Libr-critique

1 février 2018

[News] Libr-News

En ce début d’année dense, la mauvaise nouvelle est l’arrêt définitif des éditions Al dante… Des RV à ne pas manquer : à la Friche de Mai sur le travail ; à Calais avec Thierry Rat ; à Toulouse autour de la revue Babel heureuse ; à Nantes avec les éditions Publie.net

Édition : fin d’Al dante

Nous avons le regret de vous annoncer que les éditions Al Dante ont stoppé leurs activités au 1er janvier 2018. [Entretien avec Laurent Cauwet]

Dorénavant, la totalité du catalogue Aldantien – probablement le plus riche en matière d’écritures expérimentales ! – sera disponible aux Presses du réel (intégration en cours).

Vous pouvez continuer à vous procurer les livres sur le site des
éditions Al Dante jusqu’au 15 février 2018 (c’est même conseillé et désiré). –> http://al-dante.org/

Ensuite, le site sera fermé, et les Presses du réel prendront le relais. –> http://www.lespressesdureel.com/

Une collection Al Dante est créée au sein des Presses du réel, qui sera composée de trois sections :

– La section «Pli» (sous la responsabilité de Justin Delareux et de Jean-Marie Gleize) qui, plus que jamais, restera vigilante à la création poétique actuelle dans ce qu’elle a de plus pertinente en terme d’inventivité et de volonté critique.
[contact : ad.sectionpli@gmail.com]

– La section «Anthologie» (sous la responsabilité de Laurent Cauwet et de Julien Blaine) qui, de publication en publication, constituera une anthologie internationale de poésie contemporaine (les premiers volumes seront dédiés à la Palestine, au Maroc, à la communauté Mapuche et à la France).

– La section «Les Irréconciliables» où seront publiées des œuvres singulières oubliées, peu connues, inclassables ou considérées comme impubliables (parmi les premiers projets : Kurt Schwitters, Jacques Sivan, Sylvain Courtoux, Michel Crozatier).

Dans cette configuration, cette collection commencera son cycle éditorial en octobre 2018.

Mais d’ores et déjà, en préfiguration de cette collection Al Dante en construction, et parce que rien ne saurait s’arrêter jamais, trois ouvrages paraissent au mois de mars :

– "Terreur, saison 1" d’Éric Arlix (récit)
– "Ce que je n’ai pas dit à Bob Dylan" de Jalal El Hakmaoui (poésie traduit de l’arabe – Maroc – par l’auteur)
– "2017" de Julien Blaine (chronique poétique)

 Libr-événements

â–º TRAVAILLER / OEUVRER

avec Harun Farocki

Un programme conférences et tables rondes conçu et proposé par Alphabetville

En lien avec l’exposition Harun Farocki : « Empathie »

Sur une proposition de Alain Arnaudet. Commissariat : Antje Eihmann

Coproduction Friche Belle de Mai et Goethe Institut

Du 25 novembre 2017 au 18 mars 2018, à la Friche Belle de Mai à Marseille

 

Ce qui travaille, conférence de Bernard Stiegler, philosophe

Jeudi 1er février 2018 à 18h30, le Grand Plateau

Il y a quatre ans le MIT publiait une étude soutenant que 47% des emplois aux Etats-Unis pourraient être intégralement automatisés au cours des vingt prochaines années. Ces emplois ne sont automatisables que parce qu’ils sont dénués de tout travail – si l’on considère que travailler consiste à inscrire dans le monde une réalité nouvelle, fruit du génie humain. 
L’Anthropocène est une impasse qui a été provoquée par une prolétarisation généralisée détruisant le travail. L’avenir est le Néguanthropocène, qui reposera sur une économie mettant les automatismes au service de la désautomatisation, c’est-à-dire du génie humain – ceci sur la base d’une extension progressive de ce qu’Ars Indutrialis appelle le revenu contributif. Celui-ci s’inspire à la fois de l’organisation contributive du travail inventée par les producteurs de logiciel libre et du régime des intermittents du spectacle – qui sont des producteurs d’anti-entropie (ce que l’on appelle aussi la "culture).

Philosophe, auteur d’une trentaine d’ouvrages, Bernard Stiegler est président de l’association Ars Industrialis, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Georges Pompidou, professeur associé à l’Université de Technologie de Compiègne. Son travail analyse les systèmes techniques dans leur relation aux systèmes sociaux, économiques, politiques, culturels, dans la perspective d’un monde « non-inhumain ». Dernières publications : La société automatique I, L’avenir du travail (Fayard, 2015) ; L’emploi est mort, vive le travail, entretiens avec Ariel Kyrou (Les mille et une nuits, 2015) ; Dans la disruption, comment ne pas devenir fou ? (Les liens qui libèrent, 2016). A paraître : La société automatique II, L’avenir du savoir.

A venir

Table ronde Une économie des gestes

Jeudi 8 février à 18h30, le Petit Plateau

Avec Sylvie Boulanger, eRikm, plasticien et musicien, Pierre Parlant, écrivain et philosophe, Olivier Quintyn, philosophe et éditeur…

Plus d’informations : http://www.alphabetville.org/rubrique.php3?id_rubrique=65

Entrée libre sur réservation au 0495049595

Lieu :

Friche Belle de Mai

41, rue Jobin

13003 Marseille

www.lafriche.org

â–º Figures fragiles
Thierry Rat, février 2018 au Bar la BETTERAVE
(17, Rue Félix Cadras – Calais)
Vernissage vendredi 2 février 2018 à partir de 20h00
20h lecture de Thierry Rat sur une proposition sonore de Greg Bruchet & Frédéric Gregson. A l’occasion de l’exposition / lecture un livret est édité à 20 exemplaires contenant chacun un dessin original numéroté, daté et signé par l’artiste. Il est accompagné d’un DVD vidéo-poème intitulé "résurgence".

â–º Samedi 3 février à 18H30 :  Rencontre autour du numéro 2 de la revue Babel heureuse à la Librairie Ombres Blanches de Toulouse.

â–º Mercredi 7 février à 19H30 : Rencontre sur les éditions Publie.net au Lieu unique de Nantes (Quai Ferdinand Favre).

1 octobre 2017

[News] News du dimanche

On commencera par découvrir deux livres qui vont paraître en ce début octobre : Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome 2 (P.O.L) ; Stéphane Vanderhaeghe, À tous les airs (ritournelle) (Quidam). Nos Libr-brèves, ensuite : Gilbert Quélennec ; ActOral à Marseille ; Ivy writers ; Thierry Rat ; soirée Voyage organisée par Publie.net.

Bientôt en librairie… /Fabrice Thumerel/

â–º Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome 2, P.O.L, 256 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-4173-4.

Présentation éditoriale. Le tome I d’Histoire de la littérature récente tenait tout à la fois de l’essai, de l’enquête, du récit, forme hétérogène dans laquelle se mêlent, sur un mode léger et digressif, anecdotes, petites scènes romanesques et développements plus spéculatifs. Il s’agissait d’explorer l’idée reçue que la littérature disparaîtrait, en prenant, par exemple, au pied de la lettre les propos alarmistes de Philip Roth : Dans trente ans, sinon avant, il y aura autant de lecteurs de vraie littérature qu’il y a aujourd’hui d’amateurs de poésie en latin.

Le tome II explore un autre lieu commun récent : la littérature doit urgemment devenir un miroir du réel. C’est une injonction que l’on ne peut balayer d’un revers de main. Le narrateur décide de rendre sa tour d’ivoire transparente. Ce livre déchiffre les contradictions autour de cette affaire en utilisant la même méthode d’exploration zigzagante. Il peut aussi se lire comme un traité pratique de lecture et d’écriture, comme il est annoncé au dos du livre : cinq techniques pour réaliser un livre.
  « On veut les démêlés intégralement et dans le détail, une histoire qui nous redonne en relief les malentendus successifs et lumineux par lesquels passe toute personne à des moments X d’une société Y. On veut savoir à quoi ressemblent les idées en chair et en os ; quelle physionomie ont les dates de toutes les histoires, éprouver très vite la densité des sensations de quelqu’un en intégrale – ce qui nous donne à peu près F D (x) = f (x). On aimerait poser un point sur une carte, latitude, longitude ; suivre le cours en zigzag de notre volonté de savoir. On doit donc être à ras de terre et propulsé dans le ciel alternativement. »

Premières impressions. En voie de consécration, Cadiot se sollersise : à quoi bon les écritures expérimentales ? à quoi bon la lourdeur démonstrative des universitaires ? La légèreté, rien que la légèreté… et la subtilité. Un art de dire des petits riens qui en disent long… C’est plaisant. Dans l’air du temps. Gageons qu’une fois encore la presse en fera des gorges chaudes… Quelle meilleure définition de ce gros et pesant mot, "littérature", que celle-ci : "une reliure entre des feuilles d’êtres – cet écheveau de sensations, qui attire, crochète, soude tout ce qui vous arrive" (p. 224) ? Quant à la poésie : "Un truc de princesse et de dragon, la poésie, si on y réfléchit bien" (21)… Du grand art, on vous dit. Et parfois, on flirte avec le génie : vous voulez écrire ? Rien ne sert de verser dans les techniques habituelles… "Ce qu’il faut faire : brutaliser ses tentatives d’expression, leur faire rendre gorge, les greffer à d’autres de force, les halluciner, les déployer, les piquer, les infiltrer, ou, au contraire, inciser pour libérer leurs humeurs secrètes. Le but c’est qu’elles se vrillent et qu’elles puissent, guéries, changer de phrase en avançant – un lasso, une spirale en l’air" (194). Inspiré, non ?

â–º Stéphane Vanderhaeghe, À tous les airs (ritournelle), Quidam éditeur, 216 pages, 20 €, ISBN : 978-2-37491-064-2. [Lire un extrait]

Après ses impressionnants CharØgnards, le jeune écrivain retient la leçon gidienne en ne profitant pas de l’élan acquis : s’il continue de jouer avec les codes, cette fois ce sont ceux du roman policier et de tout personnage de fiction traditionnel… Vous attendent : humour noir de croque-mort, jeux typographiques, usage singulier des tirets… Une écriture jouissive !

Le jour du lancement, ce jeudi 5 octobre à 19H30 – le jour de ses 40 ans ! -, Stéphane Vanderhaeghe sera à la Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : en attendant, on lira la superbe chronique de Charybde deux

Libr-brèves

â–º Découvrez deux improvisations expérimentales de Gilbert Quélennec : ici.

â–º Dans le cadre du festival ActOral, lundi 2 octobre 2017 à 19H30, Cinéma Les Variétés (Marseille) : Florence Pazzottu, TRIVIAL POÈME (20 min)
Réalisation, image, son, montage et texte : Florence Pazzottu
Enregistrement en studio et mixage: Florent Fournier-Sicre (Studio Flopibo, Marseille)
Avec : le poète William Cliff et la voix de Nadine Chehadé

Comment conjoindre geste politique et écriture poétique ? Mieux, trouver forme et espace commun aux deux ? Beyrouth sera le lieu de cette expérience composée ici en film, ce que Florence Pazzottu nomme film-poème. Et d’opérer un mouvement dans la ville même, dont la (re)construction serait le signe de son effacement. Une ville traversée et restituée ici en fragments épars, alors que mots et textes viennent s’y glisser, s’y frotter.
Nicolas Feodoroff (FID Marseille)
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suivi de

Judith Cahen & Masayasu Eguchi
LE COEUR DU CONFLIT

Durée : 1h19

En français & japonais sous-titré
France, Japon, 2017 / Couleur et noir & blanc /Techniques
mixtes / Stéréo
Image : Masayasu Eguchi, Judith Cahen
Montage : Masayasu Eguchi // Son : Mikaël Barre
Avec : Judith Cahen, Masayasu Eguchi, Mélissa Barbaud, Kazuhiko Suzuki

(…) Elle la Française, lui le Japonais, couple et cinéastes, nous mènent dans un va-et-vient entre Paris, Fukushima et Hiroshima.
Sont convoqués, de digressions en rebonds inattendus, Duras aussi bien que parents, enfants, désirs et peurs. Le conflit du titre
se déplie en un mille-feuille, où interfèrent l’Histoire et la question de l’intime vers le politique, se confrontent le désir politique, le désir d’enfant et le désir de film (« faire
un enfant politique » suggère-t-elle), se contaminent les modes et les régimes d’images (journal filmé, documentaire, fiction). Nicolas Feodoroff (FID Marseille)

â–º Mardi 3 octobre Café du Pont Neuf, 19H30 (14, Quai du Louvre 75001 Paris)

WELCOME BACK IVY Writers Paris—Ivy vous invite à une soirée de lectures et de musique en anglais et en français pour vous souhaiter bonne rentrée 2017 avec
BREMNER DUTHIE (chanteur-performeur)
GEORGE VANCE (auteur-performeur)
Et, pour fêter la 4ème édition de la révue littéraire PARIS LIT UP :
JASON STONEKING (auteur et artist)
Et
DONALD TOURNIER (poète qui écrit en anglais et en français)

â–º Du 6 au 8 octobre, exposition Thierry RAT à Calais :

 

â–º Jeudi 26 octobre à 19H, Espace L’Autre Livre (13, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris) :

Rendez-vous pour une soirée de voyage et de poésie en compagnie de Jean-Yves Fick, Virginie Gautier et Fred Griot à la librairie L’autre LIVRE (rue de l’école polytechnique, Paris 5ème). Ensemble, autour d’un verre et de lectures dépaysantes nous vivrons un mois dans une cabane d’hiver, nous marcherons dans Londres en suivant le plan du Caire, nous suivrons le chemin. L’entrée est libre et les partages, recommandations, invitations appréciés !

Plus d’informations sur les livres à l’honneur ce soir-là :

https://www.publie.net/livre/il-y-a-le-chemin/
https://www.publie.net/livre/marcher-dans-londres-en-suivant-le-plan-du-caire-virginie-gautier/
https://www.publie.net/livre/cabane-dhiver-fred-griot/



8 mars 2015

[News] News du dimanche

Le programme jusque début avril étant des plus chargés, voici de nouvelles Libr-brèves : Prigent, Moussempès, Th. Rat, rencontres autour de larevue* et Place de la Sorbonne, Castanet sur Genet…

 

â–º Brèves sur Christian Prigent :

Commencement (1989), réimprimé par POL, est à nouveau disponible.
Sade au naturel (essai, 2014) et Une hérédité ravigotée (entretien, 2014) sont désormais consultables en ligne sur SILO c/° pol-editeur.

— Parution récente : réédition revue et augmentée de Berlin deux temps trois mouvements, Zulma, 1999.

 

â–º Brèves sur Sandra Moussempès :

– Le vendredi 20 mars 2015, lecture-rencontre à 19H30, librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris).

– Le jeudi 26 mars à 18H30, RV Librairie Ptyx (39, rue Lesbroussart à Ixelles – Belgique).

– Le dimanche 5 avril à 20H, RV sur France Culture, dans l’émission de S. Nalleau "Ça rime à quoi".

 

â–º Thierry Rat, "Décalage vers le rouge" / "L’ŒIL ENCLIN" / VERNISSAGE – EXPOSITION : vendredi 13 mars à 19H au Grand Bouillon (2ter rue du Moutier à Aubervilliers).

« Le décalage vers le rouge est un phénomène astronomique dans lequel on observe qu’un corps céleste, s’éloignant d’un champ gravitationnel, par exemple celui de la terre, voit la longueur d’onde de son spectre lumineux se « décaler » vers le rouge. Cela permet de calculer la distance qui nous sépare de cet objet.

En peinture, la surface travaillée cherche à se donner telle qu’elle est, tout autant dans son ensemble que dans ses variations ; là où l’écart des tons est décalage vers le rouge, différ(a)nt d’un rouge constant.

On ne parlera donc pas de « monochromie », mais de tentative d’approche d’un « presque rouge ».

Un décalé autant qu’un différé.

Il manque au rouge le rouge, un entre-rouges ; éléments colorés d’un tout à peine unifié, marqué par la touche du pinceau. C’est une touche simple faite de deux traits croisés, répétés linéairement de droite à gauche et de haut en bas, ligne après ligne.

Trame d’un fond où s’étale la peinture, traces juxtaposées de rouges et d’orangés mélangées directement à même la toile. »

 â–º Samedi 14 mars, 17H, rencontre autour de larevue* à l’Arthotèque de Caen : avec Bruno Fern, Typhaine Garnier et Ettore Labbate.

â–º Soirée de Place de la Sorbonne, à l’occasion de la sortie du n° 5 de la revue.

Ce sera le lundi 16 mars prochain à 19h, dans ce très beau lieu qu’est le Réfectoire des Cordeliers (15 rue de l’Ecole de Médecine, métro Odéon).
 
Beau "plateau" : 

Gabrielle Althen, Jean-Pierre Bobillot, Gale Burns, Emmanuel Moses, Valérie Rouzeau, Jean-Luc Steinmetz, Krizstina Toth.

 

Les œuvres du peintre Claude Thomasset, qui figurent dans cette livraison, seront projetées pendant les lectures.

 

â–º Pour la parution du dernier livre d’Hervé Castanet, Comprendre Genet, aux Éditions Max Milo, la Section Clinique et l’ACF-MAP s’associent au Théâtre du Petit Matin pour organiser une rencontre avec l’auteur, psychanalyste à Marseille, membre de l’Ecole de la Cause freudienne.

À cette occasion Nicole Yanni et Franck Dimech, tous deux acteurs et metteurs en scène, vous feront découvrir, par la lecture de morceaux choisis, un Genet comme vous ne l’avez peut-être jamais entendu: celui de « cette solitude [qui] à la fois sépare et ne sépare pas ». (p. 59)
La discussion sera animée par Elisabeth Pontier, psychanalyste à Marseille et membre de l’Ecole de la Cause freudienne.

La soirée se déroulera le samedi 21 mars à 20 h 30 au Théâtre du Petit Matin (67 A rue Ferrari à Marseille).
Vous pouvez dès à présent réserver vos places en envoyant un mail à section.genet.autpm@gmail.com

Renseignements : 06 75 19 80 26

23 octobre 2013

[Texte] Thierry Rat, Canal libéral [Libr-@ction – 11]

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Toujours en verve, Thierry Rat, pour sa deuxième contribution à Libr-@ction – qu’il a inaugurée [lire Libr-@ction 1] ! Reste à relayer/mettre en voix/partager…

 

Canal libéral

Libéral liberté anale de chier fée morale jambe bancale pisse pas mal par trou fécal artère d’arrière sale. N’est pas pâle qui empale bulbe papale à poil cardinal 0 coins carrés bestial libéral bulle rose des vents pue gland sorti du dedans des enfants du dortoir, voilà grand-père foutoir croque-mitaine signé bavoir, déambule aléatoire choisi crachoir 12 ans d’âge, appellation contrôlée par complices déjà essuyés. Cannibale libéral allez zo zoo voir bestiaux si t’as mal animal cage ton sort tourne en rond petit patapon à coup de bâton bergère règlera ton compte avant d’aller se faire foutre par pater ronron petit patapon morale pâte à patron sans vergogne ça cogne dans boîte à caca, fils de tulle dentelle abcès tisse ridules d’excitations pimentées émeraude fait danser séant turgescent lorsqu’il fleurira y aura des pommes et tout le monde en mangera sauf scélérats ratés du pâté dominical alléluia pour qui fait caca sans tracas patatras. Libéral mon amiral n’avale pas giclée rame sans faiblir vers terres libérales, patries corsaires des rois faussaires torche derche des forbans patentés, liberté chérie muse capitale l’état tas c’est ton dada l’état mine ta vitamine mettre à bas la vermine. Statue de lumière cœur des idées farces, dinde sidérante signale l’entrée du poussier, actions de graisses s’envolent à lipide city, in gode we trust bien fourré dans l’anal lustré, ça fait rêver torchon d’étoiles voie libérale du système salaire, circulez y a rien à voir prend ta part mon gaillard sinon crève au placard. Libéral canal ripe peau de banane gamelle patatras le chibre pensée du veiné dressé, caniche mumuse nonosse plastoche petits bonds saute-moutons condescendant l’escalier façon accordéon fête à neuneu du champ montent clameurs barbecue fanfare célèbrent nanar le briscard apothéose des névroses vite fait bien fait passe en caisse mon lascar. Hume la loque avachie de principes moraux vaches de taches meuglent au pré tendre pousse humus fertile des idées rectiles. Libéral trou de balle liberté des Huns crame steppe des autres avec application méthode et précision tout l’art du pyromane. Tout l’art du libéral.

2 juillet 2013

[Texte] Thierry Rat, Coud’pélican [Libr-@ction – 1]

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 20:00

Depuis sa fondation, Libr-critique a toujours voulu poser un cadre plastique à diverses formes d’écritures critiques, lancer/dynamiser des lignes de fuite… Le projet Libr-@ction s’inscrit dans cette perspective : à vous, Libr-@cteurs, de relayer à votre façon ce texte inventif de Thierry Rat

"Coud’pélican"… du sexuel au social : "faut qu’ça pète au final" !

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21 novembre 2012

[Texte] Thierry Rat, crevons l’imposture des fions…

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 19:57

Suite aux Libr-commentaires de l’actualité que Thierry Rat a bien voulu nous délivrer dimanche dernier, c ‘est avec plaisir que nous publions le décapant extrait de son prochain livre…

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18 novembre 2012

[News] News du dimanche

Sans ascenseur ni renvoi d’ascenseur, c’est assurément au Monte-en-l’Air que se déroule l’événement parisien de la semaine : notez bien la soirée Al dante de samedi prochain (revue Attaques ; Bernard Desportes, Jérôme Bertin, Amandine André et Oscarine Bosquet). Soirée mondaine ? Vous en jugerez après avoir lu notre UNE.

Vu "la grande bouffonnerie" (J. Bertin) de notre monde comme de notre monde littéraire, nous avons donné carte blanche à Thierry Rat – dont vous pourrez lire bientôt sur Libr-critique un extrait du prochain livre) – dans notre rubrique Libr-commentaire de l’actualité.
Autre Libr-événements de la quinzaine : rencontre avec Mathieu Larnaudie à St Brieuc et, à Paris, soirée des éditions Les Petits Matins et colloque à la Maison de la Poésie sur le poème en prose. /FT/

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16 novembre 2007

[Revue] GPU n°1 (Ground Power Unit)

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , , — Philippe Boisnard @ 9:41


GPU n°1, éditions INI, 96 p. // Prix : 14 €
[Commande : Association INI, 91 rue d’Aubagne, 13001 Marseille]

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1 octobre 2007

[Interview] rencontre avec Christophe Bruneel

christophe-bruneel.jpg Petit entretien dans l’atelier de Christophe Bruneel, à Courtrai en Belgique, une des deux oreilles des éditions l’Ane qui butine, qu’il dirige avec Anne Letoré. Faiseur d’objets étranges qui réinventent l’idée et les formes du livre, tailleur de cuirs, sculpteur de pages, poète, il nous parle de son travail d’éditeur, mais aussi de créateur. Nous vous conseillons particulièrement leur dernière collection, Pamphlets, petits livres cousus à la main, à 8 euros, dont la couverture est une linogravure originale de Christoph Bruneel, on retrouve des textes étonnants, de la poésie au manifeste, d’auteurs comme Charles Pennequin, Thierry Rat, Yann Kerninon, Lucien Buel, Jérôme Bertin, Antoine Boute …

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4 décembre 2006

[Texte] Thierry Rat, Crever vivant

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 13:24

Crever vivant
Voilà,
Je vas crever
comment je va vivre avec ça,
c’est assuré,
vivre c’est crevant,
vivre c’est crever devant,

c’est devant moi ce ça,
ce ça de vivre là,
se vivre en soi,
se crever dans le temps du vivant ça en soi,
c’est trop vivant en moi,
c’est du trop de vivant de vivre en ça,
qui fait crever à petit pas,
c’est du trop de vivre en avant de crever là,
c’est ce qu’on remet toujours à demain,
mais on crève tout le temps d’un rien,
c’est pas demain,
c’est maintenant à l’instant du vivre,
à l’instant même où l’on a pas fini de vivre,
où vivant on vit l’instant de crever,
où crever vivant c’est ça vivre en crevant,
on peut pas dire j’ai crevé,
parce que j’ai crevé c’est le mensonge en pire,
on ment tout le temps du vivre,
c’est pour ça qu’on est vivant.
On est vivant dans le mentir,
dans le sentir,
je sens mon vivant mensonge
un trou qui ronge,
un trou où vivre petit
parce que tout ridicule et amoindri
plus rien que ça reste que crever à point
vivre ainsi dans le manque et le moins,
voilà comment on crève
comment crever c’est,
un presque pas de pas très pas,
un jour on se lève,
on est avec des morts en tas,
des tas de morts en bas à l’arrêt
je ne veux pas partager ma table avec le morts,
je ne veux pas manger de restes avec les morts,
je ne veux pas boire de vin ni rien avec les morts,
je ne veux pas parler ou dire ou mentir avec les morts
je ne veux pas avoir à faire avec les morts,
c’est ça les morts sont toujours plus vivants,
car vivre c’est mourir en vivant,
je ne veux pas vivre et pas mourir,
je ne veux pas mourir de vivre,
je ne veux pas vivre avec les morts qui vivent en mort,
je ne veux pas vivre non plus avec la vie qui meurt,
avec la mort qui vie dans le vivant,
et les vivants sont pleins de morts,
je ne veux pas baiser avec la morte,
je ne veux pas m’étendre au près de la morte
je ne veux pas mettre mon doigts, ma queue ou bien ma langue dans le creux de la morte,
dans le corps froid de la morte,
je ne veux pas la toucher, la prendre ou l’enfiler,
je ne veux pas la sentir, embaumée, maquillée, et si peu habillée,
je ne veux pas voir les regards chauds des passants passer devant,
je ne veux pas la fourrer dedans sa bière,
je ne veux avoir à faire avec la morte,
dans le crever vivant où sont les morts,
partout où la vie se retire dans le mourant,
le mourir c’est dans le peu de vie,
le mourir c’est le jour qui s’ouvre sur les morts,
crevant vivant mourant du peu devant le mourant du peu d’envie de vie ,
de vie en dedans du carcan vide vidé du vent vivant,
vivant dedans,
crever c’est mort tout en dedans du plus vivant,
je prends la mort au port à quai en voile,
en berne,
gisant, grisant jusant c’est vague et vogue en plan et plis en plate étale,
remis dans le sac
ressac du mi qui vit vivant tout en mourant,
que dire,
que dalle du dire,
du dire à dire vivant,
je viens devant la scène et seul je vends la vie en paquet de viande si d’agonie j’accoste aux rives des morts qui collent aux pas,
aux pieds du sable,
je tire une ligne me trace me plisse et me replisse,
repli au fond du trou dans le sable à marée basse,
ou bien sous terre mais sans les morts
beaucoup de vivants sont des morts qui vivant vivent dedans la mort mais pas avec la vie qui meurt,
on s’emmerde en vie de merde dans l’extrait d’être en merde vivant chaud bouillant du vivant merdier du merdique poussier qui pousse au bout,
le bout est l’extrême chienlit,
nous sommes des morts des tous en mort,
on s’en crève médiocre et tout au bas,
la foule, la multitude, la masse, le commun l’ordinaire, l’uniforme
en forme
de cortège,
de groupe,
de couple,
contingentés, regroupés accouplés au ras toujours plus bas dans le plus petit dénominateur du commun,
on crève sans nom,
dans l’innommable
vivre c’est crever dans l’innommable, sans nom sans objet sans attributs,
nu et cru dans le cruel,
le cruel moment du moment cru, du pur présent d’être ainsi nu
la bête dans le vivant bête d’être en bête crue,
acharnement à crever la vie en bête au dedans du cruel
je vas parce que je vas c’est toi et moi et on,
on va crever,
comment on va vivre avec ça,
on va pas vivre, pas tout à fait vivre,
on va vivre à peu près dans le peu de vie,
le peu de vie qui nous vient en vie,
le peu c’est du ça,
du ça qui regarde le vivant se battre avec la vie,
du ça qui crevant se vide dans le vivant,
le vide par où tout est en fuite,
on crève avec la vie qui fuit,
on vide la vie par les fuites,
le fuyant crevant se vide et vie le ça de sa vie vide,
l’évident du crevant d’envie,
d’envie de vie,
plus de vie
plus de crève,
en un peu plus,
car de plus en plus vivre est l’évident,
est l’évidence dans l’imminent le proche en ad-venir crever,
je te vis
on se crève,
je s’évide
je te crève de vivre,
car de plus en plus vivre est l’évidement,
je te vis en crevant le vivre, je me crève de te vivre,
à la fois je crève en vie évidente,
à la fois je crève d’envie de vivre en vie,
au ça du ras du bas du reste en bas,
en manque de vie,
crever veut dire être en vie dans le trou du cul du monde,
non pas le lieu sordide où vivent les morts,
mais le lieu où la lumière se fait jour,
où le jour abouti nous livre à la nudité,
nu c’est vivre en manque et en pas grand chose,
en juste présent,
dans le moment de vie
de vie de bris et de débris,
et reste morceau du morceau même le même morceau de vie,
quand au bout on sait que l’on ne veux pas savoir,
on ne veut pas savoir comment ses choses sont entrées en nous,
comment elles sont pris place dans le nous,
comment le nous a pas pris la place,
comment le nous autres a pris la place du nous,
comment le mourir du nous autres est venu crever la vie du nous,
comment personne n’est personne quand le nous autres est un,
comment l’un et l’autre ne sont qu’un,
comment penser crever, crever c’est crever seul,
comment seul et seul s’est pensé en nous,
mais pas en autre,
comment nous autres n’est pas le nous,
personne et pas plus,
pas rien mais pas plus,
nous sans l’autre,
nous et l’autre,
juste et pas, et pas plus,
et est suffisant,
je te me
tu me moi,
je ne rien de toi
tu ne rien de moi,
je te vis et vivre est le vivant en nous,
et vivre n’est pas autrement,
autrement je va crever,
comment je va vivre avec ça,
nous autres et les morts nous ont le nous crever,
qui après nous vivrons,
mais sans les autres,
sans nous autres,
vivant au grand vent de la défaillance
de la béance, l’entre et le fendu,
le reste est le reste, et reste que crever,
si même qu’a même reste
du moindre pire ce qui porte le vivant,
bien au delà du vivre, parce que vivre reste,
je reste en vie,
Et t’en crève, étant crevé,
et crever veux dire on se lève ce matin avec de la viande froide et rouge
et bougre de honte d’avoir l’oeil ainsi plein de lumière,
étant donné le peu à faire d’avoir à faire avec le peu,
ça te colle au cul,
ça te tient toute la journée,
tu sais pas comment ça tient, même tenir ça veut dire quoi,
ça veut dire être là dans le présent de tous les autres présent,
ça veut dire tiens, je partage le temps des autres temps,
je ne suis plus mon propre temps,
je ne suis plus d’un temps propre,
je suis d’un autre propos,
je suis le propos d’un présent qui n’est pas le mien,
je suis dans le propos du commentateur,
de cet autre qui n’est lui même qu’un produit d’un autre propos,
je veux dire que ce qui m’appartient appartient aussi à ce commentateur,
il peut me consommer, il est quelque part sans y être, il sait que je suis là,
il s’adresse à moi, à mon présent, il est le propos de mon présent,
il fait de mon présent un espace de conquête,
il veut conquérir mon présent par son propos,
il veut que son propos fasse de mon présent son propos,
mais que propose t-il ?
que propose t-il à mon présent?
bien sur rien,
il n’a pas de proposition il est lui même sans propos,
il est lui même un présent sans propos,
il ne fait qu’occuper le temps de mon présent,
il n’est qu’un présent d’occupation,
je peux l’écouter, ce qu’il veut c’est occuper ma présence,
que je sois son propos que je lui adresse mon présent,
mon présent est son lieu d’être, si je ne lui offre pas il n’est pas,
si il n’est pas il crève,
il veut pas crever,
crever ça voudrait dire : ne plus occuper le lieu, ne plus conquérir d’espace,
n’être plus dans le présent, n’être plus un propos dans le présent,
or le commentateur à les moyens de ses conquêtes,
il est sans limites, sans souci
le manque n’est pas pour lui un temps d’exister,
il n’existe pas dans le manque,
il est la profusion,
il est l’incommensurable dépense,
rien ne lui est interdit ou enlevé tout lui est donné,
permis autorisé
voir obligé,
il est obligé, obligé d’occuper le présent tout comme le propos,
sinon il crève,
Je suis debout depuis peu en vaine violence,
je voudrais lui tordre le cou, le faire taire,
lui rendre son propos qui n’est pas le mien;
rendre tout cet appareillage subtile de captation du présent à néant,
pour pouvoir enfin crever dans mon propos, crever de mon propre propos,
faire de mon propos mon présent,
une vrai proposition, la mienne,
mais voilà qu’ici où la d’autres commentateurs ont d’autres propos
à profusion,
je veux dire maintenant,
je veux faire un tri, je veux m’opérer en ouvrier de mon propre tri,
je veux pouvoir me trier, me laisser, me foutre aux rebuts me débarrasser,
je veux être mon ouvrier dont le labeur est le tri,
je veux mes mains dans le travail du tri,
je veux m’opérer en ouvrier, pour m’ouvrir à l’oeuvre ouvrieuse,
je veux m’ouvrir mais pas me laisser ouvrir,
le commentateur est maintenant contre-maître,
il est dans l’ordonnance, il exige que le tri soit le fruit de son ordre,
son ordre est de mettre de l’ordre dans le tri,
son tri est obligé par d’autres,
il n’est que l’intermédiaire,
le chargé,
il est celui qui chargé, se doit de se décharger,
il veut que son fardeau soit le fardeau de tous,
sinon il crève,
je suis ouvrier depuis peu en vain tri,
je voudrais lui tordre le cou, le faire taire,
lui rendre son travail qui n’est pas le mien,
pouvoir enfin crever dans mon tri, crever dans mon propre tri,
faire de mon tri mon propos,
un vrai tri, le mien
Je suis presque pas, c’est à dire à partir de pas grand chose,
je suis parti à partir de ça, pas grand chose,
ma chose est ridicule jusqu’à l’insignifiance,
je la perçois dans son cerne flou, on peut dire qu’elle est diaphane,
un à peine halo cette chose,
indiscernable aux bords diffus,
mais elle est là dans mon présent, c’est ainsi qu’elle se présente à moi,
aussi flou, cernée légèrement d’un trait hésitant qui se refuse à se fermer,
en tout cas qui n’oblige pas un contour net,
me voilà donc en présence de cet épi-phénomène,
un petit lieu sans véritable consistance,
qui peut à tout moment tracer ses propres lignes de fuites,
elle n’est pas contenue car trop vague,
elle est si dérisoire qu’elle occupe très peu de place,
ce peu de place me suffit,
je peux simplement à l’intérieur d’elle m’étendre à l’infini,
elle n’a pas de nom, je ne lui en connais pas,
je ne lui en donne pas non plus,
je ne le la nomme pas, elle n’est pas nommable,
elle est l’innommable chose,
je ne l’appelle pas, elle est ça,
elle est ce c’est, ce ça, la chose et ça,
elle et elle même, rien d’autre,
elle est en présence de la présence,
je la qualifie, je ne la nomme pas,
elle n’a pas non plus de forme précise,
elle n’est pas formulable,
ce n’est pas une formule,
elle a un très peu d’existence,
et ce très peu est suffisant,
il est tout en puissance,
la puissance du peu,
étant sans limite et de peu, elle peut s’effectuer dans une puissance supérieur,
elle est la souplesse, elle est à l’infini, la délicatesse
dans l’infini des possibilités
elle est par là, juste qualifiable, non quantifiable,
je ne peux d’elle rien prélever ni dépenser,
par contre je peux en parler, quand parler de peu est la chose même,
elle n’est pas parole, tout juste une indicible voix,
un son, un bruit, un froissement d’air, un murmure,
voilà je la discerne à peine, et ne je peux faire plus,
quand d’autres choses ont un nom, ou si elle n’en ont pas elles en prenne un,
non plus dans un lieu indécis,
mais sur un territoire,
c’est à dire des bords nets et précis, cartographiables, limités et bornés,
elles conquièrent, elles ne s’ouvrent pas elles occupent,
elles prennent une place suffisante,
elles n’hésitent pas a annexer pour s’agrandir davantage,
je veux dire qu’elles peuvent s’étendre sans compter, hors de leurs limites
car se sont toujours des limites provisoires,
assignées par des tiers et fondées de pouvoir,
c’est par le pouvoir et dans la conquête qu’elles se nomment,
elles prennent le territoire tout entier que ce nom leur attribut,
le pouvoir de ces choses c’est leur nom propre,
le propre de leur nomination,
et le pouvoir est la force qui les fait exister dans leur nom propre,
elles ne cherchent pas la singularité,
puisqu’elles ont toute latitude pour absorber tout,
elles ne sont que dans l’excès et ne cherche que cela,
elles ne cherchent qu’à agrandir leur territoire,
elles n’ont pas d’autres solutions que de grossir,
de grossir une renommée et d’acquérir encore et encore d’avantage d’espace,
tout cela pour pouvoir dire et nommer,
tout nommer pour dire, dire veut dire,
pouvoir absolu de la parole
volonté de nommer pour contraindre le signe dans le sens,
le sens prend la vitesse du monde parlant,
de part et de partout la parole est dit,
ce qui est dit est dit dans la profusion,
la parole est vitesse et profusion,
brouhaha et multitudes
pouvoir et contre pouvoir et pouvoir quand même,
sens et contre-sens et non-sens par là même,
quand crever est un hurlement sans voix ni voie,
pas de salut, pas de rédemption pas de chemin,
le silence,
pour qu’enfin presque rien,
s’ouvre le jour à la lumière tendre,
pour que toutes voix se taisent sur la voie du dire,
être jeté là au bord de la voie,
sur le côté dans la ravine,
dans l’eau saumâtre du fossé,
entre ronciers et caillasses
dans la posture du crevé,
demeure ordinaire pour qui se défait,
se défait se débat dans des ébats de mourant,
suspendu par le peu de peau,
quand l’os n’est plus la bâtisse propre,
quand vivre est :
je vas crever,
dans la mort en œuvre
quand vivre est un vrac,
je vas crever
et la mort ouvre,
ouvre le temps du vivant,
ouvre et œuvre au vivant,
le temps du temps d’être dans le temps,
le temps qui ouvre l’Å“uvre au vivant,
la vie ouverte au temps du crever,
cela même qui se défait,
quand se défaire est composé avec la multitude du fuyant invisible,
ce qui ne se laisse qu’entrevoir par la pensée,
l’impossible dans l’inachèvement du possible,
penser dans le désoeuvrement le dénuement,
à partir de la commune fosse,
du bourbier et de la multitude sans singularité,
ainsi se meurt et ainsi crèvent les vivants,
au dessus de la vie, bien au delà du vivre;
que nous sachions,
nous autres,
nous autres contemporains alités
que nos lits sont d’étriqués dispensaires
où le soin de petits pansements suffit aux grandes plaies,
que l’anesthésie est source de maux de tête,
pauvres médiocres de l’invention spontanée,
quand penser veut dire rapport profit gain
plus la maladie est malade, plus les malades profitent,
plus les malades profitent
plus la pensée dé-pense,
voyage dans le désert curatif
pourvu que le désert soit spectacle,
n’importe quoi mais pas le vide,
pas le vide du désert mais le désert du vide,
les chambres sont stériles,
rien ne vie la dedans,
où juste une pureté des plus néfaste,
pas de fuyant invisible,
pas de murmure, de râles ou de plaintes,
l’extrême virginité du moment clos,
bannissement du vivant jusqu’à sa forme la plus élémentaire,
juste le bruit assourdissant de la vie stérile,
le bavardage de quelques spécialistes,
glosant l’éventualité d’une amputation,
théorisant sur la théorie même de l’amputation,
amputant toute théorie à la théorie même,
bavards dans le propre de la langue propre,
bavards bavant sur la plus plate des théories,
celle du langage pour le langage,
celle de la spéculation,
la langue est source d’incommensurables profits,
je vas crever et crever c’est ouvrir la langue sur la mort,
c’est mourir à même dans la langue même,
c’est la même langue pour dire mort s’ouvre au vivant,
s’ouvre au fini dans l’infini vivant
je me suis mis debout pour crever,
je me suis mis debout pour me faire crever au bout,
je me suis mis à crever debout,
debout au dessus du crever,
j’avais à crever debout,
j’avais à crever à la verticale,
à la verticale du crever,
au dessus,
jambes raides corps droit,
debout dans le crever je tenais la verticalité au bout de mes jambes,
dans cette tenue je me présentais debout,
exposais ma verticalité,
jambes raides corps droit,
un endroit précis,
non,
pas d’endroit précis pour crever,
je ne me présentais pas à l’endroit précis où crever était crevant,
je n’ai pas cherché l’endroit pour crever,
juste à l’endroit du bout,
de-bout,
je crève debout crevant du bout,
à l’extrémité du crever
Tu es dans mon vouloir crever
tu es je et tu es toi dans le crever vivant,
je dans toi autant toi dans je,
je toi, je te dis à toi
toi dis à je crever
toi tu dis je crève à toi
tu es toi dans le crever vivant,
tu es toi dans le vivant crever,
je suis toi dans toi,
je te parle de toi en toi,
je me parle en crevant de vie en toi
c’est crever vivant qui parle de toi,
c’est toi qui parle le crever de la langue
je te veux vouloir, tu me veux toi,
tu me veux vouloir crever le vivant de la langue,
je te veux vouloir entre toi, entre toi et je ton vouloir crever la langue crevée
toi en moi tu veux en moi être la langue crevée,
je suis toi crevé vivant,
je parle entre toi en moi,
à l’épuisement infini du crever en moi,
à l’infini l’épuisement de la langue crève en moi,
jusqu’au bout tu dis au bout de toi c’est crever,
tu est moi au bout de la langue crevée,
au bout de la langue parlée entre toi et moi,
je suis crevé dans ta mort,
ta mort dans ma mort tu es la langue mourante dans ma mort ta langue est la mort
et la mort crève en toi dans la parole qui sort par la langue crevée,
ma mort en toi n’est pas la mort,
c’est le crever de la langue qui meurt en moi,
c’est la parole de la mort qui sort de moi,
la parole crevée en toi,
la mort n’est pas la fin,
la fin n’est pas la fin le e finale de je suis crevé, n’est pas la fin en soi c’est la fin en tout,
en toute parole,
il n’y a pas de fin dans l’infini, l’infini n’est pas la fin,
la parole n’a pas de fin, la langue est la fin,
elle sort en fin,
elle peut dire fin,
mais elle ne peut pas finir,
pas finir en elle, pas crever d’elle,
elle est elle la fin dans le dehors d’elle
dans le vouloir en dehors d’elle d’être sans fin.
Pas crever pas et pas crever n’est pas crevant,
quand crever vivant,
n’est pas pas crever ou crever de pas,
de pas dans le vivant pas crever le pas,
creuser le pas, le creux et le pas,
le pas dans le creux,
le creux fait le pas du crever passant,
le vivant crevé du pas du passant pas,
pas celui qui ne passe pas,
celui qui passé creuse,
en pas un creux dans le creux du pas,
du passable, possible pas du passant,
qui passa son pas pas dans le creux,
le creux du cruel, le cruel dans le pas,
le cruel crevant le creux du pas,
le cruel et le pas en creux dans le réel,
le réel est pas à pas le crever passeur,
le passeur du moment du creux au passage du pas,
le réel sort le cruel du creux et passe au dessus,
efface les pas au passage pour pas que trace,
je vas crever,
comment je va vivre avec ça,
comment je vas faire pour aller,
pour aller là,
là où ça fait du bien d’aller,
je veux dire pas crever là,
je veux dire pas crever en crevant là,
je veux dire faire là avec la langue,
je veux dire pas crever avec la langue,
je veux dire aller avec la langue,
je veux dire aller crever avec la langue,
je veux dire à l’extrême reste,
rester au coin, coincé, crevé en reste
je veux dire fermé, dans son coin, un angle,
la main mise au sac dedans,
je veux dire cherche, la touche finale,
c’est fini, ça en reste là, tout près, au moment tout pris,
être pris en coin, coincé,
je veux dire t’en fais pas, pas à pas c’est cherché petit pas du pas à pas ridicule,
je veux dire paraître, par le trou mince,
mince crever, tu crèves toi,
tu t’es crever là,
tu cherches à crever là,
tu te trouves là où tu cherches à crever,
je veux dire t’es mince (l’angle ferme et coince),
mince à temps, crevé vivant dans l’angle
je veux dire ça ferme à l’heure,
à la l’heure précise,
ça dessine sa fin,
je veux dire c’est fermé, boucler l’angle dans son angle,
t’as pas ton reste, ton reste est crevé,
ton bout-bout pour te cacher dedans,
je veux dire pour crever vivant,
de derrière le dos au mur,
le mur est l’angle que l’angle fait au mur,
et toi là mine de rien, écrasé,
finement lamélisé,
je veux dire tu te rends compte,
petit rien du rien de puceau pinailleur,
je veux dire t’as queue blette et tes quêtes, quêtes de la désiré langue crevée
je veux dire t’étouffe se serre ta glotte,
je veux dire te taire et coudre tes dires,
t’en fait rien sortir du sonore au moment clos,
je veux dire ta gueule, la ferme en boucle autour,
t’as rien à en dire, t’as petit à petit bouclé tes pas autour et toi même et ton reste,
je veux dire ton reste est toi même,
je veux dire le peu si peu = peu sans peux = peu plus peux pas = peux-être = peux pas être = peux pas être peu pas = reste que crevé,
je veux dire peux boule en boule et faire boule et reboule et rouler et rouler en boule et agglomérer en glu,
réduit aux restes en rognures à l’angle,
tu restes mince dans l’angle,
je veux dire t’as pas trouvé l’angle,
t’as pas cherché dedans l’angle,
je veux dire t’as honte et rougi et l’angle te fait ton trou
te trou ton toi, te le cerne dans ton vivant,
je veux dire t’as rongé ton capital d’ossements,
tu te tiens plus,
plusieurs fois t’essaies de te tenir là,
je veux dire l’angle ouvert ouvre ta cage d’os,
tu te laisses tomber là, crevé dans l’angle
je veux dire l’angle ouvert, glissant maintenant sur la surface lisse et lent tu coules.
et lent tu coules et angle est l’axe autour duquel tu tournes
je veux dire ta tête vient à manquer roule et suit le long sillage, la trace reste, le passage étroit pour la tête
je veux dire au bout,
penses-tu penser tête écartée du quart d’être à l’autre extrémité,
je veux dire penser en dénouant le noeud formidable former à l’intérieur même du pensé,
penses-tu t’être enroulé et aussitôt la pensée s’échappe et se défait à l’extérieur,
je veux dire qu’en est-il au juste de penser le monde,
de prendre le monde dans la pensée dedans,
je veux dire le monde du dehors,
pas penser le monde et le monde te pense au moment de ta dissolution dans le dedans,
je vas crevé et crever veux dire,
que l’existence est une dépense,
que exister c’est dépenser,
je vas crevé et creuver veux dire
Je suis la mort,
je suis dans la mort,
dans l’attente de la mort,
dans le temps mort,
dans la mise en mort,
je suis mort dans le temps d’encore,
je suis tombé raide mort dans les cabinets le matin même de ma mort,
j’ai ouvert la boite d’où je tirais la mort,
elle dormait, elle était morte dans sa boite,
une boite de biscuits,
je me souviens exactement une boite métallique,
une boite qui contenait la mort et des biscuits,
des madeleines molles,
je l’ai ouverte aux cabinets,
je l’ai tiré de dedans sa boite, elle n’était rien,
pas plus que ça, rien,
j’ai pris ma mort morte,
ma propre mort raide dans sa boite aux cabinets dans le matin,
je me suis mis dans la mort.
Je me suis mal baisé en bandant pas, pas dans la mort,
la mort bande pas,
je bande pas dans la mort,
c’est trop délicat, ça tient à rien,
d’un bout presque pas,
je vas crevé et creuver veux dire
je suis dans mon vouloir dire je,
tu es je et tu es toi dans je,
je dans toi autant toi dans je,
je toi, je te dis à toi toi dis à je toi tu dis je à toi tu es toi dans je,
je, je suis toi dans toi,
je te parle de toi en toi, j
e me parle en toi, en toi c’est je qui parle de toi,
c’est toi qui parle le je,
je te veux vouloir, tu me veux toi,
tu me veux vouloir en toi,
je te veux en toi,
je te veux vouloir entre toi,
entre toi et je ton vouloir entre,
toi en moi tu veux en moi être moi,
je suis toi en moi,
je parle entre toi en moi,
à l’épuisement infini de toi en moi,
à l’infini l’épuisement de la parole puise du moi en toi, jusqu’au bout tu dis au bout de toi,
tu est moi au bout de toi,
au bout de la parole prononcer entre toi et moi,
je suis mort dans ta mort,
ta mort dans ma mort tu es la mort mourante dans ma mort ta mort est la mort et la mort meurt en toi dans la parole qui sort de la mort,
ma mort en toi n’est pas la mort,
c’est la mort en moi qui meurt en moi,
c’est je vas crever et crever est la parole en mort qui sort de moi,
la parole morte en toi,
la mort n’est pas la fin,
la fin n’est pas la fin le e finale n’est pas la fin en soi
la fin finale est le e muet se prononce en fin en fin de e,
c’est la fin en tout,
en toute parole muette,
il n’y a pas de fin dans l’infini,
l’infini n’est pas la fin,
la parole n’a pas de fin,
la parole est la fin,
elle sort en fin,
elle peut dire fin,
mais elle ne peut pas finir,
pas finir en elle,
elle est elle la fin dans le dehors d’elle dans le vouloir en dehors d’elle d’être sans fin.

27 novembre 2006

[Vlog] Lecture de Tibor Papp (Généalogi-Z 2.1)

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , , , , — rédaction @ 9:21

S’est terminé, hier soir dimanche 26 novembre à Calais, le festival Le triange d'[N]or[d], organisé par l’association Trame-Ouest. Nous allons mettre en ligne progressivement, des extraits des lectures/performances qui ont eu lieu à Arras à l’hôtel de Guînes et à Calais à la Galerie des 4 coins. Pour la soirée d’Arras nous donnons les extraits dans l’ordre chronologique de passage, au sens, où une véritable ligne/dynamique de construction sonore s’est construite tout au long de cette soirée.
Dans l’ordre : Tibor Papp, Joël Hubaut, Georges Hassoméris et pour finir Michel Giroud.
Premier extrait : Tibor Papp, Tche.

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23 novembre 2006

[NEWS] Festival Le triangle d'[N]or[d] : Dunkerque-Arras-Calais

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , , — rédaction @ 4:56

L’association Trame-Ouest, avant une reconfiguration qui devrait avoir lieu en 2007 (dont on vous reparlera), organise un événement qui regroupe les deux festivals qui les intervenants ont changéavaient lieu tous les deux ans : Généalogi-Z 2.1 et Terminal X-périenZ 3.0. Ces deux festivals sont coorganisés cette année avec l’aide de Thierry Rat qui rejoint Trame-Ouest et d’autre part Jacques Donguy, qui fut à l’initiative en 2002 de Terminal X-périenZ avec Philippe Boisnard.
Généalogi-Z est une mise en lumière de lignes généalogiques de la poésie dite expérimentale, la première soirée eu lieu en 2001, pour ceux qui furent invités, soirée inoubliable, 19 poètes invités de Heidsieck à Charles Mézence-Briseul. Généalogi-Z 2.0 eut lieu en décembre 2005 avec Akenaton, Jean-Michel Espitallier, Jacques Sivan, Vannina Maestri, Christian Prigent, Jacques Demarcq, Philippe Becq, Jean-Pierre Verheggen. Terminal X-périenZ est une mise en lumière de la liaison entre poésie et nouvelles technologies.

Programme :
Monstr’action#1 : le 24 novembre [entrée 1€50]
Dunkerque, le LAAC, Jardin des sculptures
Michel Giroud, Georges Hassoméris, Tibor Papp.
Monstr’action#2 : le 25 novembre [entrée gratuite]
Arras, Hôtel de Guînes, 2, rue des jongleurs
Michel Giroud, Georges Hassoméris, Joël Hubaut, Tibor Papp.
/>Monstr’action#3 : le 26 novembre [entrée gratuite]
Calais, Galerie des 4 coins, 26 rue des 4 coins
Jacques Donguy, Etienne Brunet, Thierry Rat, Mickaël Pesin + projections de vidéo-poésies.

Cette manifestation est organisée avec le soutien de la DRAC Nord/Pas-de-Calais; du Conseil Régional du Nord/Pas-de-Calais; de la Mairie d’Arras, du LAAC de Dunkerque, de la Galerie des 4 coins de Calais.

4 novembre 2006

[audio] Thierry Rat 7 mn [lire en fête 2006]

Filed under: audiocast poétique,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 9:24

>> [Lecture de Thierry Rat 7 mn. Cette lecture a eu lieu dans le cadre de Lire en fête et des 10 ans de Fusées, organisé à Arras, à l’office culturel, par l’association Trame-Ouest. Cette soirée a été permise grâce au soutien du CNL, de la DRAC Nord/Pas-de-Calais, du Conseil régional du Nord/Pas-de-Calais et de la mairie d’Arras.]

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20 septembre 2006

[video] Thierry Rat : NEEN

Filed under: videopodcast — Étiquettes : , , — rédaction @ 17:14

Thierry Rat, qui a déjà participé au site Libr-critique.com par son texte Sloap, n’est pas seulement écrivain, mais il est aussi plasticien. Son travail s’élabore à travers la réappropriation esthétique du trou de soi, du trou de chair que nous sommes tous en nous-mêmes, en tant que noeud de sang, trames, tissus. Ce travail, qui l’a mené à des expositions/installations de ses oeuvres se développent aussi dans un travail vidéo et en performance. Nous présentons ici une vidéo-poésie, où il exprime cette intensité nouante de l’être, immergée du rouge de l’existence [durée 3’51 mn]

voir :

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9 octobre 2005

À propos de Charles Pennequin, par Thierry Rat

Filed under: chroniques — Étiquettes : , , , — rédaction @ 22:05

A propos de Charles Pennequin

Thierry Rat


Sa poésie sort par sa parole, sa parole est dans la poésie, elle ne fait pas poésie, elle ne dit pas la poésie, elle est dans la poésie et sort de la poésie par sa parole, ce n’est pas un flux tendu, c’est une parole qui revient qui ne cesse de revenir à l’infini, sa poésie est le lieu même du fini qui n’en finit pas de finir, elle est l’expansion à l’intérieur de sa propre finitude, et n’en finit pas de s’expanser ou de s’ex-penser, c’est une poésie pensée du dedans qui s’ouvre au dehors par et dans la parole, par l’interstice qui peut être la bouche mais aussi le corps, un corps entre-fendu par où passe et repasse la parole, la parole qui est l’ouverture par où la poésie s’ex-porte, se présente, elle est le présent du moment où elle se donne, elle ne donne pas à entendre, elle se donne, parce qu’elle est à cet instant hors de lui, elle n’est plus le poète disant, elle est le dit qui s’ouvre et en s’ouvrant ce dit, se donne à l’autre, elle est désir de la parole concédée à l’autre.

9 avril 2005

[Texte] Sloap de Thierry Rat

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 6:34

Je traficotte du plosiplotte c’est ma marotte ma petite cagnote, je gnaude la ragnousse, j’enfreliquotte le fumi parlotte l’aristote pet au l’aimé douce la rustre parlotte pi de l’air à la circonvolution des expérimentes mathematèque circonvoluférence du carnage, l’horripile misère de mon chien cervotte, le pique agneau dans le champ du loup, j’ordoi à mon boutecul cervimal la criminal dégoupillure du salpêtre à péter les interstices cognitifs, caquemelon le gros citron tout marron du pousse caillou, laramème la foutue gangrène la jacte en pisse morue, lululu la lululle fouette du crache casquette, le mic et mac deux dit cons les deux mitrons du savon ça ta la glisse légère sur se genre de partition, sonne ta creuse fosse à calancher du bas ventre j’endébinafond le fou du rose cueille bonbon ma douce Lili du litron qu’a la langue en clapotte, surliche l’oripon du vieux carafon dans lépi foutre du centre jouir, ca baudoit tout l’ausditoire des biteurs, ça remue du cul le barouf, ça étouffe la carne à bouffe, faut-y tant tant en chier qu’échier l’astiquelle pour appâter la dorue s’avère un manque de glaire car savant trop prospère quand caquette à can nul le propos d’a rien dit de pas plus, qu’ai qu’ai donc que que me, l’ordinaire mal casqué avorton d’utérus en débâcle, le sauvage audomite l’orientifice à cracanuller sa pétoire du derrière pur que misère du ministère l’enfiloche de son bas coptère l’hélice coïtale en pleine gesticulation, j’ababine la tire bouche j’enclume aussi sans cent fonds, en ton, din-don din-don résonne au si bon qu’oup-oup la touche vas piner en couche varapiste grimpe en glotte c’est du débafond qui gripotte ça grippe en grappe dum-dum balle à jupe qui dessous de sous-sous ça cartonne à chatte enbranle j’y tend glisse une langue glapissante une farfouille à mouille, lustrant bourlement de bourrelets suc en miel, bénissant plis sur plis que se déplisse l’orifice, lape-lape le laps l’entre et crisse en cru la cuisse carne fibreuse, à poil poil devant trique l’ami bistre lebrelant fredulant la comptine du bien dru dédranbulle du bine, s’acclimate illcico au devenir dedans chaud l’humide tout gluant jouir t’en mouille, va que va que va que vient que fait que va qu’a va vient, si vient va que vite, vite vite batte à vite bite t’abat la défouille, vit se vide fouraille le déglu dans la brûlée contrite en ramellade pla-pla, fait prière de répissance en lachant tardif un cloaque jet de trop plein istrifoutre le branle canon du couilleur l’infant d’infanterie traîne sacoche trotte en bottes la cadence ça dépense du tripoux dans la plaine à midi, sapeur slipant slop la canarde en charpies de charogne encriblée, que jute jute le juteux sabre à l’arrache tête bout de quinquin zoreilles mamelons, taille au gris le restant en cadence du débris, que bris en, en bris s’entassent les carcasses sur le billot carnifère, c’est l’air gris l’empesture de fumure qu’usines encheminent vers le dard dard ciel la dernière vapeur, petit tu verras qu’istrifoutre est ici est la contrée du maître étalon des poussières, bientôt conduit sentinelles en cadence vers la chambre à joué la départition du violonneur infâme, fermente les humeurs déjà suffocantes que brûlent poumons encore frêles, petit ramasse en pleine ivre d’encore vivre, l’infamie militaire des vicéreaux déboyauteurs industrieux du capital misère, l’étendue salace des camps cancéreux du poussier merdif où même rien ne se déplace qu’os craqués, broyés, je décarambouille dans ma melade cervélitude, J’endécabosse mon cul bosselé tordu vieux foireux de proéminence de tubercules à la surface encore lisse il y a peu, j’endécarabosse sa mal bosse saillante à coups de pipeaux de marteau, sa défaillance de formules asymétriques, son anémique anneau taillé à coups de pioches, de tournevis dans l’orifice, J’enfonce mon dire dans mon trou à rat, c’est mon tant d’en dire, d’en dire tant et si bien que j’enfonce tout ce que j’ai à dire dans mon trou à rat dire, j’enfonce mon rat dans mon trou à dire rat, je défonce le trou de mon trou à rat, je m’enfonce le trou à rat dans le trou de mon rat, je me défonce le trou avec le trou de mon trou de rat,je rat mon trou de rat dans l’enfonce de mon rat, j’endérafonce mon trat detouerat de ratrou dans le grugru pus de gras-ta-ta-tiné j’endétrourafonce mon rat-tata-tiné-a-trou dans le trou-na-ra-pue-du-grugru-dire, j’endétrouragrugrufonce mon dire-rat-tata-tiné dans mon trou-gras-trou-rat-gurgité, j’emmerde a fond les rats defonces dératatiné du dire a trourafond de mon ratcul tout cuit, ratamerde du fond diraton et saperliponpon que te fourre en boucle la honte qu’ici rouge peine à plus, qu’istrifoutre en pleine jaculation j’entroufonce et déramolle mon cervicole, la raie du fion en plume à jouir, débourré docile dans le manège tourne en rond, licol au travers du déglutoir, fermes ton sifflet de cancanon, vas civière allonge ton cimetière en pleine pousse à terre, racle ta merdenflure ta merde en raclure fond d’histoire en merde à fumure, l’enzyme du fume fumier enviander en grasse tache dans le maigre en manque, c’est un rien de restins de pacotilles en bout à vie, faut viandivivre i l’intestin l’interminable destin du vas au tas, l’enfumure le vrai fumant à l’humus, comment tu vas d’où tu viens tu viens-tu du fond de cul de merdaillon, t’acclimates ton cloaque aux orties du torche fion, un rien de rien de rognon de rien, une pistelle rien quand gicle un larmoyon collé au Rimmel, pesticule du claté pince et s’évercule à la surface maraude du glaçon, ti ti suces ti la surface toute lise et reflets, j’ai les nerfs en clavette je pèse la doulourante souffreuse du queue d’être en vie au bout tuméfié rouge de glaire, l’extrême intensité du devenir gland, la honte drue que cinq doigts pas un de plus asticottent en frémissures jusqu’à istrifoutre blanc opalescent de trois à quatre millilitre pas un de plus, éjectés en trois saccades pas une de plus sur l’anthologie des poètes de langue française trois cent cinquante sept pages pas une de plus, puis torché l’histrion dans le velours du quatrième de couv, la moderne alitée c’est couchée au milieu du pissier là même où se sont délestés les trop pleins de pensées, les pans chiés les plus chiantes, je débabine mon débavoir dans le déversoir, l’arrose pisse tâche le froc du vieux cabris saute au paf en plein midi à l’heure péro sous le dru soleil l’ami canal s’enfile la miche d’une grosse pistache sous l’arronier à l’ombre en cul, je matte presto l’avant fourreur fouinant sa langue dans le merdier, la grosse s’étrille en racle à jouir, bave sa mousse de sueur rance, j’enquille à sec un verre de rien un juste au corps qui tient la trique, l’ami s’étire et renculotte l’astèque de basse culotte, la grosse à la migraine se tire les vers et va chiner un glaire du coté des waters, on est vite en dévers sous le plomb trop chaud du midi pile, on sexe dans le soc à ras l’acharnement à tripatouiller la raie au beurre frit la grosse trombone au bord du chiotte fait douce mine le fion contrit collé au masque de peau chagrine elle s’égoulline des sudipares, toute en collance visqueuse poiscaille à marée basse, elle tournicotte sur la cuvette fait faire fouillette à son gros doigts dans l’orifice merdique d’où gicle un jus de vielle mère catholique, je suis peau de chien remué du bide, en chier autant par un midi supplice, la grosse s’étreint en dérsertitude, geint du bas coulis en ébourifures, lève séant du claque merdier son post vidé, s’allonge sur l’herbe et sonnante des naseaux s’envoie illico en sieste, tremblement, effondrement du moment paix du midi pile, ronnant en gerbe de grongrons la grosse déballonne et ventriloque des sonnets gutturaux et nasillards, l’ami canal est en débacle s’enverse un autre plus conséquent et part vadrouiller du côté des souilles, pile est midi et tous sommes au fait d’un grand moment de bonheur, ça tartouille du boyau, fin de partie, c’est bien du desétat du tas de pas être pas le tas tartouiller, voilà ça bêle sans but, ça bulle en bête la grosse vagine et tricote du possible dans l’interstice de son antre, va s’y que je te prends l’ardouillet grassonant en pic et poc plic et ploc, l’ardent canal lâche la besogne alcoolique, gratule son jouir et va piner en courte paille sous la bêlante cabrette pour la énième tournée des giclées, on sent tout l’esperme joyeux de ce fou trique insassiable enbiteur d’istrifoutre, et la grosse couillante boules au cul s’acclimate assez bien du butoir coup de foutoir qu’ami canal enfourne en chasse anale; si bien que cul troussé en bonnes bourrades fini par expulser d’un joli pet de fanfare l’ardillon tout bréneux voilà fin de journée dans la caboche à mimipote tout enivré du bout crapotte la grosse marmotte suçote encore un dernier grain de déslipotte, pas frais du fion les trois lardons, sous l’arronier’ vient la nuit et pour nous la passion du frais un sacré puscule s’annonce en bas soleil tout entaché de fadasses lumières tombées au grès des humeurs du vieux brûlons, tâchons de tabler autour du met cuisant une cuisse de bonne biquette à déchiqueter un petit cabris tout cuit tout tendre, l’ami canal la grosse et moi claquons du piaf et croque-en-dents dans la bidoche tendre, voilà fin de nuit, j’acclimate en sol des clitos aux iris dans ma chair chaude c’est mon jardin mon secret de bourin, j’occis le puceron salop de gratte en botte, la fourmi copulante suceuse d’istrifoutre le tout marine et jus de bébêtes pour la grande fête du monte en l’air ces moifissures du cru de l’être à l’arrière plan de sa serre, l’occulture tout clos du pas pousser pas en vain, pas cultiver, con mirliton et saperliponpon tête de canon ouvrieux mal en Å“uvre défourailler dans le bas, tout claqueux merdoux d’hibou en manque de grenier, la grosse baloche son tripoux du cul entre les salades du potagers patauge la sauge l’estragon et la ciboulette, fait du concombre un masque de mort, la vanité des jardiniers, faut bien bêcher tête bêche sous les pêchers le vert minet de miss couillette la grosse m’étrique quand sa peau d’abricot roussi clapotte mes boursicotes en fourre z’y mi, la grosse elle est pas grosse elle est juste à point sous le geignard cuivré, l’ardent brûle bite qui nous carbonise depuis qu’été s’est installé, uppercut du foutrique en l’enfourant illico sous l’arronier grimpe en bottes la mère belote et re, emberlificote la mousse à merde dans le fouissant foireux du peu de queuqueu qui s’effiloche, ça liquide jaune pipi de caboche de tronche en berne quand tiens me le me le, faut qu’ici foutre et istrifoutre et fend de la moi la pine pépine de poire en deux joire, j’exclafule le furmicule l’ongle furoncle le pus d’y foutre presse le marron l’arpion recrocquemboulle en incarné la carne carré à la puissance x du pâte à gicle sur la grimace de grosse balafre fendue en pleine jouiration, d’un peu mon neveu remet slipo l’au dodo c’est le temps du chaud foiron le doux mouillon le potiron dans le clairon, la fraise du bibineur le gros suceur de seraises, mimile remballe tes poils c’est l’heure du durillon, c’est le pied l’encore pied à terre à prendre à terre, le pied de bouc, vieux satifoutre, rien, faut rien pour rien pourtant partant de rien faut rien et rien fini par fulminer en boucles de couilles au fond de tes cals, ça gratte la jaculance l’imminence des semences prêtes à l’emploi, la binette dans la raie trace le rang à semer, je prends je et ce qui suit, tiens miston fisaire le faussaire le roi du crac en bourse l’asticoteur de devise le vissier du taux, l’échangeur de dividendes, tiens bonjour cumul du cul de ta mule, bonjour ventripotent d’omnipotent, gros sac à serviettes, vide couillon du monte en stock, help option mister pignouffe ça ramone dans le placement, le gros fion petit bon d’hop joli rognon, bonjour rognure de cote, l’ami canal, la grosse et moi on dit bonjour, bonjour monsieur le tarabiscoté des ministères l’enfileur financier, la grosse à les minimes en gesticulation déslipotte le rognant salustre, sort l’astiquel tout renfrogné, fait faire frisotte à petite cocotte en déplissures, la grosse dit bonjour branlotte astique à sec l’histrion du gros fouillon se l’engueule et l’autre s’ébranle, s’étouffe glapit, gromule des formules aux rythme des cotassions, arithmétique sanglante du bout qui fini par liquider l’excédent de plus value, un jet commasse en deux hoquets, la grosse tarie la source en un rien de bouche, s’étonne du peu giclé, reboutonne tapote joues-joues de Monsieur morgue, le laisse ainsi toute en vidange devant le tableau clairant des feux du capital, on s’en va torchés du derche dans l’arrière sombre d’une branle boutique, siffler litrons histoire d’ijecter dans la jacte nos affres de freux galeux, on débine du déversoir en causeries; la grosse mâchouille du zebra dent une pâte chiassieuse qui mousse aux lèvres paraît qu’après ca t’embarbouille les glandes si bien que lèvres se mésécollent dilatées prête à englouter n’importe quel aiguillon de passage, l’ami canal vautripote et s’enfile l’un après l’autres des litrons de mousse, déboule sa bile de babille en des boules débiles, balance presto sa science de canoneur sur le propre du comptoir, mouchant les mouches, broutant sa chique crachouillant du vas-y que je t’astique les cuivres mimipote, pisse et rote, ballote d’un bord à l’autre, débagueulant de la tarte en gueule, l’acéphale canal philosophe d’opinion se troue le fion, ça décarambole du clapier dans la joie du beau merdier, l’ami se dégonde en dragonnade se convulsive les yeux dans le retournement, attrape la tignasse du gars de service, l’écrabouille en branle bouillie, ça clapotte du machouillis de brisotte de n’os en éclatures, l’ami brise couilles écharpe l’angelot tout carminé, c’est en débâcle qu’on boucle notre tournée, une vraie misère l’ami canal un vrai pousse merdier.

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