Libr-critique

21 juin 2020

[News] Poésie is not dead, Urgences Poésies ?!?!?!

 » Urgences Poésies ?!?!?!  » est une installation d’art public dédiée à la poésie visuelle.

C’est un boîtier d’alarme utilisé initialement pour contacter les pompiers et qui a été détourné, dans l’esprit et la continuité des ready-made dadaïstes, et qui contient désormais à l’intérieur en lieu et place de son bouton d’alarme, un poème visuel.

C’est une Å“uvre en perpétuel mouvement. En effet, toutes les 2 semaines, le poème visuel commandé auprès d’un poète vivant est renouvelé. Il est installé depuis septembre 2019 et ont déjà participé plusieurs poètes visuels, dont et pour n’en citer que quelques-uns : Julien Blaine, Philippe Boisnard, Jean-François Bory, Thomas Dejeammes, Jacques Demarcq, Ma Desheng, Christian Désagulier, Jacques Donguy, Charles Dreyfus, Michel Giroud, Natacha Guiller, Joël Hubaut, Violaine Lochu, Michèle Métail, Bruno Nagel, Jean-Luc Parant, Charles Pennequin, François Poyet, Mathilde Roux, Cécile Richard, Alain Snyers, Lucien Suel, Pierre Tilman, Ségolène Thuillart, etc.

Il est implanté rue de la Folie-Méricourt, Paris 11ième, sur le mur extérieur d’Ut Pictura Poësis, le studio des poésies expérimentales, créé par le collectif Poésie is not dead. Le concept est de répliquer ce boîtier dans différents espaces publics à travers le monde. Un double de ce boitier sera installé prochainement dans la Maison des Ailleurs, maison où vécut en partie Arthur Rimbaud, à Charleville-Mézières. L’Å“uvre originale rentrant dans la collection du Musée Rimbaud. D’autres discussions sont en cours pour démultiplier cette installation à travers le monde, afin de polliniser, de percoler et de vaporiser nos espaces publics et nos non-lieux de poësis.

16 juin 2020

[Création] Thomas Déjeammes, Et faire à partir de l’explosion

Vous écoutez, emportés par le rythme qui soudain se met à bégayer… comme notre modernité, celle des guerres, comme celle du 11 septembre 2001 et de la catastrophe écologique…

Souvenez-vous, hypocrites lecteurs, nos semblables,
« nous ne sommes pas achetables achetables pas sommes »…

Laissez-vous happer par cet Agencement Démultiplicateur Neutroglycériné (ADN), que vous présente ci-dessous Thomas Déjeammes… /FT/

« Et faire à partir de l’explosion » est à la fois un livre/partition, publié aux éditions Plaine page en mai 2016, une lecture performée, une performo(t)sonance avec Kraums Notho ainsi qu’une exposition autour de l’écriture. 
Le livre a été réalisé à partir de multiples bouts de textes écrits entre 2010 et 2015. Sur le plan formel, il reprend l’idée du plan, de la carte, la lecture n’est plus linéaire, il se déplie et s’ouvre sur des bouts de textes tapés à l’ordinateur mais aussi écrits à la main sur des bouts de bois.
Ce livre a comme humus les différentes explosions passées et à venir, politique, économique, écologique, tout en questionnant notre rapport à la langue commune et communicationnelle par des déplacements syntaxiques, linguistiques, et tente de revenir au sensible par une langue musculeuse où l’oralité, le souffle reprennent corps.

Le point nodal de cette recherche protéiforme est une nuit de Juillet 2014, dans un village des Baronnies, dans les Hautes-Pyrénées, où une tempête, voire une mini-tornade aux dires de certains habitants, fait tomber des arbres, coupe les routes et l’électricité, et explose notamment la porte de notre boucail (ouverture dans la grange pour faire passer le foin).
L’exposition regroupe ces éclats de bois et des objets trouvés, où des phrases s’y inscrivent, des feuilles de carnets où un mot se répète inlassablement, des planches contacts photographiques, des vidéos à partir de photographies argentiques, etc.

Autant d’éclats d’humanité, de reliques de frêles supports, de vestiges de civilisations au cœur des explosions climatiques et politiques passées et à venir. /Thomas Déjeammes/

Écoutez « Et faire à partir de l’explosion »

19 septembre 2019

[Création] Thomas Déjeammes, Sous viens

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 20:09

C’est avec plaisir que nous retrouvons le poète photographe Thomas Déjeammes, pour qui cet agencement répétitif est une « ritournelle sous acide économique »… Qu’on se souvienne : « NOUS NE SOMMES PAS ACHETABLES »… [Lire/écouter : « Tes putains de mots »]

Écouter :

21 mai 2019

[Création] Thomas Déjeammes, Tes putains de mots

Si cette création sonore de Thomas Déjeammes fait écho à celle du premier shoot poétique(« Tu connais ton corps »), cette fois, pas de photo grattée : juste des « putains de mots »… Écoutons, tout d’abord : .

18 mai 2019

[News] Libr-News

Vos Libr-événements d’ici début juin…

► On ne manquera pas de (re)découvrir Vidéographia de Sandra Moussempes, CD de 2015 à nouveau disponible : lire le post de 2015 sur Libr-critique.

â–º

► Du 23 au 25 mai à Bordeaux, Thomas Déjeammes vous attend :

â–º

► Vendredi 24 mai à 20h30, « LES CRIS POETIQUES, 29èmes » : Véronique Vassiliou et Yvan Mignot : 2 poètes sur la scène. Poésie et textes – durée : 1h.

Pour ces 29èmes Cris seront réunis Véronique Vassiliou, poète et conservatrice des bibliothèques, et Yvan Mignot, poète et traducteur de russe.
Véronique Vassiliou pratique patiemment le croisement des genres (l’art, la cuisine, la couture, l’horlogerie, l’écriture, la botanique, etc.) et lira des extraits de son ouvrage Jam Jam paru chez Argol et 2016, et d’un texte en cours, La Station Gyro.
Quant à Yvan Mignot, il a publié chez Fidel Anthelme X Sonnenkraft La bande à Baader n’a jamais existé et Maintenant / des arbres, et, chez Verdier, ses traductions de Daniil Harms – OEuvres en prose et en vers et Vélimir Khlebnikov – OEuvres 1919-1922.
Tarif unique : 5 euros. Réservations : Vélo Théâtre –reservation@velotheatre.com – 04 90 04 85 25.

► Du mercredi 5 au dimanche 9 juin, 37e Marché de la Poésie : programme des signatures.

Programme du mercredi.
Programme du jeudi.
Programme du vendredi.
Programme du samedi.
Programme du dimanche.

10 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce deuxième dimanche de septembre, la suite de vos RV de fin d’été : Eric Arlix, Thomas Déjeammes, Le Grand Os, Carole Aurouet à la Maison Prévert, Bruno Fern, Valère Novarina, le trio Bory/Bobillot/Demarcq…

â–º Mercredi 13 septembre 2017 à 20H, Eden à Charleroi (Bd Jacques Bertrand) : Eric Arlix, Golden Hello (5 €).

Concert-lecture conçu à partir de situations et d’aventures tirées des écrits hyperréalistes d’Eric Arlix (écrivain chercheur de formes-lecture) et mis en musique par Serge Teyssot-Gay (ex Noir Désir, Interzone-guitare) et Christian Vialard (créateur sonore-électronique).

Golden Hello est le terme utilisé en anglais pour « prime de bienvenue », cette dernière concerne uniquement les managers de très haut niveau. Ces textes, aux sujets très différents (une supérette, une vidéo, un hashtag…) dialoguent avec les ambiances électro-free-rock distillées par les musiciens, dressent un portrait critique du monde contemporain et d’individus qui luttent, chacun à leur manière, pour leur survie.

â–º Jeudi 14 septembre à 19H, Rezdechaussée à Bordeaux (66, rue Notre-Dame) : vernissage de l’Exposition de Thomas Déjeammes.

« 198 120 062 017 » est une fiction autobiographique d’anticipation à travers le médium photographique et plus particulièrement à travers la photographie argentique. Ce projet regroupe différents travaux de l’artiste allant d’agencements réalisés à partir de bouts d’essais jusqu’à l’image idéalisée au moyen format.
Ce projet s’ancre dans la ville de Bordeaux et ses alentours. A la quête des traces du passé dans le présent, ces mises en relation photographiques mais aussi sonores, élaborées avec la complicité des Morphogénistes, explorent notre rapport au temps et notre construction personnelle dans un lieu, à travers nos transformations silencieuses journalières. De 1984 de Georges Orwell à La jetée de Chris Marker en passant par Point de vue du Gras de Nicéphore Niépce, au pictorialisme … Thomas Déjeammes fait surgir dans un paysage à la fois mental et concret, nos «constellations d’impasses » (A. Artaud), retravaillant ainsi une mémoire collective, individuelle, historique, personnelle, photographique, d’un presque même lieu.
L’œuvre de Thomas Déjeammes cherche la variation, au sens musical, en tirant partie de ses projets existants. Il fait évoluer ses diverses recherches selon les rencontres et les lieux de ces rencontres.
http://thomasdejeammes.fr/
https://www.morphogenistes.org/
http://rezdechaussee.org/evenements.php

Exposition ouverte du mercredi au samedi de 14h à 19h
Sur rendez-vous en dehors au 0664618887
Vernissage / jeudi 14 septembre, 19h.
Lecture performée de l’artiste / samedi 30 septembre 18h dans le cadre du WAC

â–º Vendredi 15 septembre à 19H30, Texture Librairie (94, Bd Jean-Jaurès 75019 Paris) : Rencontre avec les Inaperçus (Manon/Obernand/Bouquet/Riboulet)

Jours redoutables, en présence de Christophe Manon et Frédéric D. Oberland
Or, il parlait du sanctuaire de son corps en présence de Mathieu Riboulet (sous réserve)
Les Oiseaux favorables en présence de Stéphane Bouquet et d’Amaury da Cunha

â–º Chez René, bazar littéraire Cave Poésie Toulouse du 15 au 17 septembre. Le Grand Os y sera avec ses livres samedi 16/09 – 11h-19h / dimanche 17/09 – 11h-18h

Lecture de "Génial et génital" 
du Cambodgien Soth Polin
par la comédienne Nathalie Vinot

le samedi 16 à 14h (entrée libre)

â–º A l’occasion des Journées européennes du patrimoine les 16 et 17 septembre 2017, la Maison Jacques Prévert vous accueille pour une visite libre et gratuite de la dernière demeure du poète. La maison du Val, c’est à la fois celle de l’artiste, où l’on marche dans les pas de Jacques Prévert, et un musée, présentant des œuvres originales et des expositions. Le samedi 16 septembre, à partir de 14h30 : rencontre avec Carole Aurouet, spécialiste de Jacques Prévert et auteur de nombreux ouvrages sur l’artiste, pour une séance de dédicace.

â–º Samedi 16 octobre à 14H30 : Lecture de Bruno Fern à la Médiathèque d’Argentan (1-3, rue des redemptoristes), avec le guitariste Guillaume Anseaume.

â–º Du 20 Septembre au 15 Octobre 2017 (du mardi au samedi à 19h30 et le dimanche à 15h) : L’Homme hors de lui, création à La Colline ( Petit Théâtre ; durée : 1h10 environ), texte, mise en scène et peintures de Valère NOVARINA ; avec Dominique Pinon.

Musique : Christian Paccoud / Ouvrier du drame : Richard Pierre/ Collaboration artistique : Céline Schaeffer / Lumières : Joël Hourbeigt / Scénographie : Jean-Baptiste Née / Dramaturgie : Roséliane Goldstein / Production/diffusion : Séverine Péan / PLATÔ / construction du décor : Atelier de La Colline.

 

« Les hommes ne parlent que rarement à eux-mêmes, et jamais aux autres, des choses qui n’ont point reçu de nom. » (Albert Fratellini)

Valère Novarina est à la langue ce que la mécanique quantique est à la science. Sa manière de creuser les mots, dérouter les phrases, libérer la pensée, crée une musicalité qui ouvre les sens et d’où surgissent des perspectives inattendues.

Il est surprenant à chaque instant parce qu’il est inventif, jubilatoire et tragique, métaphysique et burlesque. Marie-José Mondzain dit de cet artiste : « Si son théâtre est énigmatique ce n’est pas parce que Novarina est un homme du secret ou de l’ésotérisme, mais parce que c’est un homme de la révélation. Mais il s’agit de la révélation de l’homme par l’homme dans ce qu’elle a d’aveuglant, d’apocalyptique, d’explosif et de déroutant ».

Après L’Origine rouge en 2000, La Scène en 2003 et L’Acte inconnu en 2007, L’Homme hors de lui, monologue « invectif » sera répété et créé à La Colline. Pour cela, Valère Novarina retrouve Dominique Pinon qui saura donner aux lettres du livre leur pleine vérité concrète et leur liberté rythmique.

Un homme entre, écoute les herbes, s’adresse aux rochers et à nos trois cents yeux muets. Il donne des noms nouveaux aux insectes, aux oiseaux. Il se pose cinq questions ; lance en l’air quatre cailloux qui ne retombent point.
La parole écrit dans l’air.

â–º

7 mai 2017

[News] News du dimanche

En cette soirée de non-événement électoral, si vous voulez changer votre monde de façon originale, faites-le avec de véritables novateurs… Vos RV de mai, donc : exposition à DATABAZ (Angoulême) ; soirée littéraire à Paris autour de Laure Gauthier ; rencontre à Paris avec Suzanne Doppelt ; Benoît Toqué et Antoine Boute à Bruxelles ; exposition Thomas Déjeammes à Tarbes…

 

â–º DATABAZ (100, rue du Gond à Angoulême), exposition du 10 mai au 15 juin 2017 : PARTIES DE L’OPERA, une création d’Olivier Crépin – avec les étudiants de l’ÉESI Antoine Arrinda, Etienne Baron, Mado Chadebec, Marlene C.Kim, Anais Combreau, Roman Lacassagne, Gabriel Louf, Dalia Mansier, Leo Magrangeas, Kane Mooney, Xéni Morgun, Emilie Rolquin, André Valente, Calvin Vigneau, Yunman Zhang

Vernissage le 10 mai 2017 à 18h à DATABAZ

Création transmedia réalisée avec les étudiants de l’EESI dans le cadre d’une résidence partagée EESI / DATABAZ.



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Dans le cadre de sa résidence à l’EESI et à DATABAZ, Olivier Crepin a réalisé deux pièces spécifiques. Elles se situent dans la prolongation de la réflexion qu’il mène sur les formes contemporaines de la bande dessinée – aussi bien en tant que jeune chercheur au sein du Laboratoire d’excellence en Arts (Labex Arts H2H) que dans sa pratique d’auteur et d’éditeur au sein des éditions Rutabaga.

“L’œuvre proposée revisite l’univers des échecs, et trouve des points d’ancrages forts notamment dans la célèbre partie en 17 coups dite « partie de l’Opéra » mais également dans La vie, mode d’emploi de Georges Perec, récit sous contrainte mimant le déplacement de la pièce du cavalier aux échecs ainsi que dans les récits explorant le courant de conscience tels que Ulysse de James Joyce, ou encore Le bruit et la fureur de William Faulkner. L’une de ces pièces, exploitant le support papier de grand format, interroge l’implication du lecteur et les modalités de la bande dessinée exposée. L’autre pièce, au format numérique, lui répond et étend l’univers proposé par la première en nécessitant l’action du spectateur. Il s’agit donc d’une œuvre transmédiatique dont chacune des pièces peut être également perçue comme une œuvre autonome.

L’attention du lecteur-spectateur, ou plus exactement la réflexion sur les degrés d’attention et d’implication dans l’œuvre est au centre de cette création. Thématiquement d’abord , puisque le récit ne se créé vraiment que lorsque l’attention des deux joueurs – personnages principaux du récit – quitte la partie et se reporte tant sur leurs mondes intérieurs que sur leur environnement. Dans le dispositif de l’exposition ensuite, puisqu’il est possible pour chacune des deux pièces d’être survolée, et de n’être le résultat que d’une lecture fragmentaire – le dispositif, morcelé, est spécifiquement conçu pour ça – comme d’être l’objet d’une lecture approfondie des multiples couches attentionnelles qui composent le récit. La lecture numérique proposée ici est d’ailleurs d’emblée présentée comme réceptive si le lecteur-spectateur n’emprunte pas les chemins de traverse mais reste sur la piste principale. Cette réflexion sur l’attention est en effet essentielle car elle est au cœur des deux dispositifs constituants l’oeuvre : le dispositif transmédiatique qui est un dispositif né comme système de captation de l’attention dans un contexte de surproduction et le dispositif de la bande dessinée conçue spécifiquement comme bande dessinée exposée , et non pour être lue au format livre.

Les conditions spécifiques de la résidence et l’implication forte dans l’oeuvre d’un petit groupe d’étudiants très motivés ont permis par ailleurs de faire évoluer le projet dans une seconde direction qui me paraissait fondamentale lorsque l’on parle de récit transmédiatique, ou de coordination d’univers : la notion de dilution de l’auctorialité. Ainsi à partir d’une trame scénaristique construite préalablement s’est noué un véritable dialogue narratif et graphique avec les étudiants impliqués, modifiant en profondeur certains aspects du récit. Ce questionnement crucial est visible d’emblée, puisque l’oeuvre fait le choix d’une polygraphie forte, et de ruptures narratives importantes , renforçant ainsi l’ambiguité entre œuvre unique et récits multiples.” /Olivier Crépin/

â–º Jeudi 11 mai à 20H, centre tchèque de Paris (18, rue Bonaparte 75006) : Recherches, fantaisies et gloses : mouvements dans la pensée musicale. Concert soirée littéraire / organisée en collaboration avec le festival aCROSS.
Programme:

Jean Dussek : La mort de Marie-Antoinette
avec Christophe d’Alessandro, clavicorde

Laure Gauthier : Kas­par de pierre
par Olivier Besson et Benjamin Guillot, comédiens, et
Martin Laliberté, dispositif électronique

François Couperin : 6 pièces de clavecin (La Mont­flambert, Les ombres errantes, l’adolescente, l’âme en peine, le rossignol en amour, la régente)

Interprètes :

Olivier Innocenti, bandonéon
Josquin des Prés : Ave Maria
Diego Ortiz : Ricercari
Jean-Luc Tamby, luth
Christophe d’Alessandro, cla­vicorde

â–º Vendredi 12 mai à 19H RENCONTRE AVEC SUZANNE DOPPELT à l’occasion de la parution de Vak spectra (P.O.L, 11 mai en librairie) – encore un grand Doppelt !

À LA LIBRAIRIE MICHELE IGNAZI

17, RUE DE JOUY

75004 PARIS

01 42 71 17 00


â–º Vendredi 19 mai à 18H30, ISELP Bruxelles (31, Bd de Waterloo)

Performance ENTARTÊTE par Benoît Toqué +
"Lecture Extracosmique, no stress" d’Antoine Boute

>>>>> ENTARTÊTE par Benoît Toqué

" La première fois que je lis l’expression « art dégénéré » écrite en allemand, c’est dans Europeana. Une brève histoire du XXe siècle, de l’écrivain tchèque Patrik OuÅ™edník. En allemand, ça s’écrit entartete kunst. Dans entartete, je lis entarter et tête, ce qui est logique : entarter quelqu’un, c’est lui envoyer une tarte à la crème en pleine tête, la lui étaler sur la face. Je pense à Noël Godin. Je pense à son double fictionnel André Petrescu, l’entarteur du Cosmopolis de Don DeLillo, et à l’adaptation qu’en a faite David Cronenberg pour le cinéma. Je pense à La bataille du siècle, un film de Clyde Bruckman avec Laurel et Hardy. À l’enfritage du premier ministre belge Charles Michel par les Liliths. À l’attaque aux confettis du directeur de la banque centrale européenne Mario Draghi par Josephine Witt. Laurel et Hardy me renvoient quant à eux au duo d’artistes EVA & ADELE , je trouve qu’ils ont comme un air de famille avec les jumelles allemandes. J’achète quelques choux de Bruxelles, je les dispose méthodiquement sur une table, ça forme une histoire. Un enfant débarque, il porte une toge, avec son bâton il dévaste mon château de sable."

Dans le cadre de SYNC! Part 2 HANNAH HOFFMANN par Clovis XV

– Vendredi 19 mai 18h30 > 21h
– L’entrée à un événement (rencontre, projection,…) ou à l’exposition donne accès à toutes les activités liées à SYNC!
– 1,25 €* / 2 €** / 5 € (* Article 27, ** Étudiants)
– Gratuité : Membres, demandeurs d’emploi, < 18 ans, ICOM, IKT

â–º Du 19 au 25 mai, exposition à ne pas manquer de Thomas Déjeammes, l’auteur de la série "DREAMDRUM" sur Libr-critique :



19 décembre 2016

[Livres] Libr-kaléidoscope de fin d’année (2)

En ce moment où ce n’est tout de même pas encore totalement has been d’offrir des livres, Libr-retour sur des œuvres remarquables que nous n’avons pas encore eu le temps, hélas, de recenser – ou que nous n’avons pu que signaler… Et comme ces deux dernières années ont été foisonnantes, nous vous offrons plusieurs livraisons d’invitations au voyage livresque (ordre chronologique). Voici la deuxième : lire la première.

â–º Emmanuèle JAWAD, Plans d’ensemble, PROPOS2ÉDITIONS, printemps 2015, 76 pages, 13 €, ISBN : 978-2-912144-95-9.

D’emblée, le texte affirme ce qu’il est : "l’épuisement d’un lieu par ajouts, superpositions de fragments". Le creuset textuel est agencement de plusieurs lieux (Berlin, Leipzig, Dresde, Prague), de photographies et de références filmiques (Jim Jarmusch, Alfred Hitchcock), de micro-récits autour de la figure centrale d’Anna… Hantés par Berlin Alexanderplatz et Anna Karénine, oscillant entre Histoire et histoires, les poèmes de 13 vers nous saisissent dans ce qu’il faut bien appeler leur fascinant objectivisme.

 

â–º David SILLANOLI, Courir après Ouma Kapal, Al dante, automne 2015, 216 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-743-6.

Voici un livre que l’auteur a écrit comme il lit : à saute-moutons, en toute désinvolture. Un "roman d’aventure sf gothique et un peu gore" (p. 83) écrit depuis le monde des fantômes. Où l’on fait la connaissance de la Ferance, qui "joue un rôle important dans l’histoire mondiale post-régé par l’influence de sa culture et de ses valeurs démocratiques, racistes et gastronomiques" (35).

 

â–º Charles PENNEQUIN, Les Exozomes, P.O.L, mars 2016, 224 pages, 13 €, ISBN : 978-2-8180-3866-6.

"la poésie est une épingle à nourrice sur la bedaine de l’humanité" (70).

"le nouveau, c’est pas forcément du côté des forces de l’art, si l’art
sert au pouvoir et aux politiques. si l’art est une façon d’écraser l’autre" (201).

Quoi de neuneuf du côté des zumins ? Il y a de l’autre dans les autres comme dans moi… Les exozautres comme les exo-moi sont des exozomes "nourris aux certitudes"… Chacun en prend pour son grade : "combien de lecteurs-crapauds se pensent près de tel auteur ? combien sont-ils comme ça à penser que c’est eux qui ont ainsi pensé, alors qu’ils n’ont rien pensé du tout ?" (46)… Et de l’autre côté, ce n’est guère mieux : "écrivain est un gros mot. écrivain c’est déjà se la péter un peu cénacle" (165)… Il faut lire ce roman-poème plein de foulosophie carnavalesque sur "la race humaine" et son histoire…

 

â–º Frank SMITH, Le Film des visages, éditions Plaine page, coll. "Connexions", printemps 2016, 112 pages, 10 €, ISBN : 978-2-910775-92-6.

qu’est-ce enfin
que de
"donner la parole
à la minorité en nous-mêmes" ? (p. 60).

"La poésie rythme l’action" (p. 20). Quelle action ? Celle d’un peuple tout entier, lors du printemps égyptien, un peuple qui s’ouvre les possibles. Même si "le processus échoue toujours sur la terre" (45), il reste toujours "le visage réfléchissant des peuples" (62)…

TOUT VISAGE
EST
UNE POLITIQUE (81).

Cet Agencement Répétitif Névralgique (ARN) qui zoome sur les visages rythme le souffle épique/lyrique/pathétique d’un peuple en devenir. Et NOUS sommes avec eux !

 

â–º Laura VAZQUEZ, Oui, éditions Plaine page, coll. ‘Les Oublies", printemps 2016, 82 pages, 5 €, ISBN : 978-2-910775-95-7.

"Ma poésie ne décrit pas les impressions" (p. 40).

Que voit-on de la vie "à travers une vitre" ? Un trou ? Un mur ?

"Je suis une bête dans l’histoire", dit-elle…

Dans cet Agencement Répétitif Déréalisant (ARD), tout tombe, y compris sous le sens – ou hors du sens d’ailleurs. Inexorable chute universelle.

Tempus fugit.

 

â–º Thomas Déjeammes, Et faire à partir de l’explosion, Plaine page, coll. "Les Oublies", printemps 2016, dépliant, 5 €, ISBN : 978-2-910775-94-0.

Tu te lèves, le haut se déplie.
Tu lis dans le tournoiement de l’explosion.

"le monde n’a pas changé le 11 septembre 2001 Olga
le monde t’a changée chaque jour
dans ta répétition et ta reprise
pour toujours beau pour toujours bleu tu penses Olga
non
ton monde n’a pas changé le 11 septembre Olga".

Et de lien en lien tu passes d’une performo(t)sonance à une autre de Kraums Notho : vimeo.com/165849032, https://vimeo.com/165850553

 

â–º Christophe MANON, Au nord du futur, NOUS, été 2016, 112 pages, 15 €, ISBN : 978-2-370840-35-6.

"ÉTRANGERS DANS LA LANGUE écartelés
entre deux siècles les pieds au nord du futur nous savons
le goût du désastre où quelque chose de stellaire a disparu" (p. 19)…

Cette nouvelle utopographie est écrite au futur antérieur par et pour un NOUS – l’emploi de cette personne étant chose devenue suffisamment rare pour qu’on la signale. Et la constante invention verbale et/ou graphique nous emporte…

22 mai 2016

[News] News du dimanche

Avant que de poursuivre la série des Grands Entretiens avec Sylvain Courtoux et de clore celle proposée par Daniel Cabanis, mais également de rendre compte des derniers livres de Jean-Michel Espitallier, Charles Pennequin ou encore Annie Ernaux, sans oublier de vous inviter à faire moult provisions pour les vacances (Libr-retour / Libr-kaléidoscope / Libr-vacance), voici quelques RV de fin de printemps : les Eauditives, RV acousmatique de Chevigny, Publie.net au Marché de la poésie…

â–º Les 28 & 29 Mai 2016, les éditions PLAINE Page et la ZIP (zone d’intérêt poétique) présentent
Les Eauditives, un festival d’art et de poésie en Provence verte

en partenariat avec
l’École Supérieure d’Art et Design Toulon Provence Méditerranée

Pour sa 8ème édition, Le Festival Les Eauditives, organisé par les Editions Plaine Page & la ZIP (Zone d’intérêt poétique) de Barjols, nage vaillamment pour continuer à propager les voix, les sons et les textes des créations actuelles.

Les Eauditives 2016, c’est 2 jours et 2 lieux de diffusion culturelle en Provence Verte.

• Samedi 28 mai, au village de La Celle
• Dimanche 29 mai au Musée des Gueules Rouges à Tourves.

La poésie est partout, la musique aussi !

Editions, lectures, récitals, rencontres d’auteurs, performances et atelier voix, sur la place publique et le parvis, au musée, dans la mine, sur le carré ou dans le patio.

Poètes émergents et auteur(e)s au long cours viennent en Provence
Verte mêler leurs voix et leurs souffles, leurs sons et leurs textes.
De B comme Hervé Brunaux, poéticien d’haiku-tualité, à V comme Laura Vazquez, éveilleuse de ritournelles musclées, en passant par Thomas Déjeammes, improvisateur préparé sur papier déployé, Vanda Mikšić (Croatie), poète et traductrice de langue source et déliée, Maxime Hortense Pascal, homérienne ethno-connectée, Charles Pennequin, rocailleur de mots érodés et enfin Brigitte Baumié et Marie Lamothe, neigeuses du silence en langue des signes. La plupart de ces auteur(e)s sont inédit(e)s et inouï(e)s dans cette 8ème édition.

Maryvonne Colombani et Gérard Meudal, journalistes littéraires,
accompagnent les auteur(e)s et leurs livres, publiés dans le cadre du Festival, et partagent leurs impressions de lectures.

Dans cette édition, les musiques s’entremêlent aux voix des poètes.
Roula Safar (Liban) mezzo-soprano et Yassir Bousselam (Maroc) violoncelliste eauditivent pour ce festival.
Roula Safar anime, cette année, un atelier voix avec l’EIMAD du Comté de Provence (Ecole intercommunale de Musique, Arts et Danse).

Les étudiants de l’ESADTPM (Ecole Supérieure d’Art et Design de Toulon Provence Méditerranée) expérimentent en public leurs performances
avec la complicité de leur enseignant, poète et performeur, Patrick Sirot.

â–º Art Sonore & Musique Acousmatique face à la tenture de Pythagore

Vendredi 3 juin à 20h – Château de Chevigny 21140
Diffusions acousmatiques
Christian ELOY, Yuko KATORI, Guillaume LOIZILLON, Frédéric MATHEVET, Émmanuel MIEVILLE, Benjamin MINIMUM, Alexandre del TORCHIO

Vendredi 3 juin à 24h – Mont Télégraphe (départ @ CRANE lab)
Paysage nocturne en écoute
DESARTSONNANTS

Samedi 4 juin à 16h – Musée & Parc Buffon – Montbard 21500
« Canopée » parcours-installation in situ
Gilles MALATRAY & Sterenn MARCHAND PLANTEC

Samedi 4 juin à 20h – Château de Chevigny 21140
Diffusions acousmatiques
Hubert MICHEL, Isabelle de MULLENHEIM, Célio PAILLARD, Duncan PINHAS, Fabien SAILLARD, Jean VOGUET, wal°ich

â–º Du 8 au 12 juin, Marché de la poésie (Paris, place St Sulpice).

Pour la première fois, les éditions Publie.net auront un stand au Marché de la Poésie ! L’occasion de venir à la rencontre de nos auteurs, de découvrir nos textes, d’en écouter certaines lectures…
Seront présents : Julien Boutonnier, François Rannou, Jacques Ancet, Sabine Huynh, Virginie Gautier, Laurent Grisel, Michaël Glück, Guillaume Vissac, Philippe Aigrain
[…]
Planning en cours d’élaboration, d’autres auteurs seront très certainement présents !

Programme des signatures, rencontres et lectures à venir très vite !
Vous pourrez vous procurer des livres de la collection L’Inadvertance (poésie) mais également des collections Temps réel (littérature contemporaine), Machine Ronde (voyages & paysages), Horizons (photographies & textes).

L’INADVERTANCE
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TEMPS RÉEL
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LA MACHINE RONDE
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HORIZONS
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PLUS D’INFOS
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3 décembre 2015

[Création] Vagues [lieu, vagues], par Thomas Déjeammes et Sébastien Lespinasse [Dreamdrum-20]

 Avec cette livraison du projet fécond initié par Thomas Déjeammes, voici notre devenir-naufrageur/é, et ce texte magnifique est signé Sébastien Lespinasse. [Lire/voir Dreamdrum 19]

 

Une page d’écriture n’est pas la mer.

 

Écrire qu’une page d’écriture n’est pas la mer coule de source.

Cela fait une musique de couler. Un air de tomber en cascade de très loin et de très profond. Un air de début du monde quand il n’y avait que la mer et le ciel. Un rythme de chute, une multiplication de gouttes, de gouttelettes et de cordes, une façon de glisser, de se séparer en glissant, de se jeter dedans, d’inventer le dedans à force d’y tomber. De creuser la terre qui tient bon.

 

Une page d’écriture n’est pas la mer qui creuse la terre, n’est pas la main qui retient de couler. Une page n’est pas parages, une épave, une vague, une révolution de vagues qui bruissent sauvages dans un coin du grand cosmos trou.

 

Au loin, apparu ainsi en dehors de toute page, un bruissement sourd qui crève les yeux. Au proche : tout autre, un toucher qui fait paroi de l’écoute. Un coquillage d’entendre si l’on veut mais ce n’est pas tout à fait exact.

Ce qui est exact ne coule pas de source, résiste contre le vague, l’indéfini, le partout, dessine la lande, la presqu’île de terre qui sépare, refuse de glisser.

Ce qui est exact n’est pas la mer qui continue de creuser dans les réserves que la page ignore.

Ce qui est exact n’est pas la mer, le ciel tournoyant, les vagues, la révolution : vagues au creux de la terre.

 

Non seulement « vagues » mais encore : lieu d’infinie dissipation de toutes formes qui s’y ébauchent.

 

La page d’écriture glisse dedans, nécessairement, se remplit de glisser dedans, c’est comme ça qu’elle se creuse, qu’elle se fait terre, terrain vague, puis presqu’île qui refuse toute glissade, tient ferme, tient la terre ferme, tient fermement à son sable, à ses galets, à ses chemins. C’est à un certain moment de glisser que la page se forme, s’est formée, existe : résultat du mouvement incessant d’écrire, de désécrire le blanc du fond des mots, épaisseur déjà bien saturée d’intentions, de tout un monde, tous les mots faisant goutte et système vagues dans la mer langue, obsessionnellement, de quoi s’y noyer, oui, noyer sa vie dedans,- la page s’écrit, s’est écrite de résister aussi, de résister au mouvement, de rendre solide le passage en faisant masse, poids, solidité, en se travaillant par tous les bouts, structure faisant en pleine mer, la page résiste en s’inventant à côté de la langue, une vie, la vie, une vie de vivre comme souffler fort, sa respiration écrasée après une course sous la pluie, une vie de vivre comme d’entendre son propre cœur battre, une vie de vivre comme d’apprendre à marcher, à parler et à sentir, la page se résiste, sort d’elle même, elle existe comme le dehors se fait de partout avec le dedans. La page s’écrit, s’est écrite, coule et résiste un temps. Vagues tout contre.

 

En réserve, en dessous, dans un lieu profond du blanc de la page : les sources.

Sourdes au milieu de la mer à boire, s’écoulent secrètes, viennent irriguer, chants souterrains de la carpe, retenues parfois depuis des temps sans mémoires, inconnues bien souvent même à celui qui se tient en bouche juste en dessous : les sources surgissent un jour, évidences des choses à être ce qu’elles sont.

Simplicité des sources : elles sont.

Ce qui permet d’être.

Ce qui a un nom.

Une légende.

Un jour.

 

Un jour.

 

Un jour, le milieu de la mer à boire entre le ciel tournoyant et la terre qui tient ferme.

Un jour, le milieu du corps immergé au centre des sources. Infusions à macération lente : le lieu milieu des mers à boire, son corps gourde qui flotte, tangue et tourne. Entre ciel et terre, l’opération de se séparer qu’est le corps(,)éponge opaque à boire. Son corps engourdi, non-lieu au milieu des formes, des formules, des formes nulles, des gouffres.
Un phare une phrase une phase pour continuer l’embarcation, poursuivre les routes.
Le vide offert au milieu de la phrase, phare qui flotte au lieu milliers de vagues, la mer en face, s’ouvrir les sources vives, phase qui nous plonge, tangue et tourne. Entre ciel et terre, presqu’île disjointe, -il- en train de boire la mer, de séparer formules de l’informe, d’écouter l’appel des vents et marées. Tente plonge tête première en éclaireur : apprendre les phrasés, le milieu immergé des phrases dans les formes, les formules, les gouffres, le vide qui appelle, plonge, tangue et nous tourne. Au loin, apparu le milieu vague. Le proche à vitesse obscure. Nous s’embarque une route, un tour tout engourdi de vide, une phrase où plonger au milieu, les sources à boire, la page d’écriture qui coule sous les signes.

 

Une page d’écriture n’est pas la mer coule de source à boire.

Une page d’écriture n’est pas la mer entre terre et ciel.

Une page d’écriture retenue au creux de la main.

Ouverte bientôt (en signe de reconnaissance).

 

Nous, nageurs sommes naufragés noyés à temps partiel sirènes poissons volants substantifs hippocampes débris d’embarcadères planctons bouées bues à petites goulées glissements d’algues microscopiques.

 

Se noyer, c’est se mêler mélanger aux choses, dans les choses, les gens, dans les choses les gens, mélanger coincer les gens dans les choses, à l’étouffée, au creux de la main contre la bouche, silence à plus soif.

Se noyer, c’est coller se coller sans espace dans l’espace qui fait peau étanche collée dans la situation d’être là dans l’espace sans espace replié sur soi en soi presser le vide à l’intérieur, exténuation.

Se noyer, c’est être complètement compris, intégralement dévoré par les gens, l’hydrogène des gens qui se massent, pas moyen d’avoir un lieu à soi, une ligne de repli, une fuite, un petit trou, pas moyen, aucun lieu.

Se noyer, c’est prendre conscience que toutes les directions sont bonnes et ne pas être capable d’un seul mouvement.

Se noyer, c’est ne pas voir au delà de son nez, ne pas voir son nez même, ne rien voir, ne pas voir qu’on ne voit rien, croire qu’on voit tout ce qu’il faut voir.

Se noyer, c’est faire bloc, c’est être fait bloc bloqué de partout.

Se noyer, c’est se rendre compte trop tard qu’on ne sait pas nager, qu’on ne sait pas se tenir dans la mer, c’est perdre la possibilité de remuer ses mains, ses pieds, ses jambes, sa tête, c’est oublier qu’on savait se maintenir au bord de l’eau, c’est n’avoir plus aucun souvenir de la terre ferme, c’est ne plus croire à la fermeté d’aucune terre, c’est se laisser dériver dans le vague, l’informe, le mou, c’est devenir mou, couler à l’intérieur de soi, ne plus savoir grimper à quoi que ce soit, se saisir de quoi que ce soit, ne plus être quoi que ce soit, ne plus pouvoir prendre appui, glisser continuellement, devenir l’homme qui dort au fond des mers, qui a oublié qu’il dort, qui est devenu le poids mort, oublié, de sa masse de sommeils sans rêves, homme enseveli dans son propre gouffre de fatigue et d’ennui.

Se noyer, c’est mettre la terre au dessus de sa tête et pédaler dans un vide épais qui agrippe et tire vers le bas.

Se noyer, c’est sentir que le cosmos n’est rien et qu’on est rien dans le cosmos.

C’est ne pas pouvoir commencer ni finir la phrase dans laquelle on s’appelle. C’est prendre la légèreté du morceau de bois emporté par le fleuve, morceau de bois sans attaches. C’est perdre toute orientation devant la liberté trop grande qui nous est donnée, qui a toujours été donnée, offerte en secret au moment de notre venue au monde. C’est la joie de l’angoisse. L’angoisse de la joie. Le fou rire des larmes.

Se noyer, c’est l’invention nécessaire d’une autre manière de nager.

 

Nous, nageurs, sommes la mer, la mer multipliée, recommencée par chacun de ses bouts, sommes les éponges qui boivent, le résultat à moitié solide des averses, des pluies et des rituels d’évaporation. Nous, nageurs, apprenons à aimer en découpant dans l’immensité du mot « mer », en le réduisant en pièces, en visages, personnes, objets fétiches.

Nous, nageurs, sommes la noyade même, la jouissance de nous perdre les uns dans les autres, glissés entre les genoux anguleux, coincés dans le lieu milliers de gens noyés tout contre, le corps les idées les esprits aspirés en entonnoir.

Nous, nageurs, avons beaucoup de noms dans beaucoup de langues au milieu de beaucoup de territoires dans beaucoup d’époques. Nous avons beaucoup.

Nous nous appelons Edith, Charles, Frédérique, Maxime Hortense, André, Serge ou Lili.

Nous nous appelions aussi Ghérasim, Bernard, Gertrude ou Unica.

Nous avons encore bien d’autres noms. Nous avons beaucoup.

Nos chants s’entendent au fond des pages pour ceux qui veulent bien encore se mouiller. Nos chants entremêlés et discordants.

 

Nous coulons de sources, nous sommes les nageurs, sommes l’existence de la nage, sommes le mot « nage » qui se noie en quatre lettres dans l’ensemble vertigineux du vague de la mer langue au milieu du cosmos trou.

 

Nous coulons nous écoulons sommes écoulés, la page la page toujours recommencée.

Vagues dans les vagues, mouvement depuis profond et loin, se forme et referme et forme à nouveau l’étendue toute entière qui reste informulée.

 

Une page d’écriture n’est pas la mer,

15 novembre 2014

[Création] Thomas Déjeammes/Michel Gendarme [Dreamdrum – 17]

 C’est avec plaisir que nous poursuivons cette série originale initiée par Thomas Déjeammes : cette fois la photo grattée de Thomas Déjeammes dialogue avec l’écriture télescopée de Michel Gendarme. [Livre/voir Dreamdrum 16]

 

 

Il est entré dans le Noir-Seul à 18h35

je guettais ton fil de haine

il a lapé trois fois dans mon bol

c’est alors que la machine est sortie de

son pantalon et s’est mise à turbiner

tu orgasmais dans les frontières du mal

j’ai éjaculé sur un rêve

et je suis sorti

pension subite

«Vie bigrement organique.»

 

le poème est paru dans « Les mots invisibles » en 2000 (édition du Non Verbal)

j’ai changé d’avis j’ai acheté des pantoufles

j’écris du théâtre je ne suis pas loin de penser

mais sans cesse elles se retournent ça me darde la cervelle leur accoutumance

ça me darde ça me darde

et hop! un passage encore un autre ça elles savent le faire

moi je ne vois rien à force de trop mais je m’écaille je m’héberge

elles ont la langue trop de rien et ne finissent jamais

elles se bourdent et je me gronde ça prend l’après-midi

tout comme oui c’est ça tu as vu juste tout comme toi c’est drôle

non je ne narre rien j’occupe ce sont des poissons des poissons je dis

sourcillantes au club elles s’occultent de peu oh! pour le bien je me dis

la sécurité l’accent aigre de leurs dents je veux ça

le mordillage mâchonnage des mains

la peur ça je dis toc toc toc et ça ne serait pas fini je leur marche le

côté pour que l’ombre

ce qui se revient c’est une victoire de savoir il n’y a plus de temps c’est là dans

un instant

mais qui berce

n’entendre plus

ouais’L comme toi tu vas bien si bien non

parce que à cause car ton

je ne mange point le rythme

je n’en mets pas du soin trois petits points

j’ai dansé oui ça j’ai dansé

avec elles toutes les nuits chats oui

17 mai 2013

[Création – série] Dreamdrum 5, Thomas Déjeammes/Sacha Harms

Cette fois, pour ouvrir les horizons, la photo grattée de Thomas Déjeammes est suivie d’un dialogue poétique écrit par Sacha Harms. [Lire/voir Dreamdrum 4]

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