Libr-critique

5 janvier 2010

[Manières de critiquer] Le roman contemporain : trajectoires et territoires

Après avoir obtenu l’accord de plusieurs auteurs, et en espérant susciter l’adhésion de nombreux critiques – qu’ils soient chercheurs, professeurs, écrivains ou autres –, Libr-critique poursuit en 2010 un work in progress sur le roman contemporain lancé en janvier dernier.

D’ores et déjà sont programmés dans les semaines à venir les articles d’Aurélien MARION ("Le Nihilisme au travail dans Nihil, inc. de Sylvain Courtoux, et son anéantissement"), Francis MARCOIN (sur La Patience de Mauricette, de Lucien SUEL – qui sera ce samedi 9 janvier, de 18H à 19H30, à la Bibliothèque Marguerite Audoux : 10, rue Portefoin 75003 Paris) et Fabrice THUMEREL ("Raymond Federman : La Fourrure de ma tante Rachel, ou l’autofiction parlée-dansée").

Ci-dessous, le projet tel que le présentent Francis Marcoin et Fabrice Thumerel.

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27 décembre 2009

[News] Libr-fêtes : coup d’oeil dans le rétro…

Au terme de cette quatrième année qui a totalisé plus de deux cents entrées (962 depuis la création du site) et attiré un bon millier de libr-lecteurs uniques par jour, nous tenons à vous remercier de votre attention et de votre réactivité – et renouvelons notre appel pour démarrer au mieux 2010 : sont les bienvenus vos commentaires, suggestions, informations et contributions diverses (chroniques, créations, articles de recherche, etc.). N’oubliez pas, une seule adresse : libr.critik@yahoo.fr. Au reste, vous trouverez ci-après un rappel : "Libr-critique, mode d’emploi".

Avant de franchir le cap vers la première décade du XXIe siècle, depuis le dimanche 29 novembre, en quatre livraisons, nous avons entamé une rubrique permettant de faire le point sur les œuvres qui nous ont marqués depuis 2007, et par là même de vous aider à ne pas passer à côté d’expériences inoubliables. Aux vingt-deux déjà recommandées (de Desportes, Ernaux, Franco ; Bouvet & Ladoire, Buraud, Doppelt, Jourde, Prigent, Raharimanana ; ouvrages sur les bibliothèques, le futurisme, Mathias Pérez ; Brosseau, Dickow, Dupuy, Favre), ajoutons-en dix autres, en plus de huit revues et maisons d’édition que vous gagnerez à fréquenter et soutiendrez par la même occasion.

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31 août 2009

[News] Libr-rentrée/Libr-vacance…

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" En des temps immémoriaux, chaque année dans l’ancienne patrie des arts, au moment où les arbres commençaient à perdre leurs feuilles et les écoliers à reprendre les leurs, les docteurs en lissetératicule et les émules en raclures jouissaient d’une véritable cure de jouvence… L’ambiance était alors à la cour de récréation, puis à celle des casinos et champs de course. Ce n’étaient que roues et roueries, jeux et enjeux, lazzis et confetti, concetti et paparazzi, paris et parures, parades et mascarades, masques et bergamasques… Faites vos jeux ! – Rien ne va plus…"

Ce POINT DE VUE DE SIRIUS ne peut que nous réjouir : ces temps étant révolus, notre Libr-rentrée sera Libr-vacance – vacance réflexive, vacance libératrice, vacance recréatrice…

Aussi trouvera-t-on ci-dessous un AVANT-PROGRAMME Libr-critiquement concocté : quelques-uns des livres reçus : Bodo de Jacques Jouet, La Patience de Mauricette de Lucien Suel, Le Bateau-Citerne de Willem Elsschot ; nos Pleins feux sur l’Exposition Ludovic Debeurme & Nosfell ; nos Libr-brèves (n° 58 de Chronicart ; "Internet et rémunération des auteurs").

Et si le virus de la libr-térature agit en vous, nous attendons vos propositions, suggestions et commentaires… Et si vous commenciez par répondre à notre enquête sur les nouvelles pratiques de lecture ? (voir à la fin) /FT/

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3 juin 2009

[News] Rencontres avec Lucien Suel

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L’Association Escales des Lettres nous signale trois rendez-vous importants avec Lucien Suel, dont on trouvera sur Libr-critique une interview, en plus de quelques articles critiques consacrés à son œuvre (de Philippe Boisnard, Francis Marcoin…).

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27 janvier 2009

[Manières de critiquer] Territoires du roman contemporain : Les Congés de Lucien Suel

   Cet article, qui porte sur Mort d’un jardinier (La Table Ronde, 2008) et plus généralement sur le territoire de Lucien Suel, inaugure la série intitulée "Le roman contemporain : territoires et trajectoires".

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8 janvier 2009

[Manières de critiquer] Le roman contemporain : trajectoires et territoires

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , , , — rédaction @ 8:23

Après avoir obtenu l’accord de plusieurs auteurs, et en espérant susciter l’adhésion de nombreux critiques – qu’ils soient chercheurs, professeurs, écrivains ou autres -, Libr-critique lance un work in progress sur le roman contemporain – projet que présentent ci-dessous Francis Marcoin et Fabrice Thumerel.

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14 décembre 2006

[News] L’hécatombe se poursuit !

Le Tiers-Livre de François Bon et Poezibao de Florence Trocmé l’annoncent, les éditions Farrago, ex-Fourbis, dirigées par Jean-Pierre Boyer et sa femme, viennent de déposer le bilan.

Tel que l’énonce François Bon, après Al Dante, la fin de Lignes, l’arrêt des diffusions Leo Scheer et donc la mise en danger aussi bien de maison d’édition comme Comp’act ou des revues comme Fusées, c’est encore une nouvelle triste qui touche le milieu des littératures contemporaines et engagées.
Mon souvenir de Farrago restera attaché, c’est évident à la découverte de Chloé Delaume, que certes je connaissais avant sa première publication, mais qui m’aura marqué notamment et surtout avec Le cri du sablier. Mais il y aura eu aussi, avant cela, la découverte de Michel Surya et de Olivet, découvert d’abord sur scène monté par Christophe Bident puis dans le texte lui-même.
Farrago explorait les langues, de Maïakovski et son Universel reportage à Josée Lapeyrère et sa Grammaire en Forêt, et savait éditorialement nous faire partager cette exploration avec des essais de très grande qualité.
Ce soir je suis un peu las face à ce tournant dans l’édition, tournant au sens où ce sont bien des maisons d’éditions indépendantes qui chutent ainsi, ou qui sont en difficulté, quelle que soit ensuite les promesses faites par des grands éditeurs [et si je peux me réjouir de la nouvelle collection poésie du Seuil à paraître en mars, car des amis sont concernés, reste que la cuisine dont on m’a parlé ce week-end et l’auto-promotion voilée de certains auteurs montrent la nécessité de maisons totalement indépendantes et dirigées surtout par des lecteurs et non des écrivains comme c’était le cas avec Al dante ou bien avec Farrago].
Certes heureusement de nouvelles éditions se montent, telle celle du dernier Télégramme dont je parlais ce matin dans ma chronique sur Lucien Suel, ou bien les éditions Ragage dont je parlais avant hier à partir de Virgile Novarina, ou bien encore Le quartanier à Montréal. Et d’autres se poursuivent comme les éditions è®e, ou bien les éditions Hermaphrodite qui m’éditent fin février 2007 Pan Cake.
Mais cela ne saurait me faire oublier à chaque fois la fin de celles qui disparaissent et qui m’ont donné tant de plaisirs en tant que lecteur.

5 décembre 2006

[Vlog] Georges Hassoméris (Généalogi-Z 2.1)

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S’est terminé le dimanche 26 novembre à Calais, le festival Le triange d'[N]or[d], organisé par l’association Trame-Ouest. Nous mettons en ligne progressivement, des extraits des lectures/performances qui ont eu lieu à Arras à l’hôtel de Guînes et à Calais à la Galerie des 4 coins. Pour la soirée d’Arras nous donnons les extraits dans l’ordre chronologique de passage, au sens, où une véritable ligne/dynamique de construction sonore s’est construite tout au long de cette soirée.

Dans l’ordre : Tibor Papp, Joël Hubaut, Georges Hassoméris et pour finir Michel Giroud.

Troisième extrait : Georges Hassoméris, art-thérapie et Ste Eulalie. Cette pièce est une montée crescendo de Georges Hassoméris. [durée 6 mn]

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4 décembre 2006

[revues] La revue Livraison

Malgré son ambiance plutôt morne et son ronron poussiéreux (triste absence de Al Dante, Boxon estropié, car Gilles Cabut était grippé et Georges Hassoméris absent, résurrection de Nioques cadavre plutôt fantomatique que phénix, nouvelles jeunes revues déjà vieilles et peu sexy…heureusement qu’il y avait la joyeuse folie d’un Franck doyen et de 22(M)dp, ainsi que l’enthousiasme de Giney Aime et d’Incidences), nous avons découvert lors du Salon des revues trois revues stimulantes, qui existent déjà depuis quelque temps mais mieux vaut les découvrir tard que jamais : MU, Action Restreinte et Livraison. Nous parlerons tout d’abord de cette dernière, publiée par Rhinocéros, dirigée par Nicolas Simonin, (qui dirige aussi la structure de diffusion R-diffusion), et plus particulièrement du dernier numéro, le n°7, coordonnée par Manuel Daull et Chloé Tercé.

Livraison, revue d’art contemporain, n’est pas une revue littéraire, mais une revue d’art et d’écritures, de très belle facture, couverture glacée, 190 pages, sans être un objet lourd, mais au contraire souple, à l’intérieur en couleur, au graphisme épuré, efficace, et tout est bilingue anglais-français. Chaque numéro de la revue est thématique, et ce numéro 7 parle de « bribes / ratures / fragments ».
« « Notre situation postmoderne est caractérisée par la fragmentation ».
On peut regretter la fin des certitudes produites par des grands récits, des identités stables, des formes totales. On peut aussi faire le pari inverse : lâcher les gros mots et les métathéories globales — parce qu’elles sont inadéquates — et utiliser les fragments comme lieux pour des bribes de sens, pour de modestes tentatives d’empêcher la reconstruction des tentations totalitaires. »
Voilà comment débute cette revue. En effet, pas de défense d’une théorie unifiée et unifiante ni d’une pratique, ni d’une école chez Livraison, mais véritablement exploration transmédia d’un thème et confrontation des différentes pratiques de créations actuelles. On retrouve donc à l’intérieur artistes plasticiens, architectes, écrivains, musiciens, graphistes, photographes, ainsi qu’une pluralité de pratiques et de créations. Chaque participant a peu de pages, les travaux sont assez courts, et semblent fonctionner comme des fragments, des traces des œuvres des participants. Malgré les différences importantes entre les médias utilisés et les réalisations, cette multiplicité de pratiques est pourtant très cohérente, le thème est exploré de toute part, jamais de façon démonstrative ou illustrative, mais bien problématique ; et il est intéressant de voir les convergences et les divergences sur le sujet entre les artistes. Le rapport aux médias est intéressant, car il y a un véritable brouillage des genres et des appartenances, la question ne se pose alors plus, et l’exploration de la thématique en sort renforcer. Des architectes font de la photo, des plasticiens de l’écriture, des écrivains des oeuvres visuelles…
Le thème donne donc lieu à des travaux d’écriture sans pour autant être strictement littéraires, et à des travaux plastiques qui questionnent l’écriture. Le texte de Frédéric Dumont, « Condensations pour n décimales de PI [fragment.1.] », est en fait plusieurs blocs de chiffres dans lesquels on distingue à l’intérieur des fragments de phrases. Langage émergeant de l’informulée abstraction, suite de nombres elle-même fragment d’une suite infinie, qui est pris dans ce magma numéraire, pour un faire un matériau poétique au même titre que les lettres. Questionnement du rapport entre structure du langage, de l’écriture et celle du monde, de l’espace, de la matière, que l’on retrouve dans son petit livre Monde. On pense alors au travail d’Espitallier dans son Théorème. Le texte de Manuel Daull, dans une veine/verve proche de celle de Pennequin dans la première partie, est très différent dans la seconde, il crée une déstructuration du prénom John (renvoyant à Steinbeck, Cassavetes, Cage…), par une fragmentation rythmique du texte, comme ayant subi un bug informatique ou ayant été scandé mécaniquement pour en faire une sorte de partition qui appellerait une expérience sonore.
On trouve ensuite encore deux autres textes qui puisent chez les poètes contemporains, celui d’Emmanuel Adely, qui fait un agenda de ses achats avec prix, dates, lieux, dans une logique très proche de celle de Anne-James Chaton, et celui de Jean-Louis Py, qui entoure et barre des phrases dans un texte préexistant, technique du cut bien connue, que pratique notamment de la même façon depuis longtemps Lucien Suel dans ses « poèmes express ». Hugo Pernet donne un texte sibyllin, seuls quelques mots et traits sur des pages d’autant plus blanches et silencieuses, travail énigmatique, qu’il faudrait développer pour en comprendre la cohérence. Seul le texte de Christophe Grossi, poème assez lyrique et narratif sur le corps, se détache des autres travaux littéraires par son classicisme.
Moins littéraires, et plus tournés vers l’interrogation de l’écriture, il y a le texte de Christophe Fourvel qui fait un « portrait de femme magnifique », celui de « Magdalena, dans la Dolce Vita », description romanesque de cette femme fascinante selon une formule assez facile, alors que le texte de Vivien Philizot, « Iconographie de Steven Seagal », lui aussi dans l’écart-rapport entre littérature et cinéma, est plus drôle et intéressant. Il y a aussi des fac similés de listes de courses de Hervé Roelants, ready made du quotidien, jolie visuellement, illustrant bien le thème, mais que dire d’autre ? et les écritures-dessins de Matthieu Messagier sur la notion de rature, sujet mieux exploré chez Charles Mazé, qui nous montre des extraits, des fragments de ses « exTraits », tracés produits par des machines qu’il a lui-même conçu pour produire des dessins aléatoires en grands formats, sorte de sismographies, presque musicale dans leur mouvement, qui semblent retranscrire de multiples vibrations ou intensités, on pense à Michaux mais à un Michaux mécanisé.
Pour les travaux plus plastiques ou autres, il faut souligner les « captures » de Toeplitz, partition pour ses créations sonores et chorégraphiques qui sont de véritables poèmes visuels, graphiques, dommage que les reproductions soient si petites. Ou encore la très belle suite photographique de Thierry Genin, qui a photographié toujours de la même façon les activités de jardinage sur son balcon de son voisin d’en face, durant toute une saison, ce qui produit une sorte de BD muette, mais dans laquelle on peut lire toute une histoire…

Ainsi, si les travaux littéraires ne sont pas très étonnants, ils n’en sont pas moins de qualité, et l’ensemble de la revue est vraiment très bien élaboré et intéressant ; les pratiques plastiques, littéraires, visuelles, se répondent, s’interrogent, et on en arrive presque à se dire qu’il y a plus de littérature dans certaines propositions plastiques ou visuelles que dans des travaux poétiques de certains revues littéraires.
Livraison est véritablement une revue transdisciplinaire, qui relie et confronte de façon très stimulante des travaux hétérogènes sans être dans la dispersion ou la juxtaposition, ou comment la différence et le fragmentaire crée néanmoins de la cohérence et du continu.

NB sur Rhinoceros :

En cette période de reconfiguration des structures éditoriales et des espaces de production artistique, il nous paraît intéressant de parler de la structure Rhinoceros, basée à Strasbourg, association artistique qui organise, met en relation, diffuse des travaux et pratiques d’arts contemporains, mais qui est aussi ouverte aux nouvelles écritures.
Leurs activités, qui ont débuté en 1996 par des expositions dans un atelier, sont l’organisation d’events, de rencontres, de conférence, d’expositions, mais aussi l’édition. Ils publient la revue Livraison, ainsi que des livres et ouvrages d’art, des catalogues réfléchis d’expositions, comme Trouée, perforations, laps de Dominique De Beir + Eric Suchère (2004), des badges créer par des artistes (projet PIN-UP~badges by artists). On peut noter chez eux ce souci de trouver pour chaque œuvre, objet, idée un vecteur spécifique de présentation, d’exposition, de diffusion et « de créer à chaque fois une économie nécessaire à [nos] actions » disent-ils dans un entretien pour le Matricule des Anges.
Comme il est écrit sur leur site, « il n’y a pas d’artistes labellisés rhinoceros, aucune écurie de galerie stable, pas de galerie d’artistes, juste une histoire de réactions en chaîne – que des praticiens ou des acteurs, ou des amateurs du monde de l’art, de passage en quelque sorte, dans un temps et une rencontre donnés. Il n’y a pas de définition possible de rhinoceros si ce n’est la liste des gens qui y participent d’une manière ou d’une autre de façon durable ou pas, même si l’on peut parler de structure d’art associative qui cherche à adapter constamment ses réflexions et ses supports d’apparition en fonction d’un propos – qui crée chaque fois l’économie nécessaire à ses actions autant que leur diffusion, une structure qui cherche à être d’utilité publique, je crois, indéfinie tout simplement »
Cette structure ouverte qui privilégie l’hétérogénéité des croisements à la défense d’une ligne nous semble intéressante ici car elle met en relation la littérature, avec d’autres formes d’écritures, plastiques, vidéos, etc… qui viennent des arts contemporains, et car elle réfléchit à l’économie particulière qu’il faut développer pour défendre de façon pertinente et efficace tel ou tel type d’objet dans l’état actuel

Nous parlerons aussi bientôt des éditions ère et PPT, qui nous semble être dans cette même dynamique de création et de réflexion sur la littérature/l’art, ses supports, et ses vecteurs de diffusion et de circulation.

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