Libr-critique

5 septembre 2016

[Livres – news] Tous pour Al dante

Filed under: Livres reçus,News,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 20:45

Suite à notre Appel d’hier, voici la présentation de trois autres livres, récents : Michel Surya, Le Mort-né ; Florence Pazzottu, Frères numains ; Yannick Torlini, Rien(s). Afin de sauver Al dante, plus que deux jours pour faire d’une pierre deux coups : apporter son obole en achetant des titres du catalogue, et se faire plus que plaisir… Merci de cliquer ici.

â–º Michel SURYA, Le Mort-né, été 2016, 88 pages, 13 €, ISBN : 978-2-84761-724-5.

"Les plus grandes hontes, c’est à l’enfance qu’on les a, à l’école" (p. 70).

Il ne s’agit pas tant ici de la honte d’être né chère à Beckett que celle liée au portement du nom. Le nom comme impossible identité, impossible inscription de soi dans une filiation. Tu-Il/elle-on. CQFD.

La tragédie a pour cadre le huis clos de la famille et de l’école.

 

â–º Florence PAZZOTTU, Frères numains (Discours aux classes intermédiaires), hiver 2015, 40 pages, 8,50 €, ISBN : 978-2-84761-725-2.

Comment dire l’anéantissement des humains nanisés (numains) face à un pouvoir anonyme et aveugle, un discours dominant innommable (ça) ? – "ça nomme progrès la perversion, rénovation le décentrement des plus pauvres, modernisation la suppression des ressources, des postes, de la place, des liens, des structures, des sujets"…

Par une "suite de vagues de souffle pensif l’une dans l’autre imbriquées au point de ne faire qu’un mouvement", répond Bernard Noël dans sa superbe postface.

 

â–º Yannick TORLINI, Rien(s), 2015, 56 pages, ISBN : 978-2-84761-746-7.

Contre la malangue, la scriptolangue de Yannick Torlini… pour faire circuler les sens, trouer les sens, vider l’essence, faire travailler les rien(s)…

2 juillet 2016

[Création] Yannick Torlini, Cela (4/4), introduction de Sébastien Ecorce

La langue est soumise à une force. Une contrainte. Le silence fait partie du langage. Le corps est habité d’un silence, d’une nuit, d’une série de nuits pour une alliance. Un champ de voix couplé à des formes de désincarnation liées à des structures énonciatives (apostrophe, appel, promesse, adresse, invocation). Un se Taire fixateur, initiateur, fondateur d’une langue que l’on laisse aux morts. Qui ne parle qu’aux morts. On met l’index dans la bouche du mort. On en invoque pour ne pas dire convoque les frères, présents absents à venir, Une énergie exténuante tourne insémine informe l’enveloppe de ces textes. Parler ne peut se faire sans fracas, sans désastres. Mais il faudra bien parler ou franchir, en suturant ces plis, ces trous, les creux et les failles de ce monde. Face au silence, la structuration d’un Nous qui amplifie. Y. Torlini n’endosse jamais le Je, qu’il pluralise, ou ré-instancie en des formes plurales (Nous…), des dispositifs ou scénographies qui recontextualisent le flux continu (renouvelé) d’une Parole entre finir et a(d)venir, à entendre cette parole, si elle peut choisir de ne plus parler, de se placer au bord, en déséquilibre, dans une visée du « toujours plus que la fin ». Les relations complexes qui dissonent et consonnent des situations, de négations qui ouvrent à la confrontation d’un monde, de nuit, de langue dans les langues …

Présupposé existentiel (mémoire discursive du texte) et de montée en tension par des cycles de vitalités, des sensations peuvent échapper par calcification ou ossification. Avec ce risque d’un savoir de la langue qui se perd ou mue, la présence d’éléments de concrétion (pierres, glaise…), alternance du Tu et du Vous, une écriture de type oraculaire où les deux isotopies du savoir et de la langue se mêlent. Non pas une initiatique en termes de parcours, mais un devenir, « nous deviendrons moins que nous deviendrons l’infime et bien moins… », à donner partition à ce mouvement du devenir moins que : la chose, moins que et entre les choses, vers une cessation : et la promesse de l’accompagnement. Avec des formes oraculaires : vous saurez enfin vous verrez que notre silence n’a pas de limites. Au silence adjoint la solitude, et de ne pas laisser l’angoisse nous traverser, nous ne saurions plus rien que l’angoisse, l’idée du désastre et de cette force volonté, dans un mouvement qui ne ravaude pas le désastre mais lui donne sa puissance d’apparition dans la possibilité d’un éveil, ou de champ de tension et de bifurcation, une autre typologie de l’écoute, du regard (regarder vous tout au bord), le temps continuera lorsque nous cesserons enfin, notre langue morte rendue aux morts et à leur langue de morts enfin. Physique du corps et de la langue, sur le sens de ce qui lie les corps, corps entre les corps, frères dans toute la profondeur temporelle, des spectres et ses éléments naturels, les choses entres les choses, en un espace commun, formes accomplies ou désaccomplies de la relation, espace préexistant tout en étant aussi à recréer. /Sébastien Ecorce/     [Lire Cela 3]

 

plus rien. plus rien nous ne savons langue, plus rien savoir de langue nous ne savons plus rien. tout parle et ce qui dans les creux, tout parle sans langue nous parlerons sans langue tout parle. rien, et plus rien. ce que vous ne saurez, plus rien langue et creux. plus rien planches, fondations, charpentes. plus rien murs, cloisons ou clôtures plus rien. vous ne saurez plus ni langue ni habiter. tout parle et ce qui parle encore sans nous. vous saurez. vous saurez lorsque nous ne serons plus. vous saurez le quotidien et les matins clairs, les nuits douces et les saisons changeantes, la châtaigne et le coing. plus rien, vous saurez que plus rien, lorsque nous au-dessous bien au-dessous de nos langues, à ceux qui parlent et arpentent toujours la terre fertile de nos ancêtres. vous saurez que rien, plus rien, sans langue. vous saurez notre désir sans langue notre désir de n’être rien vous saurez que nous avons été.

ce qui ne tient pas et s’oppose. ce qui tient et refuse encore vous saurez. cascades et torrents, collines et combes, pins et roches, mousses et lierres, saumons et ours. vous saurez que nous avons été. vous saurez tous les désastres dont nous avons été. vous saurez ce qui nage et vole, ce qui coule ou glisse, ce qui rampe ou saute. vous saurez l’infinité de ce qui semble infime ou négligeable. vous saurez chaque mouvement chaque atome de la matière en mouvement. vous saurez que rien, plus rien et notre raison de refuser cela, à force, à bout de forces vous saurez. vous saurez que rien la langue, rien les mots, rien les idées, rien chaque parole prononcée, adressée à la viande. vous saurez que rien et peut-être bien moins ce rien. vous saurez lorsque nos os dissous dans le silence minéral vous saurez.

vous saurez qu’il ne sera plus nécessaire d’entasser remords, doutes, souffrances et sacrifices inutiles. vous saurez que chaque frère est proche, chaque frère dans la moindre motte de terre de ce monde vous saurez, à n’en plus douter. à ne plus douter de vos corps, des liens invisibles entre la bouche et le sentier, entre la jambe et la souche d’arbre, entre la main et chacune des aspérités de la roche qui fait obstacle vous saurez. vous saurez qu’il ne sera plus nécessaire, que rien ne sera plus nécessaire. nous en faisons la promesse, à nos frères éternels à nos frères innombrables et aux plaines silencieuses. nous en faisons la promesse.

nous connaîtrons l’épuisement. nous connaîtrons la résignation, l’angoisse des sentiments lourds et l’inutilité de nos vies. nous connaîtrons cela. nous connaîtrons cela et tout cela. nous éprouverons le désespoir et la peur l’effarement de nos corps qui luttent contre la nuit nos corps luttent dans la nuit. nous éprouverons le désespoir. nous éprouverons cela et tout cela. nous serons seuls absolument seuls et quelques milliers à ne plus essayer, à ne plus avoir le désir la force d’essayer encore, à être seuls toujours seuls dans le reflux des ombres, des gestes vains et des bouches emplies de terre. nous ne saurons plus devenir, nous ne saurons plus. nous connaîtrons les déserts du temps et de l’existence, les déserts dans chaque marge de ce monde qui s’efforce encore de signifier. chaque marge et quelques ornières encore nous connaîtrons cela et tout cela. nous ne perdrons pas patience. seulement notre force et à bout de forces nous le savons. nous le savons. nous savons que seuls les pierres et le ciel n’abandonnent pas. que seuls les pierres et le ciel peuvent tenir encore un peu dans ce désastre, dans l’immensité noire de ce désastre.

nous deviendrons l’infime. nous deviendrons l’infime et bien moins. nous deviendrons moins que la poussière et le temps qui s’accumule sur les êtres qui ne sont que de passage. nous deviendrons moins que les cendres et la masse des étoiles éternelles sur nos têtes nous deviendrons moins. nous deviendrons moins et bien moins, toujours bien moins jusqu’à l’infime et le ridiculement petit. le sang n’irriguera plus nos veines. nos cœurs battront moins vite nous n’entendrons plus le battement de nos cœurs dans nos tempes grises. tout ralentira tout cessera vous saurez que tout cessera en nous, tout s’arrêtera dans l’épuisement et le désespoir résigné. vous saurez que tout de nous cessera lorsque le monde et seulement le monde, lorsque seulement et plus la langue plus rien seulement. vous saurez. vous saurez ce monde. vous saurez ce que ce monde a fait de nos frêles présences.

vous saurez cela et tout cela. vous saurez. aux frères seuls nous offrirons nos solitudes, nous offrirons nos chairs mortifiées nos os rongés. aux frères seuls délaissés et sans voix vous saurez, vous saurez que nos solitudes vous accompagnent. aux frères seuls nous tairons tout ce qui vit encore en nous. vous saurez. vous vous saisirez de cette force si moindre et si désastreuse, nous tairons aux frères qui ne pourront plus vous saurez que notre échec vous accompagne. vous saurez que nos os auront servi à construire chaque abri frêle et fragile de ce monde, vous saurez, vous saurez nos os et chaque abri qui tiendra encore. aux frères seuls vous saurez enfin. vous verrez que notre silence n’a pas de limites. vous saurez enfin.

aux frères seuls à chaque instant seuls, nous ne vous promettrons pas de vous accompagner. aux frères seuls pardonnez-nous, nous n’en aurons pas la force, nous n’avons jamais eu la force. aux frères seuls nous dirons que chaque solitude devra être travaillée, assumée et portée comme seul le malheur peut se porter seul, à bout de bras, à force et à bout de forces. aux frères seuls nous dirons cela, nous promettrons de ne plus promettre, de ne pas laisser l’angoisse gagner chaque nerf et chaque recoin du crâne. aux frères seuls nous vous promettrons de ne pas vous accompagner sur le chemin du désastre. nous serons solidaires, sans jamais nous connaître vous savez, les siècles nous séparent et nous séparerons toujours. vous savez, frères seuls et sans force, vous savez que nous ne pourrons rien pour vous, comme vous ne pouvez plus rien pour nous. chaque solitude devra être affrontée. vous saurez comme nous l’avons su, frères seuls et obstinés.

vous saurez nos chemins vains, nos langues creuses et tues. vous saurez que partout où nos ombres nous auront accompagnés, partout, la solitude demeure. vous saurez cela, aux frères seuls nous abandonnons nos certitudes résignées, les chemins terreux et les angoisses chaque matin. nous laissons cela. nous vous laissons cela. cette situation est ainsi, depuis mille et mille et mille ans. vous savez. vous saurez.

nous ne saurons plus rien de ce qui nous entoure, plus rien à force de parler pas parler hurler notre langue de rien, notre langue des pierres, notre langue boueuse, notre langue qui s’étale dans ce désastre sans nom. à force d’appeler de nommer nous ne saurons plus rien. nous entasserons nous nous entasserons. nous entasserons tout ce qui nous a entassés. nous entasserons langue et pierres et essoufflements. nous entasserons nous ne saurons plus rien de ce qui nous a faits, de ce qui nous a entassés. frères vous vous rendrez compte de nos erreurs, de nos échecs et de nos soumissions, vous vous rendrez compte. frères vous saurez que nous avons essayé, malgré tout. vous saurez que la terre est plus dense que nos carcasses, que nous n’avons pas la force des lierres, que les rivières sont bien plus éternelles que nos rires, vous saurez. vous saurez que le sable est plus aride que nos bouches. vous saurez que le silence nous habite comme la nuit, que les racines entravent nos gestes, que la pluie empêche nos yeux et nos pensées. vous saurez. vous saurez cette langue que nous ne parlons plus. vous saurez ce silence que nous refusons. vous saurez que nos chairs empilées ne font ni un corps ni une présence. aux frères seuls vous saurez que nous ne saurons plus rien que l’angoisse.

de ce qui dure et persiste. de ce qui brûle et s’éteint. de ce qui se fane et pourrit. de ce qui frémit et blesse. de ce qui se répète, s’enroule autour des doigts, s’enroule autour de la langue, de ce qui glisse dans la nuit. de ce qui tremble et luit, de ce qui est doux et parfois rugueux, de ce qui résiste ou se déchire. de ce qui respire ou s’essouffle, de ce qui se croise ou se plie, de ce qui enfle ou diminue. nous ne saurons rien, plus rien. nous entendrons seulement les échos et l’appel sans nom des lendemains.

les nuits se succèderont. chaque éveil amènera un autre désastre. pourtant nous continuerons, pourtant jusqu’au bout, jusqu’à la fin. pourtant tout continuera avec le silence et la fin. chaque matin lent et inévitable pourtant, chaque effort comme le dernier, chaque silence toujours. nos voix sous les collines, dans les profondeurs des lacs gelés, sous chacune des pierres qui patientent dans les friches et les steppes. les nuits se succèderont vous saurez que les nuits se succèderont sans un geste. le temps continuera bien malgré nous. aux frères qui espèrent nous cacherons notre désespoir face aux forces tenaces qui peuplent et habitent ce monde. le temps continuera lorsque nous cesserons enfin, notre langue morte rendue aux morts et à leur langue de morts enfin. tout cessera et les nuits se succèderont. frères à venir par pitié ne suivez pas nos traces ni nos échecs flagrants et terribles. aux frères à venir les chemins se rejoignent puis bifurquent les chemins se rejoignent toujours pour bifurquer. nos voix ne traceront pas une carte frères à venir et bien plus lorsque nous nous tairons enfin et pour de bon.

flaques, ruisseaux, torrents et rivières, fleuves et océans. tout grandira tout grandira pour glisser vers l’anéantissement. tout grandira vous saurez que nos os ensemencent les collines vertes et fertiles. aux frères pas encore advenus nous ne laisserons pas notre résignation. terres et mers et forêts et plaines, et tout ce qui vit tout ce qui pousse et fleurit et existe frères nous serons partout lorsque la langue nous aura abandonnés, lorsque nous retournerons à l’origine lorsque nos poumons respirerons sous les racines du chêne frères vous sentirez notre présence millénaire. nous serons partout lorsque nos chairs seront devenues boue et silence. dans l’entièreté de ce monde peu vivable nous serons frères. frères encore, frères vous en serez persuadés, notre souvenir accompagnera chacun de vos gestes futiles et usés. pourtant, pour que ce monde demeure, vous poursuivrez les gestes. aux fleurs et aux chênes, aux orties et aux ronces, aux buis et aux lierres, à la fougère et au champignon, nous laisserons tout ce que nous ne sommes pas devenus, nous adresserons chacune de nos promesses intenables, nous tairons toute force en nous. aux frères et aux chênes nous nous tairons de toute force et à bout de forces, dans ce qui murmure encore vous entendrez vous ne nous entendrez plus frères, frères morts et à venir ceci est notre promesse solennelle.

tout cela finir. tout cela finir épines, écorces, ronces. tout cela finir terre tout cela qui ne tient pas tout cela ce monde ne tient pas. et comme une pâte nous tenons les interstices, comme une pâte nous tenons chaque élément avec son opposé, comme une pâte une glu chaque chose de ce monde tient, vous savez. vous savez que tout tient malgré tout. vous savez que chaque chose aura sa raison d’être vous savez, que de notre cruauté naîtra l’amour puissant et tenace. que de notre cruauté naîtra l’amour des êtres qui savent qu’ils retourneront à la glaise. vous savez lichens, vous savez pollens, vous savez blés et semences sauvages et indisciplinées. vous savez, ce monde n’aura pas besoin de nous.

tout cela, tout cela finir et toujours plus que finir, toujours bien plus au bord, toujours plus que la fin. tout cela à force finir et à bout de forces la fin. regardez-vous. regardez-vous tout au bord. regardez-vous en déséquilibre tout au bord. regardez-vous, les mains fébriles, les jambes frêles, regardez-vous ne plus respirer tout au bord. tout cela, tout cela finir et quoi d’autre que finir, quoi d’autre que la fin des commencements, la fin dans les commencements. regardez-vous la peau et la bouche et l’écho dans vos côtes. regardez-vous, tout ce qui palpite encore et tout à la fin, tout au bord, tout au bout de la fin et ce qui tremble, regardez-vous, regardez comme vous tremblez encore.

comme une boue vous tremblez regardez comme vous tremblez. comme une boue vous et nous. comme une boue notre langue et notre peau. comme une boue ce qui palpite tout au fond du sol et des côtes. vous et nous comme une boue le reste et tout le reste, tout ce qui reste lorsque les mots ne tiennent plus tout ce qui reste. comme une boue dans nos yeux et sous nos têtes comme une boue tout ce qui tient de vous. comme une boue tout ce qui vit et grandit en ce monde, tout ce qui meurt et ensemence et pousse à nouveau. aux frères sans armes face à l’inévitable, aux frères doux et résignés, aux frères nos mains comme une boue vous sont destinées. aux frères las, aux frères effrayés, aux frères sans devenir, comme une boue ce monde vous avalera. chaque désastre aura sa raison d’être. chaque désastre adviendra chaque désastre. vous entendrez nos voix lorsqu’elles se seront tues.

vous entendrez tout ce qui a choisi de ne plus parler. vous entendrez les siècles et la terre lourde sur nos épaules vous entendrez. vous entendrez ce qui suinte du temps qui ne passera plus. vous entendrez vous entendrez encore. vous entendrez les voix mortes et oubliées des frères sans vie, vous entendrez leurs voix, vous entendrez frères nos frères et leurs voix et tout ce qui lutte dans l’obscurité. comme une boue tout prendra forme, lorsque notre silence recouvrira chaque forme de ce monde. comme une boue vous entendrez, comme une boue lorsque nous refuserons de parler, de chanter, de murmurer ce qui travaille la matière de ce monde. à force et à bout de forces nos langues craqueront comme les branches sèches, ramperont comme les racines deviendront arbres, chênes, forêts. comme une boue tout viendra de la boue. tout viendra vous entendrez tout ce qui viendra.

nous garderons la tête haute, les épaules droites, et même lorsque bien au-dessous du sol nos corps. nous garderons la tête haute. nous avancerons encore nos nerfs et nos os, et quand bien même gratter la terre avec la chair et les ongles. quand bien même creuser nous avancerons pour garder la tête haute nous avancerons. à l’obscurité et aux eaux intranquilles, à la nuit et à l’effraie, nos yeux vous seront destinés. aux frondaisons et aux ronces vous deviendrez le repos de nos membres. vous deviendrez. nous garderons la tête haute et nos épaules nous saurons, nous saurons que des forêts sans âge pousseront sur nos corps allongés. nous saurons que les steppes patientent sous nos crânes. aux pierres et aux racines qui demeurent, notre sang luira dans vos nuits. nous garderons la tête haute et les épaules droites, dans ces jours très-bas et ressassés nous tiendrons.

25 juin 2016

[Création] Yannick Torlini, Cela (3), introduction de Sébastien Ecorce

La langue est soumise à une force. Une contrainte. Le silence fait partie du langage. Le corps est habité d’un silence, d’une nuit, d’une série de nuits pour une alliance. Un champ de voix couplé à des formes de désincarnation liées à des structures énonciatives (apostrophe, appel, promesse, adresse, invocation). Un se Taire fixateur, initiateur, fondateur d’une langue que l’on laisse aux morts. Qui ne parle qu’aux morts. On met l’index dans la bouche du mort. On en invoque pour ne pas dire convoque les frères, présents absents à venir, Une énergie exténuante tourne insémine informe l’enveloppe de ces textes. Parler ne peut se faire sans fracas, sans désastres. Mais il faudra bien parler ou franchir, en suturant ces plis, ces trous, les creux et les failles de ce monde. Face au silence, la structuration d’un Nous qui amplifie. Y. Torlini n’endosse jamais le Je, qu’il pluralise, ou ré-instancie en des formes plurales (Nous…), des dispositifs ou scénographies qui recontextualisent le flux continu (renouvelé) d’une Parole entre finir et a(d)venir, à entendre cette parole, si elle peut choisir de ne plus parler, de se placer au bord, en déséquilibre, dans une visée du « toujours plus que la fin ». Les relations complexes qui dissonent et consonnent des situations, de négations qui ouvrent à la confrontation d’un monde, de nuit, de langue dans les langues …

Présupposé existentiel (mémoire discursive du texte) et de montée en tension par des cycles de vitalités, des sensations peuvent échapper par calcification ou ossification. Avec ce risque d’un savoir de la langue qui se perd ou mue, la présence d’éléments de concrétion (pierres, glaise…), alternance du Tu et du Vous, une écriture de type oraculaire où les deux isotopies du savoir et de la langue se mêlent. Non pas une initiatique en termes de parcours, mais un devenir, « nous deviendrons moins que nous deviendrons l’infime et bien moins… », à donner partition à ce mouvement du devenir moins que : la chose, moins que et entre les choses, vers une cessation : et la promesse de l’accompagnement. Avec des formes oraculaires : vous saurez enfin vous verrez que notre silence n’a pas de limites. Au silence adjoint la solitude, et de ne pas laisser l’angoisse nous traverser, nous ne saurions plus rien que l’angoisse, l’idée du désastre et de cette force volonté, dans un mouvement qui ne ravaude pas le désastre mais lui donne sa puissance d’apparition dans la possibilité d’un éveil, ou de champ de tension et de bifurcation, une autre typologie de l’écoute, du regard (regarder vous tout au bord), le temps continuera lorsque nous cesserons enfin, notre langue morte rendue aux morts et à leur langue de morts enfin. Physique du corps et de la langue, sur le sens de ce qui lie les corps, corps entre les corps, frères dans toute la profondeur temporelle, des spectres et ses éléments naturels, les choses entres les choses, en un espace commun, formes accomplies ou désaccomplies de la relation, espace préexistant tout en étant aussi à recréer. /Sébastien Ecorce/     [Lire Cela 2]

 

aux frères morts et à venir, aux frères morts et petits frères des jours passés et pas encore advenus, aux frères nous laisserons l’enveloppe vide et sèche de la langue, aux frères morts et à venir nous trouverons d’autres lieux, d’autres moyens pour ce monde, nous trouverons. la lumière frémissante des matins d’avril, les tempêtes tenaces des soirs de novembre, la léthargie des nuits d’août, tout ce qui marque et marquera nos jours rugueux. cela, et tout cela. tout ce qui vit et existe. tout ce qui avale et respire. tout ce qui voit, est vu. tout ce qui avance, vers l’est, vers l’ouest, le nord ou le sud. cela, et tout cela qui ne dit pas son nom. nous trouverons d’autres lieux, d’autres moyens, ce monde et d’autres mondes aux frères morts et à venir. nous trouverons et lorsque sans langue et sans voix, nous tairons, nous trouverons. nous pourrons faire encore maintes promesses après cela. nous le pourrons, il faudra y croire.

rien ne nous frappera rien ne nous tuera, lorsque nous grandirons d’autres paroles d’autres corps, nos corps seront bien au-delà. rien, rien ne nous tuera. ce refus toujours, rien, absolument rien ne nous atteindra. nous en aurons l’intime et l’infime conviction, nos idées seront portées par chacune des parcelles de ce monde infini. nous serons dans chaque pierre, chaque arbre, chaque animal magnifique, minuscule ou majestueux. nous serons dans chaque vallée et chaque désert, nous serons dans chacun des creux de ce monde, arpentant, ensemençant, grandissant. nous serons cela, et tout cela à force et à bout de forces. plus rien ne nous atteindra. nous deviendrons calcaires, mousses, lichens, lierres, écorces, épines, aiguilles. nous deviendrons sève, boue, rosée, pluie, océans. nous n’existerons plus à force d’exister. nous serons la matière qui engendrera la matière et vivra en son sein même. nous serons cela, et tout cela. il n’y aura plus de limites à nos désirs.

nous vivrons plus loin que ceux qui ont choisi de rester. pas ailleurs qu’ici, dans la boue, les friches et les ronces. nous vivrons au-delà et en-deçà des mots séculaires. nous inventerons d’autres langages, d’autres poèmes, d’autres cris et nos vies ne deviendront que le cri de la matière appelant la matière. chaque instant sera radical, aussi radical qu’une guerre. aux frères morts et à venir nous promettons cette guerre sans armes, sans violences et sans répressions. nous promettons les luttes enthousiastes et les fraternités réelles. nous ne parlerons plus cette langue, nous la laisserons à ceux qui ont choisi de mourir pour rien, et bien moins que rien.

aux approches des ombres et la nuit encore, ce qui dira la nuit fuyant la nuit, la place de chaque élément dans un souvenir de lumière. il n’y aura rien à dire de cela, seulement le cri et la promesse, la guerre pour elle-même seulement, pour la joie de la guerre sans cause et sans destruction. nous serons toujours sur le qui vive, aux frères qui se sont assis et ont patienté leurs vies longues et misérables. nous vous entendrons.

aux approches de ce qui sera, de ce que nous espérerons être. aux approches de l’ombre et de l’écho, aux approches de cette violence sans nom et sans but, sans devenir même. pour tous les instants de lutte et de doutes, pour tous les instants terreux et éthérés, pour tous les instants d’angoisse et de révolte, aux approches de ce qui sera, nous serons absolument, absolument sûrs et sereins, face à cela plus parler. plus rien, sereins, sans doute et sans peur. à force et à bout de forces nous choisirons. nous choisirons de ne plus parler aucune autre langue que la roche et ce qui rampe. le faste des jours lents et entiers. aux approches encore frères éternels nous ne passerons pas sans bruit. nous ne ferons pas le grand saut sans un regard pour ceux qui n’ont pas voulu. nous continuerons d’entasser matières minérales, végétales et ce qui reste d’animalité dans nos bouches. rien ne se fera sans le fracas des guerres millénaires. aux approches de ce qui fut, frères, nous serons. nous continuerons.

les mains ne saisissent rien. les torses ne respirent plus. les jambes n’avancent pas les bras ne soutiennent rien. les têtes ne pensent pas les bouches ne laissent plus échapper un mot. quelles oreilles pour entendre, quelles langues pour goûter. quels yeux pour ne plus voir. les sensations échappent et la peau se calcifie, les muscles se fossilisent. aux frères qui ne lutteront plus nous adresserons notre salut terreux et minéral. aux frères qui continueront de parler la langue, nous offrirons notre langue des pierres, rugueuse et lourde comme un millier de civilisations. lorsque tout cessera, lorsque nous continuerons, lorsque nous serons sol et ciel, lorsque d’autres bouches nous parleront nous refuserons de parler. lorsque cela et tout cela, nous se serons qu’un, nous ne ferons qu’un avec le désastre que nous fertiliserons de nos échecs. ce monde parlera encore, s’étendra pendant mille ans, vaste champs de pierres aux frères éternels qui comprendront un jour notre choix. ce monde parlera encore.

nous leur laisserons paroles et poèmes, sang et sueur, cette langue morte qui ne s’adresse qu’aux morts. nous ne parlerons plus, nous laisserons la langue à la langue nous choisirons de vivre plutôt. plutôt vivre. face à ceux qui chantent et haïssent, face au meurtre et au merveilleux, face aux massacres et aux temples multiples, face aux débats éclairés et aux gémissements de ceux qui s’aiment. nous abandonnerons paroles et poèmes, aux morts nous laisserons leur langue, aux vivants notre promesse solennelle et notre force jamais résignée. notre lutte aura lieu ailleurs dans ce monde sans issue.

nous ne saurons pas dans un premier temps. seulement l’échec et tâtonner sans cesse et encore. d’abord nous ne saurons pas. il faudra avancer comme l’enfant ou le vieillard, avec peur et étonnement. nous ne saurons pas. les os de nos descendants nous apprendront. nous hésiterons. puis nous inventerons des géographies inversées, des héritages sans fin, la vie sans merci et sans barrières face à ce monde que nous grandissons et qui nous grandit. nous ne saurons pas, d’abord, puis viendront les lendemains radieux.

aux frères morts, à venir ou jamais venus, nous ne laisserons aucune trace de notre silence magnifique. lorsque nous ne parlerons plus, rien de nous ne demeurera, ceci est notre choix suprême et terrible. aux frères qui resteront ou partiront, aux frères qui feront ce choix ou non, vous ne nous trouverez pas. nous serons plus infimes que le cloporte ou le plancton. nous serons plus grands que les astres et le désert éternel réunis. nous serons dissimulés, silencieux et patients, dans chacune des enclaves de cette langue muette que nous refusons. aux frères morts, aux frères qui ne sont pas, aux frères à venir, à notre descendance improbable, ne riez pas de nous, ne riez pas, notre guerre vaut bien vos millions de crânes entassés. notre guerre lasse vaut bien tous les crimes commis en notre nom seul. ne riez pas. aux frères à venir nous laissons le sérieux de nos os, détachés de la chair.

pas parler creux pas parler. pas creux pas rien. nous ne parlerons plus, dans les creux, dans les plis et les failles de ce monde. nous ne parlerons plus collines et combes, nous ne parlerons plus lacs et rivières, plus la moindre étendue d’eau miroitante et tenace. nous ne parlerons plus les concrétions multiples et les falaises sans fin. cette langue des sillons et des roches. cette langue plus parler plus rien parler cette langue, nous laisserons cela aux frères immobiles et silencieux, nous le laisserons aux frères qui ont choisi de ne plus choisir, qui ont choisi de devenir l’humus des terres pierreuses ou fertiles, aux frères qui, dans les vallées, dans les combes, et sous les collines verdoyantes. nous ne parlerons plus et seulement en ce monde, au plus profond des aspérités et reliefs, nous ne parlerons plus que ce monde. nous offrirons nos os à tout ce qui a choisi l’énigme du vertical. nous offrirons nos chairs, nos muscles et nos yeux à tout ce qui se tient frêle, immobile et aveugle. nous ne parlerons plus la langue des morts, seulement nos corps et au sein même du corps de ce monde. nous établirons les paroles lumineuses, les fraternités magnifiques, les civilisations fondées sur la compréhension universelle et bienveillante. à la moindre brindille, à chaque grain de sable, chaque caillou et chaque nuage, nous promettons d’essayer, de continuer d’essayer, encore et encore.

nos dents ensemenceront les vertes prairies, nos dents blanchies comme champs de pierres, stèles et temples. tout notre être se tendra et se morcellera enfin. nous trouverons notre place en ce monde à la beauté terrible, nous fleurirons comme les genêts dans la lumière, nous grandirons comme les blés et le maïs déjà mûr. nous grandirons jusqu’à devenir ce monde dans sa totalité exacerbée. sans plus ruminer, sans plus pâlir face aux désastres qui adviennent vous savez frères à venir les désastres adviendront toujours, se répèteront, continueront les désastres continueront sans cesse, les désastres. nous le savons, sans langue et sans paroles nous ne perdons pas foi en l’avenir de ces jours lointains.

silence encore et tout au bord du silence. silence au bord tout au bord et dans l’équilibre des angoisses encore. silence au bout tout au bout et sans fin, sans un regard pour tout ce qui a toujours refusé de se taire. silence encore et dans le silence nos yeux se tournent vers l’avenir radieux et éclairé. silence et tout au bord du silence, nos promesses solennelles de faire partie de cette guerre universelle. silence et tout au bord du silence et sous les strates de ce sol froid et rugueux, sous les strates bien au-dessous bien au-delà quelque chose s’invente, quelque chose, bien au-dessous, bien au-delà, nos seules silhouettes nos seules ombres dans le crépuscule. au bord et tout au bord notre ténacité sans limites et notre souvenir face à ceux qui se sont effondrés.

sous les mers, sous les steppes, sous les neiges éternelles, sous les racines et les pierres dressées, sous les monolithes les falaises les montagnes mortes et érodées. sous le monde et bien au centre de ce monde, nos bouches inutiles au-dessous bien au-dessous et au centre. ceux qui comme nous ont choisi de se taire, ceux qui comme nous ont choisi les bouches inutiles, ont choisi. sous les tempêtes et les tremblements du sol, au-dessous bien au-dessous, ceux qui restent et demeurent. patientez, patientez encore, nous vous accompagnerons dans vos moindres gestes, au-dessous bien au-dessous et au centre de ce monde. patientez. patientez encore.

demeurant ici et bien plus loin que les ruines nous demeurerons, ici et bien plus loin que chaque mur effondré, lorsque plus rien ne tiendra, lorsque plus rien nous demeurerons. nous serons encore et bien plus. nous tracerons les cartes de ces mondes à venir. nous creuserons vallées, combes et abysses insondables. nous érigerons des reliefs nouveaux, planterons des forêts sans âge et construirons des villes à la mesure de la grandeur humaine. nous creuserons encore, ici et bien plus loin nous demeurerons, rien autre rien d’autre que ce monde. nous laisserons tout le reste à la langue et aux morts oubliés. nous laisserons la langue et tout le reste à la langue, lorsque notre promesse, aux frères qui nous succèderont. notre promesse. nos frères nous succèderont.

à force, à bout de forces et dans chacun des recoins de nos crânes, chacune des douleurs de nos corps. dans chaque veine, chaque nerf, chaque articulation, chaque repli de chair à force, à bout de forces, ce que nous ne serons plus, ce que nous nous refuserons d’être encore. à dresser listes et inventaires des désastres restants, de nos morcellements futurs et inévitables nous nous morcellerons vous le savez. nous nous diviserons pour peupler chaque espace de ce monde à venir. nous ne parlerons plus la langue de ceux qui rassemblent. nous ne chercherons plus à rassembler ni ressembler. aux frères épuisés vous connaîtrez nos transformations radicales, nos visages et nos silhouettes méconnaissables. aux frères craintifs et placides vous saurez que ceci deviendra notre guerre lasse et continue. vous saurez que nous n’avons pas eu le choix.

que les routes, vous saurez les routes. que les murs vous saurez les murs, les pierres, les briques, vous saurez que. les ponts, les tunnels, que les radeaux vous saurez les radeaux. vous saurez que les pirogues, les sentiers, les trébuchements. vous saurez. vous saurez que les jambes et les bras. vous saurez que les yeux et les lanternes. vous saurez que les cartes le ciel et le soleil. vous saurez que tout ce qui mène, conduit ou est conduit. vous saurez que nous deviendrons cela et tout cela, vous saurez que dans les possibilités multiples vous ne trouverez que nos fragments. vous saurez vous le saurez, ce monde fertilisé par notre refus unanime et catégorique. ce monde fertilisé par notre fugue hors de tout ce qui s’est efforcé de faire monde. en vain. vous saurez, vous le saurez, et dans ce mouvement toujours une langue que nous ne parlerons plus. vous saurez, que tout ce, tous ceux qui mènent sont menés, vous le saurez. en vain vous chercherez notre piste. vous saurez notre peau à chacune des frontières de ce qui vit et demeure.

14 juin 2016

[Création] Yannick Torlini, Cela (2), introduction de Sébastien Ecorce

La langue est soumise à une force. Une contrainte. Le silence fait partie du langage. Le corps est habité d’un silence, d’une nuit, d’une série de nuits pour une alliance. Un champ de voix couplé à des formes de désincarnation liées à des structures énonciatives (apostrophe, appel, promesse, adresse, invocation). Un se Taire fixateur, initiateur, fondateur d’une langue que l’on laisse aux morts. Qui ne parle qu’aux morts. On met l’index dans la bouche du mort. On en invoque pour ne pas dire convoque les frères, présents absents à venir, Une énergie exténuante tourne insémine informe l’enveloppe de ces textes. Parler ne peut se faire sans fracas, sans désastres. Mais il faudra bien parler ou franchir, en suturant ces plis, ces trous, les creux et les failles de ce monde. Face au silence, la structuration d’un Nous qui amplifie. Y. Torlini n’endosse jamais le Je, qu’il pluralise, ou ré-instancie en des formes plurales (Nous…), des dispositifs ou scénographies qui recontextualisent le flux continu (renouvelé) d’une Parole entre finir et a(d)venir, à entendre cette parole, si elle peut choisir de ne plus parler, de se placer au bord, en déséquilibre, dans une visée du « toujours plus que la fin ». Les relations complexes qui dissonent et consonnent des situations, de négations qui ouvrent à la confrontation d’un monde, de nuit, de langue dans les langues …

Présupposé existentiel (mémoire discursive du texte) et de montée en tension par des cycles de vitalités, des sensations peuvent échapper par calcification ou ossification. Avec ce risque d’un savoir de la langue qui se perd ou mue, la présence d’éléments de concrétion (pierres, glaise…), alternance du Tu et du Vous, une écriture de type oraculaire où les deux isotopies du savoir et de la langue se mêlent. Non pas une initiatique en termes de parcours, mais un devenir, « nous deviendrons moins que nous deviendrons l’infime et bien moins… », à donner partition à ce mouvement du devenir moins que : la chose, moins que et entre les choses, vers une cessation : et la promesse de l’accompagnement. Avec des formes oraculaires : vous saurez enfin vous verrez que notre silence n’a pas de limites. Au silence adjoint la solitude, et de ne pas laisser l’angoisse nous traverser, nous ne saurions plus rien que l’angoisse, l’idée du désastre et de cette force volonté, dans un mouvement qui ne ravaude pas le désastre mais lui donne sa puissance d’apparition dans la possibilité d’un éveil, ou de champ de tension et de bifurcation, une autre typologie de l’écoute, du regard (regarder vous tout au bord), le temps continuera lorsque nous cesserons enfin, notre langue morte rendue aux morts et à leur langue de morts enfin. Physique du corps et de la langue, sur le sens de ce qui lie les corps, corps entre les corps, frères dans toute la profondeur temporelle, des spectres et ses éléments naturels, les choses entres les choses, en un espace commun, formes accomplies ou désaccomplies de la relation, espace préexistant tout en étant aussi à recréer. /Sébastien Ecorce/     [Lire Cela 1]

 

il faudra bien, dans les remous et le pire toujours le pire. dans le pire il faudra bien, que quelqu’un ne parle plus que quelqu’un taise enfin bien pire, toujours bien pire ce qui derrière les côtes ne parle plus ne peut plus. nous n’irons pas plus loin, pas au-delà des pierres, pas hors des sentiers et chemins si longtemps arpentés, pas dans les sables installés, pas sous le ciel brisé, pas dans la langue rêche. nous n’irons pas plus loin. nous laisserons cela aux morts et aux frères à venir. nous laisserons cela à ce qui tremble et passe, à ce qui se couche et se lève, à ce qui tombe et avance, aux friches éternelles, aux goudrons de nos os, à l’amplitude de nos muscles, nous laisserons cela. nous leur laisserons. seulement taire le reste et ce qui reste, nous ne parlerons plus ce monde plus de ce monde, la langue terrible de ce monde, boues et argiles. pas plus loin que les pierres, les souches, les nuits, les herbes frémissantes et les grillons incessants. plus loin, pas plus loin que la racine, les terres dévastées, l’ampleur des désastres nous ne parlerons plus. seulement pierres seulement. ce reste. il faudra bien que quelqu’un taise ce reste. taise l’horrible langue de ce reste et ce qui reste.

nous ne passerons pas sans bruit. pas le silence ni la résignation. avec fracas nous ne tasserons pas l’espace infime entre chaque chose. nous n’irons pas plus loin que la peau, que la terre et la glaise, que les branches sèches et les lichens rugueux. cette parole végétale qui précède le devenir animal. nous n’irons pas plus loin. nous laisserons nos regards errer vers l’est, l’ouest, le nord et le sud, comme ils l’ont toujours fait. nous laisserons le ciel sur nos épaules et la terre sous nos pieds, le vent dans nos poumons et la tempête sous nos os. nous laisserons tout cela. nous abandonnerons tout cela. les matins radieux et l’espérance des soirs, la solitude des steppes et le devenir des frondaisons, le bois et la roche à l’origine de toute chose, les sables éternels et la poussière qui vaincra malgré tout. nous laisserons cela, tout cela, et cette langue qui s’est brisée entre deux silences. sans bruit, nous ne passerons pas, nous ne parlerons plus, seulement nos morts et nos frères à venir que nous continuerons de pleurer. il faudra bien, il le faudra bien. il faudra bien l’exigence d’un monde futur, limpide et lumineux. nous laisserons tout cela derrière nous. et bien plus. et bien moins.

bien moins nous serons. bien moins. bien moins en nombre et en force. bien moins forts que le reste. bien moins que ceux qui parlent et nous tairons finalement. nous serons moins bien moins que la fourmi, que l’escargot, que la mouche et la libellule qui hantent les lieux liquides et sans âge. nous serons bien moins que tout ce qui peuple et anime ce monde. bien moins et pourtant mille et mille et bien plus nous serons. lorsque tout se taira et que nous suivrons le mouvement terrible de ce monde. bien moins nous serons. bien moins dans le mouvement, dans la langue terreuse, les silences laborieux, ce regard des morts qui nous hantent, frères à venir et jours promis, regardez-nous, bien moins, nous sommes bien moins que vous qui avez fait l’effort. nous espérerons bien plus pourtant. il le faudra bien, à force, à bout de forces et tout au bout, à force de tasser, d’entasser, d’empiler ce qui ne fait pas une possibilité. à continuer de recueillir ce qui se divise. nous poursuivrons bien moins, minuscules et invincibles à force de minuscule.

à bout de forces. pourtant, à continuer frères à venir, morts immenses et écrasants, à bout de forces vos désastres nous guident et continueront de nous guider, frères, morts, frères morts nous continuerons à force de nous taire. de refuser. de croire en un autre espace possible et imaginable entre nos côtes maigres et faibles. à force et à bout de forces nous continuerons, en silence et dans la discrétion de la terre qui recouvrira nos bouches épuisées. morts anciens, frères à venir, nous vous faisons cette promesse solennelle et irréaliste, à force, à bout de forces et jusque dans la matière indivisible de nos langues longues et lasses.

ni espoirs ni désastres. ni efforts ni résignations. ni cris ni murmures. ni mers ni ciels. ni peau ni écorce. rien de tout cela rien, rien croire de tout cela sans voix, sans langue. nous nous tairons aux frères éternels, aux morts venus de si loin, de bien plus loin que notre mémoire grégaire. nous tairons aux frères éternels, nous tairons dans cette promesse de tout dire enfin et sans repos. à force, à bout de forces ce monde, notre promesse irréaliste aux êtres faits de chair et d’os, de sang et de muscles, de peau et de roches, de plumes et d’écailles, de fourrure et de plaies, de terre et d’humus, de branches et de cavernes, d’océans et de nuits. nous vous promettrons. nous vous promettons. de vous laisser tout cela qui nous hante, nous vit et nous tue, nous vous promettons. de vous abandonner cette voix déjà éteinte, minuscule et jusque dans le minuscule et le moindre. cela qui n’est pas dit.

nous promettons. nous promettons aux frères morts et à venir, aux frères qui arpenteront cette terre, l’arpentent ou l’engraissent de leur viande, nous vous promettons l’irréaliste et l’impossible, l’angoisse éternelle de réussir malgré tout. frères nous vous promettons de dire tout ce qui s’est tu. frères, frères morts, frères sans voix, nous vous tairons jusque dans le moindre geste et le fruit de nos désastres, chacune des saillies du néant qui guette. ces mots qui appellent sans cesse et ne deviennent plus, nous vous tairons jusqu’à d’autres vies possibles, d’autres agencements de la matière, d’autres façons de se mouvoir et d’avancer à force à bout de forces. tout cela, toute cette langue qui s’entasse et s’accumule, toute cette langue que nous ne parlerons plus, cette voix des morts et des sables, à la fin tout à la fin nous la tairons. nous la tiendrons à bout de bras, à bout de corps et de forces. nous ne parlerons plus. frères, que vous parcouriez la terre et ses multiples chemins, que vous fertilisiez les sols de votre passé lourd, nous vous faisons cette promesse solennelle et irréaliste.

le monde plein d’échos et muet pourtant, empli de souvenir et d’angoisses, de regrets et de désirs insatiables. le monde est plein, il déborde des voix qui se sont déjà tues, des voix qui nous feront écho ou non. ce monde déborde de notre place, ni pierre ni vague, ni écume ni nuage, ni herbe ni concrétion rocheuse, ni violence aveugle ni douceur résignée. nous débordons de ce monde et tout ce qui ne dit rien de ce monde, tout ce qui ne dit rien, ce monde plein d’échos et de morts millénaires. nous nous tairons pour seulement entendre ce que les os ont à nous dire. pour seulement entendre, à force, à bout de forces et de langue, à force de taire et sans dire, les mots plus loin que nos mains creuses, frères, frères éternels notre promesse est en marche.

ce qui vit et meurt, ce qui nage et rampe, ce qui vole et saute, ce qui chasse et cueille, ce qui siffle et crie, ce qui creuse et grimpe. cela et tout cela, comme monde et bien moins que monde. comme silence et résignation. comme la première voix du premier amas de viande, hostile à sa propre condition de viande. nous prenons conscience de cela, de tout cela, de la lourde réalité de tout cela. nous prenons conscience des siècles qui pèsent sur nos épaules, des voix qui s’entassent dans nos têtes, des montagnes qui s’érodent sous la neige et la pluie et des gestes qui se transmettent sans un mot. nous prenons conscience de cela, de tout cela, de l’indivisible totalité de cette force brute qui nous a précédés, et nous suivra.

nous prenons conscience de l’immense et du moindre, du plat et du volumineux, du lisse et du rugueux, du liquide et du solide. nous prenons conscience des différents aspects qu’a pris notre langue terrible et rêche. nous prenons conscience que le silence n’est pas le signe avant-coureur de notre extinction souhaitée et probable. nous savons que d’autres avant nous ont tenu et résisté malgré eux. nous prenons conscience de cela, de tout ce qui fait cela, dans notre déclaration solennelle aux animaux, aux insectes, aux minéraux, aux végétaux, aux bactéries et aux êtres unicellulaires, notre déclaration solennelle de ne plus rien parler de la langue dont nous sommes faits. nous prenons conscience de la démesure de notre choix dans la démesure de ce monde. nous prenons conscience.

nous prenons conscience des bouleversements qui auront lieu, des effondrements, des empilements de remords et de reproches. nous prenons conscience de l’angoisse des jours et de ce qui se tapit dans l’ombre. nous prenons conscience des souvenirs terribles et des espaces qui seront réinventés à chaque geste. nous ne ferons qu’énumérer des listes sans nombre et sans fin, pour chaque chose disparue et à venir. pour cela, et tout cela, lorsque nous nous tairons lorsque nous vivrons à côté de nos langues. nous prenons conscience de cette matière qui ne sera plus laissée au hasard. cette voix que nous laisserons aux morts nous entendrons nous les entendrons, comme le vent qui appelle entre les branches, les pierres, et les souvenirs plus anciens le vent appelle nous appelle. nous les entendrons, nous les appellerons, sans voix et sans force. nous le promettons, aux frères qui viendront, à ceux qui choisiront de partir, à ceux qui ne resteront qu’un songe et sans avoir même effleuré cette terre vaine. nous promettons les grands bouleversements de ceux qui se taisent. nous continuerons d’appeler ce monde à force et à bout de forces.

8 juin 2016

[Création] Yannick Torlini, Cela (1), introduction de Sebastien Ecorce

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La langue est soumise à une force. Une contrainte. Le silence fait partie du langage. Le corps est habité d’un silence, d’une nuit, d’une série de nuits pour une alliance. Un champ de voix couplé à des formes de désincarnation liées à des structures énonciatives (apostrophe, appel, promesse, adresse, invocation). Un se Taire fixateur, initiateur, fondateur d’une langue que l’on laisse aux morts. Qui ne parle qu’aux morts. On met l’index dans la bouche du mort. On en invoque pour ne pas dire convoque les frères, présents absents à venir, Une énergie exténuante tourne insémine informe l’enveloppe de ces textes. Parler ne peut se faire sans fracas, sans désastres. Mais il faudra bien parler ou franchir, en suturant ces plis, ces trous, les creux et les failles de ce monde. Face au silence, la structuration d’un Nous qui amplifie. Y. Torlini n’endosse jamais le Je, qu’il pluralise, ou ré-instancie en des formes plurales (Nous…), des dispositifs ou scénographies qui recontextualisent le flux continu (renouvelé) d’une Parole entre finir et a(d)venir, à entendre cette parole, si elle peut choisir de ne plus parler, de se placer au bord, en déséquilibre, dans une visée du « toujours plus que la fin ». Les relations complexes qui dissonent et consonnent des situations, de négations qui ouvrent à la confrontation d’un monde, de nuit, de langue dans les langues …

Présupposé existentiel (mémoire discursive du texte) et de montée en tension par des cycles de vitalités, des sensations peuvent échapper par calcification ou ossification. Avec ce risque d’un savoir de la langue qui se perd ou mue, la présence d’éléments de concrétion (pierres, glaise…), alternance du Tu et du Vous, une écriture de type oraculaire où les deux isotopies du savoir et de la langue se mêlent. Non pas une initiatique en termes de parcours, mais un devenir, « nous deviendrons moins que nous deviendrons l’infime et bien moins… », à donner partition à ce mouvement du devenir moins que : la chose, moins que et entre les choses, vers une cessation : et la promesse de l’accompagnement. Avec des formes oraculaires : vous saurez enfin vous verrez que notre silence n’a pas de limites. Au silence adjoint la solitude, et de ne pas laisser l’angoisse nous traverser, nous ne saurions plus rien que l’angoisse, l’idée du désastre et de cette force volonté, dans un mouvement qui ne ravaude pas le désastre mais lui donne sa puissance d’apparition dans la possibilité d’un éveil, ou de champ de tension et de bifurcation, une autre typologie de l’écoute, du regard (regarder vous tout au bord), le temps continuera lorsque nous cesserons enfin, notre langue morte rendue aux morts et à leur langue de morts enfin. Physique du corps et de la langue, sur le sens de ce qui lie les corps, corps entre les corps, frères dans toute la profondeur temporelle, des spectres et ses éléments naturels, les choses entres les choses, en un espace commun, formes accomplies ou désaccomplies de la relation, espace préexistant tout en étant aussi à recréer. /Sébastien Ecorce/

 

cela. ce qui fait cela, à force. à bout de forces. parler plus parler à force et tout au bout cela. de cela. plus parler la langue. nous ne parlons plus la langue. cela, et tout cela. à bout de forces nous ne savons plus, la langue ce qu’elle est. à force, à bout de forces nos voix aux morts. nous leurs laissons nos voix, ne savons plus, à force. ce qui se brise et dans la fragilité dans, le morcellement, se souvient. nous ne parlons plus. à force à bout de forces cette langue des morts. leur laissons la leur laissons. ne savons plus souvenir pas souvenir non.

plus seulement. plus parler rien cela nous ne parlons plus, à force à bout de forces tout au bout la langue des pierres, des restes, et ce qui reste. entassements, angoisses et jours, nous laissons. à force, à bout de forces, nous ne parlerons plus. nous tairons tout ce qui parle en nous tout ce qui parle. tout ce qui parle à bout de forces. nous ne saignerons plus la langue affreuse et. l’espace en nous qui s’est réduit, restreint, chaque geste seulement à bout de forces. de ces grands élancements du corps nous ne savons rien. de ces grands élancements, pierres, murs, ce qui ne parle plus. ces grands élancements.

plus rien. nous ne savons plus morts ni langues ni rien. rien et ce qui tient rien. à ne plus parler toute force à bout de forces. à force à bout de forces la langue et tant d’autres que nous ne parlerons plus. nous ne savons plus. nous ne voulons plus. parle, parle la langue ne parle pas, qui ne parle pas. vides nous ne savons pas habiter ce vide. nous ne savons pas. rien et moins que rien.

tout parle. tout ce qui parle et nous et dans les creux. tout cela. nous tairons tout cela qui parle mort et creux. langue, langue des stèles, langue écrasante langue. nous tairons tout cela nous ne saurons plus que taire cela. plus terre que cela et bien moins que sol, creux et mort, creux lent et terrible mort. à force, à bout de forces. tout cesser dans l’absolu, tout ce qui cessera lorsque nous. de ces grands élancements du corps, de ces nuits indicibles, de ces os terribles et obstinés. nous ne saurons rien. nous tairons tout ce rien. nous n’en saurons rien.

tout continue à force à bout de forces nous continuons, le gâchis et ce qui ne veut plus, ce qui ne peut plus. tout continue dans ce que nous cessons à force. rien ça, rien que ça bien moins. tout ce qui se taira enfin. tout ça, tout cela. tout et ce qui parle n’a jamais fait que parler. nos langues impossibles. tout ça, tout cela qui aspire au silence et au vide. nous ne savons pas. nous ne saurons pas. quelque chose se tassera enfin quelque chose se tassera, jusqu’au moindre puis à l’infime. quelque chose perdra toute consistance. nous ne serons plus là, à force à bout de forces nous ne parlerons plus. cette langue des pierres et des hommes qui retournent aux pierres en fin. tout cela qui parle aspire au silence. nous leur laisserons nos voix. tout ce qui parle.

nous ne verrons plus, ne regarderons plus. nous et l’aveugle absolu en silence. nous aveugles, absolument aveugles en silence, dans ce désert qui se tasse maintenant. nous ne saurons plus voir les pierres, entendre ceux qui se sont tus, qui ont cessé, à force, à bout de forces. rien. rien cela, rien que cela maintenant. ces grands élancements. cet espoir d’un désastre à venir. vide au fond de nous vides seulement plus voir, plus regarder. nous ne cesserons pas. nous ne cesserons pas de dire cela. nous ne cesserons pas, à force, à bout de forces et tout au bout, en silence.

tout ce qui tait cela, tout ce rien qui tait et continue de taire ne plus comprendre à ne plus comprendre, la part d’ombres laissée, entre les pierres et ce que disent les pierres tout parle tout se tait. cela et tout cela bien mort dans nos langues, bien mort et la part d’ombres. ce que nous leur laissons à force, à bout de forces et dans les remous de la nuit, l’angoisse des matins. nous ne parlerons plus, il faudra bien ne plus parler il faudra bien que quelqu’un ne parle plus. les corps, les élancements y veilleront. tout ce qui bruisse et craque et froisse, tout ce qui chuchote et appelle et franchit, tout ce qui siffle et chante et murmure, cela et tout cela. nous leur laisserons. nous y veillerons. tout ce que nous veillerons.

17 janvier 2016

[News] News du dimanche

Vos RV de la semaine : rencontre à l’ENSA avec Torlini, Vazquez, Manon et Savitzkaya ; avec Blaine à Lyon ; pour la présentation du dernier numéro de Nioques à la Librairie Tschann (Paris).

 

â–º CHANTIER(S) POETIQUE(S). Rencontre avec Yannick Torlini, Laura Vazquez, Christophe Manon et Eugène Savitzkaya : jeudi 21 janvier à 18h30 à l’ENSA de Bourges.

Ciclic, sur une proposition des éditions Al Dante, invite 5 jeunes poètes à partager leurs travaux et questionnements littéraires, au sein de son Labo de création. Entre novembre 2015 et avril 2016, ils investissent le site livre de Ciclic, pour y déployer leur espace de création et de réflexion.

4 (+ 1) rendez-vous publics, en partenariat avec la médiathèque et l’Ensa, viennent jalonner ce chantier, où chaque poète invite un auteur "aîné". Pour la deuxième soirée, jeudi 21 janvier 2016, Yannick Torlini et Laura Vazquez invitent Christophe Manon et Eugène Savitzkaya, pour un temps de lectures et d’échanges.

Une présentation des auteurs et de la rencontre, par Laurent Cauwet : Lettre 3# – Ouvrir à la parole, au corps de la parole 

Cette soirée en deux parties, qui s’inscrit dans le projet de l’Ensa En lisant en écrivant, prendra tout d’abord la forme d’une interview de Yannick Torlini et Laura Vazquez, en public et en direct sur RadioRadio. Yannick et Laura liront des extraits de leurs œuvres et répondront aux questions des étudiants.

Dans un second temps, ces derniers présenteront leurs invités.
Laura Vazquez a choisi de convier l’écrivain belge Eugène Savitzkaya, dont l’œuvre, parmi les plus importantes aujourd’hui, compte plus de quarante ouvrages, publiés aux éditions de Minuit et chez de nombreux éditeurs indépendants. Il a fait paraître cette année deux livres, l’un de poésie A la cyprine, l’autre romanesque (et assurément l’un des livres qui ont marqué l’année 2015), Fraudeur.
Yannick Torlini invite Christophe Manon. Auteur d’une œuvre poétique parue chez des éditeurs tels que Nous, Le Dernier Télégramme ou Léo Scheer, il a publié aux éditions verdier, en septembre 2015 le très remarqué Extrêmes et lumineux, un roman récompensé par le prix Révélation de la SGDL.

â–º Jeudi 21 janvier à 19H, Le Bal des Ardents à Lyon (17, rue Neuve) : rencontre avec Julien BLAINE, première d’une série consacrée aux revues.

â–º Jeudi 21 janvier 2016 à 19h30, Librarie Tschann : Présentation du Nioques n°15 et lectures/conférence. Avec Amandine André, Philippe Blaizot, Stéphanie Eligert, Jean-Marie Gleize, Julieta Hanono, Virginie Lalucq & Elodie Petit (et Benoît Toqué).

Au sommaire de ce numéro : Caroline Zekri, Nicolas Tardy, Frank Smith, Sacha Niemand, Stéphanie Éligert, Noémie Lothe, Hubert Renard, Claire Guezengar, Guillaume Basquin, Philippe Blaizeau, Franck Fontaine, Elodie Petit, Julieta Hanono, Reinhard Priessnitz traduit par Christian Prigent, Meda Ruian, Bruno Fern, Justin Delareux, Mathias Richard, Marina Bellefaye, Amandine André et Dominique Quélen.

13 novembre 2014

[Chronique – news] Autour de DOC(K)S/Al dante

C’est ce soir que débute "Poésie action en Avignon", une série de rencontres autour de l’anthologie DOC(K)S que Al dante vient de publier : les dates des RV précèdent la présentation du gros volume.

 

Rencontres autour de l’anthologie Al dante

POÉSIE ACTION EN AVIGNON (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989) : novembre 13 @ 18 h décembre 20 @ 19 h

9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France

Site Web :
http://www.poesieavignon.eu/

L’anthologie Al dante

 

DOC(K)S, morceaux choisis (1976-1989) : vers un langage de l’action, choix de Laurent Cauwet, préambule de Julien Blaine, postface de Stéphanie Éligert, Al dante, été 2014, 1008 pages, 30 €, ISBN : 978-2-84761-776-2. [Lire l’entretien avec Philippe Castellin en 2011]

 

"Chaque numéro de Doc(k(s est un recueil de poèmes,
  est un reportage
est un roman" (Julien Blaine, p. 432).

 

DOC(K)S est la quatrième revue de Julien Blaine, celle-là même qui, selon les propos de son fondateur dans son paradoxal préambule (placé en fin de volume !), lui sert de planche de salut après l’échec de 68. Fondé en 1976 et orchestré depuis 1990 par AKENATON (Philippe Castellin et Jean Torregrosa), DOC(K)S est, selon un autre créateur fondamental dans son histoire, un lieu de transit et de stockage de matières premières, de choses poétiques à l’état brut, « un chantier permanent et collectif », un « objet-sans-queue-ni-tête, qui impose recto-verso la richesse du stock inventorié, exprime par sa pléthore la hâte infinie à combler le retard pris et, par sa brutalité brouillonne, sa vandale rage face à la "culture" des métropoles nanties sur la table desquelles il déverse, muettement, ses "preuves", ses "documents" ». Ce qui fait dire à Philippe Castellin que DOC(K)S « n’invente pas mais inventorie » (cf. DOC(K)S : mode d’emploi, Al dante, 2002, pp. 449, 155 et 326). Se profile ici une suite d’antinomies sociologiquement intéressante : inventaire versus invention, entreprise collective vs mythe du créateur, culture provinciale vs culture métropolitaine, culture underground vs culture dominante, art populaire vs art élitiste, littérature périphérique vs littérature officielle, objet vulgaire (pauvre) vs objet sophistiqué (riche)… Si l’on suit Philippe Castellin dans son DOC(K)S : mode d’emploi, DOC(K)S se distingue dans l’espace des revues contemporaines par ses innovations conceptuelle, fonctionnelle, formelle et matérique. Sa structure rhizomatique – sa dimension fédérative et internationale – favorise la transgression des frontières artistiques ; s’inscrivant dans la mouvance de la postpoésie et de la sortie du livre, DOC(K)S est une revue multimédia qui défend les poésies expérimentales (poésie visuelle et sonore, poésie concrète, mail art, performance comme poésie action, écritures multimédia) et veille à l’autonomie de l’objet. Dans sa postface qui s’appuie sur le contenu de la revue pour filer la métaphore de la balistique, S. Éligert se réfère d’ailleurs à cet ouvrage clé afin de mieux cerner ce drôle d’objet : « la poétique de Doc(k)s consiste à "désécrire", puis à "icôniciser" » ; "la couverture (…) est déjà un poème"… Comme autres caractéristiques, elle ajoute le débordement, l’obscénité, l’explosivité

Cette anthologie qui offre des "morceaux choisis" extraits des deux premières séries (I. 1976-1986 ; II. 1986-1989) permet de retrouver ces principales lignes de force : prédominance de la poésie visuelle (montages divers, poésie spatiale, post cards), art de la performance… Parmi les curiosités : "poème signalistico-visuel", "poème laser", "art ouvert", "poésie signalétique", "poèmes à convictions"… L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout poésie action, comme le souligne Bernard Heidsieck dès le début : "La poésie s’anémiait… Nous lui avons fait du bouche-à-bouche. Elle se confidentialisait… Nous l’avons restituée au cœur de la place publique" (p. 764). L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout subversion, donc. Éclatante dans le "sans titre" (1979) de Sarmiento, qui affiche le slogan "ARgenT" ; dans le "poème-tueur" de Miccini et Sarenco ("La poésie tue le poète") ; dans l’anti-manifeste de Blaine, "Manifeste pour l’occupation des stèles et socles abandonnés" ; dans ces vers du Chinois Ma Desheng : "Toutes les prostituées du monde entier / s’unissent en s’embrassant / la république est née / la Constitution de la République ne comporte qu’un seul article / liberté du va et vient" (833)…

♦♦♦♦♦

Sur le projet Al dante autour de Doc(k)s, Laurent Cauwet a bien voulu nous donner précisions.

« Pour moi la lecture des anciens numéros de Doc(k)s provoque toujours une sorte de joie furieuse. Ce remuement, ce bruit à la fois typographique et visuel est riche de son nombre, mais surtout des singularités qui forme le nombre. Cela forme une langue "doc(k)s", unique, inégalée, qui n’efface pas ces singularités, celles-ci au contraire s’amplifiant au contact les unes des autres. Lorsque j’ai découvert "doc(k)s" (début des années 80), je ne savais pas grand chose de la poésie contemporaine, rien de la performance, rien de l’art contemporain… Ces espaces, je les ressentais comme réservés, voire interdits. De là où j’étais alors, je pensais que se tricotait "là-bas" des aventures qui se vivaient ailleurs, en dehors d’une population écartée dont je faisais partie – dont je fais toujours partie, sauf que ce sentiment d’illégitimité, s’il ne m’a jamais quitté, loin d’être un frein, un blocage, est devenu au contraire un moteur pour intervenir quand je veux là où je veux… Je m’étais plongé dans Doc(k)s, sans presque jamais chercher le nom des auteurs (à quoi bon). J’étais fasciné par cette émeute de papier aux voix multiples, toutes différentes, toutes riches différemment. Fasciné par cette colère grouillante qui exprimait aussi la joie d’être dans une énergie de vivant. Fasciné par cette façon, toute nouvelle pour moi, d’affirmer, de manifester son être au monde, et de lire qu’à chaque page se réinventaient les paroles de cette manifestation. Dans cet univers hors des slogans, des directives, des cloisonnements idéologiques j’apprenais d’autres possibles subversifs, d’autres formes de radicalité qui tenaient de la poésie mais aussi de la rue, de la philosophie mais aussi du rock… je découvrais des gestes poétiques où l’on sentait la puissance des corps, qui prétendaient être de la pensée en action, qui raccourcissaient l’espace entre l’hypothèse d’un futur et la crudité vive d’un présent. C’était il y a 30/35 ans.

Aujourd’hui encore, même si je comprends mieux comment fonctionnent ces dispositifs poétiques, je ressens toujours cette même joie insurrectionnelle. Ma conviction est que Doc(k)s dégage toujours cette énergie créative, cette puissance vitale qui s’affirme du côté de la vie ; je dirais même qu’à l’épreuve des expérimentations qui ont suivi, Doc(k)s n’a cessé de prouver dans sa modernité. Doc(k)s reste d’actualité quant à sa pertinence politique et sa propension à produire les outils pour mieux penser notre présent – d’autant plus aujourd’hui, où l’espace poétique s’est muté en "milieu" poétique, qui de plus en plus développe des règles et des réflexes de docilité fonctionnariale. C’est ce qui m’a décidé à me lancer dans cette aventure éditoriale : le but n’était pas de faire une anthologie de type "archive", qui renverrait Doc(k)s au passé, ni un outil analytique (qui existe déjà, brillamment réalisé par Philippe Castellin), mais plutôt un nouveau Doc(k)s fabriqué avec les anciens, en recueillant au fil de la lecture les gestes qui me paraissaient encore riches de cette pertinence citée plus haut, en jouant de nouvelles confrontations, en réinterprétant parfois typographiquement certains gestes (essayant ainsi d’imaginer quels codes visuels aujourd’hui seraient les plus proches, les plus justes en regard de ce que le poète a voulu signifier en utilisant les codes en vigueur à son époque – "jeu", manipulation que souvent les doc(k)ers espèrent chez les lecteurs, raccourcissant au maximum l’espace entre poète et récepteur), en prélevant parfois une page, une citation d’un ensemble, etc. Ce "Doc(k)s morceaux choisis" est en fait et "avant tout" l’aventure d’un lecteur de Doc(k)s, et d’un lecteur qui avait le recul nécessaire pour faire ce travail (2014 – 1989 = 25 ans !). Le lien avec Julien a été minimal : après acceptation – et joie semble-t-il – de ce projet, il n’a voulu participer ni au choix des interventions, ni aux réflexions qui ont donné naissance à l’objet. Fidèle en cela à son fonctionnement habituel : "Fais ce que tu veux, mais ensuite nous parlerons, car lecteur tu es autant responsable de ta lecture que moi poète de ce que j’ai donné à lire". Sa seule intervention a été d’écrire, en guise de postface… un préambule – ce dérèglement spatial déjà est une jolie façon de se situer : ni derrière, ni devant… mais en compagnonnage attentif, fidèle mais insubordonné. Le lien avec Stéphanie Éligert a été singulier : si elle connaissait bien entendu cette revue, elle n’en était pas une "spécialiste", ne l’ayant abordée jusqu’ici que par fragments, au hasard des rencontres et des lectures. Ma proposition était simple : je lui ai envoyé un jeu d’épreuves, en lui demandant si elle pensait que l’édition d’un tel ouvrage pouvait être opportun aujourd’hui, si en regard de notre actualité ce "Doc(k)s morceaux choisis" gardait sa pertinence… et son impertinence. Et, si tel était le cas, je lui demandais d’écrire sur ce qui, pour elle, rendait ce livre toujours "opérant" – ce qu’elle a fait, à ma plus grande joie, avec une approche de la lecture de Doc(k)s par le biais des sciences de la balistique. Le lien avec l’actuel Doc(k)s n’a pas existé. Car ce n’était pas le sujet. Si Philippe Castellin et Jean Torregrossa, doc(k)ers de la première heure, sont présents dans l’ouvrage ; si l’existence de la troisième série de Doc(k)s dirigée par eux, est bien entendu citée (par Julien Blaine, par Stéphanie Éligert et par moi-même) ; et si le travail théorique mené par Philippe Castellin a certainement participé à enrichir ma lecture de Doc(k)s (et par la même, incidemment, influer sur mon choix), Doc(k)s troisième vie, tout en s’inscrivant dans une continuation, signe aussi une positive rupture (positive en ce que Doc(k)s changeant de main, n’essaie pas de répéter mais propose autre chose) avec de nouvelles stratégies, de nouvelles collaborations, la prospection de nouveaux espaces, etc. Et ce n’était pas mon propos de parler de cela. De plus, comment intégrer ici une histoire qui est en train de s’écrire? Pour finir, et non sans avoir longuement hésité, j’ai préféré ne pas faire appel à aucun Doc(k)er de la première heure pour commenter l’aventure doc(k)sienne, de peur qu’ils ne pèsent et n’atténuent la vivacité des gestes poétiques, et pensant que ce n’était pas le lieu…

9 novembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de revenir en début de semaine sur l’événement autour de DOC(K)S, ce soir nos Libr-brèves : Poésie action en Avignon, l’Autre Salon, NEXT Festival, Citéphilo, RV avec les éditions Contre-mur…

 

 â–º Véronique Bergen est nominée pour le prix Rossel 2014, suite à la publication de sa biofiction Marilyn, naissance année zéro (Al dante) – que nous venons de saluer cette semaine.

â–º Jusqu’au 26 novembre à Lille et environs, Citéphilo : "De quel droit ?" (programme : ici).

â–º Du 14 au 29 novembre 2014, sur la métropole lilloise : Next Festival.

â–º POÉSIE ACTION EN AVIGNON avec Al dante (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989)

novembre 13 @ 18 h 00 mindécembre 20 @ 19 h 00 min

Navigation de l’événement

  •  

9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

— Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

— Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

— Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

— Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

— Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France
Site Web : http://www.poesieavignon.eu/

 

â–º L’Association L’Autre Livre vous offre, du 14 au 16 novembre 2014 à l’Espace Blancs Manteaux (48, rue Vieille du Temple 75014), la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens (entre autres, vous y retrouverez les éditions Al dante).

 

â–º Samedi 15 novembre 2014, 19H-21H, soirée proposée par les éditions Contre-mur, Librairie Le Lièvre de mars (21, rue des trois mages à Marseille) : lancement des inventifs posters signés Alain Cressan, Du jeu dans la lecture (version cartographiée) et Pierre Ménard, Les Accolades.

2 novembre 2014

[News] News du dimanche

En ce deuxième dimanche très critique (semaine dernière : réflexion sur art et argent, création et fondations ; cet après-midi : Libr-humeur de Bernard Desportes sur l’exception inculturelle française), juste après notre rubrique "Autour de Christian Prigent", voici notre sélections de RV incontournables, nos Libr-événements de la semaine : soirée Al dante au Monte-en-l’air ; 11e festival Poésie Marseille ; Bergen et Bertin (Al dante) à La Ciotat.

 

Autour de Christian Prigent

 Sur l’actualité de Christian Prigent, documents et travaux divers : RV sur le blog Autour de Christian Prigent.

Christian Prigent à Berlin. Le samedi 27 Novembre 2014, 20h. A propos de la traduction en allemand de L’Âme (POL, 2000), lecture et discussion. A «lettretage», Mehringdamm 61, D-10965-BERLIN. Contact : Katharina Deloglu, 0151-59 17 26 50. Voir http://comment.lettretage.de/category/christian-prigent

 
Christian Prigent à Nantes. Le mardi 16 Décembre, 20 h 30.  Grand-mère Quéquette, Demain je meurs, Les Enfances Chino. Lecture-rencontre organisée par le CAP (Culture, Art, Psychanalyse). Salle Vasse, 18 rue Colbert, 44000-Nantes. Contact : CAP Nantes, 06 10 28 64 88. 
 

* La mise en ligne de la collection intégrale des TXT est entreprise par José Lesueur sur son blog Cantos Propaganda : vous pouvez déjà découvrir les cinq premiers numéros dans leur intégralité.

* À paraître le 14 novembre : Christian Prigent, La Langue et ses monstres (nouvelle édition, P.O.L : 11 textes relus + 9 textes en plus).

 

Libr-événements

 â–º Le jeudi 6 novembre, 18H30 à la librairie du Monte-en-l’air (2, rue de la Mare Paris 20e ; tél. : 01 40 33 04 54), rencontre avec Véronique Bergen, Jérôme Bertin et Yannick Torlini.
Ils liront des extraits de leurs derniers ouvrages parus aux Editions Al Dante :
– "Marilyn, naissance année zéro" (Véronique Bergen) ;
– "La peau sur la table" (Jérôme Bertin) ;
– "Nous avons marché" (Yannick Torlini).
… mais également des extraits de travaux en cours…

 

â–º POÉSIE MARSEILLE 2014, 11e Festival de poésie et de performances

6 AU 9 NOVEMBRE 2014

[mac] Musée d’Art Contemporain, Galerie Jean-François Meyer, Librairie Histoire de l’Œil, Librairie l’Odeur du Temps

Entrée libre

LES INTERVENANTS

Internationaux

Antoine Boute (Belgique), J.M Calleja (Catalogne), Uri Hollander (Israël), Rita Marhaug (Norvège), Carpanin Marimotou (Réunion)

Nationaux

Julien d’Abrigeon, Jean-Marie Gleize, Pierre Tilman, Sarah Trouche, Louise Vanardois

Marseillais

Nadine Agostini, Julien Blaine, Michèle Métail, Florence Pazzottu, Pierre le Pillouër

 

PROGRAMME

JEUDI 6 NOVEMBRE 19h

Librairie L’Odeur du Temps

Jean-Marie Gleize / Pierre le Pillouër / Louise Vanardois

 

VENDREDI 7 NOVEMBRE 19h

Librairie Histoire de l’Œil

Antoine Boute / Uri Hollander / Rita Marhaug / Carpanin Marimotou

 

SAMEDI 8 NOVEMBRE 19h

[MAC] Musée d’Art Contemporain

Julien d’Abrigeon / Julien Blaine / J.M Calleja / Sarah Trouche

 

DIMANCHE 9 NOVEMBRE 19h

Galerie Jean-François Meyer

Exposition : « Les mots sont » par Pierre Tilman.

Nadine Agostini / Michèle Métail / Florence Pazzottu / Pierre Tilman

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Plus d’infos

www.poesie-marseille.net

04 91 33 95 01

â–º Samedi 8 novembre à 18H, La Boutique à La Ciotat (8, rue des Frères Blanchard) : rencontres avec les auteur-e-s Véronique Bergen et Jérôme Bertin, qui liront des extraits de leurs derniers ouvrages, parus aux éditions Al Dante.


La peau sur la table de Jérôme Bertin
http://al-dante.org/shop-4/jerome-bertin/la-peau-sur-la-table-suivi-de-autoportrait/

Marilyn, naissance année zéro de Véronique Bergen.
http://al-dante.org/shop-4/veronique-bergen/marilyn-naissance-annee-zero/

 

14 septembre 2014

[News] News du dimanche

En ce deuxième dimanche de reprise, après l’invitation à lire Yannick Torlini, Camar(a)de, nos rubriques Libr-Net et Libr-événements (RV Manifesten, Po&fric et En première ligne).

EN UNE /FT/

Yannick TORLINI, Camar(a)de, éditions Isabelle Sauvage (29), été 2014, 88 pages, 14 €, ISBN : 978-2-917751-44-2.

Rien d’étonnant à ce que Yannick Torlini soit l’auteur d’un essai intitulé Ghérasim Luca : le poète de la voix. Ce texte en prose poétique dont le titre à double détente associe mort et fraternité, cet agencement répétitif où le poète entend "parler/penser/trouer" fait en effet bégayer le babil des classes laborieuses, désormais plus aliénées que dangereuses : "ce rideau que l’on nomme (vie / salariat / attente / désespoir / dépression / attente). retient le peu d’espace le : que l’on nomme peu de : sans nom. sans jamais. sans rien. camarade, commence par nommer-dévider ce qui – te tue, sans nom. faire l’effort de (dans). la (ma)langue" (p.29)…

 Libr-Net

â–º Podcast France Culture : revoyez/réécoutez Christophe Tarkos (émission "L’Atelier du son", avec vidéos annexes) peu avant le 10e anniversaire de sa disparition (novembre 2004/2014).

â–º L’actualité de David Christoffel sur son site.

â–º Parmi les nouveautés sur nerval.fr, le poème audio de Corinne Lovera Vitali, sont les seuls.

Libr-événements

â–º RV MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille)

Lundi 15 septembre 2014 à 20H30 : Le corps comme dernier espace de liberté, débat modéré par Claudine Dussolier (Transversalité) avec Marc Mercier (Instants vidéos), Julie Bordenave (journaliste de Stradda et critique des Arts de la rue) et José Rubio (Directeur technique de la grande Halle de la Villette).
Rencontre organisée dans le cadre du festival international de performance "préavis de désordre urbain".

Un moment convivial qui permettra d’activer et d’interroger des actes artistiques dans l’espace public tout au long de la semaine de cette 8ème édition.
Autour d’un apéro, public, artistes et invités sont conviés à des chassés-croisés philosophiques entre transgression des interdits, liberté des corps et poésie urbaine.
La rencontre sera modérée par Claudine Dussollier, géographe et auteure de projets culturels et multimédia, elle cooordonne la plateforme RAMI (Rencontres arts et multimédia internationales). Elle dirige la collection d’ouvrages dédiés à l’art dans l’espace public : Carnets de rue.
Avec la participation de Julie Bordenave, journaliste et critique arts de la rue, de Marc Mercier, Directeur des Instants­vidéo et de José Rubio, Directeur technique du Parc et de la grande Halle de la Villette.
En présence des artistes du Festival Projection des Instants vidéo

­­­­­­­Avant la rencontre:
Soirée de lancement du Festival autour des containers de tri sélectif
Kiosque des Réformés, Square Léon Blum
Zones Rouges: 18H30­20H
Avec Ornic’art et Jérôme Porsperger

Mardi 16 septembre à 19H : Jérôme Rothenberg – né à New York fils de juif polonais immigrés. Il descend du Talmudiste Rabbi Meir of Rothenburg.
Il a fait ses études à l’University du Michigan puis à la Columbia University.
Il vivait à New York jusqu’à son séjour dans la réserve d’Allegany (Seneca) dans l’ouest de l’état de New York puis plus tard à San Diego en Californie, où il vit actuellement.
On lui doit des traductions de poètes allemands, de Paul Celan de Günter Grass, et de tant d’autres…
Fondateur d’Hawk’s Well Press et de la revue "Poems from the Floating World and some/thing", avec David Antin, qui publia de nombreux auteurs américains d’avant-garde. Et une fantastique anthologie "Technicians of the Sacred" : un choix de poèmes venus d’Afrique, d’Amérique, d’Asie, & d’Océanie (en 1968, puis revue et augmentée en 1985).
C’est aussi un des grands poètes de la performance où il lie dans son écriture, sa parole, sa gestualité les rites amérindiens et la mémoire du ghetto de Varsovie.
Travail d’Ethnopoète : "Technicians of the Sacred" (1968), qui inclue des poèmes visuels et sonores et des évènements rituels.
Il édita alors "Alcheringa", le premier magazine d’ethnopoésie (1970–73, 1975) et nombre d’anthologies : "Shaking the Pumpkin" : poésie traditionnelle des amérindiens de l’Amérique du nord (1972); un gros livre de textes juifs : "Poems & Other Visions of the Jews from Tribal Times to the Present ; Exiled in the Word", 1977 and 1989); "America a Prophecy" : un relecture de la poésie américaine de l’époque précolombienne jusqu’à nos jours (1973) ; et "Symposium of the Whole" : un choix de discours sur l’ethnopoésie (1983), coédite avec sa femme Diane Rothenberg.
Dans les années récentes, on lui doit "Poems for the Millennium, Poetics & Polemics" 1980-2005.
Et l’édition en français de "Technicians of the Sacred" traduit par Yves di Mano, paru en 2008.

Il nous donne à voir ce qui en ces temps de barbarie nous rapproche encore un peu de cette espèce en voie de disparition : l’espèce humaine…

http://www.jose-corti.fr/titresmerveilleux/techniciensSacre.html

 

â–º Vendredi 19 et samedi 20 septembre, Po&fric, Limoges-Eymoutiers : Rencontres, expos, lectures & performances + banquet sur la question de l’art, de l’argent et de la poésie, à Limoges et Eymoutiers, les 19 & 20 septembre prochains.
Invités : arT errOriste, Frédéric Danos, Stéphanie Eligert, Daniel Foucard, Jean Gilbert, Christophe Hanna, Jérôme Mauche, Yao Qingmei
Lieux : Galerie l’oeil écoute, Galerie du CAUE, le marché d’Eymoutiers, librairie Passe-temps, bar le Potron-minet.
Le programme détaillé est là : www.pan-net.fr
En plus tout est déjà expliqué en haut de cette page alors c’est facile !
Entrée libre et gratuite.
Contact : 43210pan@gmail.com

 

â–º Du 19 au 21 septembre, Festival En première ligne, espace Robespierre à Ivry-sur-Seine (en partenariat avec Remue.net).

Samedi 20 septembre
RENCONTRE 1 10h30 – 11h30 salle Maya Angelou

Egalité. Contre l’oubli de l’histoire, la force des mots Egalité. Contre l’oubli de l’histoire, la force des mots – 10h30-11h30
avec Florence Gauthier, historienne, Université Paris 7-Denis Diderot.
Un débat présenté par Daniel Blondet, syndicaliste, militant du livre.
Les mots, les notions, les concepts et leurs pratiques ont une histoire, forcément contradictoire. Celui d’égalité continue d’emporter l’enthousiasme et l’effroi. Il a connu, récemment, diverses tentatives de remplacement par équité, solidarité, égalité des chances, qui convergent vers sa dépolitisation.
Un retour sur la devise de la république des droits naturels : liberté, égalité, fraternité. Ces trois mots que les murs et les institutions ne portent plus qu’à leurs frontons, énoncent pourtant une proposition politique, qui tient ensemble le droit de résistance à l’oppression des individus, celui des peuples et celui de l’humanité tout entière. Mais le battement de leur coeur n’a pas fi ni de résonner…

RENCONTRE 2 10h30 – 11h30 • salle José Saramago

L’œuvre-vie de Jean Malaquais – 10h30-11h30
avec Geneviève Nakach, Ouvrage de référence : Malaquais rebelle aux éditions du Cherche-midi.
Un débat présenté par Hugues Calvet-Lauvin, libraire, militant du livre.
Malacki-Malaquais, le rebelle, le gaffeur, le javanais d’une planète sans visa… Une vie, une oeuvre, qui chantent l’odyssée des parias, des apatrides, et autres damnés cosmopolites d’une Europe aux heures les plus sombres du siècle écoulé. Mais toujours avec l’espoir, la joie, le rire comme boussole d’une humanité partagée. Malaquais, romancier de l’égalité ? Sa biographe, Geneviève Nakach, viendra évoquer avec nous cette fi gure hors-norme qui, non content d’être un écrivain maniant la langue française comme peu d’autres savent le faire, fut aussi un homme qui ne la planquait pas – sa langue – dans sa poche.

RENCONTRE 3 11h – 12h • salle FLORA TRISTAN

Tous les oeillets fanent-ils ? – 11h-12h
avec Charles Reeve et Kamel Djaïder.
Un débat présenté par Jean Lemaitre, journaliste et enseignant à l’IHECS-Bruxelles, militant du livre.
40 ans après, l’écrivain Charles Reeve, qui déserta de l’armée coloniale portugaise, et Kamel Djaïder , la "voix du Moyen-Orient" sur RFI, qui couvrit la révolution des OEillets pour "Algérie-Actualités", évoqueront les acteurs et événements, les espoirs et les désillusions comme l’actualité de cette Révolution aux parfums entêtants.

RENCONTRE 4 11h30 – 12h30 • salle MAHMOUD DARWICH

Rencontre avec Maylis de Kerangal – 11h30-12h30
Un débat présenté par Sébastien Rongier, écrivain et essayiste, membre du comité éditorial de remue.net
Maylis de Kerangal s’est imposée depuis le début des années 2000 comme une voie littéraire forte. Dans ses romans se mêle la circulation des corps et des désirs dans des espaces qui imposent une vision fragmentaire et flottante du réel. De Corniche Kennedy (2008) à Réparer les vivants (2014), par la topographie des corps et du réel, la lecture de Maylis de Kerangal offre une intense expérience du monde contemporain.

RENCONTRE 5 12h – 13h • salle FLORA TRISTAN

Grândola vila morena ! le roman d’une chanson – 12h-13h
avec Francisco Fanhais et Jean Lemaitre
Ouvrage de référence : Grândola vila morena ! : le roman d’une chanson aux éditions Aden
Un débat présenté par Kamel Djaïder, journaliste, militant du livre.
Le jeudi 25 avril 1974. Minuit vingt minutes et dix-neuf secondes. Une chanson retentit sur les ondes de Radio Renascença. C’est le signal de l’insurrection qui renversera le régime fasciste au Portugal. Depuis, cette chanson, que "Zeca" Afonso composa en hommage au peuple d’une cité qui su incarner la résistance au salazarisme, retentit à Madrid comme à Porto et Athènes, partout où le peuple vient troubler les desseins des puissants…
Francisco Fanhais est l’une des grandes voix de la chanson portugaise, il participa à l’enregistrement de "Grândola" ; Jean Lemaitre est journaliste et l’auteur avec Mercedes Guerreiro de "Grândola vila morena ! : le roman d’une chanson" aux éditions Aden.

RENCONTRE 6 14h00-15h30 • salle MAHMOUD DARWICH

L’égalité, une pensée à part entière ? Rencontre avec Jacques Rancière – 14h-15h30
Un débat présenté par Raùl Mora, libraire, militant du livre et Ivan Segré, philosophe, militant du livre.
"Reste que, de temps en temps, les sociétés réapprennent ainsi brusquement deux ou trois choses inouïes : que l’intelligence est la chose du monde la mieux partagée et que l’inégalité elle-même n’existe qu’en raison de l’égalité. Ces choses inouïes sont simplement ce qui fait que la politique à un sens."
Extrait de "La tête et le ventre Janvier 1996" texte paru dans le recueil "Chroniques des temps consensuels" aux éditions du Seuil.

RENCONTRE 7 14h – 15h • Salle JOSE SARAMAGO

Rencontre avec John King – 14h-15h
Ouvrage de référence : White trash aux éditions du Diable Vauvert, 2014
Un débat présenté par Daniel Paris-Clavel, revue Chéribibi, militant du livre et Philippe Villechalane, libraire, militant du livre.
Un écrivain à part dans la littérature anglaise. Il choisit après les terribles années Thatcher et la défaite du mouvement ouvrier britannique de redonner la parole au peuple dans le sillage des "Angry young man", ces "jeunes gars en colère" qui chahutèrent le royaume des lettres britanniques dans les années cinquante. Il décide de raconter des histoires populaires loin du spectacle. Skin, Punk ou hooligans ; fringues, musique, pub, football, baston, tout ça mais pas que…

RENCONTRE 8 14h – 15h • Salle MAYA ANGELOU

1914-1918 : l’uniforme a-t-il effacé les classes sociales dans l’épreuve commune des tranchées ? – 14h-15h
avec Nicolas Mariot, historien. Ouvrage de référence : Tous unis dans les tranchées, 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple, Seuil, 2013
Un débat présenté par Christine Motte, militante du livre.

L’historien et sociologue Nicolas Mariot propose une lecture différente des célèbres "écrits de guerre" laissés par les intellectuels combattants. En racontant leur expérience du monde des tranchées, ils livrent aussi un témoignage sur les différences sociales maintenues, déplacées et parfois aussi renforcées durant le conflit.

RENCONTRE 9 16h – 17h30 • salle MAHMOUD DARWICH

Rencontre avec Petros Markaris – 16H-17h30
Un débat présenté par Hugues Calvet-Lauvin, libraire, militant du livre.
Des polars bien sentis sur fonds de crise économique et sociale, voilà ce qui fait – à juste titre – la notoriété du romancier Petros Markaris. Ses enquêtes du commissaire Charitos nous plongent dans la réalité d’une Grèce contemporaine en proie aux diktats de la troïka, aux coupes budgétaires sans fin, au démantèlement de l’État "providence" au profit des banques et de la finance. Derrière les meurtres à élucider, se dessine un tableau de la détresse des humbles et de la corruption des élites. Mais le bougre de Petros a plus d’une cartouche dans sa plume, ainsi que nous aurons l’occasion de l’évoquer ensemble*… Histoire de faire mentir ceux qui considèrent un peu vite le polar comme un "genre mineur".
* Comme scénariste, il obtint le Grand Prix lors du Festival de Cannes 1995 pour Le Regard d’Ulysse de Theo Angelopoulos, puis en 1998 la Palme d’or pour L’Éternité et Un Jour du même de Theo Angelopoulos.

RENCONTRE 10 15h30 – 17h • Salle JOSE SARAMAGO

Révolutions africaines, une histoire pour le présent ? – 15h30-17h
Avec Francis Arzalier et Saïd Bouamama
Francis Arzalier est historien et essayiste. Saïd Bouamama est sociologue et militant associatif.
Ouvrages de référence : Figures de la révolution africaine ; De Kenyatta à Sankara, La découverte, 2014 et Expériences socialistes en Afrique : 1960-1990, Le Temps des Cerises, 2010.
Un débat présenté par Fatmata Camara, médiatrice culturelle, militante du livre.
13 ans de guerres coloniales portugaises pour préserver les gains d’entreprises qui ne reversent rien au peuple ; un pays qui stagne dans la pauvreté économique et sociale sous un régime fasciste : les conditions étaient réunies pour la Révolution des oeillets et la décolonisation de l’Afrique lusophone. Pour se débarrasser du joug colonial, les meneurs des guerres d’indépendance africaines (dont les lusophones) ont tenté diverses "expériences socialistes" qui ont souvent laissé un goût amer. Mais elles ne méritent pas d’être jetées aux oubliettes de l’Histoire, car elles visaient à "construire une société au service des (…) peuples".

RENCONTRE 11 18h – 19h30 • salle MAHMOUD DARWICH

Cuba grafica ! Histoire de l’affiche cubaine – 18h-19h30
Rencontre avec Régis Leger et Flor de Lis Lopez
Ouvrage de référence : Cuba grafica, histoire de l’affiche cubaine aux éditions L’échappée
Un débat présenté par le Collectif Formes vives.
Régis Léger alias Dugudus ou bien l’inverse fut pour nous d’abord une rumeur, on causait d’un jeunot qui se passionnait pour l’affiche politique, puis un émerveillement , "Cuba Grafica" , un bouquin, une somme érudite et futée qui n’embaume pas les grandes heures du "cartel" cubain mais veille à questionner filiations et pratiques actuelles. Un fort et beau livre. Et Régis est en compagnie de choix, Flor de Lis Lopez, son ex-enseignante à l’école de design de La Havane, grande historienne du graphisme cubain. Elle met, pour la première fois, à l’occasion de cette rencontre les pieds hors de l’Amérique Latine.

RENCONTRE 12 17h30 – 18h30 • Salle JOSE SARAMAGO

Polar à l’italienne – 17h30-18h30
Avec Alessandro Perissinotto et Gioacchino Criaco
Un débat présenté par Samantha Biolcati, militante du livre.
Au pays de Scerbanenco et de Leonardo Sciascia. Beaucoup de littérature et des frontières de genre bien plus poreuses qu’ailleurs. Le polar à l’Italienne actuel a de quoi se mettre sous la dent ; mafias en tout genre et luttes révolutionnaires armées des années 70 et 80. Scandales politico-financiers sans fin et luttes sociales renaissantes. Et des pans entiers de l’histoire transalpine à revisiter. Pour approcher tout cela nous accueillons deux romanciers italiens de grande classe. Alessandro Perissinotto, de Turin, le titulaire du prestigieux prix Stregga 2013 est enseignant et traducteur. Gioacchino Criaco, de Africo en Aspromonte, il fut avocat à Milan, depuis son retour dans l’Aspromonte, il se consacre exclusivement à l’écriture.

RENCONTRE 13 18h – 19h30 • salle FLORA TRISTAN

L’ immigration et le quartier populaire dans la BD : une écriture de l’intime ? – 18h-19h30
Avec Farid Boudjellal, Kamel Khélif et Pierre Place
Un débat présenté par Naiké Desquesnes, journaliste indépendante, revue Z.
C’est seulement au début des années 1980 que le quotidien des quartiers populaires, des prolos immigrés et français, débarque sur les planches des albums de bande dessinée. Pour la première fois dans l’Hexagone, les lecteurs découvrent la vie des familles partagées entre la France et le bled, les galères de travail, de logement, le racisme, la violence policière. Baru et Boudjellal plutôt que le "beauf" de Cabu et les "bidochons" de Binet. C’est Farid Boudjellal qui dépeint cette vie là, à travers les frasques de la famille Slimani. Un peu plus tard, le bédéiste et peintre Kamel Khélif raconte la mémoire de sa famille ou bien celle des quartiers Nord de Marseille. Les peines et les joies des quartiers populaires : c’est aussi ce que dessine, parfois, et scénarise Pierre Place.

Dimanche 21 septembre


RENCONTRE 14 11h – 12h30 • Salle MAYA ANGELOU

RAP & … – 11h-12h30
Avec Karim Hammou, EJM et Karim Madani
Un débat présenté par Thomas Deconchy, militant du livre.
L’année dernière en 2013 on fêtait les 30 bougies de la Marche pour l’Égalité. 1983, c’était également la première apparition en France d’une culture débarquée des States et qui allait elle aussi bouleverser les codes et permettre la libération d’une parole jusque là confisquée : le Hip-hop. Y-a-t-il un lien entre ces deux anniversaires ? Quelle place au occuper le rap dans les mouvements culturels et/ou politiques issus des quartiers populaires ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Nous vous proposons une rencontre en freestyle, autour du café du dimanche matin, avec trois bonhommes qui chacun à leur manière font avancer la gamberge autour de ces questions. Trois liens avec l’écriture aussi. Une écriture couchée sur instru depuis plus de 20 ans par EJM, ou sur pages blanches sous la forme des fictions aux scénars breakbeats et aux mots noirs de Karim Madani, ou sous la forme d’études plus universitaires comme le travail précis proposé par Karim Hammou.

RENCONTRE 15 11h – 12h • Salle JOSé SARAMAGO

L’identité pour viatique, longévité d’une mystification – 11h-12h
avec Francis Arzalier, historien et essayiste
Il a publié de nombreux ouvrages et articles, notamment sur les rapports coloniaux et postcoloniaux, les questions identitaires et les mouvements de révolte. Il est le responsable de la revue Aujourd’hui l’Afrique.
Ouvrage de référence : Les régions du déshonneur : la dérive fasciste des mouvements identitaires au XXe siècle aux éditions Vuibert, 2014.
Un débat présenté par Nicolas Norrito, éditions Libertalia, militant du livre.
Le Lorrain Hermann Bickler, le Corse Petru Rocca, le Breton Olier Mordrel, le Palestinien Hadj Amin El Husseini, etc. : des hommes au destin étonnant, au coeur des tempêtes de l’histoire du 20è siècle. Ils ont d’abord été des militants, revendiquant envers et contre tout une identité occultée, régionale ou nationale, culturelle, ethnique ou religieuse. Puis ils se sont laissés emporter, fascinés par les "grandes lueurs noires" des "années 30", nazisme et fascismes, qui ont durant une génération, ravagés la France et le monde. Certains de ces "perdants" de 1945, ont retrouvé plus tard leur rôle d’acteur occulte de l’histoire, et une descendance évidente, jusqu’à nos jours. Quatre vingts ans après les "années 30", l’actualité semble revenue des identités exacerbées, manipulées.
Un détour par le passé, indispensable au présent…

RENCONTRE 16 11h – 12h • salle FLORA TRISTAN

Buonarroti, Babeuf, des contemporains ? – 11h-12h
avec Stéphanie Roza et Jean-Numa Ducange
Ouvrage de référence : Conspiration pour l’égalité, dite de Babeuf par Philippe Buonarroti, aux éditions La Ville brûle, 2014.
Un débat présenté par Ivan Segré, philosophe, militant du livre.
La Conspiration pour l’égalité dite de Babeuf est le premier grand récit de l’époque contemporaine défendant l’égalité sociale radicale. Lorsque paraît la Conspiration pour l’égalité de Filippo Buonarroti, en 1828, l’Europe entière est monarchique. À Paris, le nom de Robespierre est imprononçable et les révolutionnaires sont réduits au silence depuis 1815. Depuis près d’un demi-siècle, ce classique de la littérature révolutionnaire n’avait jamais été réédité. Il bénéficie aujourd’hui d’une édition scientifique complète et qui fera référence. Établie par des spécialistes incontestables, elle permet d’appréhender le texte dans son contexte immédiat comme dans son histoire longue, depuis les "lumières radicales" du XVIIIe siècle jusqu’à la postérité communiste ultérieure.

RENCONTRE 17 13h30 – 15h • salle MAHMOUD DARWICH

Marche pour l’égalité de 83, quels enseignements pour le présent ? – 13h30-15h
avec Mogniss Abdallah, journaliste, fondateur de l’Agence Im’média, militant ; Saïd Bouamama, sociologue et militant associatif et politique ; Toumi Djaidja, co-fondateur de l’association "SOS Avenir Minguettes", il fut l’un
des initiateurs de la Marche.
Un débat présenté par Karim Belabbas, syndicaliste, militant du livre.
L’année dernière, nombre de manifestations, locales et nationales, eurent lieu dans l’Hexagone afin de fêter les trente ans de la Marche pour l’égalité et contre le racisme. Il y eu à boire et à manger, et pour sûr, du bon et du moins bon ; dont les récupérations politicardes attendues, par ceux qui déjà, en 83, oeuvraient d’arrache-pied afin de désamorcer un événement politique sans précédent : l’irruption de la jeunesse des quartiers populaires et de relégation sociale dans la vie politique d’un pays qui les cantonnait à la rubrique des faits divers. Alors, "En première ligne" va s’employer à rendre la Marche à ceux qui l’ont faite et à ceux pour qui ils marchèrent.

RENCONTRE 18 13h30 – 15h • Salle JOSE SARAMAGO

Rencontre avec Lionel Salaün – 13h30-15h
Un débat présenté par Philippe Villechalane, libraire, militant du livre.
Magasinier, fabricant d’aquariums, photographe, pêcheur de sardines, mais surtout écrivain ; chansons, poèmes, scénarios, pièces de théâtre et romancier. Passionné de musique, jazz, blues, rock, chanson française, classique, mais que du bon. Son premier roman Le retour de Jim Lamar, est le plus français des romans américains, un vrai beau bouquin initiatique, plein d’amitié et de détermination avec une quinzaine de prix à la clé. Le second Bel
air est la chronique d’une époque, d’une classe, d’une génération, d’un lieu, des années 50, de la classe ouvrière, des adolescents pendant la guerre d’Algérie et du bistrot d’un quartier populaire. Chez Liana Levi.

RENCONTRE 19 13h30 – 14h30 • salle FLORA TRISTAN

Égalité marginale – 13h30-14h30
Avec Thierry Pelletier Ouvrage de référence : La petite maison dans la zermi, éditions Libertalia 2007.
Un débat présenté par Daniel Paris-Clavel, revue Chéribibi, militant du livre.
Fruits de séjours dans le "social" (de centres pour toxicos en centrales pour taulards), les récits contondants de Thierry Pelletier racontent des vies fracassées qui méritent mieux qu’un numéro de dossier : pas de commisération, du respect !

RENCONTRE 20 14h – 15h30 • Salle MAYA ANGELOU

Littérature Jeunesse, retour à l’ordre moral où école de l’égalité ? 14H-15h30
Avec Sylvie Vassalo, directrice du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil ; Claire Franek, illustratrice jeunesse ; Abdel Hafed Benotman, auteur et Olivier Belhomme, éditions de l’Atelier du poisson soluble.
Un débat présenté par Samiha Lafif, libraire, militante du livre.
La moralité fait son "come-back" sur le devant de la scène, mais a-t-elle jamais disparu ? Et si celle-ci veut faire main basse sur les lectures des plus jeunes, c’est bien que les enjeux sont plus importants qu’on nous le laisse croire… La rencontre donne la parole à des militants de la littérature jeunesse, ils sont en première ligne afin d’offrir à chaque citoyen de demain les outils nécessaires à leur émancipation.

RENCONTRE 21 14h30 – 16h • salle MAHMOUD DARWICH

Rencontre avec Sorj Chalandon – 14h30-16h
Un débat présenté par Naiké Desquesnes, journaliste indépendante, revue Z.
Journaliste à Libé entre 1973 et 2007 où il a débuté comme dessinateur avant d’y faire son trou comme grand reporter, Sorj Chalandon promène désormais sa plume et son regard averti dans les pages du Canard enchaîné. Respecté pour ses reportages – entre autres sur le conflit nord-irlandais et le procès Barbie pour lesquels il obtient en 1988 le prix Albert-Londres. Il est aujourd’hui reconnu pour ses magnifiques romans, qu’il nourrit de protagonistes plongés dans les tourments des conflits contemporains. Ses deux romans en miroir, Mon traître (2008) et Retour à Killybegs (2011), prennent justement comme théâtre les troubles de l’Irlande du Nord. Le Quatrième Mur (2013, Prix Goncourt des lycéens) raconte l’idée folle de monter l’Antigone de Jean Anouilh dans une Beyrouth en guerre. L’engagement, le combat, la mort, la trahison : autant de questions que Sorj Chalandon déploie dans son oeuvre, qu’il veut dépouillée, sans fioritures ni mots en trop. Peu savent comme lui donner autant de force à des phrases si courtes. De son passé de jeune mao à son départ (politique) de Libération, de son expérience du conflit à ses succès littéraires, le dialogue risque d’être beau et dense…

RENCONTRE 22 16h30 – 18h • salle MAHMOUD DARWICH

Rencontre avec Leonardo Padura – 16h30-18h
Un débat présenté par Raùl Mora, libraire, militant du livre.
Havanais taciturne et malicieux, Leonardo Padura est de ces romanciers inattendus, comme saisis sur le tard par l’écriture, d’abord journaliste il s’impose avec l’apparition de son Mario Conde, détective "hard boiled" tropical, comme l’un de ceux qui contribuent à réinventer le roman noir et ce depuis une ville qui n’est, alors, déjà plus la Mecque des littératures latino-américaines.
Pour Padura, le succès n’est pas une rente. Son Homme qui aimait les chiens a surpris. Il est, sans doute, par delà les polémiques stériles, l’un des très grands romans de ces quinze dernières années. Hérétiques qui paraît en français en septembre, est du même tonneau. Mario Conde y revient, dans une fresque vertigineuse, bien décidé à réconcilier Carpentier et Hammet. Un hommage sans pareil à celles et ceux, qui en tout lieu, de tout temps, s’opposent aux conformismes.

RENCONTRE 23 16h – 17h30 • salle salle FLORA TRISTAN

Trente piteuses ? – 16H-17h30
Avec Céline Pessis, Gérard Delteil et Renaud Bécot
Ouvrages de référence : Une autre histoire des Trente Glorieuses : modernisation, contestations et pollutions dans la France d’après-guerre aux éditions de La Découverte et Les années rouges et noires par Gérard Delteil aux éditions du Seuil.
Un débat présenté par Patrick Bobulesco, libraire, militant du livre.
Et si elles avaient été bien plus piteuses que glorieuses, ces trois décennies ? Guerre froide et napalm, consommation de masse, "l’american way of life" livré sur pellicules et en containers, productivisme dévastateur,
décolonisation planifiée sous les lambris du Quai d’Orsay… Un inventaire à rebours d’une histoire consensuelle de la modernisation, Céline Pessis, Renaud Bécot et Gérard Delteil éclaireront l’autre face, noire, du rouleau compresseur de la "modernité" et du "progrès", qui tout à la fois créa et rendit invisibles ses victimes : les irradié-e-s des essais nucléaires en Algérie et en Polynésie, les ouvrier-ère-s de l’amiante ou des mines d’uranium contaminé-e-s, les rivières irrémédiablement polluées, les cerveaux colonisés par les mots d’ordre de la "croissance" et de la publicité… Utile à l’heure où l’on nous sérine que les années "yéyé" furent un âge d’or.

RENCONTRE 24 18h – 19h • salle MAHMOUD DARWICH

Attica Locke – 18h-19h
Un débat présenté par Jérôme Vidal, producteur de cinéma, militant du livre.
Quel prénom… C’est le nom d’une prison de l’état de New York, celle où George Jackson, militant du Black Panther Party, a été tué par des gardiens en 1971 donnant lieu à une belle et grande mutinerie de 4 jours.
Attica est scénariste pour le cinéma et la télévision. Deux romans sur les inégalités sociales, la ségrégation raciale "made in Usa" et ses suites contemporaines, sur l’exploitation et la lutte. De la mémoire, de la violence, du sang, de l’histoire qui ressurgit. Lauréate du prix J.Ernest Gaines pour l’excellence littéraire et 11 nominations à différents prix littéraires et tout cela en seulement deux romans. Traduits en français Marée noire et Dernière récolte, à la Série Noire chez Gallimard.

RENCONTRE 25 17h – 18h30 • Salle MAYA ANGELOU

Des faubourgs à Biribi, une histoire des bas-fonds – 17h-18h30
avec Dominique Kalifa, spécialiste de l’histoire du crime et de ses représentations au XIXe et au début du XXe siècle. Dominique Kalifa est professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne où il dirige l’École doctorale d’histoire et codirige le Centre d’histoire du XIXe siècle. Ouvrage de référence : Les bas-fonds : histoire d’un imaginaire, aux éditions du Seuil 2013 Biribi, les bagnes coloniaux de l’armée française aux éditions Perrin, 2009
Un débat présenté par Nicolas Norrito, éditions Libertalia, militant du livre.
Dominique Kalifa éclaire les représentations des "bas-fonds" jusqu’à l’orée du "court XXe siecle" cher à Hobsbawm. Cet envers, ce repoussoir, la "part maudite", est aussi l’une des lignes de fuite symbolique et sociale. Car s’ils disent des réalités, la pauvreté, le crime, les transgressions, ces "bas-fonds" constituent aussi un imaginaire qui traduit tout autant nos inquiétudes et nos anxiétés que certains de nos désirs. Ces histoires qui hantent nos consciences ont-elles pris fin aujourd’hui ? Les contextes ont changé, mais les débats sur l’underclass, les images du cinéma contemporain ou la culture steampunk montrent que l’ombre des bas-fonds rôde toujours autour de nous. Mais les bas-fonds ce sont aussi, ces moyens dont l’Etat se dote afin de s’en assurer la maitrise, les punir et les reléguer, et dont Biribi, ces bagnes d’Afrique du nord , furent le paradigme répressif. Dominique Kalifa nous en restitue aussi l’histoire culturelle et sociale. Une histoire qui n’est pas sans rapport avec les débats sécuritaires actuels…

RENCONTRE 26 18h – 19h • salle salle FLORA TRISTAN

Rencontre avec Gérard Delteil – 18h-19h
Ouvrage de référence : Les années rouges et noires par Gérard Delteil aux éditions du Seuil et l’ensemble de son oeuvre.
Un débat présenté par Stéphane Soulard, militant du livre.
Entre conspirations et violences. Comment démystifier ces trente glorieuses sacrément nébuleuses ? Delteil s’y emploie avec brio. Un Delteil qui fera date. Ces années où les forces politiques, issues de la résistance, se construisent. Les droites se cherchent et savent se retrouver en réaction au communisme…

7 septembre 2014

[News] News du dimanche

Avant de découvrir deux Libr-événements importants en cette reprise (festival Relectures 15 et INTON’ACTION 4), notre programme à venir…

 

À venir en UNE

â–º Spécial Al dante, spécial POL…

â–º Chroniques sur Serge Doubrovsky, Le Monstre ; Jérôme Bertin, La Peau sur la table/Autoportrait ; Véronique Bergen, Marilyn, naissance année zéro ; Jacques Sivan & Charles Pennequin, Alias Jacques Bonhomme ; Yannick Torlini, Camar(a)de ; Elisabeth Filhol, Bois II ; Isabelle Grell, volume "128" Nathan sur l’autofiction…

â–º Grand entretien avec Sylvain COURTOUX…

â–º Créations de Yves Justamante, Matthieu Gosztola, Daniel Cabanis, Gilles Grangier…

Libr-événements

 â–º Du 22 septembre au 5 octobre 2014, RELECTURES 15, c’est 21 manifestations en entrée libre sur 15 jours… rassemblant 22 artistes…

Alexis Fichet, Nicolas Richard, Matthieu Dibelius, Jean-Paul Curnier, Céline Ahond, Maïder Fortuné, Vanessa Place, Frank Smith, Marc Perrin, Luce Goutelle, Charlotte Imbault, Guillaume Désanges, Ives Robert, Fantazio, Till Roeskens, Nathalie Quintane, Violaine Lochu, Gwenola Wagon, Hélène Cœur, Souleymane Mbodj, Emmanuel Adely, David Haddad

dans 7 structures de Seine-Saint-Denis et du Nord-est parisien…
l’Espace Khiasma (93), la Médiathèque Marguerite Duras (Paris 20e), le 116 (93), le Musée Commun (Paris 20e), la Maison des Fougères (Paris 20e), le Pavillon Carré de Baudouin (Paris 20e), Lilas en Scène (93)

une programmation jeunesse…
Jean-Paul Curnier, Souleymane Mbodj, carte blanche à l’association Belleville en Vue(s)

3 tables rondes…

Poétiques du témoignage
avec Frank Smith, Fiona McMahon et Geneviève Cohen-Cheminet

Big Data : construire du sens à l’échelle « n = tous » (politique et esthétique)
avec Frank Smith, Xavier de La Porte (sous réserve), Gwenola Wagon

Documenter la performance / Performer le document
discussion entre Guillaume Désanges et Olivier Marboeuf

et un salon des éditeurs !

Salon de (re)lectures avec les éditions : Les petits matins, Al Dante, Ère, Les inaperçus, Lignes, La Fabrique, Argol, Plaine Page, L’attente, Questions Théoriques, Le Bleu du ciel, Les Prairies ordinaires, Inculte, Amsterdam, Verticales, Argol, Autrement, Galilée, Seuil, La Différence, Bazar, Hapax, Nous, Le Mot et le Reste… — et les revues : Vacarme, NioquesMultitudesLe chant du monstreThéâtre publicCassandreDissonancesLignesLe Passant OrdinaireCe qui SecretArmée NoireLa Femelle du RequinNuméro ZéroBoxonContre-AlléeFrictions

Une manifestation produite par Khiasma
Programmation :
 Olivier Marboeuf et Sébastien Zaegel
Coordination : Sébastien Zaegel / pole.litterature@khiasma.net / 09 80 36 02 03
Contact presse : Amandine André / relectures@khiasma.net

 

â–º INTON’ACTION #4 _ Rencontres internationales de poésie et performances (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : DATABAZ, 100 rue du Gond à Angoulême)

du 2 au 4 octobre 2014  ///// jeudi 2 octobre _ 20h30 _ DATABAZ Searching for Elias, documentaire sur Elias Pozornsky, artiste polonais présenté par Pierre-Yohan Suc et Magali Pobel (Cie Androphyne) ///// vendredi 4 octobre _ 20h30 _ DATABAZ

Martin Bakero (Chili / France)

Joel Hubaut  (France)

Ali Al-Fatlawi et Abdallah Shmelawi (Irak / Suisse)

Marguerite Bobey  (France)

///// samedi 3 octobre _ 11h-13h _ performances place des Halles et autour de la mairie 16h _ Ceci n’est pas une performance, action participative inscription 20h30 _ DATABAZ

Demosthène Agrafiotis  (Grèce)

Annie Abrahams (France / Pays-Bas)

Christine Quoiraud (France)

Thierry Lagalla (France)

 Entrée : 5 euros chaque soirée  // Pass trois soirs 10 euros

10 juin 2014

[Livres] Libr-kaléidoscope (4), par Fabrice Thumerel et Périne Pichon

Selon le principe de cette rubrique, revenons sur quatre intéressants livres reçus : Yannick Torlini, Nous avons marché ; Stéphane Nowak Papantoniou, GLÔÔSSE ; Bruno Edmond, Mahu ; Anne Versailles, Viola.

 

â–º Yannick TORLINI, Nous avons marché, Al dante, printemps 2014, 152 pages, 15 €, ISBN : 978-2-84761-775-7.

En leur temps, déjà : Baudelaire, Rimbaud, Michaux…

En ces temps d’assignation et de résignation, l’important est d’être ailleurs. Là-bas.
(Toute fuite n’est pas une échappée, et toute échappée n’est pas une fuite).

Hors de ses fameuses racines, de sa soi-disant identité. Hors de soi, de sa langue. Hors de son quotidien.

Être hors de soi pour aller vers. Et pour cela, faire sortir la langue de ses gonds : être dans la langue pour être en devenir.

Voici un exemple d’agencement répétitif, de bégaiement qui ouvre l’espace :

"Nous avons fui nous avons couru, lorsqu’il s’agissait de s’échapper échapper lorsqu’il s’agissait : quelque chose s’était bloqué s’était : désagrégé à la nuit s’était. Bien trop longtemps bien trop silence, dans l’os et la chair ces murs ces : jours bloqués passés à. Dans les barreaux les barbelés, les grilles les portes le métal et nos existences si bien cloisonnées" (p. 139). /FT/

 

â–º Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, GLÔÔSSE, éditions Al dante, Marseille, printemps 2014, 88 pages, 13 €, ISBN : 978-2-84761-768-9.

Quand les puissances d’argent viennent ruiner plus qu’un pays, une civilisation,
quand l’hostilité vient remplacer l’hospitalité,
quand le discours dominant vient contaminer la langue maternelle,
tout est-il perdu ? Que reste-t-il au poète ? La poésie comme puissance de déconditionnement, libération de la langue… Contre la glose économo-politico-médiatique, "la glossolalie langue coupante", une "langue dégelant la gelée", le coup de glotte de la résistance…

Mêlant narratif et discursif, visualité et oralité, document objectif et inventivité verbale, cette glôôsse qui cligne aussi bien du côté de Prigent que de Rabelais est une hurmouvante descente dans le labyrinthe grec et mondial qu’il faut découvrir de toute nécessité. /FT/

 

â–º Bruno EDMOND, Mahu, éditions DIABASE, La Riche (37), printemps 2014, 112 pages, 11 €, ISBN : 978-2-911438-96-7.

« Quand Mahu parle, Mahu crie. »

Mahu. Deux syllabes, presque deux onomatopées séparées par un souffle coupé: ce « h » entre deux voyelles. Des sons qui s’expulsent, comme un cri. « Mahu, c’est. » Un cri sans mots, oublieux du langage.

Le titre fait penser au diptyque de Robert Pinget : Mahu ou le matériau / Mahu reparle. Ici, le cri se substitue à la parole, malgré la reprise du « matériau ». Crier peut être l’expression d’un paroxysme autant que d’une perte ou du langage.

Chez Edmond Bruno, Mahu est un personnage frontière, un monstre dans sa marginalité. C’est pourquoi ses actes semblent suivre une loi déviante de la loi générale. Suivre Mahu, au-delà de la ville, dans la campagne, c’est considérer le monde à contre-courant. La langue et le langage deviennent alors un objet étranger, insolite, voire monstrueux :

« Ainsi, cachés, courbés, accrochés comme sangsues aux parois de nos gorges, des monstres habitent nos bouches.

Ainsi c’est donc avec et par un monstre que je parle, que tu parles. Parlons. » /PP/

 

â–º Anne VERSAILLES, Viola, éditions L’Arbre à paroles, Maison de la poésie d’Amay (Belgique), 2014, 10 €, ISBN : 9 782874 06774.

Dans Viola, la violence de la nature concurrence les hommes. Les paysages regardés sont principalement de sable et d’eau, la mer et la plage encerclant une maison vidée de son occupante. Impossible de marcher sur la mer, difficile d’avancer en un rythme constant sur le sable : ces deux forces sont instables, prêtes à envahir, à étouffer. Le plus effroyable étant que pas une ride ne défigure l’eau après l’engloutissement d’un cadavre, et que le sable d’une tempête retombe paisiblement en enfouissant ses victimes après le massacre.

Sur ce paysage, la narratrice se débat avec un fantôme, celui de sa sœur, la disparue de la maison face à la mer. Elle la raconte en l’interpellant, en la questionnant, et invoque une enfance pleine d’histoires aussi terribles que merveilleuses. Une relation sororale tempétueuse se reflète dans ce « tu » raconté par « je ». Pour ne pas se laisser engloutir par ses fantômes, la narratrice dit marcher par besoin. Marcher pour retrouver sa stabilité dans le sol, pour rythmer les phrases énoncées face au mot qui fait perdre pied :

« Je me souviens, j’avais besoin de marcher. Je suis sortie. Le jardin était trop petit, je suis allée dans la rue. Il n’y avait personne. J’ai ouvert l’enveloppe, déplié le papier. Il n’y avait qu’un mot. Un seul mot. Il m’a fait perdre pied. » /PP/

16 mars 2014

[News] News du dimanche

Avec le printemps qui arrive cette semaine, c’est le moment de tapiner et de foutre le BoXon avec Julien d’Abrigeon – surtout si comme lui vous pensez que la littérature a existé avant et existera après le livre. Après notre Libr-Net, place aux deux Libr-événements majeurs : le RV Electrochocs et le festival Poema.

 

Libr-Net : le nouveau tapin est arrivé !

Julien d’Abrigeon nous fait savoir qu’il "ne sera pas au salon du livre. Sera dehors. Au salon hors du livre. En extérieur. Ou du moins, pas dans le salon. Dans le couloir du livre, à la cuisine du livre, ou, plus vraisemblablement, aux chiottes. Aux chiottes du livre. Ou dans le jardin du livre. Ou sur la route du livre. Bref. Pas dans le salon en tout cas, j’ai pas de patins. Juste un tapin deux, hors du livre. Sur les autoroutes de l’information du livre. Une voie rapide du livre. Ou un truc dans le genre du livre"…

Et le lancement de ce tapin2 est un véritable événement : Totalementotale Action Poésiepoetrypoesia Internationalementinadmissible et Nouvellenappe v.2.0

Pensez donc, vous y retrouverez – mais plus vraisemblablement compléterez votre collection – la totale de la déjà mémorable revue BoXon (28 numéros et deux CD compris)… Déjà 71 auteurs en ligne qui poétapinent : de D’Abrigeon à Weiter, en passant par Agostini, Blaine, Bobillot, Boute, Braichet, Bret, Cabut, Chaton, Courtoux, Espitallier, Fontana, Hassomeris, Heidsieck, Justamante, Limongi, Manon, Pennequin, Prigent, Quintane, Rabu, Richard (Mathias), Tarkos, Tholomé, Torlini, Vassiliou, Vazquez…

 

Libr-événements

â–º Electrochocs / concert acousmatique / performance sonore : mardi 18 mars 2014 à 19H, Cité de la musique à Marseille (4, rue Bernard du Bois).

* Pauline Parneix
Mirage – 3′ (extrait)
Entre l’illusion et la réalité, il y a un mirage.

* Adeline Debatisse
Monophonisme en E – 3’00
Contrainte de l’OULIPO, un monovocalisme est un lipogramme d’où sont bannies toutes les voyelles, sauf une. Et si on s’intéressait aux sons qui font E ?
EUH ?!? ( …)

* Delphine Fouquou
COSMOS – Etoiles Mortes – 3’00
Si elles ne s’effondrent pas sur elles-mêmes, c’est parce qu’elles sont chaudes.

* Nicolas Lebar
Étude aux mouvements – 3’00
L’auditeur est entouré de choses variées qui passent autour de lui.

* Jérémie Bourgeois
Tromploreï – 3’33
Et c’est demi-rage son or, il eut Zionzo’ dit Yves Fata Morgana…

* Jérémie dessertine
Duvaldor – 6’30
"L’immersion dans le sommeil, c’est le moment où le sur-moi, le douanier dort. C’est ce douanier qui fait le tri dans la zone subconsciente entre ce qui peut affleurer à la conscience et ce qui, trop chargé d’affect, trop douloureux, trop immoral, ne peut franchir ces filets. Le sommeil est la meilleure hypnose, tous les souvenirs émergent tels des chevaux sauvages, jusqu’aux souvenirs archaïques de la petite enfance.
Je trouve que les sons se prêtent bien à ce sentiment de "conscience libre". Voici la cartographie d’une conscience, libre à vous d’y cheminer à votre gré.
J’assume et ajoute que toute œuvre porte le poids de sa propre psychanalyse, on n’y échappe pas !"

* François Wong
En attendant la guerre – 6′
J’attends. Une guitare à la main.
Autour du poème "La grande guerre" de Nicolas Bouvier.

* Pauline Gervais
À quoi tu joues ? – 3′
Le dé dans la main droite, les cartes dans la main gauche… et la mécanique du jeu se met en place.

* Laura Vazquez
Minute – 2’00
Autour du silence.

* Sand, Terra incognita (vidéo sonore) – 4’16
"Qu’est-ce que le temps? Un mystère! Sans réalité propre, il est tout puissant. Il est une condition du monde phénoménal, un mouvement mêlé et lié à l’existence des corps dans l’espace , et à leur mouvement. Mais n’y aurait-il point de temps s’il n’y avait pas de mouvement? Point de mouvement s’il n’y avait pas de temps? (…) Le temps est-il fonction de l’espace? Ou est-ce le contraire? Ou sont-ils identiques l’un à l’autre? (…) Le temps est actif, il produit. Que produit-il? Le changement. "A présent" n’est pas "autrefois", "ici" n’est pas "là-bas", car entre les deux il y a mouvement. Mais comme le mouvement par lequel on mesure le temps est circulaire, refermé sur lui-même, c’est un mouvement et un changement qui l’on pourrait aussi bien qualifier de repos et d’immobilité; car l’"alors" se répète sans cesse dans l’"à présent", le "là-bas" dans l’ "ici"." (Extrait tiré du roman La montagne magique de Thomas Mann).

* Laurence Grobet
Chimes – 7′
Inspirée par le bazar des sons estampillés Nature et Découverte, j’ai choisi d’entrer dans la danse en jouant avec les résonances hypnotiques d’un carillon pour ouvrir dans un deuxième temps un espace méditatif d’un genre nouveau qui pourrait s’intituler Fake Fengshui Music.

* Jean-Henry Ferrasse
Extrait la porte close – 2’05
Si vous entrez, n’abandonnez pas toute espérance.

* Laure Latronche
De l’eau sous les ponts – 4’30
Avec la participation de Laurence Grobet, in et out.
Depuis la nuit des temps l’Homme n’a cessé de s’interroger sur son devenir.
La parole des Femmes aujourd’hui forme une matière intense.
L’eau n’a pas finit de couler sous les ponts.
Je travaille depuis quelques années sur la manière dont la voix, les mots, le langage humain peuvent faire alliance avec des sons fabriqués par la magie de l’abstraction électroacoustique.
Dans le langage humain, je m’intéresse à ce qui se loge en creux, dans les suspends, les tics de langage et la manière dont l’esprit, la pensée joue au prestidigitateur entre deux jaillissements de mots. En amputant le discours de son contenu sémantique, subsiste le résidu de langage qui devient la matière même de cette composition sonore. Je provoque ainsi des déviations auditives vers les non-lieux du discours, que je télescope avec des montages hybrides, des chimères sonores et quelques nappes en circonvolution qui sont autant de chemins se perdant dans la nature infinie de la pensée humaine. La voix des femmes est à mes yeux aujourd’hui essentielle dans le jaillissement d’une liberté de parole acquise depuis peu. Les profondes amputations que je fais subir à cette voix de femme, m’évertuant vainement à la rendre anecdotique, n’en révèlent que la force profonde posée sur le chaos du monde.
Laurence Grobet, comédienne et personnage principal de cette pièce, intervient parfois en direct et au milieu du public lors de la diffusion.

* Clara de Asís
Pêche de nuit – 4’00
Introduction.
En cours de composition.

* Gérard Ninauve
À la manière de "François Bayle: Jeîta" – 2’48

* Jeîta, ou murmure des eaux
L’oeuvre originale de François Bayle est inspirée des grottes de Jeîta, près de Beyrouth (Liban). Lors du concert inaugural pour l’ouverture des grottes au public, le 11 janvier 1969, fut joué Nadir, première version de Jeîta, pour ensemble et bandes.
Jeîta, ou murmure des eaux, est une suite concrète composée pour le disque, à partir de sons naturels de la grotte.
A la manière de "F. Bayle: Jeita" est un essai didactique de reproduire l’œuvre à partir de son étude, un peu comme font les peintres en recopiant les tableaux des grands maîtres.

* Laure Latronche
Marge – 03’00
Cette pièce est une extension vocale sur partition graphique de la pièce électroacoustique "De l’eau sous les ponts".

* Clara de Asís et Laura Vazquez
Maintenant le chevalier (Guitare préparée et voix) – 7’00
Maintenant le chevalier est une lecture performée avec guitare préparée, qui naît de la volonté d’exploration du processus d’écriture compositionnelle de deux champs connexes : la création textuelle et la création sonore. À partir de l’idée de variation de la langue dans l’acte de performation poétique en interaction avec les sonorités plurielles de la guitare préparée, nous interpréterons cette pièce dans la totale interdépendance des supports acoustiques et phoniques. Considérant les substrats de la langue poétique sonore : le souffle, l’intensité du son de la voix, les rythmiques phonatoires, etc., comme autant d’éléments sémantiques intégrables et nécessaires à la création sonore.

 

â–º POEMA-festival réunit comme partenaires : le CCAM – Scène Nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy, l’Université de Lorraine et la librairie L’Autre Rive à Nancy.

Jeudi 27 mars :
Librairie L’Autre Rive, Nancy
18h30 / Lecture de Dominique Maurizi et de Marie Huot
à l’invitation des éditions Isolato

Vendredi 28 mars :
Faculté de lettres de Nancy
14h30 / Table ronde "Existe-t-il une poésie de plateau ?", organisée en partenariat avec l’Université de Lorraine.
Il semble acquis, pour le monde du théâtre contemporain et de la presse culturelle, qu’il existe une catégorie de spectacles que l’on peut qualifier de « poétiques ». Qu’est-ce au juste que ce « poétique » ? Un raccourci commode ? Une véritable catégorie esthétique ? La manifestation d’un usage particulier des signes scéniques, que l’on pourrait nommer « poésie de plateau » ?

Animée par : Yannick Hoffert et Florence Fix
Intervenants : Marie-Noëlle Brun – metteur en scène…, Estelle Charles – metteur en scène, Aurore Gruel – danseuse et chorégraphe, Fred Parison – plasticien et scénographe, Valérie Suss et, journaliste

CCAM – sc ène nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy
19h / Lecture de Charles Pennequin
20h30 / Fo Biné de Jean Dubuffet
compagnie Le Théâtre 27

Samedi 29 mars :

11h / Lecture de Sébastien Lespinasse suivie d’un apéro
14h – 16h / Table ronde "Poésie en questions"
Cette rencontre vise à déchiffrer le paysage de la poésie contemporaine, à ouvrir des pistes et tracer des lignes d’horizons propres à témoigner de l’éclectisme des pratiques et des formes poétiques actuelles.

Animée par : Frank Smith, écrivain et producteur d’émissions radiophoniques

Intervenants :
Claude Ber, poète et dramaturge
Jean-Pierre Bobillot, poète et maître de conférences à l’Université de Grenoble
Christian Prigent, poète, romancier et critique littéraire

16h30 / Lecture de Anne Kawala
suivie de la commande POEMA à Aurore Gruel, Amandine Truffy et Emilie Weber
18h30 / Lecture de Frank Smith
20h30 / Lecture à deux voix de Christian Prigent et Vanda Benes suivie de la commande POEMA à Loris Binot et Denis Jousselin
22h30 / Lecture-performance de Sebastian Dicenaire

Dimanche 30 mars :

11h / Lecture performée de Lucien Suel et lecture de Bernard Noël, suivies d’un apéro
14h – 16h / Table ronde "Diffuser la poésie aujourd’hui"
De l’édition traditionnelle à la publication en revue, de la médiation à l’événement culturel, de la poésie écrite à la poésie performée, quelles sont aujourd’hui les voies offertes à la poésie pour exister, accéder à la visibilité et aller à la rencontre du public ?

Animée par : Anne Cousseau, maître de conférences à l’Université de Lorraine

Intervenants :
Magali Brazil, directrice de la Maison de la Poésie de Nantes
Yves di Manno, poète et directeur de la collection Poésie/Flammarion
Frédéric Jaffrennou, éditeur (éditions Isolato) et libraire
Jean-François mani er, éditeur (Cheyne éditeur), ainsi qu’un représentant du C.N.L. (Centre National du Livre)
17h / Lecture de Cécile Mainardi
suivie de la commande POEMA à Jean-Philippe Gross , Romain Henry et Lætitia Pitz
Entrée libre pour la librairie L’Autre Rive

Du 28 au 30 mars au CCAM : pass week-end 3 jours : 30€ tarif plein / 20€ tarif réduit ou, chaque jour, entrée payante à partir de 16h30 / de 4 à 13€.

10 octobre 2013

[Agenda] Festival Le Grain de la Voix à Pau

Du samedi 12 au samedi 19 octobre 2013, se déroulera à Pau le Festival Le Grain de la Voix ; y participent, entre autres, des auteurs que défend LC (dont quelques "dreamdrumistes") : Edith Azam, Sonia Chiambretto, Thomas Déjeammes, Antoine Emaz, Olivier Mellano, Bernard Stiegler, Yannick Torlini, Nicolas Vargas…

 

> SAMEDI 12 OCTOBRE :

13H03 > MUSIQUE INATTENDUE > Place Reine Marguerite

"Urbaphonix" sonorise la ville (Cie décor sonore)

14H34 > THÉÂTRE > Place de la Déportation

Un clown qui s’appelait Socrate (Théâtre du caniveau)

17H02 > FILM & RENCONTRE > Médiathèque André Labarrère

La faute d’orthographe du Front National / Film de Bernard Stiegler & Discussion

Conclusion avec un film poétique de Thomas Déjeammes intitulé Projet 125/20.

21H08 > CONCERT > Bar L’imparfait

Un récital poétique de Nathalie Richard et Olivier Mellano

 

> DIMANCHE 13 OCTOBRE

14H34 > LECTURE POP UP & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un.

"Mon écriture est laid" de et par Nicolas Vargas ; Suivi de

"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras. (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)

18H02 > DINONS-ENSEMBLE > Studio Cie Écrire un mouvement

Danse Buto / Installation / Soupe & Fromage (Quelques instants pour Jacques Dupin)

> LUNDI 14 OCTOBRE

21H06 > LECTURE À VOIX NUE & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un

Extraits de "Caisse Claire" de Antoine Émaz / Poésie Contemporaine ; suivi de

"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)

> MARDI 15 OCTOBRE

21H04 > LECTURE POP UP & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un.

"Mon écriture est laid" de et par Nicolas Vargas ; Suivi de

"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)

> MERCREDI 16 OCTOBRE

13H06 > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Place Royale

Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre

14H34 > LECTURE > Chez quelqu’un

"Polices !" de Sonia Chiambretto lu par l’auteur

16H07 > JEUNES PUBLICS & P’TIT GOÛTER > Théâtre Bourbaki

Minifocus / Concert électro blues forain pour bambins / Adultes accompagnés tolérés

18H02  > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Palais des Pyrénées

Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre

21H05 > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Bar l’Imparfait

Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre

21H24 > CONCERT > Bar l’Imparfait

"Les Angles" un Récital Poétique de Frédéric Jouanlong et Ryan Kernoa / Voix & Guitare

> JEUDI 17 OCTOBRE

21H02 > CONCERT > Casino de Pau

ARLT, un récital de chansons d’Éloïse Decazes et Sing-Sing

> VENDREDI 18 OCTOBRE

18H02 > RENCONTRE > Librairie Tonnet

avec Sonia Chiambretto, auteur de Chto

21H07 > LECTURE PRÉPARÉE & CONCERT > Chapelle des Réparatrices

"Chto, Interdit au moins de 15 ans"

Théâtre Contemporain pour deux paires de cordes vocales et une guitare.

Par Fanny Avram, Frédéric Jouanlong et Ryan Kernoa ; suivi de

Winter Family / Un duo franco-israélien entre berceuse minimale et cri politique

> SAMEDI 19 OCTOBRE

14H34 > LECTURE POÉSIE CONTEMPORAINE > Chez quelqu’un

Textes de Yannick Torlini lu par l’auteur

17H06 > LECTURE & RENCONTRE > Médiathèque André Labarrère.

ATI Éditions présente ses affiches de 4 poètes contemporains ; suivi

d’une lecture performance d’Édith Azam

21H03 > CIRQUE CONTEMPORAIN > La Centrifugeuse

"L’Iceberg" de Florence Caillon (Cie L’Éolienne)



ET DURANT TOUT LE FESTIVAL :

L’ensemble de l’œuvre poétique de JACQUES DUPIN consultable
à la Médiathèque André Labarrère.


LECTURES À LA VOLÉE :
Il s’appelle Fröde et vous pourrez le rencontrer un peu partout dans la ville.
Il viendra peut-être s’asseoir à côté de vous dans le bus ou à la terrasse d’un café,
ou faire quelques pas à vos côtés sur un bout de trottoir…
Il vous proposera de découvrir quelques lignes des auteurs du festival
mais aussi des invités qui n’ont pu se joindre à nous comme :
Charles Juliet, Antoine Émaz, Bernard Stiegler, Fabienne Courtade, Philippe Breton, Sylvain Crépon…
Mais aussi de quelques uns des piliers des mouvements de pensée de ce festival :
Roland Barthes, Antonio Gamoneda, Pierre Bourdieu, Didier-Georges Gabily,
Joël Pommerat, Michel Foucault ou Jean-Luc Godard.
Il sera parfois accompagné des comédiens du groupe Corps 9 ; compagnie étudiante paloise
ou de celles et ceux qui auront répondu à notre appel à participation.

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ENTRÉES GRATUITES
LES ADRESSES DES PARTICULIERS SERONT COMMUNIQUÉES SUR RÉSERVATION.
POUR LES AUTRES REPRÉSENTATIONS, LA PLUPART DES JAUGES SONT LIMITÉES, RÉSERVATIONS VIVEMENT CONSEILLÉES.

RENSEIGNEMENTS & RÉSERVATIONS : 05 59 40 72 93

 

9 avril 2013

[Création – série] Dreamdrum, Thomas Déjeammes/Yannick Torlini

Le projet dreamdrum est une série de photographies réalisée par l’écrivain et photographe Thomas Déjeammes. A l’aide d’un clou il gratte, criture, traiture à même le papier photographique. Il a ensuite proposé à différents écrivains et/ou poètes de faire un texte à partir de chacune de ses images. Le résultat de cette correspondance image/texte est montré toutes les deux semaines environ sur Libr-critique.com. Le deuxième texte, signé Yannick Torlini, suit la photo grattée de Thomas Déjeammes. [Lire/voir Dreamdrum 1]

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