Libr-critique

29 août 2019

[Livres] Libr-vacance 4

Pour terminer en beauté cet été 2019,  une dernière invitation à méditer-rêver-pester de façon libr&critique à partir de sept livres publiés en 2018-19 et signés Bobillot, Brérot, Chaton, Mézenc, Nowak-Papantoniou, Taïeb et Vipaldo… L’occasion de présenter l’essentiel de ces Å“uvres remarquables dont nous n’avions guère pu parler encore. [Libr-vacance 3]

â–º Jean-Pierre BOBILLOT, Prose des rats. Textes pour la lecture/aXion, Atelier de l’Agneau, St Quentin-de-Caplong, 2e édition revue & augmentée, coll. « Architextes », 96 pages, 17 €, ISBN : 978-2-374280-22-6.

Le [Ra] dans tous ses états… Quel Rat-fût ! C’est « comm’ le Réel sans les fiXions »…

Le texte est un accélérateur de particules lexicales sur l’axe paradigmatique afin de créer des calembours tous azimuts : « Mot-rat… toire / Mot-rat… tomique / Mot-rat… via / Mot-rat… Venise / Mot-rat… vagine… Mot-rat… crédit / Mot-rat… lité »… Ce poètàraz-du-rat est par ailleurs grand amateur de litanies – ah lITANIE ! (Cf. « Poème trop long » : « C’est comm’… »).

Avec ces bobillards, vive l’oRATlité poétique !

â–º Béatrice BRÉROT, La Suite infinie du monde est dans le colimaçon, Barjols (83), éditions Plaine page, coll. « Calepins », 2018, 98 pages, 12 €, ISBN : 979-10-96646-16-6.

mais la po.é.sie
elle vit
putain
la po.é.sie
elle vit
ailleurs que dans les salons
la po.é.sie
elle explose la langue
les sons
la respiration
la poésie
c’est un corps
la poésie
c’est un corps caverneux
surgi du chaos
elle branle l’univers (p. 91).

Pour celle qui écrit « dans le beat / de notre génération » (90) et qui allie poésie & musique, la suite infinie du monde est dans le colimaçon poétique qui en inventorie les éléments par télescopages de blocs compacts, nuages de mots ou litanies. Nous sommes transportés sur le bord du vivant par une vision cosmologique du corps et du monde humain.

« ce corps / où tu manges / où tu bois / où tu marches / où tu nages / ce corps / où tu glisses / où tu lâches / où tu parles /où tu froid / ce corps / ton corps / tu y tiens » (49).

Dans ce monde aliénant, par la poésie réinventons nos « cartographies intérieures » (17).

â–º Anne-James CHATON, L’Affaire La Pérouse, P.O.L, printemps 2019, 160 pages, 16,90 €, ISBN : 978-2-8180-4723-1.

On savait le poète attiré par le narratif/fictif depuis Elle regarde passer les gens (Verticales, 2016), superbe fresque historique multibiofictionnelle. Avec L’Affaire La Pérouse, Anne-James Chaton procède un peu à la manière de Pierre Bayard, alliant ludique et théorique. Narrer, n’est-ce pas toujours (s’)interroger ? Le texte hypothétique atteint son summum de loufoquerie dans l' »Addendum n° 2″ : comme s’il avait suffi au célèbre explorateur français d’adopter un tas de précautions aussi farfelues les unes que les autres pour se prémunir des dangers qui l’ont fait disparaître en 1788… Un exemple de loufoque, dès la page 39 : « Une fois identifié, le suspect sera soumis à un interrogatoire dont les questions ont été élaborées avec le concours du poète Charles Baudelaire« …

Pour son plus grand plaisir, le lecteur se perd dans un dédale de références et d’hypothèses (22 exactement, de l’accident au suicide) et ne peut qu’apprécier un exercice de virtuose consistant à mêler tons, styles et modes/modèles narratifs (de l’épique au dramatique… S’y rencontrent chansons, genre policier, robinsonnade…).

â–º Juliette MÉZENC, Des espèces de dissolution, éditions de l’Attente, printemps 2019, 168 pages, 16 €, ISBN : 978-2-36242-080-1.

En un temps où ressurgit le discours eschatologique, où la disparition des espèces fait l’actualité – de toutes les espèces, y compris l’espèce humaine –, vite de l’air… c’est bon, c’est beau… de l’air ! Dans une dernière partie qui constitue un hymne à la vie, la scriptrice en vient à ce qui s’appelle vraiment découvrir, non pas l’existence tel le Roquentin de La Nausée, mais la respiration : « pour la première fois de ma vie je respirais, mais respirer c’est l’affaire de toute une vie, respirer c’est l’affaire, la grande affaire de la vie, ce n’est pas rien , c’est phénoménal, c’est la merveille des merveilles, et personne pour s’extasier, ou même s’étonner, personne pour consacrer une fresque ou même une trilogie ou ne serait-ce qu’un roman, un court roman, à la respiration, j’en étais stupéfaite […] » (p. 140).

Ce punctum est l’aboutissement d’une ascèse cosmologique : disparition / rumination / absorption mentale / « puits d’espace-temps » (82)… Alice ultra-moderne, je/il/elle traverse, non pas le miroir, mais diverses strates de réalité virtuelle : nul lapin blanc dans un paysage virtuel tout droit issu des jeux vidéos, mais « un panneau qui parle », Miss Fluo, des « femmes-chevreuils », des « femmes-marmotes »…
Allez, rendez-vous au mont Mézenc (cf. p. 104) !

â–º Stéphane NOWAK-PAPANTONIOU, Nos secrets sont poétiques, Presses du réel/Al dante, printemps 2019, 64 pages, 10 €, ISBN : 978-2-37896-060-5. [Écouter « une déclinaison sonore de Nos secrets poétiques« ]

Celui qui préfère l' »histoyr » à l’histoire ne va pas nous faire le coup du roman, mais nous proposer une poétique du secret, lequel se révèle par ailleurs politique et érotique : « Le secret se raconte mais le secret n’est pas un spectacle. Il ne se raconte pas comme une histoire avec une dissimulation et une révélation. Ça c’est pour les polichinelles, les détectives ou les psychologues » (p. 23). Cet inventif agencement répétitif est animé par une série de tensions entre masque et révélation, visible et invisible, mensonge et vérité, lisible et illisible, jusqu’à nous perdre dans un espace voilé/dévoilé – érotique, donc.

► Lucie TAÏEB, Peuplié. Fragments Fredinand, suivis du Cahier de Liesl Wagner, éditions Lanskine, printemps 2019, 136 pages, 15 €, ISBN : 979-10-90491-85-4.

Le peuple y est-il ?
« le peuple n’y est pas » (p. 103).

« Ma poésie s’est peupliée ? » Le peuple déplié dans un arbre à Paroles… Une histoire d’amour tragique aussi.

Ça commence comme au bon vieux temps, par un « Liminaire » indiquant la provenance des fragments et du cahier d' »Ã©crits post-mortem & posthumes ». Suivent des textes qui attestent que nous sommes des « héritiers de la déraison hölderlinienne » (66), mais aussi d’inventifs axiomes, et même un drôle de « nopéra furtif » (47-49)… Terminons par une phrase extraite de la lettre au « cher Fritonnant », car elle pose un problème poétique central : « Ã  quoi bon avoir lu et digéré les avant-gardes du siècle passé pour en finir avec ces platitudes » (122)…

► Jules VIPALDO, Le Banquet de plafond, éditions Tinbad, 2018, 148 pages, 18 €, ISBN : 979-10-96415-11-3.

« Quels lecteurs espérer dans  un futur analphabète
(un futur de « trous du cul ») ? » (p. 23).

Ce Banquet de plafond est évidemment bas de caisse – au niveau du plancher des rats et des souris. Et tant pis pour la « RATputation » d’un auteur « anti-confort triste » que l’on apprécie pour « son rythme de scieur effréné, ses ruptures de ton inopinées », « ses phrases qui déraillent, son fatras fantaisiste », « ses formules gauches, ses proverbes à la noix, ses aphorismes claudicants, sa littéralité glissante et gauloise, et, plus généralement, de son envahissante culanthropie ! »

31 mars 2019

[News] News du dimanche

Après notre sélection Libr-10 du premier trimestre 2019, quelques Libr-événements pour bien commencer avril, où Philippe Boisnard et moi-même aurons le plaisir de vous retrouver à la Maison de la poésie Paris (le 10 !).

Libr-10 (1er trimestre 2019)

â–º Balzac, l’invention de la sociologie, sous la direction d’Andrea Del Lungo et Pierre Glaudes, Garnier, 346 pages, 39 €.

► Pierre-Albert Birot (1876-1967). Un pyrogène des avant-gardes, sous la direction de Carole Aurouet et de Marianne Simon-Oikawa, Presses Universitaires de Rennes, 252 pages, 24 €.

â–º José Vicente ANAYA, Hikuri, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 72 pages, 10 €.

â–º Anne-James CHATON, L’Affaire La Pérouse, P.O.L, 160 pages, 16,90 €.

► Tristan FÉLIX, Ovaine. La Saga, Tinbad, 228 pages, 23 €.

â–º Michèle MÉTAIL, Portraits robots, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 105 pages, 10 €.

â–º Juliette MÉZENC, Des espèces de dissolution, éditions de l’Attente, 168 pages, 16 €.

â–º Angéline NEVEU, Synthèse Désir, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 224 pages, 17 €.

â–º Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, Nos secrets sont poétiques, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 64 pages, 10 €.

► Louise RAMIER, Partition, éditions Louise Bottu, 130 pages, 14 €.

Libr-événements

â–º Mercredi 3 avril, rencontre avec Jean Esponde à L’Autre Livre (13, rue de l’Ecole Polytechnique (75005 Paris) :

â–º Jeudi 4 avril à 19H, Bibliothèque de Bordeaux : en Avant-première de l’Escale du livre 2019, Pâture de Vent à l’auditorium de Meriadeck, avec Christophe Manon et Frédéric D. Oberland.

► Vendredi 5 avril, Patrick VARETZ à Lille :

► Vendredi 5 avril, 19H30 à la Librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75 019 Paris) : rencontre avec Cristina de Simone et Michèle Métail.

La rencontre est proposée par Emmanuèle Jawad :
– autour du livre de Cristina de Simone, Proféractions ! Poésie en action à Paris 1946-1969 (Editions Les presses du réel) et d’une lecture-performance de Cristina de Simone et de Sylvain Kassap.
– lecture-performance de Michèle Métail dont les dernières parutions sont : Quelques portraits-robots en pied rehaussés de couleurs véritables et Le cours du Danube : en 2.888 kilomètres, vers l’infini (Editions les presses du réel). Sera aussi présenté le livre Michèle Métail : la poésie en trois dimensions, sous la direction d’Anne-Christine Royère (Editions Les presses du réel).

â–º RV avec Christian PRIGENT le 16 avril :

2 décembre 2018

[News] News du dimanche

Pour terminer l’année en beauté : RV avec Béatrice Brérot ; les invités d’Ivy writers et de l’Escale des Lettres… Stéphane Nowak Papantoniou, Christophe Hanna, le peintre Mathias Pérez…

â–º RV avec Béatrice Brérot : dimanche 16 décembre 17h, Cabaret poétique, avec Cédric Lerible et Kevin Prost (Le Périscope : 13 rue Delandine 69002 Lyon) ; mardi 18 décembre 19h30, Mardis de la poésie, Maison de la poésie Rhône-Alpes (33 avenue Ambroise Croizat 38400 Saint-Martin-d’Hères).

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31 juillet 2017

[News/Livres] Libr-vacance (1)

Voici de quoi réussir votre mois d’août : deux festivals à ne pas manquer ; notre Libr-sélection (5 livres présentés) ; LC a reçu, lu et recommande 25 livres.

Libr-événements

â–º Du 1er au 5 août 2017, festival TOURNEZ LA PLAGE à La Ciotat. L’Art Hic&Hoc lance cet été son tout premier festival d’écritures contemporaines : l’événement se déroulera donc simultanément avec le festival de Jazz.
Les événements se dérouleront entre La Boutique, Le Cercle de La Renaissance, la Place Gauthier, La Librairie "Au Poivre d’Âne" et l’angle de la Rue Foch (Arnoux).

On pourra apprécier/découvrir les œuvres de nombreux artistes locaux :
Stéphane Nowak Papantoniou, Julien Blaine, André Robèr, Maxime Hortense Pascal, Claudie Lenzi, Eric Blanco, Nadine Agostini, Cédric Lerible, François Bladier, Patrick Sirot, Lili le Gouvello, Françoise Donadieu, Frédérique Guétat-Liviani, Laurence Denimal, Dominique Cerf, Olivia Rivet (exposition à la Boutique) ainsi que Cassandra Felgueiras, Caroline Derniaux et Zagros Mehrkian, étudiants à l’École Supèrieur d’Art de Toulon, et l’association "Lignes de Partage".

â–º Le Bruit de la Musique #5, Festival d’aventures sonores et artistiques, du 17 au 19 août 2017 à Saint-Silvain-sous-Toulx, Toulx-Sainte-Croix, Domeyrot et La Spouze (Creuse) : avec notamment Laurent Bigot, Lionel Marchetti, Arnaud Paquotte, Sébastien Lespinasse… Pour plus d’informations : ici.

Libr-sélection /FT/

â–º Bohumil Hrabal, La Grande vie, poèmes 1949-1952, traduit du tchèque par Jean-Gaspard Pálenicek, éditions Fissile, Les Cabannes (09), printemps 2017, 136 pages, 24 €, ISBN : 978-2-37171-019-1.

Retour aux origines de l’œuvre, c’est-à-dire à la poésie : "Parce que la société moderne s’est accoutumée aux sensations et aux singularités, le poète mourant se fichera ses lunettes dans le cou et filtrera sa vie à travers le verre embué" (p. 43)… Des formes variées retenons "SUPERSEXDADAISME ?" : "Recherchons vacanciers bénévoles / Séjour payant à Founetainebleau / Entrée génitale amaigrissante" (63)… La belle vie, en somme !

â–º Yoann Thommerel, Mon corps n’obéit plus, éditions Nous, Caen, hiver 2016-2017, 80 pages, 12 €.

Le lecteur est averti : "Il serait bien plus prudent de voir dans ce fatras graphique la manifestation de troubles réactionnels sévères, une forme de défense face aux exigences d’application et de lisibilité imposées par la norme, un poème-refus, allant à l’encontre du modèle attendu" (p. 33). De façon symptomatique, dans ce poème-refus, le corps refuse d’obéir… Un corps qui est lieu de vie, d’envie, d’ennui… lieu de tentation consumériste… et de poésie ! Une poésie litanique et visuelle.

â–º Alain Jugnon, Artaud in Amerika. La Place de la femme dans le plan américain, Dernier Télégramme, Limoges, mai 2017, 80 pages, 12 €.

Ce cinémArtaud met en scène quatre "personnages conceptuels" : "La dame de Shanghai ou Rita Hayworth, André Bazin, Orson Welles et Antonin Artaud". Ces voix se mêlent à celle de l’essayiste pour évoquer/analyser avec brio, entre autres éléments passionnants, telle image-cristal, la langue jaune du fascisme, le rôle de "la femme blanche chez Welles et Artaud" : "c’était la révolution permanente à l’écran et en direct" (p. 69)…

â–º Michel Deguy, Noir, impair et manque, dialogue avec Bénédicte Gorrillot, Argol, coll. "Les Singuliers", hiver 2016-2017, 292 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-012-8.

Quel animal est donc Michel Deguy ? Détour par l’œuvre de ce poète et revuiste qui figure parmi les écrivains contemporains les plus importants, dans un dialogue dense et intense avec une spécialiste du genre. Une nouvelle pièce de choix dans cette superbe collection qui associe entretiens, inédits et documents divers. Clôturée de fort belle manière par un abécédaire signé par l’auteur lui-même.

â–º Carole Aurouet, Prévert et le cinéma, Les Nouvelles éditions, avril 2017, 128 pages, 10 €.

En quatre chapitres, la spécialiste de Prévert évoque la poésie cinématographique de l’illustre écrivain qui était fasciné par les burlesques américains et par Fantômas : les ciné-textes des années 20-30, son cinéma visible (les grands films des frères Prévert et de Carné/Prévert) et invisible ("scénarios détournés", c’est-à-dire qui n’ont pas abouti à des films tournés). Humour et détournement surréaliste au programme ! Sans oublier que Carole Aurouet a su faire revivre pour nous tout un monde fascinant.

LC a reçu, a lu et recommande

♦ Christian PRIGENT : Chino aime le sport (P.O.L, juin 2017, 176 pages, 18 €) et Ça tourne, notes de régie (L’Ollave, coll. "Préoccupations", été 2017, 70 pages, 14 €) ; La Contre-Attaque, éditions Pontcerq (Rennes), printemps 2017 : dossier Prigent, p. 65-73 et 127-194. [On pourra découvrir leur présentation fin août sur le blog Autour de Christian Prigent]

 

♦ Pierre Bergounioux, Esthétique du machinisme agricole, suivi de Petit danseur par Pierre Michon, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), été 2016, 48 pages, 13 €.

♦ Eric Brognier, Tutti cadaveri, traduit de l’italien par Rio di Maria et Cristiana Panella, L’Arbre à paroles, Amay (45), juin 2017, 48 pages, 10 €.

♦ Hervé Brunaux, Homo presque sapiens, éditions PLAINE Page, Barjols (83), coll. "Connexions", 2015, 44 pages, 5 €.

♦ Rémi Checchetto, Le Gué, Dernier Télégramme, Limoges, printemps 2017, 64 pages, 10 €.

♦ David Christoffel, Argus du cannibalisme, Publie.net, printemps 2017, 104 pages, 12,50 €.

♦ Claro, Crash-test, Actes Sud, août 2015, 236 pages,19,50 €.

♦ Olivier Domerg, Rhônéo-Rodéo, poème-fleuve avec quinze photographies de Brigitte Palaggi, Un comptoir d’édition, Sainte-Eulalie en Royans (26), juin 2017, 144 pages, 15 €.

♦ Jacques Dupin, Discorde, P.O.L, édition établie par Jean Frémon, Nicolas Pesquès et Dominique Viart, juin 2017, 240 pages, 23 €.

♦ Frédéric Forte, Dire ouf, P.O.L, mai 2017, 96 pages, 11 €.

♦ Mihàlis Ganas, Marâtre patrie, traduit du grec par Michel Volkovitch, Publie.net, 2017, 80 pages, 13 €.

♦ Jean-Marie Gleize, La Grille, Contre-Pied (Martigues), coll. "Autres & Pareils", hiver 2016-2017, 32 pages, 4 €.

♦ Mary Heuze-Bern, Rendez-vous à Biarritz, éditions Louise Bottu (Mugron), coll. "Contraintes", juin 2016, 36 pages, 4,50 €.

♦ David Lespiau, Équilibre libellule niveau, P.O.L, mai 2017, 112 pages, 11 €.

♦ Patrick Louguet, Jean, Antoine, Mouchette et les autres… Sur quelques films d’enfance, Artois Presses Université, hiver 2015-2016, 268 pages, 20 €.

♦ Dominique Meens, Mes langues ocelles, P.O.L, novembre 2016, 384 pages, 21 €.

♦ Emmanuelle Pagano, Sauf riverains, Trilogie des rives II, P.O.L, janvier 2017, 400 pages, 19,50 €.

♦ Dominique Quélen, Avers, éditions Louise Bottu, Mugron (40), mai 2017, 116 pages, 14 €.

♦ Sébastien Rongier, Cinématière. Arts et Cinéma, Klincksieck, 2015, 252 pages, 23 €.

♦ Claude Royet-Journoud, La Finitude des corps simples, P.O.L, mai 2016, 96 pages, 13 €.

♦ Robine-Langlois, […], éditions Nous, Caen, octobre 2016, 96 pages, 14 €.

♦ Ana Tot, Méca, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), juin 2016, 72 pages, 13 €.

♦ Antoine Wauters, Nos mères, Verdier, hiver 2013-2014, 154 pages, 14,60 €.

 Bientôt sur LC…

De fin août à fin septembre, vous découvrirez, entre autres :

♦ Créations : Daniel Cabanis, CUHEL, Olivier Matuszewski, Mathias Richard…

Entretiens : Véronique Pittolo, Bernard Desportes, Claude Favre…

Recensions/chroniques : des spéciales sur Véronique BERGEN et sur Philippe JAFFEUX (à propos de leurs trois derniers livres)…
Vous attendent encore : Dictionnaire de l’autobiographie (Champion) ; La Poésie motléculaire de Jacques Sivan (Al dante) ; Patrick Bouvet, Petite histoire du spectacle industriel (L’Olivier) ; Bernard Desportes, Brève histoire de la poésie par temps de barbarie (tentative d’autobiographie), La Lettre volée ; Sébastien Lespinasse, Esthétique de la noyade (PLAINE Page) ; Valère Novarina, Voix négative (P.O.L) ; Nadège Prugnard, MAMAE (Al dante) ; Sébastien Rongier, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou (Pauvert) ; Martin Winckler, Les Histoires de Franz (P.O.L)…

13 novembre 2014

[Chronique – news] Autour de DOC(K)S/Al dante

C’est ce soir que débute "Poésie action en Avignon", une série de rencontres autour de l’anthologie DOC(K)S que Al dante vient de publier : les dates des RV précèdent la présentation du gros volume.

 

Rencontres autour de l’anthologie Al dante

POÉSIE ACTION EN AVIGNON (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989) : novembre 13 @ 18 h décembre 20 @ 19 h

9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France

Site Web :
http://www.poesieavignon.eu/

L’anthologie Al dante

 

DOC(K)S, morceaux choisis (1976-1989) : vers un langage de l’action, choix de Laurent Cauwet, préambule de Julien Blaine, postface de Stéphanie Éligert, Al dante, été 2014, 1008 pages, 30 €, ISBN : 978-2-84761-776-2. [Lire l’entretien avec Philippe Castellin en 2011]

 

"Chaque numéro de Doc(k(s est un recueil de poèmes,
  est un reportage
est un roman" (Julien Blaine, p. 432).

 

DOC(K)S est la quatrième revue de Julien Blaine, celle-là même qui, selon les propos de son fondateur dans son paradoxal préambule (placé en fin de volume !), lui sert de planche de salut après l’échec de 68. Fondé en 1976 et orchestré depuis 1990 par AKENATON (Philippe Castellin et Jean Torregrosa), DOC(K)S est, selon un autre créateur fondamental dans son histoire, un lieu de transit et de stockage de matières premières, de choses poétiques à l’état brut, « un chantier permanent et collectif », un « objet-sans-queue-ni-tête, qui impose recto-verso la richesse du stock inventorié, exprime par sa pléthore la hâte infinie à combler le retard pris et, par sa brutalité brouillonne, sa vandale rage face à la "culture" des métropoles nanties sur la table desquelles il déverse, muettement, ses "preuves", ses "documents" ». Ce qui fait dire à Philippe Castellin que DOC(K)S « n’invente pas mais inventorie » (cf. DOC(K)S : mode d’emploi, Al dante, 2002, pp. 449, 155 et 326). Se profile ici une suite d’antinomies sociologiquement intéressante : inventaire versus invention, entreprise collective vs mythe du créateur, culture provinciale vs culture métropolitaine, culture underground vs culture dominante, art populaire vs art élitiste, littérature périphérique vs littérature officielle, objet vulgaire (pauvre) vs objet sophistiqué (riche)… Si l’on suit Philippe Castellin dans son DOC(K)S : mode d’emploi, DOC(K)S se distingue dans l’espace des revues contemporaines par ses innovations conceptuelle, fonctionnelle, formelle et matérique. Sa structure rhizomatique – sa dimension fédérative et internationale – favorise la transgression des frontières artistiques ; s’inscrivant dans la mouvance de la postpoésie et de la sortie du livre, DOC(K)S est une revue multimédia qui défend les poésies expérimentales (poésie visuelle et sonore, poésie concrète, mail art, performance comme poésie action, écritures multimédia) et veille à l’autonomie de l’objet. Dans sa postface qui s’appuie sur le contenu de la revue pour filer la métaphore de la balistique, S. Éligert se réfère d’ailleurs à cet ouvrage clé afin de mieux cerner ce drôle d’objet : « la poétique de Doc(k)s consiste à "désécrire", puis à "icôniciser" » ; "la couverture (…) est déjà un poème"… Comme autres caractéristiques, elle ajoute le débordement, l’obscénité, l’explosivité

Cette anthologie qui offre des "morceaux choisis" extraits des deux premières séries (I. 1976-1986 ; II. 1986-1989) permet de retrouver ces principales lignes de force : prédominance de la poésie visuelle (montages divers, poésie spatiale, post cards), art de la performance… Parmi les curiosités : "poème signalistico-visuel", "poème laser", "art ouvert", "poésie signalétique", "poèmes à convictions"… L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout poésie action, comme le souligne Bernard Heidsieck dès le début : "La poésie s’anémiait… Nous lui avons fait du bouche-à-bouche. Elle se confidentialisait… Nous l’avons restituée au cœur de la place publique" (p. 764). L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout subversion, donc. Éclatante dans le "sans titre" (1979) de Sarmiento, qui affiche le slogan "ARgenT" ; dans le "poème-tueur" de Miccini et Sarenco ("La poésie tue le poète") ; dans l’anti-manifeste de Blaine, "Manifeste pour l’occupation des stèles et socles abandonnés" ; dans ces vers du Chinois Ma Desheng : "Toutes les prostituées du monde entier / s’unissent en s’embrassant / la république est née / la Constitution de la République ne comporte qu’un seul article / liberté du va et vient" (833)…

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Sur le projet Al dante autour de Doc(k)s, Laurent Cauwet a bien voulu nous donner précisions.

« Pour moi la lecture des anciens numéros de Doc(k)s provoque toujours une sorte de joie furieuse. Ce remuement, ce bruit à la fois typographique et visuel est riche de son nombre, mais surtout des singularités qui forme le nombre. Cela forme une langue "doc(k)s", unique, inégalée, qui n’efface pas ces singularités, celles-ci au contraire s’amplifiant au contact les unes des autres. Lorsque j’ai découvert "doc(k)s" (début des années 80), je ne savais pas grand chose de la poésie contemporaine, rien de la performance, rien de l’art contemporain… Ces espaces, je les ressentais comme réservés, voire interdits. De là où j’étais alors, je pensais que se tricotait "là-bas" des aventures qui se vivaient ailleurs, en dehors d’une population écartée dont je faisais partie – dont je fais toujours partie, sauf que ce sentiment d’illégitimité, s’il ne m’a jamais quitté, loin d’être un frein, un blocage, est devenu au contraire un moteur pour intervenir quand je veux là où je veux… Je m’étais plongé dans Doc(k)s, sans presque jamais chercher le nom des auteurs (à quoi bon). J’étais fasciné par cette émeute de papier aux voix multiples, toutes différentes, toutes riches différemment. Fasciné par cette colère grouillante qui exprimait aussi la joie d’être dans une énergie de vivant. Fasciné par cette façon, toute nouvelle pour moi, d’affirmer, de manifester son être au monde, et de lire qu’à chaque page se réinventaient les paroles de cette manifestation. Dans cet univers hors des slogans, des directives, des cloisonnements idéologiques j’apprenais d’autres possibles subversifs, d’autres formes de radicalité qui tenaient de la poésie mais aussi de la rue, de la philosophie mais aussi du rock… je découvrais des gestes poétiques où l’on sentait la puissance des corps, qui prétendaient être de la pensée en action, qui raccourcissaient l’espace entre l’hypothèse d’un futur et la crudité vive d’un présent. C’était il y a 30/35 ans.

Aujourd’hui encore, même si je comprends mieux comment fonctionnent ces dispositifs poétiques, je ressens toujours cette même joie insurrectionnelle. Ma conviction est que Doc(k)s dégage toujours cette énergie créative, cette puissance vitale qui s’affirme du côté de la vie ; je dirais même qu’à l’épreuve des expérimentations qui ont suivi, Doc(k)s n’a cessé de prouver dans sa modernité. Doc(k)s reste d’actualité quant à sa pertinence politique et sa propension à produire les outils pour mieux penser notre présent – d’autant plus aujourd’hui, où l’espace poétique s’est muté en "milieu" poétique, qui de plus en plus développe des règles et des réflexes de docilité fonctionnariale. C’est ce qui m’a décidé à me lancer dans cette aventure éditoriale : le but n’était pas de faire une anthologie de type "archive", qui renverrait Doc(k)s au passé, ni un outil analytique (qui existe déjà, brillamment réalisé par Philippe Castellin), mais plutôt un nouveau Doc(k)s fabriqué avec les anciens, en recueillant au fil de la lecture les gestes qui me paraissaient encore riches de cette pertinence citée plus haut, en jouant de nouvelles confrontations, en réinterprétant parfois typographiquement certains gestes (essayant ainsi d’imaginer quels codes visuels aujourd’hui seraient les plus proches, les plus justes en regard de ce que le poète a voulu signifier en utilisant les codes en vigueur à son époque – "jeu", manipulation que souvent les doc(k)ers espèrent chez les lecteurs, raccourcissant au maximum l’espace entre poète et récepteur), en prélevant parfois une page, une citation d’un ensemble, etc. Ce "Doc(k)s morceaux choisis" est en fait et "avant tout" l’aventure d’un lecteur de Doc(k)s, et d’un lecteur qui avait le recul nécessaire pour faire ce travail (2014 – 1989 = 25 ans !). Le lien avec Julien a été minimal : après acceptation – et joie semble-t-il – de ce projet, il n’a voulu participer ni au choix des interventions, ni aux réflexions qui ont donné naissance à l’objet. Fidèle en cela à son fonctionnement habituel : "Fais ce que tu veux, mais ensuite nous parlerons, car lecteur tu es autant responsable de ta lecture que moi poète de ce que j’ai donné à lire". Sa seule intervention a été d’écrire, en guise de postface… un préambule – ce dérèglement spatial déjà est une jolie façon de se situer : ni derrière, ni devant… mais en compagnonnage attentif, fidèle mais insubordonné. Le lien avec Stéphanie Éligert a été singulier : si elle connaissait bien entendu cette revue, elle n’en était pas une "spécialiste", ne l’ayant abordée jusqu’ici que par fragments, au hasard des rencontres et des lectures. Ma proposition était simple : je lui ai envoyé un jeu d’épreuves, en lui demandant si elle pensait que l’édition d’un tel ouvrage pouvait être opportun aujourd’hui, si en regard de notre actualité ce "Doc(k)s morceaux choisis" gardait sa pertinence… et son impertinence. Et, si tel était le cas, je lui demandais d’écrire sur ce qui, pour elle, rendait ce livre toujours "opérant" – ce qu’elle a fait, à ma plus grande joie, avec une approche de la lecture de Doc(k)s par le biais des sciences de la balistique. Le lien avec l’actuel Doc(k)s n’a pas existé. Car ce n’était pas le sujet. Si Philippe Castellin et Jean Torregrossa, doc(k)ers de la première heure, sont présents dans l’ouvrage ; si l’existence de la troisième série de Doc(k)s dirigée par eux, est bien entendu citée (par Julien Blaine, par Stéphanie Éligert et par moi-même) ; et si le travail théorique mené par Philippe Castellin a certainement participé à enrichir ma lecture de Doc(k)s (et par la même, incidemment, influer sur mon choix), Doc(k)s troisième vie, tout en s’inscrivant dans une continuation, signe aussi une positive rupture (positive en ce que Doc(k)s changeant de main, n’essaie pas de répéter mais propose autre chose) avec de nouvelles stratégies, de nouvelles collaborations, la prospection de nouveaux espaces, etc. Et ce n’était pas mon propos de parler de cela. De plus, comment intégrer ici une histoire qui est en train de s’écrire? Pour finir, et non sans avoir longuement hésité, j’ai préféré ne pas faire appel à aucun Doc(k)er de la première heure pour commenter l’aventure doc(k)sienne, de peur qu’ils ne pèsent et n’atténuent la vivacité des gestes poétiques, et pensant que ce n’était pas le lieu…

9 novembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de revenir en début de semaine sur l’événement autour de DOC(K)S, ce soir nos Libr-brèves : Poésie action en Avignon, l’Autre Salon, NEXT Festival, Citéphilo, RV avec les éditions Contre-mur…

 

 â–º Véronique Bergen est nominée pour le prix Rossel 2014, suite à la publication de sa biofiction Marilyn, naissance année zéro (Al dante) – que nous venons de saluer cette semaine.

â–º Jusqu’au 26 novembre à Lille et environs, Citéphilo : "De quel droit ?" (programme : ici).

â–º Du 14 au 29 novembre 2014, sur la métropole lilloise : Next Festival.

â–º POÉSIE ACTION EN AVIGNON avec Al dante (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989)

novembre 13 @ 18 h 00 mindécembre 20 @ 19 h 00 min

Navigation de l’événement

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9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

— Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

— Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

— Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

— Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

— Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France
Site Web : http://www.poesieavignon.eu/

 

â–º L’Association L’Autre Livre vous offre, du 14 au 16 novembre 2014 à l’Espace Blancs Manteaux (48, rue Vieille du Temple 75014), la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens (entre autres, vous y retrouverez les éditions Al dante).

 

â–º Samedi 15 novembre 2014, 19H-21H, soirée proposée par les éditions Contre-mur, Librairie Le Lièvre de mars (21, rue des trois mages à Marseille) : lancement des inventifs posters signés Alain Cressan, Du jeu dans la lecture (version cartographiée) et Pierre Ménard, Les Accolades.

10 juin 2014

[Livres] Libr-kaléidoscope (4), par Fabrice Thumerel et Périne Pichon

Selon le principe de cette rubrique, revenons sur quatre intéressants livres reçus : Yannick Torlini, Nous avons marché ; Stéphane Nowak Papantoniou, GLÔÔSSE ; Bruno Edmond, Mahu ; Anne Versailles, Viola.

 

â–º Yannick TORLINI, Nous avons marché, Al dante, printemps 2014, 152 pages, 15 €, ISBN : 978-2-84761-775-7.

En leur temps, déjà : Baudelaire, Rimbaud, Michaux…

En ces temps d’assignation et de résignation, l’important est d’être ailleurs. Là-bas.
(Toute fuite n’est pas une échappée, et toute échappée n’est pas une fuite).

Hors de ses fameuses racines, de sa soi-disant identité. Hors de soi, de sa langue. Hors de son quotidien.

Être hors de soi pour aller vers. Et pour cela, faire sortir la langue de ses gonds : être dans la langue pour être en devenir.

Voici un exemple d’agencement répétitif, de bégaiement qui ouvre l’espace :

"Nous avons fui nous avons couru, lorsqu’il s’agissait de s’échapper échapper lorsqu’il s’agissait : quelque chose s’était bloqué s’était : désagrégé à la nuit s’était. Bien trop longtemps bien trop silence, dans l’os et la chair ces murs ces : jours bloqués passés à. Dans les barreaux les barbelés, les grilles les portes le métal et nos existences si bien cloisonnées" (p. 139). /FT/

 

â–º Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, GLÔÔSSE, éditions Al dante, Marseille, printemps 2014, 88 pages, 13 €, ISBN : 978-2-84761-768-9.

Quand les puissances d’argent viennent ruiner plus qu’un pays, une civilisation,
quand l’hostilité vient remplacer l’hospitalité,
quand le discours dominant vient contaminer la langue maternelle,
tout est-il perdu ? Que reste-t-il au poète ? La poésie comme puissance de déconditionnement, libération de la langue… Contre la glose économo-politico-médiatique, "la glossolalie langue coupante", une "langue dégelant la gelée", le coup de glotte de la résistance…

Mêlant narratif et discursif, visualité et oralité, document objectif et inventivité verbale, cette glôôsse qui cligne aussi bien du côté de Prigent que de Rabelais est une hurmouvante descente dans le labyrinthe grec et mondial qu’il faut découvrir de toute nécessité. /FT/

 

â–º Bruno EDMOND, Mahu, éditions DIABASE, La Riche (37), printemps 2014, 112 pages, 11 €, ISBN : 978-2-911438-96-7.

« Quand Mahu parle, Mahu crie. »

Mahu. Deux syllabes, presque deux onomatopées séparées par un souffle coupé: ce « h » entre deux voyelles. Des sons qui s’expulsent, comme un cri. « Mahu, c’est. » Un cri sans mots, oublieux du langage.

Le titre fait penser au diptyque de Robert Pinget : Mahu ou le matériau / Mahu reparle. Ici, le cri se substitue à la parole, malgré la reprise du « matériau ». Crier peut être l’expression d’un paroxysme autant que d’une perte ou du langage.

Chez Edmond Bruno, Mahu est un personnage frontière, un monstre dans sa marginalité. C’est pourquoi ses actes semblent suivre une loi déviante de la loi générale. Suivre Mahu, au-delà de la ville, dans la campagne, c’est considérer le monde à contre-courant. La langue et le langage deviennent alors un objet étranger, insolite, voire monstrueux :

« Ainsi, cachés, courbés, accrochés comme sangsues aux parois de nos gorges, des monstres habitent nos bouches.

Ainsi c’est donc avec et par un monstre que je parle, que tu parles. Parlons. » /PP/

 

â–º Anne VERSAILLES, Viola, éditions L’Arbre à paroles, Maison de la poésie d’Amay (Belgique), 2014, 10 €, ISBN : 9 782874 06774.

Dans Viola, la violence de la nature concurrence les hommes. Les paysages regardés sont principalement de sable et d’eau, la mer et la plage encerclant une maison vidée de son occupante. Impossible de marcher sur la mer, difficile d’avancer en un rythme constant sur le sable : ces deux forces sont instables, prêtes à envahir, à étouffer. Le plus effroyable étant que pas une ride ne défigure l’eau après l’engloutissement d’un cadavre, et que le sable d’une tempête retombe paisiblement en enfouissant ses victimes après le massacre.

Sur ce paysage, la narratrice se débat avec un fantôme, celui de sa sœur, la disparue de la maison face à la mer. Elle la raconte en l’interpellant, en la questionnant, et invoque une enfance pleine d’histoires aussi terribles que merveilleuses. Une relation sororale tempétueuse se reflète dans ce « tu » raconté par « je ». Pour ne pas se laisser engloutir par ses fantômes, la narratrice dit marcher par besoin. Marcher pour retrouver sa stabilité dans le sol, pour rythmer les phrases énoncées face au mot qui fait perdre pied :

« Je me souviens, j’avais besoin de marcher. Je suis sortie. Le jardin était trop petit, je suis allée dans la rue. Il n’y avait personne. J’ai ouvert l’enveloppe, déplié le papier. Il n’y avait qu’un mot. Un seul mot. Il m’a fait perdre pied. » /PP/

29 mai 2014

[News] SPÉCIALE Libr-événements

Pour terminer mai en beauté, plusieurs Libr-événements vous attendent demain à Marseille (Little Big Books Artist ; Nowak Papantoniou), Paris (autour d’Antoine Boute : Azam, Hubaut, Montessuis…) et Angoulême (Espitallier, Jallon, Pireyre…) : des manifestations et des écrivains de premier plan !

 

â–º Vendredi 30 mai – 17h00 / Présentation des Little Big Books Artist, Le Monde des Villes – Marseille

André Jolivet, Nadine Agostini, François Bladier, Julien Blaine, Frédérique Guetat-Liviani, Laura Vazquez.

Atelier Vis-à-vis
41 rue Clovis Hugues
13003 Marseille

â–º Vendredi 30 mai à 19H, MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille) : lecture-performance de Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, qui vient de publier GLÔÔSSE aux éditions Al dante (88 pages, 13 €), suivie d’une discussion avec Katerina Zisimou qui témoignera de la situation en Grèce.

Quand les puissances d’argent viennent ruiner plus qu’un pays, une civilisation,
quand l’hostilité vient remplacer l’hospitalité,
quand le discours dominant vient contaminer la langue maternelle,
tout est-il perdu ? Que reste-t-il au poète ? La poésie comme puissance de déconditionnement, libération de la langue… Contre la glose économo-politico-médiatique, "la glossolalie langue coupante", une "langue dégelant la gelée", le coup de glotte de la résistance…

Mêlant narratif et discursif, visualité et oralité, document objectif et inventivité verbale, cette glôôsse qui cligne aussi bien du côté de Prigent que de Rabelais est une hurmouvante descente dans le labyrinthe grec et mondial qu’il faut découvrir de toute nécessité. /FT/

â–º Vendredi 30 mai, GRANDE FÊTE DU POTENTIEL RIGOLO DE LA MORT pour la sortie du livre, LES MORTS RIGOLOS par Antoine, Victor & Lucas Boute (éd. Les Petits Matins) au MONTE-EN-L’AIR (2, rue de la mare, 75020 Paris) à partir de 18h30

avec

– ATELIER SUICIDE AU TRAMPOLINE, par Victor & Lucas Boute

– CONNEXION-TRANSE AVEC NOS AMIS LES MORTS, par Joachim Montessuis

– ALLO LES MARTIENS ? ICI L’INSPECTEUR PENNEQUIN, par Charles Pennequin

– ANDY FIERENS AIME LES ENFANTS, par Andy Fierens

– CONNANSKI CONNEXION, par Loïc Connanski

– EDITH AZAM VOUS PARLE, par Edith Azam

– COURTE PERFORMANCE POST-MORTEM, par Joël Hubaut

– EXAMEN DE PÂQUES, par Martine Doyen & Antoine Boute

– POTAGER EXPERIMENTAL VERSUS FECONDATION IN VITRO, par Ann De Gheest

– IL FAUT FAIRE DES ENFANTS !, par Ariane Bart

– EN AVANT POUR LA REVOLUTION DES ENTERREMENTS, par Antoine Boute

Dans Les Morts rigolos, on ne doute de rien : un type y raconte sa vie à partir d’une blague tout en révolutionnant les enterrements, tout en écrivant un thriller familial avec ses enfants (Victor, 7 ans, et Lucas, 5 ans), tout en se faisant plein de copines et copains clochards, pornolettristes, kamikazes, grossistes en pétrole, éco-féministes, cavaliers anarcho-autonomes, aviatrices, tout en théorisant l’écriture qui tue et en re-fécondant les rapports entre vie, farce, mort et enfance…

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

16 février 2014

[News] News du dimanche

Ce soir, un spécial Lucien SUEL, dont l’actualité est riche ; puis, nos Libr-événements : Novarina à la Maison de la poésie de Paris, Poésie Armée à Manifesten/al dante (Marseille) et soirée électro-acoustique à DATABAZ (Angoulême). De quoi attendre le printemps poétiquement…

 

Spécial Lucien SUEL

Deux nouveaux livres sortiront en librairie, le même jour, le 6 mars 2014 : « Le lapin mystique » un roman circulaire aux éditions de La Contre allée et « Je suis debout », anthologie poétique (1986-2013) à La Table Ronde. Soirée de présentation de ces deux ouvrages à Lille (voir ci-dessous).

Pour mémoire, deux autres livres sont sortis en 2013 : « L’avis des veaux » chez L’âne qui butine et « Flacons, flasques, fioles… » aux éditions Louise Bottu.

Toujours pour mémoire, les deux premiers romans « Mort d’un jardinier » et « La patience de Mauricette » sont disponibles en collection de poche (Folio-Gallimard) ; on retrouve Mauricette dans le roman « Blanche étincelle » publié début 2012 à La Table Ronde.

Deux autres projets en 2014, une édition de « Journaljardin » avec un tirage de tête rehaussé d’un dessin original de Josiane (éditions du Douayeul) et la publication des dessins de « La Limace à tête de chat » aux éditions du Téétras Magic.
Le cinquième roman « Rivière » commencé en résidence à la Maison Julien Gracq est en cours d’écriture.
Voici le calendrier des lectures publiques et des rencontres prévues en 2014 :

  • LILLE le 11 mars, à 19 h, à la librairie Le Bateau-Livre, 154, rue Gambetta, rencontre-lecture et signature à l’occasion de la parution simultanée de Je suis debout, une anthologie de poésie aux éditions de La Table Ronde et du roman Le Lapin mystique aux éditions de La Contre Allée. Soirée partagée avec Pascal Dessaint.

  • DOMREMY-LA-PUCELLE le 14 mars, à 18 h, au Centre d’Interprétation Johannique, lecture-rencontre dans le cadre du festival POEMA .

  • LILLE-HELLEMMES le 18 mars, à 12 h, à l’espace culturel du CE SNCF (attenant au restaurant d’entreprise du Technicentre d’Hellemmes), lecture-performance autour du livre « D’azur et d’acier » en compagnie du musicien improvisateur David Beausseron.

  • LA ROCHE SUR YON le 21 mars, participation au Printemps des poètes. Dans l’après-midi, rencontre avec une classe de lycée et à 19 h, apéro littéraire à la médiathèque Benjamin-Rabier (animation : Guénaël Boutouillet).

  • SAINT-JEAN-DE-MONTS le 22 mars, participation au Printemps des poètes. Dans l’après-midi, à 15 h 30, rencontre-lecture à la Médiathèque municipale (animation : Guénaël Boutouillet).

  • PARIS le 23 mars, Salon du Livre de Paris. De 13 h à 15 h, présence et signature de LS ("Le Lapin mystique", "D’azur et d’acier") sur le stand de La Contre allée (espace E94).

  • VANDŒUVRE-LES-NANCY du 28 au 30 mars, au CCAM, Scène Nationale, participation au festival POEMA . Le 30 mars, à 11h, lecture performée de L. Suel (suivie d’une lecture de Bernard Noël.)

  • LOMME le 13 avril, de 11 h à 12 h 30, à la médiathèque L’Odyssée, rencontre-témoignage autour de l’œuvre de Christophe Tarkos. Animation : association Formika.

  • BRUXELLES le 14 mai, à 19 h, 8ème festival Maelstrom, lecture à l’Amère à boire, 8, rue du Belvédère, 1050 Bruxelles. Entrée gratuite. (en compagnie e.a. de Frédérique Soumagne, Tom Nisse, Marc Perrin…)

  • VILLENEUVE SUR LOT du 16 au 18 mai, invité au Salon du Livre.

  • BARJOLS (ou BRIGNOLES) weekend du 31 mai / 1er juin, participation au festival "Les Eauditives" (association Plaine Page) (à préciser)

  • PIROU du 28 au 31 juillet, participation au festival PIROUESIE : Lecture-performance, récital Cheval 23, atelier d’écriture poétique, projection du film « Le jardin et le poète », (dates et horaires à préciser)

  • ROUEN du 26 au 28 septembre, participation au 4ème Festival « La poésie dans(e)la rue » organisée par l’association Détournements. Lectures-performées.

  • VANNES le 10 ou le 11 octobre, entre 14 h et 15 h 30, conférence à propos de Jack Kerouac, "Itinérance et poétique de l’espace" dans le cadre du Festival du haïku.

  • SAINT-OMER durant le mois de novembre, « Feuilles d’automne », une résidence sur le territoire à l’invitation de l’association « Saint-Omer en toutes lettres ».

     

Libr-événements

â–º Trois jours avec Valère NOVARINA à la Maison de la poésie Paris (Passage Molière : 157, rue St Martin 75003 Paris)

– Mardi 18 février – 19H30 : Lecture par Valère Novarina de L’envers de L’esprit et autres textes. Suivie de The animal of time, version américaine du Discours au animaux (par Chris Kayser).En savoir + : http://bit.ly/1ea5HTB

– Mercredi 19 février – 19H00 : Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire, portrait de Valère Novarina par Raphaël O’Byrne.
En savoir + : http://bit.ly/1aXtnti

– Mercredi 19 février – 20H30 : Stanislas Roquette – L’inquiétude de Valère Novarina.
En savoir + : http://bit.ly/1bseY4U

– Jeudi 20 février – 20H30 : André Marcon – Le discours au animaux de Valère Novarina.
En savoir + : http://bit.ly/1iCS7vy

Page du site sur les trois jours : http://bit.ly/1gwvokL

â–º  Mardi 18 février 2014 à 19H, MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille) : Poésie armée (Jérôme Bertin, Stéphane Nowak Papantoniou, Serge Pey et Jean-Marc Rouillan).

â–º Centre DATABAZ (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier), vendredi 21 février à 20H30 : # écritures sonores électro-acoustiques (Christian Eloy / Gaetan Gromer / Edgar Nicouleau)

Un soirée de concert pour découvrir les écritures sonores électro-acoustiques de trois musiciens/compositeurs, qui travaillent avec la matière sonore du réel, qu’ils agencent, sculptent, et expansent pour vous emmener vers de nouvelles perceptions du son et du monde ….

_ Edgar Nicouleau :
Compositeur, psychanalyste.
Conservatoire de Bordeaux dans les classes de composition électroacoustique où il obtiendra en 1994 et 1995 le premier prix dans chacune des deux disciplines.
Dès 1994, il travaille en collaboration avec l’IUT génie électrique de Bordeaux I pour la création d’un capteur de mouvements, interface entre la danse et la musique : le Mididanse. Il enseignera de 1996 à 1999, l’informatique musicale au département Musicologie de l’Université de Bordeaux III. Depuis 1999, il enseigne la composition électroacoustique au Conservatoire d’Angoulême. Depuis 2000, il est membre du SCRIME (Studio de Création et de Recherche Musicale), chercheur associé au LaBri (Laboratoire de Recherche en informatique) de l’Université de Bordeaux I.
Bien que très influencé par la musique concrète du XX siècle, Edgar Nicouleau compose aussi bien à partir de sons de la vie de tous les jours, que de séquences électroniques
élaborées avec des outils interactifs. Le sujet de ses pièces est souvent en lien avec la condition humaine, la violence, la sexualité, la vie psychique en général. Très attaché à l’orchestration et à la richesse des mélanges, sa musique se veut être d’abord une aventure sonore.

_ Christian Eloy
Christian Eloy est compositeur de musique contemporaine en musique instrumentale, musique électroacoustique, musique acousmatique.
Etudes de flûte traversière et d’écriture au Conservatoire d’Amiens puis au Conservatoire national supérieur de musique à Paris.
En 1978, il fait des rencontres décisives avec l’ethnomusicologie, la musique électroacoustique, Ivo Malec, Guy Reibel, le Groupe de recherches musicales et l’Ircam.
Il devient ensuite professeur de composition électroacoustique au Conservatoire de Bordeaux, animateur de l’atelier de musique électroacoustique assistée par ordinateur du Groupe de recherches musicales de l’INA et de l’ADAC Ville de Paris. Il est chargé de cours en musicologie dans les universités Bordeaux I et Bordeaux III.
Il préside l’association de compositeurs Octandre, qu’il a fondé en 1990. Il est le cofondateur et le directeur artistique du SCRIME (Studio de création et de recherche en informatique et musique électroacoustique) implanté dans l’université Bordeaux I.
Il a composé une soixantaine d’œuvres instrumentales, vocales, électroacoustiques, et pédagogiques (contes électroacoustiques et opéras pour enfants), dont plusieurs commandes d’état, de Radio France, et de l’INA. Christian Eloy a reçu plusieurs distinctions dont le prix de la Communauté européenne "Poésie et Musique" , le prix de la " Révolution électroacoustique", le prix "François de Roubaix" au Festival mondial de l’image d’Antibes. Ses musiques sont jouées dans de nombreux pays à travers le monde.

_ Gaëtan Gromer
Gaëtan Gromer mène conjointement une activité d’écriture musicale contemporaine pour la scène et l’image, la réalisation d’installations sonores et de performances où le live electronic lui permet de créer, en temps réel, de la musique à partir de diverses sources acoustiques instantanées (émissions de radio, bruits de l’environnement, paroles du public, instruments de musique, etc.).
Il assume, depuis 2009, la direction artistique du collectif de création musicale Les Ensembles 2.2 et a été recruté par l’université de Strasbourg pour assurer les cours de musique assistée par ordinateur.
Très attiré par l’interdisciplinarité, il multiplie les collaborations avec des artistes comme Maria La Ribot, Paul Hossfeld, Germain Roesz, Zahra Poonawala, Sylvie Villaume, Léo Henry, Stéphane Perger, etc.
Il est lauréat, avec Zahra Poonawala, du prix européen d’art numérique Imagina Atlantica à Angoulême en 2012. Il se produit régulièrement sur les scènes de sa ville d’origine, Strasbourg : le Maillon, Pôle Sud, la Cité de la Musique et de la Danse, le Palais de la Musique et des Congrès, les festivals Ososphère et Artefacts, etc. Mais aussi, entre autres, au MAMCO de Genève, à l’e-Werk de Freiburg, au CAC de Vilnius, au Fresnoy de Tourcoing, à Bruxelles, Gijon, Ourense, Paris, etc.

 

 

29 septembre 2013

[News] News du dimanche

Prometteur, ce mois d’octobre qui s’ouvre, avec notamment ces deux livres qui paraissent en librairie jeudi 3 : L’Enfant de Raymond Bellour (P.O.L) et Vladimir Pozner se souvient (Lux éditions). Côté Libr-événements : rencontre avec David Graeber sur la dette (Paris) ; la révélation Véronique Bergen à la Librairie L’Odeur du Temps (Marseille) et, avec Jean-Marc Rouillan, à Manifesten (nouveau lieu d’Al dante à Marseille) ; Jacques Jouet au Petit Palais (Paris) ; rencontre avec P-U Barranque et L. Jarfer sur Guy Debord à Bordeaux ; RV avec Jérôme Bertin et Stéphane Nowak Papantoniou à La Ciotat.

Plus que jamais, le nouveau LC entend sans exclusive (les talents ne s’expriment exclusivement ni dans les livres, ni sur internet) vous proposer et analyser des expériences d’écriture exigeantes, voire expérimentales, dans les domaines du numérique comme dans ceux des sciences humaines (écritures expérimentales transgénériques, littératures libres et critiques, philosophie, sociologie). /FT/

Livres de la semaine

â–º Raymond Bellour, L’Enfant, P.O.L, en librairie le 3 octobre 2013, 102 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-1948-1.

"L’enfant, le mot suffit."

problématique"L’enfant est frappé par la maladie d’enfance."

"Où l’enfant, qui l’enfant, pour se précipiter comme un insecte sur la nostalgie du vivant ?"

"L’enfant attire l’enfant. C’est sa loi d’être. Se vautrer dans une identité. Il se dévore d’intérieurs. L’enfant roule sa boule et lance tant de pseudopodes."

Créature improbable et paradoxale… mystique, fantastique, énigmatique, problématique… comme le poète, l’enfant vit dans les plis. Et Raymond Bellour – spécialiste de Michaux, de psychanalyse et cinéma – de déplier sa matière multicolore et illimitée.

 

â–º Vladimir Pozner se souvient, texte établi par André et Daniel Pozner, Lux éditions, en librairie le 3 octobre 2013, 256 pages, 18 €, ISBN : 978-2-89596-162-8.

Présentation éditoriale. Vladimir Pozner se souvient de sa mère et de Alexandre Blok, Brecht, Chklovski, J.-R. Bloch, Oppenheimer, Dashiell Hammett, Vsévolod Ivanov, Pasternak, Isaac Babel, Hanns Eisler, Chagall, Fernand Léger, Joris Ivens, Buñuel, Elsa Triolet, Chaplin, Picasso… chez Lux, l’éditeur qui a déjà remis sous les projecteurs Les Etats-Désunis de Pozner en 2009.
 
Romancier à Paris, poète en Russie, scénariste à Hollywood, grand reporter un peu partout, Vladimir Pozner a traversé le XXe siècle au gré des événements, des travaux et des jours. Il a connu des écrivains, des cinéastes, des peintres, des musiciens, des savants, des comédiens, qui ont instillé dans le monde une bonne part du génie de l’époque. A leur sujet, il n’écrivait guère, pas plus que sur lui-même. Puis un beau jour, il s’est mis à rédiger un livre sur quelques-uns des amis qui ont joué un rôle clé dans sa vie. Pour la plupart, vous les connaissez, les autres vous les découvrirez, ils sont du même tonneau. Avec la discrétion qui lui est coutumière et la magie des mots, Pozner les fait vivre sous nos yeux. Ce faisant, il trace un autoportrait qui ne ressemble à aucun autre.

Libr-événements

â–º Lundi 30 septembre 2013 à 19H, Maison de la Poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris). En finir avec la dette : rencontre-débat avec David Graeber, l’auteur de Dette : 5000 ans d’histoire.

â–º Mercredi 2 octobre 2013 à 18H, lecture de Véronique Bergen à la Librairie L’Odeur du Temps (35, rue Pavillon 13001 Marseille) : Edie. La Danse d’Icare. Ce livre est pour LC l’une des révélations de l’année.

« Je balance au magnéto que je suis la septième sur huit enfants, la pénultième, que cela fait plus de deux décennies que je cherche la position érotique dont je suis le fruit. Comment mon père prenait-il ma mère ce 20 juillet 1942 ? Suis-je le produit d’une banale copulation, d’un quick sex sur la plage ? Ai-je été conçue dans la classique position du missionnaire ? Je sais que je suis l’enfant de l’été, que le soir où le sperme psychotique de Fuzzy a fait bingo, les terres de Santa Barbara brûlaient… »

Véronique Bergen

Ce récit publié chez Al Dante en septembre 2013 raconte l’épopée, courte et dense, de la vie d’Edie Sedgwick, reine des nuits new-yorkaises et princesse de la Factory, connue comme égérie d’Andy Warhol, compagne de Bob Dylan et mannequin des magazines « Vogue » et « Life »… C’est également le roman en creux d’une Amérique malade et criminelle.

â–º Mercredi 2 octobre, de 13H à 14H30, Petit Palais (Avenue Winston Churchill 75008 Paris), dans le cadre des rencontres mensuelles au Petit Palais (« Entendez voir : la littérature est-elle soluble dans la télévision ? »), JACQUES JOUET propose et commente une sélection d’extraits d’archives consacrées à LOUIS ARAGON.

â–º MANIFESTEN, le nouveau lieu des éditions Al dante (comme ce lieu magique fonctionne selon le principe de la coopérative, vous pouvez envoyer vos dons : 59, rue Thiers 13001 Marseille).

Jeudi 3 octobre 2013 à 16H. Entretien avec Véronique Bergen à propos de l’ouvrage Le Corps glorieux de la Top-modèle aux Éditions Lignes

La mode a fait de l’inauthentique l’espace de ses expérimentations. Lorsqu’ils véhiculent les codes de la frivolité, créateurs et top-modèles le font en conscience, et se posent en sujets d’énonciation à part entière. L’examen du « phénomène de mode » fait apparaître la relation étroite qu’il entretient avec les motifs fondamentaux de la représentation occidentale : un platonisme « hétérodoxe » et une « inversion paradoxale de l’incarnation », entendue en son sens religieux.

Il n’y a pas d’objet qui ne se retourne sur son questionneur. Par cette volte-face, il révèle que, sous son étiquetage en catégorie d’objet, il dispose d’une puissance subjective. Ainsi en est-il de la mode. Quand la philosophie s’empare de phénomènes contemporains tels que la mode, le rock, les jeux vidéos, le porno, elle encourt le danger de devenir une sorte de pensée appliquée à des matériaux qui lui sont hétérogènes et de faire de ce sur quoi elle se penche un objet d’investigation qu’elle arraisonne sous ses schèmes. Ne pas limiter la mode à ce qu’elle donne à réfléchir, à conceptualiser à la philosophie revient à la questionner à partir de la façon dont elle se met en place et opère : activant des invariants symboliques qui nous interrogent en retour, la mode et plus spécifiquement les top-modèles redessinent le champ des pratiques sociales et des pensées.

Recueillir les énoncés que la mode produit, les croiser avec une mise en perspective philo­sophique, c’est garder à l’esprit qu’elle se pose à part entière comme sujet d’énonciation. Cette optique implique que la prégnance, la diffusion de la mode dans le tout du social, sa récente montée en puissance importe moins que ce qu’elle met en jeu au niveau de la pensée. D’autres ont montré combien elle est devenue une clé de voûte des sociétés contemporaines, comment ses principes organisateurs (le changement, l’éphémère, la séduction, le simulacre) régissent la vie collective moderne.

Est acté le fait que la mode n’est plus confinée dans la sphère de la parure, du stylisme mais qu’elle dicte une manière d’être au monde. Sa position de plaque tournante en tant que matrice du social a été reconnue et abondamment étudiée. Résultat ou revers, ombre portée de cette approche, les enjeux de pensée qu’elle performe et donne à voir ont été soit déniés, forclos, soit dédaignés et passés sous silence. Dégager en quoi elle rejoue, déplace, subvertit des schèmes fondateurs, c’est prendre acte des modalités par laquelle la pensée habite cet espace « fashion » qu’elle a trop longtemps pourfendu sous l’accusation de superficialité. Depuis Paul Valéry et sa réactivation deleuzienne, l’on sait désormais que « le plus profond, c’est la peau », ou, comme l’écrivait Hoffmansthal, qu’« il faut dissimuler la profondeur. Où ? À la surface ». Dans un croisé des feux, la mode irradie les topoï conceptuels qui sont les siens tandis que la philosophie s’y éclaire par ce détour. Sous la forme d’un paradoxe, un dispositif qui ne vit qu’à se déclasser – la mode étant cela même qui ne cesse de se démoder – gagne à se voir abordé sous l’angle de ses opérateurs transhistoriques, de ses invariants.

19H : Véronique Bergen (Edie. La Danse d’Icare) – Jean-Marc Rouillan (Le Tricard).

Où il sera question de censure de la mémoire politique
Où il sera question du réel et de la fiction
Où il sera question de la révolution
Où il sera question de tenir ensemble art et politique, artistes et ouvriers, pour une révolution possible .
Où il sera question de la "figure", en politique et dans la littérature
Où il sera question du lien entre fiction et processus révolutionnaire. Fiction et révolution. fiction et politique.
Où …

â–º Jeudi 3 octobre à 18H30, Machine à lire (8, place du Parlement à Bordeaux) : rencontre avec Pierre-Ulysse Barranque et Laurent Jarfer autour de l’ouvrage collectif dont ils ont dirigé la publication : In situs, Théorie, Spectacle et Cinéma chez Guy Debord et Raoul Vaneigem (Gruppen éditions).

â–º Dimanche 6 octobre 2013 à 12H : Jérôme Bertin et Stéphane Nowak Papantoniou (lectures & performances) au Cercle de la Renaissance (Bar de la Renaissance, 10 avenue du Maréchal Galliéni 13600 La Ciotat).

17 février 2013

[News] News du dimanche

Après être allé faire un tour du côté de chez P.O.L (avec notamment Edith Azam, Décembre m’a ciguë), on s’intéressera aux livres reçus (La Revanche de la pelouse, de Rosmarie Waldrop ; Ago d’Antoine Dufeu ; n° 8 de la revue Avant-poste). Parmi les Libr-événements : Séance qui vive et Soirée Al dante… De quoi attendre le printemps ! /FT/

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13 décembre 2012

[News] Hivernales littéraires (2)…

Les temps sont-ils à la fête (sinon à la fête du livre !) ? Fête de fin damnée avec PODROME, encore une manifestation al dantesque qu’il ne faut pas manquer à Marseille à partir de demain soir (Gruppo, Prexl, Nowak Papantoniou…). Pour la 7e fête du livre de Lille, Escales hivernales, ce sera ce week-end, avec du beau monde (Caligaris, Emaz, Pennequin, Quélen, Varetz…). Entre Marseille et Lille, ça chauffe…

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27 mai 2012

[News] News du dimanche

Fin mai-début juin, l’actualité est toujours des plus riches : après une UNE consacrée au dernier numéro de la doyenne ACTION POÉTIQUE, des Libr-événements à ne pas manquer : colloque V1RUS, rencontre avec Doppelt et Swensen, soirée Al dante, Vision’R à DATABAZ, soirée poético-érotique et 5e petit salon du livre politique.

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