 19H, Librairie L’Hydre aux mille têtes (96, rue Saint Savournin 13001 Marseille) : Soirée Spécial BEBE – Poésie et Performance
BLAD&NAD, accompagné d’auteurs et performeurs marseillais, présente BEBE, la revue nombriliste.
Avec Julien Blaine, Liliane Giraudon, Pierre Guéry-Auteur Performeur, Frédérique Guétat-Liviani, Véronique Vassiliou, François Bladier, Nadine Agostini.

â–º Jeudi 18 avril à 19H30, Texture Librairie (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris) : Les Liens d’écriture #6 – Manon reçoit Beurard-Valdoye pour son dernier volume du cycle des exils, Flache d’Europe aimants garde-fous./

â–º Vendredi 19 avril à 18H30 : Conférence de Valère Novarina à la Philharmonie de Paris : « La Musique ouvre l’espace où se joue la pensée ».

► Du 25 avril au 8 mai : Les TXTessitures de Christian Prigent et ses invités sur WebSYNradio

7 juin 2018

[Livre – news] Sandra Moussempès, Colloque des télépathes, par Fabrice Thumerel

Sandra Moussempès, Colloque des télépathes & album CD Post-Gradiva, éditions de l’Attente, 2017, 96 pages + CD, 14 €, ISBN : 978-2-36242-067-2. [Écouter

Du côté éditorial…

Un fait divers de l’ère victorienne se dévoile en filigrane, autour des sœurs Fox qui communiquaient avec les esprits. En parallèle à cette ambiance gothique l’auteure convoque celle tout aussi étrange des années 69-71 à Hollywood, temple des sectes hippies, des starlettes en devenir et d’une idéologie inquiétante et joyeuse qui berça aussi son enfance. Comme une auto-fiction poétique caméra au poing, le récit alterne les époques, revient sur ces femmes, héroïnes amplifiées par des états modifiés de conscience.
L’album Post-Gradiva est la bande son du livre. Sandra Moussempès utilise les différentes textures de sa voix chantée qu’elle intègre à l’énonciation du poème en vocalisations narratives. Les atmosphères cinématographiques questionnent la notion de temporalité et les sensations de déjà-vu en provoquant une forme d’hypnose.

â–º On pourra rencontrer Sandra Moussempès lors de sa séance de signature ce dimanche 10 juin : Marché de la poésie à St Sulpice, stand 110-112 des éditions de l’Attente, de 15 à 17H.

Note de lecture : Du spirituel en poésie /FT/

"La nature est une maison hantée,
l’Art, une maison qui essaie de l’être
" (Emily Dickinson, citée en exergue).

"À défaut de supprimer tes pensées, capture celles qui restent
envoûtantes, mêmes placées sur une coupelle" (Colloque…, p. 16).

"Poésie : philosophie, musique partent du même axiome,
elles ne retracent pas, elles soulèvent le pot aux roses
" (p. 47).

Dans Post-Gradiva, œuvre en soi par laquelle on doit commencer, ce sont la voix et le sens qui sont suspendus : par/dans les sussurrements, chuchotements, ricanements, glissandos, vocalisations, effets sonores, boucles rythmiques… Enchantement garanti : quelle puissance hypnotique !
Post-Gradiva : celle d’après la mort du père, qui voulait qu’elle soit "la Gradiva du Château des Carpates" (54)… Gradiva posthume : la fille s’essentialise, se spitualise, éthérise sa voix pour communiquer avec le fantôme du père : "Je suis là pour voir si tu es là dans les cieux" (53)… De la poésie comme spectrographie.

Ce n’est pas un hasard si le point de départ de Sandra Moussempès se situe en un XIXe siècle auquel feront écho d’autres époques vertigineuses : l’intéressent le symbolisme ambiant, « la dimension psychanalytique de l’époque (syndrome de l’hystérie, de la conscientisation des symboles ou "retour du refoulé") », l’"esthétisme cryptique light" qui "permettait de redéfinir la notion d’une transe poétique" (35-36)… Pour l’auteure, le poète se fait spirite : contre les "subconscients plastifiés" (27), son esprit cherche "l’aura de l’ailleurs" (27), à "ouvrir des portes qui donnent sur d’autres portes" (23), à donner "sur une rue surnaturelle" (83)… Il doit viser la mise en crise des signes/signaux sociaux pour favoriser la mise en scène/voix des fantasmes et fantasmagories. D’où la prédilection affichée pour les atmosphères oniriques du cinéma.

13 mai 2018

[News] News du dimanche

En ce deuxième dimanche de mai, vos nombreux RV : avec la revue IF (n° 46), le festival international Lettres nomades, Cyrille Martinez, Jean-Marie Gleize, Sandra Moussempès…

â–º IF n°46 vient de paraître. Au sommaire : Philippe Artières, Rebecca Bournigault, Hubert Colas, Sandra Moussempès, Jeanne Moynot & Anne-Sophie Turion, Claire Astier, Éric Plamondon, Claudia Imbert, Alex Huot.

https://www.solitairesintempestifs.com/revues/664-if-n-46-9782846815499.html

â–º Le mai de Frank Smith :

â–º Du 14 mai au 2 juin, Festival international Lettres nomades, avec notamment Nina Yargekov.

â–º Mardi 15 mai, 18H30, Cyrille Martinez au Monte-en-l’air :

â–º Mercredi 16 mai à 19H30, rencontre avec Jean-Marie Gleize à la Librairie Texture (01.42.01.25.12 / 94 avenue Jean-Jaurès 75019 Paris) à l’occasion de la parution de Trouver ici. Reliques et lisières (Seuil).

Ici sans liens, sans lieu.
Epeler une révolution possible.
Le récit commence avec la rivière.
Nous n’avons pas de noms.
Les morts reviennent quand il pleut.
Une écriture à fragmentation.
La politique, comme une gorgée d’eau.
Ici aux lisières, avec les restes brûlants.
Faire pousser des ronces. Le présent simple.
Un communisme sensible.

â–º Jeudi 17 mai de 19H30 à 22H, Le Lieu unique à Nantes : la projection du film Éditeur de Paul Otchakovsky-Laurens sera suivie d’un entretien avec Jean-Paul Hirsch et Frédéric Boyer.

â–º RV avec Sandra Moussempès : deux lectures de textes inédits et de ses deux derniers livres, Colloque des télépathes (l’Attente, 2017) et Sunny girls (Poésie/Flammarion 2015)

Le 22 mai : Ivy writers (lectures bilingues français/américain), (Café Delaville 34 bd Bonne Nouvelle 75002)

Le 31 mai : pour la parution de la revue Rehauts (lecture commune à la librairie Tschann)

â–º EcritStudio et la Boucherie littéraire présentent les poèmes sonores réalisés lors de la session  de  création qui  s’est déroulée à Monteux en avril dernier. Poèmes diffusés de Guillonne Balaguer, Béatrice Brérot, Patrick Dubost, Estelle Dumortier, Antoine Gallardo, Béatrice Machet, Esther Salmona, Cédric Lerible, Natyot.

Organisée dans le cadre de la Périphérie du 36ème Marché de la Poésie de Paris et du Festival Poésie Nomade en Provence, cette diffusion aura lieu samedi 26 mai  à la Maison de la poésie d’Avignon (6 rue Figuière 84000 Avignon).

â–º Samedi 26 mai à Caen, rencontre autour de la Grande Guerre : Fern/Lhiver

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