Libr-critique

7 juillet 2019

[News – livres] Libr-vacance (1)

C’est le moment de tourner la page pour mieux ouvrir la plage estivale : nos Libr-brèves vous emmènent à Sète et La Ciotat, mais vous reconduisent aussi vers les posts de 2019 parmi les plus consultés jusqu’à présent… Et notre Libr-3 vous offre une première sélection commentée de livres (très) récents… De quoi vous plonger en Libr-vacance !

Libr-brèves

► Festival Voix vives à Sète : du 19 au 27 juillet 2019.

► Festival Tournez la Plage à La Ciotat, du 2 au 4 août 2019.

â–º Profitez de cette pause estivale pour (re)lire/voir/écouter les posts parmi les plus consultés en 2019 jusqu’à présent :

Hommage à P.O.L

Massera, guide de l’utilisateur (Grand entretien 2/2)

♦ Christophe Manon, Pâture de vent

Libr-News (Libr-10 + Libr-événements)

♦ Patrick Beurard-Valdoye, Flache d’Europe aimants garde-fous

Traces de langage : poésie numérique

News du dimanche (Prigent/TXT, Smith, Libr-10)

♦ Robert Menasse, La Capitale

♦ Laure Gauthier, Transpoems

Libr-3 /FT/

► CHEVILLARD Éric, L’Autofictif et les trois mousquetaires, éditions de L’arbre vengeur, janvier 2019, 216 pages, 15 €.

Éric Chevillard tient la cadence : depuis 2009, c’est le 11e volume de ce journal décalé ! Mais au fait, « Qui lit encore Éric Chevillard de vos jours ? » (p. 13)… Lequel « n’est pas passé loin » de la correctionnelle, c’est-à-dire du Goncourt 2018 : Éric Vuillard / Éric Chevillard… « Ã  quatre lettres près » (38) ! Trêve de plaisanterie, le risque est nul : « Mais si aucun de mes livres en trente ans n’a jamais seulement figuré dans la moindre des sélections préalables des jurys, n’est-ce pas parce que s’y affirme constitutivement leur franche incompatibilité avec ce système ? » (51).

Et donc, à lire pour s’aiguiser le regard sur notre monde (littéraire). Quelques saillies : « La littérature française est morte, répète à l’envi cet écrivain aigri qui doit donc à sa médiocrité d’être toujours vivant » (46) ; « Le rappeur est un général de guerre civile qui gueule ses ordres dans un porte-voix en se grattant le nombril sur la colline » (75) ; « Angot / Moix / l’angoix » (138) ; « Le mannequin n’est jamais qu’un jeune épouvantail » (180) ; « Certain féminisme tout en offuscations et susceptibilités n’est pourtant pas bien différent d’un voile intégral » (205)…

► CHIAMBRETTO Sonia, POLICES !, éditions de l’Arche, coll. « Des écrits pour la parole », février 2019, 96 pages, 15 €.

La bascule de nos démocraties dans des états répressifs est la preuve que nous vivons la phase ultime de nos sociétés ultralibérales : les forces qui détiennent le monopole de la violence légitime en usent de façon illégitime pour servir les intérêts d’une puissante oligarchie. D’où le retour de l’oppression policière, avec bavures, humiliations et rafles au faciès… Fashion list : « MATRAQUE TONFA / FLASH BALL / PISTOLET AUTOMATIQUE / TASER ÉLECTRIQUE / PINCETTES ET BOMBINETTES DE GAZ LACRYMOGÈNE / GRENADES DE DÉCENCERCLEMENT »… Des méfaits de la police aux bienfaits des polices de caractères… Un montage très critique !

► FERRAT Stéphanie, Côté ciel. Notes d’atelier, La Lettre volée, Bruxelles, février 2019, 60 pages, 14 €.

Pour l’auteure comme pour le lecteur, ces Notes, non pas pour aérer le regard – comme disait Mallarmé à la lecture de Maupassant – mais l’aiguiser : « L’atelier est un silence où se posent les yeux. […] Je vais par épuisements successifs : des formes, des gestes, des heures »â€¦ Selon Stéphanie Ferrat, l’artiste doit faire prévaloir l’invisible sur l’intelligible : « De moins en moins je fais confiance à la tête. De plus en plus au regard aveugle. […] Rien qui ne soit verbe, construction visible. Une partie du vrai se cache sous les mots. Dire est déjà perdre l’imprononçable. » De sorte que son métier consiste à « voir derrière les déchirures » : « Tout ce qui m’occupe est vision absente mais palpable. » D’où une écriture qui opère la tension entre dit et non-dit pour nous abîmer « côté ciel ».

21 avril 2019

[News] News du dimanche

Dimanche de Pâques oblige, NOSTRADAMUS vous parle…
Ce qui ne vous empêche pas de vous plonger dans notre sélection Libr-12…

UNE de Pâques : message de NOSTRADAMUS… /F. CUHEL/Joël HEIRMAN/

NOSTRADAMUS a dit :
Ce temple dédié à Notre-Dame, en cinq ans je le reconstruirai !
Pour ce temple j’amasserai l’argent des marchands
Je lèverai une armée d’alarmés…

Vive les riches car le Royaume de Notre-Dame est à eux !

L’État c’est vous donnez donnez donc !

Hosanna au plus haut des cieux !

Monumentum humanum est

Grâce aux fils et filles de pub glorieux !

Heureux les Bellz’âmes
à eux le paradis des ânes !

Et le temple du corps
social ?

– En trois jours
quasi
ment
grosso
modo
et trois p’tits tours…
je le

Libr-12 (début 2019) /FT/

â–º BOBILLOT Jean-Pierre, Prose des rats. Textes pour la lecture/aXion, Atelier de l’Agneau, St Quentin-de-Caplong, 2e édition revue & augmentée, 96 pages, 17 €.
[Le [Ra] dans tous ses états… Quel Rat-fût ! C’est « comm’ le Réel sans les fiXions »…]

â–º CABANNE Grégoire, Michel, Leïla (Lui, Elle, Toi), éditions MF, coll. « Inventions », 224 pages, 15 €.
[Variations pronominales jusqu’au pain noir/pain blanc du Poète…]

â–º CHEVILLARD Éric, L’Autofictif et les trois mousquetaires, éditions de L’arbre vengeur, 216 pages, 15 €.
[« Qui lit encore Éric Chevillard de vos jours ? » (p. 13)… Voici le 11e volume de ce journal décalé !]

â–º CHIAMBRETTO Sonia, POLICES !, éditions de l’Arche, coll. « Des écrits pour la parole », 96 pages, 15 €.
[Des méfaits de la police aux bienfaits des polices de caractères… Un montage très critique !]

► DONGUY Jacques, Chroniques de poésie numérique, Les Presses du réel, 122 pages, 14 €.
[Chroniques parues dans la revue CCP de 1999 à 2012, par celui qui a imposé le label « poésie numérique » après en avoir été le pionnier en France.]

â–º FERRAT Stéphanie, Côté ciel. Notes d’atelier, La Lettre volée, Bruxelles, 60 pages, 14 €.
[« L’atelier est un silence où se posent les yeux »…]

â–º L’Intranquille, Atelier de l’Agneau, n° 16, 90 pages, 17 €.
[Entretien avec Denis Ferdinande ; Blaine, Demarcq ; Herta Müller…]

► MARTIN-SCHERRER Thierry, Nous sommes presque réels, La Lettre volée, Bruxelles, 144 pages, 19 €.
[Correspondance entre Côme et Viviane, avec au centre Lettres à Poisson d’Or de Joë Bousquet.]

â–º Anne-Christine Royère dir., Michèle Métail. La Poésie en trois dimensions, Les Presses du réel/al dante « Ã©tudes », 448 pages, 30 €.
[Une somme essentielle sur une Å“uvre commencée il y a à peu près un demi-siècle : entre poésie sonore, concrète et oulipienne…]

► PRIGENT Christian, Poésie sur place, Les Presses du réel/al dante, 112 pages + CD, 15 €.
[« Lire des textes en public n’est pas déclamer la poésie mais l’effectuer sur place« . Le poète consacré fait le point sur sa poétique de la lecture dans un volume/CD qui regroupe quatorze créations datées de 1977 à 2018.]

► RILKE Rainer Maria, Poèmes nouveaux (deuxième partie), édition bilingue, traduction de Lionel-Édouard Martin, éditions Publie.net, 254 pages, 21,50 €.
[Des « poèmes de l’Å“il » dans la seule édition bilingue disponible actuellement : une trouée dans le sublime ! À défaut de conserver les rimes, la traduction propose des poèmes en décasyllabes et alexandrins – parfois au prix d’une certaine lourdeur, voire d’une encombrante artificialité.]

► TAÏEB Lucie, Peuplié, éditions Lanskine, 136 pages, 15 €.
[« Ma poésie s’est peupliée ? » Le peuple déplié dans un arbre à Paroles… Une histoire d’amour tragique aussi.]

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