Libr-critique

9 octobre 2015

[Texte] Benoît Toqué, Mon chien et moi

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 6:23

Avant la venue de Benoît Toqué à Lille vendredi prochain (performance avec Laura Vazquez), voici le 3e et dernier texte de la série : écouter "Mon chien et moi". [Lire/écouter "La boule so fat" et "La baignoire"]

 

Le chien qui réveillé tranche ta tête. Mon chien. En sursaut craque ta face. Il ne l’a pas voulu. Je ne l’ai pas voulu. On ne l’a pas voulu, mon chien et moi. On ne l’a pas voulu. Il n’a pas fait exprès. C’est ta faute. Il dormait tranquille allongé à l’entrée toi tu t’approches tu te baisses tu dis, Oh le beau chien, le beau toutou, et tu lui touches l’oreille, t’es débile ou quoi, t’es débile, on travaille là mon chien et moi, on bosse ensemble, mon chien et moi, c’est mon travail, mon chien, mon chien c’est mon travail, on bosse, on sécurise, c’est mon instrument de travail, mon chien, c’est mon travail, le nôtre, à tous les deux, le mien, on est copains mon chien et moi, on est pas punks, on bosse, on est sécurites, on sécurise, on est sécurisants tous les deux ensemble, mon chien et moi, c’est mon travail, mon chien, mon chien est moi, toi tu le réveilles tu lui touches l’oreille, il a pas compris, mon chien, il a eu peur, mon chien, alors il a craqué, mon chien, en sursaut, t’as craqué ou quoi, on touche pas l’oreille, il te croque, c’est bien normal, fallait pas mettre sa tête si prêt de sa gueule comme ça, c’est un réflexe chez le chien, c’est inné, c’est instinctif chez lui, c’est bien naturel, c’était son travail, le mien, je l’ai perdu à cause de toi et de ta connerie, le beau toutou, le beau chien, à cause de ta connerie de merde, t’auras beau dire, t’as beau dire, ta peau tirée ça fait mal moi le procès les milliers d’euros que je lâche pour toi, que je me tue à payer, pour ta face, pour ta connerie de merde, putain, mon chien il est mort pour toi, putain, j’ai pas eu le choix, j’ai pas choisi, putain on ne m’a pas laissé le choix, putain, mon chien il est mort pour ta face croquée et moi je me tue pour toi, je me tue, putain, je me tue au travail et je me sens seul.

25 septembre 2015

[Texte] Benoît Toqué, La boule so fat

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 6:31

Libr-critique a le plaisir de contribuer à vous faire découvrir ce jeune poète de 28 ans qui participera en octobre sur Lille au festival "Littérature, génération y, etc." : ce texte mérite qu’on l’écoute en le lisant.

 

Nous allons. Nous allons peindre. Une grande frasq. Une big. Une big grande frasq dans ta gueule à toi. Et pour toi. Tu es parmi nous. Nous allons générer une big grande frasq bien fat. Une big grande frasq bien fat et un gros poème. Un bon gros poème bien sale. Bien gros et rond et sale le poème. Bon gros poème. Une grosse boule. Une bonne grosse boule de viande. Une fat boule de viande poétique. Avec des tic tacs dedans. 2 calories. Des tics tacs comme des mots. 2 calories par mot. Des calories d’élevage. Et poétiques. Une bonne grosse boule de viande élevée dans le Gers. Au milieu des poèmes bien graves. Des braves poulets bien gros. Des camping gaz dessous. Sous la grosse boule. La big fat grosse boule poétique bien sale. Bien dégueulasse. Avec un verre. Un verre de gnôle dessus. De la gnôle du pays. De la poire. Une big grosse poire complètement aggravée. Nous allons peindre une poire qui se fend le gras. Une big grosse poire bien fat et sale et bien smart. Bien dégueulasse. Ceci n’est pas une pomme. Ni une prune ou une pipe. Ceci est une poire qui est un poème bien sale. Tu pipes pas mot. Ça va venir. Et avec des gros vers dedans. Ça vient. Dedans la poire fendue. Des gros vers bien dégueu. Qui dégueulent. À ras bord. Qui percent la peau grasse de la bonne grosse boule. Des vers bien fat. Et bien nombreux et lourds. Lourds mais lests. Bien lests et smart les gros vers bien sales. Qui se développent. Qui grandissent. Qui dansent. Qui dandinent. Qui dandinent dans la bonne grosse boule. Qui crachent des petites boules poétiques parmi nous. Bien smart les petites boules. Toutes colorées. Comme des smarties. 89 calories par petite boule de couleur so sale. Avec on joue au foot. À la pétanque. La pétanque poétique. Je prends ma petite boule et puis je la lance dehors. Dans la rue. Le poème se disperse. Déplace. Il se rassemble. Les gens le ramassent en morceaux. Des morceaux de poèmes bien sales. Ils les mettent dans leurs bouches bien fat. Ils les recrachent. Une bonne grosse bave. Une bonne grosse bave poétique qui coule. Une bonne salive. Une salive bien grasse et grosse et so fat. Paf. Péno. Une big boule dans ta gueule bien sale. Tu tombes. Tu tombes dans la sale poésie. La salive poétique. En feu. Ma bouche est un incendie poétique. C’est so smart de le dire. Un incendie bien gros et bien dégueulasse. Sauvage. Le cochonnet enroulé dans ma langue bien big. Tu flambes. Le cochonnet prend feu. Je suis une bonne grosse boule de poésie bien fat en feu dans ta bouche en fait. Une big grosse fête. Une bonne grosse boule de poème poétique et sale dans ta bouche qui coule. Le poème coule. Bien fat et sale et cool le poème. C’est bien cool. Une belle salive bien sale. Et grasse. Tu glisses. Tu te roules dedans. Dans la grosse boule bien fat. Bien dégueu et bien smart. C’est ta grâce à toi ça quand même un peu. Une grinçante. Smart et fat à la fois. Une big grosse grâce. Une graisseuse. Et grincheuse avec ça. Tu as pris des rondeurs dis donc. Des rondeurs poétiques. Bien huilée la grosse grâce grinçante. Tu croules. Tu tombes dedans. Dans la big boule. Tu coules pas tu t’étales dedans. Tu l’aplatis. Une grosse boule et bien plate. Bien dégueu et bien fat. Comme une grande flaque de crasse. Et toi. En bonne gourde en peau de poème tout flasque. La big gourde bien lourde et lest que tu es. Toi tu avales la flaque. La flaque crasseuse. C’est dégueu. Je crache. Je me crache dedans toi. Bien dégueu la grande flaque bien big. Je crèche dedans. Comme dans une flasque. Une fat big flasque avec inscrit frasq au fer rouge dessus. Touche l’acier comme c’est froid. En feu. Je ravale et tu me recraches. Je squatte. Je suis une bonne grosse frasq. Une foule bien fat. Qui grouille. Une big grosse somme qui mouille. Somme poétique bien sale. Une flasque qui rouille. Une big boule bien massive. La boule so fat. Qui roule. Dedans. Ceci est parmi vous. En boule. Nous sommes je et bien sales.

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