Libr-critique

26 mai 2017

[News] Libr-news

En ce dernier mois de printemps, deux RV importants à la Maison de la poésie Paris : États généraux de la poésie et l’Hommage à Serge Doubrovsky. À Paris toujours, lectures de Suzanne Doppelt et Jim Dine, d’Amandine André – juste avant la performance de Mylène Benoît et de Frank Smith… Et en prime, on découvrira le dernier livre de Suzanne DOPPELT, Vak spectra : un régal, comme toujours !

â–º Lundi 29 mai 2017 à 19H30, Maison de la poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris) :

États Généraux de la Poésie #01 : 2017, Ouvertures

« De nouvelles écritures »
Avec Michaël Batalla, Sereine Berlottier, Sophie Loizeau, François Matton, Sandra Moussempès & Cécile Portier
Rencontre animée par Éric Dussert

Soirée thématique des États Généraux de la Poésie sur les nouvelles écritures, invités d’honneur de la 35e édition du Marché de la Poésie.

« La poésie se manifeste… La poésie hausse le ton. Elle sort du silence où elle est tenue. Réclame droit de cité. S’insurge contre le manque de visibilité et de moyens qui la relègue dans l’ombre et l’oubli. […] La poésie se manifeste aujourd’hui. Les éditeurs répondent présents. Les enseignants répondent présents. La presse, les revues, les libraires, les bibliothécaires, les maisons des écrivains et de la poésie, les internautes et les festivals répondent présents. Les poètes répondent présents. Le public répond présent. Nous convoquons les États Généraux de la Poésie. Nous déclarons la poésie ouverte. »
Le Comité des États Généraux de la Poésie
Dans le cadre de la Périphérie du 35e Marché de la Poésie.

â–º Mercredi 31 mai à 19H : Lectures de Suzanne Doppelt et Jim Dine
Galerie éof (15, rue Saint Fiacre, 75002 Paris). Entrée libre

Jim Dine écrit, publie et lit en public de la poésie depuis aussi longtemps qu’il réalise des œuvres d’art. L’utilisation du texte dans la peinture de ce pionnier du Pop Art est une extension de sa pratique d’écriture. Ses poèmes ont été recueillis sous le titre de Poems to Work On (Cuneiform Press, 2015). Parmi les textes de Jim Dine, on trouvera Âne dans la mer, face à nous : Pinocchio et poèmes (traduction : Elsa Boyer, Steidl, 2013). Une édition de ses poèmes sera publiée en français par Joca Seria. Nantes est un concentré de la poésie tout entière de Jim Dine, il est traduit par Vincent Broqua et vient d’être publié dans la collection américaine des éditions Joca Seria.

♦ Suzanne Doppelt, Vak spectra, P.O.L, mai 2017, 80 pages non numérotées, 13 €, ISBN : 978-2-8180-4198-7.

La Boîte d’optique avec des vues intérieures d’une maison néerlandaise (vers 1655-1660), ingénieusement créée par Samuel Van Hoogstraten (1627-1678), est pour Suzanne Doppelt l’occasion de nous emmener dans son domaine des spectres : "Pareille au trouble produit dans la chambre où s’ébauche une belle décomposition, les murs disparaissent, le plafond se retourne et la mouche avec, le sol offre à peine un chemin, de jolis miroirs si habilement placés et des lignes qui vont, elle est un vrai mirage, tout se défait et se refait. Pour mieux revenir entre deux étages dans l’escalier profond, dans cette boîte à ancêtres où on dort, au pied de la table, sur le tapis feutré comme une toile et en sautillant près des armoires, l’esprit des lieux remue la matière, rien ne s’élance autant qu’une maison"…

Dans la mesure où c’est la perspective qui crée le monde, pour que le monde devienne vertigineux il suffit de choisir des points de vue privilégiés et de mettre en branle la machinerie optique. Des perspektiven au perpetuum mobile… Dans l’univers cosmopoétique de Suzanne Doppelt – de Lazy Suzie à Vak spectra, en passant par La Plus Grande Aberration et Amusements de mécanique -, poétique et optique vont de pair, animées par "une mécanique admirable" : "tout bouge autant que le décor d’un théâtre bien équipé, une belle féerie optique, les yeux levés vers le monde là où s’exerce de gauche à droite et l’inverse la ruse d’un regard oblique"… /Fabrice Thumerel/

â–º Mercredi 31 mai à 19H, Maisons de Victor Hugo (6, place des Vosges 75004 Paris) : soirée à ne pas manquer…

Lecture de Amandine André (20′)

suivie de

COALITION
Une performance dansée (30′)
par Mylène Benoit et Frank Smith

Que peut un corps ? Que peut le monde dans les corps ?
Comment dire les mouvements du monde dans les articulations des corps ?
Comment entrer entre le corps et le monde, entre les corps du monde et les pensées du corps ?
Qu’est-ce qu’une combinaison danse / écriture ?
Qu’est-ce qu’une combinaison matières de corps / mouvements ?
Mylène Benoit et Frank Smith se rencontrent, croisent leurs pratiques et relient leurs préoccupations.
Cet essai chorégraphique, textuel et musical soulève une série de questionnements afin de concilier le corps de la danse et le corps de l’écriture.

Soirée présentée dans le cadre des Périphériques du Marché de la poésie et du festival Concordan(s)e

Entrée libre
http://www.concordanse.com/Mylene-Benoit-choregraphe-Frank-Smith-ecrivain

â–º Samedi 10 juin à 19H, Maison de la poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris) :

Hommage à Serge Doubrovsky (1928-2017)

Avec Camille Laurens, Tom Bishop, Dominique Emmanuel Blanchard, Yves Charnet, Yannick Kujawa, Laurent Herrou, Olivier Steiner, Mathieu Simonet, Christine de Camy & Isabelle Grell

26 mars 2017

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mars, hommage à Serge DOUBROVSKY (1928-2017), puis Libr-brèves : revues Ouste et Babel heureuse, C. Aurouet sur Prévert, A. Dhée et A. Mouton, 12e Festival de Poésie et de Performance…

 

Hommage : Serge DOUBROVSKY, un homme de passage (1928-2017), par Fabrice Thumerel

"Serge Doubrovsky, dans un enregistrement récent, disait ne pas vouloir mourir mais être mort. Son souhait s’est réalisé jeudi 23 mars à 4 heures" (Isabelle Grell). Les obsèques se déroulent mardi 28 mars 2017 à 15 h 00 au cimetière de BAGNEUX Parisien (il y a deux cimetières à Bagneux : le sien c’est BAGNEUX Parisien), 45 avenue Marx Dormoy, 92220 BAGNEUX.

On pourra (re)lire le plus long article qui lui est consacré sur LIBR-CRITIQUE : "Sujet SD". Voici ma présentation de son dernier livre : 

â–º Serge DOUBROVSKY, Le Monstre, tapuscrit originel inédit, introduction et entretien par Isabelle Grell, Grasset, automne 2014, 1696 pages, 36 €, ISBN : 978-2-246-85168-4.

C’est le genre de livre dont on ne peut parler tout de suite, du moins si l’on veut souscrire à la déontologie critique : pensez donc, la Recherche de Serge Doubrovsky, le livre d’une vie, un tapuscrit originel qui comptait 2599 feuillets avant de devenir Fils (1977) par la force des choses, Gallimard ayant refusé ce monstre-là. Écrit entre 1969 et 1976, ce flux de conscience dédié à celle qui est sa substance – sa mère – est régi par le martèlement de la machine – dactylométré, en somme.

Cette somme monstrueuse est en fait la première autofiction : "Fiction d’événements et de faits strictement réels ; si l’on veut, autofiction, d’avoir confié le langage d’une aventure à l’aventure du langage, hors sagesse et hors syntaxe du roman, traditionnel ou nouveau". Ce qui intéresse les chercheurs de l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM), Isabelle Grell en tête : "un autofictionneur rédige-t-il ses textes autrement qu’un autobiographe ?" Mais surtout, allons à la question essentielle : pourquoi lire Le Monstre en plus de Fils ? Laissons la généticienne conclure : "Relu à la lumière des avant-textes, Fils refuse encore plus qu’avant d’être institué en une configuration de sens fini". /FT/

Libr-brèves

â–º On découvrira le dernier numéro de la revue OUSTE (Le Dernier Télégramme).

â–º Demain lundi 27 mars, de 15h à 16h, Carole Aurouet vous parlera passionnément de Jacques Prévert sur la Scène littéraire (M15) du Salon du Livre.

â–º Jeudi 30 mars, 18H30 à Ent’revues (André Chabin / 4, avenue Marceau, 75008 Paris) : présentation du numéro 1 de la revue Babel heureuse, dirigée par François Rannou, qui sera éditée par Gwen Catalá.


â–º Jeudi 30 mars, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012) : pour fêter la parution de La Femme brouillon d’Amandine Dhée et de Chômage monstre d’Antoine Mouton, aux excellentes éditions de la Contre-allée, rencontre avec les deux auteurs, dans le cadre du Parcours des Libraires du Festival Raccords 2017.



Cette soirée sera animée par Julien Delorme, éditeur et organisateur passionné de soirées littéraires mettant en valeur des maisons d’édition alternatives.

â–º Du 29 au 31 mars, il y aura du beau monde au XIIe Festival de Poésie et de Performance à Marseille :

 

18 décembre 2014

[Livres] Libr-7

Sans souscrire au rituel des "Beaux-Livres-pour-les-fêtes", voici une première sélection de 7 livres parus ces derniers mois qui, en cette fin 2014, méritent – pour des raisons diverses – d’être lus, offerts… Poésie : Tarkos, Doppelt / récit : Volodine, Doubrovsky / essais et divers : Prigent, Desportes, Carrère.

 

â–º  Christophe TARKOS, L’Enregistré, performances / improvisations / lectures, édition établie et annotée par Philippe Castellin, P.O.L, automne 2014, 512 pages + CD audio + DVD (52 mn), 39 €, ISBN : 978-2-84682-297-8.

tout ce qui rapporte de l’argent
tout ce qui ramène de l’argent avec les mains,
avec l’anus, avec la bouche
est bon, ou est mauvais…

Triviale sans carnaval, la poésie de Tarkos nous parle, nous parle de notre monde-de-merde. Orale, elle nous plonge dans l’immanence. Si expression il y a dans la poésie, elle est hurlement. Nulle théorie chez cet ensemblier topologue pour qui le poète est "bouleur, prononciateur, crieur, improvisateur, déclamateur, grogneur, raconteur, embobineur, collaborateur, enrouleur, présentateur, réembobineur, fabricateur, bruiteur, mesureur, aide-bobineur, réglementeur, récitateur, peseur, articulateur, producteur, mâcheur".

Comme pour Tarkos il ne saurait y avoir d’écriture sans lecture performée, les Écrits poétiques (P.O.L, 2008) ont enfin leur pendant avec cette somme extraordinaire que l’on doit à Philippe Castellin, accompagnée par un CD audio (à compléter par l’inédit "Je me peigne" sur Tapin 2) et un DVD qui retrace brièvement l’itinéraire du poète en s’appuyant sur de nombreuses archives.

 

â–º Suzanne DOPPELT, Amusements mécaniques, P.O.L, novembre 2014, 80 pages, 8,50 €, ISBN : 978-2-8180-2133-0.

"La réalité serait-elle, dans son essence, obsessionnelle ?" (Witold Gombrowicz)

Libido mechanica : "un petit ballet mécanique sauve de la mélancolie, par des gestes et des pas assortis, un amusant vertige".

Avec Suzanne Doppelt, la poésie est affaire de mécanique : opérant un perpétuel va-et-vient entre micro- et macrocosme, sa poétique chaosmique rend compte de la mécanique cosmique avec un brio qui vous ravit. Combinant texte et image, elle nous offre de subtils mobiles poétiques. De la caldérisation de la poésie : perpetuum mobile

Avec Suzanne Doppelt, le poète ne nous met pas tant la puce à l’oreille que la mouche à l’œil – et cette vision panoramique/kaléidoscopique nous plonge dans le vertige. Mieux, la poésie est ici perçue comme "chemin sonore où l’œil rivalise avec l’oreille". Comme mimèsis tympanisée, donc.

 

â–º Serge DOUBROVSKY, Le Monstre, tapuscrit originel inédit, introduction et entretien par Isabelle Grell, Grasset, automne 2014, 1696 pages, 36 €, ISBN : 978-2-246-85168-4.

C’est le genre de livre dont on ne peut parler tout de suite, du moins si l’on veut souscrire à la déontologie critique : pensez donc, la Recherche de Serge Doubrovsky, le livre d’une vie, un tapuscrit originel qui comptait 2599 feuillets avant de devenir Fils (1977) par la force des choses, Gallimard ayant refusé ce monstre-là. Écrit entre 1969 et 1976, ce flux de conscience dédié à celle qui est sa substance – sa mère – est régi par le martèlement de la machine – dactylométré, en somme.

Cette somme monstrueuse est en fait la première autofiction : "Fiction d’événements et de faits strictement réels ; si l’on veut, autofiction, d’avoir confié le langage d’une aventure à l’aventure du langage, hors sagesse et hors syntaxe du roman, traditionnel ou nouveau". Ce qui intéresse les chercheurs de l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM), Isabelle Grell en tête : "un autofictionneur rédige-t-il ses textes autrement qu’un autobiographe ?" Mais surtout, allons à la question essentielle : pourquoi lire Le Monstre en plus de Fils ? Laissons la généticienne conclure : "Relu à la lumière des avant-textes, Fils refuse encore plus qu’avant d’être institué en une configuration de sens fini".

 

â–º Antoine VOLODINE, Terminus radieux, Seuil, coll. "Fiction & Cie", été 2014, 624 pages, 22 €, ISBN : 978-2-02-113904-4.

Excellente nouvelle que ce prix Médicis attribué à celui qui, depuis une trentaine d’années, nous imprègne de sa "pâte onirique" (p. 300).

Cette somme quadripartite dont l’anti-titre est évidemment révélateur s’inscrit dans la lignée des dystopies qui ont pour toile de fond le totalitarisme soviétique. Et bien entendu, cette polyphonie à la typographie singulière cligne malicieusement du côté du post-exotisme : "Si un écrivain post-exotique avait assisté à la scène, il l’aurait certainement décrite selon les techniques du réalisme socialiste magique, avec les envolées lyriques, les gouttes de sueur et l’exaltation prolétarienne qui font partie du genre. On aurait eu droit à de l’épopée propagandiste et à des réflexions sur l’endurance de l’individu au service du collectif" (382)…

 

â–º Christian PRIGENT, La Langue et ses monstres (Cadex, 1989), P.O.L, novembre 2014, 320 pages, 21,90 €, ISBN : 978-2-8180-2147-7.

Quels sont les monstres de la langue ? Qu’est-ce qui la rend monstrueuse ? Eros, Thanatos… l’impossible, l’innommable, la Chose, le Ça, la folie, le Rien, l’im-monde, le corps, l’âme, le Carnaval, la patmo
Est monstrueuse toute langue qui excède la Langue, la débonde sans abonder dans son sens ; toute langue dans laquelle le "réel" vient trouer la "réalité", la dé-naturer.

La réédition de cet essai qui a fait date a "éliminé le plus crispé par les polémiques de l’époque" et intégré huit textes écrits entre 2005 et 2014 (dont deux inédits) : sur Pierre Jean Jouve, Antonin Artaud, Francis Ponge, Pier Paolo Pasolini, Jude Stéfan, Bernard Noël, Éric Clémens et Christophe Tarkos – le facial Tarkos dont la patmo recouvre le réel

 

â–º Bernard DESPORTES, Irréparable quant à moi. André du Bouchet, éditions Obsidiane, novembre 2014, 88 pages, 13 €, ISBN : 978-2-916447-61-2.

"Ce dont on ne peut parler c’est le monde même, le silence et
le gouffre de Pascal, l’abîme de Baudelaire, l’éternité de Rimbaud,
l’inaccessible de Kafka, le rire de Bataille […]" (p. 43).

Dans cet essai au titre évocateur (citation du poète), sont regroupés divers textes (dont quelques-uns inédits) et quelques lettres extraites de la correspondante abondante entre les deux écrivains unis par une profonde et respectueuse amitié. Bernard Desportes s’y efforce de démallarméiser André du Bouchet : sa "volonté d’aller au bord sans tomber dans l’illisible" (p. 32) le rapproche davantage de Baudelaire et de Bataille ; nulle abstraction, mais une tension entre sens et non-sens, possible et impossible.

 

â–º Emmanuel CARRÈRE, Le Royaume, P.O.L, automne 2014, 633 pages, 23,90 €, ISBN : 978-2-8180-2118-7.

Emmanuel Carrère est dans l’air du temps – un temps avec lequel il est en phase. D’où les nombreux prix engrangés : cette fois, c’est le prix Le Monde pour cette somme quadripartite ("I. Une crise" ; "II. Paul" ; "III. L’Enquête" ; "IV. Luc"). Passé maître dans l’art d’évoquer d’autres vies que la sienne, il retrace sa crise spirituelle avant de mener une enquête qui le mène de Paul en Luc.

Et il faut dire qu’on se laisse prendre à ce type de texte très vivant qui mêle narration et argumentation, actuel et  inactuel, présent et passé, Histoire et histoires… Vous ne connaissez pas bien la religion des Romains ? Partant de la dichotomie romaine entre religio et superstitio, l’auteur oppose les rites démocratiques contemporains (religion) à la croyance dominante (islamisme) : c’est un peu approximatif, mais ça parle au public actuel – trop actuel.

30 novembre 2014

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de novembre, avant nos Libr-événements (soirée Sade à la Maison de la Poésie Paris ; mercredi Montévidéo avec Mathias Richard ; 4 ans de MaelstrÖm ; soirée DATABAZ), notre première sélection (Libr-3) des livres reçus dont nous n’avons pas encore parlé mais qui vont faire l’objet d’un article complet – livres à ne pas manquer de lire/offrir en cette fin d’année (Doppelt, Doubrovsky et Volodine).

 

Libr-3 /FT/

â–º Suzanne DOPPELT, Amusements mécaniques, P.O.L, novembre 2014, 80 pages, 8,50 €, ISBN : 978-2-8180-2133-0.

"La réalité serait-elle, dans son essence, obsessionnelle ?" (Witold Gombrowicz)

Libido mechanica : "un petit ballet mécanique sauve de la mélancolie, par des gestes et des pas assortis, un amusant vertige".

Avec Suzanne Doppelt, la poésie est affaire de mécanique : opérant un perpétuel va-et-vient entre micro- et macrocosme, sa poétique chaosmique rend compte de la mécanique cosmique avec un brio qui vous ravit. Combinant texte et image, elle nous offre de subtils mobiles poétiques. De la caldérisation de la poésie : perpetuum mobile

Avec Suzanne Doppelt, le poète ne nous met pas tant la puce à l’oreille que la mouche à l’œil – et cette vision panoramique/kaléidoscopique nous plonge dans le vertige. Mieux, la poésie est ici perçue comme "chemin sonore où l’œil rivalise avec l’oreille". Comme mimèsis tympanisée, donc.

 

â–º Serge DOUBROVSKY, Le Monstre, tapuscrit originel inédit, introduction et entretien par Isabelle Grell, Grasset, automne 2014, 1696 pages, 36 €, ISBN : 978-2-246-85168-4.

C’est le genre de livre dont on ne peut parler tout de suite, du moins si l’on veut souscrire à la déontologie critique : pensez donc, la Recherche de Serge Doubrovsky, le livre d’une vie, un tapuscrit originel qui comptait 2599 feuillets avant de devenir Fils (1977) par la force des choses, Gallimard ayant refusé ce monstre-là. Écrit entre 1969 et 1976, ce flux de conscience dédié à celle qui est sa substance – sa mère – est régi par le martèlement de la machine – dactylométré, en somme.

Cette somme monstrueuse est en fait la première autofiction : "Fiction d’événements et de faits strictement réels ; si l’on veut, autofiction, d’avoir confié le langage d’une aventure à l’aventure du langage, hors sagesse et hors syntaxe du roman, traditionnel ou nouveau". Ce qui intéresse les chercheurs de l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM), Isabelle Grell en tête : "un autofictionneur rédige-t-il ses textes autrement qu’un autobiographe ?" Mais surtout, allons à la question essentielle : pourquoi lire Le Monstre en plus de Fils ? Laissons la généticienne conclure : "Relu à la lumière des avant-textes, Fils refuse encore plus qu’avant d’être institué en une configuration de sens fini".

 

â–º Antoine VOLODINE, Terminus radieux, Seuil, coll. "Fiction & Cie", été 2014, 624 pages, 22 €, ISBN : 978-2-02-113904-4.

Excellente nouvelle que ce prix Médicis attribué à celui qui, depuis une trentaine d’années, nous imprègne de sa "pâte onirique" (p. 300).

Cette somme quadripartite dont l’anti-titre est évidemment révélateur s’inscrit dans la lignée des dystopies qui ont pour toile de fond le totalitarisme soviétique. Et bien entendu, cette polyphonie à la typographie singulière cligne malicieusement du côté du post-exotisme : "Si un écrivain post-exotique avait assisté à la scène, il l’aurait certainement décrite selon les techniques du réalisme socialiste magique, avec les envolées lyriques, les gouttes de sueur et l’exaltation prolétarienne qui font partie du genre. On aurait eu droit à de l’épopée propagandiste et à des réflexions sur l’endurance de l’individu au service du collectif" (382)…

 

Libr-événements

â–º Mardi 2 décembre à 19H, Maison de la Poésie Paris : Lettres à Sade – Réunies et présentées par Catriona Seth (Lettres de Jean Allouch, Antoni Casas Ros, René de Ceccatty, Noëlle Châtelet, Anne Coudreuse, Catherine Cusset, Sébastien Doubinsky, Alain Fleischer, Nathalie Heinich, Pierre Jourde, Leslie Kaplan, Hadrien Laroche, Hervé Loichemol, François Ost, Christian Prigent, François Priser, Lydia Vazquez).

 

â–º Mercredi 3 décembre à 20H30, soirée Montévidéo (3, impasse Montévidéo 13006 Marseille) : Nicolas Debade & Mathias Richard PERFORMANCE (musique & texte) – 20h30

Ce Mercredi de Montévidéo propose une rencontre entre le poéte-performeur Mathias Richard et le musicien Nicolas Debade. Chacun présente un solo de son travail, puis les deux se rejoignent pour un duo autour du texte « Kairos ».

INFOS PRATIQUES :
Tarif unique : 3€
Ouverture du bar et restauration sur place dès 19h30.
www.montevideo-marseille.com
Réservations : 04.91.37.97.35

â–º 4e anniversaire de la boutique librairie maelstrÖm 4 1 4 (364, chemin de Wavre à Etterbeek – Belgique) : les 6 et 7 décembre 2014.

Deux jours de rencontres, lectures, musiques, performances en pleine convivialité.

AU PROGRAMME :

SAMEDI 6 DÉCEMBRE à partir de 18H30
Performance d’ouverture de Vincent Tholomé avec David Giannoni et un texte écrit par Laurence Vielle pour l’anniversaire de la Boutique.
Vernissage de l’exposition « Œil pour Œil » de photos de Milady Renoir (Expo visible jusqu’au 18.01.15)
Présentation des nouvelles parutions des éditions maelstrÖm en présence des auteurs :
« Poche de noir », roman de Gérard Mans ; « Le Cavalier » de Martin Ryelandt ; « Nous nous ressemblons tant », récit de Jean-Pierre Orban ; « Bombe voyage, Bombe voyage », poésies de CeeJay ; « Dernières nouvelles de la mort », nouvelles de Nicolas Marchant ; « Je suis un héros », poésie de Fabien Dariel…
Micro-Ouvert

DIMANCHE 7 DÉCEMBRE à partir de 16H30
Présentation et lectures de la Maison de la poésie de Tinqueux (Reims, France) et de sa nouvelle collection de poésie pour enfants par Mateja Bizjak Petit et Pierre Soletti…
Thé avec les auteurs des nouveautés de la collection Bruxelles se Conte des éditions maelstrÖm : « Le bal des décapités » de Dominique Brynaert ; « Trip Tram » de Kate Milie ; « L’étrange estaminet » de Dominique Leruth ; « Nouvelles pour nouveaux-nés » de Célestin de Meeûs…
Remise du Prix Gros Sel 2014

Entrée gratuite et vin chaud à volonté.

Contact et infos : 02/230.40.07
maelstrom414@maelstromreevolution.org

 

â–º Soirée DATABAZ (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : 100, rue du Gond à Angoulême) : Performance [La Violoniste]

Samedi 13 décembre _ 20h30 _ entrée : 3 euros

| Cyborg post-porn | BDSM body noise | Gender hacking |

Dans un mélange de surréalisme cyberpunk et de pratiques sexuelles non-conventionnelles, les personnages de cette performance transforment leurs corps en instruments sexo-sonores par le biais de prothèses électroniques connectées à leur chair avec des techniques BDSM. L’ensemble du son de cette pièce est généré en direct par le contact entre les corps.

https://vimeo.com/89096909

Body Noise | Gender Bending | Cyborg Synesthesia

Dimanche 14 décembre _ Workshop [Le corps comme instrument sonore post-gender]

Ce workshop est basé sur la construction d’un dispositif électronique nommé [BodyNoise Amp]. Ce dispositif permet de transformer l’activité électrique corporelle en son par le contact entre plusieurs corps. Après la construction du dispositif, nous élaborerons une petite prothèse destinée à fixer le dispositif au corps. Et finalement, nous jouerons et expérimenterons avec les possibilités de synesthésie tact/son que permet le [BN A], et la déconstruction perceptive et identitaire qu’elle génère.

le 14 décembre _ 11h _ 18h

_ Ouvert à tous _ inscription : centre.databaz@gmail.com

21 septembre 2014

[News] News du dimanche

Après avoir appris par cœur la chanson circonstanciée de Mathias Richard et pris note de "LC mode d’emploi", vos Libr-événements présentés dans le détail : RV à la Bibliothèque Marguerite Audoux (Paris) avec les revues La Tête et les Cornes et larevue* ; Vincent Tholomé à Bruxelles ; Hors lits 14 à Marseille ; à Paris, Doubrovsky et Quélen/Waldman ; Daniel Cabanis à Ivry sur Seine.

 

UNE : chanson de Mathias Richard à entonner au boulot, dans la rue, dans les administrations, les médias, à l’Élysée…

L’État veut faire des économies,
L’Unédic veut faire des économies
EDF veut faire des économies
Les entreprises veulent faire des économies
Pôle Emploi veut faire des économies
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES

Agence immo veut faire des économies
Ministère veut faire des économies
Quick Assurance veut faire des économies
Optic Center veut faire des économies
GDF, Auchan et la Mairie veulent faire des économies
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES

 

LIBR-CRITIQUE mode d’emploi

â–º Libr-critique.com est un site qui se concentre sur les rapports entre littérature et sciences humaines, sur les écritures expérimentales actuelles ; plusieurs fois par semaine, vous sont proposées par des auteurs exigeants des chroniques et réflexions diverses, des créations et infos. Il n’a donc pas vocation à être éclectique, ni même à être exhaustif. [Notes autoréflexives sur la situation de LC]

â–º Parmi les works in progress en cours : Libr-@ction ; dossier sur la subversion ; "Manières de critiquer : le roman contemporain"…

â–º Chiffres : près de 1700 posts en 9 ans environ ; plus de 20 000 visiteurs uniques/mois ; le nombre de vues affiché par post remonte à septembre 2013, date de la refonte du site par Philippe Boisnard.

â–º Ne pas oublier d’utiliser la barre du haut (rubriques), en plus du moteur de recherche interne (en haut à droite).

 Libr-événements

â–º Jeudi 25 septembre à 19H, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75 003 Paris) : lancement de la revue La Tête et les Cornes.

"La parole doit traverser. Pour simplement s’envoler ou advenir. C’est pour cela qu’on la cherche jusqu’au bégaiement" (C. Sagot Duvauroux).

Dans ce numéro, entre autres : un extrait de Marc Perrin, "Spinoza in China", un entretien de poétique avec Caroline Sagot Duvauroux (l’étranger, acédie et lyrisme, etc.), une anthologie de poésie contemporaine coréenne…

La Tête et les Cornes, z : éditions, été 2014, 72 pages, 12 €, ISBN : 978-2-37128-008-3.

 

â–º C’est la 67ème saison des Midis de la Poésie (Bruxelles) : reprise, mardi 30 septembre, de 12h40 à 13h30, aux Musées royaux des Beaux-Arts, petit auditorium, rue de la régence n°3.

En compagnie du poète et performeur Vincent Tholomé, dans le rôle de conférencier, et Laurence Vielle, dans le rôle de lectrice pour illustrer ses propos.

Cette année, William S. Burroughs aurait eu 100 ans. Occasion rêvée de revenir sur un auteur qui, avec le temps, est devenu culte. Mais qui le lit encore ? Qui ouvre encore, de nos jours, un livre de Burroughs et le lit entièrement ? Il est possible de trouver sur le net un nombre invraisemblable d’anecdotes sur sa vie. Il est possible également d’y consulter de nombreuses vidéos où l’on voit, par exemple, l’auteur dégainer sa célèbre canne-épée, l’auteur fumer comme un pompier, l’auteur manipuler ses armes à feu. Des photos circulent également où on voit l’auteur entouré de personnalités célèbres, ses amis de la Beat Generation, musiciens et chanteurs rock, d’Iggy Pop à Patty Smith, en passant par Tom Waits. On pourrait discourir longtemps sur l’influence de Burroughs. Retracer comment, au fil du temps, il est devenu « quelqu’un qui compte ». Un « people », comme on dit de nos jours. On pourrait, a contrario, s’interroger tout aussi longuement sur le fait de savoir si, oui ou non, Burroughs est un auteur surfait, est un auteur important. Cela n’aurait que peu d’intérêt. Raterait l’essentiel. Ce serait oublier qu’au-delà des anecdotes et des chromos, Burroughs est avant tout un écrivain. C’est-à-dire quelqu’un qui écrit. Cette année, il aurait eu 100 ans. Occasion rêvée d’ouvrir quelques pistes, de replonger dans son écriture. De revenir sur ses enjeux. Sur la logique narrative singulière que ses textes instaurent. Sur la disponibilité d’esprit qu’ils requièrent et les raisons pour lesquelles, un jour, un homme, un écrivain, a décidé d’écrire des textes réputés illisibles plutôt que de se conformer au modèle narratif dominant. Deux ou trois réflexions, donc, pour tracer quelques pistes, pointer quelques balises possibles pour qui veut, aujourd’hui, rentrer dans l’une des oeuvres les plus singulière du XXième siècle.

 

â–º Mercredi 1er et jeudi 2 octobre 2014 : HORS LITS 14 MARSEILLE
"…nous exerçons nos désirs là où nous sommes…"



Depuis 2005, les soirées du réseau "Hors Lits" s’inscrivent dans une démarche sensible de réécrire l’intime en ouvrant des espaces alternatifs entre artistes, habitants et spectateurs. Ces événements, proposés en appartements se développent et s’exportent dans plusieurs villes (Montpellier, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Rennes, Vevey, Barcelone, Beziers, Aix en Provence, Nantes, Nîmes, Paris, Bruxelles..) sous formes de "rhizomes d’artistes" rassemblés autour d’un concept commun : un parcours citadin guidé durant lequel les participants visitent 4 lieux de vies habités chacun par un acte artistique de 20 minutes.

Les 1 & 2 octobre, dans les huit salles, les petits groupes de spectateurs découvriront selon un double parcours proposé : Mathias Richard, Muerto Coco, Lauren Rodz, Vincent Lajus, Leonardo Montecchia, Lolita Morales, Trio Haïku, Elsa Decaudin, Élodie Rougeot, Lisa Reboulleau, Aliette Cosset…

Réservation indispensable et urgente (nombre de places réduit) : horslits.marseille@gmail.com

 

â–º Paris, jeudi 2 octobre à 19H30 : Quélen et Waldman.

â–º Vendredi 3 octobre à 19H30, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris) : rencontre autour de larevue * 2014.

Dans ce numéro annuel, entre autres : textes de Dominique Quélen, Philippe Boutibonnes ; dessins drolatiques de Petr Herel ; "cases tête" de Typhaine Garnier… Ne manquez pas les curieux télescopages isotopiques de Jean-Patrice Courtois, provoqués par des échanges de propriétés : "Bientôt une population de composés chimiques habitera les glaces non éternelles en résidence principale […]"… "Seuls les atomes peuvent relever d’une politique de l’immortalité"… Pour notre plus grand plaisir, le catastrophisme surmoderne n’empêche pas l’humour d’affleurer : "Longtemps la chimie s’est couchée de bonne heure"… /FT/

larevue*, revue dirigée par Mathieu Nuss et Bruno Fern, été 2014, Julien Nègre éditeur, 140 pages, 15 €, ISSN : 2268-6320.

â–º Samedi 4 octobre à 19H, Maison de la Poésie Paris (Passage Molière : 157, rue Saint-Martin 75003 Paris) : à l’occasion de la parution très attendue du Monstre (Grasset, fin septembre 2014), causerie entre Serge Doubrovsky et Isabelle Grell autour de l’écriture du Je et de l’autre.

Présentation éditoriale. Ce "roman" est , par son contenu, son volume et sa forme, un ouvrage si extravagant, si unique en on genre, qu’il convient d’en rappeler brièvement la généalogie.
 Au début des années 1970,  Serge Doubrovsky commença la rédaction d’un ouvrage monumental qui, selon son auteur, devait jeter les bases théoriques de ce qui sera plus tard défini comme « autofiction ». Une fois achevé, ce manuscrit comptait près de 3000 pages et aucun éditeur ne consentit à le publier en l’état. Une partie, réaménagée, réduite à 450 pages, de ce livre parut néanmoins en 1977, sous le titre de Fils, après quoi son auteur dispersa aux quatre coins du monde le manuscrit non publié.
Isabelle Grell, chercheuse et spécialiste de l’œuvre de Serge Doubrovsky, entreprit de rassembler pieusement ces pages, de recomposer le tapuscrit originel qui, augmenté d’une double préface, est publié ici. L’aspect torrentueux de ce "texte retrouvé" rendait délicate une publication classique: Grasset a donc choisi de reproduire ce manuscrit, tel quel, et ce parti-pris éditorial a semblé d’autant plus légitime qu’il est en affinité avec le projet littéraire de Serge Doubrovsky.
 Voici donc, à l’état brut, un texte craché, originel, véhément –  rigoureusement fidèle aux stratégies de l’autofiction.

â–º Ivry sur Seine, les 4 et 5 octobre : expo Daniel Cabanis.

7 septembre 2014

[News] News du dimanche

Avant de découvrir deux Libr-événements importants en cette reprise (festival Relectures 15 et INTON’ACTION 4), notre programme à venir…

 

À venir en UNE

â–º Spécial Al dante, spécial POL…

â–º Chroniques sur Serge Doubrovsky, Le Monstre ; Jérôme Bertin, La Peau sur la table/Autoportrait ; Véronique Bergen, Marilyn, naissance année zéro ; Jacques Sivan & Charles Pennequin, Alias Jacques Bonhomme ; Yannick Torlini, Camar(a)de ; Elisabeth Filhol, Bois II ; Isabelle Grell, volume "128" Nathan sur l’autofiction…

â–º Grand entretien avec Sylvain COURTOUX…

â–º Créations de Yves Justamante, Matthieu Gosztola, Daniel Cabanis, Gilles Grangier…

Libr-événements

 â–º Du 22 septembre au 5 octobre 2014, RELECTURES 15, c’est 21 manifestations en entrée libre sur 15 jours… rassemblant 22 artistes…

Alexis Fichet, Nicolas Richard, Matthieu Dibelius, Jean-Paul Curnier, Céline Ahond, Maïder Fortuné, Vanessa Place, Frank Smith, Marc Perrin, Luce Goutelle, Charlotte Imbault, Guillaume Désanges, Ives Robert, Fantazio, Till Roeskens, Nathalie Quintane, Violaine Lochu, Gwenola Wagon, Hélène Cœur, Souleymane Mbodj, Emmanuel Adely, David Haddad

dans 7 structures de Seine-Saint-Denis et du Nord-est parisien…
l’Espace Khiasma (93), la Médiathèque Marguerite Duras (Paris 20e), le 116 (93), le Musée Commun (Paris 20e), la Maison des Fougères (Paris 20e), le Pavillon Carré de Baudouin (Paris 20e), Lilas en Scène (93)

une programmation jeunesse…
Jean-Paul Curnier, Souleymane Mbodj, carte blanche à l’association Belleville en Vue(s)

3 tables rondes…

Poétiques du témoignage
avec Frank Smith, Fiona McMahon et Geneviève Cohen-Cheminet

Big Data : construire du sens à l’échelle « n = tous » (politique et esthétique)
avec Frank Smith, Xavier de La Porte (sous réserve), Gwenola Wagon

Documenter la performance / Performer le document
discussion entre Guillaume Désanges et Olivier Marboeuf

et un salon des éditeurs !

Salon de (re)lectures avec les éditions : Les petits matins, Al Dante, Ère, Les inaperçus, Lignes, La Fabrique, Argol, Plaine Page, L’attente, Questions Théoriques, Le Bleu du ciel, Les Prairies ordinaires, Inculte, Amsterdam, Verticales, Argol, Autrement, Galilée, Seuil, La Différence, Bazar, Hapax, Nous, Le Mot et le Reste… — et les revues : Vacarme, NioquesMultitudesLe chant du monstreThéâtre publicCassandreDissonancesLignesLe Passant OrdinaireCe qui SecretArmée NoireLa Femelle du RequinNuméro ZéroBoxonContre-AlléeFrictions

Une manifestation produite par Khiasma
Programmation :
 Olivier Marboeuf et Sébastien Zaegel
Coordination : Sébastien Zaegel / pole.litterature@khiasma.net / 09 80 36 02 03
Contact presse : Amandine André / relectures@khiasma.net

 

â–º INTON’ACTION #4 _ Rencontres internationales de poésie et performances (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : DATABAZ, 100 rue du Gond à Angoulême)

du 2 au 4 octobre 2014  ///// jeudi 2 octobre _ 20h30 _ DATABAZ Searching for Elias, documentaire sur Elias Pozornsky, artiste polonais présenté par Pierre-Yohan Suc et Magali Pobel (Cie Androphyne) ///// vendredi 4 octobre _ 20h30 _ DATABAZ

Martin Bakero (Chili / France)

Joel Hubaut  (France)

Ali Al-Fatlawi et Abdallah Shmelawi (Irak / Suisse)

Marguerite Bobey  (France)

///// samedi 3 octobre _ 11h-13h _ performances place des Halles et autour de la mairie 16h _ Ceci n’est pas une performance, action participative inscription 20h30 _ DATABAZ

Demosthène Agrafiotis  (Grèce)

Annie Abrahams (France / Pays-Bas)

Christine Quoiraud (France)

Thierry Lagalla (France)

 Entrée : 5 euros chaque soirée  // Pass trois soirs 10 euros

31 décembre 2013

[News] Spéciale LC : de 2013 à 2014…

Pour ce passage entre 2013 et 2014, LC vous offre à la fois une prospective particulière (14 citations pour 2014 : avant-goût de quelques livres sélectionnés pour le début de l’année) et une petite rétrospective (les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre)…

14 citations pour 2014

Voici un aperçu en citations des livres que nous avons lus et que nous vous recommandons pour le premier trimestre 2014.

â–º Christophe CARPENTIER, Chaosmos (P.O.L, 2 janvier : dystopie de 416 pages) :

1) "Il n’y a plus d’actifs ni de chômeurs, plus de riches ni de pauvres, plus de malades ni de bien portants, il n’y a plus qu’un peuple : celui des relais efficaces du Chaosmos" (p. 116).

â–º Jacques JOUET, Les Communistes (P.O.L, 2 janvier, 490 pages) :

2) "On parle de passéisme, dit Pavel, mais jamais d’avenirisme ou de présentéisme" (p. 255).

3) "Et si je nous déclarais cohommunistes, tu aurais encore peur du co- ?" (p. 484).

â–º Jérôme BERTIN, Le Projet Wolfli (Al dante, 15 janvier, 64 pages) :

4) "Le peuple n’aspire qu’à se faire enculer" (p. 12).

5) "L’écriture aussi est un sport de combat. Ou alors ce n’est pas de la littérature. C’est de la merde" (p. 42).

6) "Top chrono pour les moutons. Consommez consommez avant que le cancer ne vous consume. Cassez votre tirelire cochons. Vous vous serrerez la ceinture après. Crédits crédits. Une seule vie ne suffit pas pour tout acheter" (p. 48).

7) "Debout les damnés de la terre. Ils vivent à ne pas douter leurs derniers instants. La culture d’état pue la mort. Les derniers penseurs sont enfermés dans la misère. Les éditeurs, les producteurs, travaillent par leur censure et leurs choix commerciaux à la désintégration du pensé debout" (p. 49).

â–º Jérôme BERTIN, Première ligne (Al dante, 15 janvier, 40 pages) :

8) "Festin de terre. Assis sur le lit la tête entre les mains. Cracher le poème et du sang. Du sens interdit. La tête cogne contre le carrelage" (p. 15).

9) "Anus, l’origine du monde. Plus de débats mais des combats. Des décombres des cobras. À la place de la langue, uppercut. Un sein vert expression. Tu vois le sang araignée sur le sol" (p. 18).

â–º Éric CHEVILLARD, L’Autofictif en vie sous les décombres (L’Arbre vengeur, 15 janvier, 234 pages) :

10) "Il y a les écrivains qui se complaisent dans le réel, qui fourrent leurs phrases dedans, qui en rajoutent une couche ; et les écrivains qui prennent le réel dans les rets tranchants de leurs phrases afin de le retailler à leur guise" (p. 14).

11) "L’écrivain ne doit pas s’y tromper. Il travaille aujourd’hui pour les ménagères de plus de 50 ans" (p. 85).

12) "Tous les autres mots ne sont pour lui que des euphémismes hypocrites et maniérés pour dire merde" (p. 93).

â–º Marc OHO-BAMBE, Le Chant des possibles (éditions La Cheminante, mars) :

13) "Souviens toi

De ce matin-là,

Ecarlate et révolutionnaire,

Du parfum de jasmin flottant dans l’ère alors

Souviens toi mon sang,

De la promesse du jour et des slogans,

Des chants de la rue défiant le joug des tyrans

Et la morsure des fusils"

â–º Serge Doubrovsky, Le Monstre (Grasset, avril 2014) :

14) "Vous pourrez enfin découvrir ici le texte restitué dans sa première composition, toute son opulence, sa première jeunesse, sa vitalité débordante, ses rêveries nomades et sa fascinante écriture. Le Monstre vous attirera dans son labyrinthe et vous n’essaierez même pas de trouver l’issue mais vous cheminerez, comme hypnotisé, à sa rencontre. L’approche génétique de ce texte aura aussi prouvé qu’il faut en finir de vouloir donner un seul sens à une œuvre, d’en faire une donatrice de signification" (Isabelle Grell).

Les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre 2013

LC, en 2013, c’est quelque 200 posts (si l’on tient compte de la pause estivale, cela fait une moyenne de 4,5 posts/semaine).

En quatre mois, vous êtes plus de 100 000 à être venus visiter les quelque 1 600 posts disponibles : les 10 les plus lus/vus (chiffres arrondis) témoignent aussi bien des goûts de lecture que des circuits de circulation et d’indexation.

â–º Chronique de Philippe Boisnard (17/05/2008) sur Ralbum (Léo Scheer) = 11 275 visites [total : + de 120 000]

â–º Emmanuel Adely, "No more reality" (création du 05/09/2009) = 4 475 [total : + de 50 000]

â–º Chronique de Fabrice Thumerel, "Richard Millet et la postlittérature" ("Manières de critiquer" / 01/04/2011) = 3 650 [total : + de 20 000]

â–º Michel Giroud, "Généalogi-z 2.1" (création du 9 décembre 2006) = 2 200 [total : + de 35 000]

â–º NEWS du dimanche 10/11/2013 (F. Thumerel) = 1 760

â–º Chronique de Périne Pichon sur La Direction des risques de Christophe Marmorat (07/11/2013) = 1 150

â–º Fabrice Thumerel, "De l’intellectuel critique" (20/01/2006 ; travail de recherche en cours de réécriture) = 775 [total : + de 15 000]

â–º Mathias Richard, « Pour un déclin du mot "roman" » ("Manières de critiquer" / 26/09/2013) = 725

â–º Matthieu Gosztola, "Vivre I" (création, 29/10/2013) = 600

â–º Thomas Déjeammes et Mathias Richard, "Dreamdrum 10 / Amatemp 28" (création, 14/09/2013) = 580

22 juin 2012

[News] Culture(s) et autofiction(s), colloque de Cerisy

Le colloque de Cerisy qui suit celui sur Annie ERNAUX, sous la direction de Isabelle GRELL et de Arnaud GENON, explore un territoire proche : "Culture(s) et autofiction(s)". On ne manquera pas de s’inscrire à cette manifestation qui réunit écrivains et chercheurs : réserver ici.

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12 mars 2011

[Chronique] Sujet SD [Serge Doubrovsky]…

â–º Serge DOUBROVSKY, Un homme de passage, Grasset, janvier 2011, 555 pages, 23 €, ISBN : 978-2-246-78366-4.

â–º Régine Battiston et Philippe Weigel dir., Autour de Serge Doubrovsky [ASD], Orizons, coll. "Universités/Domaine littéraire", été 2010, 236 pages, 24 €, ISBN : 978-2-296-08766-8.

â–º Dalhousie French Studies [DFS], Dalhousie University, Halifax (Canada), volume 91 : "Serge Doubrovsky", sous la direction de Isabelle Grell, été 2010, p. 1-130, ISSN : 0711-8813.

Après avoir constitué le sujet du premier colloque organisé en France exclusivement sur son œuvre (Université de Haute-Alsace, Mulhouse, mars 2008), puis d’un numéro spécial de la revue Dalhousie French Studies dirigé par Isabelle Grell, aujourd’hui même SD est l’un des invités d’honneur du colloque "Genèses d’autofictions" dirigé par la spécialiste Isabelle Grell, cofondatrice de Autofiction.org à laquelle rend hommage l’écrivain à la page 134 d’Un homme de passage – livre dont le sujet SD est la matière et dont le caractère testamentaire est d’autant plus inscrit dans le titre que, significativement, il commence par "Je n’en peux plus" et s’achève sur "DISPARITION".

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6 février 2011

[News] News du dimanche

Ce soir, après un flash surprise d’UBULAND (Joël Heirman/CUHEL), quelques Libr-événements à noter : Alphabetville organise une Rencontre à Marseille avec C. Hanna et Quintane/Bérard ; Rencontre au Centre Culturel Algérien avec Mourad Djebel et El Mahdi Acherchour ; Rencontre autour de la revue Fusées à la Bibliothèque Marguerite Audoux (Paris) ; colloque sur l’autofiction à l’ENS le 12 mars prochain.

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