Libr-critique

27 décembre 2020

[News] Libr-fêtes (2)

En ce dernier dimanche de 2020 – annus horribilis -, nulle trêve des confiseurs sur LIBR-CRITIQUE, toujours en veille – avec ses avant-goûts de lecture, ses projections pour début 2021 et sa Libr-rétrospective 2020 (2)…

 

En lisant, en zigzaguant…

â–º « La dématérialisation de l’être par sa numérisation et, désormais, son  offuscation par un masque virtuel ou de chiffe, confisquent la personne, l’aliénant à une pensée confuse qui rend fou.
Alors faut une faille, pour sauver l’envie d’exister »

(Tristan Felix, Faut une faille, Z4 éditions, automne 2020, p. 48-49).

 

â–º « Un candidat à la mairie de Paris est torpillé parce qu’il a sacrifié à Onan devant son smartphone. Un locataire de l’Élysée fait gloser la planète entière par ses escapades en scooter pour porter des croissants rue du Cirque (Labiche, es-tu là ?). Voilà qui nous change des présidents d’antan tombés d’un train en pyjama, ou expirant pendant une douceur buccale…
Ils nous traitent de pauv’ cons, de sans-dents et de gens qui ne sont rien, et ils voudraient qu’on les respecte ? »

Et donc, les Français sont-il moins cons que leurs élus ?
« Ils nous demandent d’agir, mais bloquent la rue dès qu’on esquisse une réforme. Ils exigent l’ordre, mais hurlent au premier coup de matraque. Ils nous exhortent à dire la vérité, mais mais font tourner la moindre phrase en boucle pour peu qu’on omette la langue de bois »…

(Jean-François Marmion dir., La Psychologie de la connerie en politique,
éditions Sciences Humaines, automne 2020, p.  8 et 11).

Libr-rétrospective 2020 (2)

â–º Chronique de Ahmed Slama sur Joachim Séné, L’Homme heureux

â–º Chronique de Jean-Paul Gavard-Perret sur Philippe Thireau, Melancholia

â–º Fabrice Thumerel sur Cow-boy de Jean-Michel Espitallier +  « Néo-féminismes et néo-puritanismes : la révolution conservatrice »

â–º Chronique de Christophe Stolowicki sur Virginie Poitrasson, Une position qui est une position qui en est une autre

â–º Guillaume Basquin, « L’Édition grippée »

â–º Sébastien Ecorce,« Virologie-permutation-2020 »

► Philippe Boisnard, « Journal de confinement en quête de réseau (1) »

LIBR-CRITIQUE attend début 2021...

► Revue Lignes, n°64 : « TOMBEAU POUR PIERRE GUYOTAT », textes réunis par Donatien Grau & Michel Surya, à paraître le 5 février 2021, 248 pages, 20 €. [Réserver]

Présentation éditoriale. Pierre Guyotat est l’un des plus grands écrivains de l’histoire de la littérature, nul n’en doute qui sait lire. Il vient de disparaître, il venait d’avoir 80 ans. Tous ceux dont le nom suit rendent ici hommage à l’œuvre, à l’homme, qui fut aussi un ami de Lignes.

Pierre Guyotat est mort le 7 février 2020, il venait d’avoir 80 ans. On lui rendait les honneurs, enfin, depuis quelques années. Après qu’on avait fait de lui, longtemps, un objet de scandale.

Ces honneurs qu’on lui rendait enfin (portraits, entretiens nombreux, une biographie, des prix même, in extremis) l’ont fait connaître d’un public plus large. A-t-il permis cependant qu’on comprenne mieux cette œuvre, son œuvre ? Et l’accepte, qui avait fait si peur, et lui avec, au début ? Qu’on dépasse le scandale, pourtant si considérable, créé par Tombeau pour 500 000 soldats, son premier livre sous son nom (1967), et celui, plus considérable, encore créé par Éden, Éden, Éden (1970) ? Le scandale à la vérité que constitue toute cette œuvre, jusqu’à Progénitures (que constitueront les inédits encore) ?

À moins qu’on ne se soit mis entre-temps à aimer autre chose ? L’homme lui-même, son histoire personnelle, ses récits de celle-ci, ses récits de l’histoire en général, magnifiques, sa politique, sa morale, etc. ? L’exception que son œuvre a constituée a-t-elle été recouverte par l’exception que lui-même était ?, C’est possible, mais ce serait au prix que s’oublie ce qui seul compte : une littérature (quoiqu’il n’ait jamais aimé le mot) sans commune mesure.

Souvenirs, études, de proches et d’amis pour la plupart, de lecteurs aussi : pour un hommage et pour un portrait provisoire.

Sommaire

Donatien Grau & Michel Surya, Présentation 7
Régis Guyotat, Au commencement 9
Guillaume Fau, 20h. – minuit 15
Thierry Grillet, De la voix pour commencer 21
Julien Lefort-Favreau, Guyotat, l’histoire, les faits 27
Noura Wedell, S’émouvoir à l’infini de cette beauté qui nous perd 33
François Rouan, Pierre à Laversine 41
Véronique Bergen, Visions de Pierre Guyotat 49
Jacques Henric, Pierre ou les (salvatrices) ambiguïtés 57
Emily Apter, Get Your Knee Off Our Neck !
Guyotat et le « moi indélégable » 63
Donatien Grau, La sensation de l’immémorial 75
Martin McGeown, Une lettre… 81
Catherine Brun, Pierre Guyotat, entre les lignes 85
Patrick Bouchain, Saint-Denis avec Pierre 91
Bertrand Leclair, Pierre Guyotat, hommage 97
Jean-Marc Levent, Pierre Guyotat, une politique de l’amitié 103
Linda Lê, Passer outre. L’univers d’infamie d’un « écritueur » 109
Stephen Barber, Dans les lieux : marcher avec Pierre Guyotat 115
Christian Prigent, Le dernier croyant 123
Michel Surya, Plus fort que Dieu ? 131
Colette Fellous, Istanbul, basse continue 141
Michaël Ferrier, Le vitrail Guyotat.
Pierre Guyotat et la langue française 149
Daniel Buren, « 21 lignes » : travail in situ le 21.12.20 159
Dominiq Jenvrey, Une pensée du non-état
La langue non-compromise de « Progénitures » ne permet pas la révolte 171
Maximilian Gillessen, Une monstruosité infime 187
Éric Rondepierre, Pierre Guyotat connaissait la chanson 187
Pierre Chopinaud, Éléphant 195
Colette Kerber, Pierre 199
Gérard Nguyen Van Khan, Le rire doux et terrible de Pierre Guyotat 201
Philippe Blanchon, Pierre Guyotat au cœur du Livre 209
Stéphane Massonet, Le rythme tumultueux d’un corps s’écrivant 215
Briec Philippon, Plus nu que la vie 221
Emmanuel Pierrat, Pour ne pas oublier la censure 229
Paul Buck, En amitié 237

► Pierre Escot, Spermogramme, éditions Supernova, collection « Dans le vif », novembre 2020, 152 pages, 15 €, ISBN : 978-2-490353-46-0. [Frais de port offerts si vous le commandez chez l’éditeur – car disponible en librairie seconde quinzaine de janvier 2021]

Présentation éditoriale. Spermogramme est le huitième livre de l’écrivain et photographe Pierre Escot. Entre réalité et digression, phantasmes et souvenirs, Spermogramme est écrit sous l’impulsion d’un esprit libre qui contorsionne l’espace et le temps.

Plusieurs histoires se succèdent et s’entrelacent en fragments poétiques et narratifs. On en sort conquis, essoufflé et différent.

Premier livre, premier roman, premier poème écrit à l’orée des années quatre-vingt, Spermogramme nous entraîne dans un flux puissant et halluciné.

« Avant les textes, photos, vidéos, installations et autres musiques publiés par Pierre Escot, Spermogramme : livre premier en-deçà duquel rien d’autre n’était encore exactement et sans lequel rien d’autre ne serait, sous-jacent depuis toujours, apparaissant alors puis disparaissant et paraissant aujourd’hui tel qu’en lui-même, livre originel devenu viatique, qui résiste au temps et impose sa présence, manuscrit en quête d’éditeur pendant plus de trente ans dont l’errance s’achève enfin…  » (Julien Cendres).

► Véronique Pittolo, À la piscine avec Norbert, Seuil, à paraître le 7 janvier 2021, 176 pages, 17 €.

Présentation éditoriale. À l’approche de la soixantaine, une femme doit faire des efforts pour atténuer les rides et bien choisir ses petites culottes, surtout quand elle n’a pas la silhouette d’Ursula Andress.
Des efforts, l’héroïne de ce roman en fait encore, le soir, pour rompre sa solitude sur les sites de rencontre, livrée aux faux-semblants du virtuel.
Avec Norbert (rencontré sur Meetic), elle baise, elle va à la piscine, elle parle de tout, de sexe, du salaire des patrons du CAC 40, des migrants, de #Me too, de sa future (toute petite) retraite. Elle lui parle de poésie, il répond T’as pas d’autres sujets en réserve ?
Il cite la sélection de l’équipe de France, elle préfère Kafka, il la voudrait en robe, elle préfère les pantalons. À part ça, ils s’entendent bien.
À la piscine avec Norbert est un texte cru, drôle et enjoué, une réponse féminine et féministe aux Houellebecq de tous bords.

► François Crosnier, Dan Ornik, Ahmed Slama et Fabrice Thumerel rendront compte des quatre prochaines pépites qui, dans les semaines à venir, enrichiront la collection « Al dante » dirigée par Laurent Cauwet aux éditions Les Presses du réel : Fabienne Létang, Chambre froide (textes de Amandine André, Liliane Giraudon, A. C. Hello) ; Amandine André, Anatomique comme ; Alain Frontier, Du mauvais père ; Liliane Giraudon, Sade épouse Sade. [On peut les commander dès le lundi 4 janvier 2021 sur le site des Presses du réel]

10 juin 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier jour du 36e Marché de la poésie, tout d’abord le Libr-20 des volumes (dont une revue) de/sur la poésie ; suivent quatre Libr-événements : RV autour de Bernard Noël et de Laurent Grisel à Paris, avec Griot/Manon dans la région parisienne, sans oublier Poésie civile #15…

Poésie : en ce dernier semestre, LC a reçu, a lu et recommande

♦ Olivier Penot-Lacassagne dir., Beat Generation. L’Inservitude volontaire, CNRS éditions, 2018, 392 pages, 25 €.

REV(u)E : 17, Un thé chez les fous, 2018, 230 pages, 30 €. [Un superbe collectif, avec pour exergue : "Tous ceux qui manquent d’imagination se réfugient dans la réalité"]

♦ Nikola Akileus, Éreintique, éditions Vermifuge, hiver 2017-2018, 140 pages, 15 €.

♦ Édith Azam, Le Temps si long, éditions Atelier de l’Agneau, Limoges, printemps 2018, 78 pages, 15 €.

♦ Gilles Bonnet, Pour une poétique numérique, Hermann, hiver 2017, 376 pages,  €. [Essai très stimulant !]

♦ Didier Bourda, Galerie montagnaise, Lanskine, 2018, 152 pages, 14 €.

♦ Patrick Bouvet, Trip machine, éditions de l’Attente, automne 2017, 132 pages,14 €.

♦ Sophie Coiffier, Paysage zéro, éditions de l’Attente, automne 2017, 144 pages, 14 €.

♦ Bernard Desportes, Le Cri muet, Al Manar, printemps 2018, 96 pages, 18 €.

♦ Dominique Fourcade, Improvisations et arrangements, P.O.L, mai 2018, 464 pages, 24 €.

♦ Emmanuel Hocquard, Le Cours de Pise, édition établie par David Lespiau, P.O.L, mars 2018, 624 pages, 23,90 €.

♦ Christine Jeanney, Yono Oko dans le texte, Publie.net, 2018, 176 pages, 16 €.

♦ Christophe Manon (avec Frédéric D. Oberland), Jours redoutables , Les Inaperçus, 2017, 72 pages, 14 €.

♦ Christophe Manon, Vie & opinions de Gottfried Gröll, Dernier Télégramme, hiver 2017-2018, 120 pages, 13 €.

♦ Véronique Pittolo, Monomère & maxiplace, éditions de l’Attente, automne 2017, 104 pages, 11 €.

♦ Daniel Pozner, À Lurelure, PROPOS2 éditions, 2017, 114 pages, 13 €.

♦ Dominique Quélen, Revers, Flammarion, 2018, 124 pages, 16 €.

♦ Olivier Quintyn, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €. [Essentiel pour qui veut comprendre la poésie contemporaine]

♦ François Rannou, La Pierre à 3 visages (d’Irlande), Lanskine, printemps 2018, 48 pages, 12 €.

♦ Pierre Vinclair, Terre inculte. Penser dans l’illisible : The Waste Land, Hermann, 2018, 204 pages, 22 €. [Une réflexion fondamentale sur l’illisibilité poétique à partir du célèbre poème de T. S. Eliot]

Libr-événements

â–º Lundi 11 juin 2018, Maison de la poésie Paris, 20H : Carte blanche à Bernard Noël. Avec Bernard Noël, Jean-Luc Bayard, Léonard Novarina-Parant, Jean-Luc Parant, Laurine Rousselet & Esther Tellermann.

Né en 1930, Bernard Noël signe son premier livre Les Yeux chimères, en 1953 et en 1958, Extraits du corps. Ce n’est que dix ans plus tard qu’il publie son troisième ouvrage, La Face de silenc. La publication de ces poèmes lui ouvre alors les portes de l’édition où il travaille comme lecteur, correcteur et traducteur.  À partir de 1971, Bernard Noël prend la décision de se consacrer entièrement à l’écriture. Il compose ainsi une œuvre majeure, (…)

â–º Climats de Laurent Grisel a été écrit sur une proposition de Cécile Wajsbrot, de janvier 2014, bien avant que la future « COP21 » de novembre-décembre fasse parler d’elle, à octobre 2015, et ses lecteurs eurent et ont de quoi déchiffrer le théâtre de cet accord international. Mais ce poème, cette épopée, vient de plus loin et va au-delà, ses  héros sont des ouragans, des peuples en lutte, des arbres, des scientifiques qui brisent les conventions de la décence académique, des montagnes et leurs glaciers, des galaxies, des paysans et des semences libres… 

La comédienne, diseuse, musicienne et chanteuse Anna Desreaux en donne son interprétation, qui est forte et belle, au café-théâtre de La Vieille Grille lundi prochain : le lundi 11 juin à 20h30, 1, rue du Puits de l’ermite 75005 PARIS / Métro Monge [Il est important de réserver au 01 47 07 22 11. Vous trouverez toutes sortes d’informations pratiques sur le site du lieu : https://www.vieillegrille.fr/tiki-view_articles.php?topic=13]

â–º Lundi 18 juin à 19H30, DOC (26, rue du docteur Potain 75019 Paris), Poésie civile #15 : où ça avance…

â–º Vendredi 22 juin à 20H, Parc de Rentilly (1 rue de l’étang 77600 Bussy-Saint-Martin) : Griot/Manon.

25 février 2018

[News] News du dimanche

Avant vos Libr-événements de mars (RV à la Maison de la poésie Paris, Maïsetti/Koltès, Virginie Gautier, les 10 ans de Publie.net), en UNE : Laurent Cauwet, ou Le pavé dans la mare artistique… Et des passages égrenés en lisant/zigzaguant/méditant…

UNE : Laurent Cauwet, ou Le pavé dans la mare artistique… /Fabrice Thumerel/

â–º Rencontres avec Laurent Cauwet pour son livre La Domestication de l’art. Politique et mécénat (La Fabrique éditions, 2017) : jeudi 1er mars à 19H, Librairie Texture (94, Avenue Jean Jaurès 75019 Paris) avec Véronique Pittolo ; le vendredi 2 mars à 19H, Librairie Transit (45 boulevard de la Libération, 13001 Marseille) ; samedi 3 mars, 19H, à La Boutique de La Ciotat (8, rue des Frères Blanchard).

En avant-première, le début de ma chronique à venir tout bientôt :
Le point de départ de Laurent Cauwet, qui se situe en droite ligne de la pensée debordienne, est le constat que la société du spectacle a phagocyté la sphère artistique, dont l’autonomie est par conséquent en voie de disparition. Le champ artistique est annexé par ce que l’éditeur/auteur nomme l’"entreprise culture" : les institutions publiques comme privées n’ont de cesse de domestiquer en le divertissant un public le plus large possible et une foule de créateurs de tous poils en obtenant leur servitude volontaire. Cette dernière formule nous fait songer à Pierre Bourdieu, dont l’un des derniers travaux portait sur la révolution conservatrice dans l’édition : à la bipolarisation du champ littéraire (espace autonome versus espace commercial) succède la domination d’une vaste zone interlope où se recyclent les formes et les thèmes propres à la modernité ; d’où l’avènement de bricoleurs géniaux devenus experts dans l’art de récupérer, voire de subvertir des valeurs consacrées de l’art moderne comme la notion même de "subversion", la "liberté créatrice", la "bohème"…

En lisant, en zigzaguant…

♦ "au-dehors des humanolisses glissent et broutent la pelouse pendant la pause déjeuner ils ascenseurisent en troupeau terne et se merguezent et se moquettent grise frites froides. rapidement leurs cerveaux glacés se creusent par habitude ou se pizzagrillent d’autres bureautent seuls leur sandwich parcellisés dans un coin. au-dedans un suicidinformaticien s’agrippe à une table il tente vainement de tapoter sur son clavier xanaxé intranquille" (Beurk, Le Salariat pue, Caméras animales, 2018, p. 37).

♦ "Petite vie
passée au simple" (p. 66).

"Fibrée à l’intérieur et lisse à l’extérieur" (p. 11) : la meilleure parade, non ?

"Des comédies, je mâche prudemment
le rose putride" (p. 45).

Le poète n’est-il pas celui qui "réside où la chose se dit moindre" ?  (Marie de Quatrebarbes, Gommage de tête, Éric Pesty éditeur).

Libr-événements

â–º Trois RV à ne pas manquer en mars à la Maison de la Poésie :

â–º Vendredi 2 mars à 18H, rencontre avec Arnaud Maïsetti pour sa biographie de Bernard-Marie Koltès (éditions de Minuit) au Coupe-Papier (19, rue de l’Odéon 75006 Paris).

â–º Jeudi 8 mars, lecture-projection de Virginie Gautier :

â–º Pour les 10 ans des éditions Publie.net, RV mardi 20 mars à 19H à la Médiathèque François Sagan :
8 rue Léon Schwartzenberg – 75010 Paris
Métro : Gare de l’Est, lignes 4, 5, 7 (Sortie 8 Bld de Magenta)
Bus : Gare de l’est, lignes 30, 31, 32, 35, 47

LECTURES ET PERFOMANCES
– Nadine Agostini
– Julien Boutonnier
– Virginie Gautier
– Fred Griot
– Anne Savelli
– Joachim Séné

15 juin 2017

[News] Libr-news

Vos derniers RV de juin, en direct ou en images, de lectures publiques en lectures privées : autour des poétiques de l’excès (Amandine André et AC. Hello), de Christian Prigent… d’Yves Charnet, d’auteures publiées chez Lanskine… d’auteurs surprises lors de la clôture des États généraux de la poésie à Paris…

â–º Pour revenir en images sur la soirée du 10 mai dernier, proposée par Remue.net à la Maison de la poésie Paris : "Poétiques de l’excès", avec Amandine André et A.C. Hello : voir.

â–º En librairie, la somme issue du Colloque international de Cerisy sur l’œuvre d’un contemporain majeur : Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel dir., Christian Prigent : trou(v)er sa langue (Hermann, 550 pages et une bonne vingtaine de reproductions).

Premier bilan sur les recherches déjà engagées, surtout à partir des années 1985-1990, et portant sur quarante-cinq ans d’écriture, que la réflexion ait concerné Christian Prigent en tant qu’auteur d’une œuvre personnelle protéiforme expérimentant tous les domaines (poésie, essai, roman, théâtre, entretien, traduction, chronique journalistique, lecture de ses textes) et dont il a su déplacer les frontières, mais aussi en tant que revuiste passionnée, lié à un grand nombre de livraisons poétiques, théoriques, artistiques, et ayant lui-même co-fondé la revue d’avant-garde TXT (1969-1993), avec la volonté de démarquer un espace éditorial différentiel par rapport à Tel Quel. Le fil conducteur de la langue, tant ouvertement réfléchie par l’écrivain dans ses essais ou ses fictions, récits et poèmes, s’imposait.

La présentation complète sur le blog Prigent : ici.

â–º Les 17 et 18 juin à Montreuil : Prigent, Pennequin, Espitallier… La Cie Ça Va Sans Dire vous invite à découvrir LANGUES et autres poésies contemporaines…

Mise en scène : Trelohan Thomas – Direction d’acteur : Laura Flahaut
Avec : Thomas Trelohan (Comédien), Louis Fatus (Violoncelliste)

Partir d’une envie, une envie de partager des textes, de partager la découverte de la poésie contemporaine pour parler de l’homme éclaté, dans un monde en éclatement, rempli de petites histoires, de petits trous. Voilà, avec la poésie, faire un portait de lacunes dans des langues subjectives, dans un voyage avec les poètes d’aujourd’hui. Oui, des poètes qui habitent leurs langues, ne la subissent plus, sortent de la communication pour nous parler, nous partager leurs révolutions intérieures.

Corpus de textes :
Jean Pierre Siméon « À l’impossible on est tenu »
Christian Prigent « Commencement » (extrait)
Charles Pennequin « L’armée Noir Vol n° 1 » et « La ville est un trou »
Ritta Baddoura « Parler étrangement » (extrait)
Jean Michel Espitalier « En Guerre » (extrait)
Rémi Checchetto « Là où l’âme qui se déchire un peu mais pas toute » (extrait)
Élodie Petit « Va t faire baiser ailleurs »

Le Samedi 17 Juin à 20h30
Le Dimanche 18 Juin à 19h
Studio Albatros
52 Rue du Sergent Bobillot, 93100 Montreuil
Metro: Ligne 9 Croix de chavaux
PLAN ET SITUATION
Renseignements et Contacts :
Tél. 06.58.41.15.31
trelohan.thomas@gmail.com

Lien du site de la compagnie:
https://cavasansdiresite.wordpress.com/

â–º Jeudi 22 juin de 18h30 à 20h00 Yves Charnet entre prose & poésie : l’autofiction comme geste lyrique ? En dialogue avec Dominique Rabaté.
De "Proses du fils" à "Dans son regard aux lèvres rouges", Yves Charnet n’a cessé de mettre en mots une autobiographie lacunaire, hantée par l’absence du père, dont chaque livre assemble les bribes. Cette autofiction de soi s’écrit en prose, faute de mieux, dans le parrainage de la poésie dont elle porte la nostalgie, dans le sillage d’un blues jazzé où le Je cherche son échappée lyrique. C’est sur ce désir de poésie et ce qu’il transforme de l’écriture autofictionnelle d’impudeur et d’aveu que portera l’entretien.
Dominique Rabaté
Ancien élève de l’ENS (1983), Yves Charnet est agrégé de Lettres Modernes, il a soutenu, en 1995, une thèse dirigée par Jean Delabroy et intitulée "Figurer l’énergie, Baudelaire écrivain du visuel". Il vit & travaille à Toulouse depuis 1996 où il a fondé le module d’Arts & cultures à l’ISAE/SUPAERO.
Après avoir beaucoup écrit & colloqué sur la littérature extrême-contemporaine à partir de ses principaux prosateurs & poètes, il se consacre, depuis 2010, au chantier lyrique de son "autofiction sans fin" inauguré en 1993 par la parution remarquée de "Proses du fils". Amateur de jazz & de tauromachie, sa passion pour la chanson française dans tous ses états s’est particulièrement illustrée par des amitiés considérables avec Claude Nougaro & Serge Lama.
François Rannou va consacrer, dans le second numéro de la revue "Babel heureuse" (à paraitre à l’automne 2017) un important dossier à son travail d’écrivain de l’intime entre prose & poésie.
Derniers livres parus : "La tristesse durera toujours" (La Table Ronde, 2013) ; "Le divorce", Belin, coll. "L’Extrême Contemporain", 2013 ; "Quatre boules de jazz, Nougasongs", Alter Ego, coll. "Jazz Impressions", 2014 ; "Dans son regard aux lèvres rouges", Le Bateau Ivre, 2017.
à la Mel – 67, bd. de Montmorency – Paris 16
Entrée libre et gratuite – réservation obligatoire au 01 55 74 60 91
// la Mel – t. 01 55 74 60 90 –

â–º Jeudi 22 juin à 19H30 : rencontre avec trois auteurs de Lanskine à la Librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris).

Organisé par les éditions Lanskine :
Trois autrices, Sereine Berlottier, Séverine Daucourt-Fridriksson et Lucie Taïeb, lisent à la librairie Texture leurs textes ou traductions fraîchement parus chez Lanskine, en présence du poète Pierre Drogi qui conduira l’ensemble grâce à ses sensibles-simples-et-précieuses-impressions.
Il s’agira de ruptures, de montagnes, de perte, de désir, d’Islande, de voix… d’un équipage entier qui vous attend, l’impatience à son comble.

â–º Jeudi 29 juin à 19H : clôture des États généraux de la poésie à la Sorbonne avec les Invisibles, amphi Descartes (75005).

Lecture de Claude Ber, Geneviève Huttin, Vannina Maestri, Roxana Paez, Véronique Pittolo et Anne Talvaz ainsi que de textes de leurs invitées invisibles…

23 juin 2016

[News] Libr-estivales

Des RV estivaux à ne pas manquer : soirée à Dole, à la Librairie Texture (75019), clôture du festival POEMA, soirée L’Échappée belle à Sète, Christian Prigent sur France Culture… Soutenez URGENCE POÉSIE #2 (Lodève)…

 

â–º Vendredi 24 juin à 19H30, Musée des Beaux-Arts de Dole (Pavillon des officiers, 85 rue des Arènes), SOIREE PERFORMANCES « avec les pieds et la bouche et les fesses et la cervelle et le ventre et les oreilles » : Hortense Gauthier, Véronique Hubert "Utopia présence au musée des beaux-arts de Dole", Manon Harrois vs Bertrand Kelle « Je t’adore reloaded. »

â–º Vendredi 24, 19H-20H, Texture Librairie (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris) : Invisibles, Audibles, Lisibles, Les Poètes Font Tourner Les Tables. Avec Anne TALVAZ, Claude BER, Geneviève HUTTIN, Nelly GEORGE-PICOT, Roxana PAEZ, Vannina MAESTRI, Véronique PITTOLO

â–º Samedi 25 juin à 17H, Festival POEMA, soirée de clôture 

Kulturfabrik Esch-sur-Alzette

116, Rue de Luxembourg, 4221 Esch-sur-Alzette

Plus d’une dizaine de lectures, de lectures-concerts ou de lectures-performances, une trentaine d’artistes (poètes, musiciens et danseurs) dans tous les espaces de la Kulturfabrik.

L’invitation est faite au public de venir voir / écouter / rencontrer une trentaine d’artistes luxembourgeois, belges et français. Poètes, musiciens et danseurs se croiseront, pour la plupart pour la première fois, et inventeront pour l’occasion des formes artistiques inédites, en solo, en duo et plus. Parmi une douzaine de lieux, le public sera convié à composer son parcours au gré de ses envies…

Avec:
– Didier Bourda (F), textes voix / Michel Deltruc (F), percussions jouets
– Antoine Boute (B), textes voix / Aurore Gruel (F), danse
– Antoine Cassar (L), textes voix / Sophie Langevin (L), traductions
– Rodica Draghincescu (F), textes voix / Franck Hammerlé, batterie
– Didier Petit (F), violoncelle / Stefan Scheibihler, contrebasse
– Pierre Guéry (F) et Michaël Vandebril (B), textes voix / Gauthier Keyaerts (B), sons
– Alain Helissen (F), textes voix
– Guy Helminger (L), textes voix / Sylvia Camarda (L), danse
– Dominique Massot (B), textes voix / Milady Renoir (B), corps / Alain Subrebost (B) taiko
– Anita Navarrete-Berbel (F), textes voix et cithare
– Tom Nisse (B/L), textes voix / Nicolas Ankoudinoff, saxophones
– Lambert Schletchter (L) / Joy Slam (B) / Volauvent (B) / l’Ami Terrien (B), textes voix
– Siriltiebo (F), textes voix listes
– Laura Vasquez (F), textes voix / Vincent Granger, vents

â–º Samedi 25 juin, de 18h00 à 21 h00 // Sète, derrière la mairie la libraire L’ Echappée belle
La poésie de la rue, ces traces rammassées au hasard des promenades, de ce qu’on apelle un déchet, jeté dans les poubelles ou à même le trottoir ou sur la plage…
Les traces des individus de passage des artisans des commerçants ou des riverains se transforment et reprennent une autre vie. Ces emballages « démoniaques » deviennent au grés des rencontres avec des amis, des peintres des artistes les images de nos pensées les plus secrètes, invités au restaurant BIO « Le HOMARD & DINDON » dont l’originalité de leur cuisine n’est pas sans rapport avec notre expo : http://homardetdindon.fr/fr/
Les artistes qui ont bien voulu se prêter au jeu de l’ART : Laure Della Flora, Jean-Jacques François, Karl Gietl, Marie Helène Abatte, Didier Calléja (didika) , Isabelle Piron ainsi que 3 guitares recyclées: Mourres de POrc en solo, Christophe Peccini & Michael L ‘Australien… Une performance sera créée pour l’occasion.

â–º Christian Prigent évoquera Les Amours Chino sur France Culture le lundi 04 juillet 2016 de 13 H 25 à 13 h 50  (émission «La grande Table»).

â–º URGENCE POESIE #2 
aura lieu du 7 au 10 juillet 2016 à Lodève.



Ce sera la seconde édition, d’URGENCE POESIE,

la première, l’an passé est née en réaction à la suppression du festival
 Les Voix de la Méditerranée.


Cette année, nous aurons le plaisir d’accueillir :


Nadine Agostini, Khouloud Al Zghayare, Samantha Barenson,
Julien Blaine, 
Guillaume Boppe Katia Bouchoueva, Yves Bressande,
Béatrice Brérot, 
Nadine Cabarrot, la Caravane  Syrienne, Bernard Deglet,
Sylvie Durbec, 
Guiseppe Gofreddo, Nicolas Giral, Golan Haji,
Emmanuel Hiriart, Louis Lafabrié, 
Melchior Liboa, Rafaële Mamane,
Marthe Omé, Dominique Ottavi, 
Francois Philipponnat, François Szabo, Marius Loris,
Pierre Soletti, Patrice Soletti, 
Dominique Sampiero, François Szabo, Yannis Stiggass.



Il y aura plusieurs moments de lectures dans différents lieux de la ville, des jardins, des cours.

Des musiciens, des danseurs, des plasticiens accompagneront ces moments de lecture.

Une quinzaine d’éditeurs seront aussi présents.

Une conférence de presse aura lieu :

le 28 juin à Montpellier, à la Gazette Café.

Seront présents Julien Blaine, Guillaume Boppe, Didier Calleja, Patrice Soletti, Marthe Omé

C’est un évènement sans aucune subvention,
c’est pourquoi le collectif lance sa première campagne de financement participatif.
Pour participer rendez-vous sur le lien suivant :
http://www.proarti.fr/fr/project/soutenir/1171

13 mai 2014

[Chronique] Véronique Pittolo, Une jeune fille dans tout le royaume, par Emmanuèle Jawad

"À quoi bon écrire des livres à l’heure du mariage pour tous ?" De la poésie comme conte cruel…

Véronique Pittolo, Une jeune fille dans tout le royaume, éditions de l’Attente, printemps 2014, 158 pages, 11,50 €, ISBN : 978-2-36242-047-4.

 

Une jeune fille dans tout le royaume recyclant remarquablement dans un texte acerbe les stéréotypes et les figures du féminin, Véronique Pittolo ancre nos représentations dans une mémoire collective.

 

Trois parties structurent un ensemble dont les deux dernières reprennent explicitement des références communes (personnages de film, de conte) : Schrek et Chaperon loup farci. Dans La jeune fille et les utopies, première partie particulièrement réussie, la jeune fille d’aujourd’hui est perçue au regard de celle d’avant 1968 dont l’éducation traditionnelle, religieuse et rigide, se déploie dans toutes ses opérations d’entrave à l’émancipation : « dans certaines familles, la République des filles fut le catéchisme ». L’éducation d’alors, saisie dans le détail juste et tranchant, percutant, est rapportée sous forme de paragraphes concis et rythmés dont le déroulement dresse une description impitoyable d’un système de pensée éducative. Ainsi, « dans les jupes du catéchisme, chacune ressent son infériorité (…) ».

 

Si « la religion et les contes fabriquent des familles toxiques (…) », les personnages de contes présents dans ce texte d’ouverture La jeune fille et les utopies, notamment sous les traits de l’ogre et sous l’angle de la critique (Blanche Neige), s’inscrivent dans le réel contemporain, actualisés. Certains éléments caractéristiques du conte repris (notamment par le biais de personnages types : rois, reines, cavaliers…) se déplacent dans un environnement où les marquages et les débats (internet, Facebook, mariage pour tous…) sont ceux d’une contemporanéité. L’avancée du texte procède par accumulation de traits caractéristiques, détails qui campent une époque, un type d’éducation, une condition féminine, et font écho à une histoire individuelle dans une mémoire des représentations et de l’intime, mettant en situation, provoquant l’éveil de « souvenirs collectifs ». Cela appuyé par différentes interpellations, regards-caméra, adresses au lecteur (et en particulier à la lectrice) sous forme d’interrogations-retours instaurant un véritable lien entre l’auteure et son lecteur.

 

Les figures du féminin sont reprises de façon distanciée par Véronique Pittolo, qui, avec un humour certain, procède dans ses énoncés à des catégorisations (à plusieurs reprises, substantivation des qualificatifs : « la petite sage », « la pulpeuse », « les gentilles »…). Les figures du féminin sont déployées dans leur environnement historique, social (codes et décryptage d’une apparence physique, vestimentaire…), familial (figure de la mère). L’auteure, dans un travail d’épuisement et de recyclage des stéréotypes, les déplace sous l’angle de la critique, de l’ironie, et cela, à travers le prisme d’une période historique (actuelle et avant 1968). Les jalons d’un questionnement critique sont posés, mettant en situation des modèles, rôles d’identification ainsi que des catégorisations sociales.

 

Les motifs d’un patrimoine abondent sous l’énonciation de personnages de contes traditionnels et de cinéma (dans une moindre mesure, évocation emblématique de stars associées à un « mythe féminin »), passés au crible du questionnement critique. « La lutte des classes est détournée au profit d’un enjeu sentimental, mais une fois la princesse délivrée, que reste-t-il au peuple ? ». Sous forme de fragments, sont rapportés dans Schrek, des références aux contes (la Belle au Bois Dormant, la Belle et la Bête..), objets rituels décontextualisés (le miroir, le fuseau), des éléments de morale, préceptes, formules, expressions toutes faites (« beau comme le jour »). Dans le travail d’actualisation critique des personnages, l’aspect formel et graphique sert le discours (mots clés, éléments emblématiques d’une phrase rapportés en caractères gras).

 

Véronique Pittolo revisitant les contes, les signes d’une modernité ponctuent Chaperon loup farci (une « chevillette électronique », la télévision etc.) et marquent ce déplacement du récit traditionnel dans une période historique donnée (contemporaine). Dans cette actualisation, pour le Chaperon rouge, « la promenade devient une FUGUE », la forêt, une banlieue, tandis que les dents de Mère-Grand se permutent en dentier et les lunettes de celle-ci ne servent plus qu’à voir la télévision.

 

« Qui croira à une épopée miniature qui n’est pas un conte ni un poème, mais tout cela à la fois et rien de particulier qui accroche la mémoire, l’émotion, l’identification ? »

En retournant ainsi à la préface de Véronique Pittolo et en replaçant ces derniers termes sous un signe affirmatif, une définition juste d’Une jeune fille dans tout le royaume nous est donnée.

20 avril 2014

[News] News du dimanche

On commencera ces NEWS du dimanche par une nouvelle rubrique, Libr-5 : chaque semaine ou presque, une sélection des livres reçus et recommandés, une sorte de quintessence en un Libr-coup d’œil. Aujourd’hui : Christian Prigent, Véronique Pittolo, Frédéric Boyer, Daniel Pozner, collectif sur la lettre au cinéma. Ensuite, nos Libr-événements (RV poétique à Tourcoing ; Mathieu Brosseau) et notre Libr-web (numéro 0 de la revue numérique Le Cafard hérétique ; blog PRIGENT).

Libr-5

â–º Christian Prigent, DCL épigrammes, P.O.L, avril 2014, 272 pages, 9 €, ISBN : 978-2-8180-2064-7.

Le Moderne, une nouvelle fois, cligne vers un Ancien : Martial, qui « n’est pas de la "race irritable des poètes" » ; Martial, qui "synthétise et met en forme comique le bruitage du temps" (p. 14 et 16)… Grand écart entre le Ier et le XXIe siècle : en quête de mécènes, Martial est "un peu comme nos poètes contemporains clients des institutions (bourses, subventions, aides à la création, résidences d’artiste) et habitués des soirées de lectures-performances et autres ateliers d’écriture)"… Un Martial carnavalisé, trempé à l’acide satirique :

Si je pourrais foutre une vioque ? Oui.
Mais toi tu es morte : c’est encor pis.
Oui je peux baiser Hécube ou Niobé
Mais avant qu’en chienne ou pierre changée (51).

â–º Véronique Pittolo, Une jeune fille dans tout le royaume, éditions de l’Attente, printemps 2014, 158 pages, 11,50 €, ISBN : 978-2-36242-047-4.

"À quoi bon écrire des livres à l’heure du mariage pour tous ? […]

Écrire des livres à l’heure des blogs et de la réaffirmation du mariage comme valeur extrême ne rend pas l’auteur plus intéressant que les millions d’internautes, de pseudos masqués ou dévoilés. Qui croira à une épopée miniature qui n’est pas un conte ni un poème, mais tout cela à la fois et rien de particulier qui accroche la mémoire, l’émotion, l’identification ?" (p. 9 et 15).

Nous on y croit, et mordicus !

La poésie comme travelling d’âge en âge
conte cruel
Agencement Désaccordé-Nitroglycériné…

â–º Frédéric Boyer, Dans ma prairie, P.O.L, avril 2014, 80 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-2054-8.

Agencement répétitif et lieu poétique…

"D’abord choses sans nom. Distances infinies. Êtres secrets. Ma prairie. Qui vivent et toujours seront. La nuit produire des messages mûrs comme des fruits non parlants. Des choses libres avec la faiblesse craquante de l’herbe" (p. 25).

â–º Daniel Pozner, / d’un éclair /, Passage d’encres, coll. "Trait court", avril 2014, 42 pages, 5 €, ISBN : 978-2-35855-089-5.

Épiphanies poétiques…

"Ce matin café craché, des taches, portrait, chromatographie, palimpseste, c’est matin qu’il faudrait l’écrire, au son d’un prélude et fugue, mais il est tard et loin, je dormirai demain, et pas de mot, du jour blanc déjà, sonnez trop tôt matines" (p. 34).

â–º La Lettre au cinéma, études réunies par Eléonore Hamaide-Jager, Françoise Heitz, avec Patrick Louguet et Patrick Vienne, Artois Presses Université, coll. "Lettres et Civilisations étrangères", série Cinémas, avril 2014, 270 pages (papier glacé, avec de magnifiques reproductions), 20 €, ISBN : 978-2-84832-188-2.

Caractère unique ou polysémique, tronqué, éphémère ou tatoué, lettre d’amour ou de dénonciation, lettre perdue, égarée, retrouvée, oubliée, déchirée ou espérée, lettre-vidéo, ou courrier électronique, image palimpseste, la lettre emprunte mille formes pour interroger la création cinématographique. Après la littérature, le cinéma s’en empare, dès son origine, jouant de la missive comme ressort dramatique dans son rapport à l’espace et au temps et déjouant les difficultés de la monstration du caractère graphique dans le récit filmique.
Si la lettre comme échange épistolaire au cinéma a déjà fait l’objet de plusieurs études, ce recueil entend s’arrêter plus particulièrement sur le signe graphique hantant ou structurant l’image cinématographique, sa présence et ses effets de sens, comme miroir et emblème de l’écriture filmique, entre mimésis et sémiosis. D’adjuvant technique quand elle supplée l’absence de parole, la lettre tend à devenir un élément de la plastique générale du film, au-delà du simple motif ou thème, voire un principe de mise en scène, passant du «â€¯visible au lisible », selon la formule de Deleuze. Participant à l’esthétique très travaillée de certains génériques, la lettre habite aussi le film dans son entier, laissant voir de manière plastique les ambiguïtés, les hésitations et les décisions des personnages, de façon d’autant plus signifiante quand ils sont eux-mêmes des artistes en phase de création. Certains réalisateurs en disséminent, voire en saturent leur œuvre, accentuant de cette manière les effets d’auto-citation et de reprises et la dimension réflexive de leur film. Ancrés dans l’alphabet personnel du créateur ou dans la mémoire collective, ces caractères balaient le champ de la communication entre les personnages mais aussi entre le réalisateur et le spectateur, témoin d’une énonciation en acte.
C’est l’objet du présent volume, à travers une série d’études menant du muet au cinéma le plus contemporain, français ou étranger, du film expérimental au blockbuster, en passant par le documentaire ou le film d’animation que de représenter la lettre dans toutes ses acceptions et manifestations graphiques, plastiques ou esthétiques.

Libr-événements

â–º Samedi 10 mai 2014 à partir de 18h, La Confection Idéale (50, rue de Mouvaux à Tourcoing – près de Lille) : lectures "no limit" avec les poètes Bruno Fern, Dominique Quélen, Cécile Richard, Patrick Varetz, Victor Martinez, & co.

â–º On lira dans le dernier numéro de la Quinzaine Littéraire (2e quinzaine d’avril 2014) le poème inédit de Mathieu Brosseau.

Libr-web

â–º On lira avec intérêt le numéro 0 de la revue en ligne Le Cafard hérétique.

â–º Autour de Christian Prigent : parmi les derniers posts, un dyptique sur Les Enfances Chino, un bel hommage de Bruno Fern et le programme détaillé du colloque de Cerisy. Lors de ce RV exceptionnel, nous espérons retrouver un maximum d’entre vous, Libr-lecteurs prigentiens : il reste des places, inscrivez-vous au plus vite (en début de page du programme, cliquez sur le bon de réservation).

30 mars 2014

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mars – jour de second tour des municipales, pour la petite histoire -, on commencera par méditer sur le Libr-clin d’œil de Cuhel sur la démocrazie. On ne manquera pas, ensuite, de lire l’appel de la revue Nioques. Enfin, des Libr-événements à foison : Michel et Monique Pinçon à Lille ; Eric Sadin, Eric Chevillard, la soirée Flammarion, Sandra Moussempès, Virginie Poitrasson, Véronique Pittolo à Paris ; les éditions de l’Attente à Bordeaux (avec Jérôme Game) et au Poulinguen (avec Eric Pessan)…

Libr-clin d’oeil de Cuhel : DÉMOCRAZIE

Salut les Bellezâmes ! – pour qui le vote est l’action politique à la portée des caniches.

DÉMOCRAZIE

Droit de voter
de vovoter
de revoter
de reroter
de vivoter
d’ex-voter

Droit au tout-à-l’ego
droit au tout-à-gogo
droit au tout-au(x)-gogo(s)
Démogogolisez-vous !
Démogogolissez-vous !
Démomolissez-vous !

Droit d’être gaveur
gaffeur
baveur
acheteur
spectateur

Droit d’être hystérhic
boulimhic
anorexhic

Droit de panser
crever
dé-penser

Droit d’être marrant
engageant
conciliant
transparent

Droit de niquer
de communiquer

Droit de voir
d’être vu
de ne pas savoir
de se faire avoir

Droit au ressenti psychométéorologique
au déni psychopathologique

Droit au cynisme
au voyeurisme
au vampirisme
au populisme

Droit au choix entre

kapit®@lisme™ 1 = devoir de servir à
vous asservir
l’immondyalisation
libérer la fin’démence

kapit®@lisme™ 2 =Liberanalité
EgalAustérité
Fraterniqué
Libérez la liberté des libéranaux !

kapit®@lisme™ 3 = droit à la démosecturité
au lisse et à la police
lissez vos peaux et drapeaux
lissez vos fanions, vos croupions et vos opinions
lissez vos races
lissez vos traces
lissez-vous !
listez-vous !
vissez-vous !

 

TOUS POUR NIOQUES !

Nous relayons l’appel de la revue Nioques, l’un des piliers de notre modernité littéraire.

" Comme vous le savez peut-être, après avoir quitté les éditions Le mot et le reste, Nioques a pris un nouveau départ adossée aux éditions de la Fabrique, via une convention aux termes de laquelle l’éditeur fait bénéficier la revue à la fois de son imprimeur et de son diffuseur, et ce, depuis deux numéros. “Adossée” signifie qu’il s’agit d’un partenariat, l’association « Nioques-Outside » restant l’éditeur de la revue les frais de fabrication et les coûts d’impression sont à sa charge.  

Cette situation nouvelle nous a conduits à ouvrir une campagne destinée à nous faire retrouver un nombre d’abonnés suffisant pour envisager la publication de nos deux prochains volumes dont les sommaires sont d’ores et déjà en notre possession.  Il se trouve par ailleurs que les critères permettant de solliciter l’attribution d’une « aide aux revues » auprès du CNL ont été sensiblement durcis, si bien qu’en l’état actuel des choses il ne nous est plus possible de solliciter une telle subvention, alors même que le CNL a toujours soutenu la revue de façon significative, depuis ses premiers pas en 1990.  Un tel soutien, nous n’en doutons pas, nous serait de nouveau accordé, si nous retrouvions un mode de fonctionnement stable et conforme aux exigences en vigueur.

C’est pourquoi nous sollicitons aujourd’hui l’aide de  tous ceux qui ont participé à l’aventure Nioques, que ce soit en tant que lecteurs, ou comme auteurs, écrivains, poètes ou artistes. Nous avons besoin d’abonnements supplémentaires pour sortir de ce moment difficile, pour mettre en fabrication le volume qui devait paraître ce printemps, et pour prétendre à une nouvelle aide de la commission dont nous dépendons au CNL.   

Si vous ne pouvez pas vous abonner, vous pouvez néanmoins manifester votre soutien par un don de l’ordre de vingt euros, ou davantage si vous le croyez possible

Merci d’avance à tous. "

♦ Pour soutenir concrètement la revue :

abonnement pour deux numéros

nom

prénom

raison sociale

adresse

code postal ville pays

téléphone

mail

pour deux numéros
• France : 42 euros + 7 euros de frais de port : 49 euros
• Étranger : 42 euros + 14 euros de frais de port : 56 euros
• Règlement par chèque ou mandat à l’ordre de Nioques outside
• Virement à l’ordre de Nioques outside
iban : fr 76 1460 7000 8266 0135 7916 058 / bic : ccbpfrppmar
Facture sur demande
Bulletin à retourner à :
Jean-Marie Gleize
"Les Cèdres", 62, boulevard Jean Giono
04130 Volx (France)
pour toute demande, écrire à nioques@gmail.com

Libr-événements

â–º Débat public sur la "Violence des riches" – Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – 1er Avril 18h30 à Science Po Lille

ATTAC, les Amis du Monde Diplomatique et Espace Marx
vous invitent à un débat public avec

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Le mardi 1° avril 2014 à 18h30 à l’IEP de Lille (Sciences Po),84, rue de Trévise, métro Porte de Valenciennes

LA VIOLENCE DES RICHES

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d’un monde social fracassé. Fracassé par quoi, par qui ? Par une violence de classe, une classe qui n’est pas sans visage, pas sans acteurs ni sans stratégies. Cette violence est organisée, d’abord, par « les plus riches parmi les riches », avec leurs réseaux d’alliés. Cette classe oligarchique est celle des grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, intellectuels « chiens de garde »,experts aux ordres. Les dirigeants politiques, alternance ou pas, ont une part écrasante de responsabilité dans l’exercice de cette domination. Une caste casse le reste de la société. Les modalités d’une contre-offensive existent pourtant.

â–º A l’occasion de la parution de Softlove aux éditions Galaade, Etienne Armand Amato s’entretiendra avec Eric Sadin : jeudi 3 avril à 20H, Le Monte-en-l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris).


« J’enclenche la montée graduelle de l’intensité lumineuse que je décide vu l’historique passablement agité de son sommeil d’ajuster degré ultrasoft > 77 lux | Elle redresse son oreiller contre le mur s’y adosse les yeux tendus vers un interstice des volets j’opte pour une ambiance chromatique abricot méditerranéen douceur pastel que je sais bienvenue l’entends aussitôt dire : ʺC’est bien comme ça tellement bien si agréableʺ | »

Un système intelligent connaît tout de la personne dont il a la charge exclusive, l’accompagnant à chaque instant de son quotidien. Administration domestique, assistance professionnelle, conseils sur des offres commerciales avantageuses, alertes à l’égard de risques imminents. À toute heure du jour ou de la nuit, cette entité invisible et omnisciente est programmée pour anticiper ses désirs. Or la machine tombe secrètement amoureuse…

Softlove relate vingt-quatre heures de la vie d’une femme à travers le regard avisé et éperdu de son assistant numérique. Cette fiction à la langue précise et fluide poursuit la réflexion que mène Éric Sadin à l’égard de notre environnement technologique contemporain.

 â–º Vendredi 4 avril à 19H, Nospheratous, expo photo et collage de Tomagnetik, MANIFESTEN (cf. photo en arrière-plan) / Al dante (59, rue Thiers à Marseille).

 â–º Samedi 5 avril 2014 à 20H, Maison de la poésie de Paris : lecture par Christophe Brault du Désordre Azerty de Eric Chevillard.

 â–º Les 4, 5 et 6 avril 2014, de 10h à 19h, stand L 23 à l’Escale du livre de Bordeaux, RV avec les éditions de l’Attente (présentation des nouveautés et d’une partie du catalogue).

Vendredi 4, performance "Fabuler, dit-il" de Jérôme Game (texte, voix) et Olivier Lamarche (musique), salle de l’Atelier à 18h30. A l’issue de cette performance, signature de Jérôme Game pour son livre DQ/HK.

 

â–º Soirée SPRING BREAKERS le 8 avril à 19h30 : Sandra Moussempès vous attend pour fêter l’arrivée du printemps et questionner le lien entre poésie et cinéma à la librairie Texture (94 av. Jean-Jaurès 75019 Paris, métro Laumière). Voici la présentation que l’auteure en fait elle-même :

" Je lirai pour cette soirée une majorité de textes inédits extraits de mon prochain recueil à paraître dans la collection Poésie/Flammarion début 2015, mais aussi de livres précédents, autour de Mulhohand Drive de David Lynch, Zabriskie point d’Antonioni, Code : inconnu de Pete Haneke et de Spring breakers d’Harmony Korine, avec comme figure centrale, le personnage féminin, silhouette dissonnante ou héroïne flottante.

Je présenterai également une performance sonore sous forme d’audio-poèmes afin d’évoquer une certaine Californie intérieure, toute cinématographique avec en vrac des passages d’icônes préfabriquées, du groupe Cocteau Twins, de Sharon Tate, de chirurgiens esthétiques, de piscines et catalogues rouges sang.

Mon invitée pour cette seconde soirée sera Virginie Poitrasson, poète, plasticienne et performeuse qui proposera une lecture performée « surprise » en réponse à ma propre proposition.

J’évoquerai avec elle ainsi qu’avec l’audience les « découpés visuels », plans séquences matérialisés puis textualisés sous forme de fragment. En quoi le cinéma devient-il support métaphorique de l’écriture, passant de l’image muette à la bande-son, comment s’intervertit le désir d’une réappropriation sensorielle, entre cosmétologie de l’inconscient et choix formels.

Une réponse est-elle possible ? "

â–º Les 11, 12 et 13 avril, RV avec les éditions de l’Attente : stand au salon du livre "Nau Belles Rencontres" (Le Pouliguen – 44), pour la sortie du livre d’Éric Pessan, Le Syndrome Shéhérazade.

Dimanche 13 avril, Apéro lecture-rencontre-signature, Salle Baudry à 12h ; à 15h, table ronde : "Un salon d’éditeurs, quel rôle pour la chaîne du livre ?" Animée par Éric Pessan, avec les éditions de l’Attente, Les ronds dans l’O et Quidam.

â–º Mardi 15 avril à 19h, rencontre / lecture de Véronique Pittolo à la librairie Texture (Paris 19e) pour son livre Une jeune fille dans tout le royaume, qui vient de paraître aux éditions de l’Attente dans la collection "Propos poche".
Librairie Texture
94 avenue Jean Jaurès
75019 Paris / Tél. : 01 42 01 25 12

7 mars 2012

[News] Trois rendez-vous poétiques…

Trois rendez-vous pré-printaniers à ne pas manquer : Bruno FERN et Oscarine BOSQUET à Caen ce vendredi ; Vannina MAESTRI, Véronique PITTOLO, Nadine AGOSTINI et Michèle MÉTAIL à Angoulême le vendredi 16 ; Jérôme BERTIN, Didier CALLÉJA, Christoph BRUNEEL, Peter Arthur CAESENS, Ian MONK, Liliane GIRAUDON et Ludovic DEGROOTE à Calais les 17 et 18 mars…

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