Libr-critique

23 août 2020

[News] News du dimanche

Oui, « on vit une époque compliquée » – pour nous faire l’écho de la note qu’a postée ce matin dans son journal Guillaume Vissac
Et plutôt que de fustiger la vanité d’une énième Rentrée-littéraire ou, pour le dire à la manière des organisateurs du Festival EXTRA!, « plutôt que de se complaindre sur la fin lancinante de la littérature, il convient plus que jamais de manifester la vitalité multiple de la création littéraire, sous toutes ses formes : vivante, sonore, exposée, numérique… »
Après la UNE consacrée à la 4e édition du Festival EXTRA!, quelques Libr-événements de septembre…

 

UNE : Festival EXTRA! #4, du 11 au 27 septembre 2020

Créé au Centre Pompidou à Paris en 2017, le Festival EXTRA! donne la plus large visibilité à l’ensemble des formes que prend aujourd’hui la littérature. Lectures, performances, littérature exposée, visuelle ou numérique, poésie sonore, rencontres publiques, autant de pratiques littéraires hétérogènes qui amènent la littérature à sortir du livre pour se créer et se diffuser ailleurs et autrement : sur scène, dans la rue, en public, à l’écran, comme dans les musées et les espaces d’exposition.

L’interrogation que porte EXTRA! sur la création littéraire n’est jamais apparu aussi nécessaire qu’aujourd’hui, pour affronter le désarroi dans lequel nous plonge le monde, mais également pour réenchanter notre rapport vivant à la littérature dans toute sa diversité. Organisé en 7 chapitres à la façon d’un récit d’aventure, thématisé autour du motif de l’île, synonyme à la fois d’évasion et de confinement, le festival EXTRA! vous embarque dans une odyssée où il sera question de Musiques-fictions, de Manhattan et du poète américain John Giorno, d’écritures éco-poétiques et d’une île peuplée de Robinsons et de Parleuses.

PROGRAMME (encore provisoire)

CHAPITRE 1 : l’île de Crash Park

En continu du 11 au 27 septembre, Forum –1

CHAPITRE 2 : Les îles sonores

Vendredi 11 septembre :
Rencontre avec Maylis de Kerangal, 18h30, Forum -1
Musiques-Fictions (Ircam), 19h, Grande salle
Samedi 12 septembre :
La rentrée littéraire, 15h-19h, Forum –1
La rentrée littéraire, 15h-19h, Forum –1
Musiques-Fictions (IRCAM), 19h, Grande salle
Robert Cantarella et Romain Darolles, Moi -même, je me suis déçu, 14h-23h (durée : 9h), Centre culturel suisse
Dimanche 13 septembre
La rentrée littéraire, 15h-19h, Forum –1
Musiques-Fictions (IRCAM), 19h, Grande salle

CHAPITRE 3 : Eco-poétiques

Mercredi 16 septembre
Atelier d’écriture, 17h-19h
Antoine Boute, Opération Bio-Hardcore, 19h, Forum –1
Table ronde : La littérature à l’heure panique, 20h
Jeudi 17 septembre
Julien Creuzet, performance, 19h, Forum -1
Programme complet à venir

CHAPITRE 4 : Urban Island

Vendredi 18 septembre
Planétarium, avec Frédérique Aït-Touati, Michel Lussault et Philippe Rahm, 18h30, Cinéma 1
Samedi 19 septembre
The John Giorno Poetry Day, Grande Salle, Forum –1 et hors les murs, Toute la journée
Prix Bernard Heidsieck, Forum –1, 11h30-23h
Mardi 22 Septembre :
Belgian Theory 3 – Le Jour d’après, Centre Wallonie-Bruxelles, 19h30

CHAPITRE 5 : Robinsonnades

Mardi 22 septembre :
Gwenaël Morin, Antonin Artaud – Le Théâtre et son double, Théâtre des Amandiers de Nanterre, 20h30
Mercredi 23 septembre
Olivier Cadiot, Médecine générale, 20h30, Grande Salle
Jeudi 24 septembre
Jean-Yves Jouannais, L’Encyclopédie des guerres, 19h, Petite Salle
Christophe Fiat, L’île épouvantable, 20h30, Forum -1

CHAPITRE 6 : L’île des parleuses

Vendredi 25 septembre
Chloé Delaume, Rencontre, 19h, Forum -1
Barbara Carlotti, Lecture Beat, Maison de la Poésie, 20h30
Samedi 26 septembre
Lettres à une jeune poétesse, 18h-20h, Forum -1
Dimanche 27 septembre
Les Parleuses, toute la journée, Bpi
Josèfa Ntjam, 18h, Forum -1

CHAPITRE 7 : Paysages alentours
Exposition dans le Forum –1 (en continu du 11 au 27 septembre)

♦ Au programme du Festival Extra! : La remise du Prix littéraire Bernard Heidsieck aura lieu le samedi 19 septembre à 11h30 au Centre Pompidou (Entrée libre).
Dans le monde des prix littéraires, celui du Centre Pompidou est tout à fait singulier : créé en 2017, il veut mettre à l’honneur les formes diverses de la création littéraire : poésie sonore ou visuelle, performance, lectures, film-poème, création numérique, etc. Un prix de littérature vivante, plasticienne, hors du livre.
Cette année, le jury du prix Bernard Heidsieck-Centre Pompidou 2020, présidé par le poète Jacques Donguy, a retenu les 4 nominé(e)s suivants : Natalie Czech (Allemagne), Jérôme Game (France), Kinga Toth (Hongrie), Pierre Paulin (France).

Artiste, Natalie Czech (1976, vit et travaille à Berlin) oscille entre poésie concrète et photographie conceptuelle. L’écriture poétique est au coeur de son travail, qu’elle s’applique à faire émerger visuellement dans bien d’autres supports ou médias : pochettes de disques, écrans, lettres, journaux, ou publicités.
Écrivain, poète, Jérôme Game est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages (recueils, livres-CD de poésie sonore, essais, vidéopoèmes, théâtre). Correspondances entre pratiques, questionnements transfrontaliers, dispositifs partagés : c’est dans ces écarts que son écriture agit et s’ajuste, explorant la consistance du réel des corps, des événements et récits, collectifs ou individuels.
À travers le poème, la note, l’essai, l’édition et des objets, Pierre Paulin (1982) inscrit son travail artistique dans la culture visuelle d’aujourd’hui. L’utilisation du terme « look », pour qualifier son travail poétique ou les ensembles de vêtements qu’il reproduit, est le dénominateur commun d’une pratique de l’écriture et de l’art basée sur la combinaison de formats et de signes culturels.
Kinga Toth (1983, Hongrie) écrit et publie des nouvelles, des poèmes et des pièces de théâtre en hongrois, en allemand et en anglais. Musicienne, chanteuse, poète visuelle et sonore, elle présente son travail dans des performances, des expositions et des installations internationales.

 

Libr-événements

► En lien avec le Festival au Centre Pompidou : le 11/09 à 20H ; le 12 à 14H30 et 19H ; le 13 à 11H30.

L’autre fille d’Annie Ernaux
Aurélien Dumont composition, commande de l’Ircam-Centre Pompidou
Daniel Jeanneteau adaptation et réalisation
Augustin Muller design sonore et réalisation
Sylvain Cadars ingénierie sonore
Avec la voix d’Annie Ernaux et musique enregistrée par les musiciens de l’ensemble L’Instant Donné, Nicolas Carpentier violoncelle, Maxime Echardour percussion, Mayu Sato-Brémaud flûte

« Musiques-Fictions » est la collection que lance l’Ircam en 2020 : un programme où la création musicale est en prise directe avec la fiction littéraire. Ces musiques-fictions agencent un texte, en priorité celui d’une auteure contemporaine, une musique originale liée aux sens de la fiction, un metteur en scène et des acteurs. Donner toute sa place à l’écriture musicale mais conserver toute son intelligibilité au texte : Musiques-Fictions entend renouveler le genre de la fiction radiophonique ou du Hörspiel, en dépassant la simple illustration sonore du récit ou du dialogue.
Dans un espace immersif, sous le dôme de diffusion ambisonique, où l’imagination est sollicitée par l’environnement sonore créé, l’auditeur est convié à une écoute partagée.

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17 août 2020

[Livres – news] Libr-5

À quinze jours du non-événement qu’on nomme rentrée-littéraire, 5 livres comme des chemins de traverse dans ce no man’s land commercial : Saturne de S. Chiche, SÅ“ur(s) de Ph. Aigrain, Album photo de J. Game, Contrariétés de Benoît Toqué et Centre épique de Jean-Michel Espitallier.

 

► Sarah CHICHE, Saturne, Seuil, à paraître le 20 août, 208 pages, 18 €.

Présentation éditoriale. Automne 1977 : Harry, trente-quatre ans, meurt dans des circonstances tragiques, laissant derrière lui sa fille de quinze mois. Avril 2019 : celle-ci rencontre une femme qui a connu Harry enfant, pendant la guerre d’Algérie. Se déploie alors le roman de ce père amoureux des étoiles, issu d’une grande lignée de médecins. Exilés d’Algérie au moment de l’indépendance, ils rebâtissent un empire médical en France. Mais les prémices du désastre se nichent au coeur même de la gloire. Harry croise la route d’une femme à la beauté incendiaire. Leur passion fera voler en éclats les reliques d’un royaume où l’argent coule à flots. À l’autre bout de cette légende noire, la personne qui a écrit ce livre raconte avec férocité et drôlerie une enfance hantée par le deuil, et dévoile comment, à l’image de son père, elle faillit être engloutie à son tour.
Roman du crépuscule d’un monde, de l’épreuve de nos deuils et d’une maladie qui fut une damnation avant d’être une chance, Saturne est aussi une grande histoire d’amour : celle d’une enfant qui aurait dû mourir, mais qui est devenue écrivain parce que, une nuit, elle en avait fait la promesse au fantôme de son père.

En bref. Ce récit de deuil qui offre une déambulation mélancolique dans un dédale de lieux et de moments, entre réel et imaginaire, est un roman familial singulier dans lequel la quête de soi repose sur l’opposition entre « Je » et « On ».

Un passage : « Toute naissance est la mort naissante d’un idéal : les enfants ne ressembleront jamais trait pour trait à la façon dont leurs parents et leurs grands-parents les ont rêvés. Toute éducation est un échec : les parents et les grands-parents blessent toujours, souvent même sans le vouloir, un enfant ». Peut-être que dans notre famille les choses se passaient d’une manière plus grotesque […] » (p. 134).

 

â–º Philippe AIGRAIN, SÅ“ur(s), Publie.net, coll. « Temps réel », à paraître le 23 septembre, 256 pages, 17 €.

Présentation éditoriale. Je suis en moi comme dans un pays étranger.

On peut naître à soi-même à déjà 38 ans, sans savoir qui on a pu être avant. Avant quoi ? On peut recevoir un jour un mail d’une prétendue sœur dont on se sait dépourvu et espérer sa présence. Pourquoi ? On peut enquêter sur des identités suspectes qui semblent fictives sans parvenir à savoir si ces femmes, soupçonnées d’ébahissement, sont ou non une menace pour la sécurité de l’État. Comment ?

Ces personnages, et bien d’autres, se rencontrent, se cherchent et se découvrent dans le monde de Sœur(s). Il est aussi le nôtre, celui dont le réel a très largement rattrapé les dystopies et les anticipations de la fiction. Celui qui a fait de la solidarité entre les êtres un délit.

Se jouant des genres et des registres, mélangeant l’enquête avec le politique, la technologie et la comédie, la philosophie et la sensualité du désir amoureux, les personnages de Sœur(s) osent réinventer des espaces de vie dans lesquels l’espoir de la fraternité et de la sororité est possible. Dans cette polyphonie de voix, le mystère de l’identité à l’ère de la surveillance généralisée se reconnecte à son essence première : l’humanité de celles et ceux qui se demandent, bien plus légitimement que les services de police, qui suis-je  ?

En bref. Ce récit tripartite se présente sous la forme d’une polyphonie qui permet de porter un regard décalé et critique – ébahi ! – sur « notre grand camp de consommation forcée et de travaux bureaucratisés » (p. 167).

Un passage : « Un intellectuel local demande en quoi consistent les pratiques d’ébahissement dans la ZEL, et cette fois c’est le zadiste, pour l’occasion zéliste, qui répond qu’il s’agit d’apprendre à s’étonner des choses considérées comme les plus naturelles, par exemple les conférences de presse ou la politique sécuritaire » (p. 177).

 

â–º Jérôme GAME, Album photo, éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 25 septembre, 144 pages, 13 €.

Présentation éditoriale. Traversant le flux des images qu’on produit et reçoit en continu aujourd’hui et sur lesquelles nos yeux glissent à vive allure, ce livre cherche à ralentir notre regard, à lui redonner une prise concrète sur le monde via une multitude de photopoèmes. Ces images-récits sonnent comme des débuts, ouvrent sur des possibles, invitent à faire un pas de côté hors de la frénésie pour retrouver un regard sensoriel et critique. Dans ce livre comme trempé dans du révélateur poétique, un contrechamp s’ouvre à même la photogénie de la globalisation.

En bref. Dans un monde-immondialisé dynamisé/dynamité par des flux de passagers et de migrants, d’images dont certaines font le tour du monde avec leurs légendes – épopée de l’ère hypermoderne ! –, Jérôme Game interroge le visible par le biais de ses textes ico/ôniques (photopoèmes).

Un passage : « Coca-Cola. Coke zero. / Coca light. 7 Up. Fanta. / Sprite. Diet Sprite. Diet / Pepsi. Pepsi Max. Pepsi / Cola. Dr. Pepper. Mountain / Dew. Hawaiian Punch. / San Miguel. Heineken. / Asahi Super Dry. Kirin / Lager. Tsing Tao Beer. / Carlsberg. Budweiser. / Miller. Nesquik Choco Milk. / Snapple. Lipton Ice Tea » (p. 102).

 

► Benoît TOQUÉ, Contrariétés, éditions du Dernier Télégramme, 25 septembre, 80 pages, 11,50 €.

Présentation éditoriale. L’ écriture de Benoît Toqué est plurielle. Elle alterne entre poésie, récit, autofiction et fiction critique, et Benoît Toqué s’ingénie fréquemment à les hybrider au sein de ses Contrariétés, en cultivant un art de l’écart et du débordement. Tout à la fois journal d’écriture, encyclopédie personnelle des mondes de la création artistique c’est encore un regard sur l’invention de la fiction. Et tout cela n’est pas dénué d’humour.

En bref. Soit un stock – un nuage, comme on voudra – de références culturelles (noms propres, événements et citations)… Le matériau fait l’objet d’un exercice de virtuose : un agencement répétitif souvent loufoque, plein d’humour dans tous les cas.

Un passage : « Il paraîtrait, un éditeur m’a dit ça, que cette accumulation de noms propres croisés dans la scène poétique ou littéraire est carrément agaçant, à la manière d’un name-dropping underground mondain.
Pour un autre éditeur, l’hypothétique publication de mon texte dans sa collection dépend de l’évolution de la série télévisuelle Plus belle la vie.
La vie est fantastique, le plastique aussi » (74).

 

â–º Jean-Michel ESPITALLIER, Centre épique, éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 9 octobre, 104 pages, 13 €.

Présentation éditoriale. Récit-documentaire écrit en résidence dans l’agence Ciclic Centre-Val de Loire, autour de films d’archive sur les us et coutumes dans les villages à travers le vingtième siècle, de la première guerre mondiale aux grandes grèves de 1995. Le texte est ponctué de photogrammes et de codes QR qui permettent de visionner les films.

En bref. Non pas l’histoire d’un centre hippique, mais l’épopée illustrée de la région Centre – Val de Loire à partir d’archives du film amateur qui constituent une partie de son « patrimoine mémoriel » (Avant-propos, p. 7). L’extrait ci-dessous donnera un aperçu de la mécanique spitalienne dans un récit qui exhale un parfum aussi envoûtant que celui des Années d’Annie Ernaux.

Un passage : « Plus une époque commémore, plus elle a de choses à se reprocher. Plus elle se souvient du passé, plus elle a de choses présentes à oublier. On commémore. On n’oublie pas de commémorer. On se souvient de ne pas oublier. On n’oublie pas qu’il faut se souvenir de ne pas oublier » (31-32).

17 janvier 2019

[News] Libr-News

Pour lancer 2019 sur de bons rails : Suzanne Doppelt, Jean-Michel Espitallier, Expo « Poésie numérique », Antoine Volodine, Christophe Manon, Poètes en résonance/Jean-Luc Raharimanana, Christian Prigent, Sarah Chiche, Yves Charnet… Sans oublier les Journées de rencontres au Centre Pompidou, « Sous influences. De l’art dans la littérature ».

UNE : RV avec Suzanne DOPPELT

â–º Avec Rien à cette magie (P.O.L, novembre 2018), le mot apparaît enfin : c’est bel et bien la magie qui dynamise la mécanique poétique de Suzanne Doppelt, qui réussit à réenchanter notre monde en nous transportant… Tel est le charme de sa cosmopoésie ! /FT/

Lazy suzie tournait autour de ces tableaux à secrets, les anamorphoses, qui jouent avec les codes de la perspective. La plus grande aberration cherchait à décrypter le tableau de Jacopo di Barbari, peint en 1495, qui représente le mathématicien Luca Pacioli, l’auteur de De la divine proportion. Amusements de mécanique suivait dans leur enquête paranoïaque les deux compagnons du livre de Witold Gombrowicz, Cosmos, ce pseudo-roman policier. Vak spectra traversait de part en part la boite d’optique de Samuel van Hoogstraten peinte en 1655 représentant un intérieur hollandais qui varie selon le lieu d’où on le regarde. Rien à cette magie contemple la bulle de savon soufflée par un jeune homme assisté de son cadet, un tableau peint par Chardin en 1733.

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Libr-brèves

► Agenda Jean-Michel Espitallier : WORLD IS A BLUES. Kristoff.K.Roll. Sortie de résidence. Concert ce jeudi 17 janvier, 19h. Théâtre Athénor, Saint-Nazaire.

â–º Jusqu’au 22 janvier, Expo « Poésie numérique » :

â–º Librairie CHARYBDE : 129, rue de Charenton 75012 Paris.



â–º « Sous influences. De l’art dans la littérature ». La 12ème édition des journées de rencontres « Littérature, enjeux contemporains » se tiendra du 23 au 26 janvier 2019 au Centre Pompidou, place G. Pompidou 75004, le mercredi 23 janvier de 19h à 21h30,
à l’université Paris Nanterre, Bât. Grappin, salle de conférence des conseils, 200 avenue de la République 92000,
le jeudi 24 janvier de 10h à 18h30 au Théâtre du Vieux-Colombier Comédie-Française, 21 rue du Vieux-Colombier 75006,
le vendredi 25 janvier de 9h30 à 16h45 et le samedi 26 janvier de 10h à 16h45.

Cette année, les Enjeux revisitent la relation de la littérature à l’art, non comme l’emprise de l’une sur l’autre, mais dans le sens d’une fécondation nouvelle.

Écrivains, penseurs, poètes, dramaturges débattront de ce qu’ils mettent en œuvre de la peinture, de la danse, de la musique, du cinéma, dans leurs propres créations.

Avec Pierre Alferi, Marc Blanchet, Didier Blonde, Laurence Boissier, Stéphane Bouquet, Christian Brantschen, Yves Charnet, Enzo Cormann, Laurence Cossé, Katy Couprie, Florence Delay, Maryline Desbiolles, Michel Deutsch, Suzanne Doppelt, Philippe Dupuy, Jean Frémon, Jérôme Game, Thomas Giraud, Eugène Green, Lancelot Hamelin, Célia Houdart, Antoine Jaccoud, Stéphane Lambert, Jean Le Gac, Perrine Le Querrec, Sabine Macher, Bertrand Mandico, Damien Manivel, Emili Manzano, Céline Minard, Marc-Alexandre Oho Bambe, Frédéric Pajak, Nicolas Pesquès, Loo Hui Phang, Alexandre Plank, Yves Ravey, Jacques Rebotier, Patrick Roegiers, Thomas Sandoz, Fanny Taillandier, Pacôme Thiellement, Gérard Titus-Carmel, Jean-Loup Trassard, Gilles Weinzaepflen.

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â–º Jeudi 31 janvier 2019, 18h30, rencontre avec l’écrivain Christian Prigent :
lecture d’extraits + entretien avec Cécilia Suzzoni sur son rapport au patrimoine gréco-latin.
Lycée Henri IV , 23 rue Clovis Paris 75005.
Inscription pour les personnes extérieures au lycée : contacter.alle@gmail.com

► Jeudi 31 janvier à 19H, Librairie Delamain (155, rue St Honoré 75001 Paris) : rencontre avec Sarah Chiche pour ses Enténébrés.

â–º Jeudi 31 janvier à 19H30, Espace Jean-Jaurès de Vauvert (30) : Lecture polyphonique autour d’Yves Charnet.

►Les RV de la Maison de la Poésie Paris :

9 décembre 2018

[News] Colloque international ENS : les écritures du JE dans la langue de l’exil

Colloque international organisé par Isabelle Grell-Borgomano (ITEM) et Jean-Michel Devésa (Université de Limoges), du vendredi 14 au dimanche 16 décembre 2018 à l’ENS Paris (45, rue d’Ulm 75005 Paris).

Interroger « l’écriture translingue de soi » (Alain Ausoni) est devenu indispensable dans un monde de plus en plus multiculturel, par choix, mais le plus souvent par nécessité.
Le colloque souhaite approcher cette question par une résolution double :
Laisser la parole à des écrivains actifs, vivants, afin d’échanger concrètement autour de leur création dans la langue de leur pays d’adoption, et prendre plus de recul avec des chercheurs spécialistes d’autres auteurs translingues dont la langue de l’enfance aura dû se mêler à la langue de la pensée (engagée). Nous nous attellerons donc à une re- ou déconstruction de l’idée de la langue comme propriété, mais à penser LA langue comme siège de l’individualité. Pour les premiers, vous partagerez ici la réflexion d‘auteurs nord-africains tels Abdellah Taïa (Maroc), qui a dû quitter son pays pour « délit » d’homosexualité et qui s’engage aujourd’hui ouvertement, en langue française, pour plus de lucidité dans sa terre d’origine, ou la dramaturge et auteure Darina al Joundi (Liban), ainsi que l’écrivaine et scénariste turque Emine Sevgi Özdamar qui ont fui leur terre et leur langue pour mieux la rendre, haut et fort, dans leurs ouvrages respectifs rédigés de manière translingue, donc « étrangifiée », ce qui signifie en mélangeant la langue, les sensations linguistiques et interhumaines de l’enfance avec la langue libératrice de la terre choisie. Ce qu’ils vivent dans l’acte de création est ce qu’on nomme le code-switching qui désigne une alternance de deux voire plusieurs langues au sein d’un seul ouvrage.
D’autres écrivains sud-africains tels Beata Umubyeyi-Mairesse et Mukasonga (à travers une spécialiste) évoquent la nécessité de parler pour redonner parole à leurs familles rwandaises. Les auteurs africains de la diaspora Sami Tchak et Théo Ananissoh ouvriront un dialogue sur le (non)choix de changer sa langue maternelle en langue quasi universelle, le français.

Beaucoup d’auteurs de générations différentes et d’ailleurs distingués par la par des prix, ont choisi l’Allemagne comme pays d’accueil, tels la japonaise Yoko Tawada (invitée au Salon du livre de Paris), la vietnamienne Linda Lê, Emine Sevgi Özdamar (Turquie), Dagtekin Seymus (Kurdistan), et, avant eux historiquement, traqués pour cause de leur judéité, l’auteur tellement vivant George-Arthur Goldschmidt (Allemagne-France) et Raymond Federmann, décédé il y a peu de temps et qui avait élu les Etats-Unis pour écrire l’indisible. S’ajoutent plus récemment l’auteure et traductrice de Peter Handke, Elfriede Jelinek et alii, Anne Weber qui, elle, comme Goldschmidt et Tawada, s’autotraduit.
D’autres auteurs préfèrent parler de cette nécessité d’écrire la vie à travers d’autres voix, vivant quotidiennement leur diglossie, que la leur, avec lesquels il y a parfois identification, tels Sarah Chiche qui évoque ici sa fascination pour la faille dans l’écriture de la langue du JE de Pessoa, Claire Legendre (Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, lauréate de la Fondation Hachette Jean-Luc Lagardère) avec Fernando Arrabal et Linda Lê s’interrogera à propos de Norman Manea et déconstruisent ainsi l’idée du monolinguisme comme base pour écrire vrai.

Programme

VENDREDI 14 DÉCEMBRE, APRÈS-MIDI : 14.30 – 18.00
SALLE CELAN
« Perspectives théoriques et critiques appliquées » (Modération : Isabelle Grell-Borgomano)
14.30-14.45 Ouverture : Isabelle Grell et Jean-Michel Devésa
14.45-15.15 Alain Ausoni (ENS-Paris, France/Université de Lausanne, Suisse), « Je après d’autres : affiliations littéraires et dialogues d’exilé·e·s dans les mémoires d’outre-langue »
15.15-15.45 Faure Alexandre (Doctorant, Université de Rennes 2, France), « Les Langues de l’exil : écriture du reste »
Pause
16.00-16.30 Dagtekin Seyhmus (Écrivain, Kurdistan-France), « Comme on changerait de monture en cours de route »
16.30-17.00 Sarah Chiche (Écrivain, psychanalyste, Paris), « ‘Je ne suis rien’. Exil de soi et hantises dans le livre de l’intranquilité de Fernando Pessoa »
17.00-17.30 Darina al Joundi (Écrivaine, dramaturge, actrice, Liban-Paris), « Prisonnière de l’exil »
17.30-18.00 Discussion

SAMEDI MATIN : 9.30 – 12.45
SALLE CAVAILLÈS
« Voix (croisées) africaines » (Modération : Lori Saint-Martin)
9.30-10.00 Beata Umubyeyi-Mairesse (Écrivaine, Rwanda-France) : « Comprendre le je, dire le nous : élaboration d’un récit singulier entre français et kinyarwanda »
10.00-10.30 Marie-Claude Hubert (Université de Lorraine, France), « Mukasonga, (se) réfléchir dans l’histoire »
10.30-11.00 Karen Ferreira-Meyers (University of Eswatini), « L’Autofiction historique de Vamba Sherif : réécriture en langue étrangère »
Pause
« Se perdre ou se trouver dans la langue de l’A/autre » (Modération : Jean-Michel Devésa)
11.15-11.45 Lori Saint-Martin (Écrivaine, Université du Québec à Montréal, Québec), « Ma Vie entre les langues »
11.45-12.15 Table ronde : Les Écrivains africains de la diaspora et leur(s) langues : Sami Tchak (Togo) et Théo Ananissoh (Togo)
12.15-12.45 Discussion

SAMEDI APRÈS-MIDI : 14.30 – 18.15
SALLE CAVAILLÈS
« Se dire en terre(s) d’islam » (Modération : Sylvain Bureau)
14.30-15.00 Arnaud Genon (Écrivain et critique, Allemagne), « De la langue du pouvoir au pouvoir de la langue : les différents ‘je’ d’Abdellah Taïa »
15.00-15.30 Abdellah Taïa (Écrivain, scénariste, Maroc-Paris), « Manger ou ne pas manger, écrire ou ne pas écrire »
15.30-16.00 Fadoua Roh (Doctorante, Université de Paris IV-Sorbonne), «L’Œuvre d’Abdellatif Laabi ou le moi ‘exilé’ marocain »
Pause
« La Difficulté d’être translingue » (Modération : Arnaud Genon)
16.15-16.45 Sylvain Bureau (Université fédérale du Paraná – Brésil), « L’« Écrivivance » de Conceição Evaristo ou l’autofiction contemporaine des femmes brésiliennes »
16.45-17.15 M’Raim Malika (Université Ibn Khaldoun, Tiaret, Algérie), « Écriture et mise en scène du ‘je’ chez la romancière Assia Djebar»
17.15-17.45 Houdu Lucie (Doctorante, Paris 3) : « Un Je toujours entre deux langues : Tony Harrison et l’écriture poétique de l’exil »
17.45-18.15 Discussion

DIMANCHE MATIN : 9.30 – 12.45
SALLE CAVAILLÈS
« Du choix de la langue du pays d’accueil » (Modération : Nurit Levy)
9.30-10.00 Claire Olivier (Doctorante, Université de Limoges, France), « Agota Kristof et les ‘langues ennemies’ »
10.00-10.30 Dirk Weissmann (Université de Toulouse – Jean Jaurès, France), « La Langue de l’Europe, c’est le plurilinguisme — Yoko Tawada et l’identité européenne »
10.30-11.00 Entretien d’Isabelle Grell avec l’auteur Anne Weber
Pause
11.15-11.45 Martina Wagner-Egelhaaf (Université de Münster, Allemagne) : « Autofiction et multilinguisme chez Emine Sevgi Özdamar »
« Fuir l’horreur pour la dire et l’écrire » (Modération : Dirk Weissmann)
11.45-12.15 Nurit Lévy (Université de Lille, France), « Raymond Federman dans l’entre deux langues. Étude de La Voix dans le débarras/The Voice in the Closet »
12.15-12.45 Georges-Arthur Goldschmidt (Écrivain, Allemagne-France)

DIMANCHE APRÈS-MIDI : 14.30 – 17.45
SALLE CAVAILLÈS
« Le Fil assumé ou dénié de l’exil » (Modération : Romuald Fonkoua)
14.30-15.00 Rania Fathy (Université du Caire, Egypte), « La Trilogie de Gulpérie Efflatoun Addalla : l’exil de la langue ? »
15.00-15.30 Nathalie Segeral (University of Hawaï, États-Unis), « Exil, langue maternelle et (non-)maternité dans Une Autobiographie allemande de Cécile Wajsbrot et Hélène Cixous »
15.30-16.00 Linda Lê (Écrivaine, Vietnam-Paris), « Hors Je. À propos de Norman Manea »
Pause
« De l’exil, des langues et de leurs poétiques » (Modération : Karen Ferreira-Meyers)
16.15-16.45 Romuald Fonkoua (Université de Paris IV – Sorbonne), « De la langue comme pré-texte : petite histoire d’un faux malentendu francophone »
16.45-17.15 Claire Legendre (Université de Montréal, Québec), « La Poétique de l’exil dans l’œuvre autofictionnelle de Fernando Arrabal »
17.15-17.45 Discussions

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