On se souvient des suites qu’ a entraînées la déclaration tonitruante (février 2006) de celui qui, élu ensuite Président de la République, récidive en juillet 2008, se faisant par là même le héraut d’une nouvelle (et pitoyable !) querelle des Anciens et des Modernes : en ce début 2009, avant même le groupe fondé sur Facebook par Le Motif qui a inondé le récent Salon du livre de badges « Je lis La Princesse de Clèves », s’est constitué un collectif d’universitaires et de lettrés divers qui s’est réuni sur les marches du Panthéon pour célébrer par la lecture celle qui incarne désormais une figure de résistance au populisme, à l’anti-intellectualisme et au philistinisme. Remarquable de finesse et d’humour caustique, cette analyse de François Raviez, Maître de conférences à l’Université d’Artois, qui s’inscrit parfaitement dans la ligne de Libr-critique, est à méditer en tout lieu, du lycée à l’Elysée…/FT/
24 mars 2009
[Chronique] La Princesse et le Président : pourquoi tant de haine ?, par François Raviez
3 septembre 2008
[Dossier : Autour de 68] Pensée anti-68 ou révolution conservatrice ?
C’est libr-critiquement qu’en cette "Rentrée littéraire" nous avons choisi d’ouvrir un dossier intitulé "Autour de 68", histoire de montrer notre décalage par rapport à l’actualité immédiate – et aussi qu’il ne saurait y avoir de Rentrée que critique. On ignorera donc bon nombre de productions diverses, des dossiers de magazine aux films documentaires, en passant par les nombreux ouvrages de circonstance, pour traiter le sujet par les marges.
6 février 2008
[MANIFESTE] Manifeste des mécréants
[Manifeste qui nous a été transmis par Hervé Brunaux, poète et directeur du festival Expoésie de Périgueux. Nous avons décidé de le communiquer sur libr-critique. Si vous souhaitez le signer : 1/soit mail à philemon1[@]mac.com, soit en commentaire.]
Monsieur le Président, vous nous paraissez un peu dur de la racine.
19 décembre 2007
[entretien] Alain Jugnon, de La soeur des anges à Contr’Un
[Entretien avec Alain Jugnon, qui dirige la revue Contr’Un dont nous avons parlé ici-même il y a peu. Cet entretien vise à comprendre non seulement l’articulation entre La soeur des anges qu’il a codirigé avec Matthieu Baumier et Contr’Un, mais aussi en quel sens il y aurait une forme de nécessité à la revue philosophico-politique en cette période, à l’instar d’autres revues, auquel d’ailleurs il participe comme Lignes qui a fêté ses vingt ans.]
5 novembre 2007
[Livre + chronique] La nuit je suis Buffy Summers de Chloé Delaume
Chloé Delaume, La nuit je suis Buffy Summers, éditions è®e, 121 p.
ISBN : 978-2-915453-39-3 // Prix : 13 €.
[site des éditions è®e]
[4ème de couverture]
L’hôpital psychiatrique dans lequel vous séjournez est en proie à l’agitation. Vos voisins de cellule sont fébriles, le personnel soignant tendu; les rumeurs se répandent, les incidents se multiplient. Vous ne voyez pas le rapport entre le trafic d’organes orchestré par l’infirmière et la dénommée Buffy Summers aka la Tueuse, héroïne de série télévisée. Pourtant vous allez devoir enquêter, survivre, et peut-être même sauver le monde. Enfin si vous êtes prêt à jouer.
Après Corpus Simsi et Certainement pas, Chloé Delaume poursuit son exploration du jeu en littérature. S’inspirant des traditionnels livres dont vous êtes le héros, La nuit je suis Buffy Summers est un roman interactif où humour, fantastique et détournements littéraires proposent au lecteur de singulières pérégrinations en terre d’amnésie.
Chloé Delaume est née en 1973. La nuit je suis Buffy Summers, est son 13ème livre.
[Notes de lectures]
Tel que l’énonce la 4ème de couverture, Chloé Delaume par ce nouveau livre, poursuit une mise en question du jeu en litérature. Mais cette mise en question, comme je vais le montrer ne tient pas seulement à la simple référence aux principes ludiques, ou à l’implémentation de certaines formes, mais est le lieu de mise en relation de la littérature et de certains enjeux politiques et sociaux contemporains et ceci à travers de la multiplication d’horizons référentiels. La nuit je suis Buffy Summers est ainsi non pas seulement une reprise du livre dont on est le héros, mais un ensemble stratifié de mises en jeu qui ouvre des niveaux d’analyses distincts.
Implémentation de formes et stratégies d’impact :
Les livres dont on est le héros ont un fonctionnement particulier que l’on retrouve, aussi entre autre dans les jeux vidéos, mais qui d’une certaine façon était déjà présent dans la littérature policière à suspens qui est aparue avec la fin du XIXème siècle, même si le lecteur est simplement passif face à une linéarité vis-à-vis de laquelle il ne peut inter-agir. Ce fonctionnement est celui d’un schéma narratif classique, mais qui va être incarné par le lecteur : 1/ tout commence par un commencement problématique (mise en en situation, contextualisation), 2/ ensuite le récit se compose en moments qui sont les étapes de résolution du problème initial (ces étapes elles-mêmes peuvent être réfléchies en des séquences spécifiques qui permettent des rebondissements, tel que l’analyse dans son schéma narratif Jean-Michel Adam), 3/ Il y a une résolution qui vient achever le récit. Mais dans le cas de schémas non-liénaires, la résolution peut être multiple, peut aussi intervenir à des moments du schéma général différent. Par exemple ici avec le livre de Chloé Delaume, on peut mourir d’emblée.
Cette logique d’enchaînement narratif, par séquences, par situations, dont il faut résoudre les énigmes ou bien les difficultés implique une forme d’attention exacerbée de la part du joueur. Ce qui fait la force des jeux par étapes, c’est que chaque étape se donne comme une situation d’enjeu pour la conscience. Celle-ci est prise par la circonstance, car elle cherche à passer à l’étape suivante. Le livre de Chloé Delaume joue de ce ressort.
Toutefois, ce jeu elle l’interroge : comment se construit le sujet qui joue à travers cette mise en jeu par étape ? Dans le didacticiel, elle donne des pistes de lecture : nous ne sommes pas dans une auto-fiction, mais une forme "d’auto-fiction collective". Ce qui se joue, plus que d’être dans un hopital psychiatrique, c’est bien une forme d’inter-action avec le magma collectif du monde qui nous entoure, de la réalité dans laquelle nous sommes en tant que sujet se prêtant à un jeu. C’est pour cela qu’elle explicite le fait que ce jeu, ce n’est pas tant avec sérieux qu’il faut y jouer que dans une forme consciente de ce qu’il est possible de voir dans le jeu : "l’image du jeu est sans doute la moins mauvaise pour évoquer les choses sociales".
Un décor psychique : le labyrinthe référentiel :
Dans le didacticiel, Chloé Delaume explique que nous faisons face à une forme labyrinthique. Cela pourrait paraître surprenant, tant l’aventure est mince, peu densifiée, par rapport à nombre de livres dont on est le héros. En quoi alors s’agirait-il d’un labyrinthe ? Celui-ci n’est pas constitué de l’aventure, en tant que narration des actions que le narrateur a accaomplir, mais ce labyrinthe est construit sur les références. En effet, la véritable aventure du narrateur, n’est pas dans cet hôpital, mais dans les multiples références qui ponctuent, emplissent. Quel est le sens de ces références ?
On pourrait les classer en trois types : celles qui renvoient à des oeuvres de fictions, celles qui renvoient à la réalité, notamment politiques et celles liées à des théories philosophiques ou psychiatrique. Trois types de liaisons référentielles donc. [1] Les premières concernent les fictions : la série des nombres qui sont la clé de Lost, la femme à la bûche de Eraserhead Brazilt
de David Lynch (part. 15), Soleil vert de Richard Fleisher (part. 29), Buffy Summers elle-même, dont on peut retrouver une lettre cachée dans un plancher part. 13) ce qui renvoie à la série Heroes, mais aussi en définitive, de Terry Gillian (part.59). [2] Au niveau des références à la réalité : ce qui domine est une critique de la société de la spectacularisation, au sens où la réalité politique est elle-même pensée dans cette fiction, sur le même plan que la fiction. Les références choisies ne le sont pas au hasard : que cela soit l’élection de Schwarzenegger en tant que gouverneur de la Californie, ou bien que cela soit le discours de Sarkozy sur la délinquance sexuelle liée à un problème génétiquen"J’inclineras pour ma part à penser que l’on naît pédophile et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie […] Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense" ou encore ce qu’elle avait déjà mis en perspective dans J’habite la télévision : la déclaration de Patrick Le lay sur la part de cerveau disponibleOn retrouve cette mention à plusieurs reprises dans l’aventure, notamment dans un épique combat, plein d’humour (part.45) où nous devons parer les trois combos des Néantisseurs
Combo 1 : BHL – sa femme – sa revue.
Combo 2 : le point de regard d’un candidat de la Star Académy – le temps de cerveau disponible d’un électeur de la star académy – l’avènement du groupe endemol à l’échelle planétaire.
combo 3 : le ressenti d’un corps féminin exposé à un écran publicitaire de six minutes trente secondes en période pré-estivale, attendu que ce dernier s’achève sur un spot consacré à des protèges-slips fraîcheur. La troisième dimension, permet de ressaisir dans une sorte de dialectique les deux premières en les posant dans une dimension problématique. Cette dimension référentielle est textuelle. Le stratagème de Chloé Delaume est d’amener le personnage à faire des recherches dans une bibliothèque.Mais ce qui domine, comme figure tutélaire philosophique n’est autre que Nietzsche, notamment à travers le rappel de sa crise de folie (part. 37).
L’aventure qui redouble celle du personage est alors celle de notre conscience face aux références. Chloé Delaume ici encore fait preuve d’intelligences dans l’entrelacs des pistes qu’elle sème tout au long des pages. Si certaine sréférences sont immédiatement visibles, d’autres se cachent, son seulement esquissées. La demeure psychique de ce livre dont st le héros n’est plus alors cet hôpital psychiatrique, mais notre culture et des différents niveaux de réalité.
Enjeu ultime : la défictionnalisation de la conscience
Ce n’est sans doute pas pour rien qu’Éric Arlix, le directeur des éditions è®e a publié ce titre : l’axe de recherche de ce travail de Chloé Delaume croise, en un certain sens, ce qu’il avait tenté notamment avec Et Hop ! publié aux éditions al dante. S’il y a bien une logique post-situationniste comme préalable, cependant le jeu que nous amène à expérimenter Chloé Delaume, est celui de la déspectacularisation de la réalité. Ainsi, venir incarner un personnage doit conduire à percevoir, en quel sens notre réalité est peuplée de personnages de fictions, et que c’est bien ce peuplement qui cause la difficulté de perception des hommes face à ce qu’ils rencontrent : "À trop faire de passerelles entre le monde réel et son autre côté, ça a créé des failles dans le dispositif". C’est pourquoi, peut-être que ce que tente d’exprimer Chloé Delaume, c’est que nous ne pouvons nous construire qu’à partir de nous-même, nous somme seul pour affronter notre "béance intérieure", et que si nous souhaitons nous-même nous incarner comme personnage de fiction, sorte de fantôme de série, nous serons alors les otages de la représentation tenue par autrui, parce que "personnage de fiction, c’est la mémoire des hommes qui nous maintient en vie au-delà de nos aventures".
Ce nouveau livre des éditions è®e est à découvrir tant par l’originalité de sa forme qu epar rapport aux multiples niveaux de jeux qui opèrent dans le texte. Seule critique : le style, parfois ampoulé, un peu maniéré de Chloé Delaume pourra paraître un peu rebutant au début, mais dès que l’on entre dans l’aventure, on oublie ces multiples maladresses pour se laisser entraîner dans le sens même du texte.
[FAQ de La nuit je suis Buffy Summers]
[Article de Dominiq Jenvrey sur remue.net]
13 octobre 2007
[Discussion] Jacques-Henri Michot, TROP (Ã propos de « l’affaire » Charles Pennequin)
[Nous présentons ici un texte de Jacques-Henri Michot, car nous pensons, que loin de devoir clore le débat, les questions qui se sont posées à propos des articles de sitaudis, ouvrent véritablement des questions sur la poésie, sa constitution et son rapport au monde, qu’il soit social ou politique. Or, l’un des lieux vivant de la réflexion nous paraît être le web, qui loin de n’être qu’un lieu précaire et de passage, est pour nous de plus en plus le lieu où une vitalité intellectuelle peut s’exprimer, où un débat d’idée peut avoir lieu. Nous remercions Jacques-Henri Michot de nous avoir autorisé à publier son texte.]
(Le texte qui suit est – à l’exception d’une note ajoutée après coup, et à quelques infimes modifications près – celui qui a été envoyé à Sitaudis, où il avait sa place, au soir du 11 octobre 2007. Il a été refusé par Pierre Le Pillouër, pour le motif que voici : “J’ai clos le débat public pour le moment de façon à laisser un peu retomber ces affects et à ne pas nous diviser davantage.†Sans commentaire. jhm)
TROP
(À propos de l’“affaire†Charles Pennequin)
Convient-il vraiment d’intervenir dans la rubrique “Excitations†?
Pas de réelle sympathie pour ce terme, qui rappelle par trop les “coups de gueule†et les “coups de coeur†– “spontanéité†de pacotille – chers aux journalistes de tout poil.
Les “débats d’opinionâ€, en règle générale, me donnent plutôt envie de les fuir.
Mais, malgré tout, il arrive un moment où je me persuade que “trop, c’est tropâ€.
Plusieurs “trop†sont ici en cause.
TROP I (Sitaudis 2/10)
“OUI on a vieilli et on s’est sans doute ramollis dans le compromis et l’abus des raviolis.â€
Qu’on me permette d’écrire que cette phrase est proprement lamentable.
Qu’est-ce que cette petite et rance sagesse des nations qui donne comme une évidence le fait que vieillir calme, amène doucement à céder sur le tranchant et la radicalité (ah ! les “compromis†!) mais qu’au fond du fond, ce n’est pas si grave, et peut-être même pas si mal ? Qu’est-ce donc que ce “on†qui implique la notion généralisante et molle de “génération†? Cliché répulsif. Et on enrobe cela de rimes censées faire passer le tout dans une sorte de laborieuse drôlerie déculpabilisante.
(( Pierre Le Pillouër m’a reproché de n’avoir pas saisi – ce qui était pourtant clair – que cette phrase était “au second degréâ€, qu’il s’agissait des vieillissants “vus par…â€. Le problème est que ce “second degréâ€-là fait vaciller un “premier degré†qui n’est guère éloigné de lui. Car, depuis TXT, n’y a-t-il pas eu, de fait, ramollissement et compromis ? Note du 12/10/07))
Allons-y, donnons allègrement des verges pour nous faire battre : Il en est que le fait de vieillir n’a pas ramollis le moins du monde, n’a pas conduits à céder. Pour ne citer que trois noms (qui ne sont pas des “poètes contemporainsâ€) : Alain Badiou, Jacques Rancière, Eric Hazan. Au moins le premier d’entre eux, je n’en doute pas un instant, fera hurler les “démocratesâ€. Quoi, ce maoïste attardé, ce suspect d’antisémitisme (selon Eric Marty, récemment invité à dîner par Sarkozy), celui que, dans son dernier livre, BHL assimile à un fasciste, etc. ? Celui dont j’avais, au moment de la révolte des banlieues de novembre 2005, fait circuler un texte qui m’avait attiré, à l’époque, les foudres de PLP… Glissez, mortels, n’appuyez pas…
Dans le sillage du vieillissement, le retour sur le passé, du temps qu’on était jeunes. Et voilà qu’on est fier. De quoi ? Pas de ce qu’on a fait, mais de ce qu’on n’a pas fait. Bien étrange, cette fierté en négatif… : “On n’a jamais embarqué personne dans la justification du meurtreâ€. À entendre comme : on est fier de n’avoir jamais été aussi “irresponsables†que l’est aujourd’hui Charles Pennequin qui justifie, lui, le meurtre. Il faudra y revenir. Bien. LE meurtre. En réalité, le meurtre commis par des terroristes. L’état “démocratique†ne tue pas, lui. L’état “démocratique†n’est pas terroriste. Pour ne rien dire du massacre du 17 octobre 1961, une hallucinante et sinistre série de meurtres (dits “bavuresâ€) perpétrés contre les “immigrés†depuis des décennies par la police de l’Etat français – pour ne s’en tenir qu’à lui, et que ce soit dans sa période de “gauche†comme dans sa période de droite -n’a pas nécessairement laissé de très nets souvenirs dans les esprits. Mais les meurtres perpétrés par Action Directe, la Fraction Armée Rouge, les Brigades rouges font encore frémir dans les chaumières qu’embaume le parfum des raviolis.
Serais-je donc un défenseur d’Action Directe ? Non. Mais je voudrais savoir si on ne peut pas juger plus révoltant que les meurtres commis le fait que ceux qui les ont commis soient
encore en prison, dans des conditions effroyables – alors que le serial killer Papon a pu finir paisiblement ses jours dans son lit. J’aimerais savoir aussi s’il est beaucoup de “poètes contemporains†et de leurs lecteurs qui s’émeuvent de cette abjection étatique. Je suis sûr que Charles Pennequin – au moins lui – est de ceux-là .
TROP II (Sitaudis 27/09)
(Où l’on ne parle toujours pas de Littérature)
“ton mépris de la démocratie et de ceux qui votent est répugnant, j’y vois les très poussiéreux mépris des gosses de la bourgeoisie.â€. Charles Pennequin en “gosse de la bourgeoisieâ€, il fallait y penser. Passons. Par “de la démocratie et de ceux qui votentâ€, il convient d’entendre à l’évidence “de la démocratie, c’est-à -dire de ceux qui votentâ€. L’assimilation va de soi, n’est-ce pas ? Être démocrate, c’est voter, “accomplir son devoir de citoyenâ€, pénétrer d’un pas ferme dans l’isoloir, “déposer son bulletin dans l’urne†(plutôt funéraire, l’urne, ces temps, non ?), etc. Après quoi : vogue la galère. (C’est le cas de le dire, les galériens sont de plus en plus nombreux…) Ceux qui ne votent pas sont donc contre la démocratie, c’est clair. Il convient, pour être démocrate (de gauche), de voter Chirac contre Le Pen ou Ségolène Royal contre Sarkozy – et si Strauss-Kahn (qui est maintenant, avec la bénédiction de Sarkozy, président du FMI, c’est-à -dire d’une des pires institutions destructrices de la planète) avait été candidat, il aurait convenu, à n’en pas douter, de voter Strauss-Kahn. Car ceux qui ne votent pas font le jeu du pire. J’en sais quelque chose : pour avoir déclaré à un ami que je n’allais pas voter (je ne vote plus depuis 30 ans), je me suis entendu dire que “je ne savais pas la chance que j’avais de vivre dans une démocratie†(il faudrait demander aux sans-papiers, par exemple, ce qu’ils en pensent, de cette “démocratieâ€-là qui n’a pas attendu la droite pour accomplir son abject travail inégalitaire) , m e suis vu traité de “salaud†et de “dégueulasseâ€, et, pour faire bonne mesure, de nostalgique du totalitarisme maoïste, etc. Or, je peux, au prix d’un petit effort, “comprendre†ceux qui estiment “en leur âme et conscience†qu’il faut voter pour le “moins pireâ€, je ne les méprise nullement, j’ai, parmi eux, des amis… En revanche, les insultes fusent volontiers dans le sens de ceux qui vont voter “sans état d’âme†(CONTRE Le Pen, CONTRE Sarkozy…) en direction de ceux qui estiment devoir refuser ce rituel de plus en plus dérisoire. Les donneurs de leçons démocratiques sont toujours les mêmes. Et, d’une élection à l’autre, à quelques exceptions près, ils ne bougent pas d’un pouce. Tel, le vieillissement du même.
Tout cela est consternant.
Il n’y pas lieu de jouer au “maître explicateurâ€, comme dit Rancière, d’essayer de “prouverâ€que la “démocratie†électoraliste est devenue une caricature grotesque de démocratie, que la politique, et la démocratie même, se situent précisément au plus loin de l’acte de voter, etc. Y réfléchira qui voudra. Mais, de grâce, pas d’insultes ! Pas d’â€excitationsâ€, par pitié !
(TROP III, TROP IV, TROP V… Sur la “pègreâ€, sur Debord comme dandy, etc.)
DE CHARLES PENNEQUIN ET DE MESRINE
Autant le dire d’emblée : je tiens Charles Pennequin pour un des hommes les plus intègres que je connaisse – que j’aie appris à connaître. C’est pourquoi je trouve d’une vulgarité révoltante qu’à la date du 28/09, on ait pu lire sur Sitaudis : “Mais comme il lui faut gagner sa croûte et (se) produire à tout prix, il arrive à Pennequin de suivre le troupeau des performeurs.†“Gagner sa croûteâ€, “suivre le troupeau  De quel côté est donc le mépris ?
J’ai toujours estimé que C.P. avait écrit de bons ou très bons textes, et de moins bons, voire, parfois, de pas bons du tout (selon moi) ; qu’il avait fait de bonnes ou très bonnes performances, et d’autres moins bonnes. C’est une banalité.
C.P. a écrit un livre, La ville est un trou, qui est peut-être, à mes yeux, son meilleur, son plus inventif, son plus tranchant. D’aucuns s’en sont rendu compte.
Après quoi, Mesrine. Et là , holà et halte-là ! Rien ne va plus. La critique des belles âmes révoltées est d’abord politique (voir plus haut) – et morale, pour faire bonne mesure. Citation (Sitaudis 28/09) : “Principe du chansonniérisme : tirer à vue sur n’importe quoi, faire des bons et mauvais mots sans la moindre réflexion, traiter la société par l’absurde et ridiculiser toutes les valeurs d’ordre éthique ou esthétique (je souligne – jhm).†Mais dites-moi, belle âme, quelle société, au juste ? Et ne serait-il pas plus juste de dire que C.P. ne s’en prend pas à ces Valeurs qui planeraient, à vous en croire, dans le ciel pur des Idées, mais qu’il s’en prend, bien plutôt, aux pseudo- “valeurs†d’une certaine société qui le révulse et lui hérisse le poil ? “Ta rage t’aveugle, Charles†(27/09). Charles a, de fait, quelque chose d’un enragé. (2/10) : “On a le droit d’être en rage et la rage seule peut nous faire tenir face à cette atonie qu’on nous donne à vivre.â€) Mais je vois mal, si j’ose dire, en quoi il est aveugle. “Excessif†? Et alors ?
Bref, on n’a pas idée d’une chose pareille : écrire (sur commande) un tombeau, choisir un tombeau de Mesrine, et, donc, essayer de comprendre Mesrine et les motivations de Mesrine. C.P. ne justifie en rien les forfaits de Mesrine, il tente d’en expliquer le surgissement en les intégrant dans une réflexion (je dis bien : réflexion – C.P. n’éructe pas (Sitaudis 7/10 : “Il y a peu de différences entre un concierge qui éructe – NB – Merci pour la corporation des concierges – et un artiste énervéâ€), il s’efforce de penser, je pense même qu’il pense de plus en plus- étonnant, non ?) qui porte à la fois sur l’époque de Mesrine et sur la nôtre. Pour donner une analogie contemporaine : justifie-t-on les funestes attentats-suicides palestiniens lorsqu’on essaie de s’interroger sur les raisons désespérées (fussent-elles jugées, par les “Occidentauxâ€, propres au “fanatisme islamiqueâ€) qui ont poussé à les accomplir ?
“Le chansonnier hait la pensée ; en quoi il apporte de l’essence aux bûchers où l’on brûle livres et tableaux†(Sitaudis 28/09). Écrire cela de C.P. est pure infamie.
Reste : le texte. Eh oui, on y arrive. “Le texte de Pennequin (…) s’appuie-t-il sur un travail suffisant d’élaboration ?†Ah ! la note professorale dans la marge ! Travail insuffisant. Doit mieux faire. Des progrès à accomplir. Mais, cher correcteur, n’oubliez pas que le texte de C.P. est, pour l’heure, un work in progress. Mon intention n’est pas de porter aux nues chaque phrase de son Mesrine. On verra plus tard. J’attends. Avec confiance.
Jacques-Henri Michot
20 avril 2007
[création] Fiction politique (ép. 5), A_K_S
Résumé : a été montré un certain nombre de documents qui précise une fiction politique. Une fiction politique est un assemblage qui met en évidence les traits fictionnels du politique, et ceci selon un travail de documentation. Le travail de documentation ne vise pas d’abord et avant tout, les images, mais la logique des énoncés. Le véritable document tient aux logiques de discours, de représentation qui déterminent les documents visibles. La fiction politique en travaillant à partir des logiques de discours et en les dévoilant, montre alors la nature même des documents. Ici visuels.
[Les épisodes 1 & 2 montraient la forme de pouvoir liée à N. Le pouvoir est lié aux mots qui sont des émotions, qui font peur, qui impliquent donc un certain type de comportement à leur écoute. Nous avons aussi compris que tout énoncé, qu’il soit de N. ou d’un quidam, enveloppait les conditions d’un contexte élocutoire. Et enfin est apparu que la puissance des mots de N. était liée à son usage de la technique, lui permettant de voir où sont ses adversaires. En quelque sorte de les traquer.]
[Dans les épisodes 3 & 4, tandis que N. rejoint Paris grâce à la technique, on s’aperçoit, en découvrant d’un coup S. que N. possède un contrôle technique de l’ensemble du territoire. S. est suivi par des caméras de vidéo-surveillance, qui l’analyse en temps réel et taille réelle. Toutefois le vrai pouvoir n’est pas dans la technique visible, dans les instruments, mais dans la structure même du discours et de sa logique d’appropriation de toute chose pour en faire des symboles. Là réside on le comprend le pouvoir de N.]
[épisode 5 : mais que fait F. pendant ce temps-là ? Quelle peut être sa réaction ? …]
[épisodes 1 & 2] [épisodes 3 & 4 ]
17 avril 2007
16 avril 2007
[création] Fiction politique, A_K_S
[L’Agence_Konflict_SysTM nous offre à lire les deux premiers épisodes de Fiction politique, un travail qui croise le roman-photo, les schémas_X_pensées, et l’analyse politique.]
[voir un schéma_X_pensée]
[Pour voir les visuels, cliquer sur l’image.]




